Les Secrets Charnels d'un Gentleman.
Récit érotique écrit par kiki31200 [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur homme.
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Les Secrets Charnels d'un Gentleman.
Chapitre 2 : Le Piège des Convenances
Louis poussa la lourde porte d’entrée du manoir familial. Le soulagement d'échapper aux regards de la rue fut de courte durée. Durant tout le trajet depuis le parc, il avait gardé le goût du sperme de Martin sur la langue — cette texture crémeuse, à la fois sucrée et amère, qui ne faisait qu'alimenter un brasier intérieur. Ce souvenir charnel stimulait cruellement ses sentiments ambivalents : d'un côté, un plaisir brûlant et inédit ; de l'autre, une honte féroce dictée par son éducation bourgeoise.
Il décida de monter immédiatement dans sa chambre pour mettre une tenue plus décontractée et se rafraîchir la bouche. Sur son lit, Alice, la gouvernante, avait déjà soigneusement préparé ses vêtements. Il se déshabilla rapidement, abandonnant son costume trois-pièces gris, encore imprégné de l'odeur des vespasiennes. Une fois dans la salle de bain, il fit couler de l'eau fraîche, s'en passa vigoureusement sur le visage pour chasser sa rougeur, puis se rinça abondamment la bouche pour effacer les dernières traces de son escapade clandestine.
Mais l'eau ne pouvait pas rincer ses pensées.
Une fois rafraîchi et rhabillé, le cœur lourd, il redescendit l'escalier pour rejoindre ses parents. Des bruits de voix animées s'échappaient déjà du salon. Lorsqu'il poussa la porte de la pièce, son sang ne fit qu'un tour : ses parents n'étaient pas seuls. Marie, sa promise, était là, entourée de sa famille. Cette union avait été décidée de longue date par leurs pères respectifs dans un seul but : renforcer leur collaboration professionnelle et développer leurs entreprises.
Louis s'installa à côté de Marie. Forçant sa nature de dandy, il commença à lui faire la cour avec l'élégance et la courtoisie qu'on attendait d'un gentleman de son rang. Il complimenta sa tenue, lui sourit, mais le masque était lourd à porter. À chaque fois qu'il regardait la jeune fille, l'image du sexe dressé de Martin s'imposait à lui avec une force dévastatrice. Il croyait encore sentir l'aura virile de l'ouvrier, son parfum puissant de musc et de sueur de fin de journée qui l'avait tant excité dans l'ombre de la cabine.
Pire encore, en croisant le regard de son futur beau-père, Louis remarqua l'alliance en or qui brillait à son doigt. Une décharge électrique le traversa : elle lui rappela celle qu'il avait vue à l'annulaire de Martin pendant qu'il le masturbait. Le trouble du jeune homme devint presque palpable.
Malgré le chaos qui faisait rage sous son costume de dandy, Louis prit une décision ferme, dictée par son sens du devoir et la peur du scandale : il ne retournerait plus jamais aux vespasiennes. Il enterrait Martin, le parc et cette parenthèse de luxure clandestine. Tout au long de la soirée, il maintint ce masque de convenance avec une discipline de fer. Il rit aux éclats de son futur beau-père, acquiesça aux projets d'extension d'usines et multiplia les attentions galantes envers Marie, qui quitta le manoir absolument charmée par son prétendant.
La comédie avait été parfaite. Mais le plus dur restait à venir.
Une fois la maison plongée dans le silence de la nuit, Louis se retrouva seul dans l'obscurité de sa chambre. Lorsqu'il se glissa entre ses draps de fil, la résolution qu'il avait cru si solide commença déjà à se fissurer. Libéré du regard des autres, les barrières mentales qu'il avait érigées s'effondrèrent d'un coup. Dès qu'il ferma les yeux, la scène des toilettes se rejoua derrière ses paupières avec une netteté terrifiante. Le parfum musqué de Martin, l'odeur de la sueur ouvrière et de la Javel semblèrent saturer l'air de la pièce. Immédiatement, son sexe prit du volume, tendant la toile de sa chemise de nuit.
Submergé par les sensations et le souvenir des gestes de l'ouvrier, Louis glissa une main tremblante sous le tissu. Il commença par caresser sa bite avec une délicatesse infinie, savourant la chaleur qui montait en lui. Enhardi par l'obscurité et le souvenir de cette virilité brute qui l'avait dominé, il descendit ses doigts le long de sa verge pour effleurer ses bourses. Puis, poussé par une curiosité nouvelle et un désir d'exploration qui le dépassait, il aventura pour la toute première fois sa main vers son anus.
Un frisson électrique le traversa lorsqu'il effleura simplement l'entrée anale. C'était une sensation totalement inconnue, un interdit de plus qui volait en éclats. Après avoir caressé doucement cette zone sensible, il ramena sa main sur sa bite et accéléra le mouvement, imprimant des va-et-vient de plus en plus rapides, imitant le rythme que Martin lui avait imposé quelques heures plus tôt.
Le plaisir qu'il éprouvait ce soir-là était d'une intensité radicalement différente de ses masturbations habituelles ; il était démultiplié par le souvenir de la chair, des fluides et de la voix rauque de l'ouvrier. La vague de jouissance le submergea avec une telle violence que Louis dut se mordre cruellement la lèvre inférieure pour étouffer le cri qui montait dans sa gorge, de peur de réveiller ses parents ou les domestiques.
