Récit
par Jean-Marc Manenti
E.mail
: f1jvy@wanadoo.fr
http://perso.wanadoo.fr/jm.manenti
Je fis signe
à l'une des deux surveillantes d'enlever les menottes à
la
femme que j'avais convoquée. Tandis que cette dernière
se massait les poignets, elles
s'éclipsèrent pour attendre dans le couloir. Bénédicte
Legendre, avocate de
son état, se calla confortablement dans son siège
et attendit, l'air
absent. Elle avait la trentaine, blonde, un peu maigre, de grands
cernes de
fatigue soulignaient ses yeux bleus. Je saisis mon stylo, mes
formulaires et mon
bloc note. J'avais été désignée comme
expert psychiatre par le Tribunal
pour cerner la personnalité de Bénédicte
Legendre, afin de savoir si elle était
responsable de ses actes, dans le cadre d'une affaire d'agression.
Elle
avait été condamnée à dix mois de
prison fermes avec obligation de soins et j'étais chargée
du
suivi psychiatrique. Cette tâche ne m'enchantait guère,
je connaissais cette
femme pour l'avoir souvent croisé dans les couloirs du
Palais de Justice.
Il ne lui restait plus qu'une semaine à faire et je devais
préparer sa sortie
de prison et nos prochains entretiens. Après avoir pris
connaissance et
noté sur le formulaire son état civil, Je levais
vers elle un regard
interrogateur. Elle se redressa légèrement et lorgna
sur mon paquet de cigarettes. Je le
poussai vers elle. Un signe de tête pour me remercier et,
après la première
bouffée, elle commença son récit.
Tout a commencé
ce jeudi, vers 16 heures. Je sortais du Tribunal où je
venais de plaider à la chambre d'instruction, une demande
de mise en
liberté qui, d'ailleurs, a été refusée.
Au moment où j'allais ouvrir la portière de ma
voiture, une fille est sortie du parc municipal en courant, poursuivie
par un
jeune homme qui, visiblement, en voulait à son sac à
main. Elle a trébuché
et chuté lourdement sur le trottoir. Je me suis précipité
et ai réussi à
m'emparer du sac avant lui. A la vue de mon Smith et Wesson, un
calibre 6-35, le
loubard à détalé comme un lapin.
- Vous possédez
une arme ? Aimez-vous les armes ?
- J'ai un
permis pour ça ! J'ai horreur des armes à feu !
Quelques fois je
défendais des victimes de gangs réputés violents
! Ma vie était menacée !
- Je comprends
! Poursuivez, Maître !
J'ai aidé
la jeune fille à se relever et lui ai demandé si
elle voulait que
je l'accompagne aux urgences : elle a refusé et, comme
j'insistais, elle a
accepté que je l'accompagne à son domicile. Elle
était sonnée et surtout choquée
par cette mésaventure. Une fois chez elle, je nous ai fait
du café et,
comme elle avait le visage souillé de poussière
et de sang, je la fis asseoir sur le
bord de la baignoire et entrepris de lui nettoyer le visage.
- Et voilà
! J'ai fini ! Pour la bosse sur la tête, je ne peux rien
faire,
il faut attendre que ça passe ! Lui dis-je, en essorant
le gant de toilette.
Comme son
pantalon était taché de sang, j'entrepris de lui
enlever pour
pouvoir soigner ses blessures au genou gauche. Elle souleva les
fesses pour
m'aider.
Tout en passant du coton imbibé de désinfectant
sur la plaie, j'admirai
ses superbes jambes dont la peau si douce me faisait saliver.
Quand elle a levé
son visage vers moi, j'ai eu un choc. Elle était belle,
si belle. Je ne
l'avais pas encore remarqué. Son regard vert était
si doux, si tendre,
plein d'innocence, son visage si angélique. Je suis tombée
amoureuse tout de suite. Ce qui
m'attirait le plus sur ce visage, c'était sa bouche, si
parfaite, qui lui
donnait cet air encore enfantin. Nous avons discuté autour
d'un café. J'ai appris
qu'elle avait 20 ans, qu'elle poursuivait des études en
psychologie. De temps
en temps, nous nous regardions longuement. Je rentrai chez moi
extrêmement
troublée. J'avais une vie sexuelle tout ce qu'il y a de
plus normale, faite
de liaisons plus ou moins longues, avec des hommes. Et voilà
que quand
Céline posait ses yeux sur moi, j'avais un point à
l'estomac, mes boyaux se
tordaient, le désir montait en moi... Cette nuit-là,
je n'ai pratiquement pas dormi.
