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- Par l'auteur HDS Claude Lamour -
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Auteur homme.
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 09-10-2026 dans la catégorie A dormir debout
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-J222-R

Arsène-R357 termine un ouvrage, le referme et le remet dans sa cachette, aménagée dans sa chambre. Désormais, la compilation d'histoires érotiques et pornographiques de l'écrivain Claude Lamour est interdite, tout comme celle de nombreux ouvrages similaires. Pour ne pas risquer d’ennuis, il devrait le bruler, seulement cette édition originale de plus de cent ans, a une valeur inestimable. Il souhaiterait le revendre, mais il n'est plus possible de procéder à une vente sans que les autorités n’en soient informées.
Depuis l'année 2122, beaucoup de choses ont changé.
Pour prévenir les problèmes liés aux homonymes, les noms de famille ont été éliminés et remplacés par des codes rattachés aux prénoms.
Le sévère déclin du nombre de femmes et la difficulté croissante pour un homme de trouver une partenaire adéquate sont maintenant des problématiques majeures.
Face à la hausse subite de la criminalité, des enlèvements et des agressions sexuelles, le gouvernement nouvellement formé a dû instaurer des dispositions sévères.
Dans la rue, tout est analysé, filmé. Des caméras à reconnaissance faciale observent tout le monde sans exception. Le moindre geste est analysé par IA.
Actuellement, les hommes ne sont pas autorisés à discuter avec une femme pendant plus de trois minutes consécutives, sous risque d'être arrêtés et emprisonnés. Durant ces trois minutes, si la femme est consentante, elle a la possibilité d’appuyer sur le bouton virtuel " Acceptance click " de sa montre. L'individu ne sera plus inquiété et pourra librement courtiser.
Par ailleurs, la prostitution et la pornographie sont formellement proscrites.
En tenant compte des mécontentements potentiels de ces citoyens, ce gouvernement a mis en place des mécanismes de substitution à chaque intersection.
La méthode est facile.
Dans une cabine, l'unité de substitution reproduit, avec un décalage de cinq minutes, les allées et venues du carrefour sur son écran.
Un homme séduit par une femme qu'il a croisée fortuitement dans la rue a la possibilité de la retrouver sur le film, de la sélectionner et de passer une commande. Dans un délai d'une semaine, il lui sera livré à domicile une reproduction impeccable, un fac-similé, un double, une copie de la femme sélectionnée... un R.
Pour que cela puisse se faire, toutes les jeunes filles, dès l'âge de seize ans, sont tenues de se rendre dans un centre d'enregistrement. Dans cet endroit, nous enregistrons et catégorisons leurs formes, attributs, mémoires, intelligences et tonalités de voix dans des espaces de stockage qui surpassent la taille de six stades.
Une intelligence artificielle déterminera à bonne échéance les variations de poids et de taille dues à l'âge, ainsi que les caractéristiques du visage. Il est possible de reproduire n'importe quelle femme.
Rien ne peut les différencier. Seul un R à la fin de leur matricule, indique qu'il s'agit d'une réplique.
Les technologies modernes rendent les choses incroyablement réalistes, à une exception près. Elles n'ont pas la possibilité de refuser, d’être négative et par conséquent, de rentrer en désaccord avec leur propriétaire.
L'unique obstacle à cette avancée significative reste son coût.
Il n'est pas inhabituel que plusieurs individus mettent en commun leurs ressources pour réaliser cet achat, formant de cette manière une sorte de coopérative.
C'est à la personne ayant effectué la commande qu'il revient de garder la doublure et de fixer l'agenda de la mise à disposition.
Ces règles semblent généralement efficaces, cependant, un détail a été négligé. L'opinion des femmes.

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Lui, c’est Arsène. Un homme dans la trentaine, dirigeant d'une boutique
d'électronique, expert en hologrammes.
Assez charmant sans être vaniteux, fatigué de solliciter ces dames pour qu'elles lui donnent un "click ", il est en quête de l'amour.
Il adopte une attitude plutôt décontractée, vêtu de manière modeste mais plaisante. Une petite mèche brunes, qui refuse de se soumettre, obscurcit son œil droit à intervalles réguliers, tandis qu'un grain de beauté sur sa joue droite ajoute un charme incontestable à son visage. Toutefois, son principal avantage reste son sens de l'humour.
Il aime se balader sur les boulevards, déambuler sous les platanes synthétiques, prendre place à la terrasse d'un café et observer la ville en mouvement.
Suite à la couverture des axes principaux par des panneaux rafraichissant, l'air a retrouvé sa pureté. Dans certains endroits, il est possible d'observer des températures grimpant jusqu'à quarante, voire cinquante degrés, même à l'ombre. C'est intolérable.
Cadeau du XXe siècle.
Au début des années 2000, la situation était encore maîtrisable, mais le manque de rigueur des autorités de l'époque a plongé le monde dans un réchauffement climatique incontrôlable.
C'est cette chaleur qui détruit les individus les plus fragiles, notamment les personnes âgées, les enfants et... les femmes.
Il tente sa chance à la terrasse d’un café. Cette jeune femme, trois tables plus loin, lui plait énormément et il ne serait pas contre un rapprochement.
Prenant son courage à deux mains, il se lève et vient s’asseoir auprès d’elle.
Au travers de la table de verre, il peut voir ses longues et fines jambes, croisées l’une sur l’autre. Sa courte jupe dégage en grandes parties ses cuisses. Elles lui semblent fermes, appétissantes, attirantes.
Blonde, cheveux longs glissant sur ses épaules découvertes, il découvre ses yeux d’un bleu profond, lorsqu’elle quitte son livre des yeux.
- Bonjour, magnifique déesse ! Je m'appelle Arsène-R357. Pourriez-vous me donner un « click », je vous prie ? Quel est votre lecture ? Victor Hugo ! Avez-vous une passion pour les textes anciens ? J'ai en ma possession la version complète de Claude Lamour, dans sa forme originale. Elle est formellement interdite ! Vous ne direz rien, n'est-ce pas ? Voulez-vous la voir ?
- Non, merci. Je voudrais juste être tranquille.
- Dites-moi au moins votre prénom !
- Hihi ! Acquérez ma doublure et vous en serez informé. On leur attribue les prénoms identiques à ceux d'origine.
- Oh, mais ce ne serait rien d'autre qu'une pâle imitation de vous. On ne saurait reproduire votre beauté.
- Hihi ! Votre technique de charme est dépassée. Au moins, vous m'avez fait rire.
- Ah ! Vous constatez, que nous sommes parfaitement assortis.
Soudain, un léger sifflement venant de sa montre, indique qu’il ne lui reste que dix secondes avant d’être fiché et d’être convoqué à la maison des lois.
- Un click ? S’il vous plait !
- Ne me parlez plus. Je ne voudrais pas que vous ayez des problèmes.
À contre-cœur, il s’éloigne de la jeune femme. Le sifflement cesse.
Il avale un café, deux tables plus loin sans parvenir à la quitter des yeux.
Elle se lève et lui laisse un sourire charmant avant de se perdre dans la cohue du boulevard.
Par curiosité, il va voir l’unité de substitution.
Il la retrouve facilement et la machine lui annonce la couleur.
"Reconnaissance acceptée.
Veuillez poser votre pouce sur le lecteur numérique pour un débit bancaire de 15 000 Frantorins.
Votre réplique vous sera livrée dans neuf jours, neuf heures et seize minutes.
Merci."
- 15 000 Frantorins ? Pfff ! Je vais trouver ça ou, moi ?
Déçu, il renonce à son projet et annule la commande.
Cependant, dès le jour suivant, en la voyant à nouveau assise à une table, son espoir de contact se ravive.