Quand son souffle revint enfin à la normale, la pièce retomba dans le silence, mais le lit était désormais le théâtre d'une certitude bien plus troublante : son corps venait de trahir sa volonté.
Pendant toute la semaine qui suivit, Louis vécut un véritable enfer intérieur, oscillant perpétuellement entre des vagues de désir brûlant et des abîmes de honte. Cet état de tension nerveuse constante l'empêcha de se concentrer sur son travail, ce qui lui valut une remontrance particulièrement sévère de son père, furieux de voir son héritier si distrait à l'approche d'une fusion si importante.
Mais le jour J arriva. Persuadé d'avoir retrouvé sa force de caractère, Louis était absolument certain qu’il ne retournerait pas voir Martin. En sortant de l'usine, il commença d'ailleurs à rentrer chez lui par sa route habituelle. Pourtant, en passant à la hauteur du parc, son regard fut irrésistiblement attiré par les grands arbres. Avant même qu’il n'ait conscience d’avoir pris la moindre décision, ses pas, traîtres, l’avaient déjà mené vers les vespasiennes.
Prenant une grande inspiration pour calmer les battements de son cœur, il poussa la lourde porte et pénétra dans cet endroit à l’ambiance si particulière, lourde d'humidité et de Javel. Il n’y avait personne. Cherchant à retrouver ses repères, il se plaça exactement au même urinoir que la dernière fois et sortit son sexe, faisant semblant d’uriner pour se donner une contenance. Soudain, une bouffée de honte intense s’empara de lui. Se trouvant pathétique d'attendre ainsi, Louis se rhabilla précipitamment, bien décidé à s'enfuir.
C’est le moment exact que choisit la porte pour s'ouvrir dans un grincement familièrement excitant.
Là, dans l’encadrement, apparut Martin. Une nouvelle fois, Louis fut totalement subjugué par cet homme en bleu de travail qui dégageait un « je-ne-sais-quoi » d’unique, de brut et de profondément sensuel. En avisant le jeune bourgeois, Martin ne put s’empêcher d’arborer un sourire complice et vainqueur. Intimidé et rougissant violemment, Louis perdit tous ses moyens et se repositionna maladroitement devant l’urinoir. Martin, d’une démarche assurée et virile, s’installa juste à côté de lui, comme la première fois, et défit sa braguette. Mais cette fois, au lieu de feindre une fausse toux, l'ouvrier brisa le silence d'une voix rauque :
— Monsieur le Dandy est de retour… Serait-il intéressé par découvrir d’autres plaisirs ?
Louis, paralysé par sa timidité, fut incapable de prononcer le moindre mot. Pourtant, ses yeux bleus ancrés dans ceux de l'ouvrier, il hocha la tête de haut en bas pour dire oui. Il n’en fallut pas plus pour que Martin prenne fermement les choses en main.
Il entraîna Louis dans la pénombre d'une cabine, verrouilla la porte, le fit asseoir sur la lunette des toilettes et, d’un geste brusque, lui baissa son pantalon gris jusqu’aux chevilles. Louis comprit immédiatement ce que Martin attendait de lui. Libéré de ses inhibitions, il saisit le sexe lourd et chaud de l'ouvrier entre ses mains et approcha sa bouche de cet organe qui avait hanté toutes ses nuits.
Il commença à lui faire une pipe passionnée. Se rappelant les conseils murmurés la semaine précédente, il utilisa sa langue avec adresse, jouant subtilement avec le prépuce de Martin. Il la passa délicatement entre la peau et le grand gland sombre, avant de venir titiller le méat urinaire. Ces attouchements experts firent rapidement perler un pré-sperme limpide et chaud. Martin laissa échapper un grognement et pencha la tête en arrière, savourant le traitement. Fier de l'effet qu'il provoquait, Louis accéléra le rythme de ses va-et-vient, s'attendant à recevoir comme la première fois la semence de l'ouvrier au fond de la gorge.
Mais Martin avait une tout autre idée en tête pour ce deuxième rendez-vous.
Juste avant d’atteindre l’éjaculation, l'ouvrier arrêta net le mouvement de Louis et se dégagea. Un instant de doute et de panique traversa le dandy. Mais, affirmant toute sa domination, Martin releva Louis par les épaules et lui murmura sensuellement à l’oreille :
— Retourne-toi et penche-toi en mettant tes mains sur le mur. Je vais te faire découvrir d'autres plaisirs.
Louis, le cœur battant à tout rompre, partagé entre une vive inquiétude et une excitation sans bornes, s’exécuta et appuya ses paumes contre le ciment frais de la cloison. Martin défit promptement les boutons de la culotte de Louis et abaissa ses vêtements sur ses chevilles. À cet instant, Louis éprouva un immense sentiment de libération : sa propre bite, furieusement en érection, était jusqu'alors douloureusement compressée dans son pantalon ; la voilà enfin libre.
Martin passa ses mains calleuses sur les fesses blanches et douces du dandy, savourant le contraste, avant de glisser ses doigts entre ses cuisses pour venir caresser la corolle anale de Louis. Ce contact direct fit frissonner le jeune homme de la tête aux pieds. Avec un sourire de loup, Martin se mit à genoux derrière lui. Écartant fermement les fesses de Louis, il y plongea son visage.
