Putain d'homophobe (30)

- Par l'auteur HDS Tounet39270 -
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 23-09-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
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Chapitre 30

Je déverrouille la porte d'une main tremblante, le cœur cognant si fort contre mes côtes que j'ai l'impression qu'il va éclater. Quand le battant s'ouvre enfin, l'air frais du palier s'engouffre dans mon entrée, apportant avec lui l'ombre massive de Dimitry.

Il est là, le souffle court, ses vêtements froissés comme s'il s'était battu. Ses yeux sont deux charbons ardents dans la pénombre du couloir. Avant même que je ne puisse prononcer un mot, il franchit le seuil d'un pas lourd, repousse la porte derrière lui et me saisit par la taille. Il me soulève littéralement, m'écrasant contre son torse puissant. Ses lèvres s'abattent sur les miennes avec une fureur désespérée, un baiser qui ne demande rien mais qui prend tout. C’est le baiser d’un homme qui a tout lâché, qui n'a plus que ce contact pour ne pas sombrer.
— Dimitry... qu'est-ce qui se passe ? murmurai-je enfin quand il me repose au sol, mes mains accrochées à son sweat. Pourquoi tu es là à cette heure-là ?
— Elle a continué, Pierrick, lâche-t-il d'une voix rauque, brisée par la fatigue et la colère. Après ton départ, ça a été l'enfer. Elle a recommencé avec ses moqueries, ses doutes. Elle a jeté mon téléphone contre le mur parce que je voulais le reprendre. Elle me traitait de lâche, de menteur. J'ai senti que j'allais perdre le contrôle, que j'allais dire ou faire quelque chose d'irréparable. Alors j'ai pris mes clés et je suis parti. J'ai tourné en voiture pendant des heures... mais il n'y a qu'ici que je voulais être.

Il pose son front contre le mien, sa respiration se calmant un peu au contact de ma peau.
— Est-ce que je peux rester ? Je commence ma tournée dans trois heures. Je ne peux pas retourner là-bas, pas maintenant. Je veux juste... être avec toi. Un instant de paix.
— Bien sûr que tu peux rester, lui dis-je en l'entraînant vers la chambre. Viens.

Dès que nous entrons dans la chambre, la tension change de nature. Ce n'est plus de la colère, c'est une faim dévorante. Dimitry retire son sweat d'un geste brusque, révélant sa carrure imposante, ses muscles tendus par le stress de la journée. Je m'approche de lui, posant mes mains sur son torse chaud. Il frissonne, puis me plaque brusquement sur le lit.

Il se jette sur moi comme si sa vie en dépendait. Ses mains, larges et calleuses, s'égarent partout, arrachant mes vêtements dans une urgence sauvage. Quand nous sommes enfin nus l'un contre l'autre, le contraste entre sa force brute et ma peau est électrique. Il m'embrasse à nouveau, mais cette fois, son baiser descend le long de mon cou, de mon torse, marquant mon corps de ses dents, laissant des traces rouges qui crient son appartenance.
— Je te veux, Pierrick... Je te veux tellement que ça me fait mal, grogne-t-il contre mon oreille, sa voix n'étant plus qu'un murmure guttural.

Il me retourne brusquement, m'obligeant à m'arc-bouter contre les draps. Sa main se referme sur mes hanches, ses doigts s'ancrant dans ma chair avec une force qui me fait gémir. Il se presse contre moi, sa virilité dure et brûlante marquant mon dos, me faisant sentir à quel point la dispute avec Cassandra l'a poussé à bout.

L'acte qui suit est d'une intensité dévastatrice. Il n'y a plus de place pour la douceur, seulement pour une passion crue et sans filtre. Dimitry me pénètre d'un coup sec, un grognement sauvage s'échappant de sa gorge alors qu'il s'enfonce en moi jusqu'à la garde. Je crie son nom, la tête renversée en arrière, mes doigts griffant désespérément l'oreiller.

Chaque coup de boutoir est une décharge de pure électricité. Il me prend avec une autorité absolue, ses muscles saillants jouant sous sa peau couverte d'une fine pellicule de sueur. Le bruit de nos corps qui s'entrechoquent, l'odeur du sexe et de la peau chauffée, tout se mélange dans une symphonie charnelle. Il me saisit par les cheveux pour redresser ma tête et m'obliger à le regarder alors qu'il accélère la cadence, son visage crispé par un mélange de douleur et de plaisir extrême.
— Dis-le... dis-moi que tu es à moi, halète-t-il, sa voix vibrant d'un besoin de possession total.
— Je suis à toi, Dimitry... à toi seul ! criai-je alors que le plaisir commence à m'aveugler.