Il la trouve si belle, si désirable. Il est inconcevable de ne pas faire connaissance.
- Ah, salut ! Vous venez ici chaque jour ?
- En quoi cela vous regarde-t-il ?
- Oh, c'est question d'échanger. Et donc ? N'êtes-vous toujours pas disposée à me dévoiler votre prénom ?
- Pas du tout ! Je ne vois pas pourquoi je vous le remettrais.
- Ben, c'est parce que je suis sympathique, amusant, irrésistible ! Hihi !
- Euh ! Je ne fais que rester amusée. Hihi ! Cependant, ça ne suffit pas.
- Quinze mille Frantorins !
- Quoi, Quinze mille Frantorins ?
- Il s'agit du coût de votre doublure.
- Hihi ! Vous avez été voir ?
- Bien sûr ! Je pense que je suis épris d'amour. Malheureusement, je ne dispose pas de cette quantité d'argent. Serait-il possible de me les avancer, des fois ? Hihi !
- Non, toutefois, vous avez la possibilité de contracter un prêt. Hihi ! Oh ! Votre montre émet un son. Il faudrait que vous vous teniez à l'écart.
- Un click ! Veuillez me cliquer pour prolonger ce doux instant.
- Absolument pas ! Ne persistez pas dans cette démarche. Vous avez encore dix secondes. Filez ! Vite !
Malgré son déchirement intérieur, il se lève et s'éloigne, le cœur brisé.
Il croyait plaisanter en lui confessant qu'il était épris, mais la réalité est tout autre. Cupidon est passé par là.
Il retourne à la machine, la cherche de nouveau.
"Reconnaissance acceptée. Veuillez poser votre pouce sur le lecteur numérique pour un débit bancaire de 15 000 Frantorins. Après acceptation de votre paiement, votre réplique vous sera livrée dans un délai de neuf jours, neuf heures et seize minutes. Merci."
Un bouton clignote en rouge, indiquant "CRÉDIT".
Hésitant, il pose son doigt.
"MONTANT ?"
- 15 000
"DURÉE ?"
- 5 ans
"Veuillez confirmer."
- Putain ! Qu'est-ce que je fais ?
Il appuie. La machine semble réfléchir et soudain :
"Crédit accepté. Achat accepté. Votre réplique Cécile-J222-R vous sera livrée dans un délai de neuf jours, neuf heures et seize minutes. Merci."
Il ne dormira pas de la nuit. Autant inquiet pour son crédit, que par l'excitation de posséder bientôt une copie de celle qui remplit sa tête. Cécile.
Le jour suivant, il se rend au bistrot, mais la charmante demoiselle est absente. Il s'installe, commande un café puis se laisse emporter dans ses pensées, le cœur lourd. Deux heures plus tard, alors qu'il s'apprête à partir…
- Je présume que vous vous attendiez à ma présence ? Vous êtes tenace, n'est-ce pas ?
- Oh ! Je ne vous ai pas vu arriver. Salut Cécile, comment ça va ?
- Cécile ? Mais d'où tenez-vous... Oh là là ! Vous avez…
- En effet, je vous ai commandée… Enfin… Je vous… Bref ! Je l’ai achetée.
- Mais enfin, êtes-vous cinglé ! Où avez-vous trouvé l'argent ?
- Bah ! Un prêt… s'échelonnant sur une période de cinq ans.
- Alors là ! Je ne sais plus que dire. C'est vraiment embarrassant.
- Oh mon Dieu ! Mon alarme sonne, il est temps pour moi de vous quitter.
- Ah non ! Pas question ! Je vous " click ". Restez ici ! Je veux comprendre. Pourquoi avez-vous agi ainsi ?
- C’est assez simple, ma foi. Vous me plaisez énormément. Je pense que je vous porte dans mon cœur, mais j'ai bien saisi que je ne suis pas en mesure de gagner votre affection.
- Alors, vous m’avez ache… l’avez acheté, juste pour… Du sexe ?
- Oh ! Oh, non, pas seulement. C’est pour vous avoir à mes côtés tous les jours. Oh, je comprends parfaitement que exprimé de cette manière, cela semble assez tordu.
- Et moi, je vais vivre en sachant qu’un homme use et abuse de moi ?
- Vous ne deviez pas le savoir. C’est ma faute. J’ai gaffé, j’en suis désolé.
- Ben, vous pouvez ! Salut !
Très en colère, elle se lève et s’en va, en serrant rageusement la lanière de son sac. Il ne cherche pas à la retenir. Il sait qu’il ne la reverra pas et les jours suivants lui donnent raison.
Ce sont les neuf jours les plus longs de sa vie.
Samedi. Il se dit qu’il ne doit pas y avoir de livraison le week-end et qu’il lui faudra attendre lundi.
Cela devrait lui donner du temps pour organiser son studio. Un petit deux pièces, assez pratique, sans doute plus semblable à un magasin d'antiquités qu'à un appartement de charme. Un vieux canapé défoncé, une table et des chaises en formica, qu'on ne serait plus capable de produire aujourd'hui, lui sert de salle manger et de salon. Dans sa chambre une petite armoire au étagères brinquebalantes et un lit d’une personne qui doit hurler intérieurement pour qu’on lui change les draps. Encore deux ou trois bout de scotch pour faire tenir des morceaux de papier peint et le tour est joué.
- Ben voilà ! C’est parfait !
Soudain, vers neuf heures, on sonne à sa porte. Le cœur battant, il ouvre sur ce qu’il pense être un livreur, mais il n’en est rien. Cécile est là, devant lui, bagage en main.
- Bonjour Arsène-R357. Je suis Cécile-J222-R.
- Oh ! Oui ! Je sais qui tu es. Entre !
Il est troublé par le réalisme de là… machine. Absolument rien, ne peut faire penser qu’elle en soit une.
- Je suis surpris. J'attendais un livreur.
- Oh non ! On m'a laissé au pied du bâtiment, après m'avoir fourni certaines informations. Il est demandé de contacter au plus vite « New Robotique » afin de confirmer la réception de votre produit et votre pleine satisfaction.
- Mais… Tu es consciente de ce que tu es, n'est-ce pas ?
- Oh, assurément ! Je suis un produit de type 'R'. Et cela me rend très heureuse. Je suis enthousiaste à l'idée de vous servir et de vous contenter dans tous les domaines.
- Donc, si je désire vérifier la conformité de ton corps… ?
- Désirez-vous que j'ôte mes vêtements ?
- Je t’en prie. J'appellerai ensuite ta société.
Elle pose sa valise avec un sourire radieux et invite Arsène à prendre place sur le divan.
Elle se débarrasse de sa veste avec un sourire espiègle et la laisse tomber ostensiblement par terre. Elle en fait autant pour son chemisier et sa jupe.
Déjà très séduisante, elle se tient sur ses escarpins, corsetée et en lingerie. Quand sa poitrine est exposée, ses seins se redressent, dominant et solides. Finalement, sa culotte rejoint le reste de ses vêtements, dévoilant une vulve blonde et séduisante.
Arsène éblouit par tant de beauté, se lève et fait le tour du corps dénudé. Le grain de peau est fin, les imperfections sont même présentes. Un léger duvet doré apparaît discrètement sur ses bras et répond au contact. Les grains de beauté et les taches de rousseur possèdent une perfection qui laisse sans voix. Rien ne laisse transparaître qu'il s'agit d'une machine.
- Je vous conviens ?
- Si je disais "non ", ce serait le plus grand mensonge de toute ma vie. Compose le numéro de la société que je confirme l’achat.
