Rénovations of Desire - Chapitre 25 - La Main Tendue parmi les Quatre Cents
Récit érotique écrit par Hercule [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur homme.
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Rénovations of Desire - Chapitre 25 - La Main Tendue parmi les Quatre Cents
Comme presque tous les matins, Bryan et Daniel se retrouvèrent pour le petit-déjeuner en terrasse. Le soleil était déjà haut, perçant à travers quelques nuages cotonneux, tandis que des oiseaux s'ébrouaient bruyamment dans le ciel clair. C'était leur rituel : un moment de calme suspendu où ils discutaient des détails du projet avant que la fureur de la journée ne les emporte.
Bryan remuait son café d'un geste lent, presque hypnotique, son regard se perdant un instant sur le reflet de la lumière dans la tasse. Il semblait d'une sérénité impériale, comme si l'exercice de sa volonté, quelques heures plus tôt, l'avait étrangement apaisé.
Daniel : (Posant son café avec un petit bruit sec sur la table) Bonjour, Bryan. Tu as bien dormi ?
Bryan : Aussi bien que possible. Et toi ?
Daniel : Oui, très bien, merci.
Bryan : (Un sourire discret, presque prédateur, étira ses lèvres alors qu'il repensait à l'odeur du studio et à la silhouette de Marcel sous la douche.) La nuit a été courte, mais… très divertissante.
Daniel : (Un soupir d'habitude, devinant sans vouloir savoir les détails) Je vois. J'espère que tu as gardé assez d'énergie pour le travail. Le recrutement avance ?
Bryan : (Son ton devint soudainement plus professionnel, plus tranchant) Bien sûr. J'ai lancé les appels de candidatures sur les réseaux, et j'ai reçu un nombre impressionnant de bons retours. Je dois recevoir tout le monde aujourd'hui.
Daniel : Trop cool ! Et ils sont combien à avoir répondu à l'appel d'offres ?
Bryan : (Fixant Daniel droit dans les yeux, savourant l'effet de son annonce) Au moins quatre cents.
Daniel : (Sursautant presque, manquant de renverser sa tasse) Tu n'es pas sérieux ? Quatre cents ?
Bryan : Bien sûr que si. C'est le prix à payer pour trouver la perle rare.
Daniel : Tu ne vas jamais t'en sortir seul, Bryan. C'est un travail de titan.
Bryan : C'est pour cela que tu vas m'aider. (Il vida sa tasse d'un trait et se leva, ajustant sa veste avec une assurance renouvelée.) Allez, finis ta boisson et on y va. Ils ne devraient plus tarder à arriver, et je ne veux pas les faire attendre... ou plutôt, je veux qu'ils sentent la pression monter.
Les deux hommes finirent leur petit-déjeuner dans un silence déterminé et quittèrent la terrasse. Ils marchèrent d'un pas vif sur le chemin familier qui les menait à l'agence. Le contraste était frappant entre la douceur de la matinée et la tension qui commençait à monter en eux.
Cette fois-ci, Daniel n'avait pas le temps de s'éclipser au "stand du chantier" voisin pour se soulager, comme il en avait parfois l'habitude. L'ombre des quatre cents candidats planait déjà sur eux, une masse humaine qui exigeait toute leur attention. Pressé par l'urgence absolue du recrutement, il ignora l'inconfort et continua sa route, calant son pas sur celui, plus agressif, de Bryan.
Ils discutèrent fébrilement de la stratégie à adopter pour dénicher la perle rare au milieu de ce raz-de-marée de prétendants.
Daniel : (S’arrêtant brusquement, le souffle un peu court) Bryan, réfléchis ! Quatre cents personnes à recevoir une par une... cela va nous prendre des jours entiers !
Bryan : (Accélérant encore le pas, comme si l'idée l'excitait déjà) Oui, je le sais parfaitement. C'est pour ça qu'on ne va pas faire de l'individuel. J'ai un plan bien plus efficace.
Daniel : (Trottinant pour le rattraper, la curiosité prenant le dessus sur sa fatigue) Ah oui ? Laquelle ?