Il redouble de violence, ses hanches percutant les miennes dans un rythme effréné qui nous mène tous deux au bord du gouffre. Je sens ses mains me broyer la taille, ses dents se planter dans mon épaule pour étouffer un cri, au moment où il explose enfin à l'intérieur de moi. Son corps se tend comme un arc, chaque muscle vibrant de l'orgasme qui le traverse, tandis que je sombre à mon tour dans une jouissance fulgurante qui me laisse sans souffle.

Il s'effondre sur moi, son poids massif m'écrasant contre le matelas, son cœur battant la chamade contre mon dos. Nous restons ainsi de longues minutes, seuls les bruits de nos respirations saccadées trouvant l'écho du silence de la nuit.

Lentement, il se retire et se glisse à mes côtés, m'attirant dans ses bras. Il dépose un baiser tendre sur ma tempe, un geste qui contraste violemment avec la fureur de l'instant précédent.
— Il est presque cinq heures, murmure-t-il, ses yeux se fermant de fatigue. Je dois partir dans une heure pour le dépôt. Mais là, tout de suite... on s'en fout du reste. On s'en fout d'elle.

L'épuisement nous terrasse sitôt l'étreinte achevée. Dans les bras l'un de l'autre, encore moites de cette passion furieuse, nous sombrons dans un sommeil de plomb, celui des amants maudits qui oublient que le monde extérieur continue de tourner. Le silence de la chambre n'est rompu que par nos respirations synchronisées. Malheureusement, dans le chaos de la nuit, mon réveil n'a pas été activé.


Ce n'est pas la lumière du matin qui nous tire de notre torpeur, mais un fracas violent qui fait vibrer le chambranle de la porte d'entrée. Boum. Boum. Boum.
— PIERRICK ! OUVRE CETTE PORTE ! OUVRE TOUT DE SUITE, JE SAIS QUE TU ES LÀ !
La voix de Cassandra déchire le silence, aiguë, saturée de rage et de larmes. Dimitry se redresse d'un bond, le visage décomposé. L'adrénaline remplace instantanément la torpeur.
— Merde, merde, merde ! souffle-t-il, les yeux écarquillés.
— Vite ! Habille-toi ! je lui chuchote, la panique me nouant l'estomac.

C'est une scène de panique pure. Dimitry ramasse frénétiquement ses affaires éparpillées au pied du lit : son sweat, son jean, ses bottes qu'il tient à la main. Il se précipite vers ma grande penderie, poussant mes vêtements pour se ménager un espace. Il s'y engouffre, à moitié nu, le torse encore brûlant de nos ébats, et referme la porte coulissante sur lui au moment où les coups redoublent à l'entrée.

Je reste une seconde immobile, essayant de reprendre mon souffle, lissant mes cheveux en bataille et enfilant un caleçon et un jogging à la hâte.
Dès que je tire le verrou, Cassandra me saute dessus comme une furie. Elle me bouscule, ses mains griffant mes bras, son visage déformé par une douleur transformée en haine.
— Où il est, Pierrick ? Où est mon mari ? hurle-t-elle, ses yeux balayant frénétiquement l'entrée.
— Cassandra, calme-toi, je t'en prie... Qu'est-ce qui te prend ? Il n'est pas là, je ne l'ai pas vu ! tentai-je de mentir, mais ma voix tremble de façon lamentable.

Elle ne m'écoute pas. Elle me repousse violemment et se rue dans le salon, retourne les coussins du canapé, puis se précipite dans la cuisine. Elle ouvre les placards, regarde derrière le bar, souffle comme un animal blessé. Elle revient vers moi, le doigt pointé vers ma poitrine.
— Ne me mens pas ! Sa voiture est garée trois rues plus loin, je l'ai trouvée ! Il n'est pas rentré de la nuit ! Vous vous foutez de moi depuis le début avec vos histoires de dettes et de secrets d'hommes !

Elle s'effondre soudainement sur une chaise, éclatant en sanglots convulsifs. La colère laisse place à une détresse immense.
— On s'est disputés hier soir... après ton départ. C'était horrible. Il m'a dit des choses atroces, Pierrick. Il voulait que je lui rende son téléphone, il criait qu'il étouffait. Je n'en peux plus de ne pas savoir la vérité. Je sens que vous me cachez quelque chose de monstrueux. Je veux juste la vérité, s'il te plaît... dis-moi qu'il n'est pas ici.