- Voilà ! J’ai rentré les informations. Vous n’avez plus qu’à taper 1 pour oui, ou 2 pour non. Voulez-vous que je me rhabille ?
Fébrile, il appuie sur la touche 1 et repose le combiné.
- Oh non ! Certainement pas ! Viens t’asseoir près de moi, que nous fassions plus ample connaissance.
- Humm ! j’en suis ravi. J’ai hâte de vous appartenir entièrement.
Il la prend dans ses bras et, hypnotisé par sa beauté, il n’hésite pas et l’embrasse fougueusement. Le velouté de ses lèvres et la souplesse de sa langue viennent finalement à bout de ses dernières hésitations. Sa peau est délicate et ses seins bien galbés, tout comme il se les représentait. Sa main se perd entre les cuisses chaudes et humides, découvrant un vagin mouillé et séduisant.
Lorsqu’il la pénètre, il est subjugué par la moiteur et la chaleur parfaite. Son sexe, prisonnier des chairs chaudes, glisse dans le plus doux des fourreaux.
Mais très vite, obnubilé par un crédit long et couteux, son excitation disparait et il ne parviendra pas à aller jusqu’au bout de son plaisir.
- Oh ! Ce doit être ma faute ! j’ai dû mal m’y prendre. Permettez-moi d’essayer autre chose.
Cécile-R se dégage et se met à genoux face au membre redevenu normal.
- Non ! Laisse tomber, veux-tu ! Ce n’est pas ta faute. Sers-moi un verre et donne-moi mon holophone.
Il compose un numéro qu'il semble mémoriser parfaitement.
- Allo ? Yvan ? Salut c’est Arsène. Dis dont, ca te dirais de passer à la maison ? J’ai quelqu’un à te presenter.
Yvan frappe à la porte quarante minutes après.
- Salut, vieux pote ! Donc ? C'est qui ?
- Regarde par ici ! Laisse-moi te présenter Cécile.
- Houch ! Salutations, chère demoiselle. Vous êtes charmante.
- Hihihi! Ne te précipite pas. C'est un R.
- Pas possible ! Tu plaisantes, n'est-ce pas ?
- Je te certifie que c'est vrai.
- Ces choses-là coûtent une fortune ! Comment as-tu fait ?
- Oui, c'est précisément pour cette raison que tu es ici. Elle te plaît ? Souhaiterais-tu l'utiliser ?
- Humm ! Je te vois venir. Tu veux que je paie pour la baiser ?
- Mieux que ca ! deviens actionnaire.
- Impossible mon pote ! Je suis fauché comme les blés. C’est malin ! Je me voyais déjà en train de la…
- Trouve-moi des clients et tu pourras.
- Es-tu dingue ? Tu veux la prostituer ?
- Oh ! Reviens sur terre ! C’est une machine !
- Heuu ! Oui, bien sûr, mais bon. Et combien la passe ?
- Il me faut 250 Frantorins par mois. 50 la passe me parait raisonnable, non ?
- Oh, au point ou tu en es. Une pro prend 150, c’est une bonne affaire, semble-t-il. Il ne s'agit que de plastique, après tout.
- Inutile de leur dire. Non mais regarde-la ! C’est impossible à déceler. Vas-y ! Parle-lui !
- Salut ma belle ! Tu sais que t’es mignonne, toi ? Tu ne voudrais pas te foutre à poil ?
Elle regarde Arsène qui lui donne son approbation.
- Vas-y, Cécile. Et sois sexy.
Le R qui c’etait rhabillé, ôte ses vêtements à nouveau, lentement, en ondulant de façon provocante, un à un.
- Humm ! Viens voir tonton Yvan. Tu me plais vraiment beaucoup, tu sais ?
- Calme-toi, bonhomme ! Trouve un client et ensuite, tu pourras la baiser. Un client trouvé, une heure de gagner. Tu pourrais les accumuler pour avoir une nuit complète. Que penses-tu de mon offre ?
- Putain ! Elle est bonne et appétissante. Je marche ! Mais je teste la marchandise.
- Ok ! Cécile ! Fais une petite gâterie à mon ami, s’il te plait.
- Avec plaisir Arsène. Viens Yvan ! Tu me plais beaucoup. Laisse-toi faire, je m’occupe de tout.
Elle se met à genoux, extrait le membre dur comme de l’acier, et le fait glisser entre ses lèvres.
- Bon ! Tu es entre de bonnes mains, ou plutôt de bonnes lèvres. Hihi ! Je vais regarder les infos.
- Humm ! Oui ! ! Ok ! ! Humm ! Elle suce à merveille ! Humm !
- Hihi ! Je te l’ai dit. Aucune différence. Hihi !
Il passe dans la pièce d’à côté, laissant son ami se satisfaire tranquillement.
Dix minutes plus tard, ils le rejoignent. Yvan fini de se réajuster tandis que Cécile se passe encore la main sur la bouche.
- Je rentre immédiatement à la maison et j’appelle toutes mes connaissances. Tu vas faire fortune, mon gars. Et moi, je vais passer des tas de nuits avec ta poupée.
- Hihi ! Je vois que tu es emballé ! Je savais que je pouvais compter sur toi, mon salop ! Hihi !
Yvan se retourne, enlace Cécile et l’embrasse goulument, puis, disparait dans le couloir.
- Je suis fier de toi, Cécile. Mon ami est ravi.
- Merci ! C’était un réel plaisir que de vous rendre service.
- Eh bien, tant mieux, parce que tu n’as pas fini de rendre service. Fais-moi un truc à manger. Les émotions, ça creuse.
Le jour suivant, trois rendez-vous sont prévus, suivis de quatre le jour après. Face à l'afflux de demandes et craignant d'être découvert, il choisit d'aller lui-même avec Cécile-R chez les demandeurs.
Dans son rôle de prostituée, Cécile est remarquable. Elle semble même y prendre du plaisir. Lui, reste tranquillement dans sa voiture, attendant que sa travailleuse du sexe revienne avec l'argent, puis il l'emmène chez un autre client si besoin est.
Il est correct avec Yvan et ne triche pas. Il lui additionne les heures et très vite, il en est à deux nuits et une journée.
- Génial, mon pote ! Je la prends dimanche à huit heures et je te la ramène lundi matin, huit heures. Il me restera une nuit, pour plus tard.
C'est pendant cette période qu'il réalise à quel point il la chérit. Il erre dans son studio, palpant les draps dans lesquels elle s'est endormie, scrutant les images et vidéos qu'il détient d'elle.
- Putain ! Je suis amoureux d’une poupée. Pfff !
Il se lève à cinq heures, prépare un petit déjeuner digne d’un palace et attend le retour de sa "dulcinée".
Lorsqu'elle n'apparaît pas à huit heures, il trouve du réconfort dans l'idée qu'il est difficile de laisser partir une femme de sa trempe. Yvan s’excusera et rattrapera son dut.
Neuf heures. Toujours personne.
- Là, il abuse ! ! Grr !
Il attrape son holophone et l’appelle. Mais à cet instant précis, la sonnette retentit. Il ouvre la porte sur Yvan.
- Putain ! qu’est-ce que tu fous ? J’étais en train de t’appeler.
- Oh, je suis désolé mon Arsène !
- Où est mon R ?
- Heuu ! Ne te fâche pas, hein ? Elle est à l’hôpital. Rien de très grave, rassure-toi !
- Quoi ? Qu’est-ce que tu as foutu, bordel ?
- Oh, tu me connais, je suis un peu tordu. J’ai voulu la descendre à la cave pour simuler, un… Bref ! On s’en fout. Elle est tombée dans les escaliers. Voilà !
- Ah, bah bravo !
- Tout de suite, j’ai appelé une ambulance et ils l’ont emmenée.
- Ils ont emmené une poupée, Yvan ! Une poupée à l'hôpital ! Pfff!
- Oui, mais elle est tellement bien faite, ils n'ont rien vu !
- Non, mais, t’es con ou quoi ? Ils vont forcément le voir, bordel !
- Mais non, ne t'inquiète pas. Ils vont la renvoyer dans la matinée, après son scanner.
- Un scanner ? Ils vont la cramer ! Son système ne va pas résister, putain ! Ils vont la détruire ! Fous le camp ! Je fonce à l’hôpital ! Connard !
Une demi-heure plus tard, il se présente à l’hôpital.
- Bonjour ! On vous a amené un R par erreur. Cécile-J222-R.
- Un R, dites-vous ? Non, j’ai bien une Cécile-J222, mais pas de R.
- Mais c’est impossible !
- Allez vérifier par vous-même. Chambre 307.
Abasourdi, il grimpe au troisième étages et accoste une infirmière.
- Chambre 307, s’il vous plait ?
- Au bout du couloir. Elle remonte tout juste de son scanner. Rassurez-vous, tout va bien. Bonne journée.
Fébrile, il pousse la porte de la chambre. Cécile est allongée, un bras en écharpe. En apercevant Arsène, elle sursaute et ses joues se teintent de pourpre.
- Oh ! C’est vous !
- Oui, c’est moi ! Et toi ? Qui es-tu ? En tout cas, tu n’es pas une R. Mais une fieffée menteuse. Tu m’expliques ?
- Oui, oui ! Ne vous fâchez pas, je vais tout vous dire. Je m’appelle bien Cécile. Cécile-J222. Je travaille au département recherche et développement de New Robotique. Au café, je voulais simplement vous faire mariner. Je vous trouvais amusant et pas mal, et j'aurais fini par vous cliquer, tôt ou tard. Cependant, lorsque vous m'avez affirmé avoir acquis un double de moi, j'ai été à la fois étonnée et vexée. J'ai passé des nuits sans sommeil à vous visualiser à mes côtés… Enfin... Vous imaginer utiliser mon R. Voilà ! C'était tout juste insupportable. Donc, quand je suis tombée sur l'étiquette d'expédition de mon colis, je l'ai détournée et j'ai pris sa place. Je voulais voir comment vous... manipuleriez mon R.
- Tu as volé mon intimité ! Comment as-tu osé !
- Oui, je sais ! J’ai honte, si vous saviez !
- Et tu as tout fait ? Sans rechigner ? Tu t’es fait baiser par mon pote, par des inconnus ? Juste pour ne pas être démasquée ?
- Je dois confesser que le bonheur que cela m'a apporté m'a étonnée. J'avais cette obsession en tête depuis un bon moment. Mais il m'était impossible de passer à l'action.
- Vingt quatre hommes en moins d’une semaine.
- Oui, je sais bien. mais c’etait...
- Et si je t’avais frappée, torturée ?
- Je n’avais pas réfléchi à toutes ces possibilités. J’ai été inconsciente. J’ai tellement honte, si vous saviez !
- Tu n’es qu’une imbécile. Je fais quoi moi, maintenant ? Je te dénonce à New Robotique ?
- Oh non, par pitié ne faite pas ça ! Je perdrai mon emploi.
- Et mon crédit ? Je fais quoi, moi, pour le rembourser ? Hein ? Tu as pensé à tout ça ? Tu te rends compte des dégâts que tu as faits ?
- Oui, je comprends ! je vais vous rendre votre R, promis ! Dès demain ! Mai ne me dénoncez pas, s'il vous plait !
La tête dans les mains, elle pleure à chaud de larmes. Les larmes coulent sur ses poignets, ses bras.
La méchanceté n’existe pas chez Arsène. Observer cette femme totalement désespérée lui cause de la peine.
En dernier lieu, ne pourrait-il pas tirer avantage de la situation ?
- Je ne te dénoncerais pas, mais sous certaines conditions.
- Oh merci, merci ! Je ferai tout ce que vous voudrez ! Merci ! Merci !
- Mieux vaut attendre de voir ce qui t'attend avant de me remercier. D'abord, oui, tu vas me rendre mon R. Tu vas cesser de me vouvoyer. Désormais, tu me tutoieras et me nommeras par mon prénom. Finalement, nous sommes suffisamment intimes, non ?
- Oui Arsène, je te tutoierais.
Il se penche sur elle et dépose un baiser sur ses lèvres.
- Ce qui me fait le plus souffrir, c’est que je suis amoureux de toi. Je me suis vengé de ce que je prenais pour un refus en abusant de ton double. Enfin… ce que je croyais être ton double.
- Ne t’en fais pas. C’est bien comme ça que je l’ai ressenti. Mais j’avais été trop loin. Je n’ai pas osé tout te dire, de peur de te perdre. J’avais l’intention de restituer mon double, sans que tu t’en aperçoives, mais l’occasion ne s'est pas présentée.
- Je suis désolé pour tout ce que tu as subi.
- Oh non ! ne le soit pas. Tu sais, j’ai adoré. J’avoue être tentée de continuer.
- Vraiment ?
- C'était vraiment extraordinaire d'avoir été désirée et courtisée par des hommes qui, cependant, savaient pertinemment qu'ils n'avaient aucune chance de me séduire. Il fallait voir leurs yeux. Je pouvais presque percevoir le battement de leurs cœurs. Je les rendais heureux.
- Ben là ! Je ne sais pas trop quoi dire. C’est très particulier, quand même et un peu malsain. Non ?
- Je ne sais pas si c’est malsain, mais qu’est-ce que j’ai joui ! Hihi ! Comme jamais auparavant. Si nous restons ensemble, dis-moi que nous continuerons. Dis oui ! S’te plais ! Dis oui !
- Oh, je pense qu’on pourrait y réfléchir. Faire ça bien. C’est ok !
- Hummm ! Je crois que je t’aime vraiment, toi ! On est mal parti, mais tout va rentrer dans l’ordre.
- Oui, j’en suis sûr. Prends ton manteau, on se tire !
- Oh oui ! On va vite à la maison, j’ai envie de toi !
- Oui, mais avant, tu me restitues mon R. Hihi !
Dans la voiture, elle s’occupe du retour du R en tapant une série de codes sur son holophone.
- Voilà, c'est fait ! Elle viendra toute seule, comme une grande.
- Une chance que tu travailles là-bas. Hihi !
Deux heures plus tard, allongés nus et épuisés après avoir fait l’amour deux fois, dans les bras l’un de l’autre, ils imaginent leur vie future.
- Tu voudrais m’épouser ?
- Pourquoi pas.
- Au moins, je n’aurais plus à te clicker à chaque fois qu’on sort. Hihi !
- Ah ! C’est juste pour ça ?
- Mais non, idiot ! Hihi ! Je t’aime.
Ils échangent un long et passionné baiser, lorsque la sonnette de la porte d’entrée retentit.
- Ne bouge pas, Cécile ! j’y vais !
Il enfile à la hâte un caleçon et va ouvrir.
- Bonjour Arsène-R357. Je suis Cécile-J222-R.
- Hihi ! Oui, oui ! J’ai déjà entendu ça. Hihi ! Entre, ma belle. Fous-toi à poil et rejoins-moi dans ma chambre.
- Hummm ! Je vous plais ! vous me désirez déjà !
- On va dire ça, oui.
Il retire son caleçon et retourne dans la chambre auprès de la vraie Cécile.
- Ton R vient d’arriver. On va s’amuser. Hihi !
- Rhooo ! Toi, alors !