Il sortit sa langue et commença à lécher le trou du dandy avec une délicatesse infinie. Sentant l'anus se décontracter sous l'effet de la chaleur et de la salive, l'ouvrier intensifia son geste, enfonçant sa langue de plus en plus profondément dans le cul de Louis. Cette sensation totalement inédite provoqua chez le jeune bourgeois un plaisir d'une violence inouïe. Louis tentait désespérément de ne pas faire trop de bruit pour ne pas donner l'alerte au-dehors, mais ses soupirs étouffés trahissaient son extase, tandis que sa queue déversait une quantité importante de pré-foutre qui coulait le long de son ventre. Martin s'en aperçut d'ailleurs en glissant une main sous lui pour palper son membre.
Au bout d’un moment, jugeant que la « feuille de rose » avait suffisamment détendu l'anus du jeune homme, Martin se redressa, vint coller son torse contre le dos de Louis et murmura près de son oreille :
— Tu en veux plus ?
Dans un râle d’excitation pure, Louis laissa échapper un faible :
— Oui…
Martin porta alors un doigt à sa bouche pour le lubrifier abondamment de sa salive, avant de pénétrer doucement Louis. Le corps du dandy se cambra, oscillant entre la surprise de l'intrusion et un plaisir grandissant. Constatant sa réceptivité, Martin continua de jouer avec son cul, insérant un deuxième, puis un troisième doigt pour parfaire la dilatation. Louis éprouvait un plaisir intense. Quand Martin estima qu'il était assez ouvert, il retira brusquement ses doigts. Louis ressentit aussitôt un immense sentiment de manque.
Mais le vide fut vite comblé. Martin approcha sa queue lourde et l'aligna contre l'entrée rétive. D'un mouvement délicat, ferme et continu, il pénétra Louis jusqu'à enfoncer l'intégralité de son membre au plus profond de lui.
Cette première pénétration entraîna une douleur si vive et soudaine que Louis l'exprima malgré lui par un cri. Immédiatement, Martin lui plaqua sa main droite sur la bouche pour étouffer le son, tout en lui murmurant :
— Doucement… détends-toi. C'est un mauvais moment à passer, après tu vas aimer.
Pour l’aider à surmonter la douleur et à relâcher ses muscles, Martin embrassa tendrement le cou de Louis et se mit à mordiller le lobe de son oreille. En parallèle, sa main gauche descendit vers le sexe du dandy pour le masturber gentiment. Sous l'effet de la pénétration et de la douleur, la verge de Louis avait débandé, mais ce traitement expert lui fit reprendre une vigueur encore plus intense. Sentant que le cul du jeune homme se décontractait enfin et épousait sa forme, Martin commença de petits va-et-vient réguliers.
En effet, la douleur s'évanouit rapidement pour laisser place à un plaisir d'un genre totalement nouveau, interne et dévastateur. Désireux d'augmenter la cadence et la profondeur, Martin déplaça ses mains pour agripper fermement les hanches de Louis. Cela lui permit de prendre le dandy sur toute la longueur, l'enfonçant à chaque coup un peu plus dans une extase infinie.
Louis était submergé par ce plaisir immense. Sentant le membre glisser chaudement dans son cul et entendant le claquement rythmé des hanches de Martin contre ses fesses, il atteignit un point de non-retour. Dans un spasme violent, il éjacula contre le mur, sans même que personne n'ait besoin de toucher à son sexe. La contraction réflexe et ultra-serrée de l'anus de Louis qui suivit l'orgasme procura une sensation incroyable à Martin. Poussé à bout, l'ouvrier enfonça violemment sa queue une dernière fois au fond de Louis et jouit plusieurs giclés de spermes.
Il fallut de longues minutes aux deux amants, pantelants contre la cloison, pour reprendre leurs esprits. La bite de Martin débanda doucement et sortit du cul de Louis dans un petit bruit feutré.
Avant de reculer, Martin se pencha et murmura :
— Ça t'a plu ?
— Oh… oui, répondit Louis dans un souffle tremblant.
— Si tu veux, je peux te faire découvrir d’autres plaisirs toutes les semaines. Même jour, même heure, même endroit.
— Oui, haleta le dandy, l'esprit encore embrumé par l'excitation.
Juste avant de s'en aller, l'ouvrier posa une dernière question, fixant le jeune homme avec un intérêt nouveau :
— Monsieur le Dandy a-t-il un prénom ?
— Louis, murmura-t-il.
Martin colla son oreille contre la porte de la cabine pour s’assurer que les vespasiennes étaient toujours désertes. N'entendant rien, il sortit, prit le temps de rincer rapidement sa bite au lavabo de fonte, puis s’éclipsa discrètement dans la fin de soirée. Resté seul, Louis prit le temps de nettoyer ses cuisses, rajusta soigneusement son costume gris, et quitta à son tour les lieux, le corps transformé et l'esprit définitivement conquis.
Pendant plusieurs semaines, Louis ne manqua pas le moindre rendez-vous avec Martin. Au fil des rencontres clandestines dans l'ombre de la cabine, le sentiment de honte qui l'étouffait au départ disparut progressivement, laissant place à un cœur plus léger. Submergé par cet attachement grandissant, Louis finit par ouvrir son âme et exprimer ses sentiments à Martin. Mais l'ouvrier doucha ses espoirs d'un ton sans appel : il lui déclara qu'il ne pouvait pas éprouver de tels sentiments pour un homme, et que le jeune dandy devait impérativement penser à prendre femme
.