Bryan : (Son regard s’éclairant d'une lueur glaciale) On va tous les réunir dans la grande salle de réunion. Je veux qu'ils se sentent observés, jugés les uns par rapport aux autres. Je vais leur poser des questions, leur imposer des tests directs. S'ils ne répondent pas instantanément à mes demandes, s'ils hésitent ou s'ils flanchent... ils sortent. Immédiatement.
Daniel : (Un sourire admiratif, impressionné par la brutalité de la méthode) Oui, c'est une très bonne idée. C'est un écrémage sauvage, mais efficace.
Bryan : (Fixant l'entrée imposante de l'agence au bout de la rue) Exactement. Et dans le dernier groupe qui restera, ceux qui auront survécu à la pression, on verra ce qu'on peut faire pour choisir celui qui a vraiment "le truc". Le bon acteur.
Daniel : (Hochant la tête, convaincu par la froide logique de son ami) Très bien, faisons cela. C'est le meilleur moyen de ne pas perdre de temps.
Les deux hommes arrivèrent enfin face à l'entrée de l'agence, une structure de verre et d'acier, moderne et imposante, qui semblait dominer tout le quartier de sa superbe. Bryan s'apprêtait déjà à franchir les portes automatiques, l'esprit déjà tourné vers sa stratégie de sélection.
Daniel, lui, marqua un temps d'arrêt. Son regard fut attiré de l'autre côté de la rue, là où l'ombre des immeubles laissait place à une réalité plus crue. Il aperçut alors une silhouette frêle, un jeune homme assis à même le trottoir, faisant la manche dans l'indifférence générale. Quelque chose dans sa posture, une sorte de dignité brisée, fit s'arrêter Daniel net.
Daniel : (Posant une main sur le bras de Bryan pour le retenir) Attends une seconde, Bryan. Vas-y, je reviens tout de suite.
Bryan : (S'arrêtant avec agacement, suivant le regard de son ami) Quoi encore ? On est pressés, Daniel.
Daniel : (Déjà en train de se détourner) Juste deux minutes. Je ne peux pas passer devant sans rien faire.
Bryan : (Croisant les bras, observant la scène avec une impatience non dissimulée) On a quatre cents personnes qui nous attendent là-dedans, Daniel. C'est vraiment le moment ?
Daniel : (Déjà sur le point de traverser, le regard fixé sur la silhouette au sol) Juste deux minutes, Bryan. Tu sais que je ne peux pas ignorer ça. Je lui donne juste un coup de main et je te rejoins.
Bryan : (Il tourna lentement la tête vers le jeune homme. Un regard de pur mépris, glacial et déshumanisant, balaya la silhouette malingre du mendiant.) Tu perds ton temps avec des débris de trottoir. Mais fais comme tu veux.
Bryan, impatient de reprendre le contrôle de sa journée, haussa les épaules avec un détachement cynique. Sans un mot de plus, il fit volte-face et s'engouffra seul sous le porche imposant de l'entreprise, laissant Daniel traverser la rue pour rejoindre l'inconnu.
Une fois monté à son bureau, Bryan ne perdit pas une seconde. Il appela immédiatement son assistante, Kieran, d'une voix qui ne souffrait aucune discussion. Ses instructions tombèrent, sèches et impératives : elle devait faire entrer la totalité des candidats — les quatre cents — et les diriger sans exception vers la grande salle de réunion.
Bryan : (D'un ton glacial, le regard fixé sur les caméras de surveillance de l'entrée) Assurez-vous que tout le monde soit assis, Kieran. Je veux un silence de mort. Et surtout, ils ne doivent pas bouger d'un cil jusqu'à mon arrivée. Personne ne sort, personne ne discute. Compris ?
Kieran : (D'une voix un peu intimidée) Bien reçu, Bryan. Je m'en occupe tout de suite.
Bryan : Bien. Je serai là dans exactement une heure. Pas une minute avant, pas une minute après.
Pendant que Kieran s'activait nerveusement à organiser l'afflux massif de ces corps anonymes, Bryan commença à se préparer pour ce qu'il appelait déjà "le spectacle". Il avait soixante minutes devant lui. Soixante minutes pour finaliser sa stratégie d'élimination, ajuster l'éclairage de la salle pour qu'il soit aussi cru que possible, et peaufiner chaque détail de sa mise en scène. Il voulait que son entrée soit un choc électrique, une épreuve de force aussi marquante que la sélection impitoyable qu'il s'apprêtait à leur imposer.
