Rattrapés par le futur
Récit érotique écrit par PodZeidon [→ Accès à sa fiche auteur]
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Rattrapés par le futur
Ce dimanche d’avril s’ouvrait avec une lenteur presque bienveillante. La lumière descendait sans heurt sur les façades, glissait jusque dans les plis du parc des Buttes-Chaumont. Appuyé à la rambarde de son balcon, Lotfi fumait en silence. À vingt ans, il portait déjà en lui une retenue ancienne. Grand, brun, d’une présence tranquille, il n’avait pas besoin de s’imposer pour exister. Son regard suffisait. Sombre, posé, il savait se faire doux, puis, sans prévenir, devenir plus profond, comme s’il cherchait à atteindre quelque chose derrière les visages. Paris ne lui appartenait pas encore. Alger, elle, ne l’avait jamais quitté.
Il rentra sans bruit, s’assit devant son clavier comme on retrouve un refuge. La musique chaabi l’attendait. Elle ne lui demandait rien, ne lui reprochait rien. Ses doigts se posèrent avec une justesse instinctive, et très vite, le morceau prit une autre épaisseur. Il ne suivait pas, il habitait. Chaque note semblait chargée de mémoire, comme si elle remontait de loin. Puis la vibration du téléphone brisa l’équilibre. Fella. Flifla. Il répondit aussitôt. Elle lui annonça qu’elle venait à Paris pour trois mois, le temps d’un stage, puis, presque naturellement, lui demanda si elle pouvait rester chez lui. Il observa l’espace autour de lui, mesura sans vraiment calculer, puis accepta. La décision s’imposa comme une évidence silencieuse.
Les jours suivants se déposèrent les uns sur les autres avec une légèreté nouvelle. Il rangea, déplaça, essuya, sans méthode mais avec application. Ce n’était pas tant l’ordre qu’il cherchait que la place à faire. Il sortit, choisit de quoi accueillir, guidé par des souvenirs plus que par le besoin. Le samedi, en fin d’après-midi, il la vit enfin. Le taxi s’arrêta, la portière s’ouvrit, et elle descendit. Sa silhouette s’imposa d’emblée, pleine, assurée, portée par une aisance naturelle. Ses hanches accompagnaient chacun de ses pas, son jean en suivait fidèlement les lignes. Le chemisier clair, traversé de roses rouges, captait la lumière. Ses cheveux courts, nuancés de blond, encadraient un visage vivant, offert au monde. Lorsqu’elle leva les yeux vers lui, son sourire le désarma. Il descendit. En bas, elle abandonna sa valise et courut vers lui pour lui sauter dans les bras.
Dans l’escalier, leurs voix se mêlaient, leurs rires se répondaient. Rien ne semblait avoir changé. Au troisième étage, elle s’arrêta, observa, puis lança avec malice quelques mots à propos de la voisine : « c’est là qu’elle habite la vieille dont tu me parles ? ». Il rit, la rappela au silence d’un geste. Ils reprirent. L’espace se resserrait, le souffle aussi. Derrière elle, Lotfi percevait son parfum, une présence douce, insistante, qui réveillait en lui des fragments d’Alger. Il la laissa passer devant lui, ralenti par la valise. Son regard se posa alors. Le tissu suivait ses mouvements, révélait sans détour la ligne de ses hanches, la rondeur de ses fesses. Il s’y attarda, malgré lui, comme retenu par une évidence nouvelle. Une pensée traversa son esprit, nette, presque brutale. Il releva brusquement les yeux, comme surpris par lui-même, comme si quelque chose venait de se déplacer en lui.
Essoufflés, ils s’affalèrent presque en même temps sur le canapé. La douceur du dehors avait laissé place à une chaleur plus dense, née de l’effort des cinq étages gravis sans pause. Ils riaient encore, leurs souffles se cherchant, leurs voix se croisant avec cette facilité intacte qui n’avait jamais eu besoin d’être entretenue. Lotfi passa une main sur sa nuque, tenta de reprendre contenance, puis se leva avec un réflexe presque instinctif pour lui proposer quelque chose à boire. Lorsqu’il revint avec deux verres, elle s’était déjà installée à sa manière, à l’aise, comme si les lieux lui appartenaient depuis toujours. Ils burent lentement, parlant sans véritable sujet, simplement portés par le plaisir de se retrouver.
Fella finit par ouvrir sa valise, comme si elle se souvenait soudain de quelque chose d’important. Elle en sortit des sachets, des boîtes soigneusement préparées. Lotfi reconnut aussitôt les gâteaux de sa maman, et avec eux, tout un monde qu’il croyait à distance. Son regard se troubla légèrement, une émotion discrète mais tenace remontant sans prévenir. Fella le vit. Elle voyait toujours.
« Ah non docteur… » lança-t-elle aussitôt, avec ce mélange d’humour et de tendresse qui lui était propre.
Il esquissa un sourire. Elle l’appelait ainsi depuis ses débuts en médecine, comme pour alléger ce qu’elle sentait peser en lui. Une façon de ne jamais laisser le sérieux prendre toute la place.
Elle se leva presque dans le même mouvement, balaya la pièce du regard et, sans demander son chemin, s’aventura vers la chambre. Elle en ressortit quelques minutes plus tard, changée, débarrassée de son jean. Le pyjama en coton fin qu’elle portait désormais suivait naturellement ses formes, sans chercher à les cacher. Elle s’étira légèrement, les bras au-dessus de la tête, puis laissa échapper un rire franc.
« On respire mieux comme ça… j’en pouvais plus de ce jean »
Lotfi détourna les yeux un instant, troublé sans pouvoir vraiment l’expliquer.
Il s’apprêtait à se lever pour préparer quelque chose, mais elle le devança sans lui laisser le choix. En quelques gestes, elle investit la cuisine, ouvrit, chercha, trouva. Elle improvisait avec une aisance déconcertante, comme si elle avait toujours connu cet espace. Lotfi, lui, resta en retrait, observant cette énergie nouvelle qui circulait dans son appartement. Lorsqu’elle installa finalement deux assiettes sur le balcon, transformant l’endroit en table improvisée, il comprit sans avoir besoin de le formuler qu’elle venait déjà de changer quelque chose en lui. Face à elle, dans la lumière douce de la fin de journée, il sentit le poids du silence s’effacer. Pour la première fois depuis longtemps, son appartement respirait.
La nuit s’installa lentement après le dîner. Sur le balcon, la chaleur du jour s’était retirée, laissant une tiédeur qui collait encore à la peau. Lotfi fumait en silence lorsque la voix de Fella s’éleva depuis la cuisine, mêlée au bruit de l’eau. « Chouchou… on n’a pas de menthe ? » Il répondit sans se retourner, un léger sourire aux lèvres. « Non… » Elle soupira, amusée. « Je voulais faire du thé… tant pis. » La fatigue commençait à peser. Les gestes ralentissaient, les regards s’alourdissaient. Il lui céda la chambre sans discuter. Elle passa par la salle de bain attenante, et il entendit l’eau, les mouvements, cette présence vivante derrière la porte. Lorsqu’elle en sortit, en pyjama léger, elle lui lança « Bonne nuit mon chat ! » avant de disparaître dans le lit. Très vite, le silence reprit sa place.
