Ecrit par
Florence
florence.reberg@netcourrier.com
Avertissement : ce texte est destiné aux hommes
parce que le personnage est un homme, mais l'acteur principal
est une femme, aussi, cette histoire leur est tout particulièrement
dédiées. Je voue laisse la lecture et vous retrouverai
à la fin pour de petites explications...
Le léger
souffle dans les feuilles de bambous provoque un frisson sur le
jardin. Le soleil apaise la fraîcheur de sa douce langueur
presque pesée, décidé à envelopper
l'air humide pour chauffer l'immense calme.
Au milieu
de l'herbe rase, le bassin délivre un peu d'espace aux
poissons immobiles. Le grand saule penche ses rameaux sur la surface
de l'eau en ombrelle jaunie, pour mieux cacher ce havre paisible.
Un parfum vogue depuis quelques fleurs de la haie, pour prendre
le pêcher sous sa compagnie. La robe du yucca dresse ses
piques acérées sous les corolles immaculées,
sans effrayer les papillons orange.
Caché
derrière les buissons, vous observez.
Seule, Soyeji,
assise sur l'herbe bonace, regarde en silence les branches balancer
sous le ciel. Elle caresse le gazon de sa main, se berce des yeux
avec les libellules bleues. Penchée sur un bras, son kimono
glisse de son épaule. Avec douceur, elle replie ses jambes
sous elle puis se lève. Elle marche un peu, les pieds nus,
dans le jardin, parmi le repos, la paix. Elle parle aux oiseaux,
observe les jeux de lumière or, rouge ou bleue que le ginkgo
disperse par ses feuilles en losange. Une orchidée dépose
sa larme de rosée sur le peignoir de Soyeji qui s'ouvre
puis laisse un genou effleurer une gerbe d'arums.
Vous la suivez
sans vous faire remarquer.
Une fois
sa promenade achevée, elle prend la voie de la maison.
Elle passe par le rideau fin pour descendre sur le sofa paillé.
Le soleil éclaire la pièce d'une lumière
blafarde, qui la rend sereine. Un ficus couvre la cloison de gauche
alors qu'une large lampe repose près des coussins de soie
noire du sofa. Elle s'allume avec du camphre, le soir, quand la
lune manque. Un grand bol verni renferme de l'eau parfumée
au jasmin de Wang Heu. Soyeji l'ouvre afin d'en prendre dans le
creux de sa main pour en laisser couler sur son cou. Le rideau
ondule quand le souffle se propage dans le salon.
Sans respirer,
vous observez la scène.
Soyeji dépose
une braisière pleine d'eau sur un léger feu. Puis
elle se dirige vers la seconde pièce fermée par
un voile clair. Le lieu semble moins grand. La lumière
passe par un panneau blanc de papier fibreux, éclaire les
murs de liège, se perd dans une large vasque d'eau fraîche.
Un grand miroir surplombe le bain. Soyeji libère des fleurs
séchées d'un écrin de bois précieux
pour les parsemer sur l'eau, puis repose le joyau près
de son éponge. La chaleur baigne aussi la pièce.
Vous vous
avancez vers la cloison pour passer l'oeil dans un creux pour
admirer la jeune femme.
Soyeji s'approche
de la vasque ronde remplie d'eau parfumée. Elle délace
avec douceur le cordon de son peignoir de soie blanche. Elle l'ouvre,
posée, sa peau se découvre. Elle le laisse glisser
le long de ses épaules, de ses bras, crisse jusqu'aux hanches,
effleure les jambes pour s'amasser sur ses pieds. Puis elle plonge
la main, une jambe, pour imprégner enfin son corps.
Elle s'assied
au fond de la vasque d'eau fraîche, la peau apaisée
par le froid du parfum de myrrhe. Elle s'allonge en arrière
pour s'immerger la figure, sans respirer quelques secondes, puis
lève le visage hors de l'eau, qui ruisselle sur ses joues,
son nez, perle sur ses lèvres. La caresse aqueuse berce
son corps avec les effluves d'acajou mouillé. Elle passe
la main sur le fond de la baignoire, puis sur ses pieds menus.
Sa main frôle ses chevilles, puis ses genoux. Elle prend
l'éponge pour se passer des calices de fleurs séchées
sur les bras, les épaules, le dos cuivré, d'une
odeur de prunelle. Le frisson murmure sur sa peau humide pour
ouvrir ses pores. Que sa caresse se poursuive ! près du
nombril, sur ses seins pleins, dressés en éveil.
Vous percevez
une envie lourde, chargée de sueur, de désir, les
mains mouillées, un besoin à rassasier.
Elle se prélasse
encore dans l'eau ondulée puis se lève, exhalée.
Elle laisse les larmes du bain lui dessiner des rayures d'or sur
son corps. Elle décroche un drap de lin pour se sécher,
se regarde dans la glace, s'enroule jusqu'aux épaules.
Elle s'essuie la chevelure de jais hors du bain, la lisse avec
un peigne d'ivoire fin. Puis elle gagne le séjour, dans
son grand drap gris. Elle s'assied, à genoux sur le sofa,
dans la minuscule maison où seul le son de l'eau qui va
bouillir sur le feu perce la chaleur calme.
Soyeji allume
un peu d'encens pour réveiller la pièce basse. Le
bain ne l'a pas assez rafraîchie. Déjà sèche,
elle prend un flacon d'huile ambrée qu'elle repose près
d'elle. Elle dégage le lin de son cou avec douceur, puis
de ses bras, de ses hanches, de ses pieds. Elle verse un peu d'huile
dans sa paume pour oindre son corps nacré. Elle dilue le
liquide doré sur le cou, se caresse l'épiderme d'une
douceur lascive, avec envie.
La pression
grasse sur la peau vous appelle, vous crée une faim incommode
de la rejoindre. Son corps nu exposé au regard vous provoque.
l'index glisse
depuis la clavicule jusqu'à 'épaule, puis arrive
au bras, au coude, regagne le plexus pour effleurer les deux globes
ronds. Le majeur 'accompagne avec le pouce vers 'aréole,
danse sur les abdominaux ou les hanches. Le massage lubrifie les
membres doux, avive 'envie.
La main huilée
de Soyeji semble parcourir ses cuisses avec une harmonie sensuelle,
presque lubrique. Le pouvoir charnel dirige son index vers son
pubis en éveil, parsemé de minuscules poils fins
à peine discernables. La course de l'index gagne le creux
encore humide de la fissure brune dans un soupir rauque. Plonge
vers la passion profonde, échauffée par les sens.
Sous vous,
le sol en bois craque soudain dans un son sec, déclare
la présence d'un inconnu.
Soyeji se
fige, la peau nue, le regard vers vous.
Rouge ou confus,
érigé, vous ne percevez aucun son pour vous excuser.
Dans un sourire,
elle vous déclare :
- Je vous
sers le thé ?!
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Florence.
florence.reberg@netcourrier.com