De l'autre côté de la rue, le monde semblait soudainement plus froid. Daniel s'approcha du jeune homme assis à même le béton, un carton froissé à ses pieds et une petite tasse en plastique désespérément vide devant lui. C'était un jeune adulte qui venait tout juste d'atteindre ses dix-huit ans, mais dont le visage portait déjà les stigmates de la rue : des cernes profonds, la peau tachetée par la faim et une fatigue qui semblait peser sur ses épaules comme un manteau de plomb. Son dénuement contrastait violemment avec les vitrines de luxe et les costumes impeccables qui défilaient dans cette rue menant à l'empire de Bryan.
Daniel ne se contenta pas de jeter une pièce. Il s'accroupit lentement, ignorant les regards réprobateurs ou indifférents des passants pressés, pour se mettre exactement à sa hauteur. Il voulait briser cette barrière invisible entre celui qui possède et celui qui n'a rien.
Daniel : (D'une voix douce, presque un murmure pour ne pas l'effrayer) Bonjour. Tu as l'air d'avoir passé une nuit difficile... Comment vas-tu ?
Le jeune homme leva les yeux, surpris qu'on lui adresse la parole autrement que par un ordre ou un soupir d'agacement. Daniel cherchait, derrière la crasse et la fatigue de ce tout jeune homme, à comprendre comment une telle fragilité s'était retrouvée échouée là.
Daniel : (D'une voix douce) Bonjour, comment vas-tu ?
Le jeune homme : (D’une voix faible, presque inaudible) Je meurs de faim... j'ai froid et je suis fatigué.
Daniel : (Observant ses traits tirés) Je me doute. Mais dis-moi... comment as-tu fait pour arriver ici, dans cet état ?
Le jeune homme : (Avec une pointe d'ironie amère dans le regard) Bah, avec mes pieds. Je n'ai plus que ça pour avancer.
Daniel : (Soupirant, comprenant que sa question était maladroite) Je me suis mal exprimé. Je veux dire : quelle est ta situation ? Comment un jeune homme de dix-huit ans se retrouve-t-il sur ce trottoir ?
Le jeune homme : (Détournant les yeux vers sa tasse vide) Je ne suis pas sûr que ma situation vous intéresse à ce point-là. Les gens comme vous ne s'arrêtent jamais d'habitude.
Daniel : (Inclinant la tête avec sincérité) Détrompe-toi. J’aime bien savoir à qui j'ai affaire avant d’aider quelqu’un. Je ne cherche pas juste à me donner bonne conscience.
Le jeune homme : (Après un silence, sa voix s'enrouant sous l'émotion) C'est à cause de mes parents... Ils m'ont mis à la porte le jour de ma majorité.
Daniel : (Un air de choc et d'indignation) Mais ce n'est pas normal, de faire ça à son propre fils. Pourquoi en sont-ils arrivés là ?
Le jeune homme : (Fixant le sol, honteux) Ils ont découvert que j’étais gay. Ils ont dit qu’ils ne voulaient plus me voir.
Daniel : (Un air de profonde compréhension) Ah oui, je vois la situation... Ils n'ont pas accepté qui tu étais. C’est tragique.
Le jeune homme : (Hochant tristement la tête) Oui, c'est exactement cela.
Daniel : (Sortant son portefeuille et en extrayant quelques billets qu'il lui tend) Écoute, tiens, voilà déjà de quoi manger et te réchauffer. Mais j’ai peut-être une proposition plus concrète à te faire.
Le jeune homme : (Les yeux s’illuminant légèrement en voyant l'argent, puis le visage de Daniel) Ah oui ? Laquelle ?
Daniel : (Le fixant avec sérieux) On cherche un acteur porno gay pour tourner une série. Juste là, dans le bâtiment en face. Si tu cherches un travail et une chance de repartir de zéro, viens t’ajouter à la liste des prétendants.
Le jeune homme : (Hésitant, soudain intimidé par l'ampleur de l'offre) Je... je ne suis pas très sûr d'être à la hauteur. Je n'ai jamais fait ça.
