Eva, Sébastien et moi. Chapitre IV. Mise à distance.
Récit érotique écrit par KandCLove [→ Accès à sa fiche auteur]
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 26-08-2026 dans la catégorie Pour la première fois
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Chapitre IV
Mise à distance…
Je croyais que nous avions exploré tous nos fantasmes. J'avais tort. Les plus déroutants sont parfois ceux dont on ne parle pas à l'autre parce qu'on veut précisément le regarder les découvrir seul.
L'idée m'était venue progressivement.
Eva avait pris l'habitude, lorsqu'elle avait besoin de travailler tranquillement, de s'installer quelques heures dans un café du centre-ville. L'endroit était élégant sans être guindé, suffisamment calme en journée, avec de grandes tables, du wifi et cette clientèle d'habitués qui finissaient par se reconnaître sans nécessairement se connaître.
J'ai commencé à imaginer une histoire.
Et si, cette fois, Eva ignorait tout du scénario ?
Non pas lui imposer quoi que ce soit. Elle resterait évidemment libre de ses choix. Mais créer les conditions d'une rencontre. Déposer quelqu'un sur son chemin et observer, de loin, ce qu'elle déciderait d'en faire… Voilà un nouveau scénario qui allait me mettre en incandescence…
J'ai cherché longtemps. J’ai contacté des hommes sur un site de rencontre spécialisé dans ce genre d’ « activité ». Je voulais un homme de notre âge. La cinquantaine élégante. Sportif, cultivé, séduisant sans avoir besoin de le montrer. Surtout, je voulais quelqu'un capable de patience. Pas un homme qui aborde une femme avec la certitude qu'elle lui doit quelque chose. Quelqu'un capable de faire naître une complicité et d'accepter qu'elle puisse ne jamais aller plus loin.
C'est ainsi que j'ai rencontré Vincent.
Nous avons pris un café, loin de l'endroit fréquenté par Eva. Je lui ai expliqué mon idée, mes limites et surtout une règle fondamentale : il ne devait jamais forcer le destin. Il pouvait séduire. Eva, seule, déciderait. Vincent comprit tout de suite les enjeux de mon fantasme. Il savait qu’il pouvait, de son côté, prendre sa part.
Après de longs échanges et quelques mises au point, Vincent entra dans la vie d’Eva.
Cela commença de la manière la plus insignifiante qui soit.
Eva travaillait devant son ordinateur, dans ce cyber-café si banal, lorsqu'un homme s'approcha de sa table.
— Excusez-moi… vous savez s'ils prennent la carte ici ? Je viens de m'apercevoir que je n'ai pas de liquide.
Elle leva les yeux.
— Oui, bien sûr. Je paie toujours par carte.
— Merci. Vous me sauvez d'un moment de solitude devant le comptoir.
Elle sourit.
Il sourit.
Cela aurait pu s'arrêter là.
Mais quelques minutes plus tard, Vincent revint avec son café.
— Je peux vous poser une deuxième question sans abuser ?
Eva releva de nouveau les yeux, amusée. Si elle savait apprécier les hommes élégants et plein de charme, elle savait aussi se retrancher dans son territoire affectif et amoureux qui lui convenait tant.
— Ça dépend de la question.
— Vous venez souvent travailler ici ? Je cherche justement un endroit où je puisse m'installer sans avoir l'impression qu'on veut récupérer ma table toutes les vingt minutes.
Quelques banalités suivirent. Puis chacun retourna à ses occupations.
C'était exactement ce que nous avions prévu.
Vincent revint quelques jours plus tard. Cette fois, il la salua.
La fois suivante, il lui demanda si la place à proximité était libre. Eva s’amusait de cette spontanéité si rare. Elle ne boudait pas son plaisir.
Progressivement, les conversations s'allongèrent. Le travail, les voyages, les livres, quelques plaisanteries. Il ne lui demandait rien. Il ne cherchait jamais à retenir Eva lorsqu'elle rangeait son ordinateur.