Je m'approche d'elle, le cœur déchiré. Une partie de moi veut la prendre dans mes bras, l'autre veut qu'elle parte avant que le sol ne se dérobe.
— Cassandra, je t'assure... on a juste discuté, il est peut-être parti dormir à l'hôtel pour réfléchir...

À cet instant précis, un bruit sourd résonne depuis la chambre. Un cintre qui tombe, ou le pied de Dimitry qui a heurté le fond en bois. Le silence qui suit est plus terrifiant que n'importe quel cri.

Cassandra se fige. Ses larmes s'arrêtent net. Elle se lève lentement, son regard se fixant sur la porte de ma chambre entrouverte.
— Cassandra, non, attends !

Elle ne m'écoute plus. Elle court. Elle pousse la porte de la chambre et se dirige droit vers la penderie. D'un geste violent, elle tire la porte coulissante.
Le temps s'arrête. Dimitry est là, recroquevillé entre mes chemises, son jean à moitié enfilé, le torse nu, ses affaires en tas à ses pieds. L'évidence est là, brutale, obscène. L'odeur du sexe flotte encore dans l'air confiné de la pièce.

Cassandra recule, une main sur la bouche. Puis, un hurlement s'échappe de sa gorge, un cri inhumain qui semble vouloir arracher les murs de l'appartement.
— JE LE SAVAIS ! JE LE SAVAIS, ESPÈCES DE SALOPS !

Elle se tourne vers moi, ses yeux injectés de sang.
— Mon propre frère... et mon mari ! Vous me dégoûtez ! C'est immonde ! Vous étiez là, à me mentir en face, à simuler des disputes, pendant que vous... pendant que vous faisiez ça !
— Cassandra, laisse-nous t'expliquer... supplie Dimitry en sortant de la penderie, la voix brisée.
— M'EXPLIQUER QUOI ? hurle-t-elle en lui lançant un cadre photo à la figure. Qu'il n'est pas attiré par les mecs ? Que c'était des secrets d'argent ? Je vous déteste ! Je vais vous détruire. Tout le monde le saura ! Élodie, la famille, tes collègues, Dimitry ! Je vais faire en sorte que plus personne ne puisse vous regarder sans avoir envie de vomir ! Vous ne méritez aucune chance, rien du tout !

Elle se rue vers la sortie, renversant tout sur son passage. Elle claque la porte d'entrée avec une telle force que le verre du miroir de l'entrée se fend.
Le silence qui retombe est mortel. Dimitry reste planté au milieu de la chambre, le regard vide, les épaules affaissées. Soudain, ses jambes se dérobent. Il s'effondre sur le tapis, les mains sur le visage, et de longs sanglots rauques secouent son corps massif. Je ne l'ai jamais vu ainsi. L'homme fort, le protecteur, n'est plus qu'une ombre brisée.

Je me précipite vers mon téléphone. Il est presque neuf heures. Je dois appeler le travail de Dimitry.
— Allô ? Oui, c'est l'ami de Dimitry... Écoutez, il a eu un empêchement majeur ce matin, un accident domestique grave... Non, il ne pourra pas venir. Je vous rappelle plus tard.

Je raccroche puis appelle le mien pour prévenir d’un empêchement de dernière minute m’obligeant à ne pas venir au bureau aujourd’hui. Puis, je m'assieds par terre, à côté de lui. Je passe mes bras autour de ses épaules tremblantes. Le secret a explosé, et les débris sont en train de nous lacérer. Cassandra a promis une vengeance totale, et je sais qu'elle le fera. Mais pour l'instant, ma seule priorité est cet homme en miettes entre mes bras.
— On va trouver une solution, Dimitry... murmurai-je contre son épaule, sans même savoir si je me crois moi-même. On va s'en sortir.

L'appartement est plongé dans un silence sépulcral, seulement troublé par la respiration erratique de Dimitry. Il est assis sur le bord du lit, la tête entre les mains, le regard fixé sur le tapis comme s'il y cherchait les restes de sa vie brisée. Sans son téléphone — que Cassandra a fracassé contre le mur lors de leur violente dispute de la veille — il est totalement coupé du monde. Il est protégé malgré lui de l'onde de choc qui se propage, mais cette ignorance le terrifie encore plus.
Moi, je suis dans la cuisine, mon téléphone posé sur le plan de travail. Je l'observe comme on surveille une grenade dégoupillée. Je sais que Cassandra ne bluffait pas. Elle a toujours été une femme de parole, surtout quand on la blesse au cœur.

La première secousse arrive à 10h15. Une notification. Un message d'Élodie.

