Mon ex belle mère (partie 2/3)
Récit érotique écrit par Johnne [→ Accès à sa fiche auteur]
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Mon ex belle mère (partie 2/3)
Synopis
Julien quitte Elise pour retrouver Claire. Il la soumet encore plus fort qu'Elise, la fesse encore plus, et parvient à la pénétrer profondément en utilisant les légumes du frigo de Claire. Cette dernière devient complètement folle et accro, elle veule et s'humilie devant lui, elle essaye de faire oublier sa mère en lui prouvant qu'elle est meilleure que sa mère.
Chapitre 1 — La frustration
Scène 1 — La clé tourne dans la serrure
La clé tourne dans la serrure. Le bruit du pêne qui recule lui arrache un frisson. Elle pousse la porte, ses doigts tremblent encore sur le métal froid. L’entrée sent le renfermé, le propre, le vide. Ses talons claquent sur le carrelage. Un, deux, trois pas. Elle s’arrête au milieu du couloir. Le salon est à gauche, la cuisine à droite. Tout est rangé. Trop rangé. Les coussins du canapé sont alignés, la télé éteinte, pas une miette sur la table basse. Rien ne bouge. Rien ne respire.
Elle laisse tomber son sac. Le cuir frappe le sol, un bruit sourd qui reste sans réponse. Ses doigts trouvent la fermeture éclair, l’ouvrent dans un geste mécanique. Elle sort son téléphone. L’écran est noir. Pas de message. Pas d’appel manqué. Bien sûr.
Elle le pose sur la table, face contre le bois. Le comptoir de la cuisine l’attend, blanc, luisant, stérile. La corbeille à fruits est pleine. Bananes, concombres, une tomate un peu molle. Des choses banales. Des choses qui ne devraient rien signifier.
Sa main frôle une banane. La peau est lisse, fraîche, un peu cireuse. Elle la prend. La tient. La pèse. Le poids est ridicule, presque rien. Elle la repose.
Non. Elle la reprend. Ses doigts serrent. La banane plie à peine. Elle la regarde, sans la voir vraiment, les yeux fixés sur cette courbe jaune, cette forme qu’elle connaît, qu’elle a vue cent fois dans son assiette, dans son panier, dans la main de quelqu’un d’autre.
L’image lui traverse le crâme. Sa mère. Dans le salon. Sur le canapé. Les jambes de sa mère, écartées, la tête de Julien entre elles. Ses doigts à lui, enfouis dans les cheveux d’Élise, et le bruit, ce bruit humide, ce bruit de gorge, ce bruit qu’elle a entendu à travers la porte avant de pousser, avant de voir, avant de comprendre.
Elle serre la banane plus fort. La peau se déchire sous ses ongles. La pulpe jaune suinte, molle, humide. Elle ne sent rien. Elle pousse le fruit contre sa bouche, mord, arrache un morceau. La chair est fade, farineuse. Elle mâche sans goût, avale sans faim.
Le concombre est plus long. Plus ferme. Elle le sort du panier, le tient à deux mains comme un objet précieux. La surface est granuleuse sous ses doigts, verte, froide. Elle le retourne, le soupèse, le regarde. La forme est nette, régulière, presque trop parfaite.
Elle s’assied par terre, dans la cuisine. Le carrelage est dur sous ses cuisses nues. Sa jupe remonte, elle s’en fiche. Elle pose le concombre à côté d’elle, sur le sol, et attrape une autre banane. Et une autre. Elle les aligne devant elle, comme des offrandes, comme des armes.
Ses mains tremblent. Elle ne pleure pas. Pas encore. Elle attrape la première banane, celle qu’elle a déjà entamée, et la pousse contre sa bouche. Elle mord encore, plus profondément, jusqu’à sentir la pulpe s’écraser contre son palais, couler le long de sa gorge. Elle avale. Sa gorge se serre. Elle avale quand même.
Elle prend le concombre. Le tient entre ses cuisses. La sensation est étrange, froide, dure. Elle appuie, pousse, le légume glisse contre la peau de l’intérieur de sa cuisse, remonte, cherche, trouve. Elle ferme les yeux. Sa tête bascule en arrière, heurte le bord du meuble. La douleur est nette, brève, presque bonne.
Elle pousse. Le concombre entre, un centimètre, deux. Elle serre les dents. La chair est ferme, lisse, elle résiste un peu, puis cède. Sa main pousse encore, plus fort, plus profond. Elle sent la paroi de son sexe s’ouvrir, s’adapter, se remplir. Le froid du légume est choquant, puis tiédit, devient neutre.
Elle bouge. Lentement d’abord, un va-et-vient mécanique, régulier. Sa respiration s’accélère. Ses doigts serrent la base du concombre, le guident, le forcent. Elle rouvre les yeux. Le plafond blanc défile, une fissure court du coin à la lampe, elle ne l’avait jamais vue avant. Elle fixe cette fissure, la suit des yeux, pendant que le concombre va et vient en elle, plus vite, plus dur.
Sa main libre attrape une banane. La pèle d’un geste brusque, la chair jaune apparaît, luisante. Elle la porte à sa bouche, la mord, la suce, la mâche. La pulpe se mélange à sa salive, coule sur son menton, dégouline sur sa poitrine. Elle ne s’essuie pas. Elle mord encore, encore, avale sans respirer.
Le concombre est profond maintenant. Elle le sent tout au fond, une pression pleine, solide. Elle accélère le mouvement, sa hanche se soulève, sa main pousse, son ventre se tend. La banane est finie, elle en attrape une autre, la déchire avec les dents, la peau s’arrache, elle recrache les morceaux, mord la chair directement. Son souffle est court, bruyant. Des bruits de gorge, des halètements, des petits cris qu’elle n’entend pas. La fissure au plafond tremble dans son champ de vision. Elle serre les paupières, les rouvre. La fissure est toujours là. Le concompte va plus vite, plus fort, elle sent son sexe battre autour du légume, se serrer, le retenir.
Elle lâche la banane. Sa main libre attrape sa poitrine, serre le sein à travers le tissu, le pétrit, le tord. La douleur est bonne, nette, elle pousse le bouton du pouce sur le téton, appuie, tourne. Sa bouche s’ouvre, un cri muet. Le concombre s’enfonce une dernière fois, profond, très profond, et elle reste immobile, les cuisses serrées autour, le souffle bloqué.
Rien ne vient. Pas de vague. Pas de chute. Juste un vide, un creux, une absence qui s’étend dans son ventre comme une tache d’huile. Elle retire le concombre lentement. Il est chaud, glissant. Elle le regarde, dégoulinant, luisant, et le pose à côté des peaux de bananes. Sa main retombe. Elle reste assise par terre, jambes écartées, jupe relevée, la poitrine tachée, le menton humide.
Le silence de l’appartement l’enveloppe. La cuisine est propre. Les meubles sont blancs. Rien n’a bougé. Elle attrape un autre concombre dans le panier. Le tient contre son ventre. Ferme les yeux.
Scène 2 — Le concombre qu'elle tient maintenant est plus épais
Le concombre qu'elle tient maintenant est plus épais que le premier. Plus lourd. Elle le retourne entre ses doigts, sent les aspérités de la peau, la courbe régulière. Ses yeux sont fermés. Dans le noir de ses paupières, elle voit encore la scène : Julien entre les jambes d'Élise, la tête qui bouge, les doigts d'Élise crispés dans ses cheveux.
Elle ouvre les yeux d'un coup. Le concombre est déjà entre ses cuisses. Elle ne se rappelle pas l'avoir mis là. La pointe touche son entrée, froide, insistante. Elle pousse d'un coup sec, sans préparation, et la douleur monte, vive, blanche. Elle laisse échapper un son, quelque chose entre le cri et le grognement. Sa main ne s'arrête pas. Elle pousse encore, sent la chair du légume forcer le passage, étirer les parois trop vite. Ça brûle. C'est bon.
Elle se souvient de la façon dont Julien la prenait. La première fois, dans la voiture, après un dîner chez ses parents. Il avait relevé sa jupe sans un mot, écarté sa culotte, et il était entré d'un coup, comme ça, sans prévenir. Elle avait crié. Il avait mis sa main sur sa bouche et continué à la baiser, fort, régulier, sans ralentir. Elle avait joui en silence, les dents enfoncées dans sa paume à lui.
Le concombre est enfoncé jusqu'à la moitié maintenant. Elle le tient à deux mains, le pousse, le retire, le pousse encore. Le mouvement est saccadé, pas le va-et-vient fluide du premier. Elle force. Ses cuisses tremblent. La sueur perle à ses tempes, coule le long de sa nuque, se perd dans le col de son chemisier.
Sa poitrine est lourde, gonflée. Les tétons durcissent sous le tissu, frottent contre le coton à chaque mouvement. Elle voudrait les sortir, les offrir à l'air libre, mais ses mains sont occupées. Alors elle se penche en avant, mord le tissu à l'endroit du sein gauche, tire. Le coton s'étire, résiste, puis cède. Un bruit de déchirure. Le téton apparaît, rouge, dressé, humide de salive.
Elle le regarde. Le bout est gonflé, presque violet. Elle souffle dessus, et la sensation est si forte qu'elle en a le vertige. Elle pince le téton entre le pouce et l'index, le tire vers le haut, l'étire. La douleur est nette, précise, électrique. Elle tire plus fort. Le téton s'allonge, blanchit à la base. Elle tord. Un spasme lui traverse le ventre, fait se contracter son sexe autour du concombre.
Elle ralentit le mouvement du légume, le laisse à moitié enfoncé, juste assez pour sentir la pression. Sa main libre attrape l'autre sein, déchire le chemisier de l'autre côté. Le bouton saute, roule sur le carrelage. Elle ne le cherche pas des yeux. Elle prend le téton entre deux doigts, le pince, le roule, le tire. Les deux tétons sont tendus, durs, douloureux. Elle les tord en sens inverse, comme elle a vu faire dans un film une fois, et la douleur est si précise, si parfaite, qu'elle en gémit.
Le concombre est toujours en elle. Elle le sent battre avec son pouls. Chaque pulsation de son sexe autour du légume est une petite mort. Elle voudrait que ce soit Julien. Elle voudrait que ce soient ses doigts qui pincent ses tétons, sa bouche qui mord sa peau, sa queue qui la remplit. Mais il est avec Élise. Il est entre les jambes d'Élise.
La rage monte, soudaine, violente. Elle enfonce le concombre d'un coup, jusqu'à la garde, jusqu'à sentir la base contre sa vulve. La douleur est énorme, elle lui coupe le souffle. Elle reste figée, le légume enfoncé en elle, les tétons tordus entre ses doigts, le souffle court, le cœur qui cogne. Elle ne jouit pas. Elle n'atteint rien. Juste un plateau, un palier, une surface dure sur laquelle elle reste posée, sans pouvoir monter plus haut.
Elle retire le concombre lentement, sent chaque centimètre quitter son corps. Le vide est pire que la douleur. Elle laisse tomber le légume à côté d'elle. Il roule sur le carrelage, s'arrête contre le pied du meuble. Elle reste assise, les jambes écartées, le sexe ouvert, les tétons à l'air, le chemisier en lambeaux. La cuisine est calme. Le réfrigérateur ronronne. Dehors, un oiseau chante. Elle déteste ce silence, cette normalité, cette vie qui continue comme si rien ne s'était passé.
Ses yeux tombent sur le panier à fruits. Il reste une tomate, molle, un peu fripée. Et des bananes. Encore des bananes. Elle attrape la tomate. La tient dans sa paume. La peau est lisse, fragile, presque tiède. Elle la serre un peu, sent la chair céder sous la pression.
Elle porte la tomate à sa bouche. Mord dedans. Le jus éclate, acide, chaud, coule sur sa langue, dégouline sur son menton, se mêle à la salive et à la pulpe de banane déjà séchée sur sa peau. Elle mord encore, arrache un morceau, mâche. La texture est écœurante, trop molle, trop aqueuse. Elle avale quand même.
Elle écrase le reste de la tomate contre sa poitrine. La pulpe rouge se répand sur sa peau, coule entre ses seins, goutte sur son ventre. Elle frotte, étale le jus comme une onction, comme un rite. Le rouge est vif sur sa peau blanche. Elle se regarde : les tétons dressés, le chemisier déchiré, la jupe relevée, le sexe humide, la poitrine barbouillée de rouge et de jaune.
Elle ressemble à quelque chose. À une offrande. À un sacrifice. À une femme qui a perdu le contrôle. Elle attrape une dernière banane. La pèle avec soin, cette fois. La chair est intacte, jaune pâle, ferme. Elle la tient devant elle, la regarde. Puis elle la porte à son sexe, la frotte contre sa vulve, sent la peau lisse glisser sur sa chair à vif. Le contact est doux, presque tendre. Elle ferme les yeux.
Elle introduit la banane lentement. La chair cède tout de suite, se brise en deux sous la pression. Le morceau du bas reste en elle, tiède, mou, déjà en train de se désintégrer. Elle pousse avec ses doigts pour l'enfoncer plus profond, sent la pulpe se mélanger à sa propre humidité, devenir une bouillie informe. Elle retire ses doigts. Ils sont jaunes, luisants, poisseux. Elle les porte à sa bouche. Les lèche un par un. Le goût est sucré, écœurant, mêlé à son propre goût à elle, acide et salé. Elle avale.
La banane à l'intérieur d'elle se réchauffe, se décompose. Elle la sent couler lentement le long de ses cuisses, une coulure tiède, épaisse, qui trace un chemin sur sa peau. Elle ne bouge plus. Elle reste assise, les bras ballants, la tête penchée, les yeux ouverts sur le carrelage blanc taché de rouge, de jaune, de vert. Sa respiration est régulière maintenant. Calme. Presque paisible.
Le téléphone sonne. Elle sursaute. Le bruit déchire le silence, strident, insistant. Elle regarde l'appareil sur le plan de travail. L'écran lumineux. Le nom qui s'affiche.
Julien. Son cœur s'arrête une seconde, puis repart, plus fort, plus vite. Elle ne bouge pas. Le téléphone sonne encore. Encore. La sonnerie remplit la cuisine, rebondit sur les murs blancs, se mêle au ronronnement du frigo.
Elle tend la main. Ses doigts tremblent. Elle attrape le téléphone, le porte à son oreille. Rien. Juste une respiration. La sienne. Celle de l'autre côté.
— Julien, dit-elle.
Sa voix est rauque, brisée. Silence. Puis :
— Je sais que tu m'as vu.
La voix de Julien. Calme. Neutre. Elle ne répond pas. Elle serre le téléphone contre son oreille, sent la coque en plastique coller à sa peau moite.
— Je veux te voir, dit-il.
Elle ferme les yeux. La banane coule entre ses cuisses. La pulpe de tomate sèche sur sa poitrine. Ses tétons sont durs, douloureux.
— Oui, dit-elle.
Le silence s'étire. Elle entend sa propre respiration, rapide, saccadée. Elle entend la sienne, lente, régulière.
— Chez toi, dit-il. Dans une heure.
La communication s'arrête. Elle garde le téléphone contre son oreille quelques secondes, à écouter le vide, puis le laisse tomber sur le carrelage. Elle ouvre les yeux. La cuisine est la même. Les taches sur le sol. Les peaux de bananes. Le concombre abandonné. La tomate écrasée. Mais quelque chose a changé. L'air est différent. Plus lourd. Plus chargé.
Elle se lève. Ses jambes la portent à peine. Elle titube jusqu'à l'évier, s'y appuie à deux mains. Se regarde dans le reflet de la fenêtre. Elle voit une femme défaite, le chemisier en lambeaux, les seins nus, le visage maculé de jus, les cheveux en bataille.
Elle sourit. Dans une heure. Elle a une heure pour se préparer. Pour se laver. Pour se faire belle. Pour être prête.
Elle attrape une éponge, la passe sous l'eau chaude. La vapeur monte, embue la fenêtre. Elle frotte sa poitrine, son ventre, ses cuisses. L'eau rougit, jaunit, devient trouble. Elle frotte fort, jusqu'à ce que sa peau devienne rose, irritée, propre.
Elle enlève ce qui reste de son chemisier, le jette dans la poubelle. Sa jupe est tachée, elle l'enlève aussi. Elle reste nue dans la cuisine, frissonnante, la peau encore humide. Elle traverse le couloir. La chambre est sombre, les rideaux tirés. Elle allume la lampe de chevet. Le lit est fait, les draps blancs, bien tirés. Elle ouvre l'armoire, cherche une robe. Quelque chose de simple. De joli. De provocant.
Elle choisit une robe noire, courte, en dentelle. La pose sur le lit. Puis elle va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir. Ses yeux sont cernés, mais brillants. Ses lèvres sont gercées, mais rouges.
Elle se lave le visage. Se brosse les dents. Se coiffe. Met du rouge à lèvres. Un peu de parfum.
Elle enfile la robe. La dentelle gratte sa peau encore sensible. Les tétons pointent sous le tissu, visibles, offerts. Elle se regarde dans le miroir. Elle est belle. Elle est prête.
Elle retourne dans la cuisine. Ramasse le téléphone. Vérifie l'heure. Cinquante minutes. Elle s'assied sur une chaise, les mains sur les genoux, le dos droit, et elle attend.
Scène 3 — Dix Quinze Le silence de la cuisine
Elle attend. Les minutes passent. Cinq. Dix. Quinze. Le silence de la cuisine l'écrase, l'absorbe. Elle entend le frigo qui ronronne, l'eau qui goutte dans l'évier, sa propre respiration, lente, régulière. Ses mains sont moites sur ses genoux. La dentelle de la robe gratte ses tétons, les maintient durs, dressés sous le tissu.
Elle regarde la porte d'entrée. La poignée en laiton. La serrure. Dans quarante minutes, il sera là. Il tournera la clé. Il poussera la porte. Il la verra, assise, sage, prête.
Elle se lève. Fait les cent pas dans la cuisine. Ses pieds nus sur le carrelage froid. Elle s'arrête devant le plan de travail. La corbeille à fruits est presque vide. Il reste une tomate, un peu molle, et une banane, trop mûre, la peau tachetée de noir.
Elle prend la banane. La pèle. La pulpe est brune, liquide par endroits, sucrée. Elle la porte à sa bouche, mord dedans. La texture est molle, écœurante, presque fermentée. Elle mâche, avale. La banane entière y passe, mordre après mordre, jusqu'à ce qu'il ne reste que la peau, qu'elle jette dans l'évier.
Elle se lèche les doigts. Un par un. Le sucre colle à sa langue. Puis elle prend la tomate. La tient dans sa paume. Elle est froide, lisse, la peau tendue. Elle la serre. La sent céder sous ses doigts, la peau se déchirer, le jus couler entre ses phalanges. Elle la porte à sa bouche, mord dedans, aspire la pulpe et les graines. Le goût est acide, vif, lui pique la langue.
Elle mord encore. Encore. Jusqu'à ce qu'il ne reste que le pédoncule vert, qu'elle jette dans l'évier à côté de la peau de banane. La corbeille à fruits est vide. Elle la regarde un long moment. Le fond en osier tressé. Quelques miettes de pain. Une feuille de salade oubliée, jaunie, racornie.
Demain, il faudra en racheter. Des fruits. Des légumes. Des bananes. Des concombres. Des tomates.
Elle se détourne. Va jusqu'à la fenêtre. Écarte le rideau d'un doigt. Dehors, la rue est calme. Un chat traverse. Une voiture passe, lentement. Le ciel est gris, uniforme, sans nuage ni soleil.
Dans trente-cinq minutes. Elle laisse retomber le rideau. Retourne s'asseoir. Les mains sur les genoux. Le dos droit. La dentelle qui gratte.
Sa bouche est sèche. Elle a soif. Mais elle ne se lève pas. Elle reste assise. Elle attend.
Le temps s'étire. Chaque minute dure une heure. Chaque seconde pèse, lourde, dense, presque palpable. Elle entend les battements de son cœur. Lent. Fort. Régulier.
Puis un bruit. Dans l'escalier. Des pas. Lents. Assurés. Qui montent.
Elle se fige. Retient sa respiration. Les pas s'arrêtent devant sa porte. Un silence. Puis le frottement d'une clé dans la serrure.
Le pêne bascule. La poignée tourne. La porte s'ouvre. Julien est là. Il se tient dans l'encadrement, silhouette sombre contre la lumière du palier. Il referme la porte derrière lui, sans la claquer. Le bruit de la serrure qui se referme est net, définitif.
Il la regarde. Elle ne bouge pas. Les mains sur les genoux. Le dos droit. Les yeux levés vers lui.
Il ne dit rien. Il traverse la pièce. Ses pas sont calmes, réguliers, sur le carrelage. Il s'arrête devant elle. La domine de sa hauteur.
Elle lève la tête. Le regarde. Son visage est impassible. Ses yeux sont sombres, fixes. Il tend la main. Attrape une mèche de ses cheveux, la fait glisser entre ses doigts. La lâche.
Puis il dit :
— Lève-toi.
Elle obéit. Se lève. La robe remonte un peu sur ses cuisses. La dentelle se tend sur sa poitrine. Il la regarde. De haut en bas. Lentement. Ses yeux s'arrêtent sur ses tétons, qui pointent sous le tissu. Sur son ventre, plat, offert. Sur ses cuisses, nues, légèrement écartées.
— Enlève-la, dit-il.
Elle attrape l'ourlet de la robe. La tire vers le haut. Le tissu glisse sur sa peau, accroche un instant sur ses épaules, puis tombe à ses pieds. Elle est nue devant lui. Les bras le long du corps. Les jambes légèrement tremblantes.
Il la regarde encore. Longtemps. Puis il fait le tour d'elle. Lentement. Ses pas résonnent sur le carrelage. Elle sent son regard sur sa nuque, sur ses omoplates, sur ses fesses. Elle ne bouge pas. Elle attend.
Il s'arrête derrière elle. Elle sent sa chaleur, son souffle sur sa nuque. Puis sa main sur sa taille, qui glisse, descend, s'arrête sur sa hanche. Il ne dit rien. Il laisse sa main posée là, immobile. La chaleur de sa paume sur sa peau nue.
Puis il la gifle. La claque part, sèche, sur sa fesse droite. La douleur éclate, vive, rouge. Elle vacille, pose une main sur la table pour se retenir. Il la gifle encore. Sur l'autre fesse. La douleur est la même, précise, brûlante.
Elle ne crie pas. Elle serre les dents. Ses doigts s'enfoncent dans le bois de la table. Il la gifle encore. Encore. Ses paumes claquent sur sa peau, rythme régulier, implacable. Chaque claque la fait tressaillir, plier un peu plus, les mains sur la table, le dos cambré, les fesses offertes.
Il s'arrête. Le silence revient. Elle entend sa propre respiration, haletante. Elle sent ses fesses qui la brûlent, qui pulsent sous la peau, chaudes, vives. Il pose une main sur ses reins. La tient là. Puis il dit :
— Penche-toi.
Elle obéit. Plie le torse jusqu'à ce que ses coudes touchent la table. Ses fesses sont tendues vers lui, offertes, les marques rouges de ses mains visibles sur la peau. Il s'agenouille derrière elle. Elle sent son souffle sur sa vulve. Chaud. Régulier. Puis ses doigts qui écartent ses lèvres, doucement, qui explorent, qui s'enfoncent en elle.
Elle gémit. Un son bas, rauque, qui lui échappe. Il retire ses doigts. Se relève. Elle entend le bruit de sa ceinture qui se défait, de son jean qui glisse, de la boucle qui cliquette.
Puis elle le sent contre elle. Le bout de son sexe qui appuie à l'entrée de son vagin, qui pousse, qui s'enfonce. Elle ferme les yeux. Se laisse pénétrer. L'impression de se remplir, de se combler, de se dissoudre autour de lui.
Il va lentement. Profondément. Jusqu'au fond. Jusqu'à ce que son ventre touche ses fesses. Puis il s'arrête. Reste en elle, immobile, à la sentir se contracter autour de lui.
— Tu es mouillée, dit-il.
Elle ne répond pas. Elle reste penchée, les coudes sur la table, le visage caché dans ses bras, le corps offert. Il commence à bouger. Lentement. Des allers-retours profonds, réguliers, qui la remplissent et la vident, la remplissent et la vident. Chaque poussée la fait glisser un peu plus sur la table, ses seins qui frottent sur le bois, ses tétons qui durcissent au contact.
Elle gémit. Un son continu, à peine conscient, qui sort d'elle sans qu'elle le contrôle. Il accélère. Les coups deviennent plus forts, plus rapides, plus profonds. Ses mains agrippent ses hanches, la tirent contre lui à chaque poussée. Le bruit de leurs corps qui s'entrechoquent emplit la cuisine, se mêle à leurs souffles, à ses gémissements.
Elle sent la jouissance monter, lente, inexorable, comme une vague qui gonfle au fond de son ventre. Elle la retient, la laisse grandir, s'épaissir, devenir presque douloureuse. Il ralentit. S'arrête. Reste en elle, immobile, à la limite, à la frontière.
— Pas encore, dit-il.
Il se retire. Lentement. Elle le sent glisser hors d'elle, centimètre par centimètre. Son vagin se contracte sur le vide, cherche à le retenir. Elle reste penchée, tremblante, les mains agrippées à la table.
Il la retourne. La plaque contre la table, le dos sur le bois, les jambes pendantes. Il écarte ses cuisses, s'installe entre elles. Il la regarde. Ses yeux sont sombres, fixes, sans expression.
Il lèche ses doigts. Les porte à ses tétons. Les pince. Les tord. La douleur fuse, électrique, directe, lui coupe le souffle. Elle ouvre la bouche pour crier, mais aucun son ne sort.
Il pince plus fort. Tire. Étire le téton jusqu'à ce qu'il devienne long, dur, presque blanc. Puis il le relâche. Recommence sur l'autre.
Ses seins sont rouges, marqués, sensibles. Les tétons gonflés, douloureux, dressés. Il se penche. Sa bouche s'approche de son téton. Elle attend le contact de sa langue, de ses lèvres. Mais il ne la lèche pas. Il souffle juste dessus. Un filet d'air frais qui fait vibrer la peau sensible, la fait frissonner, la rend encore plus dure, encore plus douloureuse.
Elle gémit. Tourne la tête sur le côté. Ses yeux sont humides. Il se redresse. Attrape son sexe. Le frotte contre sa vulve, contre son clitoris, contre l'entrée de son vagin. Elle se cambre, cherche à le guider en elle.
Il ne la pénètre pas. Il continue à frotter, lentement, régulièrement, le bout de son sexe qui glisse sur sa peau humide, qui frôle son clitoris à chaque passage. Elle est au bord. Elle va jouir. Elle le sent, la vague qui monte, qui gonfle, qui va déferler.
Il s'arrête. Elle ouvre les yeux. Le regarde. Il la regarde. Un long moment. Puis il dit :
— À genoux.
Elle glisse de la table. Ses jambes la portent à peine. Elle s'agenouille devant lui. Le carrelage est froid sous ses genoux. Il est debout devant elle, son sexe à hauteur de son visage. Elle lève les yeux. Le regarde.
— Ouvre la bouche, dit-il.
Elle obéit. Ouvre la bouche. La langue sortie, offerte. Il pose son sexe sur sa langue. Le poids, la chaleur, le goût salé. Elle ferme les yeux. Le prend dans sa bouche. Le suce. Lentement. Profondément. Jusqu'à ce qu'il touche le fond de sa gorge.
Elle le garde là. Le sent qui pulse contre son palais. Elle suce. Avale. Le prend tout entier. Le goût est fort, musqué, mêlé à son propre goût à elle, acide et salé.
Elle suce longtemps. Sa mâchoire lui fait mal. La salive coule sur son menton, sur sa poitrine, goutte sur le carrelage. Il ne jouit pas. Il pose une main sur sa nuque, la maintient en place, puis la repousse doucement.
— Ça suffit, dit-il.
Il se retire. Se baisse. Remonte son jean. Attache sa ceinture. Elle reste à genoux, le souffle court, la bouche humide, les yeux levés vers lui.
Il la regarde. Longtemps. Puis il dit :
— Je reviens demain.
Il traverse la cuisine. Ouvre la porte. Disparaît dans le couloir. La porte se referme. La serrure claque.
Elle reste à genoux, nue, les tétons rouges, les fesses marquées, la bouche encore pleine de son goût. Le silence revient. Le frigo ronronne. L'eau goutte dans l'évier. Elle reste là. Longtemps. Jusqu'à ce que ses genoux lui fassent mal. Jusqu'à ce que le froid du carrelage remonte dans ses os.
Puis elle se lève. Va jusqu'à la salle de bain. Se regarde dans le miroir. Ses yeux sont brillants. Ses lèvres sont gonflées, rouges.
Elle sourit. Demain.
Chapitre 2 — La formation
Scène 1 — Elle reste longtemps devant le miroir
Elle reste longtemps devant le miroir. Ses doigts touchent ses lèvres, suivent le gonflement, la rougeur. Elle sourit encore. Puis elle fait couler l'eau chaude dans le lavabo. Se lave le visage. La salive a séché sur son menton, forme une pellicule fine, légèrement collante. Elle l'efface. Se regarde une dernière fois. Ses yeux brillent toujours.
Elle va dans la cuisine. Le carrelage est froid sous ses pieds nus. Elle ramasse la robe noire par terre, la pose sur le dossier d'une chaise. Le string déchiré gît près de la table. Elle le prend, le tient un instant entre ses doigts, puis le jette à la poubelle.
Elle ouvre le frigo. Regarde l'intérieur sans le voir. Referme. Elle va dans la chambre. S'assoit sur le bord du lit. Les draps sont froissés, encore humides à l'endroit où elle était couchée. Elle passe la main sur le tissu. Le toucher est frais, presque froid.
