L'éducation méridionale 2
Récit érotique écrit par MelanieD [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur femme.
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 30-08-2026 dans la catégorie Entre-nous, hommes et femmes
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L'aube n'était encore qu'une lueur d'un bleu gris à travers les lattes des persiennes quand je m'extirpai du lit. À mes côtés, Thomas dormait profondément, la bouche légèrement entrouverte, le visage détendu par la béatitude de celui qui se croit victorieux. Son bras lourd repoussait la couverture. Il avait le sommeil lourd, presque enfantin, de ceux qui ne doutent de rien.
Je me glissai hors du matelas sans faire le moindre bruit, pieds nus sur le carrelage encore tiède de la chambre. La pièce étouffait sous une chaleur stagnante, lourde de notre nuit.
Dans la salle de bain adjacente, je fermai la porte sur nous et tournai le robinet de la douche. L'eau fraîche fut un choc salvateur. Sous le jet, je me frottai la peau avec une frénésie presque hygiénique, utilisant le savon à l'huile d'olive mis à disposition jusqu'à ce que ma peau en grince. Je voulais tout effacer : la sueur poisseuse de la nuit, l'odeur de Thomas, et surtout cette moiteur tiède qui avait coulé le long de mes cuisses au milieu de l'obscurité. Chaque goutte d'eau qui s'évaporait sur mon corps semblait emporter une parcelle du mensonge que j'avais exécuté sur l'oreiller.
Devant le miroir en buée, je scrutai mon reflet. Mes yeux battus trahissaient ma nuit blanche, mais mes traits conservaient cette régularité calme que ma mère m'avait appris à arborer en toute circonstance.
Pour m'habiller, je puisai avec soin dans ma valise, cherchant mon armure. J'optai pour une robe en lin beige clair, d'une coupe irréprochable et sobre : une encolure haute, des petites manches couvrantes, une rangée de boutons de nacre sur le devant et un tombé droit qui s'arrêtait juste sous les genoux. C'était la tenue idéale pour une jeune femme de bonne famille en vacances dans le Sud — décente, élégante, préservant la pudeur. J'attachai mes cheveux bruns en un chignon bas, lissé, maintenant chaque mèche rebelle sous des épingles discrètes.
Ainsi parée de mes codes strasbourgeois, je me sentais de nouveau protégée.
Je descendis l'escalier à pas de loup pour ne pas réveiller la maison. Mais en arrivant au rez-de-chaussée, une odeur puissante d'espresso fraîchement coulé m'accueillit.
Marc était là.
Il se tenait debout près du plan de travail de la cuisine, une tasse en céramique coincée entre ses larges doigts. Contrairement à l'image du vigneron débraillé de la veille, il était déjà douché, rasé de près, exhalant une odeur saisissante de savon à la lavande, de vétiver et de café fort. Il portait un polo sombre qui moulait la carrure massive de ses épaules et un pantalon de toile claire. Ses cheveux poivre et sel, encore légèrement humides, étaient coiffés en arrière.
Quand j'entrai, ses yeux noirs se posèrent immédiatement sur moi. Son regard, perçant et dénué de la moindre timidité matinale, me balaya de la tête aux pieds avec une lenteur calculée.
— Tiens, la petite Alsacienne est tombée du lit, lâcha-t-il d'une voix grave, nettoyée des brumes de l'alcool de la veille.
— Bonjour Marc, répondis-je en m'efforçant d'adopter un ton fluide et poli. Je ne voulais réveiller personne.
Il posa sa tasse sur le comptoir et s'approcha de quelques pas. Son ombre immense se découpa dans la lumière dorée qui traversait la baie vitrée. Il s'arrêta à moins d'un mètre de moi, croisant les bras sur sa poitrine. Un petit sourire amusé étira le coin de ses lèvres.
— Tu vas crever de chaud là-dedans, Éléonore, dit-il en désignant ma robe d'un mouvement du menton. Et le lin clair au soleil du Sud... c'est un piège. Tu devrais aller mettre un truc plus léger, qui te laisse respirer.
La remarque, directe et sans détour, me fit monter une légère rougeur aux joues. Mais ma fierté bourgeoise reprit immédiatement le dessus. Il n'allait pas me dicter ma conduite ni régenter ma garde-robe dès le réveil.
— Je vous remercie, Marc, répliquai-je en maintenant un sourire diplomatique impeccable. Le lin est une matière naturelle très respirante. Je vous assure que cette tenue est parfaitement confortable.
Marc laissa échapper un petit rire sourd, un grognement amusé qui fit vibrer sa poitrine.
— Si tu le dis, ma fille, ironisa-t-il avec un clin d'œil insolent. Enfin, puisque t'es debout et parée pour la messe, tu vas venir avec moi. Je descends au marché du village prendre de quoi faire le déjeuner. Thomas dort comme un sonneur, de toute façon.
C'était formulé comme une invitation, mais la présence de Marc ne laissait aucune place au refus. Et au fond de moi, l'idée de quitter cette maison étouffante et d'échapper à la perspective d'un réveil gênant avec Thomas l'emporta sur la prudence.
— D'accord, dis-je. Laissez-moi juste prendre mon sac.
Cinq minutes plus tard, nous étions installés dans son 4x4. Le moteur rugit doucement tandis que nous franchissions le portail de la propriété. L'air chaud du matin s'engouffrait déjà par les vitres baissées, apportant avec lui les senteurs de terre cuite et de pin. À côté de moi, Marc conduisait d'une seule main posée au sommet du volant, l'autre coude appuyé sur la portière. Sa stature imposante occupait tout l'espace de l'habitacle.
Nous n'avions pas parcouru deux kilomètres que Marc jeta un coup d'œil de profil vers moi. Son visage affichait une sérénité presque dérangeante.
— Dis-moi, la petite... la cloison est fine, tu sais, lâcha-t-il sans se départir de son ton calme et rocailleux. J'ai bien entendu mon fils pousser ses grands cris de coq hier soir pour se prouver qu'il existe. Mais toi... pas un souffle. Tu te retenais par politesse ou il ne sait vraiment pas s'y prendre ? Parce qu'avec un vrai mec, c'est la fille qu'on entend chanter, pas le sommier.
Les mots claquèrent dans l'habitacle avec la violence d'une gifle. Mon sang se glaça d'un coup. Mes mains se crispèrent sur les anses de mon sac à main au point que mes articulations en devinrent blanches. Ma gorge se noua, incapable de laisser passer le moindre son. L'attaque était si directe, si dénuée de la moindre pudeur, qu'elle pulvérisait d'un seul coup toutes les règles de bienséance dans lesquelles j'avais été élevée.
Il savait. Il avait tout entendu. Il avait deviné la mascarade de Thomas et mon silence subalterne.
Je gardai les yeux fixés sur le pare-brise, le visage brûlant d'une honte cuisante. Marc ne chercha pas à enfoncer le clou. Il laissa sa phrase flotter dans l'air tiède de la voiture, esquissant simplement un léger sourire en coin tout en rétrogradant pour aborder le virage qui menait au village. Ce silence pesant en disait plus long que n'importe quelle autre provocation.
Le marché du village s'étalait sur la place centrale, sous l'ombre mouvante de platanes centenaires. C'était un dédale coloré et bruyant, saturé de senteurs d'épices, de melons mûrs, d'olives noires et de fromage de chèvre.
Dès que nous sortîmes du 4x4, la chaleur de milieu de matinée nous frappa. Le soleil provençal, déjà haut, dardait ses rayons de plomb sur les étals.
— Reste pas à la traîne, me lança Marc en s'engageant dans la foule.
Il évoluait là en terrain conquis. Tous les trois mètres, un commerçant ou un habitant lui lançait un salut chaleureux, auquel il répondait d'un signe de tête souverain ou d'une plaisanterie gouailleuse. Pour éviter que la foule ne me sépare de lui, Marc tendit le bras.
Sa main large, lourde et tiède se posa naturellement dans le bas de mon dos.
