alias Théodora

- Par l'auteur HDS sphynx -
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Récit libertin : alias Théodora Histoire érotique Publiée sur HDS le 29-05-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
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alias Théodora
Alias Théodora.

Venu dans ce pince-fesses mondain par amitié, accompagnant une cousine professionnellement contrainte d'être présente. J’observe ces personnes tellement éloignées de mon univers, plus intéressées par le buffet, par contre bien conséquent lui, que de la chétive exposition d’art servant de décoration à l'inauguration de ce nouveau complexe immobilier, raison de ce raout. N’ayant rien d’autre à faire que d’assurer la tranquillité de mademoiselle pour lui permettre de se goinfrer. Il est amusant d’observer le comportement de ce monde censé représenter nos élites.

La femme sur le coté du buffet relativement écartée, me fascine.
Sans savoir pourquoi, elle me semble autant étrangère que moi en ce lieu. Ne résistant pas à l’approcher, lui propose d’aller chercher deux coupes, au péril de ma vie, à en juger par la masse compacte assaillant le-dit buffet.
Ce qui la fait sourire, un léger signe de tête, et me voila aussitôt dans la mêlée.
Lui tendant sa coupe, captivé par la profondeur de son regard. Il me semble la voir lire en moi, ce qui me met bien mal à l'aise.
-Vous appréciez les œuvres présentées ici?

-Pas vraiment ,je suis venue accompagner une personne qui vient malencontreusement de glisser dans l’escalier, et actuellement en route pour l’hôpital. Et vous même?

-Chaperonner une parente, Avec comme fonction d’être une protection anti-fâcheux. A présent la voir souriante, et en grande conversation avec ce beau jeune homme c’est sûr, elle n’a plus besoin de mes services. Puisque ni vous ni moi sommes passionnés par cette exposition, peut-être pourrions nous, nous éloigner suffisamment afin de quitter cette multitude, bien trop bruyante.
Seriez vous disposée à faire quelques pas avec moi dans le parc près d’ici, et profiter du soleil, et du chant des oiseaux. Je sais cela fait collégien boutonneux.
J’aimerai vous découvrir, vous me faites me sentir différent subitement, et c’est troublant.

-Est-ce votre technique de drague?

-Absolument pas j’ai le sentiment de devenir particulièrement ridicule, mais vous me perturbez, au point que je m’en moque.

-Si je vous disais être une prostituée, cela vous perturberait il plus encore?

-J’avoue ne pas savoir quoi répondre, mais si vous le revendiquez pourquoi en douter. Néanmoins il m’est difficile de vous imaginer chaussée de talons de dix sept centimètres, faisant les cent pas dans une ruelle, devant un hôtel borgne. Pas plus qu’à demie nue à l’intérieur d’ une vitrine sous une lanterne rouge. Bien que vous soyez intensément désirable. Ce qui me fascine en vous ne se trouve pas entre le cou et les genoux .Ce que vous dissimulez derrière vos prunelles, ça oui.
N’ayez pas peur, je ne suis pas neuropsychologue, ni étudiant du cortex, où autres. Simplement un homme désireux de découvrir en vous, au-delà des apparences justement ce que l’on ne voit pas, mais que l’on croit pouvoir discerner.

-Si mon regard vous trouble, c’est qu’il est peut être celui d’une malvoyante tout bonnement. Méfiez-vous de vos propres impressions.

-J’ai pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !
Baudelaire vous met en garde.

– Cela dit vous avez en partie raison, je suis escort. Le blessé était mon client, ma prestation n'inclut pas de le suivre dans une chambre à l’hôpital.
Voulez-vous toujours m’étudier?

-Voyons les choses telles qu’elles sont. Vous me paraissez en fait comme étant une sorte de geisha, Ce qui est quand même très différent. Fonction qui nécessite en plus de l’attrait physique de grandes connaissances en arts divers et la capacité intellectuelle de soutenir n’importe quelle conversation. En bref, briller en toutes circonstances.

C’est comparer une hôtesse emblématique, en véhicules de luxes,à la personne aux ateliers entretients pour les vidanges périodiques des fluides.
En fait, plus que de m’intriguer, vous venez de me stupéfiez. Puis-je vous demander votre nom?

-J’exerce sous le pseudonyme de Théodora, y voyez vous une sorte de désir d’un destin croisé.

-Théodora l’impératrice de Byzance serait votre référence, si j’ose m’exprimer ainsi. Dans l’attente de la rencontre d’un riche émir?
Votre Justinien en quelque sorte.
Méfiez vous, aller d’une existence de femme libre, vers un séjours dans un gynécée, ne plus voir le monde qu’ à travers un moucharabieh.

Un enterrement pur et simple! Vous m’avez évoqué Baudelaire. Laissez-moi citer, Brassens: La petite fille et le père Noël.
Il a mis de l'or à ta branche
Il a mis les mains sur tes hanches
Tire la belle tire le rideau
Sur tes misères de tantôt
Le joli temps des coudées franches

Il y a toujours un prix à payer, et il peut vite devenir exorbitant.
Je pense à cette actrice adulée, riche, ayant abandonnée
une vie de rêve pour un contrat de mariage la faisant princesse. Cet acte notarié, aux principes ôtés, juste une simple forme alité à remplir.
Ce dont elle s'est appliquée. Faire des héritiers légitimes, continuité dynastique oblige. Conçus entre présidences de galas de charité, de commémorations diverses, et autres bonnes œuvres.
Des projecteurs hollywoodiens, au vide existentiel, la distance est courte, juste la longueur de la nef, entre l’entrée et la sortie, de la cathédrale.

-Il me faut vous quitter, mademoiselle sonne le tocsin. Mais avant voici mes coordonnées. Vous seule êtes en mesure de poursuivre cet échange. L’attente va me paraître longue, et plus encore si vous ne le souhaitez pas. L’éternité cela doit durer toute une vie au moins non?

Mademoiselle est furibonde, le beau jeune homme colle aux fesses d’une blonde synthétique, apparemment refaite de partout.

-Ne pleure pas, tu vois bien qu’il est nul. Lâcher une beauté comme toi pour une vieille peau. Il chasse la rombière friquée ce que tu n’es pas encore.

Le train-train quotidien, l’impression de tourner en rond, quand le
wagon de tête devient le wagon de queue, la journée est finie, on rentre à la maison. Attendre un hypothétique appel téléphonique.
Cette fille m’a complètement perturbé, outre son regard magnétique, elle a la beauté qui fascine, et le charme qui envoûte.

Récapitulons une chasseresse, de fortunés clients, désireux de passer du bon temps avec une beauté genre, Cléo de Mérode, où Liane de Pougy.
Célébrités du temps passé. Dont elle supporte aisément la comparaison.
Ces dames, ont croqué des fortunes, et probablement ruinés un nombre impressionnant de gogos.

Cesser de fabuler, jamais Théodora ne m’appellera. Et pourquoi le ferait-elle? Quel intérêt un type comme moi.
En quoi peut consister officiellement un job d’escort finalement .
Voyons ce qu’en dit le document de présentation.

Le terme « accompagnement » recouvre des situations sociales variées (dîner, gala, déplacement professionnel) et ne doit pas être confondu automatiquement avec la prostitution. La vocation première est d’être présente, sociable et discrète, avec une excellente présentation et de réelles compétences conversationnelles. Selon le contexte, l’accompagnatrice agit comme partenaire de soirée, alliée de networking ou présence élégante.

Donc ceci est la version très édulcorée.
Les sites, et ils sont nombreux, ne présentent pas les diplômes académiques de ces demoiselles, mais des photos très dévêtues.
La finalité de la prestation me semble évidente.
Observant attentivement les photos peut être y trouverai-je
Théodora dans l’un des catalogues. Donc ses données professionnelles. Un moyen élégant pour la retrouver. Hélas autant les sites sont nombreux, les photos pléthoriques .A croire que la moitié de notre jeunesse y participe. Sans compter de travailler en individuel, donc un site dédié. Effectivement on trouve Théodora, mais pas elle.

Mon téléphone à reçu un message. Bonjours 0679 C’est Théodora
J’ai une activité samedi à l'adresse que tu trouveras en fin de message. Mon client ne m’inspire pas confiance, aussi si tu veux être pour la circonstance mon alibi, tu seras supposé être ma prochaine prestation, à vingt et une heure .Si tu acceptes, présente toi au bar dis que tu as rendez vous avec moi. J’aurai déjà commandé pour toi un cocktail.

J'avais l'espoir de découvrir plus intimement cette femme qui occupe tant mes pensés. Et puisque elle même semble désireuse de me revoir, il va me falloir être à la hauteur. Seule une authentique Geisha est capable de citer Baudelaire pour illustrer son propos.
Comment orienter une conversation intéressante, avec une personne dont on ne sait rien. Notre échange de l'autre jour ne me fournit aucun sujet.
Le fait de nous retrouver par l'intermédiaire de son activité de Geisha , ce sera donc le Japon, et ses coutumes. Voilà il ne me reste qu'à feuilleter Things Japanese, une encyclopédie alphabétique sur la vie et les coutumes . Les estampes japonaises, de la société d’Edo, mêlant réalisme, spiritualité et plaisir éphémère. Les jolies femmes et les oiran (courtisanes) célèbres, les shunga (scènes érotiques)
De quoi ouvrir une conversation, et paraître cultivé, à défaut d’être intéressant, en citant quelques Haïkus. Puisqu’elle semble aimer la poésie. Une façon élégante de peut être me distinguer des personnes qu'elle côtoie habituellement.

Alors que les escorts, trouvées sur le net, indiquent leurs mensurations comme diplômes académiques. Ce qui est suffisamment explicites pour les prestations proposées, et attendues. Là, pas besoin de chercher, c’est tellement plus simple.

Me voici devenu l’agent 0679,commencement de mon numéro de téléphone. Le sauveur de la veuve, mais pas l’orphelin. Bien sûr que je serai sur place. L'agent 0679,ce qui donne entre Bond 009, et moi 670 agents disparus. On claque vite dans ce job.
J’ai déjà risqué ma vie pour elle, en allant chercher deux coupes au
Bar. Ma vaillance est reconnue, pour preuve cet appel au secours.
Toutefois s' il s’avère que le dit client soit un balaise colérique, il me sera toujours possible de ne pas savoir qui elle est.

Samedi un quart d’heure avant le rendez- vous, me présente au bar, m’annonce comme convenu, et m’installe confortablement. Un serveur stylé pose devant moi un Angel face bien frais. Il n’y a plus qu’à attendre.
Les portes s’ouvrent laissant paraître Théodora accompagnée d’un homme pour lequel je me sens une antipathie, monter des tripes.
Obséquieusement la salut, me jette un regard noir, et disparaît.

-Cet homme est un riche américain, propriétaire terrien au Texas qui veut m’épouser.
Ce voir triompher d'un rival français ,ajoutera l'éclat à la conquête. Dans mon activité le temps est réduit, disons de notre désirabilité.
Je suis convaincue qu’il va me faire espionner toute la soirée. Nous allons donc, dans un bon restaurant passer ensemble un temps, bien agréable, que je souhaite pouvoir garder en mémoire avec nostalgie.

La douche est glaciale, je reviens instinctivement au vouvoiement.

-La française a dans le monde une réputation de beauté, d’élégance, culture, et que sais -je encore?
En quelque sorte le trophée que l’on ramène à la maison. Pour certains ce peut être une tête de lion. Pour lui ce sera vous. Je vous vois, comme les étoiles au firmament, scintillante, dans les salons mondains. Avec au cou un collier de diamants, hors de prix.
Il lui faudra constamment le meilleur. Mais évidemment, il y a toujours un mais. Ce fabuleux collier sera constamment relié à la niche, même si la laisse reste invisible. Ce n’est pas moi qui le dit, une cage même en or massif reste une cage. Souvenez-vous de la princesse.
Justinien a donné un empire a Théodora. Pour le texan ce sera un troupeau de bovins. Il est vrai comme disait Vespasien que l’argent n’a pas d’odeur. Il lui suffit en cette circonstance, d’ être, de manières ostentatoires. Bouses de vaches, où simplement un beau présentoir à bijoux.

Quand viendra le moment du café, je vous quitterai, et irai payer le restaurant. Autrement il me semblerait n’être qu’une sorte de parasite, profitant de votre argent.

Vous savez déjà, en évoquant votre durée de désirabilité, que le temps est un assassin autant silencieux qu’impitoyable, aussi: Lorsque votre mari troquera une épouse usagée, pour une jeune davantage en harmonie, avec le standing de la maison.

J’espère qu’ayant bien protégé votre avenir, bénéficierez d’une pension mensuelle à cinq chiffres. Alors vous aurez à votre tour les moyens de vous offrir la compagnie, de beaux escorts’boys.

Toutefois si votre "gentleman farmer" devait s'avérer particulièrement mesquin, et pingre.
Il y a, l’éventualité, de vous retrouver ,comme on dit sur la paille.
Encore que, venant d’un complexe de bovidés, je devrai plutôt dire litière.

Si cela devait arriver alors: En ce moment de grandes désillusions, quand vous n'auriez plus, que vos yeux pour pleurer, votre paradis perdu. .Permettez moi de citer Proust.
Le temps efface tout il n’éteint pas les yeux
Qu’ils soient d’opale ou d’étoile ou d’eau claire
Beaux comme dans le ciel ou chez un lapidaire
Ils brûleront pour nous d’un feu triste ou joyeux.

Si vous désirez revenir au pays, et y retrouver une personne vous ayant très certainement gardée en mémoire. Qui en des temps anciens ne demandait qu'à vous découvrir. Ne désirant voir en vous, simplement, la personne réelle pas seulement le corps, mais l’esprit. Ce que le temps et ses injures n'arrivent pas à enlaidir.

Ainsi peut être arrivera t’il, comme selon Louise Ackermann

D’un souffle printanier l’air tout à coup s’embaume.
Dans notre obscur lointain un spectre s’est dressé,
Et nous reconnaissons notre propre fantôme
Dans cette ombre qui sort des brumes du passé.


Si cela était, je souhaiterai que vous ayez toujours gardé, mon numéro de téléphone. En ces circonstances, nous pourrions reprendre notre échange momentanément interrompu

Et à mon tour, vous dirai comme victor Hugo.

si j’étais roi, je vous donnerais l’empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !

La nostalgie ne vaut que si on la partage.

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