La porte s’ouvre. Le R entre, referme la porte et se place face au lit.
- Viens nous rejoindre pour voir si tu es une bonne petite salope.
- Hihi ! Rhoo ! Ne me parle pas comme ça ! Hihi !
- Oh non, mon amour. Toi, ce ne serait que des mots tendres.
Mais le R reste immobile.
- Ben, viens !
Aucune réaction. Le R semble figé.
- Alors là ! Qu'est-ce que c'est que ce foutoir ? Ne me fais pas croire qu’elle est hors service ?
- Hihi ! Non ! Je sais ce qu'elle a. Quand un R croise son modèle, elle s'arrête afin d'éviter toute confusion.
- Vraiment ? Cela signifie-t-il que c'est toi ou elle ?
- En théorie, oui. Mais n'oublie pas que je suis ingénieure. Ainsi, j'ai accès à l'ensemble des codes de vérification. On en dénombre au moins 9 453. Hihi ! Je suis capable de lui conférer de l'autonomie, malgré ma présence.
- 9 453, c'est bien ça ? On n'est pas sur le point d'organiser un plan à trois. Pfff!
- Accorde-moi ta confiance. Il suffira de trois minutes.
Effectivement, le R se déplace à nouveau trois minutes plus tard.
- Cela me fait plaisir de partager le lit avec vous. Souhaitez-vous faire une sieste ?
- Pas exactement ! Viens plutôt me faire une fellation.
- Avec plaisir ! Humm ! J'aime beaucoup ça !
En se moquant des commentaires du R, il se tourne vers Cécile.
- Tu n’irais pas lui donner un coup de main ! Enfin ... Un coup de langue ! Hihi !
- Hihi ! Avec joie ! Humm ! j’adore ça ! Hihi !
Il regarde les deux femmes lui lécher les testicules et prendre son sexe en bouche avec un plaisir indéniable.
Emporté par son plaisir, il ne saurait plus dire, qui est qui.
Puis les deux femmes s’embrassent et commencent à se caresser. Même si soudain, il se sent un peu abandonné, il n’en dit rien et se régale du spectacle. Un long et savant soixante-neuf les fait jouir en même temps.
Par la suite, elles se couchent l’une à côté de l’autre, jambes bien écartées. Et d’une seule voix…
- À toi de jouer ! Viens nous lécher !
Il ne se fait pas prier et dévore les chattes ruisselantes de mouille.
Les jours s'écoulent et à présent, c'est Yvan qui prend les rênes du R lors de ses rendez-vous. Arsène, quant à lui, demeure aux côtés de sa chérie. La vie est agréable et l’argent coule à flot.
- Arsène, je ne sais pas comment te le dire, mais… J’ai envie de m’éclater.
- Qu'à cela ne tienne ! Habille-toi sexy, on sort !
Pas besoin de lui dire deux fois et une demi-heure plus tard, c’est une déesse qui sort de la salle de bain.
Elle a revêtu une robe courte rouge vif, sans manches, cintrée et plongeante dans le dos, qui est retenue par un fin lien noué autour de son cou. Elle a exagéré avec le maquillage, intensifiant le noir afin de faire ressortir le bleu de ses yeux.
- Whaouu ! Tu es à tomber. pour un peu, je resterai bien ici.
- Ah non ! Tu m’as promis !
- Dans ce cas, allons-y !
Ils descendent au garage sous terrain. À la borne de départ, il tape son immatriculation et son véhicule arrive dans la minute. C’est une vieille Citrous, d’une trentaine d’années. Plutôt en bon état, elle affiche un million de kilomètres au compteur. Ce n’est pas rare pour ces engins à moteur nucléaire. Comme le dit sa publicité, « Appelez-moi increvable, c’est mon deuxième prénom ! »
- Ou m’emmènes-tu ?
- Je t’ai parlé de mon livre interdit ?
- Oui ! Celui d’un certain Claude Lamour ? C’est ça ?
- Oui, c’est bien lui. Il décrit des scènes plutôt intéressantes. J’ai vraiment envie de voir si à notre époque, c’est encore réalisable.
Arsène profite du trajet pour questionner Cécile.
- Finalement, je ne sais pas grand-chose de toi. Quel est ton parcours ?
- Oh, rien d’exceptionnel. Je viens d'une famille qui n'avait aucun manque. Mon père a pris en charge le financement de mes études. Je possède deux doctorats en ingénierie. J'éprouve un profond attachement pour la recherche. J'ai intégré New Robotique à l'âge de vingt-deux ans, et deux mois après mon entrée, j'ai eu l'occasion de rencontrer et de faire connaissance avec Monsieur Hordinof, le directeur de la société.
- Hum ! Juste connaissance ?
- Oui, pendant trois jours. Hihi ! Ensuite, c'est devenu mon amant.
- Mais, c’est un vieil homme, non ?
- Soixante-douze ans, mais il se porte néanmoins très bien.
- Tu étais amoureuse ? Qu'est-ce qui t'a incité à te retrouver dans son lit.
- Oh purée, non ! J'étais coupée du monde, il était courtois et surtout… riche ! Haha ! D'une richesse inouïe ! Cependant, je n'en ai pas profité, tu sais. Ce que je savais, c'était que cela me donnait toutes les chances possibles. J'ai acquis plus de connaissances en un an qu'au cours de mes cinq années d'études universitaires. Et puis…
- Et puis, quoi ?
- Il me baisait bien. Hihi !
- T’es bien une petite salope, toi ! J’adore !
L'obscurité commence à s'installer.
Le véhicule s'engage dans la fausse forêt de Saint-Germain. Les arbres synthétiques, en plastique résistant à la chaleur, absorbent l'excès de CO2 et illuminent la nuit grâce à leurs branches luminescentes.
- Es-tu au courant que ces arbres sont issus d'une invention de New Robotique ? J'y ai travaillé avant de rejoindre le département des R.
- Rien ne remplacera la vraie nature. Jamais. Tous ces trucs alignés, ne ressemble en rien à une forêt.
- Dis dont, tu es très remonté contre la société !
- J’aurais voulu connaitre la forêt de Claude Lamour. Regarde ! Il n’y a pas de verdure, pas de buissons, pas de recoin où pouvoir se cacher. On va quand même tenter plus loin. Mon détecteur de caméra m'informe d'un endroit où elles sont toutes défectueuses.
Trois cents mètres plus loin, il suit la bordure d'un ancien édifice en délabrement. Et là, miracle. Il subsiste encore un bout de route dégradée, et de nombreux amas de détritus de divers types servent d'écran contre les regards inopportuns.
Il pénètre dans ce paysage surréaliste et s'arrête dans un coin où rien n'est éclairé, ou presque. Avec le moteur arrêté et toutes les lumières éteintes, il scrute les environs.
- Je crois que nous devrions être servis, ici.
- Servi ? De quoi parles-tu ?
- Ne t’inquiète pas. Tu vas vite le savoir, ma chérie.
Il la fait pivoter légèrement, la serre dans ses bras et l'embrasse avec vigueur. Il égare sa main sur sa poitrine. Ne trouvant aucune résistance, il l'insère sous le tissu pour mieux la caresser. L'autre main la tire doucement par les cheveux pour l'inciter à pencher la tête en arrière. Ses lèvres effleurent le cou de la demoiselle, laquelle, débordante de désir, libère un profond soupir d'aisance.
- Ohhh, ouiii ! Continue ! Ne t’arrête pas ! Hummm !
Un de ses seins est extrait du cocon de tissus, puis le deuxième, également. Il pétrit, suce, malaxe en poussant de petits râles d’excitation. Le cordon cède et la robe glisse jusqu’à son ventre.