Louis, bien que sachant pertinemment que son cœur n'appartenait qu'à Martin, accusa le coup. Pour préserver son secret et donner le change, il se mit à faire la cour à Marie de façon bien plus intense. Ce semblant de bonheur et cette double vie eurent même des conséquences inattendues et positives sur son travail à l'usine. Son père, ravi de voir les efforts et le sérieux de son fils, décida de le promouvoir en lui confiant la responsabilité d'un secteur entier de l'entreprise.
Lors de la visite de ce nouvel atelier, le père de Louis lui présenta les ouvriers. Quelle ne fut pas la surprise du jeune dandy d'y découvrir Martin, fidèle à son poste en bleu de travail ! C'est à ce moment que son père lui apprit un détail saisissant : Martin était l'époux d'Alice, la gouvernante du manoir familial. Louis ressentit une pointe immédiate de jalousie envers Alice, mais il ne put s'empêcher d'être aussi content pour Martin, car la gouvernante était une femme charmante qu'il affectionnait depuis sa tendre enfance.
Installé dans son nouveau bureau, Louis disposait d'une grande fenêtre qui donnait directement sur l'atelier. Tout au long de la semaine, il pouvait ainsi couver du regard son être aimé. Et, une fois par semaine, ils se retrouvaient pour leurs contacts physiques et des discussions de plus en plus profondes.
À la suite de l'une de leurs étreintes, poussé par un désir d'affirmation, Louis émit le souhait de pénétrer Martin à son tour. L'ouvrier refusa catégoriquement, le repoussant d'un ton sec : il n'était pas un « pédéraste » et lui lança que s'il voulait vraiment essayer cela, il n'avait qu'à trouver quelqu'un d'autre dans ces lieux.
Blessé par ces propos mais trop timide pour relever, Louis garda le silence. Cependant, quelques jours plus tard, la curiosité l'emporta. Il retourna seul aux vespasiennes. En y pénétrant, il y trouva un homme. Ne sachant trop comment l'aborder, il se rappela sa première rencontre avec Martin et copia ses gestes : il sortit sa verge et provoqua le regard de l'inconnu. L'homme, loin d'être timide, se mit immédiatement à genoux et emboucha le sexe de Louis, en plein milieu de la pièce. Désirant plus d'intimité, Louis le releva et l'entraîna dans une cabine où il le pénétra sans difficulté. Bien qu'il y ait pris du plaisir, Louis décida en sortant de ne plus jamais recommencer : c'était avec Martin, et aucun autre, qu'il voulait être.
Le jour du rendez-vous suivant, alors que l'heure tournait, le père de Louis entra inopinément dans son bureau et entama une longue discussion professionnelle. Les yeux rivés sur les aiguilles de la pendule qui avançaient inexorablement, Louis bouillonnait d'angoisse, se demandant si Martin allait l'attendre. Dès que son père le libéra enfin, Louis quitta l'entreprise d'un pas rapide, retenant sa fureur de courir pour ne pas éveiller les soupçons.
En approchant du parc, il sentit immédiatement une ambiance bizarre, lourde et glaciale. Près du bosquet des vespasiennes, l'horreur le figea sur place : un véhicule de la police était garé, et des officiers en uniforme menaient une rafle, arrêtant les hommes pour délit de pédérastie. Le cœur de Louis se brisa en mille morceaux lorsqu'il vit Martin sortir, les mains entravées par des menottes. Leurs regards se croisèrent une ultime fois. Dans les yeux de l'ouvrier, Louis put lire une immense souffrance, mais aussi un ordre muet et désespéré : pars d'ici, protège-toi.
Pris de panique, Louis fit demi-tour. Une fois hors du parc, il se mit à courir, d'abord sans but, les larmes aux yeux, puis obliqua vers le manoir. Il s'engouffra dans sa chambre, saisit la bague de fiançailles que lui avait léguée sa grand-mère, et courut sans reprendre son souffle jusqu'au domicile de Marie pour lui demander officiellement sa main.
Ce n'est qu'après de longues heures de félicitations et de célébrations forcées en famille que Louis put enfin s'enfermer dans la solitude de sa chambre. S'effondrant sur son lit, il serra un coussin de toutes ses forces contre sa poitrine et éclata en sanglots, pleurant la perte de son amant et la fin de son insouciance.
Le lendemain matin, le dandy espérait que le pire était derrière lui. Il n'en était rien. Dès son arrivée à l'usine, il constata que la rumeur de l'arrestation s'était propagée comme une traînée de poudre. Martin, cet ouvrier jusqu'alors apprécié de tous pour sa force et sa droiture, était désormais conspué et traîné dans la boue par ses anciens camarades d'atelier.
Après une journée de travail qu'il trouva interminable, l'esprit hanté par les gros titres des journaux et les qu'en-dira-t-on, Louis rentra chez lui, désireux de se réfugier dans sa bulle. Mais le calvaire n'était pas fini. En passant le vestibule, il fut arrêté par les éclats de voix violents de son père. Ce dernier hurlait et insultait copieusement Alice dans le salon, la fustigeant en raison de l'arrestation de son mari et crachant des mots d'une haine féroce : « Sale pédéraste ! ».
Immobile dans le couloir, le cœur mort, Louis resta interdit et meurtri. Il ne fit rien, prisonnier de son propre secret et de sa lâcheté bourgeoise.
Fin du Chapitre 2.