Elle reste assise. Le silence est épais, seulement troublé par le ronronnement lointain du frigo, le tic-tac de l'horloge dans le salon. Elle ne sait pas combien de temps elle reste là. Peut-être une heure. Peut-être plus. La lumière change dans la pièce, passe du gris au jaune pâle, puis s'assombrit.
Elle se lève. Va dans l'entrée. Regarde la porte. La serrure. La poignée.
Demain, il revient. Elle pose la main sur le bois. Le sent sous ses doigts, lisse, froid. Elle appuie son front contre le panneau. Ferme les yeux.
Elle entend sa voix dans sa tête : « Je reviens demain. »
Elle ouvre les yeux. Se redresse. Elle retourne dans la cuisine. Ouvre le frigo. Regarde les légumes dans le bac. Un concombre, long, droit, encore frais. Elle le prend. Le tient dans sa main. Le poids est familier maintenant.
Elle le repose. Referme le frigo. Elle va dans la salle de bain. Se déshabille complètement. Entre dans la douche. L'eau chaude coule sur son dos, sur ses épaules, sur ses seins encore sensibles. Les tétons rougissent sous le jet, deviennent durs, douloureux. Elle ferme les yeux. Laisse l'eau couler sur son visage.
Elle se savonne lentement. Les mains glissent sur sa peau, sur son ventre, entre ses cuisses. Elle évite de toucher son sexe. Pas maintenant. Elle reste longtemps sous l'eau. Jusqu'à ce que l'eau devienne tiède, puis fraîche.
Elle sort. S'enveloppe dans une serviette. Se sèche sans se regarder dans le miroir. Elle va dans la chambre. Ouvre le placard. Regarde les vêtements alignés. Elle choisit une robe légère, bleue, à fines bretelles. L'enfile. Le tissu caresse sa peau encore humide.
Elle va dans le salon. S'assoit sur le canapé. Regarde la télévision éteinte. Le reflet de la pièce dans l'écran noir. Elle reste là. Les mains posées sur ses cuisses. Les doigts immobiles.
Dehors, la nuit tombe. Les lampadaires s'allument. Une lumière orange filtre à travers les rideaux, dessine des ombres allongées sur le mur. Elle ne bouge pas. Elle pense à lui. À ses mains sur ses hanches. À son sexe en elle. À sa voix, calme, posée, qui donne des ordres. À ses yeux, sombres, fixes, qui la regardent sans rien dire.
Elle pense à sa mère. À la scène dans le salon. La tête de Julien entre les jambes d'Élise. Les jambes écartées. Les mains d'Élise dans les cheveux de Julien.
Elle serre les poings. Les ongles s'enfoncent dans ses paumes. Elle se lève. Va dans la cuisine. Ovre le frigo. Prend le concombre. Le tient dans sa main. Le regarde.
Non. Elle le repose. Referme le frigo. Elle retourne dans le salon. S'assoit. Reste immobile.
Les heures passent. L'horloge sonne dix heures. Puis onze. Puis minuit. Elle ne dort pas. Elle reste là, les yeux ouverts dans l'obscurité, à écouter le silence, à attendre.
Demain. Elle se lève. Va dans la chambre. Se couche sur le lit. Les draps sont froissés, encore imprégnés de l'odeur de leurs corps. Elle enfouit son visage dans l'oreiller. Respire. L'odeur est forte, musquée, mêlée à la sienne.
Elle ferme les yeux. Elle dort. Le réveil sonne à sept heures. Elle ouvre les yeux. La lumière du jour filtre à travers les rideaux. Elle reste un moment allongée, à regarder le plafond, à écouter les bruits de la rue qui s'éveille.
Elle se lève. Va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir. Ses yeux sont cernés, ses cheveux en désordre. Mais elle sourit.
Elle se douche. Se lave les cheveux. Se sèche. Se maquille légèrement : un peu de rouge à lèvres, un trait d'eye-liner. Elle enfile un string noir, un soutien-gorge noir. Puis la robe noire en dentelle, celle qu'il lui a fait enlever la veille.
Elle se regarde dans le miroir. La robe tombe bien, moule ses hanches, laisse ses épaules nues. Elle tourne, se regarde de profil. Ses seins sont hauts, fermes, les tétons pointent sous la dentelle. Elle est prête.
Elle va dans la cuisine. Boit un verre d'eau. Regarde l'horloge. Sept heures quarante-cinq. Elle s'assoit à la table. Attend.
Les minutes passent. Le tic-tac de l'horloge emplit la pièce. Le frigo ronronne. Dehors, une voiture passe, une porte claque. Elle reste immobile, les mains posées à plat sur la table, les yeux fixés sur la porte d'entrée.
Huit heures. Huit heures quinze. Huit heures trente. Elle ne bouge pas. Sa respiration est régulière, calme. Ses doigts ne tremblent pas.
Huit heures quarante-cinq. La sonnette retentit. Elle se lève. Va jusqu'à l'entrée. Pose la main sur la poignée. La sent vibrer sous ses doigts.
Elle ouvre. Il est là. Debout sur le seuil. Le soleil dans le dos. Elle ne voit pas son visage, juste sa silhouette, ses épaules, ses mains.
Il ne dit rien. Il entre. La bouscule en passant, la frôle, l'effleure. Il va dans la cuisine. Elle ferme la porte. Le suit.
Il est debout près de la table. Il pose ses clés sur le bois. Le bruit est sec, précis. Il se tourne vers elle. La regarde.
— Tu as bien dormi ? dit-il.
La voix est calme, neutre. Elle hoche la tête.
— Oui.
Il s'approche. S'arrête à un mètre d'elle. La regarde de haut en bas. Ses yeux s'attardent sur la robe, sur ses seins, sur ses hanches.
— Enlève la robe, dit-il.
Elle obéit. Attrape l'ourlet de la robe, la remonte par-dessus sa tête. La robe glisse sur ses bras, tombe à ses pieds. Elle reste en string et soutien-gorge noirs, les bras le long du corps. Il la regarde. Un long moment. Puis il dit :
— Le soutien-gorge aussi.
Elle défait l'attache dans son dos. Le soutien-gorge glisse. Ses seins apparaissent, lourds, les tétons déjà durs, dressés. Il la regarde. Ne dit rien.
Il fait le tour de la table. Ouvre le frigo. En sort le concombre. Le tient dans sa main. Le regarde.
Puis il le pose sur la table. Il se tourne vers elle.
— Approche, dit-il.
Elle avance. S'arrête devant lui. Il pose une main sur sa nuque. La tire vers lui. Sa bouche est près de son oreille. Sa voix est basse, presque un murmure.
— Tu veux me montrer comment tu fais, quand tu es seule ?
Elle ne répond pas. Elle sent sa main sur sa nuque, chaude, ferme. Il la relâche. Recule d'un pas.
— Montre-moi, dit-il.
Elle hésite une seconde. Puis elle s'agenouille. Attrape le concombre sur la table. Le tient dans sa main. Le bois est frais, lisse.
Elle lève les yeux vers lui. Il la regarde, impassible. Elle ouvre la bouche. Prend le concombre entre ses lèvres. Le suce lentement, comme elle a sucé son sexe la veille. Sa langue tourne autour, le lèche de la base au bout.
Le goût est végétal, frais, un peu amer. Elle le garde dans sa bouche, le sent qui remplit sa gorge. Elle le suce longtemps, en fermant les yeux, en imaginant que c'est lui, son sexe, sa peau, son goût. Quand elle rouvre les yeux, il la regarde toujours. Son visage est sans expression.
Elle retire le concombre de sa bouche. Le tient dans sa main. Le descend le long de son cou, entre ses seins, sur son ventre. Le bois est humide de salive. Elle écarte les jambes. Pose le bout du concombre contre son string. Le frotte lentement, à travers le tissu. Le coton s'humidifie, devient transparent.
Il ne dit rien. Il regarde. Elle glisse le concombre sous le string. Le bout touche sa vulve, direct, frais, humide. Elle frissonne. Le pousse doucement, l'introduit en elle. Le concombre glisse, entre, remplit son vagin.
Elle gémit. Pousse plus fort. Le concombre s'enfonce, profond, jusqu'à ce que sa main touche son sexe. Elle le garde en elle. Le sent qui l'emplit. Elle bouge lentement, le fait aller et venir, le rythme régulier, mécanique.
Elle regarde Julien. Il la regarde toujours. Ses yeux sont sombres, fixes. Elle accélère. Le concombre va plus vite, plus profond. Le bruit est humide, régulier, obscène.
Elle sent la jouissance monter. Elle ferme les yeux. Laisse la vague grandir.
— Arrête, dit-il.
Elle s'arrête. Le concombre reste en elle. Elle ouvre les yeux. Le regarde.
— Retire-le, dit-il.
Elle obéit. Le retire lentement. Le concombre est luisant, humide. Elle le pose sur la table. Il s'approche. Prend le concombre. Le regarde. Puis il le jette dans l'évier.
Il se tourne vers elle. La regarde, à genoux, en string, les seins nus, le sexe humide.
— Lève-toi, dit-il.
Elle se lève. Il pose une main sur son épaule. La tourne. La pousse vers la table.
— Penche-toi, dit-il.
Elle obéit. Pose les mains sur la table. Se penche en avant. Le bois est lisse sous ses paumes. Il écarte son string. Le descend le long de ses cuisses. Il tombe à ses chevilles.
Il pose une main sur ses fesses. La caresse lentement. Puis il la gifle. Le bruit est sec, claque dans la cuisine. Elle ne bouge pas.
Il gifle encore. Plus fort. La peau rougit, chauffe. Il gifle encore. Encore. Ses fesses sont marquées, rouges, sensibles.
Il s'arrête. Pose sa main sur la marque. La sent vibrer sous ses doigts. Puis il s'approche. Son sexe touche ses fesses. Il le guide, le pose contre son vagin. Le bout s'enfonce, lentement, centimètre par centimètre.
Elle ferme les yeux. Le sent qui la remplit, qui l'emplit, qui la possède. Il pousse d'un coup. Le sexe entre tout entier, profond, jusqu'au fond. Elle crie. Un son bref, étranglé.
Il reste en elle. Immobile. Puis il commence à bouger. Lentement. Régulièrement. Chaque poussée la fait vibrer, la fait gémir.
Il accélère. Les coups deviennent plus forts, plus rapides. Ses mains agrippent ses hanches, la tirent contre lui à chaque mouvement. Elle est au bord. La jouissance monte, gonfle, devient presque insupportable.
— Jouis, dit-il.
Elle jouit. La vague déferle, la submerge, la secoue tout entière. Elle crie, les mains agrippées à la table, le corps qui tremble, qui se contracte autour de lui. Il continue à la pénétrer, lentement, jusqu'à ce que les spasmes s'apaisent. Puis il se retire. Le sexe glisse hors d'elle, humide, luisant.
Il reste derrière elle. Immobile. Elle l'entend respirer, fort, régulier. Il ne dit rien. Il remonte son jean. Attache sa ceinture.
Elle reste penchée, tremblante, les mains sur la table, le souffle court. Il s'approche. Pose une main sur ses cheveux. Les caresse doucement.
— Tu es bonne, dit-il.
Sa voix est calme, presque tendre. Elle ne répond pas. Elle ferme les yeux. Laisse sa main dans ses cheveux. Il retire sa main. Recule.
— Je reviens demain, dit-il.
Il traverse la cuisine. Ouvre la porte. Disparaît dans le couloir. La porte se referme. La serrure claque.
Elle reste penchée sur la table, nue, le string à ses chevilles, le sexe humide, les fesses rouges. Le silence revient. Le frigo ronronne. L'eau goutte dans l'évier. Elle reste là. Longtemps.
Puis elle se redresse. Remonte son string. Va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir. Ses yeux sont brillants. Ses lèvres sont gonflées, rouges. Ses joues sont roses.
Elle sourit. Demain.
Scène 2 — Il la prend par les cheveux
Il la prend par les cheveux. Lui tire la tête en arrière. Elle ouvre les yeux, le regarde dans le miroir. Ses yeux à lui sont noirs, fixes. Il ne dit rien. Il relâche sa prise. Sa main glisse sur son épaule, descend le long de son bras, prend sa main. Il la soulève, la tourne vers lui. Il la regarde. Puis il la pousse vers la sortie de la salle de bain. Elle marche devant lui, pieds nus sur le carrelage froid du couloir. Il la suit. Elle sent son regard dans son dos, sur ses fesses nues sous le string remonté.
Dans le salon, la lumière du jour décline. Les ombres s'allongent sur le parquet. Il la guide vers le canapé. Le même canapé que celui où elle a vu sa mère, les jambes écartées, la tête de Julien entre ses cuisses. Le même tissu beige, les mêmes coussins. Elle ralentit. Il la pousse. Elle tombe à genoux devant le canapé.
— Reste là, dit-il.
Il contourne le canapé. S'assoit. Les ressorts grincent sous son poids. Il écarte les jambes. Défait sa ceinture. Ouvre son jean. Son sexe est dur, tendu, humide au bout. Il ne dit rien. Il attend.
Elle reste à genoux. Le tapis est doux sous ses genoux. La laine gratte sa peau. Elle regarde le sexe de Julien, dressé devant elle. La lumière de la fenêtre l'éclaire, fait briller la peau tendue. Elle se penche en avant. Ouvre la bouche. Le prend dans sa bouche. Le goût est le même que tout à l'heure, salé, chaud, un peu amer. Elle le suce lentement, la langue qui tourne autour du gland, qui descend le long de la hampe. Sa main remonte, caresse ses couilles, les pèse, les roule doucement dans sa paume.
Il ne bouge pas. Ne fait pas de bruit. Il la regarde. Elle accélère. Sa bouche va et vient, le bruit est humide, régulier. Elle le prend profond, jusqu'à ce que le sexe touche le fond de sa gorge. Elle déglutit autour de lui. Le sent qui pulse contre sa langue.
Il pose une main sur sa nuque. La tient. Ne la pousse pas. La tient juste, comme on tient un objet. Elle continue. Plus vite. Plus fort. Sa salive coule, mouille son menton, coule sur ses seins. Elle s'en fout. Elle veut qu'il jouisse. Qu'il lui donne tout. Qu'il la remplisse.
Il retire sa main. La repousse doucement.
— Arrête, dit-il.
Elle s'arrête. Le sexe glisse hors de sa bouche. Il est luisant, humide. Elle le regarde. Elle veut le reprendre, le sucer encore, le garder en elle.
Il remonte son jean. Attache sa ceinture. Se lève.
— Va dans la chambre, dit-il.
Et cette fois, ne t'endors pas. Il traverse le salon. Va dans la cuisine. Elle l'entend ouvrir le frigo. Le bruit du verre contre le verre. Puis le silence.
Elle se lève. Va dans la chambre. Le lit est défait, les draps froissés, l'oreiller encore marqué par sa tête. Elle s'allonge sur le dos. Les mains le long du corps. Elle regarde le plafond. Une fissure court du coin de la fenêtre jusqu'au milieu de la pièce. Elle ne l'avait jamais remarquée.
Elle attend. Le temps passe. Les ombres bougent sur le mur. La lumière baisse encore. Elle entend des bruits dans la cuisine : le robinet, un tiroir qu'on ouvre, qu'on ferme, le frigo qui ronronne.
Puis des pas. Il entre dans la chambre. Il tient quelque chose dans sa main. Elle ne voit pas quoi. Il s'approche du lit.
— Assieds-toi, dit-il.
Elle obéit. Se redresse. S'assoit sur le bord du lit. Ses pieds touchent le sol. Le parquet est frais.
Il s'agenouille devant elle. Pose ce qu'il tient sur le lit à côté d'elle. Elle regarde. C'est un concombre. Long, épais, vert foncé, encore humide de l'eau du robinet. Et un tube de gel. Et une banane. Et une tomate.
Il prend le concombre. Le tient devant elle.
— Tu as aimé, tout à l'heure, dit-il. Avec le concombre. Tu as aimé le sentir en toi.
Elle ne répond pas. Elle regarde le concombre. Le bois luisant sous la lumière du coucher.
— Alors on va recommencer, dit-il.
Mais cette fois, c'est moi qui choisis. Il pose le concombre sur le lit. Prend le tube de gel. Le dévisse. Une odeur de synthétique, de fruits chimiques, emplit la pièce. Il presse le tube. Le gel coule sur ses doigts, translucide, épais.
Il écarte les jambes de Claire. Pose ses doigts enduits de gel entre ses fesses. Le gel est froid. Il glisse sur son anus, le lubrifie, le prépare. Elle frissonne. Ferme les yeux.
Il retire ses doigts. Prend le concombre. Le tient d'une main. De l'autre, il écarte ses fesses. Il pose le bout du concombre contre son anus. Le bois est dur, lisse, froid.
— Respire, dit-il.
Elle inspire. Il pousse. Le concombre entre, lentement, centimètre par centimètre. La sensation est étrange, pleine, différente du vagin. Plus serrée. Plus intense. Elle serre les dents. Le concombre continue d'entrer, profond, toujours plus profond.
Il s'arrête quand la moitié du concombre est en elle. La garde ainsi. Immobile. Elle le sent en elle, qui l'emplit, qui la remplit tout entière. Il attend. Puis il commence à bouger. Lentement. Le concombre va et vient, frotte contre ses parois, la fait vibrer.
Elle ouvre les yeux. Le regarde. Il la regarde aussi. Ses yeux sont sombres, concentrés. Il tient le concombre comme on tient un outil.
Il accélère. Le mouvement devient plus rapide, plus fort. Le bruit est humide, régulier. Elle sent la jouissance monter, lente, profonde, différente de celle de tout à l'heure.
— Jouis, dit-il.
Elle jouit. La vague déferle, la secoue, la fait crier. Son corps se tend, se contracte autour du concombre. Elle agrippe les draps, les tord entre ses doigts. Il continue à bouger, lentement, jusqu'à ce que les spasmes s'apaisent.
Puis il retire le concombre. Lentement. Le bois glisse hors d'elle, humide, luisant de gel et de son jus. Il pose le concombre sur le lit. Prend la banane. La pèle. La chair est blanche, molle, sucrée. Il la porte à sa bouche. Mord dedans. Mâche. Avale.
Elle le regarde. Il mange la banane lentement, en la regardant. Puis il prend la tomate. La mord. Le jus coule sur son menton. Il l'essuie d'un revers de main.
Il pose la tomate entamée sur le lit. Se lève. Il la regarde, assise sur le bord du lit, nue, le sexe humide, l'anus encore ouvert, le corps tremblant.
— Couche-toi, dit-il.
Elle obéit. S'allonge sur le dos. Les jambes écartées. Il s'approche. Pose une main sur son ventre. La caresse doucement. Sa main remonte, touche ses seins, pince ses tétons, les étire, les tord. Elle gémit. Il pince plus fort. Elle serre les dents.
Il relâche. Pose sa main sur son cou. La serre doucement. Pas assez pour l'étouffer. Juste assez pour qu'elle sente la pression, la contrainte.
Il se penche. Sa bouche est près de son oreille. Il murmure :
— Tu es meilleure qu'elle.
Elle ouvre les yeux. Le regarde. Il recule. La regarde.
— Dis-le, dit-il.
— Je suis meilleure qu'elle, dit-elle.
Sa voix est rauque, brisée.
— Encore, dit-il.
— Je suis meilleure qu'elle.
— Encore.
— Je suis meilleure qu'elle. Je suis meilleure que ma mère. Je suis meilleure qu'Élise.
Il la regarde. Ses yeux sont calmes. Satisfaits. Il retire sa main de son cou. Recule.
— Je reviens demain, dit-il.
Il se tourne. Sort de la chambre. Elle entend ses pas dans le couloir, dans l'entrée. La porte s'ouvre. Se referme.
Le silence. Elle reste allongée, nue, les jambes écartées, le corps marqué, humide, ouvert. Le concombre est à côté d'elle sur le lit. La banane à moitié mangée. La tomate écrasée.
Elle ferme les yeux. Demain.
Scène 3 — Elle reste allongée longtemps
Elle reste allongée longtemps. Le silence de l'appartement pèse sur elle, l'écrase contre le matelas. Les légumes sur le lit refroidissent à côté de sa cuisse. Le gel a séché sur sa peau, forme une pellicule qui tire quand elle bouge. Elle finit par se lever.
Ses jambes tremblent. Elle traverse le couloir, nue, les pieds collants sur le parquet. Dans la salle de bain, la lumière du plafond est crue, blanche, impitoyable. Elle se regarde dans le miroir. Ses cheveux emmêlés. Ses yeux cernés, mais brillants. Sa bouche gonflée d'avoir mordu le drap. Ses seins marqués de rouge là où il a pincé. Elle tourne le dos au miroir, regarde par-dessus son épaule. La peau de ses fesses est rose, chaude encore du frottement du matelas. Entre ses jambes, une traînée luisante.
Elle ouvre le robinet. L'eau coule, froide. Elle se lave avec un gant, lentement, méthodiquement. Le gel part. Son odeur à elle reste. L'odeur de lui aussi, mélangée, quelque part dans ses cheveux, sur sa langue.
Elle retourne dans la chambre. Le lit est défait, les draps froissés, humides par endroits. Le concombre est toujours là, posé sur l'oreiller. La banane à moitié mangée a bruni là où la chair est exposée. La tomate écrasée a laissé une tache rouge sur le drap blanc.
Elle prend le concombre. Le bois est tiède maintenant, lisse. Elle le regarde. Puis elle le pose sur la table de nuit. Prend la banane. La finit. La pulpe est molle, sucrée, un peu fermentée. Elle mâche lentement, avale. Prend la tomate écrasée, la porte à sa bouche, aspire le jus, la chair, les graines.
Elle lèche ses doigts. Puis elle va dans la cuisine. Jette les peaux de banane et la tomate écrasée dans la poubelle sous l'évier. Lave ses mains au robinet. L'eau est froide.
Elle reste un moment debout dans la cuisine, les mains appuyées sur le bord de l'évier, la tête baissée. Son corps la fait souffrir. L'anus est douloureux, sensible. Le vagin aussi, un peu. Mais c'est une bonne douleur. Une douleur qui rappelle.
Elle se redresse. Va dans le salon. Le canapé est là, comme un témoin. Elle s'assied dessus, nue, les jambes serrées. La lumière du jour baisse par la fenêtre. Les ombres s'allongent sur le mur.
Elle reste assise longtemps. Son téléphone est sur la table basse. Elle le prend. L'écran est noir. Elle le pose. Le reprend. Le pose.
Elle se lève. Va dans l'entrée. La porte est fermée. Elle met la chaîne. Puis l'enlève. Puis la remet.
Elle retourne dans la chambre. Le lit est toujours défait. Elle s'allonge au milieu, sur le dos, les bras le long du corps. Le plafond est blanc, vide. Elle pense à lui.
À ses mains. À sa voix. À la façon dont il la regarde, comme s'il voyait à travers elle, comme s'il savait exactement ce qu'elle veut avant même qu'elle le sache. Elle pense à sa mère. À Élise.
À la scène du canapé. La tête de Julien entre les cuisses d'Élise. Les doigts d'Élise dans les cheveux de Julien. Le bruit. Le bruit humide.
Elle serre les poings. Elle est meilleure. Elle le sait. Elle ferme les yeux. Le sommeil vient lentement, par vagues. Elle sombre, remonte, sombre encore. Des images passent derrière ses paupières : le concombre, la main de Julien, le visage de sa mère, la tache rouge sur le drap.
Elle dort. Quand elle se réveille, il fait nuit noire. La chambre est froide. Elle grelotte. Elle se lève, cherche un vêtement. Trouve la robe noire en dentelle par terre, l'enfile. Le tissu est froissé, sent la sueur et le sexe.
Elle va dans la cuisine. Boit un verre d'eau. Regarde l'heure sur le four : 23h47. Elle n'a pas faim. Elle retourne dans le salon. S'assied sur le canapé, dans le noir. Les lampadaires de la rue dessinent des raies de lumière sur le mur. Une voiture passe. Puis le silence.
Elle reste là. Son téléphone vibre sur la table basse. Elle le prend. L'écran s'allume. Un message de lui.
« Demain. 10h. Sois prête. »
Elle lit le message trois fois. Puis elle pose le téléphone contre sa poitrine, contre la dentelle, contre sa peau. Elle sourit dans le noir. Elle se lève. Va dans la chambre. Refait le lit. Tends les draps, secoue l'oreiller, le tapote. Enlève la tache de tomate avec un linge humide. La tache s'estompe mais ne part pas complètement. Une auréole rose reste.
Elle s'allonge. La tête sur l'oreiller qui sent encore lui. Elle ferme les yeux. Demain. Elle dort.
Le réveil sonne à 8h. Elle se lève d'un coup, le cœur battant. La douche est chaude, longue. Elle se lave partout, deux fois, trois fois. Se sèche. Se regarde dans le miroir de la salle de bain.
Ses yeux sont clairs. Sa peau est propre. Elle retourne dans la chambre. Ouvre le placard. Regarde les vêtements alignés. Sa main hésite entre une robe bleue, une jupe noire, un chemisier blanc.
Elle choisit la robe noire en dentelle. La même. L'enfile. Le tissu glisse sur sa peau, caresse ses seins, épouse ses hanches. Elle ajuste les bretelles. Se regarde dans le miroir en pied de la chambre.
Elle est belle. Elle le sait. Elle va dans la cuisine. Boit un café. Mange une pomme. Range la cuisine. Nettoie l'évier. Jette les restes de la veille dans la poubelle. Sort le sac poubelle. Le porte à la poubelle de l'immeuble.
Quand elle remonte, il est 9h30. Elle s'assied sur le canapé. Croise les jambes. Décroise les jambes. Se lève. Va à la fenêtre. Regarde la rue. Les passants. Les voitures. Un chien. Une femme avec une poussette.
Personne ne la regarde. Elle retourne s'asseoir. Les minutes passent. Lentes. Épaisses. Chaque seconde est un battement de cœur.
9h45. Elle se lève. Va dans l'entrée. Ouvre la porte. Regarde le palier. Vide. Referme.
9h50. Elle se tient devant la porte. Les mains moites. Le cœur qui cogne. 9h55.
Elle entend l'ascenseur. Puis des pas. Puis la sonnette. Elle ouvre. Il est là.
Il porte un jean et une chemise bleue. Les manches relevées. Les avant-bras nus. Il la regarde.
— Prête, dit-il.
Ce n'est pas une question. Il entre. La bouscule en passant, comme toujours. Va dans la cuisine. Pose ses clés sur la table. Le bruit du métal sur le bois.
Elle reste dans l'entrée. La porte est ouverte derrière elle. Elle la ferme. La chaîne. Ses doigts tremblent.
Elle le rejoint dans la cuisine. Il est debout devant la table. Il se tourne vers elle.
— Enlève la robe, dit-il.
Elle obéit. Ses mains remontent, trouvent l'ourlet de la robe. Elle la soulève. La dentelle gratte ses seins, ses hanches. La robe passe par-dessus sa tête. Elle la laisse tomber par terre.
Elle est nue devant lui. Il la regarde. Ses yeux descendent le long de son corps. S'arrêtent sur ses seins. Sur son ventre. Entre ses jambes.
Il hoche la tête.
— À genoux, dit-il.
Elle s'agenouille. Le carrelage est froid sous ses genoux. Elle lève les yeux vers lui. Il défait sa ceinture. Lentement. Le cuir glisse dans les passants. Il ouvre son jean. Le baisse. Son sexe est dur, tendu, déjà prêt.
Il s'approche.
— Ouvre la bouche, dit-elle.
Il ne dit rien. Il attend. Elle ouvre la bouche. Il pose son sexe sur sa langue. Le goût est là, salé, chaud, familier. Elle ferme les lèvres autour de lui. Commence à bouger.
Il pose une main sur sa nuque. Ne la guide pas. Juste la touche. Elle le suce longtemps. Sans ordre. Sans parole. Juste le mouvement de sa bouche, le va-et-vient, le bruit humide dans le silence de la cuisine.
Il ne jouit pas. Il retire son sexe de sa bouche. Sa main sur sa nuque la maintient en place.
— Lèche, dit-il.
Elle sait ce qu'il veut. Elle se penche en avant. Pose sa bouche sur ses couilles. Les lèche. Les prend dans sa bouche, l'une après l'autre. Le goût est fort, intime. Elle ferme les yeux. Continue.
Sa main sur sa nuque la pousse plus bas. Elle descend. Sa langue trouve son anus. Elle le lèche. Le cercle de chair se tend sous sa langue. Elle appuie, lèche plus profondément. Il ne fait pas un bruit.
Elle continue. Longtemps. Sa langue est fatiguée, sa mâchoire lui fait mal. Mais elle continue. Parce qu'il ne lui a pas dit d'arrêter.
Finalement, il recule.
— Relève-toi, dit-il.
Elle se lève. Ses genoux sont rouges, marqués par le carrelage. Il la regarde. Son sexe est toujours dur. Humide de sa bouche.
Il se tourne. Va dans le salon. Elle le suit. Il s'arrête devant le canapé.
— À quatre pattes, dit-il. Sur le canapé.
Elle monte sur le canapé. Se met à quatre pattes. Le tissu est doux sous ses paumes. Elle attend. Il s'approche par-derrière. Sa main touche ses fesses. Les écarte. Son pouce frotte son anus, encore sensible de la veille. Elle frissonne.
Il crache dans sa main. Enduit son sexe. Puis il le pose contre son anus.
— Respire, dit-il.
Elle inspire. Il pousse. La douleur est vive, brève. Puis la sensation de plénitude, d'être remplie, ouverte. Il entre en elle, centimètre par centimètre, jusqu'à ce qu'il soit complètement enfoncé.
Il s'arrête. Elle le sent en elle. Battre. Vivre. Il commence à bouger.
Les coups sont lents, profonds, réguliers. Chaque poussée l'enfonce un peu plus dans le canapé. Elle agrippe le tissu, serre les dents. Le plaisir monte, mêlé à la douleur, confus, violent. Il accélère.
Les coups deviennent plus rapides, plus forts. Le bruit de leurs corps qui s'entrechoquent emplit le salon. Elle gémit, la tête enfoncée dans le coussin.
— Jouis, dit-il.
Elle jouit. La vague est plus forte que la veille. Plus longue. Elle la traverse tout entière, la vide, la laisse tremblante, offerte. Il continue à bouger. Quelques coups encore. Puis il s'arrête. Reste en elle. Immobile.
Il se retire. Lentement. Elle sent le vide, le manque immédiat. Il remonte son jean. Attache sa ceinture.
Elle reste à quatre pattes sur le canapé, le corps secoué de spasmes, le sexe qui coule sur sa cuisse. Il va dans la salle de bain. Elle entend l'eau couler. Puis il revient. Il s'arrête devant elle. Pose une main sur ses cheveux. Les caresse. Une fois. Deux fois.
— Tu es bonne, dit-il.
Elle lève la tête. Le regarde. Il sourit. Un sourire léger, presque tendre.
— Je reviens demain, dit-il.
Il se tourne. Sort du salon. Va dans l'entrée. La porte s'ouvre. Se referme.
Le silence. Elle reste à quatre pattes sur le canapé, nue, ouverte, marquée. Puis elle se redresse. Va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir.
Son visage est rouge, ses yeux brillants. Ses cheveux en désordre. Sa bouche gonflée. Elle sourit. Demain.
Chapitre 3 — Les choses sérieuses commencent
Scène 1 — Elle s'apprête
Il ne lui a pas dit de se laver. Elle reste devant le miroir, les mains posées sur le rebord du lavabo. Son visage est rouge, ses yeux brillants, sa bouche gonflée. L'urine sèche sur sa peau, tire légèrement. Elle ne l'essuie pas. Elle respire. L'odeur est forte, animale, mêlée à celle de son sexe, de sa sueur.
Elle se regarde longtemps. Puis elle quitte la salle de bain. Nue. Les pieds nus sur le carrelage froid du couloir. La lumière du salon est encore allumée. Le canapé porte la marque de ses genoux, une tache humide sur le tissu. Elle s'approche. S'agenouille devant. Passe sa main sur l'endroit où il l'a pénétrée. Le tissu est tiède.
Elle se penche. Pose sa joue sur la tache. Ferme les yeux. L'odeur de lui. De son sexe. De sa bouche. De leur mélange.
Elle reste là, recroquevillée sur le canapé, les genoux remontés contre sa poitrine, la joue contre le tissu humide. La nuit passe. Elle ne dort pas vraiment. Parfois ses yeux s'ouvrent sur la lampe allumée, le plafond blanc, le silence de l'appartement. Parfois elle les referme et respire l'odeur.
Quand le jour se lève, la lumière grise entre par la fenêtre. Elle se lève. Ses muscles sont raides. Sa nuque lui fait mal. Elle va dans la cuisine. Boit un verre d'eau directement au robinet. L'eau coule sur son menton, sur sa poitrine. Elle ne s'essuie pas.
Elle regarde la corbeille à fruits sur le plan de travail. Il y a une banane. Un concombre. Une tomate un peu molle. Elle ne les touche pas.
Elle va dans la chambre. Le lit est défait, les draps froissés. Elle s'allonge. Pose son visage sur l'oreiller où il a posé sa tête la veille. L'odeur est plus faible, mais elle est là. Elle respire. Enfonce son nez dans le tissu.
Elle reste allongée, immobile, jusqu'à ce que le soleil monte assez haut pour éclairer le mur. Puis elle se lève. Va dans la salle de bain. Ouvre la douche. L'eau est chaude, presque brûlante. Elle reste dessous longtemps. L'eau emporte l'urine, la sueur, le goût. Elle frotte sa peau avec ses mains, ses seins, son ventre, ses cuisses. Elle frotte son sexe, doucement, et le plaisir revient, un écho lointain. Elle s'arrête.
Elle sort de la douche. S'essuie. Se regarde dans le miroir embué. Son visage est propre. Ses yeux sont calmes.
Elle sourit. Elle va dans la chambre. Ouvre le placard. Regarde les robes alignées. Sa main hésite sur une robe bleue, une robe blanche. Puis elle prend la robe noire en dentelle. Celle qu'il aime. Celle qu'il lui fait enlever.
Elle l'enfile. Le tissu glisse sur sa peau encore humide. La dentelle gratte ses seins, ses hanches. Elle va dans la cuisine. S'assied à la table. Attend.
Les minutes passent. Le silence est épais, seulement troublé par le bruit du frigo qui ronronne. Son téléphone vibre sur la table. Elle le regarde.
Le message de Julien : *Demain. 10h. Sois prête.*
Elle lit le message trois fois. Puis elle repose le téléphone. Elle regarde la corbeille à fruits. Prend la banane. La pèle.
La mange lentement, en regardant le mur. La pulpe est sucrée, un peu farineuse. Elle mâche, avale. Puis elle prend la tomate. La croque. Le jus coule sur son menton. Elle lèche le jus. Prend le concombre. Le regarde. Le pose sur la table.
Ne le mange pas. Elle reste assise, les mains à plat sur la table, le corps immobile dans la robe noire. Elle attend. Le soleil monte dans le ciel. La lumière change sur le mur de la cuisine. Les ombres raccourcissent, puis s'allongent.
À 10 heures moins cinq, elle entend une voiture s'arrêter devant l'immeuble. Son cœur bat plus fort. Elle ne bouge pas. La sonnette retentit. Elle se lève.
Va dans l'entrée. Ouvre la porte. Il est là. Il porte le même jean, la même chemise bleue. Ses cheveux sont encore humides, comme s'il venait de se doucher. Il la regarde. Regarde la robe noire. Regarde son visage.
Il ne dit rien. Il entre. La bouscule en passant. Va dans la cuisine. Pose ses clés sur la table.
Se tourne vers elle.
— Enlève la robe, dit-il.
Elle obéit. La dentelle glisse sur ses épaules, tombe à ses pieds. Elle est nue devant lui, dans la cuisine, les bras le long du corps. Il s'approche. Sa main se lève.
La gifle. La joue gauche. La douleur éclate, chaude, rouge. Sa tête part sur le côté. Elle vacille, mais ne tombe pas. Elle reste debout, le souffle court, la joue en feu.
Il attend. Elle tourne la tête vers lui. Ses yeux sont brillants. Il la gifle à nouveau. La joue droite.
La douleur est symétrique, mordante. Elle sent ses oreilles bourdonner. Un goût de sang au coin de sa lèvre. Elle le lèche. Il la regarde.
— À genoux, dit-il.
Elle s'agenouille. Le carrelage est froid sous ses genoux. Il défait sa ceinture. Le cuir gratte. Il ouvre son jean. Sort son sexe. Il est déjà dur, tendu, la veine gonflée sur le côté.
Il s'approche.
— Ouvre, dit-il.
Elle ouvre la bouche. Il pose son sexe sur sa langue. Le goût est là, propre, un peu salé. Elle ferme les lèvres autour de lui. Commence à bouger. Sa tête d'avant en arrière. Le bruit humide dans le silence.
Il pose une main sur sa nuque. La maintient en place. Accélère le rythme. Elle le suce sans s'arrêter. Sa mâchoire commence à lui faire mal. Sa salive coule sur son menton. Elle continue.
Il ne jouit pas. Il retire son sexe. Sa main sur sa nuque la pousse plus bas.
— Lèche, dit-il.
Elle se penche. Pose sa bouche sur ses couilles. Les lèche. Les prend dans sa bouche, l'une après l'autre. Le goût est plus fort, plus intime. Elle ferme les yeux. Continue.
Il ne dit rien. Elle descend plus bas. Sa langue trouve son anus. Le cercle de chair se tend sous sa langue. Elle lèche, appuie, explore. Il ne fait pas un bruit. Juste la pression de sa main sur sa nuque, qui la maintient en place.
Elle lèche longtemps. Sa langue est fatiguée, sa mâchoire lui fait mal, mais elle continue. Parce que c'est ce qu'il veut. Parce que c'est ce qu'elle veut. Finalement, il recule.
— Relève-toi, dit-il.
Elle se lève. Ses genoux sont rouges, marqués par le carrelage. Il la regarde. Son sexe est toujours dur, humide de sa bouche. Il se tourne. Va dans le salon.
Elle le suit. Il s'arrête devant le canapé.
— À quatre pattes, dit-il.
Elle monte sur le canapé. Se met à quatre pattes. Le tissu est doux sous ses paumes. Elle attend. Il s'approche par-derrière. Sa main touche ses fesses. Les écarte. Son pouce frotte son anus. Elle frissonne. Il crache dans sa main. Enduit son sexe. Puis il le pose contre elle.
— Respire, dit-il.
Elle inspire. Il pousse. La douleur est vive, brève. Puis la plénitude. Il entre en elle, centimètre par centimètre, jusqu'à ce qu'il soit complètement enfoncé. Il s'arrête. Elle le sent en elle. Battre.
Il commence à bouger. Les coups sont lents, profonds. Chaque poussée l'enfonce dans le canapé. Elle agrippe le tissu, serre les dents. Le plaisir monte, mêlé à la douleur.
Il accélère. Les coups deviennent plus rapides. Le bruit de leurs corps emplit le salon. Elle gémit, la tête enfoncée dans le coussin.
— Jouis, dit-il.
Elle jouit. La vague est forte, longue. Elle la traverse, la vide, la laisse tremblante. Il continue à bouger. Quelques coups encore. Puis il s'arrête. Reste en elle. Immobile.
Il se retire. Elle sent le vide, le manque immédiat. Il remonte son jean. Attache sa ceinture. Elle reste à quatre pattes, le corps secoué de spasmes.
Il va dans la salle de bain. Elle entend l'eau couler. Il revient. S'arrête devant elle.
— Tourne-toi, dit-il.
Elle se tourne. S'assied sur le canapé. Le regarde. Il s'approche. Sa main touche son menton. La force à lever la tête.
— Tu es meilleure qu'elle, dit-il.
Elle le regarde.
— Dis-le, dit-il.
— Je suis meilleure qu'elle, dit-elle.
Sa voix est rauque, brisée. Il hoche la tête.
— Je reviens demain, dit-il.
Il se tourne. Sort du salon. Va dans l'entrée. La porte s'ouvre. Se referme.
Le silence. Elle reste assise sur le canapé, nue, ouverte, marquée. Puis elle se lève. Va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir.
Son visage est rouge, ses yeux brillants. Ses cheveux en désordre. Sa bouche gonflée. Les marques des gifles commencent à apparaître sur ses joues, deux taches roses symétriques. Elle sourit.
Elle est meilleure que sa mère. Elle le sait.
Scène 2 — Le silence après la porte
Le silence après la porte. Le bruit de la serrure qui s'enclenche. Claire reste assise sur le canapé. Nue. Les cuisses humides. L'anus encore ouvert, qui palpite. Elle sent le froid sur sa peau là où il s'est retiré. Le manque est physique, une cavité qui veut être remplie.
Elle ne bouge pas. Ses mains sont posées sur ses cuisses. Les paumes moites. Elle regarde la porte fermée. Le rectangle de bois blanc. Il est parti. Il revient demain. Il a dit demain.
Elle inspire. L'air sent lui. Sa sueur. Son sexe. L'odeur est partout, dans le tissu du canapé, dans ses cheveux, sur sa langue.
Elle reste là longtemps. Le temps passe par la fenêtre. La lumière bouge sur le mur. L'ombre du lampadaire s'allonge, se rétracte. Elle ne la regarde pas. Elle regarde la porte.
Puis elle se lève. Ses jambes tremblent. Elle va dans la cuisine. Le carrelage est froid sous ses pieds nus. Elle ouvre le frigo. La lumière blanche. Elle prend le concombre. Il est froid, dur, lisse. Elle le tient dans sa main. Le regarde.
Elle le pose sur la table. Ouvre le tiroir. Prend un couteau. Coupe le concombre en rondelles. Les rondelles tombent sur la planche. Elle les prend une par une, les mange. Le goût est frais, aqueux, propre. Elle mâche, avale. Vide le concombre.
Jette le talon dans l'évier. Se lave les mains. Elle va dans la chambre. Le lit est défait. Les draps froissés. L'oreiller encore creusé par sa tête. Elle s'assied sur le bord. Passe sa main sur le drap. L'endroit où il était. La chaleur est partie. Il ne reste que l'odeur.
Elle se couche. Se met en boule. Les genoux contre la poitrine. Les bras serrés autour d'elle. Elle ferme les yeux.
Elle voit son visage. Ses mains. Elle sent ses doigts sur sa nuque. Sa voix. *Respire.*
Elle ouvre les yeux. La chambre est sombre. Elle se lève. Va dans la salle de bain. Allume la lumière. Le miroir lui renvoie son visage. Les marques des gifles sont plus nettes maintenant. Deux rectangles roses sur ses joues. Sa bouche est gonflée. Ses yeux cernés.
Elle touche sa joue. La peau est chaude. Elle baisse la main. Touche son sein. Le téton est dur, sensible. Elle le pince. La douleur est bonne. Elle inspire.
Elle se regarde. Elle est nue, marquée, ouverte. Elle est meilleure que sa mère. Elle le sait. Elle éteint la lumière. Revient dans la chambre. Se couche. Le drap sent lui. Elle pose sa joue sur l'oreiller. Inspire profondément. L'odeur emplit ses poumons.
Elle ferme les yeux. Elle dort. Le réveil sonne à sept heures. Elle l'arrête d'une main. Reste allongée. Le corps lourd. Les muscles endoloris. Elle se lève. Va dans la douche. L'eau chaude sur sa peau. Elle se lave lentement. Le savon sur ses bras, ses seins, son ventre. Entre ses jambes. La douleur est douce, un rappel.
Elle sort. S'essuie. Se regarde dans le miroir embué. Les marques sur ses joues sont encore visibles. Elle sourit.
Elle va dans la chambre. Ouvre le placard. Prend la robe noire en dentelle. La pose sur le lit. Prend un string noir. Un soutien-gorge noir.
Elle s'habille. Le string remonte sur ses hanches. Le soutien-gorge serre ses seins. La robe glisse sur elle, légère, transparente. Elle se regarde dans le miroir.
Ses cheveux sont encore humides. Elle les coiffe. Se maquille un peu. Du rouge à lèvres. Du noir sur les yeux.
Elle est prête. Elle va dans la cuisine. Ouvre le frigo. Il y a des œufs. Du pain. Du beurre. Elle sort deux œufs. Les casse dans une poêle. Les fait cuire. Les mange avec du pain. Boit un verre d'eau.
Elle lave l'assiette. La range. S'assied à la table. Les mains posées à plat. Elle attend.
Les minutes passent. La lumière du matin entre par la fenêtre. Elle regarde la porte. Elle n'a pas de téléphone. Il n'a pas appelé. Il n'a pas envoyé de message.
Il a dit demain. C'est demain. Elle attend. Une heure passe. Deux heures.
Elle ne bouge pas. Puis la sonnette. Le bruit la traverse. Elle se lève. Va dans l'entrée. Sa main sur la poignée. Elle ouvre.
Il est là. Il la regarde. Ses yeux descendent sur elle. La robe. Son corps dessous.
Il entre. La bouscule. Elle recule. Il ferme la porte derrière lui. Pose ses clés sur la console. Le bruit du métal sur le bois.
Il la regarde.
— Enlève la robe, dit-il.
Elle baisse les bretelles. La robe glisse. Tombe à ses pieds. Elle est en string et soutien-gorge noirs. Il s'approche.
Sa main touche son épaule. Descend le long de son bras. Prend sa main. La retourne. La tient.
— Tu as bien dormi ? dit-il.
— Oui, dit-elle.
Il la regarde.
— Tu es prête ?
— Oui.
Il lâche sa main. Va dans le salon. Elle le suit. Il s'arrête devant le canapé. Se tourne vers elle.
— À genoux, dit-il.
Elle s'agenouille. Le tapis est doux sous ses genoux. Il défait sa ceinture. Le cuir gratte. Il ouvre son jean. Sort son sexe. Il est déjà dur.
Il s'approche.
— Ouvre, dit-il.
Elle ouvre la bouche. Il pose son sexe sur sa langue. Le goût est là. Propre. Un peu salé. Elle ferme les lèvres autour de lui. Commence à bouger. Sa tête d'avant en arrière. Le bruit humide dans le silence.
Il pose une main sur sa nuque. La maintient en place. Accélère le rythme. Elle le suce. Sa mâchoire lui fait mal. Sa salive coule. Elle continue.
Il ne jouit pas. Il retire son sexe. Sa main sur sa nuque la pousse plus bas.
— Lèche, dit-il.
Elle se penche. Pose sa bouche sur ses couilles. Les lèche. Les prend dans sa bouche. Le goût est plus fort. Elle ferme les yeux. Continue.
Il ne dit rien. Elle descend plus bas. Sa langue trouve son anus. Le cercle de chair se tend. Elle lèche, appuie, explore. La pression de sa main sur sa nuque.
Elle lèche longtemps. Sa langue est fatiguée. Sa mâchoire lui fait mal. Mais elle continue. Finalement, il recule.
— Relève-toi, dit-il.
Elle se lève. Ses genoux sont rouges. Il la regarde. Son sexe est toujours dur, humide de sa bouche. Il se tourne. Va dans la cuisine.
Elle le suit. Il ouvre le frigo. Prend un concombre. Le pose sur la table. Prend un tube de gel dans le tiroir. Le pose à côté.
Il se tourne vers elle.
— Penche-toi sur la table, dit-elle.
Elle se penche. Pose ses avant-bras sur la table. Le bois est lisse, froid. Il s'approche par-derrière. Sa main touche son string. Le descend. Le string tombe sur ses chevilles.
Ses doigts touchent son anus. Frottent. Elle est encore ouverte d'hier. Il enduit ses doigts de gel. Les glisse en elle. Deux doigts. Elle serre les dents. Il les bouge, les écarte.
Puis il les retire. Il prend le concombre. Le gel. Enduit le concombre. Le pose contre elle.
— Respire, dit-il.
Elle inspire. Il pousse. Le concombre entre. C'est froid. C'est dur. Plus large que lui. La douleur est bonne. Elle serre les dents. Il pousse plus loin. Jusqu'à ce que le concombre soit complètement en elle.
Il s'arrête. Elle le sent en elle. Le froid qui se réchauffe. Il commence à bouger. Le concombre va et vient. Lentement. Profondément. Chaque poussée l'enfonce dans la table. Elle agrippe le bois. Le plaisir monte.
Il accélère. Les coups deviennent plus rapides. Le bruit du gel. Le bruit de sa respiration.
— Jouis, dit-il.
Elle jouit. La vague est forte, longue. Son corps tremble. Elle crie, la tête enfoncée dans ses bras. Il continue à bouger. Quelques coups encore. Puis il s'arrête. Retire le concombre.
Elle sent le vide. Il pose le concombre dans l'évier. Il se tourne vers elle. Elle est toujours penchée sur la table. Le corps secoué de spasmes.
Il s'approche. Sa main touche ses fesses. Les écarte. Il crache dans sa main. Enduit son sexe. Puis il la pénètre.
La chair est chaude, vivante, différente du concombre. Il entre en elle d'un coup. Elle gémit. Il commence à bouger. Les coups sont rapides. Forts. Chaque poussée la fait glisser sur la table. Elle agrippe le bois. Le plaisir est à nouveau là, qui monte.
Il ne dit rien. Il la prend. Ses mains sur ses hanches. Ses doigts qui s'enfoncent dans sa chair. Il accélère encore.
Elle jouit à nouveau. La vague est moins forte, mais plus longue. Elle tremble, le corps ouvert, offert. Il continue. Quelques coups encore. Puis il s'arrête. Reste en elle. Immobile.
Il se retire. Elle sent le vide, le manque immédiat. Il remonte son jean. Attache sa ceinture. Elle reste penchée sur la table. Le corps secoué de spasmes.
Il va dans la salle de bain. Elle entend l'eau couler. Il revient. S'arrête derrière elle.
— Lève-toi, dit-il.
Elle se lève. Ses jambes tremblent. Son string est autour de ses chevilles. Elle le remonte. Il la regarde.
— Tu es bonne, dit-il.
Elle le regarde.
— Je suis meilleure qu'elle, dit-elle.
Sa voix est rauque, brisée. Il hoche la tête.
— Je sais, dit-il.
Il se tourne. Va dans l'entrée. Prend ses clés.
— Demain, dit-il. Sois prête.
Il ouvre la porte. Sort. La porte se referme. Le silence. Elle reste debout dans la cuisine. La table est humide. Son string est mouillé. Son corps tremble.
Elle va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir. Son visage est rouge. Ses yeux brillants. Ses cheveux en désordre. Sa bouche gonflée. Les marques des gifles sont encore visibles.
Elle sourit. Elle est meilleure que sa mère. Elle le sait.
Scène 3 — Elle reste devant le miroir
Elle reste devant le miroir. Le temps passe. La lumière de la salle de bain est blanche, crue. Elle voit les marques sur son cou. Là où il a mordu. Pas fort. Juste assez pour que la peau reste rouge.
Elle touche les marques. Ses doigts glissent sur sa joue. La chaleur est encore là. La brûlure des gifles. Elle sourit.
Puis elle sort de la salle de bain. Va dans la cuisine. La table est encore humide. Elle passe sa main sur le bois. La paume recueille une trace de gel, de salive, de son propre corps. Elle porte sa main à son nez. L'odeur est forte. Elle inspire.
Elle prend un torchon. Essuie la table. Essuie l'évier. Essuie le plan de travail. Le concombre est dans la poubelle. Elle voit le bout vert qui dépasse. Elle le repousse avec le pied. La banane est à côté. La tomate écrasée.
Elle referme le couvercle. Va dans le salon. Le canapé est vide. Les coussins sont bien placés. Elle s'assied. Sa main touche l'accoudoir. Le cuir est lisse. Elle ferme les yeux.
Elle voit sa mère. La tête de Julien entre ses cuisses. Le bruit. Le silence après. Elle ouvre les yeux.
Se lève. Va dans la chambre. Le lit est défait. Les draps froissés. L'oreiller porte encore l'odeur de Julien. Elle se penche. Pose son visage sur l'oreiller. Inspire.
L'odeur est forte. Sueur. Sexe. Une odeur d'homme. Elle reste là.
Le nez enfoncé dans le tissu. La respiration lente. Elle sent son corps qui se détend. Les muscles de son dos se relâchent. Ses épaules tombent.
Elle reste longtemps. Puis elle se redresse. Va dans l'entrée. La porte est fermée. Les clés de Julien ne sont plus sur la console. Elle pose sa main sur la poignée. La sent. Le métal est froid.
Elle n'ouvre pas. Reste le front contre le bois. Le silence. Elle écoute les bruits de l'immeuble. Une porte qui claque. Des pas dans l'escalier. Une voix au loin.
Elle reste. Puis elle recule. Va dans la cuisine. Ouvre le frigo. Il y a des légumes. Des carottes. Des poivrons. Une salade. Un concombre. Elle le prend. Le regarde. Le repose.
Ferme le frigo. Va dans la chambre. Enlève sa robe. La robe tombe par terre. Elle enlève son string. Le string tombe. Elle est nue.
Elle se regarde dans le miroir de la chambre. Son corps est marqué. Les seins portent les traces des pincements. Les aréoles sont plus rouges. Les tétons sont encore durs. Les hanches portent les marques de ses doigts. Les fesses sont rouges. L'intérieur des cuisses est humide.
Elle touche son ventre. La peau est chaude. Elle glisse sa main plus bas. Ses doigts touchent son sexe. Il est gonflé. Humide. Elle glisse un doigt en elle. Le retire. Le porte à sa bouche.
Le goût est salé. Acide. Le goût de lui, mélangé au sien. Elle ferme les yeux. Sa main reste sur sa bouche.
Puis elle la retire. Va dans la salle de bain. Ouvre la douche. L'eau chaude coule. Elle entre. L'eau sur son visage. Sur ses seins. Sur son ventre. Elle ferme les yeux. L'eau coule sur ses marques. Ça pique un peu. Elle reste sous l'eau.
Longtemps. L'eau devient tiède. Puis froide. Elle sort. S'essuie.
Le drap de bain est doux. Elle se sèche lentement. Les marques sont encore visibles sous la lumière. Elle va dans la chambre nue. Ouvre le placard.
Prend une robe noire. Simple. Courte. La pose sur le lit. Prend un string noir. Le pose à côté.
Prend un soutien-gorge noir. Le pose. Elle s'habille lentement. Le string. Le soutien-gorge.
La robe. Elle se regarde dans le miroir de la chambre. La robe tombe bien. Les marques sont cachées. Elle se maquille.
Un peu de rouge à lèvres. Un peu de mascara. Ses yeux sont brillants. Elle sourit. Va dans la cuisine.
S'assied à la table. Les mains posées à plat. Elle attend. La lumière de l'après-midi entre par la fenêtre. Les ombres bougent. Le temps passe.
Elle ne bouge pas. Les heures passent. La lumière devient orange. Puis rouge. Puis grise.
Le soir tombe. Elle ne bouge pas. La nuit. Elle reste assise dans le noir. La cuisine est silencieuse.
Le frigo ronronne. Elle ferme les yeux. Dort. Se réveille. La lumière du matin.
Elle est toujours assise à la table. Son dos est raide. Ses épaules sont douloureuses. Elle se lève. Va dans la salle de bain.
Se regarde dans le miroir. Son maquillage a coulé. Ses yeux sont cernés. Ses cheveux sont en désordre. Elle se lave le visage.
Se brosse les dents. Se recoiffe. Remet du rouge à lèvres. Va dans la cuisine. Ouvre le frigo.
Prend une pomme. La mange. La peau est rouge. La chair est blanche. Elle croque. Le jus coule sur son menton. Elle l'essuie avec sa main.
Mange la pomme entière. Jette le trognon dans l'évier. Se lave les mains. Va dans l'entrée. Regarde la porte.
Elle n'a pas de nouvelles de Julien. Il a dit demain. C'est demain. Elle attend. Elle s'assied sur le canapé du salon.
Les mains sur ses genoux. Le regard fixe. Le temps passe. Le téléphone sonne. Elle décroche.
— Oui.
— Je viens à midi, dit Julien.
Il raccroche. Elle repose le téléphone. Midi. Elle regarde l'horloge. Il est dix heures.
Elle a deux heures. Elle va dans la cuisine. Ouvre le frigo. Regarde les légumes. Prend une tomate.
La pose sur la table. Prend une banane. La pose. Prend un concombre. Le pose.
Les trois légumes alignés. Elle les regarde. Sa main touche le concombre. Le vert est lisse. Frais.
Elle le prend. Le porte à sa bouche. Le mord. La chair est froide. Croquante.
Elle mâche. Avale. Mord encore. Le concombre est fini. Elle prend la banane.
La pèle. La mange. La pulpe est sucrée. Molle. Elle prend la tomate.
La mord. Le jus coule. Les graines. Elle mange tout. Les épluchures dans l'évier.
Elle se lave les mains. Se regarde dans le miroir de la cuisine. Ses lèvres sont rouges de tomate. Elle les essuie. Puis elle va dans la chambre.
S'allonge sur le lit. L'odeur de Julien est encore sur l'oreiller. Elle ferme les yeux. Respire. Attend.
Le temps passe. La lumière bouge. Elle entend la porte d'entrée. Le bruit de la clé dans la serrure. Elle se lève.
Va dans l'entrée. Il est là. Il ferme la porte derrière lui. Il la regarde. Elle est debout, les bras le long du corps.
Il s'approche. Sa main touche sa joue.
— Tu as mangé, dit-il.
— Oui, dit-elle.
Il hoche la tête. Puis sa main glisse sur son cou. S'arrête sur sa nuque. Il serre un peu. Juste assez pour qu'elle sente la pression.
— Viens, dit-il.
Il la pousse vers le salon. Elle marche. S'arrête devant le canapé.
— À genoux, dit-il.
Elle s'agenouille. Le tapis est doux sous ses genoux. Il se tient devant elle. Défait sa ceinture. Ouvre son jean.
Son sexe est dur. Il le prend dans sa main.
— Ouvre la bouche, dit-il.
Elle ouvre. Il entre. Le goût est là. Fort. Salé.
Elle ferme les yeux. Sa bouche autour de lui. Sa langue qui bouge. Il ne dit rien. Sa main sur sa nuque.
Elle le suce. Il ne jouit pas. Il retire son sexe.
— Lèche, dit-il.
Elle se penche. Sa langue trouve ses couilles. Les lèche. Les prend dans sa bouche. Le goût est plus fort.
Elle continue. Il ne dit rien. Elle descend plus bas. Sa langue trouve son anus. Le cercle de chair.
Elle lèche. Appuie. Explore. La main sur sa nuque. Elle lèche longtemps.
Sa langue est fatiguée. Mais elle continue. Finalement, il recule.
— Relève-toi, dit-il.
Elle se lève. Ses genoux sont rouges. Il la regarde. Son sexe est toujours dur. Humide de sa bouche.