Le contact transperça le tissu de ma robe. Sa paume épousait la courbure de mes reins avec une fermeté possessive pour me guider entre les étals. À chaque pas, la pression de ses doigts m'incitait à m'avancer, son corps massif frôlant le mien dans les allées étroites.
C'est alors que le piège annoncé par Marc commença à se refermer.
Sous ce soleil de plomb, étouffée par la tension nerveuse que la remarque de Marc avait allumée en moi, ma température corporelle grimpa en flèche. Malgré mes efforts désespérés pour garder une contenance altière, mon corps réagit à la canicule ambiante. Une fine pellicule de transpiration se mit à perler à la naissance de mes cheveux, puis glissa lentement le long de ma colonne vertébrale.
Le tissu léger de ma robe en lin beige se gorgea de cette moiteur.
En quelques minutes, le lin, d'ordinaire rigide et structuré, perdit toute tenue. Le vêtement sage que j'avais choisi comme un bouclier se mit à coller à ma peau, se transformant en une seconde peau traîtresse.
L'étoffe mouillée se plaqua contre la cambrure de mes reins sous la main de Marc. Pire encore, au niveau de ma poitrine, le lin devenait légèrement translucide sous la lumière crue du Sud. L'ombre sombre de la dentelle de mon soutien-gorge et le relief durci de mes tétons — stimulés par la chaleur et le trouble — se dessinaient désormais en transparence sous le tissu.
Je le réalisai en jetant un coup d'œil vers le bas. L'horreur me traversa : ma robe de "fille bien élevée" venait de se muer en un vêtement provocant et follement évocateur.
Marc s'arrêta devant l'étal d'un traiteur réputé. Ses yeux glissèrent sur moi, s'attardant sur mon buste et sur la façon dont le tissu humide moulait désormais la finesse de ma taille. Il ne dit rien. Il se contenta de me décocher un petit sourire connaisseur, un regard lourd de triomphe qui me fit comprendre qu'il avait tout vu.
Je te l'avais dit. Le message était limpide, sans qu'il ait eu besoin de prononcer un seul mot.
— Salut Marco ! tonna le charcutier en nous dévisageant avec un grand sourire complice. Dis donc, tu te refuses rien ! C'est ta nouvelle petite conquête ? Elle est magnifique !
Le sang me glaça les veines. Mon éducation strasbourgeoise me criait d'intervenir, de corriger immédiatement ce commerçant, de déclarer haut et fort : « Non, vous vous méprenez, je suis la compagne de son fils ! »
Mais la bienséance, la terreur de créer un scandale public en plein marché et le souvenir encore cuisant des mots de Marc dans la voiture me verrouillèrent la mâchoire. Faire une scène ici aurait été d'une vulgarité suprême. Je restai pétrifiée, le visage brûlant.
Marc, lui, ne fit rien pour démentir. Au contraire.
Il resserra sa prise sur ma taille, m'attirant doucement contre son flanc. Son épaule massive percuta la mienne, et le parfum de sa peau douchée mêlé à la chaleur du soleil m'enveloppa.
— Tu sais bien que j'ai toujours eu du goût, Marcel, répondit Marc d'un ton charmeur et mystérieux, en jetant un coup d'œil appuyé sur ma poitrine en transparence. On prend ce qu'il y a de meilleur dans la région.
Le commerçant laissa échapper un rire admiratif et nous servit avec un empressement presque servile.
Pendant toutes les courses, le scénario se répéta. Chez le primeur, chez le fromager, Marc entretint délibérément le flou. Il me présentait implicitement comme sa compagne d'un jour, me touchant la taille, glissant parfois ses doigts sur mon épaule nue pour écarter une mèche de cheveux tombée de mon chignon effiloché par la moiteur.
Et moi, la jeune femme polie et rangée, je me taisais. Je souriais bêtement, la tête basse, incapable de rompre le charme vénéneux qui s'installait.
Pour tout le village, j'étais la jeune maîtresse de ce quinquagénaire imposant. L'objet de son désir, la jeune proie qu'il exhibait fièrement à son bras.
Cette fausse identité, imposée par la malice de Marc et scellée par mon propre silence, commença à opérer une mutation terrifiante dans mon esprit. La honte d'être prise pour une fille facile se mêlait à une sensation physique d'une intensité inouïe. Le contact de sa main large sur ma robe trempée, le regard des gens qui m'évaluaient comme la femme d'un mâle alpha, et la certitude que Thomas dormait toujours gentiment dans sa chambre à quelques kilomètres de là... tout cela provoquait une onde de chaleur poisseuse au plus profond de mon bas-ventre.
Mon corps, traître, répondait à la mascarade.
Quand nous revînmes enfin au 4x4, les bras chargés de sachets odorants, la température dans l'habitacle était volcanique. Marc posa les sacs sur la banquette arrière, puis se tourna vers moi avant de démarrer.
Ses yeux sombres scrutaient mon visage rougi, descendant le long de mon cou où une goutte de sueur traçait un sillon brillant jusqu'à la naissance de mes seins, bien visible sous le lin devenu presque transparent.
— Alors, la petite Alsacienne..., murmura-t-il, sa voix grave vibrant dans l'espace restreint de la cabine. Tu vois qu'il faisait chaud dans le Sud.
Je soutins son regard, incapable de formuler la moindre réplique cinglante. Le masque de la compagne parfaite s'était effrité sous le soleil du marché. Il savait désormais que sa proximité m'affectait, qu'il m'avait percée à jour, et je savais qu'il l'avait compris.
En silence, il passa la première et relança le véhicule sur la route de la villa, laissant derrière nous le marché et scellant la première étape d'un pacte clandestin dont je ne pourrais plus jamais me défaire.
Le retour du marché s'effectua dans un silence électrique. Assise sur le siège passager du 4x4, je gardai les yeux fixés sur la route serpentant entre les pins. Le tissu en lin de ma robe, imbibé par la chaleur et la moiteur de la matinée, collait à ma peau comme une seconde peau traîtresse. À chaque virage, le parfum de vétiver et de savon à la lavande de Marc emplissait la cabine. Je sentais son regard s'attarder de temps à autre sur ma poitrine transparente et mes cuisses gainées par l'étoffe mouillée, mais il ne dit plus un mot. Il n'en avait plus besoin : sa formule dans la voiture et sa démonstration d'autorité au marché avaient scellé son emprise.
Lorsque le véhicule se gara sur les graviers blancs de la villa, le contraste fut immédiat.
Thomas nous attendait sur la terrasse, un verre de jus d'orange à la main, vêtu d'un simple short de bain et le torse nu. Il arborait ce sourire rayonnant des hommes qui ont bien dormi, persuadé d'avoir accompli un exploit la nuit précédente.
— Vous voilà enfin ! s'exclama-t-il en descendant les marches pour nous rejoindre. Je me demandais où vous étiez passés.
— Tu dormais comme une masse, mon grand, tonna Marc en attrapant les cabas chargés de victuailles sur la banquette arrière. On a été faire les vraies courses pour le déjeuner.
Thomas s'approcha de moi, déposa un baiser tendre sur ma joue et passa un bras autour de ma taille. Il ne remarqua même pas la moiteur de mon col, ni la façon dont ma robe en lin épousait mes formes de manière si peu équivoque. Pour lui, j'étais simplement sa fiancée strasbourgeoise un peu échauffée par le soleil du Sud.
— Tu as une mine superbe, Éléonore, chuchota-t-il à mon oreille. Le grand air du marché te réussit.
Une bouffée de culpabilité me serra la gorge. Si seulement il savait ce que son père venait de me faire subir du regard et de la voix...
Dans la cuisine, Chloé était adossée au comptoir, un café froid à la main. Ses yeux sombres balayèrent mon visage rougi et ma tenue ajustée par la sueur. Son regard s'attarda un quart de seconde de trop sur la main de Marc qui frôlait la mienne en posant les sacs. Elle ne dit rien, mais ses narines se pincèrent. Sa jalousie silencieuse n'était plus une intuition : c'était une certitude.
— Bon, c'est pas le tout, lâcha Marc en s'essuyant le front du revers de la main. Avec ce qu'on a pris chez le charcutier, il nous faut des bonnes bouteilles. Je vais descendre au cellier chercher du rosé bien frais et un vieux rouge. Éléonore, viens m'aider à porter ça, tes petites mains seront plus utiles que celles de ton fiancé.
— Je peux descendre si tu veux, Papa, proposa Thomas avec une serviabilité naïve.
— Laisse, tu vas te perdre dans mes casiers, le coupa Marc d'un ton sans réplique. Viens, la petite.
Thomas me décocha un petit sourire encourageant, m'incitant d'un signe de tête à obéir à son père pour maintenir la bonne humeur générale. Je n'avais aucune excuse pour refuser sans paraître ridicule ou craintive. Mon cœur se mit à battre à un rythme affolant dans ma poitrine.
J'emboîtai le pas à Marc.
Nous traversâmes le couloir du rez-de-chaussée jusqu'à une lourde porte en chêne massif garnie de ferronneries. Marc l'ouvrit et s'engagea le premier dans l'escalier en pierre brute qui s'enfonçait sous la maison. Je le suivis, descendant marche après marche vers l'obscurité.
Dès que la porte de bois se referma au-dessus de nous, étouffant les bruits de la maison, le climat changea radicalement.
La chaleur étouffante de la journée s'effaça instantanément, remplacée par la fraîcheur voûtée et humide du sous-sol. L'air sentait la pierre antique, le salpêtre, la poussière et le chêne imprégné de vin. Mais ce changement thermique fut un piège : au contact de l'air frais du cellier, la fine pellicule de sueur qui imbibait ma robe en lin beige se refroidit brusquement.
Un frisson violent parcourut toute ma colonne vertébrale. Mes tétons, déjà sensibles, se durquirent à l'extrême sous la dentelle de mon soutien-gorge, pointant douloureusement contre le tissu humide.
Au bas des marches, la seule lumière provenait d'une ampoule à filament jaune suspendue à un fil dénudé, jetant des ombres étirées sur les alignements infinis de bouteilles couchées dans des casiers en pierre.
Marc s'arrêta au milieu de la pièce. Il se retourna lentement. Dans cette pénombre dorée, sa carrure semblait encore plus imposante, bloquant toute possibilité de fuite vers l'escalier.
— C'est plus frais ici, hein ? murmura-t-il, sa voix grave résonnant doucement contre les voûtes.
— Oui..., répondis-je dans un souffle, la gorge sèche.
Il n'alla pas vers les casiers à vin. Il fit trois pas délibérés vers moi. La terreur d'être surprise par Thomas, qui se tenait quelques mètres seulement au-dessus de nos têtes, se mêla à une attente fiévreuse qui me paralysait les jambes. Je ne bougeai pas. Je le laissai s'approcher jusqu'à ce que son torse effleure le mien.
Sans la moindre hésitation, il plaqua sa main large et chaude contre ma taille, m'entraînant vers l'arrière jusqu'à ce que mon dos percute la pierre fraîche d'un casier à vin. Le contact du rocher froid à travers ma robe trempée me fit pousser un hoquet silencieux.
Marc s'avança alors, calant sa cuisse puissante et lourde directement entre mes jambes. L'odeur de sa peau, de sa sueur masculine et du vétiver m'envahit le visage.
— Non Marc... arrête..., murmurai-je d'une voix tremblante, presque inaudible.
Mes mains vinrent se poser contre son torse massif dans un réflexe de pudeur désespéré pour le repousser, mais mes doigts manquaient totalement de force, s'enfonçant à peine dans le coton sombre de son polo. Je voulais lutter, la morale, mon éducation et la présence de Thomas au-dessus de nous me criaient de m'enfuir. Mais mon corps, traître absolu, refusait d'obéir à ma conscience. Sous la pression ferme, chaude et autoritaire de sa cuisse qui s'insinuait entre mes genoux, mes jambes s'écartèrent d'elles-mêmes. Elles s'ouvrirent à lui pour lui céder le passage, débridant ma posture.
Un sourire en coin apparut sur le visage de Marc en sentant cette capitulation physique.
Sa main glissa le long de mes flancs, remontant la toile moite de ma robe jusqu'à l'ourlet. Ses doigts calleux attrapèrent le tissu beige et le soulevèrent sans ménagement, dénudant mes cuisses au grand air du cellier.
Sa paume massive s'enfonça sous l'étoffe, remontant le long de ma peau laiteuse jusqu'à rencontrer la dentelle fine de ma culotte.
Au moment où ses doigts bifurquèrent pour plaquer sa main directement contre mon entrejambe, il s'arrêta. Il s'enfonça dans l'intimité de mon tissu. La culotte était détrempée. Mon corps, depuis le marché, sous l'effet de sa voix, de son regard et de la honte de la nuit dernière, avait sécrété une humidité abondante et chaude qui imbibait la dentelle.
— Non..., chuchotai-je une toute dernière fois, un refus de façade expiré dans un souffle sans force, dépourvu de la moindre conviction.
Le sourire de Marc se fit carnassier, lourd d'un triomphe absolu. Il ankylosa ma fente de sa paume, appuyant fermement sur mon clitoris gorgé de sang, faisant glisser sa main dans ma propre moiteur.
— Regarde-moi ça..., murmura-t-il, sa voix rocailleuse vibrant tout près de mes lèvres. Ça fait la fille de bonne famille devant mon fils, mais sous la robe t'as la chatte en feu. T'es inondée, Éléonore. Alors ferme-la avec tes 'non Marc' et assume.
Les mots tombèrent sur moi avec la force d'un verdict irrévocable. La honte me brûla le visage, une honte immense, dévorante. Il avait raison. Mon corps ne mentait pas. Mes « non » murmurés n'étaient que des fétus de paille face au raz-de-marée qui submergeait mon bas-ventre. Je ne luttais plus. Au fond de moi, je consentais à chaque millimètre de cette invasion. Je voulais cette soumission. Je voulais que cet homme mûr et brut me traite exactement pour ce que mon corps révélait qu'il était : une femme assoiffée de son emprise.
— Oui..., soufflai-je malgré moi, mes paupières se fermant sous la décharge de plaisir que ses doigts provoquaient en frictionnant ma dentelle trempée.
— C'est bien, la petite, acquiesça-t-il. Tu comprends vite.
Il retira brusquement sa main de sous ma robe, me laissant le bas-ventre en deuil, haletante contre la pierre. D'un geste fluide et d'une assurance totale, il dégrafa son pantalon de toile claire et abaissa sa fermeture éclair.
Son sexe en érection jaillit dans la pénombre, massif, épais, chaud, d'une envergure qui n'avait rien à voir avec celle de Thomas. C'était l'attribut d'un mâle dominant, prêt à prendre ce qui lui revenait.
Marc posa une main lourde sur mon épaule droite, appuyant vers le bas avec une fermeté tranquille.
— À genoux.
Je n'hésitai pas une seule seconde. Le vertige de l'obéissance me submergea. Mes genoux quittèrent le sol de pierre et se posèrent sur la terre battue et fraîche du cellier, devant lui. Ma robe en lin beige s'étala dans la poussière.
Ici, à quatre pattes devant le père de mon fiancé, la tête à la hauteur de son bassin, le sentiment de ma propre déchéance m'offrit une extase psychologique d'une puissance inouïe. Je relevai les yeux vers lui. Marc me contemplait d'en haut, les bras croisés sur son polo, l'air souverain.
— Montre-moi ce que tu sais faire, la petite, lâcha-t-il avec un rictus amusé. Fais voir si t'es aussi appliquée avec ta bouche que dans tes beaux quartiers de Strasbourg.
Le défi était jeté, et l'envie frénétique de lui plaire, de lui prouver que son fils ne m'offrait rien de comparable, prit le dessus sur toute hésitation.
Avancée vers son bassin, je tendis mes deux mains tremblantes pour saisir la base de sa verge chaude et palpitante. La peau était tendue, lisse, brûlante. Je penchai le visage et posai la pointe de ma langue sur le sommet de son gland, recueillant une première goutte perlée de désir. Un frisson parcourut la carrure de Marc, suivi d'un léger grognement d'approbation.
Encouragée par ce signe, j'entrouvris les lèvres et englobai la tête de son sexe. Ma langue entreprit un travail méticuleux, contournant le sillon de sa verge, léchant le frein avec une sensualité appliquée. Je descendis lentement le long du tronc, offrant ma gorge, faisant glisser mes lèvres bordées de salive d'un mouvement fluide et cadencé. Je m'appliquai à lui offrir tout ce que ma bouche pouvait donner : la chaleur de mon palais, la douceur de ma langue, le rythme régulier d'une femme qui veut faire capituler un homme.
Soudain, Marc posa l'une de ses mains sous mon menton et me força brutalement à redresser le visage.
— Regarde-moi dans les yeux, Éléonore, ordonna-t-il d'une voix basse et coupante. Ouvre grand tes yeux et regarde-moi. Je veux que tu me regardes bien en face pour mesurer la petite traînée que tu es. Dis-moi... tu aimes ça ? Tu aimes sucer le père de ton fiancé dans la pénombre pendant que ton mec attend sagement là-haut qu'on lui remonte son verre ?
Le rouge me monta au visage. Les larmes me montèrent aux yeux sous l'effet de l'humiliation, mais mon corps réagit par un spasme de plaisir au fond de mes entrailles.
— Oui Marc... oui..., murmurai-je, la bouche encore humide de sa verge.
— Dis-le plus fort. Tu aimes être ma chienne ?
— Oui... j'aime ça...
— Alors reprends-la, salope.
Il me relâcha le menton. Je me replongeai sur sa verge avec un empressement renouvelé, léchant le tronc avec une avidité soumise, complètement grisée par le sentiment de ma propre déchéance. Pendant plusieurs minutes encore, il me laissa mener le jeu, savourant ma technique et l'empressement frénétique que je mettais à l'honorer.
Mais la patience du prédateur avait ses limites.
Soudain, Marc laissa tomber ses bras. Ses mains larges se posèrent sur ma tête, ses doigts s'agrippant fermement à ma chevelure brune pour désorganiser mon chignon en un geste brutal. Il reprit totalement le contrôle de la situation.
— C'est bien, mais maintenant tu vas la prendre comme il faut, grogna-t-il d'une voix rauque.
Il cessa de me laisser imposer le rythme. D'une poussée sèche et autoritaire de son bassin, il m'enfonça sa verge tout au fond de la gorge.
Un hoquet étouffé m'échappa. Mes yeux se remplirent de larmes réflexes alors que le gland heurtait le fond de mon palais. Marc ne ralentit pas. Il imprima un va-et-vient violent, brutal, utilisant ma bouche comme un étui sexuel. Mes mains s'agrippèrent désespérément à ses cuisses massives pour garder l'équilibre tandis qu'il me martelait la gorge d'un rythme d'une puissance incontrôlable.
À chaque poussée profonde, son bassin percutait mon visage. L'odeur de son sexe, de sa sueur et le goût amer de sa peau m'envahissaient entièrement. Il m'imposait une cadence effrénée, me noyant sous sa domination brute, pulvérisant le moindre reste de ma retenue strasbourgeoise. Je n'étais plus qu'un objet d'assouvissement entre ses mains, et cette réalisation déclenchait dans mon bas-ventre des spasmes de plaisir d'une violence inouïe.
Le rythme devint saccadé, furieux. La respiration de Marc se transforma en un râle puissant de mâle sur le point de rompre. Ses doigts crispés dans mes cheveux me maintenaient le visage collé à son pubis.
Il s'enfonça une ultime fois au plus profond de ma gorge, verrouillant sa prise sur ma tête.
— Avale tout, petite salope ! rugit-il à mi-voix, sa formule crue claquant comme une sentence dans le silence du cellier. Avale bien tout mon foutre, montre-moi quelle petite traînée tu es sous tes grands airs de fille bien élevée !
Au même instant, la première giclée de sa semence, brûlante, abondante, jaillit directement dans le fond de ma gorge.
L'impact de son jet chaud déclencha chez moi un réflexe de déglutition immédiat. Je n'eus pas une seconde de recul. J'avalai sa première charge avec une voracité honteuse, ressentant la pulsation continue de sa verge entre mes lèvres tandis qu'une seconde, puis une troisième rasade venaient inonder ma langue et le coin de ma bouche.
Marc maintenait sa verge enfoncée, profitant de la contraction de mes lèvres et de ma gorge qui pompaient son éjaculation jusqu'à la dernière goutte. Il laissa échapper un long soupir guttural, le corps secoué par un frisson de libération totale, avant de relâcher doucement la pression de ses mains sur ma tête et de se retirer.
Je restai là, agenouillée sur la terre battue, le souffle court, les yeux mouillés de larmes, un mince filet de son sperme brillant au coin de mes lèvres.
Marc rajusta son pantalon avec un calme olympien, remontant sa fermeture éclair comme s'il venait de terminer une tâche ordinaire. Il se pencha vers moi, passa son pouce sur mon menton pour essuyer la trace de sa semence, puis le porta à ses propres lèvres pour le lécher avec un clin d'œil insolent.
— Debout, la petite. Il faut qu'on remonte.
Je me relevai, les jambes flageolantes, obligée d'avaler une dernière fois pour nettoyer ma bouche. Mes mains tremblaient tandis que je rabattais ma robe en lin, tachée de poussière aux genoux. Dans la pénombre, je rajustai rapidement mon chignon défait et essuyai mes lèvres du revers de ma main. Le goût chaud, amer et puissant de son éjaculation tapissait ma gorge, impossible à effacer.
Marc s'approcha d'un casier, attrapa deux bouteilles de rosé fraîches et une bouteille de rouge poussiéreuse, puis m'en tendit deux.
— Tiens. Porte ça. Et essaie d'avoir l'air d'une sage fiancée devant mon fils... alors que t'as encore mon foutre au fond de la gorge et le bas-ventre en deuil.
Je pris les bouteilles fraîches contre ma poitrine. Le verre glacé contre le tissu moite de ma robe me fit tressaillir, mais le feu qui brûlait dans mon bas-ventre ne s'éteignit pas.
Marc s'engagea le premier dans l'escalier de pierre. Je le suivis, marche après marche, le cœur cognant dans mes tempes, la bouche encore imprégnée du secret le plus lourd et le plus délicieux de ma vie.
Lorsque Marc poussa la lourde porte en chêne, la lumière aveuglante du rez-de-chaussée nous submergea.
Thomas était là, dans le couloir, un grand sourire aux lèvres.
— Ah, vous voilà ! s'écria-t-il en s'avançant vers nous. Vous en avez mis du temps, j'allais descendre vous chercher !
Il me prit les deux bouteilles de rosé des mains. Ses yeux se posèrent un instant sur mon visage, sur mes joues écarlates et ma respiration encore saccadée.
— Ça va, Élé ? T'es toute rouge et t'as le souffle court... Les caisses étaient si lourdes que ça en bas ?
— Oui..., réussis-je à articuler, la voix un peu rauque, n'osant pas trop ouvrir la bouche de peur qu'il n'y sente l'odeur de son père. Il y avait des casiers coincés... et le changement d'air m'a un peu saisie.
— Faut laisser mon père porter le plus lourd, sourit Thomas en me déposant un baiser distrait sur la tempe. Allez, viens sur la terrasse, le déjeuner est prêt.
Derrière lui, Marc repassa à côté de moi pour rejoindre la cuisine, me frôlant le coude au passage. Il ne me jeta pas un seul regard, mais son silence en disait long. Le pacte n'était plus seulement scellé : il était désormais consommé.
Je me glissai hors du matelas sans faire le moindre bruit, pieds nus sur le carrelage encore tiède de la chambre. La pièce étouffait sous une chaleur stagnante, lourde de notre nuit.
Dans la salle de bain adjacente, je fermai la porte sur nous et tournai le robinet de la douche. L'eau fraîche fut un choc salvateur. Sous le jet, je me frottai la peau avec une frénésie presque hygiénique, utilisant le savon à l'huile d'olive mis à disposition jusqu'à ce que ma peau en grince. Je voulais tout effacer : la sueur poisseuse de la nuit, l'odeur de Thomas, et surtout cette moiteur tiède qui avait coulé le long de mes cuisses au milieu de l'obscurité. Chaque goutte d'eau qui s'évaporait sur mon corps semblait emporter une parcelle du mensonge que j'avais exécuté sur l'oreiller.
Devant le miroir en buée, je scrutai mon reflet. Mes yeux battus trahissaient ma nuit blanche, mais mes traits conservaient cette régularité calme que ma mère m'avait appris à arborer en toute circonstance.
Pour m'habiller, je puisai avec soin dans ma valise, cherchant mon armure. J'optai pour une robe en lin beige clair, d'une coupe irréprochable et sobre : une encolure haute, des petites manches couvrantes, une rangée de boutons de nacre sur le devant et un tombé droit qui s'arrêtait juste sous les genoux. C'était la tenue idéale pour une jeune femme de bonne famille en vacances dans le Sud — décente, élégante, préservant la pudeur. J'attachai mes cheveux bruns en un chignon bas, lissé, maintenant chaque mèche rebelle sous des épingles discrètes.
Ainsi parée de mes codes strasbourgeois, je me sentais de nouveau protégée.
Je descendis l'escalier à pas de loup pour ne pas réveiller la maison. Mais en arrivant au rez-de-chaussée, une odeur puissante d'espresso fraîchement coulé m'accueillit.
Marc était là.
Il se tenait debout près du plan de travail de la cuisine, une tasse en céramique coincée entre ses larges doigts. Contrairement à l'image du vigneron débraillé de la veille, il était déjà douché, rasé de près, exhalant une odeur saisissante de savon à la lavande, de vétiver et de café fort. Il portait un polo sombre qui moulait la carrure massive de ses épaules et un pantalon de toile claire. Ses cheveux poivre et sel, encore légèrement humides, étaient coiffés en arrière.
Quand j'entrai, ses yeux noirs se posèrent immédiatement sur moi. Son regard, perçant et dénué de la moindre timidité matinale, me balaya de la tête aux pieds avec une lenteur calculée.
— Tiens, la petite Alsacienne est tombée du lit, lâcha-t-il d'une voix grave, nettoyée des brumes de l'alcool de la veille.
— Bonjour Marc, répondis-je en m'efforçant d'adopter un ton fluide et poli. Je ne voulais réveiller personne.
Il posa sa tasse sur le comptoir et s'approcha de quelques pas. Son ombre immense se découpa dans la lumière dorée qui traversait la baie vitrée. Il s'arrêta à moins d'un mètre de moi, croisant les bras sur sa poitrine. Un petit sourire amusé étira le coin de ses lèvres.
— Tu vas crever de chaud là-dedans, Éléonore, dit-il en désignant ma robe d'un mouvement du menton. Et le lin clair au soleil du Sud... c'est un piège. Tu devrais aller mettre un truc plus léger, qui te laisse respirer.
La remarque, directe et sans détour, me fit monter une légère rougeur aux joues. Mais ma fierté bourgeoise reprit immédiatement le dessus. Il n'allait pas me dicter ma conduite ni régenter ma garde-robe dès le réveil.
— Je vous remercie, Marc, répliquai-je en maintenant un sourire diplomatique impeccable. Le lin est une matière naturelle très respirante. Je vous assure que cette tenue est parfaitement confortable.
Marc laissa échapper un petit rire sourd, un grognement amusé qui fit vibrer sa poitrine.
— Si tu le dis, ma fille, ironisa-t-il avec un clin d'œil insolent. Enfin, puisque t'es debout et parée pour la messe, tu vas venir avec moi. Je descends au marché du village prendre de quoi faire le déjeuner. Thomas dort comme un sonneur, de toute façon.
C'était formulé comme une invitation, mais la présence de Marc ne laissait aucune place au refus. Et au fond de moi, l'idée de quitter cette maison étouffante et d'échapper à la perspective d'un réveil gênant avec Thomas l'emporta sur la prudence.
— D'accord, dis-je. Laissez-moi juste prendre mon sac.
Cinq minutes plus tard, nous étions installés dans son 4x4. Le moteur rugit doucement tandis que nous franchissions le portail de la propriété. L'air chaud du matin s'engouffrait déjà par les vitres baissées, apportant avec lui les senteurs de terre cuite et de pin. À côté de moi, Marc conduisait d'une seule main posée au sommet du volant, l'autre coude appuyé sur la portière. Sa stature imposante occupait tout l'espace de l'habitacle.
Nous n'avions pas parcouru deux kilomètres que Marc jeta un coup d'œil de profil vers moi. Son visage affichait une sérénité presque dérangeante.
— Dis-moi, la petite... la cloison est fine, tu sais, lâcha-t-il sans se départir de son ton calme et rocailleux. J'ai bien entendu mon fils pousser ses grands cris de coq hier soir pour se prouver qu'il existe. Mais toi... pas un souffle. Tu te retenais par politesse ou il ne sait vraiment pas s'y prendre ? Parce qu'avec un vrai mec, c'est la fille qu'on entend chanter, pas le sommier.
Les mots claquèrent dans l'habitacle avec la violence d'une gifle. Mon sang se glaça d'un coup. Mes mains se crispèrent sur les anses de mon sac à main au point que mes articulations en devinrent blanches. Ma gorge se noua, incapable de laisser passer le moindre son. L'attaque était si directe, si dénuée de la moindre pudeur, qu'elle pulvérisait d'un seul coup toutes les règles de bienséance dans lesquelles j'avais été élevée.
Il savait. Il avait tout entendu. Il avait deviné la mascarade de Thomas et mon silence subalterne.
Je gardai les yeux fixés sur le pare-brise, le visage brûlant d'une honte cuisante. Marc ne chercha pas à enfoncer le clou. Il laissa sa phrase flotter dans l'air tiède de la voiture, esquissant simplement un léger sourire en coin tout en rétrogradant pour aborder le virage qui menait au village. Ce silence pesant en disait plus long que n'importe quelle autre provocation.
Le marché du village s'étalait sur la place centrale, sous l'ombre mouvante de platanes centenaires. C'était un dédale coloré et bruyant, saturé de senteurs d'épices, de melons mûrs, d'olives noires et de fromage de chèvre.
Dès que nous sortîmes du 4x4, la chaleur de milieu de matinée nous frappa. Le soleil provençal, déjà haut, dardait ses rayons de plomb sur les étals.
— Reste pas à la traîne, me lança Marc en s'engageant dans la foule.
Il évoluait là en terrain conquis. Tous les trois mètres, un commerçant ou un habitant lui lançait un salut chaleureux, auquel il répondait d'un signe de tête souverain ou d'une plaisanterie gouailleuse. Pour éviter que la foule ne me sépare de lui, Marc tendit le bras.
Sa main large, lourde et tiède se posa naturellement dans le bas de mon dos.
Le contact transperça le tissu de ma robe. Sa paume épousait la courbure de mes reins avec une fermeté possessive pour me guider entre les étals. À chaque pas, la pression de ses doigts m'incitait à m'avancer, son corps massif frôlant le mien dans les allées étroites.
C'est alors que le piège annoncé par Marc commença à se refermer.
Sous ce soleil de plomb, étouffée par la tension nerveuse que la remarque de Marc avait allumée en moi, ma température corporelle grimpa en flèche. Malgré mes efforts désespérés pour garder une contenance altière, mon corps réagit à la canicule ambiante. Une fine pellicule de transpiration se mit à perler à la naissance de mes cheveux, puis glissa lentement le long de ma colonne vertébrale.
Le tissu léger de ma robe en lin beige se gorgea de cette moiteur.
En quelques minutes, le lin, d'ordinaire rigide et structuré, perdit toute tenue. Le vêtement sage que j'avais choisi comme un bouclier se mit à coller à ma peau, se transformant en une seconde peau traîtresse.
L'étoffe mouillée se plaqua contre la cambrure de mes reins sous la main de Marc. Pire encore, au niveau de ma poitrine, le lin devenait légèrement translucide sous la lumière crue du Sud. L'ombre sombre de la dentelle de mon soutien-gorge et le relief durci de mes tétons — stimulés par la chaleur et le trouble — se dessinaient désormais en transparence sous le tissu.
Je le réalisai en jetant un coup d'œil vers le bas. L'horreur me traversa : ma robe de "fille bien élevée" venait de se muer en un vêtement provocant et follement évocateur.
Marc s'arrêta devant l'étal d'un traiteur réputé. Ses yeux glissèrent sur moi, s'attardant sur mon buste et sur la façon dont le tissu humide moulait désormais la finesse de ma taille. Il ne dit rien. Il se contenta de me décocher un petit sourire connaisseur, un regard lourd de triomphe qui me fit comprendre qu'il avait tout vu.
Je te l'avais dit. Le message était limpide, sans qu'il ait eu besoin de prononcer un seul mot.
— Salut Marco ! tonna le charcutier en nous dévisageant avec un grand sourire complice. Dis donc, tu te refuses rien ! C'est ta nouvelle petite conquête ? Elle est magnifique !
Le sang me glaça les veines. Mon éducation strasbourgeoise me criait d'intervenir, de corriger immédiatement ce commerçant, de déclarer haut et fort : « Non, vous vous méprenez, je suis la compagne de son fils ! »
Mais la bienséance, la terreur de créer un scandale public en plein marché et le souvenir encore cuisant des mots de Marc dans la voiture me verrouillèrent la mâchoire. Faire une scène ici aurait été d'une vulgarité suprême. Je restai pétrifiée, le visage brûlant.
Marc, lui, ne fit rien pour démentir. Au contraire.
Il resserra sa prise sur ma taille, m'attirant doucement contre son flanc. Son épaule massive percuta la mienne, et le parfum de sa peau douchée mêlé à la chaleur du soleil m'enveloppa.
— Tu sais bien que j'ai toujours eu du goût, Marcel, répondit Marc d'un ton charmeur et mystérieux, en jetant un coup d'œil appuyé sur ma poitrine en transparence. On prend ce qu'il y a de meilleur dans la région.
Le commerçant laissa échapper un rire admiratif et nous servit avec un empressement presque servile.
Pendant toutes les courses, le scénario se répéta. Chez le primeur, chez le fromager, Marc entretint délibérément le flou. Il me présentait implicitement comme sa compagne d'un jour, me touchant la taille, glissant parfois ses doigts sur mon épaule nue pour écarter une mèche de cheveux tombée de mon chignon effiloché par la moiteur.
Et moi, la jeune femme polie et rangée, je me taisais. Je souriais bêtement, la tête basse, incapable de rompre le charme vénéneux qui s'installait.
Pour tout le village, j'étais la jeune maîtresse de ce quinquagénaire imposant. L'objet de son désir, la jeune proie qu'il exhibait fièrement à son bras.
Cette fausse identité, imposée par la malice de Marc et scellée par mon propre silence, commença à opérer une mutation terrifiante dans mon esprit. La honte d'être prise pour une fille facile se mêlait à une sensation physique d'une intensité inouïe. Le contact de sa main large sur ma robe trempée, le regard des gens qui m'évaluaient comme la femme d'un mâle alpha, et la certitude que Thomas dormait toujours gentiment dans sa chambre à quelques kilomètres de là... tout cela provoquait une onde de chaleur poisseuse au plus profond de mon bas-ventre.
Mon corps, traître, répondait à la mascarade.
Quand nous revînmes enfin au 4x4, les bras chargés de sachets odorants, la température dans l'habitacle était volcanique. Marc posa les sacs sur la banquette arrière, puis se tourna vers moi avant de démarrer.
Ses yeux sombres scrutaient mon visage rougi, descendant le long de mon cou où une goutte de sueur traçait un sillon brillant jusqu'à la naissance de mes seins, bien visible sous le lin devenu presque transparent.
— Alors, la petite Alsacienne..., murmura-t-il, sa voix grave vibrant dans l'espace restreint de la cabine. Tu vois qu'il faisait chaud dans le Sud.
Je soutins son regard, incapable de formuler la moindre réplique cinglante. Le masque de la compagne parfaite s'était effrité sous le soleil du marché. Il savait désormais que sa proximité m'affectait, qu'il m'avait percée à jour, et je savais qu'il l'avait compris.
En silence, il passa la première et relança le véhicule sur la route de la villa, laissant derrière nous le marché et scellant la première étape d'un pacte clandestin dont je ne pourrais plus jamais me défaire.
Le retour du marché s'effectua dans un silence électrique. Assise sur le siège passager du 4x4, je gardai les yeux fixés sur la route serpentant entre les pins. Le tissu en lin de ma robe, imbibé par la chaleur et la moiteur de la matinée, collait à ma peau comme une seconde peau traîtresse. À chaque virage, le parfum de vétiver et de savon à la lavande de Marc emplissait la cabine. Je sentais son regard s'attarder de temps à autre sur ma poitrine transparente et mes cuisses gainées par l'étoffe mouillée, mais il ne dit plus un mot. Il n'en avait plus besoin : sa formule dans la voiture et sa démonstration d'autorité au marché avaient scellé son emprise.
Lorsque le véhicule se gara sur les graviers blancs de la villa, le contraste fut immédiat.
Thomas nous attendait sur la terrasse, un verre de jus d'orange à la main, vêtu d'un simple short de bain et le torse nu. Il arborait ce sourire rayonnant des hommes qui ont bien dormi, persuadé d'avoir accompli un exploit la nuit précédente.
— Vous voilà enfin ! s'exclama-t-il en descendant les marches pour nous rejoindre. Je me demandais où vous étiez passés.
— Tu dormais comme une masse, mon grand, tonna Marc en attrapant les cabas chargés de victuailles sur la banquette arrière. On a été faire les vraies courses pour le déjeuner.
Thomas s'approcha de moi, déposa un baiser tendre sur ma joue et passa un bras autour de ma taille. Il ne remarqua même pas la moiteur de mon col, ni la façon dont ma robe en lin épousait mes formes de manière si peu équivoque. Pour lui, j'étais simplement sa fiancée strasbourgeoise un peu échauffée par le soleil du Sud.
— Tu as une mine superbe, Éléonore, chuchota-t-il à mon oreille. Le grand air du marché te réussit.
Une bouffée de culpabilité me serra la gorge. Si seulement il savait ce que son père venait de me faire subir du regard et de la voix...
Dans la cuisine, Chloé était adossée au comptoir, un café froid à la main. Ses yeux sombres balayèrent mon visage rougi et ma tenue ajustée par la sueur. Son regard s'attarda un quart de seconde de trop sur la main de Marc qui frôlait la mienne en posant les sacs. Elle ne dit rien, mais ses narines se pincèrent. Sa jalousie silencieuse n'était plus une intuition : c'était une certitude.
— Bon, c'est pas le tout, lâcha Marc en s'essuyant le front du revers de la main. Avec ce qu'on a pris chez le charcutier, il nous faut des bonnes bouteilles. Je vais descendre au cellier chercher du rosé bien frais et un vieux rouge. Éléonore, viens m'aider à porter ça, tes petites mains seront plus utiles que celles de ton fiancé.
— Je peux descendre si tu veux, Papa, proposa Thomas avec une serviabilité naïve.
— Laisse, tu vas te perdre dans mes casiers, le coupa Marc d'un ton sans réplique. Viens, la petite.
Thomas me décocha un petit sourire encourageant, m'incitant d'un signe de tête à obéir à son père pour maintenir la bonne humeur générale. Je n'avais aucune excuse pour refuser sans paraître ridicule ou craintive. Mon cœur se mit à battre à un rythme affolant dans ma poitrine.
J'emboîtai le pas à Marc.
Nous traversâmes le couloir du rez-de-chaussée jusqu'à une lourde porte en chêne massif garnie de ferronneries. Marc l'ouvrit et s'engagea le premier dans l'escalier en pierre brute qui s'enfonçait sous la maison. Je le suivis, descendant marche après marche vers l'obscurité.
Dès que la porte de bois se referma au-dessus de nous, étouffant les bruits de la maison, le climat changea radicalement.
La chaleur étouffante de la journée s'effaça instantanément, remplacée par la fraîcheur voûtée et humide du sous-sol. L'air sentait la pierre antique, le salpêtre, la poussière et le chêne imprégné de vin. Mais ce changement thermique fut un piège : au contact de l'air frais du cellier, la fine pellicule de sueur qui imbibait ma robe en lin beige se refroidit brusquement.
Un frisson violent parcourut toute ma colonne vertébrale. Mes tétons, déjà sensibles, se durquirent à l'extrême sous la dentelle de mon soutien-gorge, pointant douloureusement contre le tissu humide.
Au bas des marches, la seule lumière provenait d'une ampoule à filament jaune suspendue à un fil dénudé, jetant des ombres étirées sur les alignements infinis de bouteilles couchées dans des casiers en pierre.
Marc s'arrêta au milieu de la pièce. Il se retourna lentement. Dans cette pénombre dorée, sa carrure semblait encore plus imposante, bloquant toute possibilité de fuite vers l'escalier.
— C'est plus frais ici, hein ? murmura-t-il, sa voix grave résonnant doucement contre les voûtes.
— Oui..., répondis-je dans un souffle, la gorge sèche.
Il n'alla pas vers les casiers à vin. Il fit trois pas délibérés vers moi. La terreur d'être surprise par Thomas, qui se tenait quelques mètres seulement au-dessus de nos têtes, se mêla à une attente fiévreuse qui me paralysait les jambes. Je ne bougeai pas. Je le laissai s'approcher jusqu'à ce que son torse effleure le mien.
Sans la moindre hésitation, il plaqua sa main large et chaude contre ma taille, m'entraînant vers l'arrière jusqu'à ce que mon dos percute la pierre fraîche d'un casier à vin. Le contact du rocher froid à travers ma robe trempée me fit pousser un hoquet silencieux.
Marc s'avança alors, calant sa cuisse puissante et lourde directement entre mes jambes. L'odeur de sa peau, de sa sueur masculine et du vétiver m'envahit le visage.
— Non Marc... arrête..., murmurai-je d'une voix tremblante, presque inaudible.
Mes mains vinrent se poser contre son torse massif dans un réflexe de pudeur désespéré pour le repousser, mais mes doigts manquaient totalement de force, s'enfonçant à peine dans le coton sombre de son polo. Je voulais lutter, la morale, mon éducation et la présence de Thomas au-dessus de nous me criaient de m'enfuir. Mais mon corps, traître absolu, refusait d'obéir à ma conscience. Sous la pression ferme, chaude et autoritaire de sa cuisse qui s'insinuait entre mes genoux, mes jambes s'écartèrent d'elles-mêmes. Elles s'ouvrirent à lui pour lui céder le passage, débridant ma posture.
Un sourire en coin apparut sur le visage de Marc en sentant cette capitulation physique.
Sa main glissa le long de mes flancs, remontant la toile moite de ma robe jusqu'à l'ourlet. Ses doigts calleux attrapèrent le tissu beige et le soulevèrent sans ménagement, dénudant mes cuisses au grand air du cellier.
Sa paume massive s'enfonça sous l'étoffe, remontant le long de ma peau laiteuse jusqu'à rencontrer la dentelle fine de ma culotte.
Au moment où ses doigts bifurquèrent pour plaquer sa main directement contre mon entrejambe, il s'arrêta. Il s'enfonça dans l'intimité de mon tissu. La culotte était détrempée. Mon corps, depuis le marché, sous l'effet de sa voix, de son regard et de la honte de la nuit dernière, avait sécrété une humidité abondante et chaude qui imbibait la dentelle.
— Non..., chuchotai-je une toute dernière fois, un refus de façade expiré dans un souffle sans force, dépourvu de la moindre conviction.
Le sourire de Marc se fit carnassier, lourd d'un triomphe absolu. Il ankylosa ma fente de sa paume, appuyant fermement sur mon clitoris gorgé de sang, faisant glisser sa main dans ma propre moiteur.
— Regarde-moi ça..., murmura-t-il, sa voix rocailleuse vibrant tout près de mes lèvres. Ça fait la fille de bonne famille devant mon fils, mais sous la robe t'as la chatte en feu. T'es inondée, Éléonore. Alors ferme-la avec tes 'non Marc' et assume.
Les mots tombèrent sur moi avec la force d'un verdict irrévocable. La honte me brûla le visage, une honte immense, dévorante. Il avait raison. Mon corps ne mentait pas. Mes « non » murmurés n'étaient que des fétus de paille face au raz-de-marée qui submergeait mon bas-ventre. Je ne luttais plus. Au fond de moi, je consentais à chaque millimètre de cette invasion. Je voulais cette soumission. Je voulais que cet homme mûr et brut me traite exactement pour ce que mon corps révélait qu'il était : une femme assoiffée de son emprise.
— Oui..., soufflai-je malgré moi, mes paupières se fermant sous la décharge de plaisir que ses doigts provoquaient en frictionnant ma dentelle trempée.
— C'est bien, la petite, acquiesça-t-il. Tu comprends vite.
Il retira brusquement sa main de sous ma robe, me laissant le bas-ventre en deuil, haletante contre la pierre. D'un geste fluide et d'une assurance totale, il dégrafa son pantalon de toile claire et abaissa sa fermeture éclair.
Son sexe en érection jaillit dans la pénombre, massif, épais, chaud, d'une envergure qui n'avait rien à voir avec celle de Thomas. C'était l'attribut d'un mâle dominant, prêt à prendre ce qui lui revenait.
Marc posa une main lourde sur mon épaule droite, appuyant vers le bas avec une fermeté tranquille.
— À genoux.
Je n'hésitai pas une seule seconde. Le vertige de l'obéissance me submergea. Mes genoux quittèrent le sol de pierre et se posèrent sur la terre battue et fraîche du cellier, devant lui. Ma robe en lin beige s'étala dans la poussière.
Ici, à quatre pattes devant le père de mon fiancé, la tête à la hauteur de son bassin, le sentiment de ma propre déchéance m'offrit une extase psychologique d'une puissance inouïe. Je relevai les yeux vers lui. Marc me contemplait d'en haut, les bras croisés sur son polo, l'air souverain.
— Montre-moi ce que tu sais faire, la petite, lâcha-t-il avec un rictus amusé. Fais voir si t'es aussi appliquée avec ta bouche que dans tes beaux quartiers de Strasbourg.
Le défi était jeté, et l'envie frénétique de lui plaire, de lui prouver que son fils ne m'offrait rien de comparable, prit le dessus sur toute hésitation.
Avancée vers son bassin, je tendis mes deux mains tremblantes pour saisir la base de sa verge chaude et palpitante. La peau était tendue, lisse, brûlante. Je penchai le visage et posai la pointe de ma langue sur le sommet de son gland, recueillant une première goutte perlée de désir. Un frisson parcourut la carrure de Marc, suivi d'un léger grognement d'approbation.
Encouragée par ce signe, j'entrouvris les lèvres et englobai la tête de son sexe. Ma langue entreprit un travail méticuleux, contournant le sillon de sa verge, léchant le frein avec une sensualité appliquée. Je descendis lentement le long du tronc, offrant ma gorge, faisant glisser mes lèvres bordées de salive d'un mouvement fluide et cadencé. Je m'appliquai à lui offrir tout ce que ma bouche pouvait donner : la chaleur de mon palais, la douceur de ma langue, le rythme régulier d'une femme qui veut faire capituler un homme.
Soudain, Marc posa l'une de ses mains sous mon menton et me força brutalement à redresser le visage.
— Regarde-moi dans les yeux, Éléonore, ordonna-t-il d'une voix basse et coupante. Ouvre grand tes yeux et regarde-moi. Je veux que tu me regardes bien en face pour mesurer la petite traînée que tu es. Dis-moi... tu aimes ça ? Tu aimes sucer le père de ton fiancé dans la pénombre pendant que ton mec attend sagement là-haut qu'on lui remonte son verre ?
Le rouge me monta au visage. Les larmes me montèrent aux yeux sous l'effet de l'humiliation, mais mon corps réagit par un spasme de plaisir au fond de mes entrailles.
— Oui Marc... oui..., murmurai-je, la bouche encore humide de sa verge.
— Dis-le plus fort. Tu aimes être ma chienne ?
— Oui... j'aime ça...
— Alors reprends-la, salope.
Il me relâcha le menton. Je me replongeai sur sa verge avec un empressement renouvelé, léchant le tronc avec une avidité soumise, complètement grisée par le sentiment de ma propre déchéance. Pendant plusieurs minutes encore, il me laissa mener le jeu, savourant ma technique et l'empressement frénétique que je mettais à l'honorer.
Mais la patience du prédateur avait ses limites.
Soudain, Marc laissa tomber ses bras. Ses mains larges se posèrent sur ma tête, ses doigts s'agrippant fermement à ma chevelure brune pour désorganiser mon chignon en un geste brutal. Il reprit totalement le contrôle de la situation.
— C'est bien, mais maintenant tu vas la prendre comme il faut, grogna-t-il d'une voix rauque.
Il cessa de me laisser imposer le rythme. D'une poussée sèche et autoritaire de son bassin, il m'enfonça sa verge tout au fond de la gorge.
Un hoquet étouffé m'échappa. Mes yeux se remplirent de larmes réflexes alors que le gland heurtait le fond de mon palais. Marc ne ralentit pas. Il imprima un va-et-vient violent, brutal, utilisant ma bouche comme un étui sexuel. Mes mains s'agrippèrent désespérément à ses cuisses massives pour garder l'équilibre tandis qu'il me martelait la gorge d'un rythme d'une puissance incontrôlable.
À chaque poussée profonde, son bassin percutait mon visage. L'odeur de son sexe, de sa sueur et le goût amer de sa peau m'envahissaient entièrement. Il m'imposait une cadence effrénée, me noyant sous sa domination brute, pulvérisant le moindre reste de ma retenue strasbourgeoise. Je n'étais plus qu'un objet d'assouvissement entre ses mains, et cette réalisation déclenchait dans mon bas-ventre des spasmes de plaisir d'une violence inouïe.
Le rythme devint saccadé, furieux. La respiration de Marc se transforma en un râle puissant de mâle sur le point de rompre. Ses doigts crispés dans mes cheveux me maintenaient le visage collé à son pubis.
Il s'enfonça une ultime fois au plus profond de ma gorge, verrouillant sa prise sur ma tête.
— Avale tout, petite salope ! rugit-il à mi-voix, sa formule crue claquant comme une sentence dans le silence du cellier. Avale bien tout mon foutre, montre-moi quelle petite traînée tu es sous tes grands airs de fille bien élevée !
Au même instant, la première giclée de sa semence, brûlante, abondante, jaillit directement dans le fond de ma gorge.
L'impact de son jet chaud déclencha chez moi un réflexe de déglutition immédiat. Je n'eus pas une seconde de recul. J'avalai sa première charge avec une voracité honteuse, ressentant la pulsation continue de sa verge entre mes lèvres tandis qu'une seconde, puis une troisième rasade venaient inonder ma langue et le coin de ma bouche.
Marc maintenait sa verge enfoncée, profitant de la contraction de mes lèvres et de ma gorge qui pompaient son éjaculation jusqu'à la dernière goutte. Il laissa échapper un long soupir guttural, le corps secoué par un frisson de libération totale, avant de relâcher doucement la pression de ses mains sur ma tête et de se retirer.
Je restai là, agenouillée sur la terre battue, le souffle court, les yeux mouillés de larmes, un mince filet de son sperme brillant au coin de mes lèvres.
Marc rajusta son pantalon avec un calme olympien, remontant sa fermeture éclair comme s'il venait de terminer une tâche ordinaire. Il se pencha vers moi, passa son pouce sur mon menton pour essuyer la trace de sa semence, puis le porta à ses propres lèvres pour le lécher avec un clin d'œil insolent.
— Debout, la petite. Il faut qu'on remonte.
Je me relevai, les jambes flageolantes, obligée d'avaler une dernière fois pour nettoyer ma bouche. Mes mains tremblaient tandis que je rabattais ma robe en lin, tachée de poussière aux genoux. Dans la pénombre, je rajustai rapidement mon chignon défait et essuyai mes lèvres du revers de ma main. Le goût chaud, amer et puissant de son éjaculation tapissait ma gorge, impossible à effacer.
Marc s'approcha d'un casier, attrapa deux bouteilles de rosé fraîches et une bouteille de rouge poussiéreuse, puis m'en tendit deux.
— Tiens. Porte ça. Et essaie d'avoir l'air d'une sage fiancée devant mon fils... alors que t'as encore mon foutre au fond de la gorge et le bas-ventre en deuil.
Je pris les bouteilles fraîches contre ma poitrine. Le verre glacé contre le tissu moite de ma robe me fit tressaillir, mais le feu qui brûlait dans mon bas-ventre ne s'éteignit pas.
Marc s'engagea le premier dans l'escalier de pierre. Je le suivis, marche après marche, le cœur cognant dans mes tempes, la bouche encore imprégnée du secret le plus lourd et le plus délicieux de ma vie.
Lorsque Marc poussa la lourde porte en chêne, la lumière aveuglante du rez-de-chaussée nous submergea.
Thomas était là, dans le couloir, un grand sourire aux lèvres.
— Ah, vous voilà ! s'écria-t-il en s'avançant vers nous. Vous en avez mis du temps, j'allais descendre vous chercher !
Il me prit les deux bouteilles de rosé des mains. Ses yeux se posèrent un instant sur mon visage, sur mes joues écarlates et ma respiration encore saccadée.
— Ça va, Élé ? T'es toute rouge et t'as le souffle court... Les caisses étaient si lourdes que ça en bas ?
— Oui..., réussis-je à articuler, la voix un peu rauque, n'osant pas trop ouvrir la bouche de peur qu'il n'y sente l'odeur de son père. Il y avait des casiers coincés... et le changement d'air m'a un peu saisie.
— Faut laisser mon père porter le plus lourd, sourit Thomas en me déposant un baiser distrait sur la tempe. Allez, viens sur la terrasse, le déjeuner est prêt.
Derrière lui, Marc repassa à côté de moi pour rejoindre la cuisine, me frôlant le coude au passage. Il ne me jeta pas un seul regard, mais son silence en disait long. Le pacte n'était plus seulement scellé : il était désormais consommé.
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Les avis des lecteurs
J'attendais la version corrigée avec impatience, et je ne suis pas déçu. C'est excellent, bravo!!
Superbe suite très bien écrite avec des précisions sur l'état d'âme d’Eleonor ton premier texte nous préparait à cette capitulation ou son corps prends le dessus sur son cerveau que dire de Marc un prédateur sans foi avec pour seule envie d’aservir la promise de son fils la rabaissant à l'état d'animal en chaleur . On devine la suite mais on l'attend car Eleonor autant ûe saillie son corps la réclame. Comment ce jeune couplé va t il se remettre ? Eleanor est maintenant une femme en attentte d'orgasme violents. Merci pour cette histoire très bien écrite avec tout ce qu’il faut pour faire participer et faire entrer le lecteur comme un témoin. Daniel
Ps heureux d'avoir eu cette suite en entier dans l'attente de la suivante sans doute explosive n'oublions pas Chloe
Ps heureux d'avoir eu cette suite en entier dans l'attente de la suivante sans doute explosive n'oublions pas Chloe
Waouh !!!!
J'adore !!!
En espérant une suite !!!
J'adore !!!
En espérant une suite !!!
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