Mais il était là. Je m’étais arrangé pour nuancer l’intensité de notre fougue de manière à créer les conditions insoupçonnées d’un manque. Je la sollicitais moins. Les compliments se faisaient plus rares. Lorsqu’elle me tendait les mains pour, comme à nos habitudes, recevoir la nécessaire affection propre à l’amour que nous vivions, je simulais la fatigue, l’indisponibilité, voir l’agacement…
Créer le manque, le besoin, la faille…
Vincent lui plaisait. Je le savais parce que celui-ci me tenait informé, sobrement mais régulièrement. Je le savais aussi parce que je connaissais Eva. Quelque chose avait changé. Elle était…comme une femme est quand elle se sent désirée. Pleine de vie, d’envies.
Elle me parlait parfois de ce café puis interrompait curieusement son récit au moment où elle aurait dû mentionner une rencontre.
Plusieurs fois, je l'ai sentie sur le point de me dire quelque chose. Elle ne le faisait pas. Et cette omission me bouleversait presque davantage qu'un aveu. Pour la première fois, Eva possédait un petit secret dont elle ignorait que j'étais le gardien. Je jubilais intérieurement.
Les semaines passèrent. Vincent avait fini par lui faire comprendre qu'elle lui plaisait. Sans déclaration. Sans lourdeur. Sans aucune insistance. Un compliment un peu plus personnel. Un regard tenu une seconde de trop. Une conversation prolongée alors que les ordinateurs étaient depuis longtemps refermés.
Eva avait posé une limite. Elle était en couple. Elle aimait profondément son compagnon.
Vincent l'avait acceptée immédiatement. Et pourtant ils continuaient à se voir. Eva avait évoqué l’atmosphère de liberté qui régnait au sein de son couple. Sans en dire trop. Juste pour faire comprendre à Vincent qu’une porte pouvait s’ouvrir. Ou pas. C’est elle qui décidait…même si, à ce jour, toutes les aventures s’étaient construites ensemble. Elle exprimait prudemment ce sentiment si précieux qu’on appelle liberté.
C’est alors que, pour moi, un nouveau vertige commença.
Eva aurait pu changer de café. Elle aurait pu créer les conditions d’une fuite, d’un refus, d’un silence, d’une disparition…si facile à ce stade.
Elle ne le fit pas.
Mon plan se déroulait comme prévu. Je me posais néanmoins la question de savoir si celui-ci n’allait pas m’entrainer, nous entrainer dans l’abîme. Je fus assailli d’un doute. Profond… Mais le désir, l’amour et l’excitation me poussèrent à aller plus loin.
Vincent me tenait informé à l’issue de chacune de leur rencontre au café. Il m’indiquait également les progrès dans ses tentatives de séduction. Et ceux-ci, visiblement, allaient bon train. Il était temps de passer à la deuxième phase de mon plan machiavélique à la limite de la perversion…
C’est à l’issue d’une de leur rencontre qui fut particulièrement émouvante - excitante pour Eva (selon les dires de Vincent) que j’enclenchais la deuxième phase de mon plan. Je lui annonçai un déplacement professionnel.
— « La boite souhaite faire un point en équipe sur les contrats en cours et propose une sorte de séminaire de trois jours la semaine prochaine…ça me saoule…j’aurais préféré rester avec toi mais bon…il faut que j’y aille… »
Je vis quelque chose passer dans son regard. Une pensée fugitive. Ce n’était pas la première fois que je m’absentais pour raisons professionnelles mais là, je discernais autre chose dans ses yeux. Une suspension dans le temps. Une détresse. Une issue peut-être. Bref, un peut-être.
J’allais me régaler…
Le soir précédant mon départ, elle semblait préoccupée. Plusieurs fois, elle commença une phrase avant de parler d'autre chose.
Finalement, alors que nous étions couchés, elle se lança.
— Tristan… il faut que je te parle de quelque chose. Enfin, plutôt de quelqu'un.
Mon cœur accéléra immédiatement.
Je savais.
Évidemment que je savais.
Mais je ne voulais surtout pas lui révéler le scénario. Pas encore.