Daniel : (Se relevant avec un sourire encourageant) Écoute, je te laisse réfléchir. Si je te vois dans la grande salle de réunion avec les autres, c’est que tu as envie de tenter ta chance. Le choix t'appartient.
Le jeune homme : (Serrant les billets contre lui) Je te remercie... je vais réfléchir. Vraiment.
Daniel se releva lentement, rangeant son portefeuille dans la poche de sa veste après un dernier regard pour le jeune homme qui serrait les billets contre lui. Il fit volte-face et traversa la route, quittant le bitume froid pour retrouver le hall de l'agence. En franchissant les portes automatiques, il fut immédiatement frappé par le contraste : l'odeur du café cher, le marbre délabrer et le murmure constant de dizaines de candidats qui s'engouffraient déjà vers la grande salle.
Il ne prit pas la direction de la réunion tout de suite. Il se dirigea vers les escaliers et monta a l'étage, là où se trouvait le bureau de Bryan. Le silence feutré des couloirs de la direction contrastait avec l'agitation du rez-de-chaussée.
Lorsqu'il poussa la porte du bureau, il trouva Bryan debout derrière la baie vitrée, observant la ville comme un général avant la bataille.
Daniel : (Entrant d'un pas rapide) Ça y est, je suis là. Le flux ne s'arrête pas en bas, j'ai croisé une foule impressionnante qui se dirigeait déjà vers la grande salle. L'ambiance commence à être électrique.
Bryan : (Se retournant lentement, un sourire sans chaleur aux lèvres) C'est parfait. Plus ils sont nombreux, plus la pression sera forte. C'est exactement ce qu'il me faut pour briser les plus faibles dès les premières minutes.
Tous deux commencèrent à élaborer la batterie de tests auxquels ils allaient soumettre ces hommes. Il ne s’agissait pas seulement de trouver un corps, mais de débusquer l'âme capable de supporter la direction de Bryan. Pendant de longues minutes, ils se creusèrent la tête, travaillant avec un acharnement presque chirurgical. Ils éliminaient les interrogations trop superficielles ou trop faciles, cherchant à atteindre l'essence même de la motivation et la force de caractère brute des candidats.
Le silence studieux qui régnait dans le bureau fut soudainement rompu par trois coups discrets frappés à la porte. C'était Kieran.
Le moment était venu.
Kieran : (Ouvrant légèrement la porte, le regard sérieux) C'est bon, Bryan. Tout le monde est installé. Ils n'attendent plus que toi.
Bryan : (Sans se retourner, rangeant ses notes d'un geste sec) Merci, Kieran. Nous arrivons.
Kieran : Il y a énormément de monde... La salle est pleine à craquer.
Bryan : (Se levant enfin, un sourire froid et carnassier aux lèvres) Parfait. L'heure de la sélection a sonné.
Kieran : Bonne chance.
Daniel : Merci beaucoup.
Le stress commençait à gripper l'estomac de Daniel, et même Bryan, derrière son masque d'impassibilité, sentait l'adrénaline monter. C'était la première fois qu'ils allaient devoir gérer une telle masse humaine, et l'enjeu était colossal : ne pas se tromper de visage, ne pas se tromper d'homme.
Ils quittèrent le bureau de la direction et s'engagèrent dans les escalier qui surplombait le hall et menait à l'étage de la salle de conférence. Leurs pas résonnaient lourdement sur les marches, un bruit sec et régulier qui marquait le compte à rebours de la confrontation. Depuis le haut de la rampe, ils pouvaient déjà voir l'agitation devant les doubles portes massives de la salle.
Ils arrivèrent enfin devant l'entrée. Bryan marqua un temps d'arrêt, ajusta les revers de sa veste noire, puis poussa les battants d'un geste sec.
D'un coup, le brouhaha des quatre cents conversations s'éteignit, comme si on avait coupé le son. Un silence de plomb tomba sur l'assemblée. Bryan fendit la foule d'un pas impérial, figeant les regards sur son passage, suivi de près par Daniel. Ils traversèrent cette marée humaine pour atteindre enfin l'estrade qui dominait la pièce.