« Pierrick... Dis-moi que ce n'est pas vrai. Cassandra vient de m'appeler en hurlant, elle est hystérique. Elle dit qu'elle vous a surpris ensemble ce matin dans ta chambre. Elle dit que vous la trahissez depuis des mois, que c'est dégueulasse. Réponds-moi, je t'en supplie, dis-moi qu'elle a inventé ça pour se venger de leur dispute. »

Je ne réponds pas. Mes doigts sont de glace. Quelques secondes plus tard, c'est un appel de ma mère. Je laisse sonner. Le silence du salon est brusquement envahi par la mélodie de mon téléphone, qui semble hurler ma trahison à chaque note. Dimitry lève la tête, ses yeux rouges de fatigue et de larmes rencontrant les miens.
— C'est elle ? murmure-t-il, la voix éteinte.
— Non. C'est ma mère. Élodie est déjà au courant aussi. Elle a commencé son massacre, Dimitry. Elle déballe tout à tout le monde.

À peine ai-je fini ma phrase que les messages s'enchaînent. C'est une pluie acide qui s'abat sur mon écran. Mon cousin, ma tante, même un collègue de Dimitry qui a dû être contacté via Facebook par une Cassandra en furie. Les mots sont d'une violence inouïe : "Dégueulasse", "Monstres", "Comment as-tu pu faire ça à ta propre sœur ?".

Dimitry se lève et vient s'adosser au cadre de la porte de la cuisine. Le fait de ne plus avoir son téléphone, d'avoir vu Cassandra le détruire sous ses yeux la veille, le rend totalement dépendant de moi. Je vois la panique monter en lui. Pour un homme qui a toujours tout misé sur sa réputation de "dur", de protecteur, se voir ainsi mis à nu et humilié devant tout son cercle social est un supplice qu'il ne sait pas comment gérer.
— Elle va appeler le dépôt, Pierrick... Elle va me faire virer, souffle-t-il, les mains tremblantes. Elle ne s'arrêtera pas avant qu'on n'ait plus rien. Plus de famille, plus de boulot, plus d'honneur. Sans mon portable, je ne peux même pas essayer de calmer les gens ou de m'expliquer...
— S'expliquer quoi, Dimitry ? lui dis-je doucement. Elle nous a vus. Il n'y a plus d'explication possible.

Je m'approche de lui et je lui prends les mains. Elles sont froides comme du marbre.
— Pour l'instant, on reste ici. J'ai appelé ton patron pour dire que tu avais eu un empêchement grave, ils pensent que c'est un accident. On a besoin de quelques heures pour respirer, pour voir comment on va affronter la suite.

Il me regarde, et je vois une détresse immense dans ses yeux noirs.
— Elle a raison sur un point... On les a détruits. On a tout brûlé pour nous deux.

Je prends mon téléphone et je l'éteins brusquement. L'écran devient noir, faisant cesser instantanément les vibrations incessantes et les notifications injurieuses. Ce silence soudain est presque aussi terrifiant que le bruit, mais c'est la seule façon de nous protéger d'une folie immédiate.

Je range machinalement la chambre, cachant les draps froissés, fermant la porte de cette penderie qui est désormais le symbole de notre chute. Dimitry s'est recroquevillé sur le canapé, enveloppé dans une de mes couvertures. Il semble avoir vieilli de dix ans en une matinée.
— Qu'est-ce qu'on va faire quand on devra sortir ? demande-t-il, les yeux vides, fixant le vide là où son téléphone aurait dû être.
— On sortira ensemble, Dimitry. On n'a plus personne d'autre de toute façon. Si le monde entier doit nous détester, on le fera ensemble.

Il ne répond rien, mais il attrape ma main et la serre si fort que ça me fait mal.

À peine une heure après avoir éteint mon téléphone, le silence pesant de l'appartement est de nouveau brisé. Ce n'est pas le vacarme hystérique de Cassandra, mais trois coups mesurés, presque hésitants, contre le bois de la porte.

Je regarde Dimitry. Il se raidit, s'enveloppant un peu plus dans la couverture, le visage livide. Ses yeux noirs trahissent une peur enfantine, celle d'un homme qui a perdu tous ses repères. Je me lève, j'inspire un grand coup pour calmer le tremblement de mes mains et je vais ouvrir. Sur le palier, ma mère se tient debout, seule. Elle a les yeux rougis, son sac serré contre elle. Elle ne hurle pas. Elle entre sans dire un mot, ses yeux balayant le salon pour s'arrêter sur Dimitry, prostré sur le canapé, avant de revenir vers moi.
— Maman... murmurai-je, la gorge nouée.

