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Je suis Lie.
En réalité je me ne nomme Amélie mais tout le m’appelle Lie. J’ai
quarante deux ans et je suis mariée depuis dix ans à un homme
sérieux, passionné et respecté dans les milieux diplomatiques.
J’aime mon homme mais il passe la plupart de son temps dans les
avions. J’ai deux enfants de 12 et 10 ans et ma seule activité
véritable est de veiller à leur éducation. Cette vie rangée et
paisible fut subitement bouleversée le jour où je rencontrais
"l’Amant". Je me trouvais dans le grand magasin de la
rue des volutes à Orléans, au rayon cosmétique pour homme. Mon
mari m’avait demandé de lui acheter une lotion après rasage avant
qu’il ne reparte le soir même pour le Japon. Un homme à mes côtés
semblait s’intéresser au même produit. Je sentais sa présence
d’une façon très forte. Je savais qu’il me regardait avec instance
avant même d’avoir posé mon regard sur lui. Je levais enfin les
yeux. Nos regards se croisèrent et restèrent fixés un long moment,
étrangement cette situation, qui d’ordinaire me dérange, ne me
gênait pas. J’étais plutôt subjuguée et curieuse. Le regard de
cet homme ne m’inspirait ni crainte, ni doute. Dans son regard,
je pouvais lire de l’aplomb, du courage, du mystère et de l’attention.
Des frissons parcouraient mon dos, mais je restais encore à fixer
cet homme dans les yeux. Je ne pensais pas même à lui adresser
la parole, à lui dire quelque chose, n’importe quoi, pour mettre
fin à cette situation étrange. Il détourna finalement son regard,
je le sentis passer juste derrière moi comme si j’étais traversée
par un courant d’air chaud. Il s’éloigna et disparu dans d’autres
allées du magasin. J’essayais de retrouver mes esprits puis je
regagnais les caisses. Je revis l’homme à quelques caisses de
celle où j’attendais. Je décidais de me remaquiller dans les toilettes
du magasin avant de sortir à nouveau dans la rue. J’avais perdu
l’homme de vue mais je l’avais vu prendre cette direction. L’homme
se trouvait dans les toilettes. Je me dirigeais vers les lavabos
pour me recoiffer. Nos regards se croisèrent une deuxième fois.
Cette fois, l’homme s’approcha, glissa sans ménagement sa main
entre mes cuisses et me dit :
« le 15 à 15heures, 15 rue Elan » Il retira sa main et sorti.
Les jours qui suivirent, je pensais continuellement à l’homme
du grand magasin. A suivre...
Mynona.
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