Bryan monta sur la petite scène et posa ses notes sur le pupitre avec une précision millimétrée. Daniel le rejoignit, restant légèrement en retrait, bras croisés, pour lui laisser toute la lumière. Bryan s'approcha du micro et le frappa doucement du bout de l'index pour tester le son. Le toc-toc résonna sourdement dans les enceintes, faisant tressaillir les candidats les plus nerveux.
Bryan remuait son café d'un geste lent, presque hypnotique, son regard se perdant un instant sur le reflet de la lumière dans la tasse. Il semblait d'une sérénité impériale, comme si l'exercice de sa volonté, quelques heures plus tôt, l'avait étrangement apaisé.
Daniel : (Posant son café avec un petit bruit sec sur la table) Bonjour, Bryan. Tu as bien dormi ?
Bryan : Aussi bien que possible. Et toi ?
Daniel : Oui, très bien, merci.
Bryan : (Un sourire discret, presque prédateur, étira ses lèvres alors qu'il repensait à l'odeur du studio et à la silhouette de Marcel sous la douche.) La nuit a été courte, mais… très divertissante.
Daniel : (Un soupir d'habitude, devinant sans vouloir savoir les détails) Je vois. J'espère que tu as gardé assez d'énergie pour le travail. Le recrutement avance ?
Bryan : (Son ton devint soudainement plus professionnel, plus tranchant) Bien sûr. J'ai lancé les appels de candidatures sur les réseaux, et j'ai reçu un nombre impressionnant de bons retours. Je dois recevoir tout le monde aujourd'hui.
Daniel : Trop cool ! Et ils sont combien à avoir répondu à l'appel d'offres ?
Bryan : (Fixant Daniel droit dans les yeux, savourant l'effet de son annonce) Au moins quatre cents.
Daniel : (Sursautant presque, manquant de renverser sa tasse) Tu n'es pas sérieux ? Quatre cents ?
Bryan : Bien sûr que si. C'est le prix à payer pour trouver la perle rare.
Daniel : Tu ne vas jamais t'en sortir seul, Bryan. C'est un travail de titan.
Bryan : C'est pour cela que tu vas m'aider. (Il vida sa tasse d'un trait et se leva, ajustant sa veste avec une assurance renouvelée.) Allez, finis ta boisson et on y va. Ils ne devraient plus tarder à arriver, et je ne veux pas les faire attendre... ou plutôt, je veux qu'ils sentent la pression monter.
Les deux hommes finirent leur petit-déjeuner dans un silence déterminé et quittèrent la terrasse. Ils marchèrent d'un pas vif sur le chemin familier qui les menait à l'agence. Le contraste était frappant entre la douceur de la matinée et la tension qui commençait à monter en eux.
Cette fois-ci, Daniel n'avait pas le temps de s'éclipser au "stand du chantier" voisin pour se soulager, comme il en avait parfois l'habitude. L'ombre des quatre cents candidats planait déjà sur eux, une masse humaine qui exigeait toute leur attention. Pressé par l'urgence absolue du recrutement, il ignora l'inconfort et continua sa route, calant son pas sur celui, plus agressif, de Bryan.
Ils discutèrent fébrilement de la stratégie à adopter pour dénicher la perle rare au milieu de ce raz-de-marée de prétendants.
Daniel : (S’arrêtant brusquement, le souffle un peu court) Bryan, réfléchis ! Quatre cents personnes à recevoir une par une... cela va nous prendre des jours entiers !
Bryan : (Accélérant encore le pas, comme si l'idée l'excitait déjà) Oui, je le sais parfaitement. C'est pour ça qu'on ne va pas faire de l'individuel. J'ai un plan bien plus efficace.
Daniel : (Trottinant pour le rattraper, la curiosité prenant le dessus sur sa fatigue) Ah oui ? Laquelle ?
Bryan : (Son regard s’éclairant d'une lueur glaciale) On va tous les réunir dans la grande salle de réunion. Je veux qu'ils se sentent observés, jugés les uns par rapport aux autres. Je vais leur poser des questions, leur imposer des tests directs. S'ils ne répondent pas instantanément à mes demandes, s'ils hésitent ou s'ils flanchent... ils sortent. Immédiatement.