Le lendemain, en fin d'après-midi, je suis retournée
la voir, histoire de
prendre de ses nouvelles. En fait, j'avais attendu ce moment là
toute la journée..
Une fois entrée dans son studio, elle me tendis la joue.
Nous nous fîmes deux
bises. Au contact de sa peau, mon ventre se crispa. Je n'avais
qu'une
envie, la serrer contre moi. Nous bûmes à nouveau
du café, parlâmes un peu
de nos vies respectives. Souvent, elle jouait de ses doigts avec
la ceinture de sa
robe de chambre. J'admirai son abondante chevelure brune tomber
en cascade
sur ses épaules. De temps à autre, elle plantait
son regard dans le mien.
J'avais la vague impression qu'elle le faisait exprès,
comme si elle
connaissait l'émoi qui me tourmentait. Quand elle se leva
pour m'accompagner à la
porte, la ceinture de son vêtement se délia et les
pans de sa robe de
chambre s'ouvrirent, dévoilant un corps superbe. Je tombai
en arrêt devant le triangle sombre de
son bas ventre, qui tranchait avec la blancheur diaphane de sa
peau, puis
remontait mes yeux vers ses seins, deux globes fiers, surmontés
chacun d'une petite
cerise rose sombre, si appétissante. Sans pouvoir me contrôler,
je tendis les
bras et lui saisis doucement la taille, pour attirer Céline
contre moi. Le
contact de sa peau tiède, son odeur corporelle décuplèrent
l'émoi qui me
tenaillait. Je posai mes lèvres contre les siennes, elle
se laissa faire et nos langues
se trouvèrent rapidement. D'un mouvement des épaules,
elle fit glisser sa robe
de chambre à terre. Et voilà, elle était
toute nue, contre moi, sa bouche
soudée à la mienne. Je sentais ma culotte se mouiller
rapidement. Elle a passé
ses bras autour de mon cou. Notre premier baiser a été
très long, plein de
tendresse, de sensualité. Puis, j'ai enfoui mon visage
dans ses cheveux.
- Céline
! Tu es si belle ! J'ai tellement envie de toi ! Soupirai-je à
son
oreille.
- Déshabillez-vous
! Dit-elle, en s'écartant de moi.
Pendant qu'elle
dépliait le canapé convertible, j'ôtai mes
vêtements.. Je
l'observai à la dérobée, mon envie grandit
encore. Quand elle eut terminé, elle
se retourna et se colla contre moi et, cette fois, notre baiser
fut
violent, sauvage, passionné. Son corps était brûlant
contre le mien. Nous
nous serrâmes très fort, j'avais envie qu'elle se
fonde en moi. C'est elle qui a fait
tomber ma culotte. Elle a passé sa main entre mes cuisses.
- Vous êtes
déjà toute mouillée ! Constata-t-elle, un
sourire ingénu au
coin des lèvres.
Je m'allongeai
à côté d'elle et, en appui sur un coude, l'embrassai
à
nouveau. Elle enlaça ma nuque, nos baisers étaient
gourmands, torrides,
voluptueux. Mon autre main parcourait son ventre, ses seins fermes,
j'effleurai les
pointes tendues de désirs. Ses lèvres étaient
de satin, brûlantes, sa langue si
douce. Quand elle investissait ma bouche, je la suçais
comme un pénis, lui
tirant des soupirs qui en disaient long sur ses envies. Longtemps,
je caressai
avec délicatesse la toison de son pubis. Son bassin ondulait
imperceptiblement, son ventre se creusait sous les décharges
électrisantes
de mes attouchements. Puis, je caressai ses lèvres avec
les miennes, bouche ouverte. Bientôt nos
joues étaient maculées de salive. Nous finîmes
par nous lécher mutuellement
le visage en riant et gloussant de plaisir. Elle remonta les pieds
vers ses
fesses, écarta les genoux.
- Continuez
à m'embrasser ! m'a-t-elle dit.
Du coin de
l'il, je regardai sa main fouiller son intimité,
Alors que
l'autre agaçait son clitoris. Le va et vient de ses doigts
provoquaient un
gargouillis délicieux entre ses cuisses. Si vous saviez
comme elle est craquante quand
elle se caresse, quand son visage d'ange se crispe sous l'orgasme.