Louis poussa la lourde porte d’entrée du manoir familial. Le soulagement d'échapper aux regards de la rue fut de courte durée. Durant tout le trajet depuis le parc, il avait gardé le goût du sperme de Martin sur la langue — cette texture crémeuse, à la fois sucrée et amère, qui ne faisait qu'alimenter un brasier intérieur. Ce souvenir charnel stimulait cruellement ses sentiments ambivalents : d'un côté, un plaisir brûlant et inédit ; de l'autre, une honte féroce dictée par son éducation bourgeoise.
Il décida de monter immédiatement dans sa chambre pour mettre une tenue plus décontractée et se rafraîchir la bouche. Sur son lit, Alice, la gouvernante, avait déjà soigneusement préparé ses vêtements. Il se déshabilla rapidement, abandonnant son costume trois-pièces gris, encore imprégné de l'odeur des vespasiennes. Une fois dans la salle de bain, il fit couler de l'eau fraîche, s'en passa vigoureusement sur le visage pour chasser sa rougeur, puis se rinça abondamment la bouche pour effacer les dernières traces de son escapade clandestine.
Mais l'eau ne pouvait pas rincer ses pensées.
Une fois rafraîchi et rhabillé, le cœur lourd, il redescendit l'escalier pour rejoindre ses parents. Des bruits de voix animées s'échappaient déjà du salon. Lorsqu'il poussa la porte de la pièce, son sang ne fit qu'un tour : ses parents n'étaient pas seuls. Marie, sa promise, était là, entourée de sa famille. Cette union avait été décidée de longue date par leurs pères respectifs dans un seul but : renforcer leur collaboration professionnelle et développer leurs entreprises.
Louis s'installa à côté de Marie. Forçant sa nature de dandy, il commença à lui faire la cour avec l'élégance et la courtoisie qu'on attendait d'un gentleman de son rang. Il complimenta sa tenue, lui sourit, mais le masque était lourd à porter. À chaque fois qu'il regardait la jeune fille, l'image du sexe dressé de Martin s'imposait à lui avec une force dévastatrice. Il croyait encore sentir l'aura virile de l'ouvrier, son parfum puissant de musc et de sueur de fin de journée qui l'avait tant excité dans l'ombre de la cabine.
Pire encore, en croisant le regard de son futur beau-père, Louis remarqua l'alliance en or qui brillait à son doigt. Une décharge électrique le traversa : elle lui rappela celle qu'il avait vue à l'annulaire de Martin pendant qu'il le masturbait. Le trouble du jeune homme devint presque palpable.
Malgré le chaos qui faisait rage sous son costume de dandy, Louis prit une décision ferme, dictée par son sens du devoir et la peur du scandale : il ne retournerait plus jamais aux vespasiennes. Il enterrait Martin, le parc et cette parenthèse de luxure clandestine. Tout au long de la soirée, il maintint ce masque de convenance avec une discipline de fer. Il rit aux éclats de son futur beau-père, acquiesça aux projets d'extension d'usines et multiplia les attentions galantes envers Marie, qui quitta le manoir absolument charmée par son prétendant.
La comédie avait été parfaite. Mais le plus dur restait à venir.
Une fois la maison plongée dans le silence de la nuit, Louis se retrouva seul dans l'obscurité de sa chambre. Lorsqu'il se glissa entre ses draps de fil, la résolution qu'il avait cru si solide commença déjà à se fissurer. Libéré du regard des autres, les barrières mentales qu'il avait érigées s'effondrèrent d'un coup. Dès qu'il ferma les yeux, la scène des toilettes se rejoua derrière ses paupières avec une netteté terrifiante. Le parfum musqué de Martin, l'odeur de la sueur ouvrière et de la Javel semblèrent saturer l'air de la pièce. Immédiatement, son sexe prit du volume, tendant la toile de sa chemise de nuit.
Submergé par les sensations et le souvenir des gestes de l'ouvrier, Louis glissa une main tremblante sous le tissu. Il commença par caresser sa bite avec une délicatesse infinie, savourant la chaleur qui montait en lui. Enhardi par l'obscurité et le souvenir de cette virilité brute qui l'avait dominé, il descendit ses doigts le long de sa verge pour effleurer ses bourses. Puis, poussé par une curiosité nouvelle et un désir d'exploration qui le dépassait, il aventura pour la toute première fois sa main vers son anus.
Un frisson électrique le traversa lorsqu'il effleura simplement l'entrée anale. C'était une sensation totalement inconnue, un interdit de plus qui volait en éclats. Après avoir caressé doucement cette zone sensible, il ramena sa main sur sa bite et accéléra le mouvement, imprimant des va-et-vient de plus en plus rapides, imitant le rythme que Martin lui avait imposé quelques heures plus tôt.
Le plaisir qu'il éprouvait ce soir-là était d'une intensité radicalement différente de ses masturbations habituelles ; il était démultiplié par le souvenir de la chair, des fluides et de la voix rauque de l'ouvrier. La vague de jouissance le submergea avec une telle violence que Louis dut se mordre cruellement la lèvre inférieure pour étouffer le cri qui montait dans sa gorge, de peur de réveiller ses parents ou les domestiques.
Quand son souffle revint enfin à la normale, la pièce retomba dans le silence, mais le lit était désormais le théâtre d'une certitude bien plus troublante : son corps venait de trahir sa volonté.
Pendant toute la semaine qui suivit, Louis vécut un véritable enfer intérieur, oscillant perpétuellement entre des vagues de désir brûlant et des abîmes de honte. Cet état de tension nerveuse constante l'empêcha de se concentrer sur son travail, ce qui lui valut une remontrance particulièrement sévère de son père, furieux de voir son héritier si distrait à l'approche d'une fusion si importante.
Mais le jour J arriva. Persuadé d'avoir retrouvé sa force de caractère, Louis était absolument certain qu’il ne retournerait pas voir Martin. En sortant de l'usine, il commença d'ailleurs à rentrer chez lui par sa route habituelle. Pourtant, en passant à la hauteur du parc, son regard fut irrésistiblement attiré par les grands arbres. Avant même qu’il n'ait conscience d’avoir pris la moindre décision, ses pas, traîtres, l’avaient déjà mené vers les vespasiennes.
Prenant une grande inspiration pour calmer les battements de son cœur, il poussa la lourde porte et pénétra dans cet endroit à l’ambiance si particulière, lourde d'humidité et de Javel. Il n’y avait personne. Cherchant à retrouver ses repères, il se plaça exactement au même urinoir que la dernière fois et sortit son sexe, faisant semblant d’uriner pour se donner une contenance. Soudain, une bouffée de honte intense s’empara de lui. Se trouvant pathétique d'attendre ainsi, Louis se rhabilla précipitamment, bien décidé à s'enfuir.
C’est le moment exact que choisit la porte pour s'ouvrir dans un grincement familièrement excitant.
Là, dans l’encadrement, apparut Martin. Une nouvelle fois, Louis fut totalement subjugué par cet homme en bleu de travail qui dégageait un « je-ne-sais-quoi » d’unique, de brut et de profondément sensuel. En avisant le jeune bourgeois, Martin ne put s’empêcher d’arborer un sourire complice et vainqueur. Intimidé et rougissant violemment, Louis perdit tous ses moyens et se repositionna maladroitement devant l’urinoir. Martin, d’une démarche assurée et virile, s’installa juste à côté de lui, comme la première fois, et défit sa braguette. Mais cette fois, au lieu de feindre une fausse toux, l'ouvrier brisa le silence d'une voix rauque :
— Monsieur le Dandy est de retour… Serait-il intéressé par découvrir d’autres plaisirs ?
Louis, paralysé par sa timidité, fut incapable de prononcer le moindre mot. Pourtant, ses yeux bleus ancrés dans ceux de l'ouvrier, il hocha la tête de haut en bas pour dire oui. Il n’en fallut pas plus pour que Martin prenne fermement les choses en main.
Il entraîna Louis dans la pénombre d'une cabine, verrouilla la porte, le fit asseoir sur la lunette des toilettes et, d’un geste brusque, lui baissa son pantalon gris jusqu’aux chevilles. Louis comprit immédiatement ce que Martin attendait de lui. Libéré de ses inhibitions, il saisit le sexe lourd et chaud de l'ouvrier entre ses mains et approcha sa bouche de cet organe qui avait hanté toutes ses nuits.
Il commença à lui faire une pipe passionnée. Se rappelant les conseils murmurés la semaine précédente, il utilisa sa langue avec adresse, jouant subtilement avec le prépuce de Martin. Il la passa délicatement entre la peau et le grand gland sombre, avant de venir titiller le méat urinaire. Ces attouchements experts firent rapidement perler un pré-sperme limpide et chaud. Martin laissa échapper un grognement et pencha la tête en arrière, savourant le traitement. Fier de l'effet qu'il provoquait, Louis accéléra le rythme de ses va-et-vient, s'attendant à recevoir comme la première fois la semence de l'ouvrier au fond de la gorge.
Mais Martin avait une tout autre idée en tête pour ce deuxième rendez-vous.
Juste avant d’atteindre l’éjaculation, l'ouvrier arrêta net le mouvement de Louis et se dégagea. Un instant de doute et de panique traversa le dandy. Mais, affirmant toute sa domination, Martin releva Louis par les épaules et lui murmura sensuellement à l’oreille :
— Retourne-toi et penche-toi en mettant tes mains sur le mur. Je vais te faire découvrir d'autres plaisirs.
Louis, le cœur battant à tout rompre, partagé entre une vive inquiétude et une excitation sans bornes, s’exécuta et appuya ses paumes contre le ciment frais de la cloison. Martin défit promptement les boutons de la culotte de Louis et abaissa ses vêtements sur ses chevilles. À cet instant, Louis éprouva un immense sentiment de libération : sa propre bite, furieusement en érection, était jusqu'alors douloureusement compressée dans son pantalon ; la voilà enfin libre.
Martin passa ses mains calleuses sur les fesses blanches et douces du dandy, savourant le contraste, avant de glisser ses doigts entre ses cuisses pour venir caresser la corolle anale de Louis. Ce contact direct fit frissonner le jeune homme de la tête aux pieds. Avec un sourire de loup, Martin se mit à genoux derrière lui. Écartant fermement les fesses de Louis, il y plongea son visage.
Il sortit sa langue et commença à lécher le trou du dandy avec une délicatesse infinie. Sentant l'anus se décontracter sous l'effet de la chaleur et de la salive, l'ouvrier intensifia son geste, enfonçant sa langue de plus en plus profondément dans le cul de Louis. Cette sensation totalement inédite provoqua chez le jeune bourgeois un plaisir d'une violence inouïe. Louis tentait désespérément de ne pas faire trop de bruit pour ne pas donner l'alerte au-dehors, mais ses soupirs étouffés trahissaient son extase, tandis que sa queue déversait une quantité importante de pré-foutre qui coulait le long de son ventre. Martin s'en aperçut d'ailleurs en glissant une main sous lui pour palper son membre.
Au bout d’un moment, jugeant que la « feuille de rose » avait suffisamment détendu l'anus du jeune homme, Martin se redressa, vint coller son torse contre le dos de Louis et murmura près de son oreille :
— Tu en veux plus ?
Dans un râle d’excitation pure, Louis laissa échapper un faible :
— Oui…
Martin porta alors un doigt à sa bouche pour le lubrifier abondamment de sa salive, avant de pénétrer doucement Louis. Le corps du dandy se cambra, oscillant entre la surprise de l'intrusion et un plaisir grandissant. Constatant sa réceptivité, Martin continua de jouer avec son cul, insérant un deuxième, puis un troisième doigt pour parfaire la dilatation. Louis éprouvait un plaisir intense. Quand Martin estima qu'il était assez ouvert, il retira brusquement ses doigts. Louis ressentit aussitôt un immense sentiment de manque.
Mais le vide fut vite comblé. Martin approcha sa queue lourde et l'aligna contre l'entrée rétive. D'un mouvement délicat, ferme et continu, il pénétra Louis jusqu'à enfoncer l'intégralité de son membre au plus profond de lui.
Cette première pénétration entraîna une douleur si vive et soudaine que Louis l'exprima malgré lui par un cri. Immédiatement, Martin lui plaqua sa main droite sur la bouche pour étouffer le son, tout en lui murmurant :
— Doucement… détends-toi. C'est un mauvais moment à passer, après tu vas aimer.
Pour l’aider à surmonter la douleur et à relâcher ses muscles, Martin embrassa tendrement le cou de Louis et se mit à mordiller le lobe de son oreille. En parallèle, sa main gauche descendit vers le sexe du dandy pour le masturber gentiment. Sous l'effet de la pénétration et de la douleur, la verge de Louis avait débandé, mais ce traitement expert lui fit reprendre une vigueur encore plus intense. Sentant que le cul du jeune homme se décontractait enfin et épousait sa forme, Martin commença de petits va-et-vient réguliers.
En effet, la douleur s'évanouit rapidement pour laisser place à un plaisir d'un genre totalement nouveau, interne et dévastateur. Désireux d'augmenter la cadence et la profondeur, Martin déplaça ses mains pour agripper fermement les hanches de Louis. Cela lui permit de prendre le dandy sur toute la longueur, l'enfonçant à chaque coup un peu plus dans une extase infinie.
Louis était submergé par ce plaisir immense. Sentant le membre glisser chaudement dans son cul et entendant le claquement rythmé des hanches de Martin contre ses fesses, il atteignit un point de non-retour. Dans un spasme violent, il éjacula contre le mur, sans même que personne n'ait besoin de toucher à son sexe. La contraction réflexe et ultra-serrée de l'anus de Louis qui suivit l'orgasme procura une sensation incroyable à Martin. Poussé à bout, l'ouvrier enfonça violemment sa queue une dernière fois au fond de Louis et jouit plusieurs giclés de spermes.
Il fallut de longues minutes aux deux amants, pantelants contre la cloison, pour reprendre leurs esprits. La bite de Martin débanda doucement et sortit du cul de Louis dans un petit bruit feutré.
Avant de reculer, Martin se pencha et murmura :
— Ça t'a plu ?
— Oh… oui, répondit Louis dans un souffle tremblant.
— Si tu veux, je peux te faire découvrir d’autres plaisirs toutes les semaines. Même jour, même heure, même endroit.
— Oui, haleta le dandy, l'esprit encore embrumé par l'excitation.
Juste avant de s'en aller, l'ouvrier posa une dernière question, fixant le jeune homme avec un intérêt nouveau :
— Monsieur le Dandy a-t-il un prénom ?
— Louis, murmura-t-il.
Martin colla son oreille contre la porte de la cabine pour s’assurer que les vespasiennes étaient toujours désertes. N'entendant rien, il sortit, prit le temps de rincer rapidement sa bite au lavabo de fonte, puis s’éclipsa discrètement dans la fin de soirée. Resté seul, Louis prit le temps de nettoyer ses cuisses, rajusta soigneusement son costume gris, et quitta à son tour les lieux, le corps transformé et l'esprit définitivement conquis.
Pendant plusieurs semaines, Louis ne manqua pas le moindre rendez-vous avec Martin. Au fil des rencontres clandestines dans l'ombre de la cabine, le sentiment de honte qui l'étouffait au départ disparut progressivement, laissant place à un cœur plus léger. Submergé par cet attachement grandissant, Louis finit par ouvrir son âme et exprimer ses sentiments à Martin. Mais l'ouvrier doucha ses espoirs d'un ton sans appel : il lui déclara qu'il ne pouvait pas éprouver de tels sentiments pour un homme, et que le jeune dandy devait impérativement penser à prendre femme
.
Louis, bien que sachant pertinemment que son cœur n'appartenait qu'à Martin, accusa le coup. Pour préserver son secret et donner le change, il se mit à faire la cour à Marie de façon bien plus intense. Ce semblant de bonheur et cette double vie eurent même des conséquences inattendues et positives sur son travail à l'usine. Son père, ravi de voir les efforts et le sérieux de son fils, décida de le promouvoir en lui confiant la responsabilité d'un secteur entier de l'entreprise.