Il attendit un moment, puis se leva à son tour pour se préparer à dormir. Il traversa la chambre à pas feutrés. Dans la salle de bain, l’air était encore chaud, humide, chargé d’elle. Son regard fut attiré presque malgré lui par le panier à linge. Les vêtements de Fella y reposaient, abandonnés avec une simplicité désarmante. Une tension monta en lui, immédiate, physique. Il tendit la main, hésita à peine, puis saisit la culotte blanche en dentelle. Le geste était lent, presque suspendu. Il la garda un instant entre ses doigts, comme s’il en découvrait la présence autrement. Une odeur douce, intime, musquée s’en dégageait. Quelque chose bascula. Une chaleur sourde envahit son corps, plus basse, plus insistante. Il resta ainsi, immobile, conscient de franchir une limite, incapable pourtant de s’en détourner.
Puis il se ressaisit brusquement. Il reposa le vêtement avec précaution, comme pour effacer ce qu’il venait de faire, passa une main sur son visage, cherchant à reprendre le contrôle et à calmer cette vive érection qu’il avait. Mais rien ne s’apaisait vraiment. Il éteignit la lumière, referma doucement la porte, puis regagna le salon. Allongé dans l’obscurité, les yeux ouverts, il resta longtemps immobile. Quelque chose s’était installé en lui, une tension nouvelle, irréversible. Et dans le silence de la nuit, une pensée revenait, insistante, presque troublante. « Qu’est-ce qui m’arrive ? »
Le lendemain, Fella se leva la première. L’appartement était encore silencieux, baigné d’une lumière douce qui filtrait à travers les rideaux. Elle se déplaça sans bruit, ouvrit les fenêtres, laissa entrer l’air frais du matin, puis s’activa naturellement dans la cuisine. Le café monta lentement, les tasses furent posées, les gâteaux d’Alger soigneusement disposés. Elle faisait tout avec cette aisance tranquille, comme si elle avait toujours vécu là.
Lotfi, lui, émergea plus lentement. Le sommeil ne l’avait pas vraiment apaisé. Il passa par la salle de bain, cherchant à se réveiller, à remettre de l’ordre en lui. Mais en entrant, quelque chose le happa de nouveau. Le panier à linge, toujours là. Présent. Trop présent. Une tension familière remonta aussitôt, plus rapide, plus difficile à contenir. Il resta figé un instant, puis céda, presque malgré lui, à ce geste qu’il n’assumait déjà plus. Lorsqu’il en sortit, quelques minutes plus tard, il était troublé, le regard fuyant, comme s’il portait en lui quelque chose qu’il ne savait pas encore nommer.
Dans la pièce à vivre, Fella avait tout transformé. Le lit était fait, le canapé remis en ordre, et sur le balcon, une petite table improvisée les attendait.
« Bien dormi, docteur ? » lança-t-elle avec un sourire léger.
Il acquiesça, sans vraiment soutenir son regard. Ils s’installèrent face à face, le café encore chaud entre les mains, dégustant les gâteaux qu’elle avait rapportés. Le parc s’éveillait doucement en contrebas. La scène avait quelque chose de simple, presque apaisant. Et pourtant, en lui, rien ne l’était.
Après un moment, elle se redressa, pleine d’élan. « On va marcher un peu ? »
Il hocha la tête. L’air frais lui ferait du bien. Du moins, il l’espérait.
Ils sortirent bras dessus bras dessous, retrouvant sans y penser cette proximité ancienne qui leur avait toujours été naturelle. Fella regardait autour d’elle avec curiosité, ses yeux s’attardant sur les façades, les arbres, les silhouettes tranquilles qui traversaient le parc. « C’est fou comme c’est calme… » murmura-t-elle, presque surprise. Rien à voir avec Alger, avec son tumulte, ses voix, sa chaleur vivante. Ici, même le dimanche semblait retenu, comme suspendu. Elle se serra un peu plus contre lui, appréciant cette douceur nouvelle, cette lenteur qu’elle découvrait.
Ils marchèrent sans se presser, laissant le temps s’étirer. Mais peu à peu, le ciel changea. Une lumière plus terne s’installa, les nuages gagnèrent du terrain, comme si la journée hésitait à basculer. « On va se prendre la pluie si on traîne », dit-elle en levant les yeux. Ils échangèrent un regard complice et firent demi-tour. Sur le chemin du retour, elle lui demanda ce qu’il voulait manger. Sans attendre vraiment sa réponse, elle sourit. « Laisse, je vais te faire une chorba. » Ils passèrent acheter ce qu’il fallait, puis remontèrent rapidement, pressés par les premières gouttes qui commençaient à tomber.
À peine rentrés, elle prit les devants avec une aisance désarmante. Elle posa les sacs, s’activa, puis le regarda. « mon chat t’es cerné ! Va te reposer un peu… » Elle le poussa presque vers la chambre avec un sourire. Lotfi ne résista pas. Allongé sur le lit, il ferma les yeux, bercé par les bruits de la cuisine, les gestes de Fella, cette présence qui remplissait tout l’espace. Mais le repos ne venait pas vraiment. Malgré lui, son esprit revenait à la veille, à cette culotte, son odeur, ses traces, ces sensations qu’il n’arrivait pas à chasser.
Et peu à peu, une évidence s’imposa. Ce n’était plus seulement sa cousine qu’il voyait, c’était une femme. Une femme dont la présence troublait son corps autant que son esprit.
Il rouvrit les yeux, le souffle plus court, incapable de faire taire cette agitation nouvelle qui grandissait en lui.
Lotfi mit du temps à rejoindre Fella. Allongé quelques minutes de plus, il attendait que son corps se calme, que son érection, si forte qu’elle en devenait douloureuse, redescende. Lorsqu’il finit par se lever, il prit une inspiration, passa une main sur son visage, puis la rejoignit comme si de rien n’était. Dans la cuisine, les odeurs de chorba emplissaient l’air, chaleureuses, rassurantes. Fella s’affairait encore, puis se retourna avec un sourire. Ils dînèrent face à face, retrouvant aussitôt leur complicité. Elle plaisantait, enchaînait les remarques, et, sans même s’en rendre compte, balayait cette nostalgie qui pesait en lui depuis des mois.
Après le repas, ils appelèrent Alger en visio. Les visages familiers apparurent, les voix se mêlèrent, les rires aussi. Sa mère, émue, les observa un instant avant de lancer avec tendresse
« Vous êtes trop mignons tous les deux »
Fella éclata de rire et répondit du tac au tac
« T’as vu tata comme on est beaux »
Lotfi secoua la tête, amusé, mais son regard sur elle s’attarda un peu plus longtemps qu’il ne l’aurait voulu.
Une fois l’appel terminé, ils restèrent dans la pièce à vivre, portés par cette légèreté retrouvée. Les échanges se firent plus spontanés, plus joueurs. Elle le taquina, il riposta, et très vite, les gestes remplacèrent les mots. Quelques chatouilles, des esquives maladroites, puis un verre renversé, suivi d’un autre. L’eau s’étala sur le canapé, mais ils n’y prêtèrent presque pas attention, trop occupés à rire.
Fella se redressa la première, les cheveux légèrement en désordre, les yeux brillants.
« T’en fais pas mon chat… » dit-elle en reprenant son souffle. « Je vais te dépanner ce soir, exceptionnellement. Mais je te préviens… j’ai tendance à prendre toute la place dans le lit. C’est à prendre ou à laisser. »
Elle ne lui laissa pas vraiment le temps de répondre et disparut vers la salle de bain.
Après quelques instant il fini par la rejoindre. Dans la chambre, la lumière était douce. Elle s’était déjà installée, naturellement, comme si rien n’était étrange, comme si tout était simple. Lui resta un instant debout ce qui amusa Fella « tu comptes dormir comme un cheval ? ». il fini par se glisser sous la couette à côté d’elle.