Céline
atteint très vite la suprême jouissance qui secoua
tout son corps. Elle me tendit
sa main. Je la léchai avec avidité.
- Vous pouvez
me goûter mieux que ça, vous savez ! M'encouragea-t-elle.
Je me glissai
prestement entre ses jambes et embrassai goulûment son puits
d'amour. Je me délectai de son plaisir qui inondait ma
bouche. Son nectar était
mi-salé, mi-sucré. Ma langue faisait d'amples mouvements
de haut en bas,
plongeant de temps à autre dans sa grotte merveilleuse.
Ses gémissements se
transformèrent en râles, puis en cris de plus en
plus forts et rauques. Soudain, ses mains
agrippèrent brutalement ma tignasse, plaquant ma figure
dans ses replis
intimes. Tout son corps se tendit comme un arc, un cri aigu sortit
de sa gorge.
Après quelques secondes, Céline retomba sur le matelas,
pantelante, essoufflée.
La pression de ses mains sur ma tête se relâcha. A
genoux entre ses
cuisses, je la contemplai. Elle ouvrit les yeux et me sourit.
Puis, elle se
redressa, me serra contre elle.
- Vous aussi,
vous êtes merveilleuse ! Me souffla-t-elle à l'oreille.
Je crois que
j'ai passé la plus belle nuit de ma vie.
Bénédicte
Legendre marqua une pause, les yeux larmoyants, la déglutition
difficile. Je lui tendis une boîte d'eau gazeuse et frappai
le paquet de
cigarette avec le bout de mon stylo pour lui signifier qu'elle
pouvait se servir, ce
qu'elle fit en remerciant d'un signe de tête.
Céline
et moi avons fait l'amour toute la nuit. Nous n'avons même
pas prit
le temps de dîner. Pas un millimètre carré
de sa peau n'a échappé à ma bouche.
Au petit matin je connaissais son corps par cur, dans les
moindres
recoins. J'ai vite renoncé à compter le nombre de
fois où elle et moi avons
jouit.
Je me suis saoulé de sa liqueur de fille. Nous nous sommes
dit des mots
d'amour, des choses complètement insensées : bref,
c'était le coup de
foudre. Quand j'ai ouvert un il, au petit matin, je me suis
aperçu que je n'avais dormi
que trois quarts d'heure. J'étais nue contre elle, le corps
maculé de sa
mouille, de la mienne aussi. Ma bouche et mon bas ventre étaient
endoloris, tant
nous nous étions embrassées, sucées, masturbées
mutuellement. Nous sentions la
femelle. J'ai eu un mal fou à couper l'alarme de ma montre.
Céline dormait
profondément. J'allai, la peau craquelante, en titubant
sous la douche. Une
fois propre et vêtue, j'avalai en vitesse un café
soluble. Au moment de
sortir, une poigne ferme me retint.
- Restez avec
moi ! Supplia presque Céline.
- J'ai quelques
plaidoiries aujourd'hui, mais je reviens vite, c'est promis !
Elle m'embrassa
avec passion, langoureusement.
- Ce soir,
je vous réserve une surprise ! M'a-t-elle annoncé,
en se caressant.
A ce moment
là, j'ai compris que j'étais dingue d'elle et qu'elle
avait le
pouvoir de me faire faire tout ce qu'elle voudrait.
Je me redressai
sur mon siège et signifiai à Bénédicte
Legendre que
l'entretien était terminé. Je glissai mon paquet
de cigarettes dans sa
poche, elle me sourit. A la gardienne qui la menottait, je remis
une convocation pour le
lendemain matin. Une fois seule, je relus mes notes. En passant
la main entre
mes cuisses, je remarquai que mon petit slip était trempé.
Le Lendemain.
Comme la veille,
après avoir retiré ses menottes, les deux gardiennes
sortirent dans le couloir. Je tendis à Bénédicte
Legendre la synthèse que
j'avais couchée sur le papier, la veille au soir. Je l'avais
concoctée dans mon
lit, en lisant et relisant mes notes tout en me livrant aux plaisirs
solitaires. En fait, dans mon interrogatoire, j'étais sensée
me borner à une étude de
sa personnalité et Maître Legendre le savait bien.
Pourtant, elle ne faisait
aucune difficulté à répondre aux questions
indiscrètes que je lui posais.
Ma curiosité était piquée au vif. Sans doute
avait-elle besoins de se confier.
