Le train fantôme

- Par l'auteur HDS CDuvert -
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Récit libertin : Le train fantôme Histoire érotique Publiée sur HDS le 22-08-2026 dans la catégorie Entre-nous, hommes et femmes
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Le train fantôme
Temps de lecture ~ 7 minutes



D'habitude, je n'allume pas les clientes. Mais cette nuit-là, alors que je m'apprêtais à fermer le train fantôme de cette fête foraine défraîchie, j'ai vu s'approcher une apparition. Une jeune femme aux cheveux ondulés qui cascadaient sur ses épaules nues, vêtue d'une robe d'été qui épousait ses courbes avec une fidélité troublante. Sous le tissu léger, ses seins ronds dessinaient une promesse à chaque pas ; quand elle a souri, j'ai senti le sang refluer vers un endroit plus urgent que ma tête.

« Dernière tournée avant la fermeture, le dernier voyage est gratuit » lui ai-je lancé, désignant d'un geste mon attraction cabossée — le crâne en carton-pâte au-dessus du tunnel avait perdu un œil, les guirlandes clignotaient par intermittence. « Vous voulez tenter le diable ? »

Ses yeux ont pétillé d'une intensité qui m'a fait perdre mes moyens. Elle a hoché la tête, un sourire au coin des lèvres qui en disait plus long qu'une réponse.

Je l'ai aidée à s'installer dans le wagonnet — un vieux carrosse de pacotille tapissé de velours élimé, orné de chauves-souris en plastique et d'un dossier en forme de cercueil. Mes doigts ont effleuré sa cuisse en la guidant ; sa peau était douce, chaude sous mes paumes rugueuses. Je me suis glissé à côté d'elle sous prétexte de vérifier les harnais. En vérité, je voulais simplement rester dans son sillage, respirer ce parfum où se mêlaient des notes florales et quelque chose de plus animal.

Le wagonnet s'est ébranlé dans son grincement coutumier. L'obscurité nous a happés, trouée seulement par les guirlandes UV qui faisaient luire les squelettes peints sur les parois d'un bleu spectral. Sa respiration s'était accélérée. Quand un premier fantôme en tissu a surgi mollement de sa niche, elle a laissé échapper un rire clair qui a résonné contre les murs de carton-pâte, et ce rire a suffi à achever de me désarmer.

« Attention, ça secoue, » ai-je murmuré, posant ma main sur son genou.

Sa peau s'est embrasée sous mes doigts. Le wagonnet a pris un virage en grinçant, projetant nos épaules l'une contre l'autre dans le noir strié de lumière violette. Ma main a remonté lentement le long de sa cuisse, et elle s'est laissée faire, la tête légèrement renversée, offerte à cette obscurité complice où dansaient des ombres de chauves-souris en carton.

« J'ai toujours rêvé de rester ici plus longtemps que prévu, » ai-je chuchoté contre son oreille, dans l'odeur de ses cheveux.

Elle a tourné légèrement la tête vers moi, assez pour que son souffle vienne caresser ma joue. « Qu'est-ce qui t'en empêche ? » a-t-elle murmuré, et dans sa voix il y avait déjà une invitation, claire comme une porte qu'on laisse entrouverte.

Ma main s'est faite plus audacieuse. Du bout des doigts, j'ai continué à remonter le long de sa cuisse, lentement, lui laissant tout le loisir de m'arrêter. Elle n'en a rien fait. Au contraire, elle a légèrement écarté les jambes, un geste discret mais sans équivoque, et le tissu léger de sa robe a glissé un peu plus haut sous ma paume.

Un fantôme grinçant est passé au-dessus de nous, projetant une lumière verdâtre sur son visage — et j'ai vu qu'elle souriait, les yeux mi-clos, entièrement concentrée sur la sensation de mes doigts qui progressaient. « Continue, » a-t-elle soufflé, comme si le mot lui-même lui coûtait un effort, tant elle semblait déjà ailleurs.