Et dans cet espace trop proche, trop silencieux, il comprit que la nuit serait longue.
Dans le lit, Lotfi s’était installé au bord, presque en équilibre, comme s’il cherchait inconsciemment à garder une distance qui n’avait plus vraiment de sens. Fella le remarqua aussitôt et éclata de rire, un rire franc, communicatif, qui le fit rire à son tour sans qu’il puisse se retenir.
« T’as pas l’impression de prendre toute la place ? »
Il haussa les épaules, amusé, jouant le jeu.
« Je te laisse de la place, moi… j’suis quelqu’un de bien. »
Elle secoua la tête, moqueuse, puis attrapa son bras pour le tirer vers elle avec une autorité pleine de tendresse
« Arrête un peu… viens là. »
Il se laissa faire sans résistance, glissant vers le centre du lit, et à peine eut-il trouvé sa place qu’elle se rapprocha encore, se collant contre lui avec une évidence troublante. Il lâcha un rire léger, surpris, mais ne chercha pas à s’éloigner.
« Toujours aussi envahissante… »
« Moi aussi tu m’as manqué, vilain ! », répondit-elle amusée en lui donnant un petit coup de hanche.
Leurs rires reprirent, plus proches, plus spontanés. Ils se bousculèrent légèrement, comme avant, comme si rien n’avait changé, et dans ce jeu familier, leurs corps se cherchèrent sans y penser. Il la chatouilla, elle protesta en riant, tenta de s’échapper pour finalement revenir se blottir contre lui, encore plus près cette fois.
Peu à peu, sans rupture, le rythme retomba. Les rires s’effacèrent d’eux-mêmes, remplacés par un calme plus dense. Elle resta contre lui, la tête posée près de son épaule, sa main glissant distraitement sur son torse pendant qu’elle parlait à voix basse.
Lotfi répondait, parfois, mais son attention dérivait. Ce n’étaient plus vraiment ses mots qui comptaient. C’était la proximité, la chaleur de son corps, son parfum, son odeur, la manière dont elle s’était installée contre lui, sans retenue.
À un moment, leurs regards se croisèrent.
Un peu trop longtemps.
Le silence changea de texture. Leurs visages s’étaient rapprochés sans qu’ils s’en rendent compte, leurs souffles se mêlant dans cet espace devenu soudain plus étroit. Fella sentit le basculement. Elle ne bougea pas tout de suite. Mais quelque chose, en elle, se tendit légèrement. Une lucidité discrète, presque instinctive, venait de reprendre le dessus. Elle laissa passer une seconde de trop, puis détourna doucement les yeux, comme pour desserrer l’étreinte invisible qui s’installait.
« Au fait… tu bosses demain ? »
Sa voix était restée douce, naturelle. Presque trop.
Lotfi mit une seconde à répondre, comme ramené brusquement à quelque chose de concret.
« Ouais… j’ai cours le matin. Et Grec le soir. »
Elle hocha légèrement la tête, comme si cette réponse avait de l’importance. Comme si elle venait de retrouver un appui.
« On pourrait se faire un grec demain alors ! Mais d’ici là il faut qu’on dorme un peu »
Elle esquissa un sourire, plus léger, presque protecteur cette fois.
« Bonne nuit, mon chat… »
Et lui déposa un doux baiser dans le cou, se retourna doucement, lui tournant le dos, refermant avec délicatesse ce qui venait de s’ouvrir entre eux.
Lotfi resta immobile, les yeux ouverts dans l’obscurité.
Son corps, lui, ne s’était pas apaisé.
Et dans le silence qui suivit, il comprit qu’ils venaient tous les deux de retenir quelque chose… de justesse.
Le lendemain matin, Lotfi se réveilla le premier. La lumière filtrait doucement à travers les rideaux. Il resta quelques secondes immobile, conscient de la présence de Fella contre lui, son corps chaud encore blotti dans son dos, ses fesses rondes pressées contre son bassin. Il sentait son sexe à demi dur reposer entre ses cuisses. Avec précaution, il se dégagea pour ne pas la réveiller et quitta le lit en silence. Il fila sous la douche, laissant l’eau chaude ruisseler longuement sur sa peau, espérant qu’elle emporterait avec elle le trouble qui lui nouait encore le ventre.
Lorsqu’il sortit de la salle de bain, encore humide, une surprise l’attendait. Fella était déjà debout, derrière le comptoir, concentrée sur le petit déjeuner qu’elle préparait avec soin. L’appartement avait repris vie sans qu’il s’en rende compte.
« T’es déjà levée ? » demanda-t-il.
Elle leva les yeux vers lui, un sourire tranquille aux lèvres.
« Toujours avant toi. »
Sur le comptoir, tout était prêt. Elle avait même anticipé son départ. Lorsqu’il attrapa ses affaires, prêt à filer, elle l’interpella sans lever la voix.
« Prends ton déjeuner sur la table, chouchou. »
Il s’arrêta. Elle avait tout préparé, soigneusement rangé dans des boîtes, comme si ce geste allait de soi. Une attention simple, mais qui le toucha plus qu’il ne l’aurait voulu. Il sentit quelque chose remuer en lui, léger, inattendu. Une chaleur dans la poitrine. Presque des papillons. Il détourna légèrement le regard, refusant d’y donner trop d’importance.
Il fit quelques pas vers la porte.
« Tu ne m’embrasses pas ? » demanda-t-elle.
Il s’arrêta net.
Puis fit demi-tour.
Leurs regards se croisèrent, sans détour cette fois. Il s’approcha, l’enlaça avec une tendresse qui le surprit lui-même. Elle se serra contre lui sans hésiter, sa poitrine généreuse venant se poser contre son torse. Il sentit la douceur pleine de ses seins à travers le tissu fin de son débardeur, leur chaleur qui irradiait. Elle déposa dans son cou un baiser chaud, appuyé, qui le traversa plus profondément qu’il ne l’aurait imaginé. Ses lèvres restèrent un instant contre sa peau, humides, comme si elles y laissaient une marque invisible.
« Tu rentres vers quelle heure ? » murmura-t-elle.
« Vers vingt-deux heures… » répondit-il.
Elle hocha la tête, comme si elle enregistrait déjà l’information.
« Ok… Je t’appelle dans la journée. Tu me diras comment aller à mon stage, je veux faire le trajet avant jeudi. »
Il acquiesça.
Puis resta une seconde de trop, avant de partir.
Lotfi rentra un peu avant vingt-deux heures. À peine la porte refermée, Fella apparut dans la pièce à vivre, les bras croisés, le regard faussement sévère mais déjà rieur.
« T’as l’intention de me laisser mourir de faim toute la semaine ou c’est juste aujourd’hui ? » lança-t-elle d’un ton théâtral.
Il éclata de rire en posant son sac, savourant cette énergie qu’elle apportait avec elle. Sans répondre tout de suite, il sortit les deux kebabs qu’il avait pris en rentrant et lui proposa de sortir les manger au bord du canal Saint-Martin. Elle leva les yeux au ciel, amusée, avant de sourire franchement. Elle accepta sans hésiter, déjà en train d’enfiler ses chaussures.
Ils marchèrent côte à côte dans la douceur du soir, leurs épaules se frôlant, leurs pas naturellement accordés. Installés au bord de l’eau, ils mangèrent en riant, en se racontant des choses sans importance, comme si l’essentiel était ailleurs, dans cette présence partagée. Fella s’amusait de l’odeur de friture qui imprégnait les vêtements de Lotfi. À un moment, elle attrapa son téléphone et proposa d’appeler les mamans à Alger. Très vite, les visages familiers apparurent à l’écran, les voix se mêlèrent, les rires aussi. Puis, en montrant l’endroit où ils se trouvaient, la mère de Lotfi lança avec un sourire attendri :« Vous êtes trop mignons tous les deux, un beau dîner en amoureux. »
Fella, fidèle à elle-même, s’empara aussitôt de cette seconde suspendue avec légèreté.
« T’as vu tata comme on est mignons à dîner en amoureux au bord de l’eau. »
Lotfi baissa légèrement les yeux, amusé, mais quelque chose en lui résonna plus profondément qu’il ne l’aurait voulu.
Plus tard, ils rentrèrent en prenant leur temps, d’abord bras dessus bras dessous, puis leurs mains se cherchèrent et restèrent liées. Arrivés à l’appartement, Lotfi s’orienta instinctivement vers le canapé, mais Fella s’en amusa, évoquant le tissu peut-être encore humide de la veille avant de l’interrompre elle-même en riant : « Arrête tes bêtises, viens dormir dans la chambre. »
Ils rirent ensemble, mais cette fois le rire couvrait à peine autre chose.
Lorsqu’elle ressortit de la salle de bain, quelques minutes plus tard, le silence s’était posé. Elle portait un débardeur et un short en coton, simples, mais qui épousaient sans détour les lignes de son corps. Le tissu léger suivait la courbe de ses hanches, dessinait nettement la rondeur pleine et ferme de ses fesses. Lotfi leva les yeux… et resta accroché. Lorsqu’elle se pencha pour brancher son téléphone, la cambrure de ses reins s’accentua, ses cuisses se tendirent, et la ligne franche de son cul s’offrit à lui sans filtre. Il sentit immédiatement son souffle changer. Une chaleur lourde s’installa dans son bas-ventre. Son sexe durcit d’un coup, gonflant contre le tissu de son pantalon. Il ne détourna les yeux qu’une seconde trop tard.
Elle se redressa, comme si de rien n’était.
Elle le rejoignit dans le lit avec la même évidence que la veille, venant se blottir contre lui sans hésitation. Ils parlèrent doucement, prolongeant la soirée, leurs voix basses emplissant l’espace. La tension était là, palpable, mais tenue, comme un fil qu’aucun des deux ne voulait rompre trop vite. Sans y penser, elle posa sa main sur son torse, la laissant reposer là, simple, tranquille.
« Comment ça s’appelle déjà là où on a été ? » demanda Fella d’une voix douce.
Lotfi fronça légèrement les sourcils, encore pris entre ses pensées et sa présence.
Elle marqua une pause, le regard posé sur lui, presque amusée.
« Là où on a été dîner en amoureux tous les deux mon chat… Canal du Matin c’est ça ? »
Lotfi sourit, cette fois sans détourner les yeux. Quelque chose en lui avait changé, plus direct, plus assuré.
« Ah… là où tu m’as demandé de t’embrasser, c’est ça ? » répondit-il doucement. « C’est le Canal Saint-Martin. »
Fella soutint son regard, un sourire en coin, puis haussa légèrement les épaules.
« Martin, marin, matin… J’étais pas loin, docteur. »
Elle se rapprocha encore, presque imperceptiblement. Son corps chaud se pressa davantage contre le sien. Il sentit ses seins s’écraser doucement contre son torse, la courbe de sa hanche contre sa cuisse.
« Canal Saint-Martin c’est là où on a dîné… »
Un silence.
Puis, plus bas.
« Mais là où je vais te demander de m’embrasser… c’est ici. »
Elle combla les quelques centimètres entre eux, lentement, sans précipitation. Son visage s’approcha du sien, son souffle tiède effleurant ses lèvres, puis elle l’embrassa. D’abord simplement, presque tendrement. Mais le baiser ne resta pas sage. Très vite, leurs lèvres s’ouvrirent, leurs souffles se mêlèrent, et leurs langues se cherchèrent avec une hésitation qui ne dura pas.
Lotfi sentit aussitôt son corps répondre, violemment. Sa main glissa dans le dos de Fella, la rapprochant davantage contre lui, comme pour s’assurer qu’elle était bien là, réelle. Elle ne résista pas. Au contraire. Son corps se pressa contre le sien avec une lenteur assumée.
Leurs bassins se trouvèrent presque malgré eux.
Puis restèrent.
Fella laissa échapper un souffle plus court contre sa bouche, et, sans rompre le baiser, amorça un mouvement léger. À peine perceptible. Une pression. Puis une autre. Comme un test.
Le corps de Lotfi réagit immédiatement. Sa respiration se brisa, sa main se crispa légèrement sur ses reins.
Elle comprit.
Et n’arrêta pas.
Le mouvement se fit plus précis, plus lent, mais aussi plus appuyé. Son ventre glissait contre lui, cherchant une sensation qu’elle ne nommait pas, mais qu’elle reconnaissait déjà. Chaque contact prolongeait le précédent, chaque seconde pesait davantage. À travers le coton fin de son short, elle sentait la verge dure de Lotfi, épaisse et brûlante, frotter contre sa chatte déjà moite. Elle accentua la pression, ondulant des hanches avec une lenteur calculée, laissant son clitoris gonflé caresser toute la longueur de son sexe tendu.
Leurs baisers changèrent. Moins timides. Plus pleins. Plus profonds.
Lotfi la serra davantage contre lui, répondant instinctivement, son bassin poussant à son tour contre le sien. Le rythme s’installa, discret d’abord, puis de plus en plus présent. Leurs souffles se firent plus lourds, plus courts. Fella enfouit son visage dans son cou, ses lèvres effleurant sa peau, son souffle chaud glissant contre lui. Son corps s’était alourdi, abandonné, mais ses mouvements, eux, devenaient de plus en plus précis, presque gourmands. Elle savait exactement ce qu’elle faisait.
Et elle ne s’arrêtait plus.
Lotfi sentit une tension monter en lui, rapide, incontrôlable. Une vague qui prenait trop de place, trop vite. Sa main remonta légèrement dans son dos, la pressant contre lui avec plus de force, comme pour suivre ce qui était déjà en train de lui échapper. Leurs corps bougeaient désormais ensemble, sans retenue, sans distance. Le frottement devenait presque fiévreux. Fella laissait échapper de petits gémissements étouffés contre sa gorge, son bassin roulant plus vite, plus fort, cherchant la friction parfaite contre la queue raide qui pulsait sous le tissu.
Tout allait trop vite.
Trop loin.
Et puis, brusquement, elle s’arrêta.
Juste avant.
Son corps resta contre le sien, immobile, encore parcouru de cette tension qu’elle venait elle-même d’interrompre. Elle releva légèrement la tête, son front venant presque toucher le sien. Leurs souffles étaient encore courts, désaccordés, chargés de désir inassouvi.
Elle resta là une seconde.
Puis esquissa un léger sourire, difficile à lire.
« On ferait mieux de dormir tu sais … bonne nuit, mon chaton d’amour ! »
Sa voix était basse, presque posée, comme si rien ne venait de se passer.
Elle se blottit contre lui, retrouvant une immobilité trompeuse, la tête posée sur son torse, une jambe glissée entre les siennes. Lotfi referma instinctivement ses bras autour d’elle, sentant encore la chaleur moite de son sexe contre sa cuisse et son propre membre dur, douloureux, qui pulsait sans relâche.
Lotfi resta figé dans l’obscurité, les yeux grands ouverts. Son corps, lui, ne s’était pas arrêté. Chaque battement de cœur faisait pulser sa verge encore tendue, trempée de désir et de frustration. Il sentait la respiration régulière de Fella contre sa peau, son corps abandonné et pourtant brûlant.
Et dans le silence de la chambre, il comprit que ce qu’elle venait de faire n’était pas un refus.
C’était pire.
C’était une promesse.
Il rentra sans bruit, s’assit devant son clavier comme on retrouve un refuge. La musique chaabi l’attendait. Elle ne lui demandait rien, ne lui reprochait rien. Ses doigts se posèrent avec une justesse instinctive, et très vite, le morceau prit une autre épaisseur. Il ne suivait pas, il habitait. Chaque note semblait chargée de mémoire, comme si elle remontait de loin. Puis la vibration du téléphone brisa l’équilibre. Fella. Flifla. Il répondit aussitôt. Elle lui annonça qu’elle venait à Paris pour trois mois, le temps d’un stage, puis, presque naturellement, lui demanda si elle pouvait rester chez lui. Il observa l’espace autour de lui, mesura sans vraiment calculer, puis accepta. La décision s’imposa comme une évidence silencieuse.
Les jours suivants se déposèrent les uns sur les autres avec une légèreté nouvelle. Il rangea, déplaça, essuya, sans méthode mais avec application. Ce n’était pas tant l’ordre qu’il cherchait que la place à faire. Il sortit, choisit de quoi accueillir, guidé par des souvenirs plus que par le besoin. Le samedi, en fin d’après-midi, il la vit enfin. Le taxi s’arrêta, la portière s’ouvrit, et elle descendit. Sa silhouette s’imposa d’emblée, pleine, assurée, portée par une aisance naturelle. Ses hanches accompagnaient chacun de ses pas, son jean en suivait fidèlement les lignes. Le chemisier clair, traversé de roses rouges, captait la lumière. Ses cheveux courts, nuancés de blond, encadraient un visage vivant, offert au monde. Lorsqu’elle leva les yeux vers lui, son sourire le désarma. Il descendit. En bas, elle abandonna sa valise et courut vers lui pour lui sauter dans les bras.
Dans l’escalier, leurs voix se mêlaient, leurs rires se répondaient. Rien ne semblait avoir changé. Au troisième étage, elle s’arrêta, observa, puis lança avec malice quelques mots à propos de la voisine : « c’est là qu’elle habite la vieille dont tu me parles ? ». Il rit, la rappela au silence d’un geste. Ils reprirent. L’espace se resserrait, le souffle aussi. Derrière elle, Lotfi percevait son parfum, une présence douce, insistante, qui réveillait en lui des fragments d’Alger. Il la laissa passer devant lui, ralenti par la valise. Son regard se posa alors. Le tissu suivait ses mouvements, révélait sans détour la ligne de ses hanches, la rondeur de ses fesses. Il s’y attarda, malgré lui, comme retenu par une évidence nouvelle. Une pensée traversa son esprit, nette, presque brutale. Il releva brusquement les yeux, comme surpris par lui-même, comme si quelque chose venait de se déplacer en lui.
Essoufflés, ils s’affalèrent presque en même temps sur le canapé. La douceur du dehors avait laissé place à une chaleur plus dense, née de l’effort des cinq étages gravis sans pause. Ils riaient encore, leurs souffles se cherchant, leurs voix se croisant avec cette facilité intacte qui n’avait jamais eu besoin d’être entretenue. Lotfi passa une main sur sa nuque, tenta de reprendre contenance, puis se leva avec un réflexe presque instinctif pour lui proposer quelque chose à boire. Lorsqu’il revint avec deux verres, elle s’était déjà installée à sa manière, à l’aise, comme si les lieux lui appartenaient depuis toujours. Ils burent lentement, parlant sans véritable sujet, simplement portés par le plaisir de se retrouver.
Fella finit par ouvrir sa valise, comme si elle se souvenait soudain de quelque chose d’important. Elle en sortit des sachets, des boîtes soigneusement préparées. Lotfi reconnut aussitôt les gâteaux de sa maman, et avec eux, tout un monde qu’il croyait à distance. Son regard se troubla légèrement, une émotion discrète mais tenace remontant sans prévenir. Fella le vit. Elle voyait toujours.
« Ah non docteur… » lança-t-elle aussitôt, avec ce mélange d’humour et de tendresse qui lui était propre.
Il esquissa un sourire. Elle l’appelait ainsi depuis ses débuts en médecine, comme pour alléger ce qu’elle sentait peser en lui. Une façon de ne jamais laisser le sérieux prendre toute la place.
Elle se leva presque dans le même mouvement, balaya la pièce du regard et, sans demander son chemin, s’aventura vers la chambre. Elle en ressortit quelques minutes plus tard, changée, débarrassée de son jean. Le pyjama en coton fin qu’elle portait désormais suivait naturellement ses formes, sans chercher à les cacher. Elle s’étira légèrement, les bras au-dessus de la tête, puis laissa échapper un rire franc.
« On respire mieux comme ça… j’en pouvais plus de ce jean »
Lotfi détourna les yeux un instant, troublé sans pouvoir vraiment l’expliquer.
Il s’apprêtait à se lever pour préparer quelque chose, mais elle le devança sans lui laisser le choix. En quelques gestes, elle investit la cuisine, ouvrit, chercha, trouva. Elle improvisait avec une aisance déconcertante, comme si elle avait toujours connu cet espace. Lotfi, lui, resta en retrait, observant cette énergie nouvelle qui circulait dans son appartement. Lorsqu’elle installa finalement deux assiettes sur le balcon, transformant l’endroit en table improvisée, il comprit sans avoir besoin de le formuler qu’elle venait déjà de changer quelque chose en lui. Face à elle, dans la lumière douce de la fin de journée, il sentit le poids du silence s’effacer. Pour la première fois depuis longtemps, son appartement respirait.
La nuit s’installa lentement après le dîner. Sur le balcon, la chaleur du jour s’était retirée, laissant une tiédeur qui collait encore à la peau. Lotfi fumait en silence lorsque la voix de Fella s’éleva depuis la cuisine, mêlée au bruit de l’eau. « Chouchou… on n’a pas de menthe ? » Il répondit sans se retourner, un léger sourire aux lèvres. « Non… » Elle soupira, amusée. « Je voulais faire du thé… tant pis. » La fatigue commençait à peser. Les gestes ralentissaient, les regards s’alourdissaient. Il lui céda la chambre sans discuter. Elle passa par la salle de bain attenante, et il entendit l’eau, les mouvements, cette présence vivante derrière la porte. Lorsqu’elle en sortit, en pyjama léger, elle lui lança « Bonne nuit mon chat ! » avant de disparaître dans le lit. Très vite, le silence reprit sa place.
Il attendit un moment, puis se leva à son tour pour se préparer à dormir. Il traversa la chambre à pas feutrés. Dans la salle de bain, l’air était encore chaud, humide, chargé d’elle. Son regard fut attiré presque malgré lui par le panier à linge. Les vêtements de Fella y reposaient, abandonnés avec une simplicité désarmante. Une tension monta en lui, immédiate, physique. Il tendit la main, hésita à peine, puis saisit la culotte blanche en dentelle. Le geste était lent, presque suspendu. Il la garda un instant entre ses doigts, comme s’il en découvrait la présence autrement. Une odeur douce, intime, musquée s’en dégageait. Quelque chose bascula. Une chaleur sourde envahit son corps, plus basse, plus insistante. Il resta ainsi, immobile, conscient de franchir une limite, incapable pourtant de s’en détourner.