Je compris, cette nuit là, que je ne ferais rien pour me
soustraire aux
charmes de cette femme si séduisante. Elle alluma une cigarette
et consulta mes
écrits. J'attendais, le stylo en suspend. La jeune femme
reposa le feuillet
et continua son récit.
Maître
Fabienne Steiner, mon associée, est venu à ma rencontre
devant la
salle d'audience de la chambre civile. Elle s'est esclaffée
:
- Et bien
! Tu en as une tête ! Tu as baisé toute la nuit ?
Bref, j'ai
bâclé mon travail. Je n'ai vécu que pour le
moment où je
retrouverais Céline, pour être dans ses bras, me
rouler sur le lit avec
elle. Quand je suis rentrée à son domicile, vers
17 heures, elle était déjà de retour
de la fac. Avant que j'aie posé mon sac par terre, elle
avait jeté sa robe de
chambre au sol. La surprise me sauta tout de suite aux yeux. Son
sexe était
entièrement rasé. Elle n'en était que plus
jolie, avec son air encore plus
juvénile. Elle était si désirable, ma Lolita.
Elle s'assit au bout du
convertible. Je lui saisis les pieds et commençai à
embrasser et sucer ses
orteils. Je remontai le long de ses jambes, les baisant alternativement.
Son mont de
Vénus perlait déjà d'une rosée que
j'avais hâte de goûter. L'odeur de son
plaisir naissant me rendait folle. Je me déshabillai à
toute vitesse, jetant
vêtements et sous-vêtements n'importe où dans
le petit studio. Nous jouâmes
longtemps, bouche contre bouche, seins contre seins, bassin contre
bassin, peau contre
peau, à s'en faire mal, se délectant de nos senteurs
corporelles. Nos corps
se frottaient l'un contre l'autre en de voluptueuses contorsions.
Après une
multitude de caresses volcaniques et quelques orgasmes brûlants,
nous décidâmes
de passer la nuit chez moi, j'avais des dossiers à récupérer
et il fallait
bien que je change de vêtements. En fait, ces 2 dernières
années, nous vécûmes
tantôt chez l'une, tantôt chez l'autre. Nous étions
très amoureuses.
- Parliez-vous
de vos sentiments mutuels ? L'interrompis-je.
Tout au début
de notre liaison, un soir que j'étais dans la salle de
bain,
elle entra et me regarda, nue devant le miroir, en train d'étaler
de la crème
hydratante sur mon visage. Elle m'a tourné face à
elle, puis a passé ses
bras autour de mon cou et m'a demandé :
- Tu l'aime
ta petite gouine ?
Nous nous
sommes embrassé tendrement. Ses yeux attendaient une réponse
:
- Tu sais
bien que je suis folle de toi !
- Ce n'est
pas que pour la baise, n'est-ce pas ?
- Mais non,
Céline ! Je t'aime !
Elle est sortie
et, à son retour de réunion estudiantine, elle est
venue me
rejoindre dans notre lit où je relisais pour l'énième
fois une plaidoirie. Ce
soir-là, Céline et moi n'avons pas fait l'amour.
Couchées sur le côté, face
à face, nous avons passé une partie de la nuit à
nous embrasser amoureusement,
en nous disant à quel point nous nous aimions, à
grands coups de
déclarations enflammées.
Bénédicte
Legendre poussa un profond soupir et sortit, d'un geste nerveux,
une nouvelle cigarette du paquet. Je l'observais à la dérobée.
Je constatais
qu'elle avait l'air plus reposé, que ses cernes étaient
moins prononcés.
Sans doute que sa confession avait soulagé son mental.
Après une grande rasade
de Coca light, elle poursuivit son récit :
Nous vivions
toujours toutes nues, même pour manger ou regarder la télé.
Quand nous étions toutes les deux habillées, c'était
pendant nos sorties
aux restos ou au cinéma. Souvent, nous étions assises
dans un fauteuil, elle en face
de moi, les pieds sur mes accoudoirs, les miens sur son assise,
cuisses
écartées.
Nous nous masturbions comme des folles en nous regardant tendrement.
Nous
ne nous lassions pas de faire l'amour. Nous aimions nous battre,
comme deux
gamines turbulentes, à coups de polochons, jusqu'à
ce que nous tombions sur le lit,
épuisées, à bout de souffle, échevelées,
ruisselantes de sueur, elle, à genoux
au-dessus de ma tête, moi cramponnée à ses
hanches, lui butinant sa douce
et tendre fleur. Nous passions notre langue sur la peau de l'autre.