Il se tourne. Va dans la cuisine. Elle le suit. Il ouvre le frigo. Regarde à l'intérieur.
— Tu as mangé le concombre, dit-il.
— Oui, dit-elle.
Il referme le frigo. Se tourne vers elle.
— Il n'y en a plus, dit-il.
— Non, dit-elle.
Il la regarde.
— Alors on va utiliser autre chose, dit-il.
Il ouvre le tiroir. Prend une carotte. La pose sur la table. Prend un poivron. Le pose.
Prend une bouteille d'huile. La pose. Il se tourne vers elle.
— Penche-toi sur la table, dit-il.
Elle se penche. Pose ses avant-bras sur le bois. Il s'approche par-derrière. Sa main touche son string. Le descend.
Le string tombe sur ses chevilles. Ses doigts touchent son anus. Frottent. Elle est encore ouverte. Il enduit ses doigts d'huile.
Les glisse en elle. Deux doigts. Elle serre les dents. Il les bouge. Les écarte.
Puis il les retire. Il prend la carotte. L'enduit d'huile. La pose contre elle.
— Respire, dit-il.
Elle inspire. Il pousse. La carotte entre. C'est plus dur que le concombre. Plus étroit.
La douleur est bonne. Elle serre les dents. Il pousse plus loin. Jusqu'à ce que la carotte soit complètement en elle. Il s'arrête.
Elle la sent en elle. Le froid de l'huile. La forme irrégulière. Il commence à bouger. La carotte va et vient.
Lentement. Profondément. Chaque poussée l'enfonce dans la table. Elle agrippe le bois. Le plaisir monte.
Il accélère. Les coups deviennent plus rapides. Le bruit de l'huile. Le bruit de sa respiration.
— Jouis, dit-il.
Elle jouit. La vague est forte. Longue. Son corps tremble. Elle crie.
La tête enfoncée dans ses bras. Il continue à bouger. Quelques coups encore. Puis il s'arrête. Retire la carotte.
Elle sent le vide. Il pose la carotte dans l'évier. Il se tourne vers elle. Elle est toujours penchée sur la table. Le corps secoué de spasmes.
Il s'approche. Sa main touche ses fesses. Les écarte. Il prend le poivron. Le fend en deux avec ses doigts.
L'huile coule. Il pose un morceau contre elle. Le pousse. Le poivron entre. C'est mou.
C'est chaud. La chair du poivron se déchire à l'intérieur d'elle. Elle gémit. Il pousse plus loin. Le poivron se brise.
Les morceaux restent en elle. Il retire ce qui reste. Ses doigts entrent. Récupèrent les morceaux. Les jettent par terre.
Il la retourne. Elle est sur le dos. Sur la table. Il écarte ses cuisses. Il prend son sexe.
Le frotte contre sa vulve. Elle est mouillée. Il entre. D'un coup. Elle crie.
Il commence à bouger. Les coups sont rapides. Forts. Chaque poussée la fait glisser sur le bois. Elle agrippe les bords de la table.
Le plaisir est à nouveau là. Qui monte. Il ne dit rien. Il la prend. Ses mains sur ses hanches.
Ses doigts qui s'enfoncent dans sa chair. Il accélère encore. Elle jouit à nouveau. La vague est moins forte. Mais plus longue.
Elle tremble. Le corps ouvert. Offert. Il continue. Quelques coups encore.
Puis il s'arrête. Reste en elle. Immobile. Il se retire. Elle sent le vide.
Le manque immédiat. Il remonte son jean. Attache sa ceinture. Elle reste sur la table. Le corps secoué de spasmes.
Il va dans la salle de bain. Elle entend l'eau couler. Il revient. S'arrête devant elle.
— Lève-toi, dit-il.
Elle se lève. Ses jambes tremblent. Son string est autour de ses chevilles. Elle le remonte. Il la regarde.
— Tu es bonne, dit-il.
Elle le regarde.
— Je suis meilleure qu'elle, dit-elle.
Sa voix est rauque. Brisée. Il hoche la tête.
— Je sais, dit-il.
Il se tourne. Va dans l'entrée. Prend ses clés.
— Demain, dit-il. Sois prête.
Il ouvre la porte. Sort. La porte se referme. Le silence. Elle reste debout dans la cuisine.
La table est humide. Son string est mouillé. Son corps tremble. Elle va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir.
Son visage est rouge. Ses yeux brillants. Ses cheveux en désordre. Sa bouche gonflée. Les marques des gifles sont encore visibles.
Elle sourit. Elle est meilleure que sa mère. Elle le sait.
Chapitre 4 — Claire trouve sa place
Scène 1 — Claire reste immobile dans l'entrée
La porte claque. Claire reste immobile dans l'entrée. Le bruit résonne encore dans ses oreilles. Ses jambes tremblent. Elle pose une main sur le mur.
Le bois de la porte est froid. Elle écoute. Les pas de Julien s'éloignent dans le couloir. Puis plus rien. Le silence revient.
Elle reste là. Longtemps. Sa respiration ralentit. Son corps se refroidit. La sueur sèche sur sa peau.
Elle sent l'huile. Le sexe. La carotte. Le poivron. Tout.
Elle ferme les yeux. Sa tête tourne. Elle ouvre les yeux. Regarde l'entrée. La console.
Les clés de Julien ne sont plus là. Elle avance. Pénètre dans le salon. Le canapé est là. La tache est encore visible.
Elle s'agenouille devant. Pose ses mains sur l'accoudoir. Sa joue sur le tissu. Elle respire. L'odeur est faible.
Mélangée à celle de l'huile. Du sexe. De la sueur. Elle reste à genoux. Les minutes passent.
Ses genoux lui font mal. Le carrelage est dur. Elle ne bouge pas. Sa tête est vide. Pleine.
Les images reviennent. La carotte. Le poivron. Ses doigts. Son sexe.
Ses yeux. Sa voix.
— Tu es bonne.
Elle sourit.
— Je suis meilleure qu'elle.
La phrase sort toute seule. Sa voix est étrange. Comme si ce n'était pas la sienne. Elle se lève. Ses jambes sont raides.
Elle va dans la cuisine. La table est encore humide. Les morceaux de poivron sont par terre. La carotte est dans l'évier. Elle les regarde.
Ne les ramasse pas. Ouvre le frigo. Il est vide. Plus de légumes. Plus rien.
Elle referme. Va dans la chambre. Le lit est défait. Les draps froissés. L'odeur de Julien est encore là.
Elle s'allonge. Pose sa tête sur l'oreiller. Respire. L'odeur est forte. Elle ferme les yeux.
Sa main descend. Touche son ventre. Ses cuisses. Son sexe est encore humide. Elle laisse sa main là.
Ne bouge pas. Respire. L'odeur. Le silence. Le temps passe.
Elle ne dort pas. Elle reste allongée. Les yeux ouverts. Le plafond est blanc. Une fissure court du coin à la lampe.
Elle la suit des yeux. Compte les secondes. Les minutes. Les heures. La lumière change.
Le jour baisse. L'ombre grandit. Elle ne bouge pas. Son corps est lourd. Vide.
Plein. Elle se lève. Va dans la salle de bain. Allume la lumière. Se regarde dans le miroir.
Son visage est marqué. Les joues rouges. Les yeux cernés. Les cheveux en désordre. Des traces d'huile sur le cou.
Sur les épaules. Elle touche sa joue. La marque de la gifle est encore là. Elle appuie. La douleur est bonne.
Elle sourit. Se déshabille. La robe tombe par terre. Le string est mouillé. Elle le retire.
Reste nue. Se regarde. Ses seins sont marqués. Les tétons rouges. Gonflés.
Les doigts de Julien sont encore visibles. Elle les touche. La sensation est vive. Elle ferme les yeux. Se souvient.
Ses doigts qui pincent. Qui tordent. La douleur. Le plaisir. Elle ouvre les yeux.
Se regarde encore. Son ventre est plat. Ses cuisses fortes. Son sexe est humide. Elle passe sa main entre ses jambes.
Ses doigts entrent. Elle gémit. Le bruit résonne dans la salle de bain. Elle retire sa main. Se regarde.
Ses doigts sont luisants. Elle les porte à sa bouche. Les lèche. Le goût est fort. Salé.
Acide. C'est son goût. Le goût de Julien. Mélangé. Elle avale.
Se tourne. Ouvre la douche. L'eau chaude coule. Elle entre. L'eau frappe son dos.
Ses épaules. Ses seins. Elle ferme les yeux. Laisse l'eau couler. Le savon.
Elle se lave. Lentement. Chaque geste est précis. Elle frotte son ventre. Ses cuisses.
Son sexe. L'eau emporte l'huile. Le sperme. La sueur. Elle reste sous l'eau.
Longtemps. L'eau devient froide. Elle frissonne. Sort. S'essuie.
La serviette est rugueuse. Elle se frictionne. La peau rougit. Elle se regarde dans le miroir. Le visage est propre.
Les marques sont encore visibles. Elle sourit. Va dans la chambre. Ouvre le placard. Prend une robe propre.
Noire. Simple. L'enfile. Le tissu glisse sur sa peau. Elle est nue en dessous.
Pas de string. Pas de soutien-gorge. Rien. Elle va dans la cuisine. La table est toujours humide.
Les morceaux de poivron sont par terre. Elle les ramasse. Les jette à la poubelle. Prend une éponge. Nettoie la table.
Lentement. Chaque geste est calme. La table est propre. Elle pose l'éponge dans l'évier. Regarde la cuisine.
Tout est en ordre. Elle va dans le salon. S'assied sur le canapé. La tache est encore là. Elle pose sa main dessus.
Le tissu est froid. Elle ferme les yeux. Les images reviennent. Sa mère. Julien.
La tête de Julien entre les cuisses de sa mère. La bouche de sa mère ouverte. Les gémissements. Elle serre les poings. Les ongles s'enfoncent dans ses paumes.
La douleur est bonne. Elle ouvre les yeux. Regarde la tache.
— Je suis meilleure qu'elle, dit-elle.
Sa voix est ferme. Elle se lève. Va dans l'entrée. Ouvre la porte. Le couloir est vide.
Elle écoute. Rien. Elle referme. Verrouille. Appuie son front contre le bois.
Ferme les yeux. Respire. Lentement. Elle reste là. Longtemps.
Puis elle se tourne. Va dans la chambre. S'allonge sur le lit. L'odeur de Julien est encore là. Elle pose sa tête sur l'oreiller.
Ferme les yeux. Sa main descend. Touche son ventre. Ses doigts glissent plus bas. Touchent son sexe.
Elle est mouillée. Ses doigts entrent. Elle gémit. Bouge. Le plaisir monte.
Lentement. Elle pense à Julien. À ses mains. À sa bouche. À son sexe.
Le plaisir monte encore. Elle accélère. Le rythme. Sa respiration. Elle pense à sa mère.
À la scène. À la tête de Julien entre ses cuisses. Le plaisir est là. Fort. Elle jouit.
Son corps se tend. Se relâche. Elle reste immobile. La main entre ses jambes. Le souffle court.
Elle ouvre les yeux. Regarde le plafond. La fissure est dans l'ombre. Elle retire sa main. La regarde.
Ses doigts sont luisants. Elle les porte à sa bouche. Les lèche. Le goût est le sien. Rien que le sien.
Elle ferme les yeux. S'endort. Le sommeil est lourd. Sans rêves. Elle se réveille en pleine nuit.
La chambre est noire. Le silence est total. Elle écoute. Rien. Sa montre indique 3h47.
Elle se lève. Va dans la cuisine. Ouvre le frigo. La lumière éclaire l'intérieur vide. Elle le referme.
Ouvre les placards. Ils sont vides. Plus de légumes. Plus rien. Elle va dans l'entrée.
Ouvre la porte du placard. Prend un manteau. L'enfile par-dessus sa robe. Prend ses clés. Ouvre la porte.
Sort. Le couloir est vide. Elle descend les escaliers. La rue est déserte. Les lampadaires éclairent le trottoir.
Elle marche. Ses pas résonnent. Le froid est vif. Elle serre le manteau contre elle. Arrive devant le magasin.
Les vitrines sont éteintes. Elle regarde à l'intérieur. Les légumes sont alignés. Les concombres. Les carottes.
Les poivrons. Les tomates. Les bananes. Elle reste là. Longtemps.
Puis elle se tourne. Repart. Remonte. Rentre chez elle. Referme la porte.
Enlève le manteau. Le pose sur la console. Va dans la cuisine. S'assied à la table. Les mains posées à plat.
Elle attend. Le jour se lève. La lumière entre par la fenêtre. Elle ne bouge pas. Son téléphone vibre.
Elle le prend. Un message de Julien.
— Demain. 10h. Sois prête.
Elle lit. Relit. Pose le téléphone. Se lève. Va dans la salle de bain.
Se regarde dans le miroir. Son visage est calme. Ses yeux sont clairs. Elle sourit.
— Je suis prête, dit-elle.
Sa voix est ferme. Elle est meilleure que sa mère. Elle le sait.
Scène 2 — Elle reste assise à la table
Elle reste assise à la table. La lumière monte. La cuisine s'éclaire. Elle regarde ses mains. Les doigts écartés.
Les paumes à plat sur le bois. Elle les tourne. Les veines sont visibles. Les jointures blanches. Elle serre les poings.
Les relâche. Se lève. La chaise racle le carrelage. Elle va dans la chambre. Le lit est défait.
Les draps froissés. L'oreiller porte encore l'odeur de Julien. Elle pose sa joue dessus. Respire. Ferme les yeux.
Reste là. Le temps passe. Elle se redresse. Va dans le salon. La tache est toujours sur le canapé.
Elle s'agenouille devant. Pose sa main sur le tissu. Le touche. Le tissu est sec. Rigide.
Elle se penche. Pose ses lèvres sur la tache. Les ouvre. Lèche. Le goût est faible.
Acide. Salé. Elle reste là. La langue sur le tissu. Les yeux fermés.
Puis elle se redresse. Essuie sa bouche. Va dans l'entrée. La console. Les clés sont là.
Elle les prend. Les regarde. Les repose. Ouvre la porte du placard. Prend un manteau.
L'enfile. Prend les clés. Ouvre la porte. Sort. Le couloir est vide.
Elle descend. La rue est calme. Le soleil est bas. La lumière est blanche. Elle marche.
Ses pas résonnent. Arrive au magasin. Les volets sont levés. La lumière est allumée. Elle pousse la porte.
Une sonnette tinte. L'odeur est forte. Terre. Végétal. Humide.
Les légumes sont alignés. Les concombres. Lisses. Verts. Froids.
Elle s'approche. Tend la main. Touche un concombre. La peau est dure. Froide.
Elle le prend. Le pèse. Le pose. Prend une banane. La courbe est douce.
La peau est jaune. Tachetée. Elle la repose. Prend une tomate. La chair est ferme.
Lisse. Ronde. Elle la repose. Regarde les légumes. Les mains le long du corps.
Le vendeur la regarde.
— Vous cherchez quelque chose ?
Elle secoue la tête. Se tourne. Sort. La sonnette tinte. Elle marche.
Les sacs en plastique dansent sur le trottoir. Le vent est froid. Elle serre le manteau. Rentre. Monte.
Ouvre la porte. Referme. Enlève le manteau. Le pose sur la console. Va dans la cuisine.
Ouvre le frigo. Il est vide. Elle le referme. Va dans la chambre. S'allonge sur le lit.
L'odeur de Julien est encore là. Elle ferme les yeux. Respire. Sa main descend. Touche son ventre.
Le tissu de la robe. Elle glisse sa main sous la robe. Touche sa peau. Son ventre est chaud. Ses doigts montent.
Touchent ses seins. Les tétons sont durs. Elle les pince. Doucement. Puis plus fort.
La douleur est bonne. Elle tire. Étire. Gémit. Sa main descend.
Touche son sexe. Elle est mouillée. Ses doigts entrent. Elle bouge. Le rythme.
Le plaisir monte. Lentement. Elle pense à Julien. À ses mains. À sa bouche.
À son sexe. Elle pense à sa mère. À la scène. À la tête de Julien entre ses cuisses. Le plaisir monte encore.
Elle accélère. Le souffle court. Le corps tendu. Elle jouit. Son corps se tend.
Se relâche. Elle reste immobile. La main entre ses jambes. Le souffle court. Elle ouvre les yeux.
Regarde le plafond. La fissure est dans l'ombre. Elle retire sa main. La regarde. Ses doigts sont luisants.
Elle les porte à sa bouche. Les lèche. Le goût est le sien. Rien que le sien. Elle ferme les yeux.
S'endort. Le sommeil est lourd. Sans rêves. Le téléphone sonne. Elle se réveille.
La chambre est sombre. Le soir est tombé. Elle tend la main. Prend le téléphone. L'écran est allumé.
Le nom de Julien. Elle répond. Sa voix est rauque.
— Allô ?
Sa voix à lui.
— Je suis en bas.
Elle ne dit rien.
— Tu m'ouvres ?
Elle se lève. Va dans l'entrée. Appuie sur le bouton. Le bourdonnement. La porte en bas s'ouvre.
Elle reste là. Le téléphone à la main. Les pas dans l'escalier. Ils se rapprochent. La porte.
Un coup. Elle ouvre. Il est là. Dans le couloir. La lumière du plafond éclaire son visage.
Il entre. Referme la porte. La regarde. Elle est en robe. Nue en dessous.
Ses cheveux sont en désordre. Son visage est marqué par l'oreiller. Il ne dit rien. S'approche. Lui prend le menton.
La force à lever la tête. La regarde. Ses yeux sont noirs. Il la lâche. Va dans le salon.
Elle le suit. Il s'assied sur le canapé. À l'endroit de la tache. La regarde.
— Enlève la robe.
Elle obéit. Le tissu glisse. Tombe à ses pieds. Elle est nue. Il la regarde.
Ses yeux parcourent son corps. Ses seins. Son ventre. Son sexe. Ses cuisses.
Il ne dit rien. Se lève. S'approche. Lui prend le poignet. La tire vers la cuisine.
La table. Il la pousse. Elle se penche. Les mains sur le bois. Le carrelage est froid sous ses pieds.
Il est derrière elle. Sa main sur sa nuque. La force à se pencher plus. Son ventre touche la table. Il écarte ses jambes.
D'un coup de pied. Elle est ouverte. Il sort son sexe. Le frotte contre sa vulve. Elle est mouillée.
Il entre. D'un coup. Elle crie. La douleur. Le plaisir.
Il bouge. Fort. Vite. Le bruit des corps. La table grince.
Elle gémit. Les mains agrippent le bois. Il la pénètre profondément. Chaque coup la pousse en avant. Elle est ouverte.
Remplie. Il ralentit. S'arrête. Se retire. Elle reste penchée.
Le souffle court. Il la retourne. La pousse sur la table. Sur le dos. Les jambes pendantes.
Il écarte ses cuisses. Se penche. Son visage est près du sien. Sa main trouve son sexe. Le frotte.
Elle gémit. Il entre à nouveau. D'un coup. Elle crie. Il bouge.
Fort. Vite. Sa main sur sa gorge. Pas fort. Juste posée.
La pression. Elle sent son pouls sous ses doigts. Il accélère. Elle jouit. Son corps se tend.
Crie. Il continue. Bouge. Encore. Elle jouit à nouveau.
Le corps secoué. Il se retire. Son sexe est dur. Luisant. Il ne dit rien.
La regarde. Elle est ouverte sur la table. Le souffle court. Le corps tremblant. Il s'approche.
Sa main sur son visage. Lui ouvre la bouche. Il urine. Le liquide est chaud. Amer.
Elle avale. Sans réfléchir. Sans choisir. Il urine longtemps. Sa bouche est pleine.
Elle avale encore. Puis il s'arrête. Se recule. La regarde. Elle reste là.
La bouche ouverte. L'urine coule sur son menton. Sur son cou. Sur ses seins. Il ne dit rien.
Se tourne. Va dans l'entrée. Prend ses clés. Ouvre la porte. Sort.
La porte se referme. Le silence. Elle reste sur la table. Le corps ouvert. L'urine sur sa peau.
Elle ne bouge pas. Respire. Lentement. La cuisine est silencieuse. Le frigo ronronne.
Elle ouvre les yeux. Regarde le plafond. Sa main trouve son sexe. Le touche. Elle est mouillée.
Ses doigts entrent. Elle gémit. Bouge. Le plaisir est là. Fort.
Elle jouit. Son corps se tend. Se relâche. Elle reste immobile. La main entre ses jambes.
Le souffle court. Elle retire sa main. La regarde. Ses doigts sont luisants. Mélangés.
Elle les porte à sa bouche. Les lèche. Le goût est le sien. Et le sien. Elle ferme les yeux.
Reste là. Longtemps. Puis elle se redresse. S'assied sur la table. L'urine coule sur ses cuisses.
Elle ne s'essuie pas. Se lève. Va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir. Son visage est rouge.
Ses yeux brillants. Ses cheveux en désordre. Sa bouche gonflée. L'urine sur son menton. Sur son cou.
Sur ses seins. Elle sourit. Elle est meilleure que sa mère. Elle le sait.
Scène 3 — Elle reste devant le miroir
Elle reste devant le miroir. Longtemps. L'urine sèche sur sa peau. Forme une pellicule. Tire.
Elle passe sa langue sur ses lèvres. Le goût est encore là. Amer. Sien. Elle pose sa main à plat sur la vitre.
La paume s'étale. Les doigts écartés. La buée ne vient pas. Elle recule. Entre dans la douche.
Ouvre l'eau. Froide. Elle frissonne. L'eau coule sur son visage. Sur ses seins.
Sur son ventre. Emporte l'urine. Le sel. La sueur. Elle reste sous le jet.
Les bras le long du corps. L'eau bat ses épaules. Ses hanches. Ses cuisses. Elle ferme les yeux.
Voit le visage de Julien. Ses yeux noirs. Sa bouche. Ses mains. Elle ouvre les yeux.
L'eau est claire. Elle coupe. S'essuie. La serviette est rugueuse. Elle se frotte.
La peau rouge. Les tétons durs. Elle se regarde dans le miroir embué. Passe la main. Son visage est net.
Ses yeux sont calmes. Elle va dans la chambre. Le lit est défait. Les draps froissés. L'odeur de Julien.
Sueur. Sexe. Urine. Elle s'assied sur le bord. La main sur le drap.
Le tissu est humide. Elle le porte à son nez. Respire. Ferme les yeux. Reste là.
Le temps passe. La lumière change. La fenêtre s'assombrit. Elle ne bouge pas. Son ventre gargouille.
Elle se lève. Va dans la cuisine. Le frigo est ouvert. Vide. Les étagères nues.
Elle referme. Ouvre les placards. Une boîte de conserve. Des pâtes. Du riz.
Elle sort la boîte. L'ouvre. Le contenu est froid. Des haricots. Dans une sauce.
Elle mange debout. À même la boîte. La cuillère en métal. Le goût est fade. Elle mange tout.
Jette la boîte dans la poubelle. Se lave les mains. L'eau coule. Elle regarde ses doigts. Ils tremblent.
Légèrement. Elle serre le poing. Les jointures blanchissent. Elle relâche. Va dans le salon.
Le canapé est là. La tache est sèche. Plus foncée que le tissu. Elle s'agenouille devant. Pose sa joue sur l'accoudoir.
Le tissu est rêche. Froid. Elle ferme les yeux. Voit sa mère. Les cuisses écartées.
La tête de Julien entre elles. Les mains de sa mère dans ses cheveux. Ses gémissements. Elle serre les dents. Ouvre les yeux.
La tache est là. Sous son visage. Elle lèche. Le tissu est sec. Le goût est parti.
Elle reste là. Le front contre l'accoudoir. Son souffle est régulier. La nuit tombe. La pièce devient sombre.
Elle ne se lève pas. Ne rallume pas. Reste à genoux. Les mains sur les cuisses. La tête posée.
Son corps est lourd. Engourdi. Elle ferme les yeux. S'endort. Se réveille.
La pièce est noire. Elle ne sait pas quelle heure il est. Son cou est raide. Ses genoux douloureux. Elle se lève.
Les jambes engourdies. Titube. S'appuie au mur. La main sur le plâtre. Froid.
Elle va dans la chambre. Se laisse tomber sur le lit. Le drap sent encore Julien. Elle enfouit son visage dedans. Respire.
Son corps se détend. Ses muscles lâchent. Elle s'endort. La lumière la réveille. Le matin.
La fenêtre est claire. Elle est seule. Le lit est vide. À côté d'elle, la place de Julien est froide. Elle tend la main.
Touche le drap. Sec. Froid. Elle se lève. Va dans la salle de bain.
Se regarde. Ses yeux sont cernés. Ses cheveux emmêlés. Sa bouche sèche. Elle boit au robinet.
L'eau coule sur son menton. Elle s'essuie d'un revers de main. Se brosse les dents. Le goût du dentifrice. Fraîcheur.
Elle crache. Se rince. Se regarde. Passe ses doigts dans ses cheveux. Les lisse.
Les tire en arrière. Son visage est dégagé. Ses pommettes hautes. Ses lèvres pleines. Elle est belle.
Elle le sait. Elle va dans la chambre. Ouvre l'armoire. Les robes sont alignées. Noires.
Rouges. Bleues. Elle choisit une robe noire. En dentelle. Courte.
Elle l'enfile. Le tissu glisse sur sa peau. Les bretelles fines. Le décolleté profond. Ses seins sont libres.
Pas de soutien-gorge. Elle passe un string noir. Le tissu remonte entre ses fesses. Elle se regarde dans le miroir de la chambre. La robe tombe bien.
Moule ses hanches. S'arrête à mi-cuisse. Ses jambes sont nues. Longues. Elle tourne.
Se regarde de profil. Son ventre est plat. Ses seins sont hauts. Elle est prête. Elle va dans la cuisine.
Ouvre le frigo. Rien. Les placards. Rien. Elle prend son sac.
Ses clés. Sort. L'air est frais. Le matin. Le soleil est bas.
Elle marche. Les rues sont calmes. Elle va au petit magasin. Celui des légumes. La porte est ouverte.
Elle entre. L'odeur des fruits. Des légumes. Humide. Terre.
Elle prend un panier. Met des tomates. Des bananes. Un concombre. Un poivron.
Une courgette. Elle paie. La caissière ne la regarde pas. Rend la monnaie. Elle sort.
Le sac est lourd. Elle marche. Rentre chez elle. Pose le sac sur la table de la cuisine. Sort les légumes.
Les dispose. La tomate. La banane. Le concombre. Le poivron.
La courgette. Elle les regarde. Le vert. Le rouge. Le jaune.
Leur peau lisse. Leur forme. Elle touche le concombre. Du bout des doigts. La peau est fraîche.
Ferme. Elle le prend. Le tient dans sa main. Le poids. La longueur.
Elle le pose. Prend la banane. La courbe. La peau jaune. Tachée de brun.
Elle la pèle. La chair est claire. Tendre. Elle mord dedans. Le goût est doux.
Sucré. Elle mâche. Avale. Mange toute la banane. Jette la peau dans l'évier.
Prend la tomate. La mord. Le jus coule. Sur son menton. Sur ses doigts.
Elle mange. La chair est acide. Les graines craquent sous ses dents. Elle mange tout. Jette le pédoncule.
Se lèche les doigts. Le goût est sur sa langue. Elle prend le concombre. Le lave. L'eau coule sur sa peau verte.
Elle l'essuie. Le pose sur la table. Le regarde. Sa main trouve le bas de sa robe. Remonte le tissu.
Ses cuisses sont nues. Le string est fin. Elle le tire sur le côté. S'approche de la table. Le concombre est là.
Elle s'assied sur le bord. Les jambes écartées. Prend le concombre. Le porte à son sexe. Le touche.
La peau est fraîche. Lisse. Elle le frotte contre sa vulve. Le bout entre. Elle pousse.
Le concombre entre. Lentement. La fraîcheur. La chair ferme. Elle gémit.
Pousse plus. Le concombre est en elle. À moitié. Elle reste immobile. Le sent.
La plénitude. Le froid. Elle bouge. Les mains sur la table. Le concombre entre et sort.
Le bruit est humide. Elle accélère. Sa respiration est courte. Ses cuisses tremblent. Elle pousse fort.
Le concombre entre tout entier. Elle crie. Jouit. Son corps se tend. Se relâche.
Elle reste assise. Le concombre en elle. Le souffle court. Elle le retire lentement. Il est luisant.
Mouillé. Elle le regarde. Le porte à sa bouche. Le lèche. Le goût est le sien.
Mêlé à la fraîcheur du légume. Elle lèche toute la longueur. Ferme les yeux. Le goût de Julien n'est pas là. Elle pose le concombre.
Se lève. Va dans la salle de bain. Se regarde. Son visage est rose. Ses yeux brillants.
Ses lèvres humides. Elle sourit. Elle est meilleure que sa mère. Elle le sait. Elle retourne dans la cuisine.
Range le reste des légumes dans le frigo. Le concombre sur l'étagère. Le poivron. La courgette. Elle ferme la porte.
S'assied à la table. Les mains posées à plat. Attend. Le téléphone vibre. Elle le prend.
Le nom de Julien.
— Demain. 10h. Sois prête.
Elle lit. Relit. Pose le téléphone. Se lève. Va dans l'entrée.
Ouvre la porte. Regarde le couloir vide. Referme. Verrouille. S'appuie contre la porte.
Les yeux fermés. Elle est prête. Elle est meilleure que sa mère. Elle ouvre les yeux. Le couloir de l'entrée est calme.
La lumière du plafond est allumée. Elle l'éteint. Va dans la chambre. S'allonge sur le lit. Les draps sentent encore Julien.