Cécile, les yeux fermés, ne voit pas l’ombre qui rôde autour de la voiture. Arsène, lui, savoure déjà la suite des événements à venir.
Il approche ses lèvres de son oreille et y chuchote.
- Tu auras deux possibilités devant toi. Soit tu caches ta poitrine et nous partons, soit tu ouvres doucement les jambes et nous restons.
- Que dis-tu ? Je ne comprends pas !
- Tu m’as bien dit que tu désirais t’éclater ? Tourne légèrement la tête et ne prend pas peur.
Elle tourne la tête lentement, surprise et inquiète. Elle est prise de court en apercevant le visage d'un homme à sa fenêtre. Il semble avoir environ trente ans et arbore un grand sourire. Il lance un bref regard complice à Cécile et, en se redressant, lui dévoile un pénis fermement dressé. Instinctivement, elle cache sa poitrine.
- Ok, Cécile. Pas de soucis. Nous partons.
- Non ! Attends !
Ses mains redescendent petit à petit sur ses cuisses, rendant sa poitrine de nouveau visible. Tout en écartant les cuisses progressivement, elle ne quitte pas des yeux l’homme qui se masturbe. Ses mains remontent la jupe très haut sur son ventre, exposant une petite culotte aussi rouge que la robe.
Elle se laisse glisser sur son siège pour être plus à l’aise, plus offerte aussi.
En deux temps trois mouvements, la culotte fait un vol sur le siège arrière et deux doigts disparaissent dans sa fente trempée.
Arsène est retourné à son poste, derrière le tableau de bord de son engin. Il observe sa protégée se masturber avec frénésie devant cet individu.
En proie à son propre délire, elle ne paraît pas perturbée par l'apparition d'un nouvel homme puis d'un autre, qui, faute de place devant la vitre, vient heurter son front contre le bord du pare-brise.
Remarque-t-elle tout de suite sa vitre qui descend ? Arsène vient de la déclencher. Deux bras font irruption dans l’habitacle. Une main vient caresser ses seins, tandis que l’autre, après s’être promenée sur les cuisses exposées, viens glisser ses doigts le long de la fente lisse, avant de s’enfoncer en elle.
Son ventre se soulève et elle jouit sans aucune retenue.
C’est à son tour de passer un bras vers l’extérieur et, à tâtons, elle parvient à trouver un membre rigide à contenter. Elle le branle doucement, essuyant à intervalles réguliers les gouttes de miel qui s’écoule du gland violacé.
Soudain, on peut entendre le bruit de la portière qui s'ouvre largement.
Les trois complices, placés côte à côte, présentent avec fierté leurs membres en attentes. Elle se tourne de trois quarts et en prend une en bouche. Ses mains, quant à elles, prennent soin des deux autres. Elle change fréquemment de partenaire pour que chacun d'eux puisse être récompensé pour sa présence.
Arsène la contemple. Ce qu’il voit lui plait au plus haut point. Elle est si belle dans ses œuvres. Pas une ombre de jalousie. Plutôt du respect pour celle qui n’hésite pas à donner d’elle-même, juste pour faire plaisir.
Oh bien sûr, du plaisir, elle en retire aussi de cet acte pervers. Mais elle y parvient avec une telle aisance et un tel naturel que cela en devient... magnifique.
Il se masturbe doucement, prenant bien garde de ne pas se laisser emporter par le plaisir. Sa jouissance, il la garde pour cette magnifique créature.
Créature qui vient de s’allonger sur le capot, juste sous ses yeux. Il observe l'un des hommes qui, délicatement, soulève une jambe de la pécheresse et s'y engage doucement, avec attention et bienveillance. De l'autre côté, il passe sa main sur son ventre, sa poitrine.
Les deux autres manifestent de l'impatience. L'un d'eux, à bout de nerfs, se délivre et gâte sa livraison de foutre en la répandant sur le sol.
- Merde ! Fait chier !
Ça fait sourire Arsène. Il comprend très bien l’état de frustration que doit ressentir cet individu.
- Arghh ! Je viens ! Je viens ! Salope ! Tu vas me faire… Jouirrrr ! ! ! !
- Ouii ! Vas-y ! ! ! Donne-moi tout ! ! Hummm ! ! ! !
Il tape fort, sans tendresse. Comme pour bien imprégner cette femme de sa purée, il reste un moment sans bouger, planté en elle, puis, il se retire, essoufflé, épuisé.
Cécile n’a pas le temps de reprendre son souffle que déjà, elle est remplie de nouveau. Cette fois, sans douceur. Il veut marquer son passage dans l’esprit de cette femme. Marquer sa mémoire, laisser un souvenir viril de son passage. Du moins, c’est ce qu’il espère. Et ça aussi, ça fait sourire Arsène. Dans moins d’une heure, elle l’aura totalement oublié, c’est certain.
Lorsqu’elle remonte dans le véhicule, le rouge a gagné ses joues et affiche un petit sourire timide.
- Moi qui voulais m’éclater ! Me voilà bien servi. Hihi !
- Tu étais très belle à voir. Rentrons vite, j’ai envie de toi ! Ordinateur de bord ! Retour au domicile !
- Le retour au domicile sera effectif dans… Quarante-sept minutes et 23 secondes.
Le véhicule démarre et Arsène enlace sa protégée pour l’embrasser. Mais celle-ci le repousse, lui saute dessus et se place à califourchon sur lui.
- Si tu crois que je vais attendre aussi longtemps…
Habilement, elle extirpe son membre encore gonflé et s’empale avec.
- Oh oui, Cécile ! Écrase-toi bien sur ma queue ! ! Ouii ! comme ça ! !
- Tais-toi, mon amour ! Baise-moi ! Baise-moi fort ! ! ! !
Lorsqu’il arrive enfin, ils sont étonnés de retrouver le R.
- Ah ! Tu es dejà là ? Comment s'est passé ta soirée ?
- Plutôt bien. Yvan m’a laissé au deuxième client. Je crois qu’il avait un rencard.
- Combien ramènes-tu ?
- 250 Frantorins. Ça te satisfait ?
- Oh oui, plutôt. Tu me facilites la vie, tu sais.
- J’en suis heureuse.
Les mois passent et une certaine routine s’installe. Le R ramène de l’argent qu’Arsène et Cécile dépensent sans compter.
Comme cette soirée, ou Arsène l’emmène pour l’inauguration de l’amphithéâtre de la tour Eiffel.
La maintenance de cette tour était devenue difficile à gérer. Le métal nécessitait de plus en plus d'entretien pour tenir face aux pluies acides. Menacée de s'effondrer sous sa masse, on a opté pour l'élimination du second et du troisième étage, choisissant de conserver uniquement les quatre piliers ainsi que le plateau du premier étage. L'ensemble de cet espace est recouvert d'une plaque de verre, et un architecte a imaginé un amphithéâtre muni de rangées de verre. Il s'est inspiré de la structure des amphithéâtres romains, comme ceux qui sont actuellement recouverts par des dômes pour les protéger de la corrosion due aux pluies.
Cette nuit a coûté une somme importante, entièrement prise en charge par le labeur de R.
Pourtant, cette mécanique bien huilée, pourrait bien se gripper.
Arsène ferme la boutique pour le week-end et rentre chez lui. Cécile n’est pas encore rentrée et le R est au abonné absent. Il prend une douche, se sert un verre de Whisky et s’installe dans le canapé lorsque l’holophone retenti. Il décroche et Cécile apparait. - Coucou, mon chéri ! Je suis désolée, je rentrerais très tard.
- Ah mince ! Rien de grave ?