Je me tournai vers elle et posai un doigt sur ses lèvres.
— Chuuut…Tu sais que je te fais confiance ?
Elle resta interdite quelques secondes :
— Oui, mais…
Je plongeai mon regard dans le sien qui cherchait à comprendre.
— Alors ne cherchons peut-être pas toujours à mettre des mots sur tout. Tu connais nos jeux. Tu connais mes fantasmes et sait les assouvir. Et surtout, tu sais où sont nos limites.
Elle me fixa longuement.
Je vis son expression changer.
Elle fouillait mes yeux à la recherche d’une réponse ? d’une autorisation ?
— Tristan…
Je souris… Et baillant nonchalamment, comme quelqu’un qui, fatigué et agacé, annonce son intention d’en finir et de dormir, je me tournai comme pour fermer cette porte qu’Eva avait ouverte. J’attendis quelques secondes avant de lui dire :
- Dors, tout va bien…
Je n'ajoutai rien. Elle non plus.
Mais je sentais qu'elle était déstabilisée sans doute intriguée de me voir me dérober si rapidement. Je jouais avec le feu en l’attisant ainsi. Ne serait-ce pas la fois de trop ?
Je partis le lendemain matin. J’avais loué un Airbnb à quelques kilomètres de là. J’envoyai un sms à Vincent :
- Est-ce que, comme convenu, tu pourras installer une ou deux GoPro dans la chambre d’hôtel sans qu’elle s’en rende compte ? Si le plan tombe à l’eau, ne t’inquiète pas, je prends en charge les frais….
En même temps, ce n’étais pas si difficile. Eva était de nature confiante et très loin d’imaginer une telle perversion. Assurément, elle ne se douterait de rien et n’arpenterait pas, tel un agent de la DGSE, les moindres recoins de la pièce pour avoir si une caméra ou deux étaient cachées…
Vincent, qui se révélait un partenaire à la hauteur de mes attentes, me répondit.
- Je vais prendre une chambre d’hôtel pour deux nuits et je vais tout installer la veille. Tout est ok, j’ai fait des tests avec mon ordi portable chez moi et tout fonctionne. Si notre plan fonctionne demain soir, je vous bippe lorsque l’on sera à l’entrée de l’hôtel. Une fois arrivée dans la chambre, elle demandera certainement à aller dans la salle de bain, et là, je n’aurai que quelques minutes pour allumer les caméras. D’ailleurs, voici le lien de la visio sur Zoom. Je l’activerai de mon téléphone avant d’entrer dans l’hôtel…
Mon scénario était très élaboré mais il restait une inconnue. Eva.
Parce qu’en effet, la suite devait lui appartenir. C'est elle qui accepterait ou refuserait d’aller plus loin. Elle qui déciderait jusqu'où cette histoire pouvait aller.
Et elle accepta…
À partir du moment où je fus parti, mon imagination ne me laissa plus aucun répit.
Je savais que Vincent devait reprendre contact avec elle. Nous avions convenu du principe, pas des mots. Si mon scénario allait jusqu’au bout, je serais aux premières loges. Dans le cas contraire…
Arrivé à mon logement de fortune, et lorsque Vincent m’informa de son premier sms…Je me surpris à imaginer leur conversation.
Je voyais le téléphone d'Eva vibrer.
Vincent : Bonjour. Comment allez-vous ? Vous travaillez au café demain ?
Je l'imaginais découvrir son prénom sur l'écran, hésiter avant de répondre. Peut-être même sourire malgré elle.
Eva : Je ne sais pas trop. Mon mari est parti pour trois jours et je ne me suis encore rien organisé pendant son absence.
Cette phrase, surtout, me hantait. Mon mari est parti pour trois jours. Elle était parfaitement anodine et pourtant, adressée à un homme dont elle savait désormais qu'il la désirait, elle changeait de couleur.
J'imaginais Vincent suffisamment habile pour ne pas se précipiter.
Vincent : Alors profitez-en pour ne rien organiser. Ça fait du bien parfois. