Weekend de chasse

- Par l'auteur HDS Willaspi -
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 18-10-2026 dans la catégorie Dominants et dominés
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Week-end de chasse - Le gage de Julien

Nous nous connaissons depuis vingt six ans. Marc, Antoine, Romain et moi, Julien. D’abord le collège, le lycée,  la fac, les colocs, les mariages des uns, le divorce des autres, les enterrements de vie de garçon et, chaque automne depuis quinze ans, ce week-end de chasse dans la maison de famille de Marc, perdue au bout d'un chemin de terre, au milieu des bois. Pas de voisins, pas de réseau, une cheminée qui ronfle et assez de bouteilles pour tenir un siège.

J’ai 36 ans, ils sont tous près de la quarantaine. Je suis le seul célibataire de la bande, j’ai été marié 5 ans mais ca n’a pas foncitonné, Romain est marié depuis 20 ans et les 2 autres papillonent. 

Depuis toujours, il y a la règle : celui qui rentre bredouille paie le gage. Les années passées, ça allait de la vaisselle de tout le week-end à une baignade dans l'étang en octobre. Cette année, c'est différent. Le gage a été voté un soir de juin, autour d'un barbecue, après beaucoup de vin et une conversation qui a dérapé, doucement, puis de moins en moins doucement. Marc l'a énoncé avec son sourire de notaire : 

Celui qui ne ramène rien sera la femelle des 3 autres pour tout du week-end quelque soit leurs envies.
Je demande :
Tu peux me dire ce que tu entends par femelle à disposition des 3 autres
C’est la surprise je le garde pour moi.
Il y a eu un silence. Puis Antoine a ri, Romain a levé son verre, et moi, j'ai entendu ma propre voix dire : 
D'accord. 

Je ne sais toujours pas pourquoi j'ai dit oui aussi vite. Je sais seulement que depuis juin, j'y pense. Je me demande bien ce que Marc a en tête. Il a toujours eu des idées scabreuses. Dans la voiture, dans la douche, la nuit quand je  dors. Et que ce soir, en arrivant au gîte, mon ventre est noué par quelque chose qui ressemble à de la peur et beaucoup à de l'impatience. 

Avant de passer à table, nous avons fixé le cadre, comme des adultes. Marc a posé les règles sur la table, noir sur blanc, et nous les avons toutes relues à voix haute. Tout le monde est d'accord, à tout moment, et n'importe qui peut arrêter. Le mot de sécurité est « bécasse ». Rien ne sort de cette maison.

Et si le perdant a changé d'avis, il le dit, et on ne lui en voudra jamais.
Et si c'est moi qui perds ?  a demandé Romain.
Alors ce sera toi,  a répondu Marc.
Mais tu ne perdras pas. Tu tires trop bien. 
Tous les regards se sont tournés vers moi. J'ai souri bêtement. Je suis le plus mauvais tireur du groupe, et ils le savent tous.

Ils le savent aussi pour le reste. Marc, un mètre quatre-vingt-dix, ancien talonneur, des épaules de déménageur. Antoine, qui court des marathons le dimanche matin pour se détendre. Romain, charpentier, des mains comme des pelles.
Et moi, qui passe mes journées assis devant un écran, un mètre soixante-dix pour soixante-cinq kilos, le petit, le mince, celui qu'on a toujours protégé dans les bagarres de bar et porté jusqu'au lit les soirs de cuite. Autour de cette table, à côté d'eux, je ressemble à un adolescent qu'ils auraient adopté.

Samedi nous sommes partis à l'aube, dans la brume, les bottes lourdes de rosée. Marc a pris le bois du nord, Antoine les champs, Romain la lisière. Moi, on m'a envoyé vers les taillis, là où il y a toujours du lapin.
J'ai marché trois heures. J'ai vu un faisan, trop loin. J'ai vu deux perdrix, qui sont parties avant que j'aie levé le fusil. Et puis, vers onze heures, j'ai vu le lapin.

Il était à vingt mètres, immobile au bord d'un fossé, le museau frémissant, les oreilles dressées. Un tir facile, même pour moi. J'ai épaulé. J'ai visé. J'ai senti mon cœur cogner. Et au moment où mon doigt s'est resserré sur la détente, j'ai pensé à Marc, à son sourire, aux mains de mes trois amis, et j'ai dévié le canon de deux centimètres.

Le coup a claqué. Le lapin a disparu dans les fougères, intact. Je suis resté planté là, le fusil encore chaud, le souffle court, et j'ai compris que je venais de le faire exprès. Que j'avais peur, vraiment peur, de ce qui m'attendait. Et que cette peur avait exactement le goût de ce que je voulais.

Quand nous nous sommes retrouvés devant la maison, à treize heures, les tableaux de chasse étaient alignés sur la table de pierre : deux faisans pour Marc, un lièvre pour Antoine, trois perdrix pour Romain. Je n'avais rien.
Bredouille, dit Antoine, lentement.
Bredouille,  a confirmé Romain, avec une lueur dans les yeux que je ne connaissais pas.
Marc m'a regardé longuement.
Julien. C'est toi qui décides. Tu peux dire « bécasse » maintenant, et on boit un coup, et on en rit.

J'ai senti mes joues brûler. J'ai senti autre chose aussi, plus bas, qui ne mentait pas. 
Je paie mon gage
Tu as jusqu'à dix-neuf heures pour te transformer. Quand tu es prête, tu descends, et tu te présentes à nous. 

La grande salle de bain de l'étage est silencieuse. Marc a laissé sur le tapis une grosse valise noire, des serviettes chaudes, une bougie allumée, et une feuille de papier pliée en deux, couverte de son écriture nette de notaire. Je la lis assis sur le rebord de la baignoire, les mains qui tremblent déjà.

1. Rase-toi entièrement, ticket de métro sur le pubis
 2. La cage, dans la boîte grise. Ferme le cadenas toi-même et glisse la clé dans l'enveloppe.
3. Poire de lavement je te laisse comprendre l’utilité seule 
4. Lingerie, dans l'ordre de la valise. 
5. Bas, puis bottines, lacées serré. 
6. Le coffret de velours. Prends ton temps. 
7. Visage : maquille-toi du mieux que tu peux. Détache tes cheveux.
8. La robe. 
Puis tu descends, l'enveloppe à la main, et tu me la remets en te présentant. Si tu changes d'avis, tu descends quand même, en jean, et tu dis le mot. Personne ne te le reprochera. Marc. 

Je relis les points 2 et 5 trois fois. Je ne bouge pas. En bas, j'entends des rires, une chaise qui racle, le bruit d'une bouteille qu'on débouche. Ils parlent de moi, évidemment. Ils s'amusent déjà, et je suis ici, tout seul, avec ma peur et mon érection naissante qui me fait honte.
Je me déshabille. Mon corps sous la lumière crue : des épaules étroites, des clavicules qui dépassent, des poignets de fille, un torse sans muscle, un ventre plat qui n'a jamais connu une salle de sport. Soixante-cinq kilos de bonne volonté.

Marc me ferait basculer d'une main. Je me dis que c'est précisément ça qui me fait peur, et précisément ça qui me fait envie. La seule partie de mon corps qui est différente ce sont mes fesses. Elles sont grosses, rondes et larges ce qui donne l’impression que j’ai une taille marquée. C’est bien pour cela que ne n’aime pas mon corps.
Je me rase. Je n'ai jamais rasé autre chose que mon visage. La mousse est tiède, la lame glisse, et je m'applique, les jambes d'abord, mollet par mollet, en pensant aux doigts patients de Romain que j'imagine à ma place. Je me coupe à la cheville. Une perle de sang, rouge sur la peau blanche, que j'essuie en riant nerveusement.
Puis les cuisses. Puis le torse, les aisselles, le ventre, et le reste, avec une prudence de démineur. Quand j'ai fini, ma peau est lisse, nue, hypersensible. Le moindre courant d'air me hérisse. Je ne me reconnais pas dans le reste du corps, tellement il a l'air jeune et vulnérable. Pour mon plaisir j’ai laissé un ticket de métro sur mon pubis.
Sous le papier de soie, il y a une boîte grise que je n'avais pas vue. À l'intérieur, une cage de chasteté en acier poli : un anneau, une petite gaine ajourée, un minuscule cadenas, et une clé. Je la tiens dans ma paume. Elle est plus légère que je ne l'imaginais, et beaucoup plus définitive.

Le problème, c'est que je suis dur. Depuis la douche, depuis juin, depuis toujours peut-être. Je m'assois sur le rebord de la baignoire et je pense à ma déclaration d'impôts, à l'enterrement de mon grand-père, à la tête de mon chef, jusqu'à ce que mon corps accepte de redescendre à moitié. Je passe l'anneau, je glisse le reste, je pince, je ferme. Le cadenas claque. Un bruit sec, minuscule, sans appel.

Je dépose la clé dans l'enveloppe kraft que Marc avait glissée sous sa feuille, et tout de suite mon sexe proteste, gonfle contre l'acier, ne trouve nulle part où aller. Je comprends que je ne décide plus de rien. Que ce soir, quelqu'un d'autre décidera pour moi, et pour mon plaisir. C'est atroce. C'est exactement ce que je voulais.

Le reste de la valise est rangé dans du papier de soie. Un porte-jarretelles noir, en dentelle fine. Un string assorti, si léger que je le sens à peine en le passant. Je le passe, et la cage luit à travers la dentelle, minuscule, inutile, impossible à cacher, et je me trouve ridicule, et je n'arrive pas à détourner les yeux.

Les bas, à couture, d'une finesse absurde. Je les enfile en retenant mon souffle, un pied après l'autre, en remontant le nylon le long de mes jambes comme on habille une poupée de verre. Une maille file à mon pouce. Je prie un instant pour que ça tienne. Puis je les accroche, un à un, et chaque clic de métal sur le bas me parcourt la colonne vertébrale.

Puis les bottines. Des bottines à lacets en cuir noir verni, montantes, avec des talons de dix centimètres. Je les chausse assis, et je les lace seul, œillet après œillet, en serrant autant que je peux, comme Marc l'aurait fait. Quand je me lève, la pièce bascule.

Mes chevilles vacillent. Je me rattrape au lavabo, je ris tout seul, un rire qui sonne faux, et je fais trois pas jusqu'à la fenêtre en pensant : tu vas te casser la figure devant eux. Je me regarde perché sur ses talons cela augmente le volume de mon cul et me creuse les reins. Pour une fois j’aime mon profil.

Au fond de la valise, le coffret de velours. À l'intérieur, un plug en acier poli, élégant, dont la base est un énorme diamant taillé, qui jette des éclats dans toute la salle de bain. Un bijou. Un objet fait pour être regardé.

Je n'ai jamais fait ça. J'ai peur d'avoir mal. J'ai peur de ne pas y arriver et de descendre avec ma honte. J'ai peur, surtout, que ça me plaise. Je m'agenouille sur le tapis, une main sur la baignoire, le gel froid sur mes doigts. Je m'ouvre doucement, un doigt, puis deux, en respirant comme on me l'a appris à la piscine, il y a trente ans. Quand je pose le plug contre moi, je me crispe. Je recommence.

Je souffle. Et cette fois, il entre, centimètre par centimètre, lent, froid, plus large que ce que je croyais, et je gémis dans le vide de la pièce. Il se loge en moi avec un petit claquement humide. Le diamant vient se poser entre mes fesses, lourd, impossible à oublier.

Je m'assois devant la coiffeuse. Marc a posé là une grande trousse de maquillage, avec plus de pinceaux que je ne saurais en nommer. Je la regarde longtemps. Puis je décide d'y mettre tout ce que je sais, tout ce que j'ai regardé faire des années durant sans jamais oser demander, tout ce que ma femme m'a fait essayer un soir, en riant, avant de ranger la trousse.

Si je dois être leur femelle, je veux être belle. Pas drôle. Belle.
La peau d'abord. Je me rase le visage une seconde fois, au plus près, puis la crème, la base lissante, le fond de teint que j'étale à l'éponge en tapotant, patiemment, du centre vers l'extérieur, jusqu'à ce que l'ombre de ma barbe disparaisse. Du correcteur sous les yeux. Un trait de contour sous les pommettes, que j'estompe trois fois parce que je trouve que ça fait clown. Du blush sur le haut des joues, de l'illuminateur sur l'arête du nez et au creux de l'arc de Cupidon, de la poudre pour fixer le tout. Quand je me regarde, mon visage a déjà changé de forme.

Les yeux ensuite, parce que c'est là que ça se joue. Un fard beige sur toute la paupière, un brun fumé dans le creux, un peu de noir tout au bord des cils que j'estompe du bout du doigt. Je redessine mes sourcils, plus fins, plus hauts. Deux couches de mascara, puis une paire de faux cils que je colle avec une patience de chirurgien, la langue entre les dents, les yeux qui pleurent et que je tamponne sans abîmer le reste. Quand je rouvre les paupières, mon regard est lourd, ourlé de noir, presque indécent.

La bouche en dernier. Un crayon pour le contour, que je tire un peu au-delà de ma lèvre supérieure, un carmin profond que j'applique en tremblant, la bouche entrouverte, puis que je tamponne dans un mouchoir et que je repasse. Je finis par les ongles, un vernis rouge sombre posé en deux couches, en soufflant dessus comme une adolescente. Chaque geste est une promesse que je fais à ceux qui m'attendent en bas. Je veux qu'ils voient que je ne me suis pas contenté de perdre. Que je me suis donné de la peine.

Puis les cheveux. Ils m'arrivent aux épaules, trop longs depuis des mois, au grand désespoir de mon coiffeur, et je n'ai jamais su s'ils m'allaient. Je les brosse, je trace une raie sur le côté, je les ondule au fer à boucler que Marc a glissé dans la trousse, mèche après mèche, en me brûlant deux fois le bout des doigts. Je glisse une barrette derrière l'oreille. Pas besoin de perruque. Ce sont les miens, et c'est peut-être pour ça que cela me trouble autant.

Je lève les yeux. Dans la glace, il y a quelqu'un d'autre. Une femme mince, presque trop. Des clavicules fines, des épaules étroites, des bras qui n'ont jamais porté plus qu'un carton de livres. Des hanches menues, des jambes interminables, gainées de nylon noir et perchées sur dix centimètres de talon. Un mètre soixante-dix qui en font désormais un mètre quatre-vingt, presque la taille d'Antoine. Soixante-cinq kilos qui ne pèseront rien dans leurs bras.

Je me regarde comme je regarderais une inconnue, avec une honte et une curiosité mêlée. Je suis fragile. Je le sais, je l'ai toujours su. Les autres sont bâtis pour tenir, pour porter, pour frapper. Moi, je suis bâti pour casser, ou pour être tenu. Je me dis que c'est ridicule, que je vais descendre et qu'ils vont éclater de rire, qu'on ne me regardera plus jamais comme avant.

Et sous la peur, il y a un soulagement que je n'avais jamais osé nommer : pour une fois, personne n'attend que je sois fort.
Julie, je murmure à mon reflet. Le prénom m'est venu tout seul.

Je passe la robe en dernier. En tulle noir, transparente, qui tombe jusqu'aux chevilles, légère comme une fumée, retenue aux épaules par deux fines bretelles. Elle ne cache rien : ni le porte-jarretelles, ni les bas, ni le string, ni la cage, ni mes tétons qui pointent sous le fin tissus , ni le diamant qui brille entre mes fesses chaque fois que je bouge.

Dix-neuf heures moins une minute. Je serre l'enveloppe dans ma main moite. Je suis prête, et je ne le serai jamais.

L'escalier est un cauchemar. Je descends une main sur la rampe, une marche à la fois, le claquement de mes talons sur le bois annonçant mon arrivée à tout le rez-de-chaussée. Je les entends se taire. Quand j'arrive dans l'embrasure du salon, le feu craque, et pendant trois secondes, c'est le seul bruit.

Ils sont là tous les trois, un verre à la main. Marc dans le fauteuil, Antoine appuyé à la cheminée, Romain sur l'accoudoir du canapé. Leurs visages n'expriment aucun rire. Antoine a la bouche entrouverte. Romain a posé son verre, lentement, comme si sa main ne répondait plus.

Entre, dit Marc. Au milieu du tapis. Et présente-toi.
Antoine vient à ma rencontre et me donne la main. Je traverse la pièce. Chaque pas est un effort. Le plug bouge en moi, la robe frôle mes cuisses, mes bas crissent. Je m'arrête au centre, à la lumière du lustre, les mains jointes devant moi, les yeux baissés. Antoine rejoint le canapé.

Je m'appelle Julie
. Ma voix est mince, enrouée.
J'ai raté le lapin. J'ai perdu, et je paie mon gage. Je ne triche pas et je ne reviens pas dessus. Je me suis faite aussi belle que j'ai pu pour vous. Jusqu'à dimanche, je suis votre femelle, à tous les trois. Vous faites de moi ce que vous voulez, quand vous voulez, et je ferai tout ce que vous me demanderez.

Je fais deux pas et je tends l'enveloppe à Marc.
Voici la clé de ma cage. Elle est à vous.
Il l'ouvre, fait glisser la petite clé dans sa paume, la regarde un instant.
Tu l'as fermée, alors tu ne la reverras que lorsque je le déciderai.

Il referme les doigts dessus et la glisse dans la poche de sa chemise
Approche, Lève le visage.
Je m'avance dans la lumière. Il me prend le menton entre le pouce et l'index et me tourne la tête, à gauche, à droite, comme on examine une pièce de collection. Son pouce suit la ligne de ma pommette, descend jusqu'à la commissure de mes lèvres, sans effacer le rouge.

Tu t'es bien maquillée.
Du mieux que j'ai pu.
Les yeux. Les cils. La bouche. Tu y as passé du temps.
J'acquiesce, la gorge serrée. Je n'ai jamais attendu un verdict avec autant de terreur.
Je ne t'aurais pas reconnue, » dit Antoine, sincèrement stupéfait.
Je te jure. Si je te croisais dans un bar. Il n'achève pas sa phrase.

Et tes cheveux, ajoute Romain, en prenant une mèche ondulée entre ses doigts, avec une délicatesse inattendue pour des mains pareilles.
On te disait de les couper depuis un an. Et en fait, ils sont parfaits. Tu es belle, Julien.
Personne ne m'a jamais dit ça. Je rougis sous deux couches de fond de teint, et je sens que ça se voit quand même.

Un silence. Puis il dit :
Tourne.
Je tourne, lentement, sur mes talons, les bras légèrement écartés, la robe de tulle flottant autour de mes jambes. Quand je lui présente mon dos, j'entends Antoine expirer fort.
Il s'approche. Il tourne autour de moi, un tour complet, comme autour d'une pouliche.
Regardez-moi ça, dit-il, avec une tendresse qui m'embarrasse. Vous avez vu cette croupe

Du bout de l'index, il soulève le tulle devant moi, découvre la dentelle et l'acier qui la tend, et tapote la cage, un petit bruit de métal qui me fait fermer les yeux.
Elle l'a vraiment mise. Et cela rend son cul encore plus désirable.

Romain se lève et vient se placer face à moi. Il pose ses deux grandes mains sur ma taille, doucement, et elles se rejoignent presque dans mon dos. Il me regarde, hébété.
Je pourrais te soulever d'une main, murmure-t-il.

Mes genoux flanchent. Il le sent, il resserre ses doigts.
Tu es à nous, Julie, dit Marc depuis son fauteuil.
Tu as peur ?
Oui, dis-je. C'est vrai. Je suis terrifiée, et je n'ai jamais été aussi vivante.
Bien. Il sourit. Alors on va prendre l'apéritif. »
Marc se lève et défait sa ceinture, sans hâte, comme pour un geste de tous les jours. Antoine et Romain l'imitent.
Avant de dîner, on veut voir ce que tu vaux avec ta bouche. À genoux.

Je m'agenouille sur le tapis, devant le fauteuil, la robe de tulle étalée autour de moi, les talons repliés sous mes fesses, le plug qui s'enfonce d'un cran dans mon cul. Marc sort sa queue, déjà dure, épaisse, et la tient à hauteur de mon visage. Je n'ai pas besoin qu'on me dise quoi faire. Je lève les yeux vers lui, j'ouvre la bouche, et je le prends.

Le goût me submerge, salé, chaud, réel. Je le prends doucement d'abord, du bout des lèvres, puis plus loin, et sa main vient se poser sur mes cheveux, sans pousser, juste pour dire qu'elle est là.

Bonne fille, souffle-t-il.
Ces deux mots me traversent jusqu'à la cage, qui mord mon sexe gonflé. Je gémis autour de lui. Je ne peux rien faire de ce désir, nulle part où le poser. Alors je le mets dans ma bouche.

À moi, dit Antoine.
Je change, sans qu'on me le répète. Il est plus fin, plus nerveux, et il halète déjà, la main dans mes cheveux. Romain attend son tour, la queue dans le poing, les yeux fixés sur mes lèvres rouges qui glissent. Quand je me tourne vers lui,

Regarde-moi.
Je le regarde. Il est le plus large des trois, et je dois ouvrir très grand. Mes yeux s'embuent. J'ai peur de m'étouffer, j'ai peur de décevoir, et plus je le prends, plus la peur se transforme en autre chose.
Tu avales tout, dit Marc. On ne gâche pas.

Ils se relaient. Je les suce l'un après l'autre, puis tous les trois, d'une bouche à l'autre, la salive et le rouge à lèvres coulant sur mon menton. Antoine jouit le premier, avec un grognement étouffé. Je sens sa chaleur sur ma langue, amère, épaisse, et je ferme les yeux et j'avale, d'un coup, comme on franchit un seuil. Romain, ensuite, avec un long souffle, en me tenant le visage à deux mains. J'avale. Marc, le dernier, calmement, sans me quitter des yeux.

J'avale encore, et je garde sa queue entre mes lèvres jusqu'à ce qu'il me fasse signe.
Quand je me redresse, ma bouche est lourde, brûlante, gonflée. Mon rouge à lèvres est étalé jusqu'aux joues. Je tremble
Parfait. Tu ne te recoiffes pas. Tu dînes comme ça.

C'est moi qui sers. J'ai le goût de leur sperme dans la gorge, le cœur dans la bouche et les jambes en coton. Je vais et viens de la cuisine à la table, perchée sur mes bottines, le claquement de mes talons sur le carrelage ponctuant le silence des trois hommes. Je suis de plus en plus à l’aise pour marcher. Marc dîne avec la placidité d'un maître de maison. Antoine renverse son verre.

Quand je me penche pour poser le plat, Romain pose la main sur l'arrière de ma cuisse, à peine, du bout des doigts, à travers le tulle. Il remonte de deux centimètres. Il retire sa main. Je ne dis rien, mais je me mords la lèvre pour ne pas gémir.

Quand je verse le vin à Antoine, il suit du bout de l'index la couture de mon bas, du bord de la bottine jusqu'au creux du genou. Je verse une goutte à côté du verre. Il me regarde en souriant et ne dit rien, et c'est presque pire.

Quand je passe derrière la chaise de Marc, il ne me touche pas. Il me laisse passer, puis dit, sans se retourner
Reviens.
Je reviens. Il fait glisser un doigt le long de ma colonne vertébrale, de la nuque jusqu'aux reins, puis appuie, une seule fois, sur le diamant. J'étouffe un cri.
Merci, Julie, dit-il avec un sourire poli.

Maintenant, assieds-toi. Entre Romain et moi.
Je m'assois, et le plug s'enfonce d'un coup, tout entier, sous mon poids. Je blêmis, je serre les dents, je pose mes mains à plat sur la nappe. Devant moi, Antoine me sourit.

Mange, dit Marc. Et raconte-nous ton lapin, Julie.
Je commence à parler. Je ne sais plus ce que je dis. Sous la table, la main de Romain remonte le long de ma cuisse, sous le tulle, sur le nylon du bas, puis sur la peau nue au-dessus, là où la jarretelle tire. Celle de Marc se pose sur mon autre genou et écarte doucement ma cuisse. Je les laisse faire. Je comprends que je n'ai pas le choix, mais que je veux ce qu'ils me font.

Écarte les genoux, dit Marc à voix basse, comme on demande de passer le sel.
J'obéis. Les doigts de Romain trouvent la cage, la frôlent, la font tinter contre mon os, et je reste figée, la fourchette en l'air, le visage serein, parce que Antoine me regarde en face et raconte une histoire de lièvre, et qu'il faut que je réponde ah oui ? » au bon moment.
De l'autre côté, Marc glisse sa main plus bas, sous mes fesses, jusqu'à la base du plug, et pousse. Un millimètre. Je réponds

ah oui ? d'une voix aiguë qui n'est pas la mienne.
Antoine éclate de rire. Sous la table, son pied, déchaussé, remonte lentement le long de mon mollet.
Je ne finis pas mon assiette. Je n'ai plus faim que d'une seule chose. À chaque fois que Romain me caresse, mon sexe gonfle dans sa petite prison, et à chaque fois l'acier le refoule, et le plug, pressé par la main de Marc, me traverse comme un courant. Je transpire. Mes cuisses s'ouvrent toutes seules. Je serre la nappe à pleines mains.

Tu trembles, murmure Romain.
Oui, dis-je, d'une voix qui n'est plus tout à fait celle de Julien.
Pour le dessert, » dit Marc en se levant
On va faire quelque chose que tu mérites. Tu as raté le lapin, Julien. Alors c'est toi qui es la prise du jour.
Il me tend un sac de toile.
Vas te changer

Je monte me changer, les jambes tremblantes, et je le vide sur le lit. Des gants longs de satin noir qui montent jusqu'aux coudes. Un serre-tête orné d’oreille de lapin. Un ras-de-cou de velours noir fermé par un ruban. Un corset de satin noir, ultra serré, à lacer dans le dos, et pour finir un tanga en satin avec une queue de lapin sur les fesses. Je laisse la robe de tulle sur le lit. J'enfile les gants, le serre tête, le velours qui m'entoure la gorge comme une main. Je ferme le corset sur le devant, du mieux que je peux, je finis par le tanga, et je redescends en lingerie.

Quand j'entre dans la salle à manger, la table est débarrassée. Plus d'assiettes, plus de verres, plus de nappe : rien que le grand bois nu, ciré, éclairé par le lustre. Marc me fait pivoter, serre les lacets du corset d'un geste sec, centimètre par centimètre, et la respiration me quitte. Mes côtes se plient, mon ventre disparaît, ma taille n'est plus qu'un trait.
Voilà, dit-il. Tu es emballée.

Romain me soulève par la taille, sans effort, comme une lampe qu'on déplace, et m'assoit au bord de la table. Le bois est froid sous mes cuisses. Les trois hommes se placent autour de moi, en demi-cercle.
Bien. Messieurs, on dépouille la prise.

Ils font les choses dans l'ordre, comme on le fait pour un gibier qu'on a rapporté de la chasse, avec soin et lenteur.
D'abord, les gants. Romain les défait un par un, en tirant doucement sur chaque doigt, puis il fait glisser le satin le long de mon avant-bras, très lentement, pendant que ses lèvres suivent la peau qui se découvre, du poignet jusqu'au pli du coude. Je ferme les yeux. Mes mains s'ouvrent, se referment dans le vide.

Ensuite, Antoine passe derrière moi, retire le serre-tête de mes cheveux, le pose sur une chaise, et profite de sa position pour m'embrasser dans la nuque, longuement, la bouche chaude. Je penche la tête sur le côté pour lui laisser plus de peau. Je n'ai jamais penché la tête devant un homme.

Marc dénoue le ruban du ras-de-cou, glisse le velours, suit la ligne de ma gorge avec le pouce, remonte sous mon menton, me relève le visage.
Regarde-moi, » dit-il.

Je le regarde. Mes lèvres rouges et gonflées tremblent. Il est si grand, si large, si calme, et moi si petite, si offerte, assis sur sa table comme sur un plateau. Je n'ai jamais ressenti autant de sécurité.

Il reste le corset. Antoine desserre les lacets, croisement après croisement, de bas en haut, en prenant son temps, en faisant courir ses doigts sur la peau qui se révèle au fur et à mesure. Romain se glisse de l'autre côté, et les deux mains travaillent ensemble. Quand le dernier œillet cède, ils le décollent d'un seul geste, et je lâche un long gémissement, l'air entrant d'un coup dans mes poumons.
Je suis enfin à nu, la peau marquée par les baleines, les tétons dressés dans l'air tiède.
Ils me couchent sur le dos, sur le bois ciré. Marc attrape mes poignets, les tire au-dessus de ma tête, et Romain les boucle avec des sangles de cuir rembourrées aux pieds massifs de la table. Il glisse deux doigts sous chacune pour vérifier qu'elles ne serrent pas.

Ce geste me bouleverse plus que tout le reste. Ils font attention à moi. Ils font attention à ce qui est fragile en moi.

Puis ils reculent d'un pas. Ils me regardent, offert sur la table, avec mon porte-jarretelles, mes bas, mes bottines noires brillantes, mes cheveux en désordre, mon sexe prisonnier qui gonfle contre l'acier. Ils me laissent attendre. Dix secondes. Vingt. Je me tords légèrement dans mes sangles.

S'il vous plaît
Chut, répond Marc.
Puis ils reviennent tous ensemble. Six mains sur moi : sur ma poitrine, sur mon ventre, sur mes cuisses, sur mes hanches, sur mes flancs. Une bouche dans mon cou, une autre sur mon épaule, une troisième qui descend le long de mon torse et mordille un téton. J’halète. Marc me prend la bouche et fait rouler sa langue à l’intérieur, les autres lui succède et me laisse avec la bouche baveuse de leur gout.

Mes talons raclent le bois. Je sens leurs mains partout, immenses, chaudes, et je me dis que je n'ai jamais été touché ainsi, comme quelque chose de précieux et de cassable. Une main se pose sur la cage, la soupèse, la caresse du plat de la paume, sans que rien ne soit permis. Mon bassin cherche un contact qui ne vient pas.
Retournez-la, dit Marc.

Ils défont les sangles, me redressent, me font descendre de la table sur mes bottines. Antoine me plie en avant, le ventre contre le bois, la joue sur le plateau, les bras tendus devant moi, que Romain maintient aux poignets.
Je sens ses doigts à la lisière de mon tange. Il le tire de côté, très lentement, et le fait claquer contre ma hanche. L'air frais sur ma peau.

Puis le silence. Je sais qu'ils regardent le diamant, entre mes fesses, au milieu de la dentelle écartée, scintillant sous la lumière du lustre. Je n'ai jamais été aussi exposé.
Regardez-le, murmure Antoine.

Ils l'admirent. Longtemps. Romain souffle doucement dessus et je frissonne tout entier. Marc touche la base du plug du bout du doigt et le fait bouger d'un millimètre, à peine, et je gémis si fort que ma voix se casse. Antoine y pose les lèvres, un baiser léger, sur le diamant, sur la peau autour, puis sur le haut de ma cuisse.
Magnifique, dit Marc. La prise est prête.
Chacun son tour, dit Marc.

Antoine d'abord. Et Julie nous dira tout ce qu'elle ressent. À voix haute.
Antoine retire le plug, lentement, avec un soin presque tendre, et le pose sur la table, à portée de mon regard, où le diamant continue de briller. Je suis ouvert, creux, offert. Il pose ses mains sur mes hanches. J'entends sa braguette, le bruit de sa respiration. Il entre en moi d'une seule poussée, et je crie, la joue écrasée contre le bois.
Dis-nous ce que tu es en train de prendre, dit Marc, accroupi à hauteur de mon visage.
La... la queue d'Antoine, dis-je, le souffle haché.
Pas la queue. Dis-le comme une pute.
La bite d'Antoine. Le mot me brûle la bouche. Dans mon cul.
Antoine grogne et me saisit plus fort.
Tu aimes te faire défoncer le cul, Julie ? demande Romain, penché vers moi.

Oui. J'adore. Défonce-moi, Antoine. Plus fort. Je suis à vous.
Ils me font dire des choses que je n'aurais jamais dites, des choses que je n'ai jamais dites à personne. Chaque coup de reins d'Antoine claque contre mes fesses, et entre deux, la voix de Marc, tout près de mon oreille, dicte.

Dis : j'ai un trou de salope, fait pour les queues.
J'ai... j'ai un trou de salope. Fait pour vos queues.
Antoine grogne. Il accélère.
Dis : je suis une petite pute qui a raté son lapin exprès pour se faire enculer,souffle Romain, en attrapant une poignée de mes cheveux pour me relever le visage.
Je suis une petite pute. J'ai raté le lapin exprès pour que vous m'enculiez. Je voulais vos bites. Je voulais être votre chienne.

Les mots sortent en vrac, hachés, et plus ils sortent, moins ils me font honte.
Baisez-moi. Baisez-moi comme une pute. Défoncez-moi.
Plus fort, dit Marc.Que ça s'entende jusque dans la forêt. »
Je mouille du cul quand je vous vois ! Je suis une salope en chaleur ! Je veux vos queues dans ma bouche et dans mon cul, tout le week-end !

Les mots rebondissent sur les murs de la salle à manger, ils font rire Romain, ils font grogner Antoine, ils me traversent la gorge comme du verre pilé, et je n'en ai jamais eu aussi peu honte.

Ma petite bite en cage ne sert à rien, c'est mon cul qui compte ! Servez-vous ! Servez-vous de moi !
À chaque phrase, la cage se tend, une perle de plaisir y suinte, et je supplie que quelqu'un me libère, et personne ne me libère.

Quand Antoine jouit en moi, avec un grognement étouffé, je sens sa chaleur se répandre, giclée après giclée.
Dis-le, ordonne Marc.
Je sens ton foutre, dis-je.Il est dans mon cul. Je suis pleine de toi. »
Marc prend sa place. Il me retourne sur le dos, remonte mes jambes sur ses épaules, mes bottines contre sa nuque, les talons pointés vers le plafond, et pousse en moi lentement, sans me quitter des yeux. Il est plus gros. Je ne peux plus respirer. Le foutre d'Antoine fait un bruit obscène à chaque va-et-vient, et il sourit en l'entendant.

Regarde-moi, dit-il. Dis-moi à qui tu appartiens.
À toi. À vous trois. À vous.
Dis-moi ce que tu veux.
Je veux que vous me baisiez tous. Que vous me remplissiez de foutre. Que vous fassiez de moi tout ce que vous voulez. Je veux être votre chienne.
Il sourit, d'un sourire que je ne lui ai jamais vu, et accélère. Ses mains me tiennent les cuisses. Romain et Antoine, de chaque côté, caressent mon torse et mon visage, et me murmurent à l'oreille ce qu'ils voient : mes lèvres mouillées, mes cheveux collés, ma cage luisante.
Tu en veux encore grogne Marc, sans ralentir.

Oui encore, putain, ne t'arrête pas !
Dis-lui ce que tu aimes, dit Antoine.
J'aime sentir ta grosse queue me remplir, Marc. J'aime qu'elle me déchire. J'aime sentir le foutre d'Antoine qui coule pendant que tu me prends.
Je n'ai jamais prononcé de phrases pareilles, et ma voix ne tremble presque plus.
Défonce-moi. Je suis ta pute, ta chienne, ton trou à bites. Éclate-moi le cul. Remplis-moi.
Encore.
Remplis ta salope. Donne-moi tout ton foutre. Je veux sentir que tu jouis au fond de moi. Je veux le garder en moi toute la nuit.

Marc jouit en moi, la tête renversée, un long souffle étouffé. Je le sens se vider, chaud, abondant, et une vague me traverse, que je ne comprends pas.
Romain me relève sans effort.

Je me retrouve assis sur le bord de la table, mes jambes autour de ses hanches, mes bras autour de son cou, et il me prend ainsi, debout, face à moi, en me soulevant à chaque poussée, avec une douceur qui contraste avec la force de ses bras. Mes bottines battent dans le vide. Sa langue est dans ma bouche puis est contre mon oreille.
Dis-moi ce que tu es, murmure-t-il.
Une salope, je souffle, presque sans m'en rendre compte.

Dis-moi ce que tu as dans le cul.
Le foutre d'Antoine. Celui de Marc. Je suis pleine de vous, je dégouline.
Il me serre plus fort.
Et bientôt le tien. Donne-le-moi, Romain. Jouis dans ta salope. Crache-le-moi au fond.
Dis-moi à qui est ce cul. »
À vous. À vous trois. C'est votre trou, votre trou à queues, vous en faites ce que vous voulez, tout le week-end. Baise-moi, s'il te plaît, baise-moi comme une pute.
Et ta bouche ?

Elle est à vous aussi ! Je veux avaler encore ! Je veux votre foutre partout !
Puis d’un seul coup, mon corps se tend et je hurle. Je jouis sans qu'on me touche, sous la pression de leurs corps, de l'intérieur, comme un vertige. La cage reste fermée, et ça ne change rien : l'orgasme monte de mes reins, de mon ventre, de ce plug que je n'ai plus, de ces trois hommes qui me remplissent, et je crie dans le cou de Romain, tremblant de tout mon long, des gouttes tièdes s'échappant de l'acier. Romain me suit, avec un long râle, enfoui en moi.

Quand Romain se retire, ils me mettennt à genoux devant eux. Ils se placent tous les trois devant moi, et Marc me prend par le menton.
Nettoie.

Je ne discute pas. Je prends l'un après l'autre leurs queues molles et luisantes dans ma bouche, je les lèche, je les suce lentement jusqu'à ce qu'elles brillent de ma salive, et je goûte, mêlés, le sperme, le gel et moi.
Merci, dis-je à chacun

On me redépose sur la table, sur le dos, les jambes molles, les cheveux collés à mes tempes. Ils forment un demi-cercle autour de moi. Je les regarde, la poitrine soulevée, les lèvres entrouvertes. Marc, pour finir, pose les mains à plat de chaque côté de ma tête.

Julie, dit-il. Dis-nous la vérité. Tu as aimé ?
Je ferme les yeux. Je pourrais dire « bécasse » maintenant, ou me taire, ou rire.
Oui, dis-je. J’ai aimé.
Plus précisément.

J'ai aimé vous sucer. J'ai aimé avaler votre foutre avant le dîner. J'ai aimé vos mains sous la table, et votre doigt sur mon plug. J’ai aimé vos langues dans ma bouche. J'ai aimé être sur cette table, attachée, déshabillée, et que vous me baisiez l'un après l'autre, comme une pute.
Et qu'est-ce que tu es ? demande Romain.

Je rouvre les yeux. Ils sont tous les trois penchés sur moi, avec leurs visages que je connais depuis vingt-six ans, et qui n'ont jamais été aussi tendres, ni aussi cruels.
Une salope, dis-je. Je suis une salope. Votre salope. Une petite pute à bites, et j'en veux encore.
Plus fort.
Je suis une salope !

Je ris, et ma voix se brise, et je pleure un peu aussi, de soulagement, de honte, de je ne sais plus quoi.
Une salope, une chienne en chaleur, et j'ai adoré ça !
Antoine m'embrasse sur le front. Romain me caresse la joue de ses grosses mains.

Bonne fille, dit Marc. Je savais que tu aimerais
Plus tard, quand Antoine et Romain sont partis se doucher, Marc détache les sangles de mes poignets, me frotte doucement les mains pour que le sang revienne. Puis il s'agenouille devant moi. Il me retire mes bottines, une par une, délace chaque œillet, masse mes chevilles marquées par le cuir.

Il passe ses doigts dans mes cheveux emmêlés, détache la barrette, essuie mon visage avec une serviette chaude, doucement, le rouge à lèvres d'abord, puis le mascara qui a coulé, puis ce qui reste des faux cils. Il m'enveloppe dans une grande couverture, et me prend dans ses bras, tout simplement, et je tiens dedans, comme il l'avait dit.

Ça va ? demande-t-il.
Ma voix est fatiguée, un peu cassée.
Mieux que ça.
Sa main effleure la cage, entre les plis de la couverture.
Elle reste jusqu'à dimanche. Sauf si tu me dis le contraire.
Je réfléchis une seconde, le front contre sa poitrine.
Elle reste.
Il hoche la tête, tapote la poche de sa chemise, où la clé fait un petit bruit de métal.
Tu as raté le lapin exprès, hein ?
Je ris, contre son épaule.
Oui.
Je m'en doutais. Il sourit.
Je ne réponds pas tout de suite. Dans la salle de bain, j'entends l'eau couler et les rires étouffés d'Antoine et de Romain. Sur la table, le diamant brille encore, tout seul, au milieu du bois nu.

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L'avis de Davidorab
Fantasmatique !


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