Elle ferme les yeux. S'endort.
Julien quitte Elise pour retrouver Claire. Il la soumet encore plus fort qu'Elise, la fesse encore plus, et parvient à la pénétrer profondément en utilisant les légumes du frigo de Claire. Cette dernière devient complètement folle et accro, elle veule et s'humilie devant lui, elle essaye de faire oublier sa mère en lui prouvant qu'elle est meilleure que sa mère.
Chapitre 1 — La frustration
Scène 1 — La clé tourne dans la serrure
La clé tourne dans la serrure. Le bruit du pêne qui recule lui arrache un frisson. Elle pousse la porte, ses doigts tremblent encore sur le métal froid. L’entrée sent le renfermé, le propre, le vide. Ses talons claquent sur le carrelage. Un, deux, trois pas. Elle s’arrête au milieu du couloir. Le salon est à gauche, la cuisine à droite. Tout est rangé. Trop rangé. Les coussins du canapé sont alignés, la télé éteinte, pas une miette sur la table basse. Rien ne bouge. Rien ne respire.
Elle laisse tomber son sac. Le cuir frappe le sol, un bruit sourd qui reste sans réponse. Ses doigts trouvent la fermeture éclair, l’ouvrent dans un geste mécanique. Elle sort son téléphone. L’écran est noir. Pas de message. Pas d’appel manqué. Bien sûr.
Elle le pose sur la table, face contre le bois. Le comptoir de la cuisine l’attend, blanc, luisant, stérile. La corbeille à fruits est pleine. Bananes, concombres, une tomate un peu molle. Des choses banales. Des choses qui ne devraient rien signifier.
Sa main frôle une banane. La peau est lisse, fraîche, un peu cireuse. Elle la prend. La tient. La pèse. Le poids est ridicule, presque rien. Elle la repose.
Non. Elle la reprend. Ses doigts serrent. La banane plie à peine. Elle la regarde, sans la voir vraiment, les yeux fixés sur cette courbe jaune, cette forme qu’elle connaît, qu’elle a vue cent fois dans son assiette, dans son panier, dans la main de quelqu’un d’autre.
L’image lui traverse le crâme. Sa mère. Dans le salon. Sur le canapé. Les jambes de sa mère, écartées, la tête de Julien entre elles. Ses doigts à lui, enfouis dans les cheveux d’Élise, et le bruit, ce bruit humide, ce bruit de gorge, ce bruit qu’elle a entendu à travers la porte avant de pousser, avant de voir, avant de comprendre.
Elle serre la banane plus fort. La peau se déchire sous ses ongles. La pulpe jaune suinte, molle, humide. Elle ne sent rien. Elle pousse le fruit contre sa bouche, mord, arrache un morceau. La chair est fade, farineuse. Elle mâche sans goût, avale sans faim.
Le concombre est plus long. Plus ferme. Elle le sort du panier, le tient à deux mains comme un objet précieux. La surface est granuleuse sous ses doigts, verte, froide. Elle le retourne, le soupèse, le regarde. La forme est nette, régulière, presque trop parfaite.
Elle s’assied par terre, dans la cuisine. Le carrelage est dur sous ses cuisses nues. Sa jupe remonte, elle s’en fiche. Elle pose le concombre à côté d’elle, sur le sol, et attrape une autre banane. Et une autre. Elle les aligne devant elle, comme des offrandes, comme des armes.
Ses mains tremblent. Elle ne pleure pas. Pas encore. Elle attrape la première banane, celle qu’elle a déjà entamée, et la pousse contre sa bouche. Elle mord encore, plus profondément, jusqu’à sentir la pulpe s’écraser contre son palais, couler le long de sa gorge. Elle avale. Sa gorge se serre. Elle avale quand même.
Elle prend le concombre. Le tient entre ses cuisses. La sensation est étrange, froide, dure. Elle appuie, pousse, le légume glisse contre la peau de l’intérieur de sa cuisse, remonte, cherche, trouve. Elle ferme les yeux. Sa tête bascule en arrière, heurte le bord du meuble. La douleur est nette, brève, presque bonne.
Elle pousse. Le concombre entre, un centimètre, deux. Elle serre les dents. La chair est ferme, lisse, elle résiste un peu, puis cède. Sa main pousse encore, plus fort, plus profond. Elle sent la paroi de son sexe s’ouvrir, s’adapter, se remplir. Le froid du légume est choquant, puis tiédit, devient neutre.
Elle bouge. Lentement d’abord, un va-et-vient mécanique, régulier. Sa respiration s’accélère. Ses doigts serrent la base du concombre, le guident, le forcent. Elle rouvre les yeux. Le plafond blanc défile, une fissure court du coin à la lampe, elle ne l’avait jamais vue avant. Elle fixe cette fissure, la suit des yeux, pendant que le concombre va et vient en elle, plus vite, plus dur.
Sa main libre attrape une banane. La pèle d’un geste brusque, la chair jaune apparaît, luisante. Elle la porte à sa bouche, la mord, la suce, la mâche. La pulpe se mélange à sa salive, coule sur son menton, dégouline sur sa poitrine. Elle ne s’essuie pas. Elle mord encore, encore, avale sans respirer.
Le concombre est profond maintenant. Elle le sent tout au fond, une pression pleine, solide. Elle accélère le mouvement, sa hanche se soulève, sa main pousse, son ventre se tend. La banane est finie, elle en attrape une autre, la déchire avec les dents, la peau s’arrache, elle recrache les morceaux, mord la chair directement. Son souffle est court, bruyant. Des bruits de gorge, des halètements, des petits cris qu’elle n’entend pas. La fissure au plafond tremble dans son champ de vision. Elle serre les paupières, les rouvre. La fissure est toujours là. Le concompte va plus vite, plus fort, elle sent son sexe battre autour du légume, se serrer, le retenir.
Elle lâche la banane. Sa main libre attrape sa poitrine, serre le sein à travers le tissu, le pétrit, le tord. La douleur est bonne, nette, elle pousse le bouton du pouce sur le téton, appuie, tourne. Sa bouche s’ouvre, un cri muet. Le concombre s’enfonce une dernière fois, profond, très profond, et elle reste immobile, les cuisses serrées autour, le souffle bloqué.
Rien ne vient. Pas de vague. Pas de chute. Juste un vide, un creux, une absence qui s’étend dans son ventre comme une tache d’huile. Elle retire le concombre lentement. Il est chaud, glissant. Elle le regarde, dégoulinant, luisant, et le pose à côté des peaux de bananes. Sa main retombe. Elle reste assise par terre, jambes écartées, jupe relevée, la poitrine tachée, le menton humide.
Le silence de l’appartement l’enveloppe. La cuisine est propre. Les meubles sont blancs. Rien n’a bougé. Elle attrape un autre concombre dans le panier. Le tient contre son ventre. Ferme les yeux.
Scène 2 — Le concombre qu'elle tient maintenant est plus épais
Le concombre qu'elle tient maintenant est plus épais que le premier. Plus lourd. Elle le retourne entre ses doigts, sent les aspérités de la peau, la courbe régulière. Ses yeux sont fermés. Dans le noir de ses paupières, elle voit encore la scène : Julien entre les jambes d'Élise, la tête qui bouge, les doigts d'Élise crispés dans ses cheveux.
Elle ouvre les yeux d'un coup. Le concombre est déjà entre ses cuisses. Elle ne se rappelle pas l'avoir mis là. La pointe touche son entrée, froide, insistante. Elle pousse d'un coup sec, sans préparation, et la douleur monte, vive, blanche. Elle laisse échapper un son, quelque chose entre le cri et le grognement. Sa main ne s'arrête pas. Elle pousse encore, sent la chair du légume forcer le passage, étirer les parois trop vite. Ça brûle. C'est bon.
Elle se souvient de la façon dont Julien la prenait. La première fois, dans la voiture, après un dîner chez ses parents. Il avait relevé sa jupe sans un mot, écarté sa culotte, et il était entré d'un coup, comme ça, sans prévenir. Elle avait crié. Il avait mis sa main sur sa bouche et continué à la baiser, fort, régulier, sans ralentir. Elle avait joui en silence, les dents enfoncées dans sa paume à lui.
Le concombre est enfoncé jusqu'à la moitié maintenant. Elle le tient à deux mains, le pousse, le retire, le pousse encore. Le mouvement est saccadé, pas le va-et-vient fluide du premier. Elle force. Ses cuisses tremblent. La sueur perle à ses tempes, coule le long de sa nuque, se perd dans le col de son chemisier.
Sa poitrine est lourde, gonflée. Les tétons durcissent sous le tissu, frottent contre le coton à chaque mouvement. Elle voudrait les sortir, les offrir à l'air libre, mais ses mains sont occupées. Alors elle se penche en avant, mord le tissu à l'endroit du sein gauche, tire. Le coton s'étire, résiste, puis cède. Un bruit de déchirure. Le téton apparaît, rouge, dressé, humide de salive.
Elle le regarde. Le bout est gonflé, presque violet. Elle souffle dessus, et la sensation est si forte qu'elle en a le vertige. Elle pince le téton entre le pouce et l'index, le tire vers le haut, l'étire. La douleur est nette, précise, électrique. Elle tire plus fort. Le téton s'allonge, blanchit à la base. Elle tord. Un spasme lui traverse le ventre, fait se contracter son sexe autour du concombre.
Elle ralentit le mouvement du légume, le laisse à moitié enfoncé, juste assez pour sentir la pression. Sa main libre attrape l'autre sein, déchire le chemisier de l'autre côté. Le bouton saute, roule sur le carrelage. Elle ne le cherche pas des yeux. Elle prend le téton entre deux doigts, le pince, le roule, le tire. Les deux tétons sont tendus, durs, douloureux. Elle les tord en sens inverse, comme elle a vu faire dans un film une fois, et la douleur est si précise, si parfaite, qu'elle en gémit.
Le concombre est toujours en elle. Elle le sent battre avec son pouls. Chaque pulsation de son sexe autour du légume est une petite mort. Elle voudrait que ce soit Julien. Elle voudrait que ce soient ses doigts qui pincent ses tétons, sa bouche qui mord sa peau, sa queue qui la remplit. Mais il est avec Élise. Il est entre les jambes d'Élise.
La rage monte, soudaine, violente. Elle enfonce le concombre d'un coup, jusqu'à la garde, jusqu'à sentir la base contre sa vulve. La douleur est énorme, elle lui coupe le souffle. Elle reste figée, le légume enfoncé en elle, les tétons tordus entre ses doigts, le souffle court, le cœur qui cogne. Elle ne jouit pas. Elle n'atteint rien. Juste un plateau, un palier, une surface dure sur laquelle elle reste posée, sans pouvoir monter plus haut.
Elle retire le concombre lentement, sent chaque centimètre quitter son corps. Le vide est pire que la douleur. Elle laisse tomber le légume à côté d'elle. Il roule sur le carrelage, s'arrête contre le pied du meuble. Elle reste assise, les jambes écartées, le sexe ouvert, les tétons à l'air, le chemisier en lambeaux. La cuisine est calme. Le réfrigérateur ronronne. Dehors, un oiseau chante. Elle déteste ce silence, cette normalité, cette vie qui continue comme si rien ne s'était passé.
Ses yeux tombent sur le panier à fruits. Il reste une tomate, molle, un peu fripée. Et des bananes. Encore des bananes. Elle attrape la tomate. La tient dans sa paume. La peau est lisse, fragile, presque tiède. Elle la serre un peu, sent la chair céder sous la pression.
Elle porte la tomate à sa bouche. Mord dedans. Le jus éclate, acide, chaud, coule sur sa langue, dégouline sur son menton, se mêle à la salive et à la pulpe de banane déjà séchée sur sa peau. Elle mord encore, arrache un morceau, mâche. La texture est écœurante, trop molle, trop aqueuse. Elle avale quand même.
Elle écrase le reste de la tomate contre sa poitrine. La pulpe rouge se répand sur sa peau, coule entre ses seins, goutte sur son ventre. Elle frotte, étale le jus comme une onction, comme un rite. Le rouge est vif sur sa peau blanche. Elle se regarde : les tétons dressés, le chemisier déchiré, la jupe relevée, le sexe humide, la poitrine barbouillée de rouge et de jaune.
Elle ressemble à quelque chose. À une offrande. À un sacrifice. À une femme qui a perdu le contrôle. Elle attrape une dernière banane. La pèle avec soin, cette fois. La chair est intacte, jaune pâle, ferme. Elle la tient devant elle, la regarde. Puis elle la porte à son sexe, la frotte contre sa vulve, sent la peau lisse glisser sur sa chair à vif. Le contact est doux, presque tendre. Elle ferme les yeux.
Elle introduit la banane lentement. La chair cède tout de suite, se brise en deux sous la pression. Le morceau du bas reste en elle, tiède, mou, déjà en train de se désintégrer. Elle pousse avec ses doigts pour l'enfoncer plus profond, sent la pulpe se mélanger à sa propre humidité, devenir une bouillie informe. Elle retire ses doigts. Ils sont jaunes, luisants, poisseux. Elle les porte à sa bouche. Les lèche un par un. Le goût est sucré, écœurant, mêlé à son propre goût à elle, acide et salé. Elle avale.
La banane à l'intérieur d'elle se réchauffe, se décompose. Elle la sent couler lentement le long de ses cuisses, une coulure tiède, épaisse, qui trace un chemin sur sa peau. Elle ne bouge plus. Elle reste assise, les bras ballants, la tête penchée, les yeux ouverts sur le carrelage blanc taché de rouge, de jaune, de vert. Sa respiration est régulière maintenant. Calme. Presque paisible.
Le téléphone sonne. Elle sursaute. Le bruit déchire le silence, strident, insistant. Elle regarde l'appareil sur le plan de travail. L'écran lumineux. Le nom qui s'affiche.
Julien. Son cœur s'arrête une seconde, puis repart, plus fort, plus vite. Elle ne bouge pas. Le téléphone sonne encore. Encore. La sonnerie remplit la cuisine, rebondit sur les murs blancs, se mêle au ronronnement du frigo.
Elle tend la main. Ses doigts tremblent. Elle attrape le téléphone, le porte à son oreille. Rien. Juste une respiration. La sienne. Celle de l'autre côté.
— Julien, dit-elle.
Sa voix est rauque, brisée. Silence. Puis :
— Je sais que tu m'as vu.
La voix de Julien. Calme. Neutre. Elle ne répond pas. Elle serre le téléphone contre son oreille, sent la coque en plastique coller à sa peau moite.
— Je veux te voir, dit-il.
Elle ferme les yeux. La banane coule entre ses cuisses. La pulpe de tomate sèche sur sa poitrine. Ses tétons sont durs, douloureux.
— Oui, dit-elle.
Le silence s'étire. Elle entend sa propre respiration, rapide, saccadée. Elle entend la sienne, lente, régulière.
— Chez toi, dit-il. Dans une heure.
La communication s'arrête. Elle garde le téléphone contre son oreille quelques secondes, à écouter le vide, puis le laisse tomber sur le carrelage. Elle ouvre les yeux. La cuisine est la même. Les taches sur le sol. Les peaux de bananes. Le concombre abandonné. La tomate écrasée. Mais quelque chose a changé. L'air est différent. Plus lourd. Plus chargé.
Elle se lève. Ses jambes la portent à peine. Elle titube jusqu'à l'évier, s'y appuie à deux mains. Se regarde dans le reflet de la fenêtre. Elle voit une femme défaite, le chemisier en lambeaux, les seins nus, le visage maculé de jus, les cheveux en bataille.
Elle sourit. Dans une heure. Elle a une heure pour se préparer. Pour se laver. Pour se faire belle. Pour être prête.
Elle attrape une éponge, la passe sous l'eau chaude. La vapeur monte, embue la fenêtre. Elle frotte sa poitrine, son ventre, ses cuisses. L'eau rougit, jaunit, devient trouble. Elle frotte fort, jusqu'à ce que sa peau devienne rose, irritée, propre.
Elle enlève ce qui reste de son chemisier, le jette dans la poubelle. Sa jupe est tachée, elle l'enlève aussi. Elle reste nue dans la cuisine, frissonnante, la peau encore humide. Elle traverse le couloir. La chambre est sombre, les rideaux tirés. Elle allume la lampe de chevet. Le lit est fait, les draps blancs, bien tirés. Elle ouvre l'armoire, cherche une robe. Quelque chose de simple. De joli. De provocant.
Elle choisit une robe noire, courte, en dentelle. La pose sur le lit. Puis elle va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir. Ses yeux sont cernés, mais brillants. Ses lèvres sont gercées, mais rouges.
Elle se lave le visage. Se brosse les dents. Se coiffe. Met du rouge à lèvres. Un peu de parfum.
Elle enfile la robe. La dentelle gratte sa peau encore sensible. Les tétons pointent sous le tissu, visibles, offerts. Elle se regarde dans le miroir. Elle est belle. Elle est prête.
Elle retourne dans la cuisine. Ramasse le téléphone. Vérifie l'heure. Cinquante minutes. Elle s'assied sur une chaise, les mains sur les genoux, le dos droit, et elle attend.
Scène 3 — Dix Quinze Le silence de la cuisine
Elle attend. Les minutes passent. Cinq. Dix. Quinze. Le silence de la cuisine l'écrase, l'absorbe. Elle entend le frigo qui ronronne, l'eau qui goutte dans l'évier, sa propre respiration, lente, régulière. Ses mains sont moites sur ses genoux. La dentelle de la robe gratte ses tétons, les maintient durs, dressés sous le tissu.
Elle regarde la porte d'entrée. La poignée en laiton. La serrure. Dans quarante minutes, il sera là. Il tournera la clé. Il poussera la porte. Il la verra, assise, sage, prête.
Elle se lève. Fait les cent pas dans la cuisine. Ses pieds nus sur le carrelage froid. Elle s'arrête devant le plan de travail. La corbeille à fruits est presque vide. Il reste une tomate, un peu molle, et une banane, trop mûre, la peau tachetée de noir.
Elle prend la banane. La pèle. La pulpe est brune, liquide par endroits, sucrée. Elle la porte à sa bouche, mord dedans. La texture est molle, écœurante, presque fermentée. Elle mâche, avale. La banane entière y passe, mordre après mordre, jusqu'à ce qu'il ne reste que la peau, qu'elle jette dans l'évier.
Elle se lèche les doigts. Un par un. Le sucre colle à sa langue. Puis elle prend la tomate. La tient dans sa paume. Elle est froide, lisse, la peau tendue. Elle la serre. La sent céder sous ses doigts, la peau se déchirer, le jus couler entre ses phalanges. Elle la porte à sa bouche, mord dedans, aspire la pulpe et les graines. Le goût est acide, vif, lui pique la langue.
Elle mord encore. Encore. Jusqu'à ce qu'il ne reste que le pédoncule vert, qu'elle jette dans l'évier à côté de la peau de banane. La corbeille à fruits est vide. Elle la regarde un long moment. Le fond en osier tressé. Quelques miettes de pain. Une feuille de salade oubliée, jaunie, racornie.
Demain, il faudra en racheter. Des fruits. Des légumes. Des bananes. Des concombres. Des tomates.
Elle se détourne. Va jusqu'à la fenêtre. Écarte le rideau d'un doigt. Dehors, la rue est calme. Un chat traverse. Une voiture passe, lentement. Le ciel est gris, uniforme, sans nuage ni soleil.
Dans trente-cinq minutes. Elle laisse retomber le rideau. Retourne s'asseoir. Les mains sur les genoux. Le dos droit. La dentelle qui gratte.
Sa bouche est sèche. Elle a soif. Mais elle ne se lève pas. Elle reste assise. Elle attend.
Le temps s'étire. Chaque minute dure une heure. Chaque seconde pèse, lourde, dense, presque palpable. Elle entend les battements de son cœur. Lent. Fort. Régulier.
Puis un bruit. Dans l'escalier. Des pas. Lents. Assurés. Qui montent.
Elle se fige. Retient sa respiration. Les pas s'arrêtent devant sa porte. Un silence. Puis le frottement d'une clé dans la serrure.
Le pêne bascule. La poignée tourne. La porte s'ouvre. Julien est là. Il se tient dans l'encadrement, silhouette sombre contre la lumière du palier. Il referme la porte derrière lui, sans la claquer. Le bruit de la serrure qui se referme est net, définitif.
Il la regarde. Elle ne bouge pas. Les mains sur les genoux. Le dos droit. Les yeux levés vers lui.
Il ne dit rien. Il traverse la pièce. Ses pas sont calmes, réguliers, sur le carrelage. Il s'arrête devant elle. La domine de sa hauteur.
Elle lève la tête. Le regarde. Son visage est impassible. Ses yeux sont sombres, fixes. Il tend la main. Attrape une mèche de ses cheveux, la fait glisser entre ses doigts. La lâche.
Puis il dit :
— Lève-toi.
Elle obéit. Se lève. La robe remonte un peu sur ses cuisses. La dentelle se tend sur sa poitrine. Il la regarde. De haut en bas. Lentement. Ses yeux s'arrêtent sur ses tétons, qui pointent sous le tissu. Sur son ventre, plat, offert. Sur ses cuisses, nues, légèrement écartées.
— Enlève-la, dit-il.
Elle attrape l'ourlet de la robe. La tire vers le haut. Le tissu glisse sur sa peau, accroche un instant sur ses épaules, puis tombe à ses pieds. Elle est nue devant lui. Les bras le long du corps. Les jambes légèrement tremblantes.
Il la regarde encore. Longtemps. Puis il fait le tour d'elle. Lentement. Ses pas résonnent sur le carrelage. Elle sent son regard sur sa nuque, sur ses omoplates, sur ses fesses. Elle ne bouge pas. Elle attend.
Il s'arrête derrière elle. Elle sent sa chaleur, son souffle sur sa nuque. Puis sa main sur sa taille, qui glisse, descend, s'arrête sur sa hanche. Il ne dit rien. Il laisse sa main posée là, immobile. La chaleur de sa paume sur sa peau nue.
Puis il la gifle. La claque part, sèche, sur sa fesse droite. La douleur éclate, vive, rouge. Elle vacille, pose une main sur la table pour se retenir. Il la gifle encore. Sur l'autre fesse. La douleur est la même, précise, brûlante.
Elle ne crie pas. Elle serre les dents. Ses doigts s'enfoncent dans le bois de la table. Il la gifle encore. Encore. Ses paumes claquent sur sa peau, rythme régulier, implacable. Chaque claque la fait tressaillir, plier un peu plus, les mains sur la table, le dos cambré, les fesses offertes.
Il s'arrête. Le silence revient. Elle entend sa propre respiration, haletante. Elle sent ses fesses qui la brûlent, qui pulsent sous la peau, chaudes, vives. Il pose une main sur ses reins. La tient là. Puis il dit :
— Penche-toi.
Elle obéit. Plie le torse jusqu'à ce que ses coudes touchent la table. Ses fesses sont tendues vers lui, offertes, les marques rouges de ses mains visibles sur la peau. Il s'agenouille derrière elle. Elle sent son souffle sur sa vulve. Chaud. Régulier. Puis ses doigts qui écartent ses lèvres, doucement, qui explorent, qui s'enfoncent en elle.
Elle gémit. Un son bas, rauque, qui lui échappe. Il retire ses doigts. Se relève. Elle entend le bruit de sa ceinture qui se défait, de son jean qui glisse, de la boucle qui cliquette.
Puis elle le sent contre elle. Le bout de son sexe qui appuie à l'entrée de son vagin, qui pousse, qui s'enfonce. Elle ferme les yeux. Se laisse pénétrer. L'impression de se remplir, de se combler, de se dissoudre autour de lui.
Il va lentement. Profondément. Jusqu'au fond. Jusqu'à ce que son ventre touche ses fesses. Puis il s'arrête. Reste en elle, immobile, à la sentir se contracter autour de lui.
— Tu es mouillée, dit-il.
Elle ne répond pas. Elle reste penchée, les coudes sur la table, le visage caché dans ses bras, le corps offert. Il commence à bouger. Lentement. Des allers-retours profonds, réguliers, qui la remplissent et la vident, la remplissent et la vident. Chaque poussée la fait glisser un peu plus sur la table, ses seins qui frottent sur le bois, ses tétons qui durcissent au contact.
Elle gémit. Un son continu, à peine conscient, qui sort d'elle sans qu'elle le contrôle. Il accélère. Les coups deviennent plus forts, plus rapides, plus profonds. Ses mains agrippent ses hanches, la tirent contre lui à chaque poussée. Le bruit de leurs corps qui s'entrechoquent emplit la cuisine, se mêle à leurs souffles, à ses gémissements.
Elle sent la jouissance monter, lente, inexorable, comme une vague qui gonfle au fond de son ventre. Elle la retient, la laisse grandir, s'épaissir, devenir presque douloureuse. Il ralentit. S'arrête. Reste en elle, immobile, à la limite, à la frontière.
— Pas encore, dit-il.
Il se retire. Lentement. Elle le sent glisser hors d'elle, centimètre par centimètre. Son vagin se contracte sur le vide, cherche à le retenir. Elle reste penchée, tremblante, les mains agrippées à la table.
Il la retourne. La plaque contre la table, le dos sur le bois, les jambes pendantes. Il écarte ses cuisses, s'installe entre elles. Il la regarde. Ses yeux sont sombres, fixes, sans expression.
Il lèche ses doigts. Les porte à ses tétons. Les pince. Les tord. La douleur fuse, électrique, directe, lui coupe le souffle. Elle ouvre la bouche pour crier, mais aucun son ne sort.
Il pince plus fort. Tire. Étire le téton jusqu'à ce qu'il devienne long, dur, presque blanc. Puis il le relâche. Recommence sur l'autre.
Ses seins sont rouges, marqués, sensibles. Les tétons gonflés, douloureux, dressés. Il se penche. Sa bouche s'approche de son téton. Elle attend le contact de sa langue, de ses lèvres. Mais il ne la lèche pas. Il souffle juste dessus. Un filet d'air frais qui fait vibrer la peau sensible, la fait frissonner, la rend encore plus dure, encore plus douloureuse.
Elle gémit. Tourne la tête sur le côté. Ses yeux sont humides. Il se redresse. Attrape son sexe. Le frotte contre sa vulve, contre son clitoris, contre l'entrée de son vagin. Elle se cambre, cherche à le guider en elle.
Il ne la pénètre pas. Il continue à frotter, lentement, régulièrement, le bout de son sexe qui glisse sur sa peau humide, qui frôle son clitoris à chaque passage. Elle est au bord. Elle va jouir. Elle le sent, la vague qui monte, qui gonfle, qui va déferler.
Il s'arrête. Elle ouvre les yeux. Le regarde. Il la regarde. Un long moment. Puis il dit :
— À genoux.
Elle glisse de la table. Ses jambes la portent à peine. Elle s'agenouille devant lui. Le carrelage est froid sous ses genoux. Il est debout devant elle, son sexe à hauteur de son visage. Elle lève les yeux. Le regarde.
— Ouvre la bouche, dit-il.
Elle obéit. Ouvre la bouche. La langue sortie, offerte. Il pose son sexe sur sa langue. Le poids, la chaleur, le goût salé. Elle ferme les yeux. Le prend dans sa bouche. Le suce. Lentement. Profondément. Jusqu'à ce qu'il touche le fond de sa gorge.
Elle le garde là. Le sent qui pulse contre son palais. Elle suce. Avale. Le prend tout entier. Le goût est fort, musqué, mêlé à son propre goût à elle, acide et salé.
Elle suce longtemps. Sa mâchoire lui fait mal. La salive coule sur son menton, sur sa poitrine, goutte sur le carrelage. Il ne jouit pas. Il pose une main sur sa nuque, la maintient en place, puis la repousse doucement.
— Ça suffit, dit-il.
Il se retire. Se baisse. Remonte son jean. Attache sa ceinture. Elle reste à genoux, le souffle court, la bouche humide, les yeux levés vers lui.
Il la regarde. Longtemps. Puis il dit :
— Je reviens demain.
Il traverse la cuisine. Ouvre la porte. Disparaît dans le couloir. La porte se referme. La serrure claque.
Elle reste à genoux, nue, les tétons rouges, les fesses marquées, la bouche encore pleine de son goût. Le silence revient. Le frigo ronronne. L'eau goutte dans l'évier. Elle reste là. Longtemps. Jusqu'à ce que ses genoux lui fassent mal. Jusqu'à ce que le froid du carrelage remonte dans ses os.
Puis elle se lève. Va jusqu'à la salle de bain. Se regarde dans le miroir. Ses yeux sont brillants. Ses lèvres sont gonflées, rouges.
Elle sourit. Demain.
Chapitre 2 — La formation
Scène 1 — Elle reste longtemps devant le miroir
Elle reste longtemps devant le miroir. Ses doigts touchent ses lèvres, suivent le gonflement, la rougeur. Elle sourit encore. Puis elle fait couler l'eau chaude dans le lavabo. Se lave le visage. La salive a séché sur son menton, forme une pellicule fine, légèrement collante. Elle l'efface. Se regarde une dernière fois. Ses yeux brillent toujours.
Elle va dans la cuisine. Le carrelage est froid sous ses pieds nus. Elle ramasse la robe noire par terre, la pose sur le dossier d'une chaise. Le string déchiré gît près de la table. Elle le prend, le tient un instant entre ses doigts, puis le jette à la poubelle.
Elle ouvre le frigo. Regarde l'intérieur sans le voir. Referme. Elle va dans la chambre. S'assoit sur le bord du lit. Les draps sont froissés, encore humides à l'endroit où elle était couchée. Elle passe la main sur le tissu. Le toucher est frais, presque froid.