Je voulais
tout d'elle, elle voulait tout de moi.
Elle alluma
nerveusement une autre cigarette et vida le reste de la boîte
de Coca-Cola.
Céline
a tout de suite devinée qu'elle avait un total pouvoir
sur moi.
Comme je le disais, elle était très amoureuse et
savait que moi j'étais
carrément dingue d'elle, charnellement droguée de
son corps. Au début, elle en a
profité par malice, par espièglerie : mais, après...
Après, j'ai fait n'importe
quoi pour elle. Par exemple : un jour, elle m'a dit qu'elle avait
vu en
vitrine un superbe ensemble de sous-vêtements. Je lui ai
dit que ma
situation financière était difficile. Elle a boudé
et refusé mes caresses pendant plusieurs
jours. J'ai cédé. Ce soir là, j'ai eu droit
à un streep-tease sulfureux,
avec ses nouveaux sous-vêtements très sexy. Une autre
fois, alors que la chaleur
estivale était étouffante, elle m'a demandé
de plaider nue sous ma robe
d'avocat.
Je l'ai fait. Au sortir de l'audience, Céline était
là, parmi les
spectateurs. Elle est montée avec moi dans les vestiaires
réservés aux
avocats et là, s'est agenouillé, puis est passé
sous ma robe et, cramponnée à mon bassin,
m'a amoureusement butiné mon intimité. J'ai mordu
le tissu épais de ma toge
pour étouffer mes cris de jouissance, j'avais peur d'être
entendue par des
confrères, non loin de nous.
Bénédicte
Legendre marqua un temps d'arrêt, attendant mes questions.
- Vous étiez
donc amoureuse à ce point ? Fis-je, songeuse et, surtout,
envieuse.
Elle compris
que je voulais d'autres exemples et ne s'en étonna pas.
Au
fond de moi, j'avais honte de jouer la voyeuse, l'indiscrète.
J'avais honte
de profiter de ma situation de psychiatre expert. Je signifiais
à Bénédicte Legendre
que notre prochaine séance aurait lieu le mercredi suivant,
non plus ici à la
prison, mais en mon cabinet personnel. Sachant qu'elle serait
libérée
lundi, je voulais absolument savoir ce qu'elle allait faire avant
notre
rendez-vous de mercredi.
Le mercredi
suivant sa libération.
Je m'effaçais
pour laisser entrer l'avocate et allais m'asseoir à mon
bureau, en face d'elle. Comme j'avais attendu ce moment-là....
! Tout en
ouvrant son dossier, je l'observais par-dessus mes lunettes. Elle
avait l'air épuisé,
mais ses yeux brillaient d'un éclat que je ne leurs connaissais
pas. Elle
sortit un paquet de cigarettes et me le tendit. Compte tenu du
symbole que cela
représentait pour elle, j'en acceptais une.
- Comment
se passent ces premiers jours de liberté ? M'enquis-je.
Un large sourire
fendit son fin visage. Elle prit le temps de tirer sur sa
cigarette et de souffler la fumée vers le plafond, toujours
souriante, les yeux
rêveurs.
Et bien, la
porte de la prison c'est refermé derrière moi, me
laissant sur
le trottoir, un peu désemparée avec mon sac de sport
en bandoulière. Je fus
très étonnée par la tenu de mon appartement.
Pas d'odeur de renfermé, tout était
nickel-chrome et il y régnait un parfum de propre. Je décidais
de remettre
à plus tard la résolution de ce mystère.
J'ai tout de suite pris une douche
pour me débarrasser de l'odeur ambiante de la prison qui
m'imprégnait. Puis,
j'errais un bon moment dans les rues et, tout naturellement, mes
pas me
conduisirent dans le quartier où habitait Céline.
Il fallait que je sache. ...
Dix mois sans nouvelles d'elle.... Mon cur fit un bond :
son nom était
encore là, sur la sonnette. Quelqu'un sortit et, sans réfléchir,
je retins
le battant de la porte et entrais dans le couloir. Comme une somnambule,
j'allais
jusqu'à sa porte et frappais doucement. Pas de réponse...
Pourtant, j'entendais
la télé en sourdine de l'autre côté.