Puis il se ressaisit brusquement. Il reposa le vêtement avec précaution, comme pour effacer ce qu’il venait de faire, passa une main sur son visage, cherchant à reprendre le contrôle et à calmer cette vive érection qu’il avait. Mais rien ne s’apaisait vraiment. Il éteignit la lumière, referma doucement la porte, puis regagna le salon. Allongé dans l’obscurité, les yeux ouverts, il resta longtemps immobile. Quelque chose s’était installé en lui, une tension nouvelle, irréversible. Et dans le silence de la nuit, une pensée revenait, insistante, presque troublante. « Qu’est-ce qui m’arrive ? »
Le lendemain, Fella se leva la première. L’appartement était encore silencieux, baigné d’une lumière douce qui filtrait à travers les rideaux. Elle se déplaça sans bruit, ouvrit les fenêtres, laissa entrer l’air frais du matin, puis s’activa naturellement dans la cuisine. Le café monta lentement, les tasses furent posées, les gâteaux d’Alger soigneusement disposés. Elle faisait tout avec cette aisance tranquille, comme si elle avait toujours vécu là.
Lotfi, lui, émergea plus lentement. Le sommeil ne l’avait pas vraiment apaisé. Il passa par la salle de bain, cherchant à se réveiller, à remettre de l’ordre en lui. Mais en entrant, quelque chose le happa de nouveau. Le panier à linge, toujours là. Présent. Trop présent. Une tension familière remonta aussitôt, plus rapide, plus difficile à contenir. Il resta figé un instant, puis céda, presque malgré lui, à ce geste qu’il n’assumait déjà plus. Lorsqu’il en sortit, quelques minutes plus tard, il était troublé, le regard fuyant, comme s’il portait en lui quelque chose qu’il ne savait pas encore nommer.
Dans la pièce à vivre, Fella avait tout transformé. Le lit était fait, le canapé remis en ordre, et sur le balcon, une petite table improvisée les attendait.
« Bien dormi, docteur ? » lança-t-elle avec un sourire léger.
Il acquiesça, sans vraiment soutenir son regard. Ils s’installèrent face à face, le café encore chaud entre les mains, dégustant les gâteaux qu’elle avait rapportés. Le parc s’éveillait doucement en contrebas. La scène avait quelque chose de simple, presque apaisant. Et pourtant, en lui, rien ne l’était.
Après un moment, elle se redressa, pleine d’élan. « On va marcher un peu ? »
Il hocha la tête. L’air frais lui ferait du bien. Du moins, il l’espérait.
Ils sortirent bras dessus bras dessous, retrouvant sans y penser cette proximité ancienne qui leur avait toujours été naturelle. Fella regardait autour d’elle avec curiosité, ses yeux s’attardant sur les façades, les arbres, les silhouettes tranquilles qui traversaient le parc. « C’est fou comme c’est calme… » murmura-t-elle, presque surprise. Rien à voir avec Alger, avec son tumulte, ses voix, sa chaleur vivante. Ici, même le dimanche semblait retenu, comme suspendu. Elle se serra un peu plus contre lui, appréciant cette douceur nouvelle, cette lenteur qu’elle découvrait.
Ils marchèrent sans se presser, laissant le temps s’étirer. Mais peu à peu, le ciel changea. Une lumière plus terne s’installa, les nuages gagnèrent du terrain, comme si la journée hésitait à basculer. « On va se prendre la pluie si on traîne », dit-elle en levant les yeux. Ils échangèrent un regard complice et firent demi-tour. Sur le chemin du retour, elle lui demanda ce qu’il voulait manger. Sans attendre vraiment sa réponse, elle sourit. « Laisse, je vais te faire une chorba. » Ils passèrent acheter ce qu’il fallait, puis remontèrent rapidement, pressés par les premières gouttes qui commençaient à tomber.
À peine rentrés, elle prit les devants avec une aisance désarmante. Elle posa les sacs, s’activa, puis le regarda. « mon chat t’es cerné ! Va te reposer un peu… » Elle le poussa presque vers la chambre avec un sourire. Lotfi ne résista pas. Allongé sur le lit, il ferma les yeux, bercé par les bruits de la cuisine, les gestes de Fella, cette présence qui remplissait tout l’espace. Mais le repos ne venait pas vraiment. Malgré lui, son esprit revenait à la veille, à cette culotte, son odeur, ses traces, ces sensations qu’il n’arrivait pas à chasser.
Et peu à peu, une évidence s’imposa. Ce n’était plus seulement sa cousine qu’il voyait, c’était une femme. Une femme dont la présence troublait son corps autant que son esprit.
Il rouvrit les yeux, le souffle plus court, incapable de faire taire cette agitation nouvelle qui grandissait en lui.
Lotfi mit du temps à rejoindre Fella. Allongé quelques minutes de plus, il attendait que son corps se calme, que son érection, si forte qu’elle en devenait douloureuse, redescende. Lorsqu’il finit par se lever, il prit une inspiration, passa une main sur son visage, puis la rejoignit comme si de rien n’était. Dans la cuisine, les odeurs de chorba emplissaient l’air, chaleureuses, rassurantes. Fella s’affairait encore, puis se retourna avec un sourire. Ils dînèrent face à face, retrouvant aussitôt leur complicité. Elle plaisantait, enchaînait les remarques, et, sans même s’en rendre compte, balayait cette nostalgie qui pesait en lui depuis des mois.
Après le repas, ils appelèrent Alger en visio. Les visages familiers apparurent, les voix se mêlèrent, les rires aussi. Sa mère, émue, les observa un instant avant de lancer avec tendresse
« Vous êtes trop mignons tous les deux »
Fella éclata de rire et répondit du tac au tac
« T’as vu tata comme on est beaux »
Lotfi secoua la tête, amusé, mais son regard sur elle s’attarda un peu plus longtemps qu’il ne l’aurait voulu.
Une fois l’appel terminé, ils restèrent dans la pièce à vivre, portés par cette légèreté retrouvée. Les échanges se firent plus spontanés, plus joueurs. Elle le taquina, il riposta, et très vite, les gestes remplacèrent les mots. Quelques chatouilles, des esquives maladroites, puis un verre renversé, suivi d’un autre. L’eau s’étala sur le canapé, mais ils n’y prêtèrent presque pas attention, trop occupés à rire.
Fella se redressa la première, les cheveux légèrement en désordre, les yeux brillants.
« T’en fais pas mon chat… » dit-elle en reprenant son souffle. « Je vais te dépanner ce soir, exceptionnellement. Mais je te préviens… j’ai tendance à prendre toute la place dans le lit. C’est à prendre ou à laisser. »
Elle ne lui laissa pas vraiment le temps de répondre et disparut vers la salle de bain.
Après quelques instant il fini par la rejoindre. Dans la chambre, la lumière était douce. Elle s’était déjà installée, naturellement, comme si rien n’était étrange, comme si tout était simple. Lui resta un instant debout ce qui amusa Fella « tu comptes dormir comme un cheval ? ». il fini par se glisser sous la couette à côté d’elle.
Et dans cet espace trop proche, trop silencieux, il comprit que la nuit serait longue.
Dans le lit, Lotfi s’était installé au bord, presque en équilibre, comme s’il cherchait inconsciemment à garder une distance qui n’avait plus vraiment de sens. Fella le remarqua aussitôt et éclata de rire, un rire franc, communicatif, qui le fit rire à son tour sans qu’il puisse se retenir.
