Auteur :
Xander
-----
1/9 -----
-
Evidemment elle sera là l´autre pétasse!
Ma
mère venait de pester comme ça lui arrivait rarement.
Cet éclat teinté de vulgarité n´en
était que plus impressionnant. L´objet de la discussion
houleuse qui avait lieu ce jour là à la maison,
était la réunion de famille que mes grands-parents
organisaient à l´occasion de leur anniversaire de
mariage. Cet évènement était devenu une sorte
de rituel et l´attaque cardiaque de mon grand-père
l´hiver dernier rendait celle-ci encore plus sacrée.
Toute la famille, assez nombreuse, faisait des efforts pour y
assister. Toute la famille y compris Henri, un cousin éloigné
de ma mère que nous ne fréquentions qu´en
ces occasions. Agé de 60 ans ce cousin veuf s´était
remarié il y a trois ans avec son infirmière alors
âgée de 25 ans. Cette union scandaleuse fit jaser
dans la famille! Mais l´ire de ma mère ce jour là
prenait pour prétexte non ce remariage finalement accepté,
mais la personnalité de la jeune femme elle-même.
Absent
lors des dernières retrouvailles, je n´avais jamais
eu l´occasion de voir ce phénomène qui apparaissait
comme l´ennemi public numéro 1 de toute femme mariée
qui se respecte, aux dires de ma mère.
-
Allons Carole, tu exagères - Répliqua mon père
-
Oooh bien sur, toi, hein! Comme les autres,.... Comme les autres!
D´après
ce que j´en avais compris elle s´appelait Rachel.
Elle était blonde et affectionnait les tenues vulgaires
et provocantes.
-
Ce n´est pas la peine d´en faire une histoire. Ecoute
on se mettra loin d´eux, tu es contente?
-
Je ne supporte pas les airs de cette petite grue! Sa façon
qu´elle a de montrer sa culotte à tous les hommes....
-
Bon calme-toi, ça ne sert à rien de te mettre dans
des états pareils.
-
C´est une vraie "marie-couche-toi-là",
et j´espère qu´elle aura la décence
de ne pas rire à tue-tête comme les autres fois.
Décidément
ce que j´apprenais sur cette bombe commençait à
m´intéresser moi aussi et j´attendis avec impatience
le week-end prochain.
-----
2/9 -----
Celui-ci
arriva finalement. La route prit trois heures à travers
la campagne pour atteindre la ferme de mes grands-parents. Ma
mère était nerveuse et mon père ne faisait
rien qui puisse déclencher une éventuelle explosion
d´humeurs.
Enfin
à destination nous nous aperçûmes que la moitié
de la famille était déjà là. Retrouvailles,
embrassades, nouvelles. J´allai embrasser tendrement mes
grands-parents et fis le tour des autres convives. Je vis de loin
mon cousin Thomas.
-
Tom!
Il
se retourna et une chaleureuse accolade nous réunit. Thomas
était le cousin que je connaissais le mieux et avec qui
nous avions partagé le plus d´expériences
réjouissantes. Après quelques bavardages il me confia:
-
Oh dis donc. Tu n´étais pas là l´an
dernier! T´as raté le canon du siècle!
-
Ah quoi donc?
-
Rachel! J´arrive pas à me faire de l´appeler
"Tante Rachel". Tu vas la voir, c´est LE canon
une vraie Top Model!
-
J´ai entendu des "rumeurs" sur elle de la part
de ma mère.
Thomas
rit sous cape
-
Si ce sont les même que celles de la mienne... Elles ne
peuvent pas la voir. Elles crèvent toutes de jalousie!
Cette nana elle tombe qui elle veut quand elle veut!
-
Et elle ne s´en prive pas à ce que je crois
Il
pris un air dubitatif
-
Ca... On le dit c´est vrai, maintenant...
-
Dis-moi, on pourrait vérifier aujourd´hui
-
Comment ça?