Elle s'assoit lourdement sur une chaise de la cuisine, nous faisant signe de rester où nous sommes. Le silence dure de longues minutes, un silence de plomb où l'on n'entend que le tic-tac de l'horloge. Elle nous observe, comme si elle essayait de réconcilier l'image qu'elle avait de nous avec la réalité brutale que Cassandra vient de lui jeter au visage.
— Ce que vous avez fait est vraiment horrible, finit-elle par dire d'une voix sourde. Trahir ta sœur, Pierrick... Trahir ta femme, ton foyer, Dimitry... C’est une blessure que le temps n’effacera peut-être jamais. Cassandra est à la maison, avec nous. Elle est brisée, elle ne fait que pleurer et hurler.

Je baisse la tête, incapable de soutenir son regard. Mais ma mère n'est pas venue pour nous achever. Elle est venue chercher une vérité que Cassandra, dans sa rage, ne peut plus formuler. Elle m'écoute alors que je lui raconte tout. Je lui parle de notre solitude, de cette attirance que nous avons essayé de combattre, du poids du secret qui nous étouffait chaque jour un peu plus. Je lui explique que ce n'était pas un jeu, mais quelque chose de dévastateur.
Dimitry, lui, reste à l'écart, assis dans un coin du canapé, le regard bas.

Ma mère se tourne enfin vers lui. Son regard est sévère, mais elle ne le vouvoie pas ; elle l'a toujours considéré comme un fils.
— Et toi, Dimitry ? Qu'est-ce que tu comptes faire ? Est-ce que c'est une erreur de parcours ? Est-ce que tu comptes retourner avec ma fille, ramper pour qu'elle te pardonne et essayer de reconstruire ce qui reste ?

Dimitry lève les yeux. Pour la première fois de la journée, sa voix est ferme, bien que chargée d'une immense tristesse. Il ne cherche plus à se cacher derrière le mensonge de la liquidité.
— C’est terminé, maman, dit-il, utilisant ce terme qu'il lui donnait parfois. C’est terminé depuis longtemps avec Cassandra, bien avant que tout cela n'arrive. On faisait semblant devant vous, devant tout le monde, pour ne pas casser l'image de la famille parfaite, mais à l'intérieur de notre couple, c'était mort. On ne se parlait plus, on ne se touchait plus.

Il marque une pause, luttant contre les larmes qui perlent au bord de ses cils.
— Je n'ai jamais vraiment pensé à la tromper au départ. Je n'aurais jamais cru être capable de faire ça, surtout avec Pierrick. Mais c’est arrivé, petit à petit. On s'est trouvés là où on ne s'attendait pas. Je m'en veux terriblement de la douleur que je lui cause, je ne voulais pas que ça explose comme ça... mais j’ai des sentiments réels pour ton fils. Je ne peux pas retourner en arrière.

Ma mère soupire, une larme coulant enfin sur sa joue. Elle voit la sincérité dans ses yeux, cette détresse partagée qui ne ment pas. Elle se lève lentement.
— Elle est en train de vous détruire, vous le savez ? poursuit-elle. Elle appelle tout le monde, elle veut vous voir à la rue. Je vais essayer de la raisonner, de lui faire comprendre que la vengeance ne calmera pas sa peine. Elle se repose chez nous pour l'instant, je vais tenter de lui parler, de calmer le jeu.

Elle s'approche de moi et m'ouvre les bras. Je m'y jette, éclatant en sanglots, retrouvant pour un instant la sécurité de l'enfance. Elle me serre fort.
— Tu es mon fils, Pierrick. Je déteste ce que tu as fait, mais je ne peux pas t'abandonner.

Puis, elle se détache et se dirige vers Dimitry. Lui reste pétrifié alors qu'elle s'approche. Elle le prend également dans ses bras, une étreinte brève mais pleine de sens.
— Il faudra assumer cette relation maintenant, leur dit-elle avec gravité. Le chemin va être très dur. Le monde ne vous fera pas de cadeaux, et Cassandra encore moins. Mais je vais vraiment essayer de lui parler pour qu'elle s'arrête.

Elle se dirige vers la porte, s'arrête un instant sur le seuil, nous jetant un dernier regard chargé de mélancolie, puis elle repart vers l'ascenseur.

Le silence retombe sur l'appartement, mais l'air semble moins irrespirable. Dimitry se lève et vient se blottir contre moi, sa tête nichée dans mon cou. Nous savons que la tempête continue dehors, que Cassandra est une blessure ouverte, mais nous avons le soutien de ma mère. C'est notre première victoire dans ce chaos.

Fin du chapitre 30.

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