Sans pouvoir me contrôler, j'ouvris
doucement la porte et, par chance, ce n'était pas fermé
à clef. Aussitôt, les
senteurs familières de l'endroit m'assaillirent. Ma gorge
se noua, le sang
battait à mes tempes. Le studio était vide. Soudain,
j'eus envie de prendre
les jambes à mon cou... Et si elle n'était pas seule
! Mais, la curiosité
l'emporta et je jetais un il dans la salle de bain d'où
j'avais vu de la
lumière filtrer. Céline était là,
devant son miroir, vêtue d'une courte nuisette.
Elle brossait ses longs cheveux et je l'observai un bon moment,
les jambes en
coton, au bord de l'évanouissement. S'apercevant d'une
présence, elle
tourna la tête et posa sur moi un regard d'abord étonné,
puis inexpressif.
- Tiens, ils
t'ont libérée ? Dit-elle, en reportant son regard
vers le miroir.
- Oui ! Répondis-je
timidement.
Finalement,
elle reposa sa brosse et me fit face, le regard perçant.
Elle
était toujours aussi jolie, désirable et me faisait
toujours autant d'effet
entre les cuisses. J'étais déçue, j'aurais
voulu qu'elle me saute au cou, mais
rien de cela. Pour le moment, elle attendait...
- Tu m'as
manqué, Céline ! Bredouillai-je.
- Vraiment
? Pourtant, la dernière fois que tu étais en face
de moi, j'ai
reçu quelques gifles !
- Ce jour-là,
de retour du tribunal, je t'ai trouvé avec une de tes amies
a
demi-nue, assise sur tes genoux, ça m'a rendu folle de
jalousie ! Me
justifiai-je.
- Oui ! Et
quand tu es repartie, j'ai appelé le SAMU ! Elle n'était
pas
belle à regarder !
- Bon, je
ne vais pas t'importuner plus longtemps ! Je voulais simplement
te revoir ! Fis-je, les yeux larmoyants.
Alors que
je m'en allais, une poigne solide me retint par la tignasse :
je
fis volte-face.
- Tu m'as
manqué aussi ! Dit-elle sèchement.
J'éclatai
alors en sanglots et arrivai cependant à articuler :
- pourquoi
n'es-tu jamais venue au parloir ?
- Je t'en
voulais ! Tu sais bien que je suis boudeuse !
Tout en disant
cela, ses yeux plantés dans les miens, un sourire naquit
sur
ses lèvres. Après quelques secondes, nous éclatâmes
de rire.
- Tu m'en
veux ? S'enquit-elle.
- Oui, petite
salope, terriblement ! Je devrais t'arracher les yeux !
Soufflai-je, feignant la colère.
- Tu m'aimes
toujours ? Tu es toujours amoureuse de moi ?
Je passai
mes bras autour de son cou et déposai un baiser sur sa
bouche.
L'odeur de son corps fit remonter une foule de sensuels et voluptueux
souvenirs.
- D'après
toi, pourquoi suis-je là ?
- Pourtant,
les occasions n'ont sans doute pas manqué, en prison ?
Voulut-elle savoir.
- Mes codétenues
me foutaient la paix, moyennant mon bagage en matière de
droit ! Et toi, as-tu quelqu'un ?
L'angoisse
devait se lire sur mon visage, car Céline prit tout son
temps
pour répondre, me soumettant à une terrible torture.
Après quelques coups
de brosse nonchalants, elle dit enfin :
- Non ! Et,
avant que tu me fasses une crise de jalousie dont tu as le
secret, j'ajouterais que depuis ton coup d'éclat, il n'y
a eu personne !
Elle reposa
sa brosse et poursuivit, l'air innocent, pour me provoquer :
- Au fait,
veux-tu du café ? Celui de la tôle devait être
dégueu, non ?
Alors qu'elle
passait devant moi pour aller à la cuisine, je la retins
par
le bras et lui dis doucement :
- Je t'aime
toujours, ma petite Lolita ! Tu es toujours ma petite gouine à
moi !
Un large sourire
éclaira son visage. Je la regardai réchauffer du
café au
micro-onde, elle savait que j'ai horreur de ça. Je protestai.
Pour toute
réponse, elle me dit, en me tendant la tasse :
- Tu t'en
contenteras, et magnes-toi à le boire, j'ai envie de toi
!
Je faillis
m'étrangler, tandis qu'elle éclatait de son rire
de cristal.
- Mais il
est brûlant ! M'indignai-je.