Elle reste assise. Le silence est épais, seulement troublé par le ronronnement lointain du frigo, le tic-tac de l'horloge dans le salon. Elle ne sait pas combien de temps elle reste là. Peut-être une heure. Peut-être plus. La lumière change dans la pièce, passe du gris au jaune pâle, puis s'assombrit.
Elle se lève. Va dans l'entrée. Regarde la porte. La serrure. La poignée.
Demain, il revient. Elle pose la main sur le bois. Le sent sous ses doigts, lisse, froid. Elle appuie son front contre le panneau. Ferme les yeux.
Elle entend sa voix dans sa tête : « Je reviens demain. »
Elle ouvre les yeux. Se redresse. Elle retourne dans la cuisine. Ouvre le frigo. Regarde les légumes dans le bac. Un concombre, long, droit, encore frais. Elle le prend. Le tient dans sa main. Le poids est familier maintenant.
Elle le repose. Referme le frigo. Elle va dans la salle de bain. Se déshabille complètement. Entre dans la douche. L'eau chaude coule sur son dos, sur ses épaules, sur ses seins encore sensibles. Les tétons rougissent sous le jet, deviennent durs, douloureux. Elle ferme les yeux. Laisse l'eau couler sur son visage.
Elle se savonne lentement. Les mains glissent sur sa peau, sur son ventre, entre ses cuisses. Elle évite de toucher son sexe. Pas maintenant. Elle reste longtemps sous l'eau. Jusqu'à ce que l'eau devienne tiède, puis fraîche.
Elle sort. S'enveloppe dans une serviette. Se sèche sans se regarder dans le miroir. Elle va dans la chambre. Ouvre le placard. Regarde les vêtements alignés. Elle choisit une robe légère, bleue, à fines bretelles. L'enfile. Le tissu caresse sa peau encore humide.
Elle va dans le salon. S'assoit sur le canapé. Regarde la télévision éteinte. Le reflet de la pièce dans l'écran noir. Elle reste là. Les mains posées sur ses cuisses. Les doigts immobiles.
Dehors, la nuit tombe. Les lampadaires s'allument. Une lumière orange filtre à travers les rideaux, dessine des ombres allongées sur le mur. Elle ne bouge pas. Elle pense à lui. À ses mains sur ses hanches. À son sexe en elle. À sa voix, calme, posée, qui donne des ordres. À ses yeux, sombres, fixes, qui la regardent sans rien dire.
Elle pense à sa mère. À la scène dans le salon. La tête de Julien entre les jambes d'Élise. Les jambes écartées. Les mains d'Élise dans les cheveux de Julien.
Elle serre les poings. Les ongles s'enfoncent dans ses paumes. Elle se lève. Va dans la cuisine. Ovre le frigo. Prend le concombre. Le tient dans sa main. Le regarde.
Non. Elle le repose. Referme le frigo. Elle retourne dans le salon. S'assoit. Reste immobile.
Les heures passent. L'horloge sonne dix heures. Puis onze. Puis minuit. Elle ne dort pas. Elle reste là, les yeux ouverts dans l'obscurité, à écouter le silence, à attendre.
Demain. Elle se lève. Va dans la chambre. Se couche sur le lit. Les draps sont froissés, encore imprégnés de l'odeur de leurs corps. Elle enfouit son visage dans l'oreiller. Respire. L'odeur est forte, musquée, mêlée à la sienne.
Elle ferme les yeux. Elle dort. Le réveil sonne à sept heures. Elle ouvre les yeux. La lumière du jour filtre à travers les rideaux. Elle reste un moment allongée, à regarder le plafond, à écouter les bruits de la rue qui s'éveille.
Elle se lève. Va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir. Ses yeux sont cernés, ses cheveux en désordre. Mais elle sourit.
Elle se douche. Se lave les cheveux. Se sèche. Se maquille légèrement : un peu de rouge à lèvres, un trait d'eye-liner. Elle enfile un string noir, un soutien-gorge noir. Puis la robe noire en dentelle, celle qu'il lui a fait enlever la veille.
Elle se regarde dans le miroir. La robe tombe bien, moule ses hanches, laisse ses épaules nues. Elle tourne, se regarde de profil. Ses seins sont hauts, fermes, les tétons pointent sous la dentelle. Elle est prête.
Elle va dans la cuisine. Boit un verre d'eau. Regarde l'horloge. Sept heures quarante-cinq. Elle s'assoit à la table. Attend.
Les minutes passent. Le tic-tac de l'horloge emplit la pièce. Le frigo ronronne. Dehors, une voiture passe, une porte claque. Elle reste immobile, les mains posées à plat sur la table, les yeux fixés sur la porte d'entrée.
Huit heures. Huit heures quinze. Huit heures trente. Elle ne bouge pas. Sa respiration est régulière, calme. Ses doigts ne tremblent pas.
Huit heures quarante-cinq. La sonnette retentit. Elle se lève. Va jusqu'à l'entrée. Pose la main sur la poignée. La sent vibrer sous ses doigts.
Elle ouvre. Il est là. Debout sur le seuil. Le soleil dans le dos. Elle ne voit pas son visage, juste sa silhouette, ses épaules, ses mains.
Il ne dit rien. Il entre. La bouscule en passant, la frôle, l'effleure. Il va dans la cuisine. Elle ferme la porte. Le suit.
Il est debout près de la table. Il pose ses clés sur le bois. Le bruit est sec, précis. Il se tourne vers elle. La regarde.
— Tu as bien dormi ? dit-il.
La voix est calme, neutre. Elle hoche la tête.
— Oui.
Il s'approche. S'arrête à un mètre d'elle. La regarde de haut en bas. Ses yeux s'attardent sur la robe, sur ses seins, sur ses hanches.
— Enlève la robe, dit-il.
Elle obéit. Attrape l'ourlet de la robe, la remonte par-dessus sa tête. La robe glisse sur ses bras, tombe à ses pieds. Elle reste en string et soutien-gorge noirs, les bras le long du corps. Il la regarde. Un long moment. Puis il dit :
— Le soutien-gorge aussi.
Elle défait l'attache dans son dos. Le soutien-gorge glisse. Ses seins apparaissent, lourds, les tétons déjà durs, dressés. Il la regarde. Ne dit rien.
Il fait le tour de la table. Ouvre le frigo. En sort le concombre. Le tient dans sa main. Le regarde.
Puis il le pose sur la table. Il se tourne vers elle.
— Approche, dit-il.
Elle avance. S'arrête devant lui. Il pose une main sur sa nuque. La tire vers lui. Sa bouche est près de son oreille. Sa voix est basse, presque un murmure.
— Tu veux me montrer comment tu fais, quand tu es seule ?
Elle ne répond pas. Elle sent sa main sur sa nuque, chaude, ferme. Il la relâche. Recule d'un pas.
— Montre-moi, dit-il.
Elle hésite une seconde. Puis elle s'agenouille. Attrape le concombre sur la table. Le tient dans sa main. Le bois est frais, lisse.
Elle lève les yeux vers lui. Il la regarde, impassible. Elle ouvre la bouche. Prend le concombre entre ses lèvres. Le suce lentement, comme elle a sucé son sexe la veille. Sa langue tourne autour, le lèche de la base au bout.
Le goût est végétal, frais, un peu amer. Elle le garde dans sa bouche, le sent qui remplit sa gorge. Elle le suce longtemps, en fermant les yeux, en imaginant que c'est lui, son sexe, sa peau, son goût. Quand elle rouvre les yeux, il la regarde toujours. Son visage est sans expression.
Elle retire le concombre de sa bouche. Le tient dans sa main. Le descend le long de son cou, entre ses seins, sur son ventre. Le bois est humide de salive. Elle écarte les jambes. Pose le bout du concombre contre son string. Le frotte lentement, à travers le tissu. Le coton s'humidifie, devient transparent.
Il ne dit rien. Il regarde. Elle glisse le concombre sous le string. Le bout touche sa vulve, direct, frais, humide. Elle frissonne. Le pousse doucement, l'introduit en elle. Le concombre glisse, entre, remplit son vagin.
Elle gémit. Pousse plus fort. Le concombre s'enfonce, profond, jusqu'à ce que sa main touche son sexe. Elle le garde en elle. Le sent qui l'emplit. Elle bouge lentement, le fait aller et venir, le rythme régulier, mécanique.
Elle regarde Julien. Il la regarde toujours. Ses yeux sont sombres, fixes. Elle accélère. Le concombre va plus vite, plus profond. Le bruit est humide, régulier, obscène.
Elle sent la jouissance monter. Elle ferme les yeux. Laisse la vague grandir.
— Arrête, dit-il.
Elle s'arrête. Le concombre reste en elle. Elle ouvre les yeux. Le regarde.
— Retire-le, dit-il.
Elle obéit. Le retire lentement. Le concombre est luisant, humide. Elle le pose sur la table. Il s'approche. Prend le concombre. Le regarde. Puis il le jette dans l'évier.
Il se tourne vers elle. La regarde, à genoux, en string, les seins nus, le sexe humide.
— Lève-toi, dit-il.
Elle se lève. Il pose une main sur son épaule. La tourne. La pousse vers la table.
— Penche-toi, dit-il.
Elle obéit. Pose les mains sur la table. Se penche en avant. Le bois est lisse sous ses paumes. Il écarte son string. Le descend le long de ses cuisses. Il tombe à ses chevilles.
Il pose une main sur ses fesses. La caresse lentement. Puis il la gifle. Le bruit est sec, claque dans la cuisine. Elle ne bouge pas.
Il gifle encore. Plus fort. La peau rougit, chauffe. Il gifle encore. Encore. Ses fesses sont marquées, rouges, sensibles.
Il s'arrête. Pose sa main sur la marque. La sent vibrer sous ses doigts. Puis il s'approche. Son sexe touche ses fesses. Il le guide, le pose contre son vagin. Le bout s'enfonce, lentement, centimètre par centimètre.
Elle ferme les yeux. Le sent qui la remplit, qui l'emplit, qui la possède. Il pousse d'un coup. Le sexe entre tout entier, profond, jusqu'au fond. Elle crie. Un son bref, étranglé.
Il reste en elle. Immobile. Puis il commence à bouger. Lentement. Régulièrement. Chaque poussée la fait vibrer, la fait gémir.
Il accélère. Les coups deviennent plus forts, plus rapides. Ses mains agrippent ses hanches, la tirent contre lui à chaque mouvement. Elle est au bord. La jouissance monte, gonfle, devient presque insupportable.
— Jouis, dit-il.
Elle jouit. La vague déferle, la submerge, la secoue tout entière. Elle crie, les mains agrippées à la table, le corps qui tremble, qui se contracte autour de lui. Il continue à la pénétrer, lentement, jusqu'à ce que les spasmes s'apaisent. Puis il se retire. Le sexe glisse hors d'elle, humide, luisant.
Il reste derrière elle. Immobile. Elle l'entend respirer, fort, régulier. Il ne dit rien. Il remonte son jean. Attache sa ceinture.
Elle reste penchée, tremblante, les mains sur la table, le souffle court. Il s'approche. Pose une main sur ses cheveux. Les caresse doucement.
— Tu es bonne, dit-il.
Sa voix est calme, presque tendre. Elle ne répond pas. Elle ferme les yeux. Laisse sa main dans ses cheveux. Il retire sa main. Recule.
— Je reviens demain, dit-il.
Il traverse la cuisine. Ouvre la porte. Disparaît dans le couloir. La porte se referme. La serrure claque.
Elle reste penchée sur la table, nue, le string à ses chevilles, le sexe humide, les fesses rouges. Le silence revient. Le frigo ronronne. L'eau goutte dans l'évier. Elle reste là. Longtemps.
Puis elle se redresse. Remonte son string. Va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir. Ses yeux sont brillants. Ses lèvres sont gonflées, rouges. Ses joues sont roses.
Elle sourit. Demain.
Scène 2 — Il la prend par les cheveux
Il la prend par les cheveux. Lui tire la tête en arrière. Elle ouvre les yeux, le regarde dans le miroir. Ses yeux à lui sont noirs, fixes. Il ne dit rien. Il relâche sa prise. Sa main glisse sur son épaule, descend le long de son bras, prend sa main. Il la soulève, la tourne vers lui. Il la regarde. Puis il la pousse vers la sortie de la salle de bain. Elle marche devant lui, pieds nus sur le carrelage froid du couloir. Il la suit. Elle sent son regard dans son dos, sur ses fesses nues sous le string remonté.
Dans le salon, la lumière du jour décline. Les ombres s'allongent sur le parquet. Il la guide vers le canapé. Le même canapé que celui où elle a vu sa mère, les jambes écartées, la tête de Julien entre ses cuisses. Le même tissu beige, les mêmes coussins. Elle ralentit. Il la pousse. Elle tombe à genoux devant le canapé.
— Reste là, dit-il.
Il contourne le canapé. S'assoit. Les ressorts grincent sous son poids. Il écarte les jambes. Défait sa ceinture. Ouvre son jean. Son sexe est dur, tendu, humide au bout. Il ne dit rien. Il attend.
Elle reste à genoux. Le tapis est doux sous ses genoux. La laine gratte sa peau. Elle regarde le sexe de Julien, dressé devant elle. La lumière de la fenêtre l'éclaire, fait briller la peau tendue. Elle se penche en avant. Ouvre la bouche. Le prend dans sa bouche. Le goût est le même que tout à l'heure, salé, chaud, un peu amer. Elle le suce lentement, la langue qui tourne autour du gland, qui descend le long de la hampe. Sa main remonte, caresse ses couilles, les pèse, les roule doucement dans sa paume.
Il ne bouge pas. Ne fait pas de bruit. Il la regarde. Elle accélère. Sa bouche va et vient, le bruit est humide, régulier. Elle le prend profond, jusqu'à ce que le sexe touche le fond de sa gorge. Elle déglutit autour de lui. Le sent qui pulse contre sa langue.
Il pose une main sur sa nuque. La tient. Ne la pousse pas. La tient juste, comme on tient un objet. Elle continue. Plus vite. Plus fort. Sa salive coule, mouille son menton, coule sur ses seins. Elle s'en fout. Elle veut qu'il jouisse. Qu'il lui donne tout. Qu'il la remplisse.
Il retire sa main. La repousse doucement.
— Arrête, dit-il.
Elle s'arrête. Le sexe glisse hors de sa bouche. Il est luisant, humide. Elle le regarde. Elle veut le reprendre, le sucer encore, le garder en elle.
Il remonte son jean. Attache sa ceinture. Se lève.
— Va dans la chambre, dit-il.
Et cette fois, ne t'endors pas. Il traverse le salon. Va dans la cuisine. Elle l'entend ouvrir le frigo. Le bruit du verre contre le verre. Puis le silence.
Elle se lève. Va dans la chambre. Le lit est défait, les draps froissés, l'oreiller encore marqué par sa tête. Elle s'allonge sur le dos. Les mains le long du corps. Elle regarde le plafond. Une fissure court du coin de la fenêtre jusqu'au milieu de la pièce. Elle ne l'avait jamais remarquée.
Elle attend. Le temps passe. Les ombres bougent sur le mur. La lumière baisse encore. Elle entend des bruits dans la cuisine : le robinet, un tiroir qu'on ouvre, qu'on ferme, le frigo qui ronronne.
Puis des pas. Il entre dans la chambre. Il tient quelque chose dans sa main. Elle ne voit pas quoi. Il s'approche du lit.
— Assieds-toi, dit-il.
Elle obéit. Se redresse. S'assoit sur le bord du lit. Ses pieds touchent le sol. Le parquet est frais.
Il s'agenouille devant elle. Pose ce qu'il tient sur le lit à côté d'elle. Elle regarde. C'est un concombre. Long, épais, vert foncé, encore humide de l'eau du robinet. Et un tube de gel. Et une banane. Et une tomate.
Il prend le concombre. Le tient devant elle.
— Tu as aimé, tout à l'heure, dit-il. Avec le concombre. Tu as aimé le sentir en toi.
Elle ne répond pas. Elle regarde le concombre. Le bois luisant sous la lumière du coucher.
— Alors on va recommencer, dit-il.
Mais cette fois, c'est moi qui choisis. Il pose le concombre sur le lit. Prend le tube de gel. Le dévisse. Une odeur de synthétique, de fruits chimiques, emplit la pièce. Il presse le tube. Le gel coule sur ses doigts, translucide, épais.
Il écarte les jambes de Claire. Pose ses doigts enduits de gel entre ses fesses. Le gel est froid. Il glisse sur son anus, le lubrifie, le prépare. Elle frissonne. Ferme les yeux.
Il retire ses doigts. Prend le concombre. Le tient d'une main. De l'autre, il écarte ses fesses. Il pose le bout du concombre contre son anus. Le bois est dur, lisse, froid.
— Respire, dit-il.
Elle inspire. Il pousse. Le concombre entre, lentement, centimètre par centimètre. La sensation est étrange, pleine, différente du vagin. Plus serrée. Plus intense. Elle serre les dents. Le concombre continue d'entrer, profond, toujours plus profond.
Il s'arrête quand la moitié du concombre est en elle. La garde ainsi. Immobile. Elle le sent en elle, qui l'emplit, qui la remplit tout entière. Il attend. Puis il commence à bouger. Lentement. Le concombre va et vient, frotte contre ses parois, la fait vibrer.
Elle ouvre les yeux. Le regarde. Il la regarde aussi. Ses yeux sont sombres, concentrés. Il tient le concombre comme on tient un outil.
Il accélère. Le mouvement devient plus rapide, plus fort. Le bruit est humide, régulier. Elle sent la jouissance monter, lente, profonde, différente de celle de tout à l'heure.
— Jouis, dit-il.
Elle jouit. La vague déferle, la secoue, la fait crier. Son corps se tend, se contracte autour du concombre. Elle agrippe les draps, les tord entre ses doigts. Il continue à bouger, lentement, jusqu'à ce que les spasmes s'apaisent.
Puis il retire le concombre. Lentement. Le bois glisse hors d'elle, humide, luisant de gel et de son jus. Il pose le concombre sur le lit. Prend la banane. La pèle. La chair est blanche, molle, sucrée. Il la porte à sa bouche. Mord dedans. Mâche. Avale.
Elle le regarde. Il mange la banane lentement, en la regardant. Puis il prend la tomate. La mord. Le jus coule sur son menton. Il l'essuie d'un revers de main.
Il pose la tomate entamée sur le lit. Se lève. Il la regarde, assise sur le bord du lit, nue, le sexe humide, l'anus encore ouvert, le corps tremblant.
— Couche-toi, dit-il.
Elle obéit. S'allonge sur le dos. Les jambes écartées. Il s'approche. Pose une main sur son ventre. La caresse doucement. Sa main remonte, touche ses seins, pince ses tétons, les étire, les tord. Elle gémit. Il pince plus fort. Elle serre les dents.
Il relâche. Pose sa main sur son cou. La serre doucement. Pas assez pour l'étouffer. Juste assez pour qu'elle sente la pression, la contrainte.
Il se penche. Sa bouche est près de son oreille. Il murmure :
— Tu es meilleure qu'elle.
Elle ouvre les yeux. Le regarde. Il recule. La regarde.
— Dis-le, dit-il.
— Je suis meilleure qu'elle, dit-elle.
Sa voix est rauque, brisée.
— Encore, dit-il.
— Je suis meilleure qu'elle.
— Encore.
— Je suis meilleure qu'elle. Je suis meilleure que ma mère. Je suis meilleure qu'Élise.
Il la regarde. Ses yeux sont calmes. Satisfaits. Il retire sa main de son cou. Recule.
— Je reviens demain, dit-il.
Il se tourne. Sort de la chambre. Elle entend ses pas dans le couloir, dans l'entrée. La porte s'ouvre. Se referme.
Le silence. Elle reste allongée, nue, les jambes écartées, le corps marqué, humide, ouvert. Le concombre est à côté d'elle sur le lit. La banane à moitié mangée. La tomate écrasée.
Elle ferme les yeux. Demain.
Scène 3 — Elle reste allongée longtemps
Elle reste allongée longtemps. Le silence de l'appartement pèse sur elle, l'écrase contre le matelas. Les légumes sur le lit refroidissent à côté de sa cuisse. Le gel a séché sur sa peau, forme une pellicule qui tire quand elle bouge. Elle finit par se lever.
Ses jambes tremblent. Elle traverse le couloir, nue, les pieds collants sur le parquet. Dans la salle de bain, la lumière du plafond est crue, blanche, impitoyable. Elle se regarde dans le miroir. Ses cheveux emmêlés. Ses yeux cernés, mais brillants. Sa bouche gonflée d'avoir mordu le drap. Ses seins marqués de rouge là où il a pincé. Elle tourne le dos au miroir, regarde par-dessus son épaule. La peau de ses fesses est rose, chaude encore du frottement du matelas. Entre ses jambes, une traînée luisante.
Elle ouvre le robinet. L'eau coule, froide. Elle se lave avec un gant, lentement, méthodiquement. Le gel part. Son odeur à elle reste. L'odeur de lui aussi, mélangée, quelque part dans ses cheveux, sur sa langue.
Elle retourne dans la chambre. Le lit est défait, les draps froissés, humides par endroits. Le concombre est toujours là, posé sur l'oreiller. La banane à moitié mangée a bruni là où la chair est exposée. La tomate écrasée a laissé une tache rouge sur le drap blanc.
Elle prend le concombre. Le bois est tiède maintenant, lisse. Elle le regarde. Puis elle le pose sur la table de nuit. Prend la banane. La finit. La pulpe est molle, sucrée, un peu fermentée. Elle mâche lentement, avale. Prend la tomate écrasée, la porte à sa bouche, aspire le jus, la chair, les graines.
Elle lèche ses doigts. Puis elle va dans la cuisine. Jette les peaux de banane et la tomate écrasée dans la poubelle sous l'évier. Lave ses mains au robinet. L'eau est froide.
Elle reste un moment debout dans la cuisine, les mains appuyées sur le bord de l'évier, la tête baissée. Son corps la fait souffrir. L'anus est douloureux, sensible. Le vagin aussi, un peu. Mais c'est une bonne douleur. Une douleur qui rappelle.
Elle se redresse. Va dans le salon. Le canapé est là, comme un témoin. Elle s'assied dessus, nue, les jambes serrées. La lumière du jour baisse par la fenêtre. Les ombres s'allongent sur le mur.
Elle reste assise longtemps. Son téléphone est sur la table basse. Elle le prend. L'écran est noir. Elle le pose. Le reprend. Le pose.
Elle se lève. Va dans l'entrée. La porte est fermée. Elle met la chaîne. Puis l'enlève. Puis la remet.
Elle retourne dans la chambre. Le lit est toujours défait. Elle s'allonge au milieu, sur le dos, les bras le long du corps. Le plafond est blanc, vide. Elle pense à lui.
À ses mains. À sa voix. À la façon dont il la regarde, comme s'il voyait à travers elle, comme s'il savait exactement ce qu'elle veut avant même qu'elle le sache. Elle pense à sa mère. À Élise.
À la scène du canapé. La tête de Julien entre les cuisses d'Élise. Les doigts d'Élise dans les cheveux de Julien. Le bruit. Le bruit humide.
Elle serre les poings. Elle est meilleure. Elle le sait. Elle ferme les yeux. Le sommeil vient lentement, par vagues. Elle sombre, remonte, sombre encore. Des images passent derrière ses paupières : le concombre, la main de Julien, le visage de sa mère, la tache rouge sur le drap.
Elle dort. Quand elle se réveille, il fait nuit noire. La chambre est froide. Elle grelotte. Elle se lève, cherche un vêtement. Trouve la robe noire en dentelle par terre, l'enfile. Le tissu est froissé, sent la sueur et le sexe.
Elle va dans la cuisine. Boit un verre d'eau. Regarde l'heure sur le four : 23h47. Elle n'a pas faim. Elle retourne dans le salon. S'assied sur le canapé, dans le noir. Les lampadaires de la rue dessinent des raies de lumière sur le mur. Une voiture passe. Puis le silence.
Elle reste là. Son téléphone vibre sur la table basse. Elle le prend. L'écran s'allume. Un message de lui.
« Demain. 10h. Sois prête. »
Elle lit le message trois fois. Puis elle pose le téléphone contre sa poitrine, contre la dentelle, contre sa peau. Elle sourit dans le noir. Elle se lève. Va dans la chambre. Refait le lit. Tends les draps, secoue l'oreiller, le tapote. Enlève la tache de tomate avec un linge humide. La tache s'estompe mais ne part pas complètement. Une auréole rose reste.
Elle s'allonge. La tête sur l'oreiller qui sent encore lui. Elle ferme les yeux. Demain. Elle dort.
Le réveil sonne à 8h. Elle se lève d'un coup, le cœur battant. La douche est chaude, longue. Elle se lave partout, deux fois, trois fois. Se sèche. Se regarde dans le miroir de la salle de bain.
Ses yeux sont clairs. Sa peau est propre. Elle retourne dans la chambre. Ouvre le placard. Regarde les vêtements alignés. Sa main hésite entre une robe bleue, une jupe noire, un chemisier blanc.
Elle choisit la robe noire en dentelle. La même. L'enfile. Le tissu glisse sur sa peau, caresse ses seins, épouse ses hanches. Elle ajuste les bretelles. Se regarde dans le miroir en pied de la chambre.
Elle est belle. Elle le sait. Elle va dans la cuisine. Boit un café. Mange une pomme. Range la cuisine. Nettoie l'évier. Jette les restes de la veille dans la poubelle. Sort le sac poubelle. Le porte à la poubelle de l'immeuble.
Quand elle remonte, il est 9h30. Elle s'assied sur le canapé. Croise les jambes. Décroise les jambes. Se lève. Va à la fenêtre. Regarde la rue. Les passants. Les voitures. Un chien. Une femme avec une poussette.
Personne ne la regarde. Elle retourne s'asseoir. Les minutes passent. Lentes. Épaisses. Chaque seconde est un battement de cœur.
9h45. Elle se lève. Va dans l'entrée. Ouvre la porte. Regarde le palier. Vide. Referme.
9h50. Elle se tient devant la porte. Les mains moites. Le cœur qui cogne. 9h55.
Elle entend l'ascenseur. Puis des pas. Puis la sonnette. Elle ouvre. Il est là.
Il porte un jean et une chemise bleue. Les manches relevées. Les avant-bras nus. Il la regarde.
— Prête, dit-il.
Ce n'est pas une question. Il entre. La bouscule en passant, comme toujours. Va dans la cuisine. Pose ses clés sur la table. Le bruit du métal sur le bois.
Elle reste dans l'entrée. La porte est ouverte derrière elle. Elle la ferme. La chaîne. Ses doigts tremblent.
Elle le rejoint dans la cuisine. Il est debout devant la table. Il se tourne vers elle.
— Enlève la robe, dit-il.
Elle obéit. Ses mains remontent, trouvent l'ourlet de la robe. Elle la soulève. La dentelle gratte ses seins, ses hanches. La robe passe par-dessus sa tête. Elle la laisse tomber par terre.
Elle est nue devant lui. Il la regarde. Ses yeux descendent le long de son corps. S'arrêtent sur ses seins. Sur son ventre. Entre ses jambes.
Il hoche la tête.
— À genoux, dit-il.
Elle s'agenouille. Le carrelage est froid sous ses genoux. Elle lève les yeux vers lui. Il défait sa ceinture. Lentement. Le cuir glisse dans les passants. Il ouvre son jean. Le baisse. Son sexe est dur, tendu, déjà prêt.
Il s'approche.
— Ouvre la bouche, dit-elle.
Il ne dit rien. Il attend. Elle ouvre la bouche. Il pose son sexe sur sa langue. Le goût est là, salé, chaud, familier. Elle ferme les lèvres autour de lui. Commence à bouger.
Il pose une main sur sa nuque. Ne la guide pas. Juste la touche. Elle le suce longtemps. Sans ordre. Sans parole. Juste le mouvement de sa bouche, le va-et-vient, le bruit humide dans le silence de la cuisine.
Il ne jouit pas. Il retire son sexe de sa bouche. Sa main sur sa nuque la maintient en place.
— Lèche, dit-il.
Elle sait ce qu'il veut. Elle se penche en avant. Pose sa bouche sur ses couilles. Les lèche. Les prend dans sa bouche, l'une après l'autre. Le goût est fort, intime. Elle ferme les yeux. Continue.
Sa main sur sa nuque la pousse plus bas. Elle descend. Sa langue trouve son anus. Elle le lèche. Le cercle de chair se tend sous sa langue. Elle appuie, lèche plus profondément. Il ne fait pas un bruit.
Elle continue. Longtemps. Sa langue est fatiguée, sa mâchoire lui fait mal. Mais elle continue. Parce qu'il ne lui a pas dit d'arrêter.
Finalement, il recule.
— Relève-toi, dit-il.
Elle se lève. Ses genoux sont rouges, marqués par le carrelage. Il la regarde. Son sexe est toujours dur. Humide de sa bouche.
Il se tourne. Va dans le salon. Elle le suit. Il s'arrête devant le canapé.
— À quatre pattes, dit-il. Sur le canapé.
Elle monte sur le canapé. Se met à quatre pattes. Le tissu est doux sous ses paumes. Elle attend. Il s'approche par-derrière. Sa main touche ses fesses. Les écarte. Son pouce frotte son anus, encore sensible de la veille. Elle frissonne.
Il crache dans sa main. Enduit son sexe. Puis il le pose contre son anus.
— Respire, dit-il.
Elle inspire. Il pousse. La douleur est vive, brève. Puis la sensation de plénitude, d'être remplie, ouverte. Il entre en elle, centimètre par centimètre, jusqu'à ce qu'il soit complètement enfoncé.