Daniel : (Un sourire admiratif, impressionné par la brutalité de la méthode) Oui, c'est une très bonne idée. C'est un écrémage sauvage, mais efficace.
Bryan : (Fixant l'entrée imposante de l'agence au bout de la rue) Exactement. Et dans le dernier groupe qui restera, ceux qui auront survécu à la pression, on verra ce qu'on peut faire pour choisir celui qui a vraiment "le truc". Le bon acteur.
Daniel : (Hochant la tête, convaincu par la froide logique de son ami) Très bien, faisons cela. C'est le meilleur moyen de ne pas perdre de temps.
Les deux hommes arrivèrent enfin face à l'entrée de l'agence, une structure de verre et d'acier, moderne et imposante, qui semblait dominer tout le quartier de sa superbe. Bryan s'apprêtait déjà à franchir les portes automatiques, l'esprit déjà tourné vers sa stratégie de sélection.
Daniel, lui, marqua un temps d'arrêt. Son regard fut attiré de l'autre côté de la rue, là où l'ombre des immeubles laissait place à une réalité plus crue. Il aperçut alors une silhouette frêle, un jeune homme assis à même le trottoir, faisant la manche dans l'indifférence générale. Quelque chose dans sa posture, une sorte de dignité brisée, fit s'arrêter Daniel net.
Daniel : (Posant une main sur le bras de Bryan pour le retenir) Attends une seconde, Bryan. Vas-y, je reviens tout de suite.
Bryan : (S'arrêtant avec agacement, suivant le regard de son ami) Quoi encore ? On est pressés, Daniel.
Daniel : (Déjà en train de se détourner) Juste deux minutes. Je ne peux pas passer devant sans rien faire.
Bryan : (Croisant les bras, observant la scène avec une impatience non dissimulée) On a quatre cents personnes qui nous attendent là-dedans, Daniel. C'est vraiment le moment ?
Daniel : (Déjà sur le point de traverser, le regard fixé sur la silhouette au sol) Juste deux minutes, Bryan. Tu sais que je ne peux pas ignorer ça. Je lui donne juste un coup de main et je te rejoins.
Bryan : (Il tourna lentement la tête vers le jeune homme. Un regard de pur mépris, glacial et déshumanisant, balaya la silhouette malingre du mendiant.) Tu perds ton temps avec des débris de trottoir. Mais fais comme tu veux.
Bryan, impatient de reprendre le contrôle de sa journée, haussa les épaules avec un détachement cynique. Sans un mot de plus, il fit volte-face et s'engouffra seul sous le porche imposant de l'entreprise, laissant Daniel traverser la rue pour rejoindre l'inconnu.
Une fois monté à son bureau, Bryan ne perdit pas une seconde. Il appela immédiatement son assistante, Kieran, d'une voix qui ne souffrait aucune discussion. Ses instructions tombèrent, sèches et impératives : elle devait faire entrer la totalité des candidats — les quatre cents — et les diriger sans exception vers la grande salle de réunion.
Bryan : (D'un ton glacial, le regard fixé sur les caméras de surveillance de l'entrée) Assurez-vous que tout le monde soit assis, Kieran. Je veux un silence de mort. Et surtout, ils ne doivent pas bouger d'un cil jusqu'à mon arrivée. Personne ne sort, personne ne discute. Compris ?
Kieran : (D'une voix un peu intimidée) Bien reçu, Bryan. Je m'en occupe tout de suite.
Bryan : Bien. Je serai là dans exactement une heure. Pas une minute avant, pas une minute après.
Pendant que Kieran s'activait nerveusement à organiser l'afflux massif de ces corps anonymes, Bryan commença à se préparer pour ce qu'il appelait déjà "le spectacle". Il avait soixante minutes devant lui. Soixante minutes pour finaliser sa stratégie d'élimination, ajuster l'éclairage de la salle pour qu'il soit aussi cru que possible, et peaufiner chaque détail de sa mise en scène. Il voulait que son entrée soit un choc électrique, une épreuve de force aussi marquante que la sélection impitoyable qu'il s'apprêtait à leur imposer.
De l'autre côté de la rue, le monde semblait soudainement plus froid. Daniel s'approcha du jeune homme assis à même le béton, un carton froissé à ses pieds et une petite tasse en plastique désespérément vide devant lui. C'était un jeune adulte qui venait tout juste d'atteindre ses dix-huit ans, mais dont le visage portait déjà les stigmates de la rue : des cernes profonds, la peau tachetée par la faim et une fatigue qui semblait peser sur ses épaules comme un manteau de plomb. Son dénuement contrastait violemment avec les vitrines de luxe et les costumes impeccables qui défilaient dans cette rue menant à l'empire de Bryan.
Daniel ne se contenta pas de jeter une pièce. Il s'accroupit lentement, ignorant les regards réprobateurs ou indifférents des passants pressés, pour se mettre exactement à sa hauteur. Il voulait briser cette barrière invisible entre celui qui possède et celui qui n'a rien.
Daniel : (D'une voix douce, presque un murmure pour ne pas l'effrayer) Bonjour. Tu as l'air d'avoir passé une nuit difficile... Comment vas-tu ?
Le jeune homme leva les yeux, surpris qu'on lui adresse la parole autrement que par un ordre ou un soupir d'agacement. Daniel cherchait, derrière la crasse et la fatigue de ce tout jeune homme, à comprendre comment une telle fragilité s'était retrouvée échouée là.
Daniel : (D'une voix douce) Bonjour, comment vas-tu ?
Le jeune homme : (D’une voix faible, presque inaudible) Je meurs de faim... j'ai froid et je suis fatigué.
Daniel : (Observant ses traits tirés) Je me doute. Mais dis-moi... comment as-tu fait pour arriver ici, dans cet état ?
Le jeune homme : (Avec une pointe d'ironie amère dans le regard) Bah, avec mes pieds. Je n'ai plus que ça pour avancer.
Daniel : (Soupirant, comprenant que sa question était maladroite) Je me suis mal exprimé. Je veux dire : quelle est ta situation ? Comment un jeune homme de dix-huit ans se retrouve-t-il sur ce trottoir ?
Le jeune homme : (Détournant les yeux vers sa tasse vide) Je ne suis pas sûr que ma situation vous intéresse à ce point-là. Les gens comme vous ne s'arrêtent jamais d'habitude.
Daniel : (Inclinant la tête avec sincérité) Détrompe-toi. J’aime bien savoir à qui j'ai affaire avant d’aider quelqu’un. Je ne cherche pas juste à me donner bonne conscience.
Le jeune homme : (Après un silence, sa voix s'enrouant sous l'émotion) C'est à cause de mes parents... Ils m'ont mis à la porte le jour de ma majorité.
Daniel : (Un air de choc et d'indignation) Mais ce n'est pas normal, de faire ça à son propre fils. Pourquoi en sont-ils arrivés là ?
Le jeune homme : (Fixant le sol, honteux) Ils ont découvert que j’étais gay. Ils ont dit qu’ils ne voulaient plus me voir.
Daniel : (Un air de profonde compréhension) Ah oui, je vois la situation... Ils n'ont pas accepté qui tu étais. C’est tragique.
Le jeune homme : (Hochant tristement la tête) Oui, c'est exactement cela.
Daniel : (Sortant son portefeuille et en extrayant quelques billets qu'il lui tend) Écoute, tiens, voilà déjà de quoi manger et te réchauffer. Mais j’ai peut-être une proposition plus concrète à te faire.
Le jeune homme : (Les yeux s’illuminant légèrement en voyant l'argent, puis le visage de Daniel) Ah oui ? Laquelle ?
Daniel : (Le fixant avec sérieux) On cherche un acteur porno gay pour tourner une série. Juste là, dans le bâtiment en face. Si tu cherches un travail et une chance de repartir de zéro, viens t’ajouter à la liste des prétendants.
Le jeune homme : (Hésitant, soudain intimidé par l'ampleur de l'offre) Je... je ne suis pas très sûr d'être à la hauteur. Je n'ai jamais fait ça.
Daniel : (Se relevant avec un sourire encourageant) Écoute, je te laisse réfléchir. Si je te vois dans la grande salle de réunion avec les autres, c’est que tu as envie de tenter ta chance. Le choix t'appartient.
Le jeune homme : (Serrant les billets contre lui) Je te remercie... je vais réfléchir. Vraiment.