Elle me prit
d'autorité la tasse des mains et planta son regard dans
le
mien. Il était troublé par le désir. Mes
mains repoussèrent les fines bretelles
de sa nuisette. Celle-ci glissa lentement à terre.
- Tu es toujours
aussi belle, Céline ! M'extasiai-je.
Je me déshabillai
à mon tour et, main dans la main, nous gagnâmes son
lit.
Je roulai sur la couverture, tantôt sur Céline, tantôt
dessous, nos bouches
soudées en un baiser frénétique, fougueux,
violent, douloureux. A bout de souffle,
nos lèvres se séparèrent. Puis, d'un geste
maternel, elle me coucha sur le dos.
Je fermai les yeux, j'étais de nouveau au paradis. Ce fut,
pour moi, une
succession de caresses brûlantes, d'orgasmes provoqués
par des doigts habiles
et une langue d'une redoutable précision. Quand Céline
se pencha sur moi,
son visage était luisant de ma mouille. J'étais
épuisée, pantelante, à force
de jouissance. Je passai ma langue sur son visage qui, maintenant,
respirait le bonheur.
- Si tu savais,
Céline, comme j'ai attendu ce moment ! Murmurai-je.
Elle se mit
à genoux, face à moi, au-dessus de ma tête,
les mains en appui
sur le mur. Je pus admirer son sexe, toujours aussi lisse, débordant
de son
nectar. Je saisis ses hanches et l'embrassai à pleine bouche
avec une lenteur
calculée, je passai ma langue du clitoris à la raie
des fesses, arrachant à
mon amour de petits gémissements de plaisir. J'embrassai
son intimité comme si
c'était sa bouche, la fouillai avec gourmandise. Après
de longues et
merveilleuses minutes de ce traitement, son corps se crispa, ses
mains agrippèrent la
tapisserie, son front se colla au mur et mon visage fut inondé
de sa
liqueur. Avant qu'elle ne change de place, j'introduis un doigt,
puis deux, et enfin un
troisième dans son minou. En même temps, je caressai
de ma langue son bouton.
Rapidement, un second orgasme secoua ma Lolita. Je buvais avec
avidité son
miel si délicieux.
- Il faut
que j'aille pisser ! Dit-elle, une fois calmée.
Je la retins
par les hanches. Elle baissa la tête pour me regarder, l'air
incrédule.
- Allez !
Déconnes pas ! Faut que j'y aille !
Ce qu'elle
lut dans mes yeux lui fit arrondir les siens d'étonnement.
- Je veux
tout de toi, ma Céline ! Je t'aime à ce point !
Le panorama
que j'avais de son entre cuisse valait bien tous les panoramas
du monde. Après un moment d'hésitation, un jet tiède
éclaboussa mon visage,
puis un second et un troisième. Puis, d'un mouvement de
bassin, Céline se
soulagea d'un seul coup, arrosant ma poitrine et mon ventre. Elle
se
redressa sur ses genoux et ma bouche prit à nouveau possession
de son mont de Vénus. Le
front contre le mur, elle poussa avec ses mains mon visage contre
son sexe,
étouffant mes gémissements de bonheur dans les replis
de son intimité. Un
autre orgasme lui arracha un cri presque plaintif. Sous mon regard
attentif,
elle se fouilla méticuleusement et me fit lécher
ses doigts. D'un bon, elle
sauta du lit et se pencha sur moi.
- allez !
Sale fille ! A la douche ! Tu pus la pisse !
Elle disparut
vers la douche en riant aux éclats. Nous restâmes
longtemps,
à nous savonner mutuellement, à mains nues. Une
fois enveloppées chacune d'une
grande serviette, elle demanda :
- C'est pas
tout ça ! Où va-t-on dormir maintenant ?
- Et bien,
il reste le convertible ! Lui dis-je.
J'espère
que Bénédicte Legendre viendra régulièrement
aux séances que lui
impose sa condamnation. D'ailleurs, pourquoi en serait-il autrement,
elle est
plutôt réglo et, visiblement, elle prend beaucoup
de plaisir à me raconter
sa vie. Suite à ses déboires judiciaires, elle a
été rayée du Barreau. Je vais
essayer de lui trouver une place de conseil dans une entreprise
du coin,
j'ai quelques relations.
Jean-Marc Manenti
E.mail
: f1jvy@wanadoo.fr
http://perso.wanadoo.fr/jm.manenti