Il s'arrête. Elle le sent en elle. Battre. Vivre. Il commence à bouger.
Les coups sont lents, profonds, réguliers. Chaque poussée l'enfonce un peu plus dans le canapé. Elle agrippe le tissu, serre les dents. Le plaisir monte, mêlé à la douleur, confus, violent. Il accélère.
Les coups deviennent plus rapides, plus forts. Le bruit de leurs corps qui s'entrechoquent emplit le salon. Elle gémit, la tête enfoncée dans le coussin.
— Jouis, dit-il.
Elle jouit. La vague est plus forte que la veille. Plus longue. Elle la traverse tout entière, la vide, la laisse tremblante, offerte. Il continue à bouger. Quelques coups encore. Puis il s'arrête. Reste en elle. Immobile.
Il se retire. Lentement. Elle sent le vide, le manque immédiat. Il remonte son jean. Attache sa ceinture.
Elle reste à quatre pattes sur le canapé, le corps secoué de spasmes, le sexe qui coule sur sa cuisse. Il va dans la salle de bain. Elle entend l'eau couler. Puis il revient. Il s'arrête devant elle. Pose une main sur ses cheveux. Les caresse. Une fois. Deux fois.
— Tu es bonne, dit-il.
Elle lève la tête. Le regarde. Il sourit. Un sourire léger, presque tendre.
— Je reviens demain, dit-il.
Il se tourne. Sort du salon. Va dans l'entrée. La porte s'ouvre. Se referme.
Le silence. Elle reste à quatre pattes sur le canapé, nue, ouverte, marquée. Puis elle se redresse. Va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir.
Son visage est rouge, ses yeux brillants. Ses cheveux en désordre. Sa bouche gonflée. Elle sourit. Demain.
Chapitre 3 — Les choses sérieuses commencent
Scène 1 — Elle s'apprête
Il ne lui a pas dit de se laver. Elle reste devant le miroir, les mains posées sur le rebord du lavabo. Son visage est rouge, ses yeux brillants, sa bouche gonflée. L'urine sèche sur sa peau, tire légèrement. Elle ne l'essuie pas. Elle respire. L'odeur est forte, animale, mêlée à celle de son sexe, de sa sueur.
Elle se regarde longtemps. Puis elle quitte la salle de bain. Nue. Les pieds nus sur le carrelage froid du couloir. La lumière du salon est encore allumée. Le canapé porte la marque de ses genoux, une tache humide sur le tissu. Elle s'approche. S'agenouille devant. Passe sa main sur l'endroit où il l'a pénétrée. Le tissu est tiède.
Elle se penche. Pose sa joue sur la tache. Ferme les yeux. L'odeur de lui. De son sexe. De sa bouche. De leur mélange.
Elle reste là, recroquevillée sur le canapé, les genoux remontés contre sa poitrine, la joue contre le tissu humide. La nuit passe. Elle ne dort pas vraiment. Parfois ses yeux s'ouvrent sur la lampe allumée, le plafond blanc, le silence de l'appartement. Parfois elle les referme et respire l'odeur.
Quand le jour se lève, la lumière grise entre par la fenêtre. Elle se lève. Ses muscles sont raides. Sa nuque lui fait mal. Elle va dans la cuisine. Boit un verre d'eau directement au robinet. L'eau coule sur son menton, sur sa poitrine. Elle ne s'essuie pas.
Elle regarde la corbeille à fruits sur le plan de travail. Il y a une banane. Un concombre. Une tomate un peu molle. Elle ne les touche pas.
Elle va dans la chambre. Le lit est défait, les draps froissés. Elle s'allonge. Pose son visage sur l'oreiller où il a posé sa tête la veille. L'odeur est plus faible, mais elle est là. Elle respire. Enfonce son nez dans le tissu.
Elle reste allongée, immobile, jusqu'à ce que le soleil monte assez haut pour éclairer le mur. Puis elle se lève. Va dans la salle de bain. Ouvre la douche. L'eau est chaude, presque brûlante. Elle reste dessous longtemps. L'eau emporte l'urine, la sueur, le goût. Elle frotte sa peau avec ses mains, ses seins, son ventre, ses cuisses. Elle frotte son sexe, doucement, et le plaisir revient, un écho lointain. Elle s'arrête.
Elle sort de la douche. S'essuie. Se regarde dans le miroir embué. Son visage est propre. Ses yeux sont calmes.
Elle sourit. Elle va dans la chambre. Ouvre le placard. Regarde les robes alignées. Sa main hésite sur une robe bleue, une robe blanche. Puis elle prend la robe noire en dentelle. Celle qu'il aime. Celle qu'il lui fait enlever.
Elle l'enfile. Le tissu glisse sur sa peau encore humide. La dentelle gratte ses seins, ses hanches. Elle va dans la cuisine. S'assied à la table. Attend.
Les minutes passent. Le silence est épais, seulement troublé par le bruit du frigo qui ronronne. Son téléphone vibre sur la table. Elle le regarde.
Le message de Julien : *Demain. 10h. Sois prête.*
Elle lit le message trois fois. Puis elle repose le téléphone. Elle regarde la corbeille à fruits. Prend la banane. La pèle.
La mange lentement, en regardant le mur. La pulpe est sucrée, un peu farineuse. Elle mâche, avale. Puis elle prend la tomate. La croque. Le jus coule sur son menton. Elle lèche le jus. Prend le concombre. Le regarde. Le pose sur la table.
Ne le mange pas. Elle reste assise, les mains à plat sur la table, le corps immobile dans la robe noire. Elle attend. Le soleil monte dans le ciel. La lumière change sur le mur de la cuisine. Les ombres raccourcissent, puis s'allongent.
À 10 heures moins cinq, elle entend une voiture s'arrêter devant l'immeuble. Son cœur bat plus fort. Elle ne bouge pas. La sonnette retentit. Elle se lève.
Va dans l'entrée. Ouvre la porte. Il est là. Il porte le même jean, la même chemise bleue. Ses cheveux sont encore humides, comme s'il venait de se doucher. Il la regarde. Regarde la robe noire. Regarde son visage.
Il ne dit rien. Il entre. La bouscule en passant. Va dans la cuisine. Pose ses clés sur la table.
Se tourne vers elle.
— Enlève la robe, dit-il.
Elle obéit. La dentelle glisse sur ses épaules, tombe à ses pieds. Elle est nue devant lui, dans la cuisine, les bras le long du corps. Il s'approche. Sa main se lève.
La gifle. La joue gauche. La douleur éclate, chaude, rouge. Sa tête part sur le côté. Elle vacille, mais ne tombe pas. Elle reste debout, le souffle court, la joue en feu.
Il attend. Elle tourne la tête vers lui. Ses yeux sont brillants. Il la gifle à nouveau. La joue droite.
La douleur est symétrique, mordante. Elle sent ses oreilles bourdonner. Un goût de sang au coin de sa lèvre. Elle le lèche. Il la regarde.
— À genoux, dit-il.
Elle s'agenouille. Le carrelage est froid sous ses genoux. Il défait sa ceinture. Le cuir gratte. Il ouvre son jean. Sort son sexe. Il est déjà dur, tendu, la veine gonflée sur le côté.
Il s'approche.
— Ouvre, dit-il.
Elle ouvre la bouche. Il pose son sexe sur sa langue. Le goût est là, propre, un peu salé. Elle ferme les lèvres autour de lui. Commence à bouger. Sa tête d'avant en arrière. Le bruit humide dans le silence.
Il pose une main sur sa nuque. La maintient en place. Accélère le rythme. Elle le suce sans s'arrêter. Sa mâchoire commence à lui faire mal. Sa salive coule sur son menton. Elle continue.
Il ne jouit pas. Il retire son sexe. Sa main sur sa nuque la pousse plus bas.
— Lèche, dit-il.
Elle se penche. Pose sa bouche sur ses couilles. Les lèche. Les prend dans sa bouche, l'une après l'autre. Le goût est plus fort, plus intime. Elle ferme les yeux. Continue.
Il ne dit rien. Elle descend plus bas. Sa langue trouve son anus. Le cercle de chair se tend sous sa langue. Elle lèche, appuie, explore. Il ne fait pas un bruit. Juste la pression de sa main sur sa nuque, qui la maintient en place.
Elle lèche longtemps. Sa langue est fatiguée, sa mâchoire lui fait mal, mais elle continue. Parce que c'est ce qu'il veut. Parce que c'est ce qu'elle veut. Finalement, il recule.
— Relève-toi, dit-il.
Elle se lève. Ses genoux sont rouges, marqués par le carrelage. Il la regarde. Son sexe est toujours dur, humide de sa bouche. Il se tourne. Va dans le salon.
Elle le suit. Il s'arrête devant le canapé.
— À quatre pattes, dit-il.
Elle monte sur le canapé. Se met à quatre pattes. Le tissu est doux sous ses paumes. Elle attend. Il s'approche par-derrière. Sa main touche ses fesses. Les écarte. Son pouce frotte son anus. Elle frissonne. Il crache dans sa main. Enduit son sexe. Puis il le pose contre elle.
— Respire, dit-il.
Elle inspire. Il pousse. La douleur est vive, brève. Puis la plénitude. Il entre en elle, centimètre par centimètre, jusqu'à ce qu'il soit complètement enfoncé. Il s'arrête. Elle le sent en elle. Battre.
Il commence à bouger. Les coups sont lents, profonds. Chaque poussée l'enfonce dans le canapé. Elle agrippe le tissu, serre les dents. Le plaisir monte, mêlé à la douleur.
Il accélère. Les coups deviennent plus rapides. Le bruit de leurs corps emplit le salon. Elle gémit, la tête enfoncée dans le coussin.
— Jouis, dit-il.
Elle jouit. La vague est forte, longue. Elle la traverse, la vide, la laisse tremblante. Il continue à bouger. Quelques coups encore. Puis il s'arrête. Reste en elle. Immobile.
Il se retire. Elle sent le vide, le manque immédiat. Il remonte son jean. Attache sa ceinture. Elle reste à quatre pattes, le corps secoué de spasmes.
Il va dans la salle de bain. Elle entend l'eau couler. Il revient. S'arrête devant elle.
— Tourne-toi, dit-il.
Elle se tourne. S'assied sur le canapé. Le regarde. Il s'approche. Sa main touche son menton. La force à lever la tête.
— Tu es meilleure qu'elle, dit-il.
Elle le regarde.
— Dis-le, dit-il.
— Je suis meilleure qu'elle, dit-elle.
Sa voix est rauque, brisée. Il hoche la tête.
— Je reviens demain, dit-il.
Il se tourne. Sort du salon. Va dans l'entrée. La porte s'ouvre. Se referme.
Le silence. Elle reste assise sur le canapé, nue, ouverte, marquée. Puis elle se lève. Va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir.
Son visage est rouge, ses yeux brillants. Ses cheveux en désordre. Sa bouche gonflée. Les marques des gifles commencent à apparaître sur ses joues, deux taches roses symétriques. Elle sourit.
Elle est meilleure que sa mère. Elle le sait.
Scène 2 — Le silence après la porte
Le silence après la porte. Le bruit de la serrure qui s'enclenche. Claire reste assise sur le canapé. Nue. Les cuisses humides. L'anus encore ouvert, qui palpite. Elle sent le froid sur sa peau là où il s'est retiré. Le manque est physique, une cavité qui veut être remplie.
Elle ne bouge pas. Ses mains sont posées sur ses cuisses. Les paumes moites. Elle regarde la porte fermée. Le rectangle de bois blanc. Il est parti. Il revient demain. Il a dit demain.
Elle inspire. L'air sent lui. Sa sueur. Son sexe. L'odeur est partout, dans le tissu du canapé, dans ses cheveux, sur sa langue.
Elle reste là longtemps. Le temps passe par la fenêtre. La lumière bouge sur le mur. L'ombre du lampadaire s'allonge, se rétracte. Elle ne la regarde pas. Elle regarde la porte.
Puis elle se lève. Ses jambes tremblent. Elle va dans la cuisine. Le carrelage est froid sous ses pieds nus. Elle ouvre le frigo. La lumière blanche. Elle prend le concombre. Il est froid, dur, lisse. Elle le tient dans sa main. Le regarde.
Elle le pose sur la table. Ouvre le tiroir. Prend un couteau. Coupe le concombre en rondelles. Les rondelles tombent sur la planche. Elle les prend une par une, les mange. Le goût est frais, aqueux, propre. Elle mâche, avale. Vide le concombre.
Jette le talon dans l'évier. Se lave les mains. Elle va dans la chambre. Le lit est défait. Les draps froissés. L'oreiller encore creusé par sa tête. Elle s'assied sur le bord. Passe sa main sur le drap. L'endroit où il était. La chaleur est partie. Il ne reste que l'odeur.
Elle se couche. Se met en boule. Les genoux contre la poitrine. Les bras serrés autour d'elle. Elle ferme les yeux.
Elle voit son visage. Ses mains. Elle sent ses doigts sur sa nuque. Sa voix. *Respire.*
Elle ouvre les yeux. La chambre est sombre. Elle se lève. Va dans la salle de bain. Allume la lumière. Le miroir lui renvoie son visage. Les marques des gifles sont plus nettes maintenant. Deux rectangles roses sur ses joues. Sa bouche est gonflée. Ses yeux cernés.
Elle touche sa joue. La peau est chaude. Elle baisse la main. Touche son sein. Le téton est dur, sensible. Elle le pince. La douleur est bonne. Elle inspire.
Elle se regarde. Elle est nue, marquée, ouverte. Elle est meilleure que sa mère. Elle le sait. Elle éteint la lumière. Revient dans la chambre. Se couche. Le drap sent lui. Elle pose sa joue sur l'oreiller. Inspire profondément. L'odeur emplit ses poumons.
Elle ferme les yeux. Elle dort. Le réveil sonne à sept heures. Elle l'arrête d'une main. Reste allongée. Le corps lourd. Les muscles endoloris. Elle se lève. Va dans la douche. L'eau chaude sur sa peau. Elle se lave lentement. Le savon sur ses bras, ses seins, son ventre. Entre ses jambes. La douleur est douce, un rappel.
Elle sort. S'essuie. Se regarde dans le miroir embué. Les marques sur ses joues sont encore visibles. Elle sourit.
Elle va dans la chambre. Ouvre le placard. Prend la robe noire en dentelle. La pose sur le lit. Prend un string noir. Un soutien-gorge noir.
Elle s'habille. Le string remonte sur ses hanches. Le soutien-gorge serre ses seins. La robe glisse sur elle, légère, transparente. Elle se regarde dans le miroir.
Ses cheveux sont encore humides. Elle les coiffe. Se maquille un peu. Du rouge à lèvres. Du noir sur les yeux.
Elle est prête. Elle va dans la cuisine. Ouvre le frigo. Il y a des œufs. Du pain. Du beurre. Elle sort deux œufs. Les casse dans une poêle. Les fait cuire. Les mange avec du pain. Boit un verre d'eau.
Elle lave l'assiette. La range. S'assied à la table. Les mains posées à plat. Elle attend.
Les minutes passent. La lumière du matin entre par la fenêtre. Elle regarde la porte. Elle n'a pas de téléphone. Il n'a pas appelé. Il n'a pas envoyé de message.
Il a dit demain. C'est demain. Elle attend. Une heure passe. Deux heures.
Elle ne bouge pas. Puis la sonnette. Le bruit la traverse. Elle se lève. Va dans l'entrée. Sa main sur la poignée. Elle ouvre.
Il est là. Il la regarde. Ses yeux descendent sur elle. La robe. Son corps dessous.
Il entre. La bouscule. Elle recule. Il ferme la porte derrière lui. Pose ses clés sur la console. Le bruit du métal sur le bois.
Il la regarde.
— Enlève la robe, dit-il.
Elle baisse les bretelles. La robe glisse. Tombe à ses pieds. Elle est en string et soutien-gorge noirs. Il s'approche.
Sa main touche son épaule. Descend le long de son bras. Prend sa main. La retourne. La tient.
— Tu as bien dormi ? dit-il.
— Oui, dit-elle.
Il la regarde.
— Tu es prête ?
— Oui.
Il lâche sa main. Va dans le salon. Elle le suit. Il s'arrête devant le canapé. Se tourne vers elle.
— À genoux, dit-il.
Elle s'agenouille. Le tapis est doux sous ses genoux. Il défait sa ceinture. Le cuir gratte. Il ouvre son jean. Sort son sexe. Il est déjà dur.
Il s'approche.
— Ouvre, dit-il.
Elle ouvre la bouche. Il pose son sexe sur sa langue. Le goût est là. Propre. Un peu salé. Elle ferme les lèvres autour de lui. Commence à bouger. Sa tête d'avant en arrière. Le bruit humide dans le silence.
Il pose une main sur sa nuque. La maintient en place. Accélère le rythme. Elle le suce. Sa mâchoire lui fait mal. Sa salive coule. Elle continue.
Il ne jouit pas. Il retire son sexe. Sa main sur sa nuque la pousse plus bas.
— Lèche, dit-il.
Elle se penche. Pose sa bouche sur ses couilles. Les lèche. Les prend dans sa bouche. Le goût est plus fort. Elle ferme les yeux. Continue.
Il ne dit rien. Elle descend plus bas. Sa langue trouve son anus. Le cercle de chair se tend. Elle lèche, appuie, explore. La pression de sa main sur sa nuque.
Elle lèche longtemps. Sa langue est fatiguée. Sa mâchoire lui fait mal. Mais elle continue. Finalement, il recule.
— Relève-toi, dit-il.
Elle se lève. Ses genoux sont rouges. Il la regarde. Son sexe est toujours dur, humide de sa bouche. Il se tourne. Va dans la cuisine.
Elle le suit. Il ouvre le frigo. Prend un concombre. Le pose sur la table. Prend un tube de gel dans le tiroir. Le pose à côté.
Il se tourne vers elle.
— Penche-toi sur la table, dit-elle.
Elle se penche. Pose ses avant-bras sur la table. Le bois est lisse, froid. Il s'approche par-derrière. Sa main touche son string. Le descend. Le string tombe sur ses chevilles.
Ses doigts touchent son anus. Frottent. Elle est encore ouverte d'hier. Il enduit ses doigts de gel. Les glisse en elle. Deux doigts. Elle serre les dents. Il les bouge, les écarte.
Puis il les retire. Il prend le concombre. Le gel. Enduit le concombre. Le pose contre elle.
— Respire, dit-il.
Elle inspire. Il pousse. Le concombre entre. C'est froid. C'est dur. Plus large que lui. La douleur est bonne. Elle serre les dents. Il pousse plus loin. Jusqu'à ce que le concombre soit complètement en elle.
Il s'arrête. Elle le sent en elle. Le froid qui se réchauffe. Il commence à bouger. Le concombre va et vient. Lentement. Profondément. Chaque poussée l'enfonce dans la table. Elle agrippe le bois. Le plaisir monte.
Il accélère. Les coups deviennent plus rapides. Le bruit du gel. Le bruit de sa respiration.
— Jouis, dit-il.
Elle jouit. La vague est forte, longue. Son corps tremble. Elle crie, la tête enfoncée dans ses bras. Il continue à bouger. Quelques coups encore. Puis il s'arrête. Retire le concombre.
Elle sent le vide. Il pose le concombre dans l'évier. Il se tourne vers elle. Elle est toujours penchée sur la table. Le corps secoué de spasmes.
Il s'approche. Sa main touche ses fesses. Les écarte. Il crache dans sa main. Enduit son sexe. Puis il la pénètre.
La chair est chaude, vivante, différente du concombre. Il entre en elle d'un coup. Elle gémit. Il commence à bouger. Les coups sont rapides. Forts. Chaque poussée la fait glisser sur la table. Elle agrippe le bois. Le plaisir est à nouveau là, qui monte.
Il ne dit rien. Il la prend. Ses mains sur ses hanches. Ses doigts qui s'enfoncent dans sa chair. Il accélère encore.
Elle jouit à nouveau. La vague est moins forte, mais plus longue. Elle tremble, le corps ouvert, offert. Il continue. Quelques coups encore. Puis il s'arrête. Reste en elle. Immobile.
Il se retire. Elle sent le vide, le manque immédiat. Il remonte son jean. Attache sa ceinture. Elle reste penchée sur la table. Le corps secoué de spasmes.
Il va dans la salle de bain. Elle entend l'eau couler. Il revient. S'arrête derrière elle.
— Lève-toi, dit-il.
Elle se lève. Ses jambes tremblent. Son string est autour de ses chevilles. Elle le remonte. Il la regarde.
— Tu es bonne, dit-il.
Elle le regarde.
— Je suis meilleure qu'elle, dit-elle.
Sa voix est rauque, brisée. Il hoche la tête.
— Je sais, dit-il.
Il se tourne. Va dans l'entrée. Prend ses clés.
— Demain, dit-il. Sois prête.
Il ouvre la porte. Sort. La porte se referme. Le silence. Elle reste debout dans la cuisine. La table est humide. Son string est mouillé. Son corps tremble.
Elle va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir. Son visage est rouge. Ses yeux brillants. Ses cheveux en désordre. Sa bouche gonflée. Les marques des gifles sont encore visibles.
Elle sourit. Elle est meilleure que sa mère. Elle le sait.
Scène 3 — Elle reste devant le miroir
Elle reste devant le miroir. Le temps passe. La lumière de la salle de bain est blanche, crue. Elle voit les marques sur son cou. Là où il a mordu. Pas fort. Juste assez pour que la peau reste rouge.
Elle touche les marques. Ses doigts glissent sur sa joue. La chaleur est encore là. La brûlure des gifles. Elle sourit.
Puis elle sort de la salle de bain. Va dans la cuisine. La table est encore humide. Elle passe sa main sur le bois. La paume recueille une trace de gel, de salive, de son propre corps. Elle porte sa main à son nez. L'odeur est forte. Elle inspire.
Elle prend un torchon. Essuie la table. Essuie l'évier. Essuie le plan de travail. Le concombre est dans la poubelle. Elle voit le bout vert qui dépasse. Elle le repousse avec le pied. La banane est à côté. La tomate écrasée.
Elle referme le couvercle. Va dans le salon. Le canapé est vide. Les coussins sont bien placés. Elle s'assied. Sa main touche l'accoudoir. Le cuir est lisse. Elle ferme les yeux.
Elle voit sa mère. La tête de Julien entre ses cuisses. Le bruit. Le silence après. Elle ouvre les yeux.
Se lève. Va dans la chambre. Le lit est défait. Les draps froissés. L'oreiller porte encore l'odeur de Julien. Elle se penche. Pose son visage sur l'oreiller. Inspire.
L'odeur est forte. Sueur. Sexe. Une odeur d'homme. Elle reste là.
Le nez enfoncé dans le tissu. La respiration lente. Elle sent son corps qui se détend. Les muscles de son dos se relâchent. Ses épaules tombent.
Elle reste longtemps. Puis elle se redresse. Va dans l'entrée. La porte est fermée. Les clés de Julien ne sont plus sur la console. Elle pose sa main sur la poignée. La sent. Le métal est froid.
Elle n'ouvre pas. Reste le front contre le bois. Le silence. Elle écoute les bruits de l'immeuble. Une porte qui claque. Des pas dans l'escalier. Une voix au loin.
Elle reste. Puis elle recule. Va dans la cuisine. Ouvre le frigo. Il y a des légumes. Des carottes. Des poivrons. Une salade. Un concombre. Elle le prend. Le regarde. Le repose.
Ferme le frigo. Va dans la chambre. Enlève sa robe. La robe tombe par terre. Elle enlève son string. Le string tombe. Elle est nue.
Elle se regarde dans le miroir de la chambre. Son corps est marqué. Les seins portent les traces des pincements. Les aréoles sont plus rouges. Les tétons sont encore durs. Les hanches portent les marques de ses doigts. Les fesses sont rouges. L'intérieur des cuisses est humide.
Elle touche son ventre. La peau est chaude. Elle glisse sa main plus bas. Ses doigts touchent son sexe. Il est gonflé. Humide. Elle glisse un doigt en elle. Le retire. Le porte à sa bouche.
Le goût est salé. Acide. Le goût de lui, mélangé au sien. Elle ferme les yeux. Sa main reste sur sa bouche.
Puis elle la retire. Va dans la salle de bain. Ouvre la douche. L'eau chaude coule. Elle entre. L'eau sur son visage. Sur ses seins. Sur son ventre. Elle ferme les yeux. L'eau coule sur ses marques. Ça pique un peu. Elle reste sous l'eau.
Longtemps. L'eau devient tiède. Puis froide. Elle sort. S'essuie.
Le drap de bain est doux. Elle se sèche lentement. Les marques sont encore visibles sous la lumière. Elle va dans la chambre nue. Ouvre le placard.
Prend une robe noire. Simple. Courte. La pose sur le lit. Prend un string noir. Le pose à côté.
Prend un soutien-gorge noir. Le pose. Elle s'habille lentement. Le string. Le soutien-gorge.
La robe. Elle se regarde dans le miroir de la chambre. La robe tombe bien. Les marques sont cachées. Elle se maquille.
Un peu de rouge à lèvres. Un peu de mascara. Ses yeux sont brillants. Elle sourit. Va dans la cuisine.
S'assied à la table. Les mains posées à plat. Elle attend. La lumière de l'après-midi entre par la fenêtre. Les ombres bougent. Le temps passe.
Elle ne bouge pas. Les heures passent. La lumière devient orange. Puis rouge. Puis grise.
Le soir tombe. Elle ne bouge pas. La nuit. Elle reste assise dans le noir. La cuisine est silencieuse.
Le frigo ronronne. Elle ferme les yeux. Dort. Se réveille. La lumière du matin.
Elle est toujours assise à la table. Son dos est raide. Ses épaules sont douloureuses. Elle se lève. Va dans la salle de bain.
Se regarde dans le miroir. Son maquillage a coulé. Ses yeux sont cernés. Ses cheveux sont en désordre. Elle se lave le visage.
Se brosse les dents. Se recoiffe. Remet du rouge à lèvres. Va dans la cuisine. Ouvre le frigo.
Prend une pomme. La mange. La peau est rouge. La chair est blanche. Elle croque. Le jus coule sur son menton. Elle l'essuie avec sa main.
Mange la pomme entière. Jette le trognon dans l'évier. Se lave les mains. Va dans l'entrée. Regarde la porte.
Elle n'a pas de nouvelles de Julien. Il a dit demain. C'est demain. Elle attend. Elle s'assied sur le canapé du salon.
Les mains sur ses genoux. Le regard fixe. Le temps passe. Le téléphone sonne. Elle décroche.
— Oui.
— Je viens à midi, dit Julien.
Il raccroche. Elle repose le téléphone. Midi. Elle regarde l'horloge. Il est dix heures.
Elle a deux heures. Elle va dans la cuisine. Ouvre le frigo. Regarde les légumes. Prend une tomate.
La pose sur la table. Prend une banane. La pose. Prend un concombre. Le pose.
Les trois légumes alignés. Elle les regarde. Sa main touche le concombre. Le vert est lisse. Frais.
Elle le prend. Le porte à sa bouche. Le mord. La chair est froide. Croquante.
Elle mâche. Avale. Mord encore. Le concombre est fini. Elle prend la banane.
La pèle. La mange. La pulpe est sucrée. Molle. Elle prend la tomate.
La mord. Le jus coule. Les graines. Elle mange tout. Les épluchures dans l'évier.
Elle se lave les mains. Se regarde dans le miroir de la cuisine. Ses lèvres sont rouges de tomate. Elle les essuie. Puis elle va dans la chambre.
S'allonge sur le lit. L'odeur de Julien est encore sur l'oreiller. Elle ferme les yeux. Respire. Attend.
Le temps passe. La lumière bouge. Elle entend la porte d'entrée. Le bruit de la clé dans la serrure. Elle se lève.
Va dans l'entrée. Il est là. Il ferme la porte derrière lui. Il la regarde. Elle est debout, les bras le long du corps.
Il s'approche. Sa main touche sa joue.
— Tu as mangé, dit-il.
— Oui, dit-elle.
Il hoche la tête. Puis sa main glisse sur son cou. S'arrête sur sa nuque. Il serre un peu. Juste assez pour qu'elle sente la pression.
— Viens, dit-il.
Il la pousse vers le salon. Elle marche. S'arrête devant le canapé.
— À genoux, dit-il.
Elle s'agenouille. Le tapis est doux sous ses genoux. Il se tient devant elle. Défait sa ceinture. Ouvre son jean.
Son sexe est dur. Il le prend dans sa main.
— Ouvre la bouche, dit-il.
Elle ouvre. Il entre. Le goût est là. Fort. Salé.
Elle ferme les yeux. Sa bouche autour de lui. Sa langue qui bouge. Il ne dit rien. Sa main sur sa nuque.
Elle le suce. Il ne jouit pas. Il retire son sexe.
— Lèche, dit-il.
Elle se penche. Sa langue trouve ses couilles. Les lèche. Les prend dans sa bouche. Le goût est plus fort.
Elle continue. Il ne dit rien. Elle descend plus bas. Sa langue trouve son anus. Le cercle de chair.
Elle lèche. Appuie. Explore. La main sur sa nuque. Elle lèche longtemps.
Sa langue est fatiguée. Mais elle continue. Finalement, il recule.
— Relève-toi, dit-il.
Elle se lève. Ses genoux sont rouges. Il la regarde. Son sexe est toujours dur. Humide de sa bouche.
Il se tourne. Va dans la cuisine. Elle le suit. Il ouvre le frigo. Regarde à l'intérieur.