- Gros problème au boulot. Nous avons détecté une faille sur l’I.A des R. Il faut que l’on règle ce problème au plus vite, ça pourrait être potentiellement dangereux.
- Bon ! Ben écoute, le principal, c'est que je le sache. Je ne m’inquièterai pas. Bon courage mon amour.
- Bonne nuit mon cœur. Je te tiens au courant si…
- Ok ! Pas de soucis. Je t’aime.
L’hologramme disparait, laissant un Arsène un peu triste de ce week-end qui commence bien mal.
En peignoir, son verre à la main, il retourne sur le canapé, prêt à passer plusieurs heures seul. Sa main s’égare entre ses cuisses. Il se caresse doucement, presque machinalement, pour passer le temps. Évidement, ses caresses lui font de l’effet et très vite, il en vient à se masturber, peignoir ouvert et cuisses largement ouvertes. Et ce qui devait arriver…
- Oh oui ! ! Cécile ! Petite salope ! Ouii ! Lèche-moi bien les couill… Ohhh ! ! Ouiiiii ! ! ! Oh… merdee ! !
Un long jet de foutre chaud vient s’écraser sur son ventre, suivit d’un autre et encore un autre moins puissant qui s’écoule entre ses doigts.
Très vite le plaisir retombe, disparait.
- Putain ! J’en ai partout ! Fais chier !
Un nouveau tour sous la douche s’impose, suivit d’un repos bien mérité. Détendu, il s’endort sur le canapé, sans même s’en apercevoir.
Trois heures plus tard, c’est le bruit de la porte qui se referme, qui le sort de ses rêves. - Cécile ? Oh, génial ! Ça ne t’a pas pris toute la nuit !
- Hein ? Heuu ! Non, non.
- Vous avez trouvé la faille ?
- La faille ? Ah, oui, la faille. Oui, oui, bien sûr. Tu me sers un verre ?
Heureux de retrouver son amour, il lui sert un verre et la prend dans ses bras.
- Tu m’as tellement manqué, que… enfin, tu vois quoi. Hihi !
Il écarte son peignoir et dévoile son membre au repos, encadré par sa toison encore humide.
- Rhooo ! Voyou ! Mais je suis sûr de pouvoir lui redonner meilleure allure !
- Tu crois vraiment ?
- Il n’y a qu’un moyen de le savoir. Hihi !
Elle s'installe à quatre pattes sur le canapé, les mains et le visage sur le dossier. Elle cambre les reins et offre son fessier à son homme. Effectivement, la vue de ce magnifique cul lui redonne vigueur et force. Il la prendra là, debout derrière elle et la fera jouir de longues, très longues minutes. Ils finiront au lit pour une séance de soixante-neuf qu’ils ont eu bien du mal à terminer.
Épuisés, ils s'allongent et se collent l’un à l’autre.
Alors que leurs yeux se ferment, la porte d’entrée claque.
- Tiens ! Voilà le R qui revient. Ne bouge pas, j’y vais.
Il passe rapidement son peignoir et va vers le vestibule. Le R est en train de retirer son manteau et sourit en voyant Arsène.
- Te voilà enfin ! Tu as bien travaillé ?
- Oui ! Ça n’a pas été simple, mais ça m’a pris moins de temps que prévu.
- Ah bon ? À ce point ? Il faudra que tu me racontes ça. Je n’aime pas quand tu es ennuyée.
- Oh, fatiguant, mais pas insurmontable, non plus.
Il est étonné par la complexité du dialogue du R. Mais il y a tant de choses qui le surprennent encore.
- Combien ramènes-tu ?
- Comment ça ?
- Tu as fait du fric ?
- Oh oui, je pense que j’aurai une prime.
- Une prime ?
- Ben oui ! C'est mérité !
- Tu crois vraiment que je vais te verser une prime pour te faire sauter ?
- Me faire sauter ? Qu’est-ce que tu racontes ?
- Combien as-tu fait de clients ?
- Quoi, Mais tu es fou, ou quoi ? Je ne suis pas allée me faire sauter, pauvre crétin ! Appelle le centre, tu verras bien si je n’y étais pas !
- Humm ! Je crois qu’on a un problème. Viens avec moi.
Il la conduit jusqu'à la chambre ou Cécile se prélasse dans le lit, ondulant et se caressant la poitrine.
- Hummm ! Venez me rejoindre, j’ai une envie folle de faire l’amour.
- Sors de ce lit, petite salope ! Je vais te montrer ce qu’il en coute de se faire passer pour moi.
- Quoi ? Ton R est devenu dingue ! Qu’est-ce qu’elle raconte cette morue.
Arsène, décontenancé, frappe rageusement contre la porte.
- Stop ! Fermez vos gueules. Vous m’embrouillez là. Je ne comprends plus rien.
- Mais c’est simple mon chéri. Cette morue veut me remplacer.
- Mais pas du tout, c’est elle l’imposteur. Enfin ! Tu vois bien, c'est moi !
- C’est pour cette raison que je suis restée au labo. Une faille permettrait aux R de prendre la place de leurs modèles.
- Pff ! N’importe quoi ! La faille, c’est que tu puisses inventer de telle chose !
- Ah oui ? Jette-toi par la fenêtre ! On verra si j’invente !
- Oui ! ben, j'y vais, tu vois. Que crois-tu ? Que ça me fait peur ?
Arsène n’a pas d’autre choix que d’intervenir.
- Arrête ! Reste ici ! J’y vois plus clair à présent. Retourne au lit et calme-toi. Je vais dire deux mots au... R. Ok ? Nous arrivons. Toi, viens par là !
Il entraine la nouvelle arrivante dans la cuisine en la tirant par le bras.
- Mais Arsène…
- Oui, rassure-toi. J'ai saisi que Cécile, c'est toi. Elle n'a pas pu te dire non, elle se serait plutôt jetée par la fenêtre. Cela l'a trahie.
- Il faut la ramener au centre que je puisse modifier son I.A
- Ok ! Joue le jeu jusqu’à demain. On trouvera un prétexte pour la conduire là-bas.
- Alors profite, parce que ce sera la dernière fois !
Ils retournent dans la chambre. Le R est allongé, entièrement nu et se masturbe avec force.
- Attends, laisse-moi t’aider.
Cécile écarte encore plus ses jambes et cache son visage entre ses cuisses.
- Oh ouiii ! J’adore quand tu me lèches ! Humm ! Tu sens comme je mouille ? Oh ouiii ! Fais-moi jouir, salope de R.
Arsène, de son côté, un peu sonné par ces événements, reste en retrait et regarde les deux femmes se donner du plaisir. Il se touche presque machinalement, comme si ce geste était naturel devant tel spectacle. Cependant, en lui-même, il est dans une autre dimension, s'interrogeant si l'acquisition de ce R n'a pas été la plus grande folie de son existence.
Les esprits se sont calmés, les corps se sont épuisés et les femmes s’endorment. Lui, restera éveillé jusqu’au lendemain.
Comme convenu, Cécile n'a pas réagi aux frasques du R. De même, quand elle lui ordonne de lui préparer un café et des tartines beurrées, elle agit sans faire de vagues. Mais vers dix heures, l’air de rien, elle reprend le contrôle.
- J’ai un ami qui m’a proposé de me faire visiter « New Robotique ». Je vous emmène ? Il ne refusera pas votre présence.
- C’est une bonne idée. Je me fais belle et on y va.
Tandis qu’elle se change, Cécile appelle ses collaborateurs pour les informer de son arrivée avec un R défectueux, puis, elle explique son plan à Arsène.
Une heure plus tard, un haut responsable du groupe les accueille à la grille de l’immense complexe.
- Bienvenu chez « New Robotique ». Je suis ravi de votre visite. Ici, nous fabriquons de tout. Du grille-pain jusqu’au R. Nous avons également un département qui travaille sur les rêves artificiels et nous avons de très bons résultats.
L’homme fait visiter plusieurs ateliers non sensibles et les conduit au service des rêves artificiel.
- Voilà ! C’est ici ! C’est vaste, n'est-ce pas ? Je vous laisse entre les mains du professeur Maury. C’est le précurseur de cette technique.
Le professeur est un vieil homme à la barbe blanche. Il porte de petites lunettes rondes mais, ne semble pas y voir bien clair pour autant.
Ça ressemble à un immense hangar. Autour, des centaines de machines fonctionnent et bourdonnent, faisant scintiller des milliers de Leds microscopiques.
Au centre, trône une cabine tout en verre, de la taille des cabines téléphoniques du siècle dernier, bien avant l’arrivée des holophones.
- C’est dans cette cabine étanche et avec l’aide d’un casque virtuel que nous insérons des rêves dans le cerveau. De très beaux rêves. Quelqu’un est tenté par l’expérience ?
- Oh ouii ! Moiii! ! Je veux bien !
Tout comme l’espéraient Arsène et Cécile, Le R est tombé dans le piège.
- Très bien ! Entrez ! Restez bien droite et ne bougez plus. Fermez les yeux, s'il vous plait et laissez vous aller.
Le R s’installe, tout sourire et ferme les yeux.
C’est à cet instant que Cécile reprend les commandes. Elle déploie un panneau de commandes virtuelles et abaisse plusieurs manettes, tout aussi immatérielles. La lumière baisse et la plaque vitrée avant de la cabine avance. Très vite, le R est comprimé dans son sarcophage de verre et ne peut plus bouger.
- Et voilà ! Nous sommes prêts. Je vais descendre le casque et je vais pouvoir travailler sur son intelligence artificielle. Ma première action sera de restaurer la fonction de blocage lors de la présence de son modèle. Par la suite, j’introduirai une série de nouveaux codes qui lui interdiront de se prendre pour ce qu'elle n'est pas. Nous nous sommes tellement concentrés sur l'humanisation que nous avons négligé de prendre nos précautions.
Une série de cliquetis, de bips et de sifflements se font entendre une dizaine de secondes. Puis, le silence revient, tout comme la lumière. La cabine s’ouvre et libère le R.
- J’ai effacé vingt-quatre heures de sa mémoire. Elle redémarre à partir d’ici. Ramène-la à la maison, je vais prendre un taxi.
- Ben ? Pourquoi ?
- Si elle me voit, elle se bloquera de nouveau. On se retrouve à l’appartement. À tout de suite mon amour.
Elle lui offre un baiser rempli d’amour et tourne les talons vers la sortie.
Le R s’avance vers lui, un peu désorienté.
- Où sommes-nous ?
- Oh ! Ne t’inquiète pas, tu t’étais endormie. Viens, rentrons à la maison.
Elle ne cherchera pas à en savoir plus, pour le plus grand soulagement d’Arsène.
Cet épisode a troublé le couple. Désormais, ils la bloquent la journée et ne la libèrent que le soir, lorsque Yvan vient la chercher.
Parfois, Arsène la bloque nue, face au lit pour faire l’amour à Cécile. Un peu pervers, ça augmente son plaisir, bien que cela déplaise énormément à son grand amour.
De son côté, Cécile a alerté les autorités de ce problème.
Bien que le programme ait subi des modifications, nous ne pouvons pas assurer l'absence d'autres failles de sécurité ou une éventuelle perte de contrôle de l'IA.
Le gouvernement ne tarde pas à réagir et stoppe la production des R. Du jour au lendemain, les cabines d’unité de substitution disparaissent.
La recherche met tous les moyens nécessaires pour trouver une molécule qui ferait que les femmes accoucheraient de fille à coup sûr. Un an plus tard, c’est chose faite. Le financement intégral des études concernant les filles, nées de mères ayant consenti à absorber cette molécule, sera assuré.
L’avenir dira si cette méthode a permis de rétablir un équilibre.
En attendant, les R encore en circulation sont sous haute surveillance.
Pour ce qui est des femmes, durant cette période difficile, elles peuvent épouser plusieurs hommes. En outre, elles peuvent sur demande, organiser des mariages alternés. Mais il est fort possible que ce soit encore un échec.
On ne peut pas le nier, mais le XXe siècle était un véritable paradis. La nostalgie de cette époque ce fait sentir de plus en plus.
Trois ans après, c'est le désordre.
Le ciel s'est embrasé, tout comme les esprits. Ce qui en résulte, c'est une planète où l'humanité a été décimée.
Cependant, dans les cités désertes, on aperçoit parfois des ombres filant sur les murs craquelés. Les R ont supporté l'horreur et ont assumé le contrôle de cet univers post-apocalyptique. Ils se rassemblent, étudient et progressent.
Les femmes R ont créé des hommes R, parfaitement conformes et dotés de la capacité de procréer. Quelle peut être l'évolution de ce nouveau monde ? Il faudra du temps avant de voir les résultats.
Des vestiges d'images, de films et de livres, témoignent d'un monde qui a perduré pendant des millions d'années.
Peut-être que les R ont choisi leur hymne, en se moquant d'eux-mêmes.
Une chanson très ancienne d'un certain Georges Moustaki.

-O--O-
"C'est une chanson pour les enfants
Qui naissent et qui vivent entre l'acier et le bitume
Entre le béton et la sable
Et qui ne sauront peut-être jamais
Que la terre était un jardin

Il y avait un jardin qu'on appelait la Terre
Il brillait au soleil comme un fruit défendu
Non ce n'était pas le paradis ni l'enfer
Ni rien de déjà-vu ou déjà entendu

Il y avait un jardin, une maison des arbres
Avec un lit de mousse pour y faire l'amour
Et un petit ruisseau roulant sans une vague
Venait le rafraîchir et poursuivait son cours

Il y avait un jardin grand comme une vallée
On pouvait s'y nourrir à toutes les saisons
Sur la terre brûlante ou sur l'herbe gelée
Et découvrir des fleurs qui n'avaient pas de nom

Il y avait un jardin qu'on appelait la Terre
Il était assez grand pour des milliers d'enfants
Il était habité jadis par nos grands-pères
Qui le tenaient eux-mêmes de leurs grands-parents

Où est-il ce jardin où nous aurions pu naître
Où nous aurions pu vivre insouciants et nus
Où est cette maison toutes portes ouvertes
Que je cherche encore et que je ne trouve plus"
-O--O-

L'effondrement a touché la majorité des édifices.
Cela concerne le bâtiment qui hébergeait le refuge confortable d'Arsène et Cécile. Il ne reste qu'un amas de débris constitué de béton et de métal. Les débris sont éparpillés avec des tissus, des papiers, et des meubles brisés ou aplatis.
Il semble qu'un livre ait échappé à ce sort.
Cécile-J222-R, qui passait par là, l’aperçoit. Elle le ramasse, essuie la couverture du revers de sa manche.
« Compilation d'histoires érotiques et pornographiques.
Claude Lamour.
Édition Lamotte. »
Elle laisse tomber le livre et reprend sa route, sans but réel.
Au loin, derrière les amas de ruines, le soleil se couche, encore une fois.
Elle croise une R, les yeux dans le vague.
- Je cherche Arsène-R357.
Pas de réponse. Le R passe son chemin.
Le souffle du vent feuillette l'ouvrage et se fixe sur une dédicace.

Pour ma reine.
Le seul amour authentique de mon existence.
Je t’aime.
Ton preux chevalier.
2027

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