Mes doigts ont atteint la lisière de sa culotte. J'ai marqué une pause volontaire, juste assez pour sentir sous le tissu la chaleur qui s’installait avant qu'elle ne pousse elle-même son bassin vers ma main — réponse plus éloquente que n'importe quel mot. Alors j'ai glissé sous la dentelle, découvrant une douceur déjà humide qui m'a arraché un souffle rauque.

« Là, » a-t-elle murmuré en guidant ma main d'une légère pression, « exactement là. »

Un frisson l'a parcourue tout entière. Sous mes doigts, la dentelle de sa culotte trahissait déjà l'humidité qui montait. Ses tétons pointaient sous le tissu fin de sa robe, et quand un squelette articulé a surgi en grinçant de la paroi, elle n'a même pas sursauté — trop occupée à se cambrer légèrement vers ma main.

« Ici ? » a-t-elle soufflé, la voix déjà changée.

Je n'ai pas répondu. J'ai fait glisser les bretelles de sa robe, découvrant ses seins dans la lueur bleutée d'un néon fluorescent qui clignotait au rythme d'une fausse tempête. Puis mes doigts sont revenus à sa chaleur, sa moiteur, et elle a gémi doucement — un son que le grincement des rails et les gémissements enregistrés de fantômes en boîte ont presque avalé.

« Tu es trempée, » ai-je murmuré, émerveillé plus qu'autre chose, en la caressant avec une lenteur qui la faisait onduler contre ma paume.

Elle a laissé échapper un souffle tremblant, ses hanches cherchant d'elles-mêmes le rythme de mes doigts. Un décor de crypte factice a défilé sur notre gauche, des toiles d'araignée en coton pendant du plafond bas, et dans cette parenthèse absurde et charmante — ce petit théâtre d'épouvante en toc — quelque chose de très réel se déployait entre nous.

Ses mains ont trouvé mon jean, l'ont ouvert avec une impatience douce. Quand ses doigts se sont refermés sur moi, j'ai dû fermer les yeux un instant, submergé par la sensation — la chaleur de sa paume, la précision presque tendre de ses gestes, contrastant avec la frénésie du décor qui nous encerclait de rires enregistrés et de grincements théâtraux.

« Viens, » ai-je dit simplement, l'attirant sur mes genoux.

Elle s'est installée à califourchon avec une grâce qui m’a coupé le souffle, ses cuisses de part et d'autre des miennes, son bassin cherchant le mien dans la pénombre mouvante. Quand elle s'est laissée descendre sur moi, lentement, je n'ai plus rien entendu du décor autour de nous — plus les grincements, plus les cris de fantômes en boucle — seulement sa respiration contre mon oreille, le frémissement de tout son corps qui s'ajustait au mien.

Le wagonnet a pris un virage, nous a projetés l'un contre l'autre, et ce hasard mécanique est devenu complice de nos mouvements. Elle ondulait d'abord avec lenteur, savourant chaque centimètre, puis plus vite à mesure que la tension montait entre nous — ses mains agrippées à mes épaules, son front contre le mien, son souffle de plus en plus court se mêlant au mien dans cet espace confiné et absurde, sanctuaire dérisoire où dansaient des ombres de vampires en plastique.

Autour de nous, le décor continuait son théâtre dérisoire — une momie qui pivotait en grinçant sur son axe, une lumière stroboscopique qui simulait l'orage dans un coin du tunnel — mais tout cela s'était éloigné, comme reculé derrière une vitre. Il ne restait que la texture de sa peau sous mes mains, la façon dont ses hanches trouvaient d'instinct l'angle exact qui nous faisait, à chaque mouvement, retenir notre souffle ensemble.

Je sentais chaque frisson qui la parcourait, chaque contraction qui montait en elle par vagues de plus en plus rapprochées. Son corps racontait ce qu'elle ne disait plus — les mots avaient cédé la place à de petits gémissements sourds, à ce rythme de son bassin qui se faisait plus insistant, presque désordonné. Ses ongles se sont enfoncés légèrement dans mes épaules, et j'ai su, à cette pression-là, qu'elle n'était plus très loin.