— Tu as mangé le concombre, dit-il.
— Oui, dit-elle.
Il referme le frigo. Se tourne vers elle.
— Il n'y en a plus, dit-il.
— Non, dit-elle.
Il la regarde.
— Alors on va utiliser autre chose, dit-il.
Il ouvre le tiroir. Prend une carotte. La pose sur la table. Prend un poivron. Le pose.
Prend une bouteille d'huile. La pose. Il se tourne vers elle.
— Penche-toi sur la table, dit-il.
Elle se penche. Pose ses avant-bras sur le bois. Il s'approche par-derrière. Sa main touche son string. Le descend.
Le string tombe sur ses chevilles. Ses doigts touchent son anus. Frottent. Elle est encore ouverte. Il enduit ses doigts d'huile.
Les glisse en elle. Deux doigts. Elle serre les dents. Il les bouge. Les écarte.
Puis il les retire. Il prend la carotte. L'enduit d'huile. La pose contre elle.
— Respire, dit-il.
Elle inspire. Il pousse. La carotte entre. C'est plus dur que le concombre. Plus étroit.
La douleur est bonne. Elle serre les dents. Il pousse plus loin. Jusqu'à ce que la carotte soit complètement en elle. Il s'arrête.
Elle la sent en elle. Le froid de l'huile. La forme irrégulière. Il commence à bouger. La carotte va et vient.
Lentement. Profondément. Chaque poussée l'enfonce dans la table. Elle agrippe le bois. Le plaisir monte.
Il accélère. Les coups deviennent plus rapides. Le bruit de l'huile. Le bruit de sa respiration.
— Jouis, dit-il.
Elle jouit. La vague est forte. Longue. Son corps tremble. Elle crie.
La tête enfoncée dans ses bras. Il continue à bouger. Quelques coups encore. Puis il s'arrête. Retire la carotte.
Elle sent le vide. Il pose la carotte dans l'évier. Il se tourne vers elle. Elle est toujours penchée sur la table. Le corps secoué de spasmes.
Il s'approche. Sa main touche ses fesses. Les écarte. Il prend le poivron. Le fend en deux avec ses doigts.
L'huile coule. Il pose un morceau contre elle. Le pousse. Le poivron entre. C'est mou.
C'est chaud. La chair du poivron se déchire à l'intérieur d'elle. Elle gémit. Il pousse plus loin. Le poivron se brise.
Les morceaux restent en elle. Il retire ce qui reste. Ses doigts entrent. Récupèrent les morceaux. Les jettent par terre.
Il la retourne. Elle est sur le dos. Sur la table. Il écarte ses cuisses. Il prend son sexe.
Le frotte contre sa vulve. Elle est mouillée. Il entre. D'un coup. Elle crie.
Il commence à bouger. Les coups sont rapides. Forts. Chaque poussée la fait glisser sur le bois. Elle agrippe les bords de la table.
Le plaisir est à nouveau là. Qui monte. Il ne dit rien. Il la prend. Ses mains sur ses hanches.
Ses doigts qui s'enfoncent dans sa chair. Il accélère encore. Elle jouit à nouveau. La vague est moins forte. Mais plus longue.
Elle tremble. Le corps ouvert. Offert. Il continue. Quelques coups encore.
Puis il s'arrête. Reste en elle. Immobile. Il se retire. Elle sent le vide.
Le manque immédiat. Il remonte son jean. Attache sa ceinture. Elle reste sur la table. Le corps secoué de spasmes.
Il va dans la salle de bain. Elle entend l'eau couler. Il revient. S'arrête devant elle.
— Lève-toi, dit-il.
Elle se lève. Ses jambes tremblent. Son string est autour de ses chevilles. Elle le remonte. Il la regarde.
— Tu es bonne, dit-il.
Elle le regarde.
— Je suis meilleure qu'elle, dit-elle.
Sa voix est rauque. Brisée. Il hoche la tête.
— Je sais, dit-il.
Il se tourne. Va dans l'entrée. Prend ses clés.
— Demain, dit-il. Sois prête.
Il ouvre la porte. Sort. La porte se referme. Le silence. Elle reste debout dans la cuisine.
La table est humide. Son string est mouillé. Son corps tremble. Elle va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir.
Son visage est rouge. Ses yeux brillants. Ses cheveux en désordre. Sa bouche gonflée. Les marques des gifles sont encore visibles.
Elle sourit. Elle est meilleure que sa mère. Elle le sait.
Chapitre 4 — Claire trouve sa place
Scène 1 — Claire reste immobile dans l'entrée
La porte claque. Claire reste immobile dans l'entrée. Le bruit résonne encore dans ses oreilles. Ses jambes tremblent. Elle pose une main sur le mur.
Le bois de la porte est froid. Elle écoute. Les pas de Julien s'éloignent dans le couloir. Puis plus rien. Le silence revient.
Elle reste là. Longtemps. Sa respiration ralentit. Son corps se refroidit. La sueur sèche sur sa peau.
Elle sent l'huile. Le sexe. La carotte. Le poivron. Tout.
Elle ferme les yeux. Sa tête tourne. Elle ouvre les yeux. Regarde l'entrée. La console.
Les clés de Julien ne sont plus là. Elle avance. Pénètre dans le salon. Le canapé est là. La tache est encore visible.
Elle s'agenouille devant. Pose ses mains sur l'accoudoir. Sa joue sur le tissu. Elle respire. L'odeur est faible.
Mélangée à celle de l'huile. Du sexe. De la sueur. Elle reste à genoux. Les minutes passent.
Ses genoux lui font mal. Le carrelage est dur. Elle ne bouge pas. Sa tête est vide. Pleine.
Les images reviennent. La carotte. Le poivron. Ses doigts. Son sexe.
Ses yeux. Sa voix.
— Tu es bonne.
Elle sourit.
— Je suis meilleure qu'elle.
La phrase sort toute seule. Sa voix est étrange. Comme si ce n'était pas la sienne. Elle se lève. Ses jambes sont raides.
Elle va dans la cuisine. La table est encore humide. Les morceaux de poivron sont par terre. La carotte est dans l'évier. Elle les regarde.
Ne les ramasse pas. Ouvre le frigo. Il est vide. Plus de légumes. Plus rien.
Elle referme. Va dans la chambre. Le lit est défait. Les draps froissés. L'odeur de Julien est encore là.
Elle s'allonge. Pose sa tête sur l'oreiller. Respire. L'odeur est forte. Elle ferme les yeux.
Sa main descend. Touche son ventre. Ses cuisses. Son sexe est encore humide. Elle laisse sa main là.
Ne bouge pas. Respire. L'odeur. Le silence. Le temps passe.
Elle ne dort pas. Elle reste allongée. Les yeux ouverts. Le plafond est blanc. Une fissure court du coin à la lampe.
Elle la suit des yeux. Compte les secondes. Les minutes. Les heures. La lumière change.
Le jour baisse. L'ombre grandit. Elle ne bouge pas. Son corps est lourd. Vide.
Plein. Elle se lève. Va dans la salle de bain. Allume la lumière. Se regarde dans le miroir.
Son visage est marqué. Les joues rouges. Les yeux cernés. Les cheveux en désordre. Des traces d'huile sur le cou.
Sur les épaules. Elle touche sa joue. La marque de la gifle est encore là. Elle appuie. La douleur est bonne.
Elle sourit. Se déshabille. La robe tombe par terre. Le string est mouillé. Elle le retire.
Reste nue. Se regarde. Ses seins sont marqués. Les tétons rouges. Gonflés.
Les doigts de Julien sont encore visibles. Elle les touche. La sensation est vive. Elle ferme les yeux. Se souvient.
Ses doigts qui pincent. Qui tordent. La douleur. Le plaisir. Elle ouvre les yeux.
Se regarde encore. Son ventre est plat. Ses cuisses fortes. Son sexe est humide. Elle passe sa main entre ses jambes.
Ses doigts entrent. Elle gémit. Le bruit résonne dans la salle de bain. Elle retire sa main. Se regarde.
Ses doigts sont luisants. Elle les porte à sa bouche. Les lèche. Le goût est fort. Salé.
Acide. C'est son goût. Le goût de Julien. Mélangé. Elle avale.
Se tourne. Ouvre la douche. L'eau chaude coule. Elle entre. L'eau frappe son dos.
Ses épaules. Ses seins. Elle ferme les yeux. Laisse l'eau couler. Le savon.
Elle se lave. Lentement. Chaque geste est précis. Elle frotte son ventre. Ses cuisses.
Son sexe. L'eau emporte l'huile. Le sperme. La sueur. Elle reste sous l'eau.
Longtemps. L'eau devient froide. Elle frissonne. Sort. S'essuie.
La serviette est rugueuse. Elle se frictionne. La peau rougit. Elle se regarde dans le miroir. Le visage est propre.
Les marques sont encore visibles. Elle sourit. Va dans la chambre. Ouvre le placard. Prend une robe propre.
Noire. Simple. L'enfile. Le tissu glisse sur sa peau. Elle est nue en dessous.
Pas de string. Pas de soutien-gorge. Rien. Elle va dans la cuisine. La table est toujours humide.
Les morceaux de poivron sont par terre. Elle les ramasse. Les jette à la poubelle. Prend une éponge. Nettoie la table.
Lentement. Chaque geste est calme. La table est propre. Elle pose l'éponge dans l'évier. Regarde la cuisine.
Tout est en ordre. Elle va dans le salon. S'assied sur le canapé. La tache est encore là. Elle pose sa main dessus.
Le tissu est froid. Elle ferme les yeux. Les images reviennent. Sa mère. Julien.
La tête de Julien entre les cuisses de sa mère. La bouche de sa mère ouverte. Les gémissements. Elle serre les poings. Les ongles s'enfoncent dans ses paumes.
La douleur est bonne. Elle ouvre les yeux. Regarde la tache.
— Je suis meilleure qu'elle, dit-elle.
Sa voix est ferme. Elle se lève. Va dans l'entrée. Ouvre la porte. Le couloir est vide.
Elle écoute. Rien. Elle referme. Verrouille. Appuie son front contre le bois.
Ferme les yeux. Respire. Lentement. Elle reste là. Longtemps.
Puis elle se tourne. Va dans la chambre. S'allonge sur le lit. L'odeur de Julien est encore là. Elle pose sa tête sur l'oreiller.
Ferme les yeux. Sa main descend. Touche son ventre. Ses doigts glissent plus bas. Touchent son sexe.
Elle est mouillée. Ses doigts entrent. Elle gémit. Bouge. Le plaisir monte.
Lentement. Elle pense à Julien. À ses mains. À sa bouche. À son sexe.
Le plaisir monte encore. Elle accélère. Le rythme. Sa respiration. Elle pense à sa mère.
À la scène. À la tête de Julien entre ses cuisses. Le plaisir est là. Fort. Elle jouit.
Son corps se tend. Se relâche. Elle reste immobile. La main entre ses jambes. Le souffle court.
Elle ouvre les yeux. Regarde le plafond. La fissure est dans l'ombre. Elle retire sa main. La regarde.
Ses doigts sont luisants. Elle les porte à sa bouche. Les lèche. Le goût est le sien. Rien que le sien.
Elle ferme les yeux. S'endort. Le sommeil est lourd. Sans rêves. Elle se réveille en pleine nuit.
La chambre est noire. Le silence est total. Elle écoute. Rien. Sa montre indique 3h47.
Elle se lève. Va dans la cuisine. Ouvre le frigo. La lumière éclaire l'intérieur vide. Elle le referme.
Ouvre les placards. Ils sont vides. Plus de légumes. Plus rien. Elle va dans l'entrée.
Ouvre la porte du placard. Prend un manteau. L'enfile par-dessus sa robe. Prend ses clés. Ouvre la porte.
Sort. Le couloir est vide. Elle descend les escaliers. La rue est déserte. Les lampadaires éclairent le trottoir.
Elle marche. Ses pas résonnent. Le froid est vif. Elle serre le manteau contre elle. Arrive devant le magasin.
Les vitrines sont éteintes. Elle regarde à l'intérieur. Les légumes sont alignés. Les concombres. Les carottes.
Les poivrons. Les tomates. Les bananes. Elle reste là. Longtemps.
Puis elle se tourne. Repart. Remonte. Rentre chez elle. Referme la porte.
Enlève le manteau. Le pose sur la console. Va dans la cuisine. S'assied à la table. Les mains posées à plat.
Elle attend. Le jour se lève. La lumière entre par la fenêtre. Elle ne bouge pas. Son téléphone vibre.
Elle le prend. Un message de Julien.
— Demain. 10h. Sois prête.
Elle lit. Relit. Pose le téléphone. Se lève. Va dans la salle de bain.
Se regarde dans le miroir. Son visage est calme. Ses yeux sont clairs. Elle sourit.
— Je suis prête, dit-elle.
Sa voix est ferme. Elle est meilleure que sa mère. Elle le sait.
Scène 2 — Elle reste assise à la table
Elle reste assise à la table. La lumière monte. La cuisine s'éclaire. Elle regarde ses mains. Les doigts écartés.
Les paumes à plat sur le bois. Elle les tourne. Les veines sont visibles. Les jointures blanches. Elle serre les poings.
Les relâche. Se lève. La chaise racle le carrelage. Elle va dans la chambre. Le lit est défait.
Les draps froissés. L'oreiller porte encore l'odeur de Julien. Elle pose sa joue dessus. Respire. Ferme les yeux.
Reste là. Le temps passe. Elle se redresse. Va dans le salon. La tache est toujours sur le canapé.
Elle s'agenouille devant. Pose sa main sur le tissu. Le touche. Le tissu est sec. Rigide.
Elle se penche. Pose ses lèvres sur la tache. Les ouvre. Lèche. Le goût est faible.
Acide. Salé. Elle reste là. La langue sur le tissu. Les yeux fermés.
Puis elle se redresse. Essuie sa bouche. Va dans l'entrée. La console. Les clés sont là.
Elle les prend. Les regarde. Les repose. Ouvre la porte du placard. Prend un manteau.
L'enfile. Prend les clés. Ouvre la porte. Sort. Le couloir est vide.
Elle descend. La rue est calme. Le soleil est bas. La lumière est blanche. Elle marche.
Ses pas résonnent. Arrive au magasin. Les volets sont levés. La lumière est allumée. Elle pousse la porte.
Une sonnette tinte. L'odeur est forte. Terre. Végétal. Humide.
Les légumes sont alignés. Les concombres. Lisses. Verts. Froids.
Elle s'approche. Tend la main. Touche un concombre. La peau est dure. Froide.
Elle le prend. Le pèse. Le pose. Prend une banane. La courbe est douce.
La peau est jaune. Tachetée. Elle la repose. Prend une tomate. La chair est ferme.
Lisse. Ronde. Elle la repose. Regarde les légumes. Les mains le long du corps.
Le vendeur la regarde.
— Vous cherchez quelque chose ?
Elle secoue la tête. Se tourne. Sort. La sonnette tinte. Elle marche.
Les sacs en plastique dansent sur le trottoir. Le vent est froid. Elle serre le manteau. Rentre. Monte.
Ouvre la porte. Referme. Enlève le manteau. Le pose sur la console. Va dans la cuisine.
Ouvre le frigo. Il est vide. Elle le referme. Va dans la chambre. S'allonge sur le lit.
L'odeur de Julien est encore là. Elle ferme les yeux. Respire. Sa main descend. Touche son ventre.
Le tissu de la robe. Elle glisse sa main sous la robe. Touche sa peau. Son ventre est chaud. Ses doigts montent.
Touchent ses seins. Les tétons sont durs. Elle les pince. Doucement. Puis plus fort.
La douleur est bonne. Elle tire. Étire. Gémit. Sa main descend.
Touche son sexe. Elle est mouillée. Ses doigts entrent. Elle bouge. Le rythme.
Le plaisir monte. Lentement. Elle pense à Julien. À ses mains. À sa bouche.
À son sexe. Elle pense à sa mère. À la scène. À la tête de Julien entre ses cuisses. Le plaisir monte encore.
Elle accélère. Le souffle court. Le corps tendu. Elle jouit. Son corps se tend.
Se relâche. Elle reste immobile. La main entre ses jambes. Le souffle court. Elle ouvre les yeux.
Regarde le plafond. La fissure est dans l'ombre. Elle retire sa main. La regarde. Ses doigts sont luisants.
Elle les porte à sa bouche. Les lèche. Le goût est le sien. Rien que le sien. Elle ferme les yeux.
S'endort. Le sommeil est lourd. Sans rêves. Le téléphone sonne. Elle se réveille.
La chambre est sombre. Le soir est tombé. Elle tend la main. Prend le téléphone. L'écran est allumé.
Le nom de Julien. Elle répond. Sa voix est rauque.
— Allô ?
Sa voix à lui.
— Je suis en bas.
Elle ne dit rien.
— Tu m'ouvres ?
Elle se lève. Va dans l'entrée. Appuie sur le bouton. Le bourdonnement. La porte en bas s'ouvre.
Elle reste là. Le téléphone à la main. Les pas dans l'escalier. Ils se rapprochent. La porte.
Un coup. Elle ouvre. Il est là. Dans le couloir. La lumière du plafond éclaire son visage.
Il entre. Referme la porte. La regarde. Elle est en robe. Nue en dessous.
Ses cheveux sont en désordre. Son visage est marqué par l'oreiller. Il ne dit rien. S'approche. Lui prend le menton.
La force à lever la tête. La regarde. Ses yeux sont noirs. Il la lâche. Va dans le salon.
Elle le suit. Il s'assied sur le canapé. À l'endroit de la tache. La regarde.
— Enlève la robe.
Elle obéit. Le tissu glisse. Tombe à ses pieds. Elle est nue. Il la regarde.
Ses yeux parcourent son corps. Ses seins. Son ventre. Son sexe. Ses cuisses.
Il ne dit rien. Se lève. S'approche. Lui prend le poignet. La tire vers la cuisine.
La table. Il la pousse. Elle se penche. Les mains sur le bois. Le carrelage est froid sous ses pieds.
Il est derrière elle. Sa main sur sa nuque. La force à se pencher plus. Son ventre touche la table. Il écarte ses jambes.
D'un coup de pied. Elle est ouverte. Il sort son sexe. Le frotte contre sa vulve. Elle est mouillée.
Il entre. D'un coup. Elle crie. La douleur. Le plaisir.
Il bouge. Fort. Vite. Le bruit des corps. La table grince.
Elle gémit. Les mains agrippent le bois. Il la pénètre profondément. Chaque coup la pousse en avant. Elle est ouverte.
Remplie. Il ralentit. S'arrête. Se retire. Elle reste penchée.
Le souffle court. Il la retourne. La pousse sur la table. Sur le dos. Les jambes pendantes.
Il écarte ses cuisses. Se penche. Son visage est près du sien. Sa main trouve son sexe. Le frotte.
Elle gémit. Il entre à nouveau. D'un coup. Elle crie. Il bouge.
Fort. Vite. Sa main sur sa gorge. Pas fort. Juste posée.
La pression. Elle sent son pouls sous ses doigts. Il accélère. Elle jouit. Son corps se tend.
Crie. Il continue. Bouge. Encore. Elle jouit à nouveau.
Le corps secoué. Il se retire. Son sexe est dur. Luisant. Il ne dit rien.
La regarde. Elle est ouverte sur la table. Le souffle court. Le corps tremblant. Il s'approche.
Sa main sur son visage. Lui ouvre la bouche. Il urine. Le liquide est chaud. Amer.
Elle avale. Sans réfléchir. Sans choisir. Il urine longtemps. Sa bouche est pleine.
Elle avale encore. Puis il s'arrête. Se recule. La regarde. Elle reste là.
La bouche ouverte. L'urine coule sur son menton. Sur son cou. Sur ses seins. Il ne dit rien.
Se tourne. Va dans l'entrée. Prend ses clés. Ouvre la porte. Sort.
La porte se referme. Le silence. Elle reste sur la table. Le corps ouvert. L'urine sur sa peau.
Elle ne bouge pas. Respire. Lentement. La cuisine est silencieuse. Le frigo ronronne.
Elle ouvre les yeux. Regarde le plafond. Sa main trouve son sexe. Le touche. Elle est mouillée.
Ses doigts entrent. Elle gémit. Bouge. Le plaisir est là. Fort.
Elle jouit. Son corps se tend. Se relâche. Elle reste immobile. La main entre ses jambes.
Le souffle court. Elle retire sa main. La regarde. Ses doigts sont luisants. Mélangés.
Elle les porte à sa bouche. Les lèche. Le goût est le sien. Et le sien. Elle ferme les yeux.
Reste là. Longtemps. Puis elle se redresse. S'assied sur la table. L'urine coule sur ses cuisses.
Elle ne s'essuie pas. Se lève. Va dans la salle de bain. Se regarde dans le miroir. Son visage est rouge.
Ses yeux brillants. Ses cheveux en désordre. Sa bouche gonflée. L'urine sur son menton. Sur son cou.
Sur ses seins. Elle sourit. Elle est meilleure que sa mère. Elle le sait.
Scène 3 — Elle reste devant le miroir
Elle reste devant le miroir. Longtemps. L'urine sèche sur sa peau. Forme une pellicule. Tire.
Elle passe sa langue sur ses lèvres. Le goût est encore là. Amer. Sien. Elle pose sa main à plat sur la vitre.
La paume s'étale. Les doigts écartés. La buée ne vient pas. Elle recule. Entre dans la douche.
Ouvre l'eau. Froide. Elle frissonne. L'eau coule sur son visage. Sur ses seins.
Sur son ventre. Emporte l'urine. Le sel. La sueur. Elle reste sous le jet.
Les bras le long du corps. L'eau bat ses épaules. Ses hanches. Ses cuisses. Elle ferme les yeux.
Voit le visage de Julien. Ses yeux noirs. Sa bouche. Ses mains. Elle ouvre les yeux.
L'eau est claire. Elle coupe. S'essuie. La serviette est rugueuse. Elle se frotte.
La peau rouge. Les tétons durs. Elle se regarde dans le miroir embué. Passe la main. Son visage est net.
Ses yeux sont calmes. Elle va dans la chambre. Le lit est défait. Les draps froissés. L'odeur de Julien.
Sueur. Sexe. Urine. Elle s'assied sur le bord. La main sur le drap.
Le tissu est humide. Elle le porte à son nez. Respire. Ferme les yeux. Reste là.
Le temps passe. La lumière change. La fenêtre s'assombrit. Elle ne bouge pas. Son ventre gargouille.
Elle se lève. Va dans la cuisine. Le frigo est ouvert. Vide. Les étagères nues.
Elle referme. Ouvre les placards. Une boîte de conserve. Des pâtes. Du riz.
Elle sort la boîte. L'ouvre. Le contenu est froid. Des haricots. Dans une sauce.
Elle mange debout. À même la boîte. La cuillère en métal. Le goût est fade. Elle mange tout.
Jette la boîte dans la poubelle. Se lave les mains. L'eau coule. Elle regarde ses doigts. Ils tremblent.
Légèrement. Elle serre le poing. Les jointures blanchissent. Elle relâche. Va dans le salon.
Le canapé est là. La tache est sèche. Plus foncée que le tissu. Elle s'agenouille devant. Pose sa joue sur l'accoudoir.
Le tissu est rêche. Froid. Elle ferme les yeux. Voit sa mère. Les cuisses écartées.
La tête de Julien entre elles. Les mains de sa mère dans ses cheveux. Ses gémissements. Elle serre les dents. Ouvre les yeux.
La tache est là. Sous son visage. Elle lèche. Le tissu est sec. Le goût est parti.
Elle reste là. Le front contre l'accoudoir. Son souffle est régulier. La nuit tombe. La pièce devient sombre.
Elle ne se lève pas. Ne rallume pas. Reste à genoux. Les mains sur les cuisses. La tête posée.
Son corps est lourd. Engourdi. Elle ferme les yeux. S'endort. Se réveille.
La pièce est noire. Elle ne sait pas quelle heure il est. Son cou est raide. Ses genoux douloureux. Elle se lève.
Les jambes engourdies. Titube. S'appuie au mur. La main sur le plâtre. Froid.
Elle va dans la chambre. Se laisse tomber sur le lit. Le drap sent encore Julien. Elle enfouit son visage dedans. Respire.
Son corps se détend. Ses muscles lâchent. Elle s'endort. La lumière la réveille. Le matin.
La fenêtre est claire. Elle est seule. Le lit est vide. À côté d'elle, la place de Julien est froide. Elle tend la main.
Touche le drap. Sec. Froid. Elle se lève. Va dans la salle de bain.
Se regarde. Ses yeux sont cernés. Ses cheveux emmêlés. Sa bouche sèche. Elle boit au robinet.
L'eau coule sur son menton. Elle s'essuie d'un revers de main. Se brosse les dents. Le goût du dentifrice. Fraîcheur.
Elle crache. Se rince. Se regarde. Passe ses doigts dans ses cheveux. Les lisse.
Les tire en arrière. Son visage est dégagé. Ses pommettes hautes. Ses lèvres pleines. Elle est belle.
Elle le sait. Elle va dans la chambre. Ouvre l'armoire. Les robes sont alignées. Noires.
Rouges. Bleues. Elle choisit une robe noire. En dentelle. Courte.
Elle l'enfile. Le tissu glisse sur sa peau. Les bretelles fines. Le décolleté profond. Ses seins sont libres.
Pas de soutien-gorge. Elle passe un string noir. Le tissu remonte entre ses fesses. Elle se regarde dans le miroir de la chambre. La robe tombe bien.
Moule ses hanches. S'arrête à mi-cuisse. Ses jambes sont nues. Longues. Elle tourne.
Se regarde de profil. Son ventre est plat. Ses seins sont hauts. Elle est prête. Elle va dans la cuisine.
Ouvre le frigo. Rien. Les placards. Rien. Elle prend son sac.
Ses clés. Sort. L'air est frais. Le matin. Le soleil est bas.
Elle marche. Les rues sont calmes. Elle va au petit magasin. Celui des légumes. La porte est ouverte.
Elle entre. L'odeur des fruits. Des légumes. Humide. Terre.
Elle prend un panier. Met des tomates. Des bananes. Un concombre. Un poivron.
Une courgette. Elle paie. La caissière ne la regarde pas. Rend la monnaie. Elle sort.
Le sac est lourd. Elle marche. Rentre chez elle. Pose le sac sur la table de la cuisine. Sort les légumes.
Les dispose. La tomate. La banane. Le concombre. Le poivron.
La courgette. Elle les regarde. Le vert. Le rouge. Le jaune.
Leur peau lisse. Leur forme. Elle touche le concombre. Du bout des doigts. La peau est fraîche.
Ferme. Elle le prend. Le tient dans sa main. Le poids. La longueur.
Elle le pose. Prend la banane. La courbe. La peau jaune. Tachée de brun.
Elle la pèle. La chair est claire. Tendre. Elle mord dedans. Le goût est doux.
Sucré. Elle mâche. Avale. Mange toute la banane. Jette la peau dans l'évier.
Prend la tomate. La mord. Le jus coule. Sur son menton. Sur ses doigts.
Elle mange. La chair est acide. Les graines craquent sous ses dents. Elle mange tout. Jette le pédoncule.
Se lèche les doigts. Le goût est sur sa langue. Elle prend le concombre. Le lave. L'eau coule sur sa peau verte.
Elle l'essuie. Le pose sur la table. Le regarde. Sa main trouve le bas de sa robe. Remonte le tissu.
Ses cuisses sont nues. Le string est fin. Elle le tire sur le côté. S'approche de la table. Le concombre est là.
Elle s'assied sur le bord. Les jambes écartées. Prend le concombre. Le porte à son sexe. Le touche.
La peau est fraîche. Lisse. Elle le frotte contre sa vulve. Le bout entre. Elle pousse.
Le concombre entre. Lentement. La fraîcheur. La chair ferme. Elle gémit.
Pousse plus. Le concombre est en elle. À moitié. Elle reste immobile. Le sent.
La plénitude. Le froid. Elle bouge. Les mains sur la table. Le concombre entre et sort.
Le bruit est humide. Elle accélère. Sa respiration est courte. Ses cuisses tremblent. Elle pousse fort.
Le concombre entre tout entier. Elle crie. Jouit. Son corps se tend. Se relâche.
Elle reste assise. Le concombre en elle. Le souffle court. Elle le retire lentement. Il est luisant.
Mouillé. Elle le regarde. Le porte à sa bouche. Le lèche. Le goût est le sien.
Mêlé à la fraîcheur du légume. Elle lèche toute la longueur. Ferme les yeux. Le goût de Julien n'est pas là. Elle pose le concombre.
Se lève. Va dans la salle de bain. Se regarde. Son visage est rose. Ses yeux brillants.
Ses lèvres humides. Elle sourit. Elle est meilleure que sa mère. Elle le sait. Elle retourne dans la cuisine.
Range le reste des légumes dans le frigo. Le concombre sur l'étagère. Le poivron. La courgette. Elle ferme la porte.
S'assied à la table. Les mains posées à plat. Attend. Le téléphone vibre. Elle le prend.
Le nom de Julien.
— Demain. 10h. Sois prête.
Elle lit. Relit. Pose le téléphone. Se lève. Va dans l'entrée.
Ouvre la porte. Regarde le couloir vide. Referme. Verrouille. S'appuie contre la porte.
Les yeux fermés. Elle est prête. Elle est meilleure que sa mère. Elle ouvre les yeux. Le couloir de l'entrée est calme.
La lumière du plafond est allumée. Elle l'éteint. Va dans la chambre. S'allonge sur le lit. Les draps sentent encore Julien.
Elle ferme les yeux. S'endort.
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