-
Eh bien on ne la lâche pas d´une semelle et on verra
bien si elle s´envoie en l´air ou pas!
-
Oh! oh! oh! ben toi alors, j´te reconnais bien là
sacrée vipère lubrique!
Tout
en circulant dans la cour, qui se remplissait toujours de nouveaux
arrivants, nous nous amusâmes à échafauder
mille plans pour surveiller ce phénomène, à
son insu bien sur. Soudain une rumeur s´éleva, suivie
de salutations plus bruyantes. L´oncle Henri venait de faire
son apparition avec sa jeune épouse à son bras.
On aurait pu tout aussi bien dire qu´une star avait fait
son apparition soutenant charitablement un vieil homme. De loin
je n´apercevais que sa chevelure blonde mais bientôt
le cercle s´agrandit et je pus constater que l´opinion
de ma mère était... totalement fausse, mais.. peut
être aussi très juste!
-
Alors - Me dit Thomas avec un coup de coude - J´te l´avais
pas dit?
Rachel
n´était pas du tout vulgaire. Comme Tom me l´avait
dit c´était... voyons... c´était un
vrai fantasme masculin ambulant! Blonde, cheveux courts elle devait
mesurer 1m70, silhouette gracieuse, seins ronds sans exagération
et surtout... un vrai visage d´ange, un visage de star de
cinéma: fin avec une bouche délicate et souriante,
de grands yeux bleus. Vraiment rien de vulgaire, mais coté
"ennemie publique numéro 1", là je dois
avouer que ma mère risquait d´être dans le
vrai.
-----
3/9 -----
Pendant
l´apéritif nous avons mis notre plan à exécution.
Effectivement cette beauté avait le rire facile, pour le
plus grand plaisir de ses interlocuteurs et l´agacement
des femmes alentours. Elle était vêtue d´une
robe claire, près du corps qui s´évasait au
niveau des cuisses pour former une corolle laissant apparaître
ses genoux. Le décolleté était parfaitement
correct, encadré par les bretelles de sa robe et un petit
foulard autour du cou. Elle avait une voilette dans les cheveux
attachée par une épingle fleurie et portait des
sandales à talons très fins. Ses jambes, parfaitement
galbées, étaient voilées de bas couleur chair
qui leur donnaient un aspect vaporeux. Vraiment rien de vulgaire..
mais alors... j´en avais un début de frisson.
Plusieurs
hommes de tous âges se relayaient pour entretenir la conversation
avec elle. Sa façon de se tenir, de se déhancher,
de mordre sa lèvre inférieure, de baisser lentement
ses paupières, et surtout son air de boire vos paroles
en faisait visiblement la plus dangereuse des prédatrices,
sous ses airs angéliques.
Le
repas en plein air suivit. Thomas et moi nous étions placés
de manière à bien contrôler la place qu´elle
occupait. Mon père, tenant parole, avait installé
ma mère le plus loin possible de cette dangereuse créature.
De proches parents s´y étaient également réfugiés.
Rien
de notable ne se passa dans un premier temps. Un incident retint
toutefois notre attention: Un lointain cousin, nommé Jean-Charles
je crois, se leva, une cruche vide à la main pour se donner
un prétexte. Il passa derrière Rachel et se pencha
à son oreille. Elle sourit et sans le regarder, hocha la
tête. Tout cela n´avait duré qu´une seconde
mais nous l´avions vue!
-
Ohh laaa, ooh laaa... c´est louche ça! - Me chuchota
Tom
-
Surveillance rapprochée mon vieux!
Il
ne me plaisait pas trop ce cousin là. Assez corpulent,
la quarantaine, une barbe en collier, des lunettes. Un vague air
de professeur qui en impose. Une première pause dans le
repas permit aux convives de se dégourdir les jambes, de
danser, de changer de places. Rachel parlait avec des amies. Elle
se faisait de plus en plus discrète mais elle ne pouvait
échapper à notre vigilance!