« T’as pas l’impression de prendre toute la place ? »
Il haussa les épaules, amusé, jouant le jeu.
« Je te laisse de la place, moi… j’suis quelqu’un de bien. »
Elle secoua la tête, moqueuse, puis attrapa son bras pour le tirer vers elle avec une autorité pleine de tendresse
« Arrête un peu… viens là. »
Il se laissa faire sans résistance, glissant vers le centre du lit, et à peine eut-il trouvé sa place qu’elle se rapprocha encore, se collant contre lui avec une évidence troublante. Il lâcha un rire léger, surpris, mais ne chercha pas à s’éloigner.
« Toujours aussi envahissante… »
« Moi aussi tu m’as manqué, vilain ! », répondit-elle amusée en lui donnant un petit coup de hanche.
Leurs rires reprirent, plus proches, plus spontanés. Ils se bousculèrent légèrement, comme avant, comme si rien n’avait changé, et dans ce jeu familier, leurs corps se cherchèrent sans y penser. Il la chatouilla, elle protesta en riant, tenta de s’échapper pour finalement revenir se blottir contre lui, encore plus près cette fois.
Peu à peu, sans rupture, le rythme retomba. Les rires s’effacèrent d’eux-mêmes, remplacés par un calme plus dense. Elle resta contre lui, la tête posée près de son épaule, sa main glissant distraitement sur son torse pendant qu’elle parlait à voix basse.
Lotfi répondait, parfois, mais son attention dérivait. Ce n’étaient plus vraiment ses mots qui comptaient. C’était la proximité, la chaleur de son corps, son parfum, son odeur, la manière dont elle s’était installée contre lui, sans retenue.
À un moment, leurs regards se croisèrent.
Un peu trop longtemps.
Le silence changea de texture. Leurs visages s’étaient rapprochés sans qu’ils s’en rendent compte, leurs souffles se mêlant dans cet espace devenu soudain plus étroit. Fella sentit le basculement. Elle ne bougea pas tout de suite. Mais quelque chose, en elle, se tendit légèrement. Une lucidité discrète, presque instinctive, venait de reprendre le dessus. Elle laissa passer une seconde de trop, puis détourna doucement les yeux, comme pour desserrer l’étreinte invisible qui s’installait.
« Au fait… tu bosses demain ? »
Sa voix était restée douce, naturelle. Presque trop.
Lotfi mit une seconde à répondre, comme ramené brusquement à quelque chose de concret.
« Ouais… j’ai cours le matin. Et Grec le soir. »
Elle hocha légèrement la tête, comme si cette réponse avait de l’importance. Comme si elle venait de retrouver un appui.
« On pourrait se faire un grec demain alors ! Mais d’ici là il faut qu’on dorme un peu »
Elle esquissa un sourire, plus léger, presque protecteur cette fois.
« Bonne nuit, mon chat… »
Et lui déposa un doux baiser dans le cou, se retourna doucement, lui tournant le dos, refermant avec délicatesse ce qui venait de s’ouvrir entre eux.
Lotfi resta immobile, les yeux ouverts dans l’obscurité.
Son corps, lui, ne s’était pas apaisé.
Et dans le silence qui suivit, il comprit qu’ils venaient tous les deux de retenir quelque chose… de justesse.
Le lendemain matin, Lotfi se réveilla le premier. La lumière filtrait doucement à travers les rideaux. Il resta quelques secondes immobile, conscient de la présence de Fella contre lui, son corps chaud encore blotti dans son dos, ses fesses rondes pressées contre son bassin. Il sentait son sexe à demi dur reposer entre ses cuisses. Avec précaution, il se dégagea pour ne pas la réveiller et quitta le lit en silence. Il fila sous la douche, laissant l’eau chaude ruisseler longuement sur sa peau, espérant qu’elle emporterait avec elle le trouble qui lui nouait encore le ventre.
Lorsqu’il sortit de la salle de bain, encore humide, une surprise l’attendait. Fella était déjà debout, derrière le comptoir, concentrée sur le petit déjeuner qu’elle préparait avec soin. L’appartement avait repris vie sans qu’il s’en rende compte.
« T’es déjà levée ? » demanda-t-il.
Elle leva les yeux vers lui, un sourire tranquille aux lèvres.
« Toujours avant toi. »
Sur le comptoir, tout était prêt. Elle avait même anticipé son départ. Lorsqu’il attrapa ses affaires, prêt à filer, elle l’interpella sans lever la voix.
« Prends ton déjeuner sur la table, chouchou. »
Il s’arrêta. Elle avait tout préparé, soigneusement rangé dans des boîtes, comme si ce geste allait de soi. Une attention simple, mais qui le toucha plus qu’il ne l’aurait voulu. Il sentit quelque chose remuer en lui, léger, inattendu. Une chaleur dans la poitrine. Presque des papillons. Il détourna légèrement le regard, refusant d’y donner trop d’importance.
Il fit quelques pas vers la porte.
« Tu ne m’embrasses pas ? » demanda-t-elle.
Il s’arrêta net.
Puis fit demi-tour.
Leurs regards se croisèrent, sans détour cette fois. Il s’approcha, l’enlaça avec une tendresse qui le surprit lui-même. Elle se serra contre lui sans hésiter, sa poitrine généreuse venant se poser contre son torse. Il sentit la douceur pleine de ses seins à travers le tissu fin de son débardeur, leur chaleur qui irradiait. Elle déposa dans son cou un baiser chaud, appuyé, qui le traversa plus profondément qu’il ne l’aurait imaginé. Ses lèvres restèrent un instant contre sa peau, humides, comme si elles y laissaient une marque invisible.
« Tu rentres vers quelle heure ? » murmura-t-elle.
« Vers vingt-deux heures… » répondit-il.
Elle hocha la tête, comme si elle enregistrait déjà l’information.
« Ok… Je t’appelle dans la journée. Tu me diras comment aller à mon stage, je veux faire le trajet avant jeudi. »
Il acquiesça.
Puis resta une seconde de trop, avant de partir.
Lotfi rentra un peu avant vingt-deux heures. À peine la porte refermée, Fella apparut dans la pièce à vivre, les bras croisés, le regard faussement sévère mais déjà rieur.
« T’as l’intention de me laisser mourir de faim toute la semaine ou c’est juste aujourd’hui ? » lança-t-elle d’un ton théâtral.
Il éclata de rire en posant son sac, savourant cette énergie qu’elle apportait avec elle. Sans répondre tout de suite, il sortit les deux kebabs qu’il avait pris en rentrant et lui proposa de sortir les manger au bord du canal Saint-Martin. Elle leva les yeux au ciel, amusée, avant de sourire franchement. Elle accepta sans hésiter, déjà en train d’enfiler ses chaussures.
Ils marchèrent côte à côte dans la douceur du soir, leurs épaules se frôlant, leurs pas naturellement accordés. Installés au bord de l’eau, ils mangèrent en riant, en se racontant des choses sans importance, comme si l’essentiel était ailleurs, dans cette présence partagée. Fella s’amusait de l’odeur de friture qui imprégnait les vêtements de Lotfi. À un moment, elle attrapa son téléphone et proposa d’appeler les mamans à Alger. Très vite, les visages familiers apparurent à l’écran, les voix se mêlèrent, les rires aussi. Puis, en montrant l’endroit où ils se trouvaient, la mère de Lotfi lança avec un sourire attendri :« Vous êtes trop mignons tous les deux, un beau dîner en amoureux. »
Fella, fidèle à elle-même, s’empara aussitôt de cette seconde suspendue avec légèreté.