Daniel se releva lentement, rangeant son portefeuille dans la poche de sa veste après un dernier regard pour le jeune homme qui serrait les billets contre lui. Il fit volte-face et traversa la route, quittant le bitume froid pour retrouver le hall de l'agence. En franchissant les portes automatiques, il fut immédiatement frappé par le contraste : l'odeur du café cher, le marbre délabrer et le murmure constant de dizaines de candidats qui s'engouffraient déjà vers la grande salle.
Il ne prit pas la direction de la réunion tout de suite. Il se dirigea vers les escaliers et monta a l'étage, là où se trouvait le bureau de Bryan. Le silence feutré des couloirs de la direction contrastait avec l'agitation du rez-de-chaussée.
Lorsqu'il poussa la porte du bureau, il trouva Bryan debout derrière la baie vitrée, observant la ville comme un général avant la bataille.
Daniel : (Entrant d'un pas rapide) Ça y est, je suis là. Le flux ne s'arrête pas en bas, j'ai croisé une foule impressionnante qui se dirigeait déjà vers la grande salle. L'ambiance commence à être électrique.
Bryan : (Se retournant lentement, un sourire sans chaleur aux lèvres) C'est parfait. Plus ils sont nombreux, plus la pression sera forte. C'est exactement ce qu'il me faut pour briser les plus faibles dès les premières minutes.
Tous deux commencèrent à élaborer la batterie de tests auxquels ils allaient soumettre ces hommes. Il ne s’agissait pas seulement de trouver un corps, mais de débusquer l'âme capable de supporter la direction de Bryan. Pendant de longues minutes, ils se creusèrent la tête, travaillant avec un acharnement presque chirurgical. Ils éliminaient les interrogations trop superficielles ou trop faciles, cherchant à atteindre l'essence même de la motivation et la force de caractère brute des candidats.
Le silence studieux qui régnait dans le bureau fut soudainement rompu par trois coups discrets frappés à la porte. C'était Kieran.
Le moment était venu.
Kieran : (Ouvrant légèrement la porte, le regard sérieux) C'est bon, Bryan. Tout le monde est installé. Ils n'attendent plus que toi.
Bryan : (Sans se retourner, rangeant ses notes d'un geste sec) Merci, Kieran. Nous arrivons.
Kieran : Il y a énormément de monde... La salle est pleine à craquer.
Bryan : (Se levant enfin, un sourire froid et carnassier aux lèvres) Parfait. L'heure de la sélection a sonné.
Kieran : Bonne chance.
Daniel : Merci beaucoup.
Le stress commençait à gripper l'estomac de Daniel, et même Bryan, derrière son masque d'impassibilité, sentait l'adrénaline monter. C'était la première fois qu'ils allaient devoir gérer une telle masse humaine, et l'enjeu était colossal : ne pas se tromper de visage, ne pas se tromper d'homme.
Ils quittèrent le bureau de la direction et s'engagèrent dans les escalier qui surplombait le hall et menait à l'étage de la salle de conférence. Leurs pas résonnaient lourdement sur les marches, un bruit sec et régulier qui marquait le compte à rebours de la confrontation. Depuis le haut de la rampe, ils pouvaient déjà voir l'agitation devant les doubles portes massives de la salle.
Ils arrivèrent enfin devant l'entrée. Bryan marqua un temps d'arrêt, ajusta les revers de sa veste noire, puis poussa les battants d'un geste sec.
D'un coup, le brouhaha des quatre cents conversations s'éteignit, comme si on avait coupé le son. Un silence de plomb tomba sur l'assemblée. Bryan fendit la foule d'un pas impérial, figeant les regards sur son passage, suivi de près par Daniel. Ils traversèrent cette marée humaine pour atteindre enfin l'estrade qui dominait la pièce.
Bryan monta sur la petite scène et posa ses notes sur le pupitre avec une précision millimétrée. Daniel le rejoignit, restant légèrement en retrait, bras croisés, pour lui laisser toute la lumière. Bryan s'approcha du micro et le frappa doucement du bout de l'index pour tester le son. Le toc-toc résonna sourdement dans les enceintes, faisant tressaillir les candidats les plus nerveux.
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