Lors de la visite de ce nouvel atelier, le père de Louis lui présenta les ouvriers. Quelle ne fut pas la surprise du jeune dandy d'y découvrir Martin, fidèle à son poste en bleu de travail ! C'est à ce moment que son père lui apprit un détail saisissant : Martin était l'époux d'Alice, la gouvernante du manoir familial. Louis ressentit une pointe immédiate de jalousie envers Alice, mais il ne put s'empêcher d'être aussi content pour Martin, car la gouvernante était une femme charmante qu'il affectionnait depuis sa tendre enfance.
Installé dans son nouveau bureau, Louis disposait d'une grande fenêtre qui donnait directement sur l'atelier. Tout au long de la semaine, il pouvait ainsi couver du regard son être aimé. Et, une fois par semaine, ils se retrouvaient pour leurs contacts physiques et des discussions de plus en plus profondes.
À la suite de l'une de leurs étreintes, poussé par un désir d'affirmation, Louis émit le souhait de pénétrer Martin à son tour. L'ouvrier refusa catégoriquement, le repoussant d'un ton sec : il n'était pas un « pédéraste » et lui lança que s'il voulait vraiment essayer cela, il n'avait qu'à trouver quelqu'un d'autre dans ces lieux.
Blessé par ces propos mais trop timide pour relever, Louis garda le silence. Cependant, quelques jours plus tard, la curiosité l'emporta. Il retourna seul aux vespasiennes. En y pénétrant, il y trouva un homme. Ne sachant trop comment l'aborder, il se rappela sa première rencontre avec Martin et copia ses gestes : il sortit sa verge et provoqua le regard de l'inconnu. L'homme, loin d'être timide, se mit immédiatement à genoux et emboucha le sexe de Louis, en plein milieu de la pièce. Désirant plus d'intimité, Louis le releva et l'entraîna dans une cabine où il le pénétra sans difficulté. Bien qu'il y ait pris du plaisir, Louis décida en sortant de ne plus jamais recommencer : c'était avec Martin, et aucun autre, qu'il voulait être.
Le jour du rendez-vous suivant, alors que l'heure tournait, le père de Louis entra inopinément dans son bureau et entama une longue discussion professionnelle. Les yeux rivés sur les aiguilles de la pendule qui avançaient inexorablement, Louis bouillonnait d'angoisse, se demandant si Martin allait l'attendre. Dès que son père le libéra enfin, Louis quitta l'entreprise d'un pas rapide, retenant sa fureur de courir pour ne pas éveiller les soupçons.
En approchant du parc, il sentit immédiatement une ambiance bizarre, lourde et glaciale. Près du bosquet des vespasiennes, l'horreur le figea sur place : un véhicule de la police était garé, et des officiers en uniforme menaient une rafle, arrêtant les hommes pour délit de pédérastie. Le cœur de Louis se brisa en mille morceaux lorsqu'il vit Martin sortir, les mains entravées par des menottes. Leurs regards se croisèrent une ultime fois. Dans les yeux de l'ouvrier, Louis put lire une immense souffrance, mais aussi un ordre muet et désespéré : pars d'ici, protège-toi.
Pris de panique, Louis fit demi-tour. Une fois hors du parc, il se mit à courir, d'abord sans but, les larmes aux yeux, puis obliqua vers le manoir. Il s'engouffra dans sa chambre, saisit la bague de fiançailles que lui avait léguée sa grand-mère, et courut sans reprendre son souffle jusqu'au domicile de Marie pour lui demander officiellement sa main.
Ce n'est qu'après de longues heures de félicitations et de célébrations forcées en famille que Louis put enfin s'enfermer dans la solitude de sa chambre. S'effondrant sur son lit, il serra un coussin de toutes ses forces contre sa poitrine et éclata en sanglots, pleurant la perte de son amant et la fin de son insouciance.
Le lendemain matin, le dandy espérait que le pire était derrière lui. Il n'en était rien. Dès son arrivée à l'usine, il constata que la rumeur de l'arrestation s'était propagée comme une traînée de poudre. Martin, cet ouvrier jusqu'alors apprécié de tous pour sa force et sa droiture, était désormais conspué et traîné dans la boue par ses anciens camarades d'atelier.
Après une journée de travail qu'il trouva interminable, l'esprit hanté par les gros titres des journaux et les qu'en-dira-t-on, Louis rentra chez lui, désireux de se réfugier dans sa bulle. Mais le calvaire n'était pas fini. En passant le vestibule, il fut arrêté par les éclats de voix violents de son père. Ce dernier hurlait et insultait copieusement Alice dans le salon, la fustigeant en raison de l'arrestation de son mari et crachant des mots d'une haine féroce : « Sale pédéraste ! ».
Immobile dans le couloir, le cœur mort, Louis resta interdit et meurtri. Il ne fit rien, prisonnier de son propre secret et de sa lâcheté bourgeoise.
Fin du Chapitre 2.
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1 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Parfaitement raconté, très bien écrit. Ce n'était pas les mêmes années mais, dans des toilettes publiques, dans une cabine, un homme profita du silence qu'on devait faire car quelqu'un était entré. Sa main sur ma bouche, il rentra son sexe dans mon cul et jouit en moi. Moi aussi, mon plaisir fut si violent que mon sexe gicla sur le mur
Tous les mercredis, j'y allais en retournant à l'internat. Ce n'était pas toujours les mêmes personnes
Tous les mercredis, j'y allais en retournant à l'internat. Ce n'était pas toujours les mêmes personnes