Elle a resserré ses bras autour de mon cou, cambré les reins, et j'ai senti l'instant précis où le plaisir l'a submergée — un long frémissement qui a couru de ses cuisses jusqu'à ses épaules, un souffle coupé qu'elle a laissé échapper contre ma bouche. Son sexe s'est resserré autour de moi par vagues successives, chacune plus intense que la précédente, et elle a continué de bouger, lentement, comme pour étirer cette sensation jusqu'à ses derniers retranchements, refusant de la laisser s'éteindre trop vite.

Elle a laissé échapper un rire tremblant contre mon oreille, ce rire particulier qui suit l'abandon complet, et a murmuré quelque chose d'inintelligible avant de reposer son front contre le mien, cherchant son souffle. Sa peau, sous mes paumes, était brûlante, parcourue encore de petits soubresauts involontaires — les dernières ondes d'un plaisir qui refusait de s'éteindre tout à fait.

C'est à ce moment précis que le wagonnet, comme s'il avait attendu ce signal, a ralenti dans une portion plus sombre du tunnel — un renfoncement où le mécanisme semblait marquer une pause avant d'amorcer le prochain décor. Le grincement des rails s'est tu presque entièrement. Pour quelques secondes suspendues, il n'y a plus eu ni virage ni secousse, seulement l'obscurité totale et nos deux corps encore emmêlés, immobiles l'un dans l'autre.

Dans ce silence mécanique, tout a semblé ralentir. Je sentais chaque battement de son cœur contre ma poitrine, chaque frémissement résiduel qui parcourait encore ses cuisses refermées sur les miennes. Elle a bougé une dernière fois, avec une lenteur presque cérémonieuse, comme si elle avait deviné que ce silence nous appartenait tout entier.

Cette lenteur-là a suffi à m'emporter. La tension qui montait en moi depuis de longues minutes a cédé d'un coup, se répandant en une longue vague qui a semblé, elle aussi, épouser l'immobilité du wagonnet arrêté. Le temps s'est distendu — quelques secondes à peine, mais qui m'ont paru infinies, un vertige chaud qui montait de mes reins et se répandait jusque dans mes tempes. J'ai enfoui mon visage contre son épaule, retenant un grondement sourd, tandis que tout mon corps se libérait en elle dans un dernier frisson interminable.

Elle a resserré ses bras autour de moi, accueillant mes fluides dans un abandon total, et nous sommes restés ainsi, soudés, pantelants, dans ce bref intervalle où le parc entier semblait avoir retenu son souffle avec nous. Puis, quelque part au-dessus de nos têtes, un mécanisme a grincé de nouveau — un fantôme relançant sa ronde, un néon clignotant — et le wagonnet a repris sa course en cahotant doucement, comme s'il nous rendait, à regret, au reste du mond

Le tunnel s'achevait ; au loin, on devinait déjà la faible lueur de la sortie, l'arche peinte d'un dragon crachant des flammes en carton. Il ne nous restait que quelques secondes d'obscurité.

Nous sommes demeurés un instant immobiles, riant doucement de notre propre essoufflement, tandis que le wagonnet ralentissait vers la sortie. Elle a rajusté sa robe avec des gestes encore un peu tremblants ; j'ai refermé mon jean en tentant de retrouver une contenance. Quand la lumière crue du parc nous a de nouveau enveloppés, elle avait les joues rosies, les lèvres gonflées, et ce sourire des gens qui viennent de vivre quelque chose qu'ils garderont pour eux.

« Alors, vous avez eu peur ? » a demandé mon collègue avec un sourire en coin, en nous voyant descendre du wagonnet.

« Terrifiant, » a-t-elle répondu, en lissant sa robe froissée d'un geste tranquille. « Je n'oublierai jamais cette attraction. »

Les avis des lecteurs

Histoire Erotique
Toujours aussi intéressant avec de l’érotisme pur sans fioriture. Daniel



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