« T’as vu tata comme on est mignons à dîner en amoureux au bord de l’eau. »
Lotfi baissa légèrement les yeux, amusé, mais quelque chose en lui résonna plus profondément qu’il ne l’aurait voulu.
Plus tard, ils rentrèrent en prenant leur temps, d’abord bras dessus bras dessous, puis leurs mains se cherchèrent et restèrent liées. Arrivés à l’appartement, Lotfi s’orienta instinctivement vers le canapé, mais Fella s’en amusa, évoquant le tissu peut-être encore humide de la veille avant de l’interrompre elle-même en riant : « Arrête tes bêtises, viens dormir dans la chambre. »
Ils rirent ensemble, mais cette fois le rire couvrait à peine autre chose.
Lorsqu’elle ressortit de la salle de bain, quelques minutes plus tard, le silence s’était posé. Elle portait un débardeur et un short en coton, simples, mais qui épousaient sans détour les lignes de son corps. Le tissu léger suivait la courbe de ses hanches, dessinait nettement la rondeur pleine et ferme de ses fesses. Lotfi leva les yeux… et resta accroché. Lorsqu’elle se pencha pour brancher son téléphone, la cambrure de ses reins s’accentua, ses cuisses se tendirent, et la ligne franche de son cul s’offrit à lui sans filtre. Il sentit immédiatement son souffle changer. Une chaleur lourde s’installa dans son bas-ventre. Son sexe durcit d’un coup, gonflant contre le tissu de son pantalon. Il ne détourna les yeux qu’une seconde trop tard.
Elle se redressa, comme si de rien n’était.
Elle le rejoignit dans le lit avec la même évidence que la veille, venant se blottir contre lui sans hésitation. Ils parlèrent doucement, prolongeant la soirée, leurs voix basses emplissant l’espace. La tension était là, palpable, mais tenue, comme un fil qu’aucun des deux ne voulait rompre trop vite. Sans y penser, elle posa sa main sur son torse, la laissant reposer là, simple, tranquille.
« Comment ça s’appelle déjà là où on a été ? » demanda Fella d’une voix douce.
Lotfi fronça légèrement les sourcils, encore pris entre ses pensées et sa présence.
Elle marqua une pause, le regard posé sur lui, presque amusée.
« Là où on a été dîner en amoureux tous les deux mon chat… Canal du Matin c’est ça ? »
Lotfi sourit, cette fois sans détourner les yeux. Quelque chose en lui avait changé, plus direct, plus assuré.
« Ah… là où tu m’as demandé de t’embrasser, c’est ça ? » répondit-il doucement. « C’est le Canal Saint-Martin. »
Fella soutint son regard, un sourire en coin, puis haussa légèrement les épaules.
« Martin, marin, matin… J’étais pas loin, docteur. »
Elle se rapprocha encore, presque imperceptiblement. Son corps chaud se pressa davantage contre le sien. Il sentit ses seins s’écraser doucement contre son torse, la courbe de sa hanche contre sa cuisse.
« Canal Saint-Martin c’est là où on a dîné… »
Un silence.
Puis, plus bas.
« Mais là où je vais te demander de m’embrasser… c’est ici. »
Elle combla les quelques centimètres entre eux, lentement, sans précipitation. Son visage s’approcha du sien, son souffle tiède effleurant ses lèvres, puis elle l’embrassa. D’abord simplement, presque tendrement. Mais le baiser ne resta pas sage. Très vite, leurs lèvres s’ouvrirent, leurs souffles se mêlèrent, et leurs langues se cherchèrent avec une hésitation qui ne dura pas.
Lotfi sentit aussitôt son corps répondre, violemment. Sa main glissa dans le dos de Fella, la rapprochant davantage contre lui, comme pour s’assurer qu’elle était bien là, réelle. Elle ne résista pas. Au contraire. Son corps se pressa contre le sien avec une lenteur assumée.
Leurs bassins se trouvèrent presque malgré eux.
Puis restèrent.
Fella laissa échapper un souffle plus court contre sa bouche, et, sans rompre le baiser, amorça un mouvement léger. À peine perceptible. Une pression. Puis une autre. Comme un test.
Le corps de Lotfi réagit immédiatement. Sa respiration se brisa, sa main se crispa légèrement sur ses reins.
Elle comprit.
Et n’arrêta pas.
Le mouvement se fit plus précis, plus lent, mais aussi plus appuyé. Son ventre glissait contre lui, cherchant une sensation qu’elle ne nommait pas, mais qu’elle reconnaissait déjà. Chaque contact prolongeait le précédent, chaque seconde pesait davantage. À travers le coton fin de son short, elle sentait la verge dure de Lotfi, épaisse et brûlante, frotter contre sa chatte déjà moite. Elle accentua la pression, ondulant des hanches avec une lenteur calculée, laissant son clitoris gonflé caresser toute la longueur de son sexe tendu.
Leurs baisers changèrent. Moins timides. Plus pleins. Plus profonds.
Lotfi la serra davantage contre lui, répondant instinctivement, son bassin poussant à son tour contre le sien. Le rythme s’installa, discret d’abord, puis de plus en plus présent. Leurs souffles se firent plus lourds, plus courts. Fella enfouit son visage dans son cou, ses lèvres effleurant sa peau, son souffle chaud glissant contre lui. Son corps s’était alourdi, abandonné, mais ses mouvements, eux, devenaient de plus en plus précis, presque gourmands. Elle savait exactement ce qu’elle faisait.
Et elle ne s’arrêtait plus.
Lotfi sentit une tension monter en lui, rapide, incontrôlable. Une vague qui prenait trop de place, trop vite. Sa main remonta légèrement dans son dos, la pressant contre lui avec plus de force, comme pour suivre ce qui était déjà en train de lui échapper. Leurs corps bougeaient désormais ensemble, sans retenue, sans distance. Le frottement devenait presque fiévreux. Fella laissait échapper de petits gémissements étouffés contre sa gorge, son bassin roulant plus vite, plus fort, cherchant la friction parfaite contre la queue raide qui pulsait sous le tissu.
Tout allait trop vite.
Trop loin.
Et puis, brusquement, elle s’arrêta.
Juste avant.
Son corps resta contre le sien, immobile, encore parcouru de cette tension qu’elle venait elle-même d’interrompre. Elle releva légèrement la tête, son front venant presque toucher le sien. Leurs souffles étaient encore courts, désaccordés, chargés de désir inassouvi.
Elle resta là une seconde.
Puis esquissa un léger sourire, difficile à lire.
« On ferait mieux de dormir tu sais … bonne nuit, mon chaton d’amour ! »
Sa voix était basse, presque posée, comme si rien ne venait de se passer.
Elle se blottit contre lui, retrouvant une immobilité trompeuse, la tête posée sur son torse, une jambe glissée entre les siennes. Lotfi referma instinctivement ses bras autour d’elle, sentant encore la chaleur moite de son sexe contre sa cuisse et son propre membre dur, douloureux, qui pulsait sans relâche.
Lotfi resta figé dans l’obscurité, les yeux grands ouverts. Son corps, lui, ne s’était pas arrêté. Chaque battement de cœur faisait pulser sa verge encore tendue, trempée de désir et de frustration. Il sentait la respiration régulière de Fella contre sa peau, son corps abandonné et pourtant brûlant.
Et dans le silence de la chambre, il comprit que ce qu’elle venait de faire n’était pas un refus.
C’était pire.
C’était une promesse.
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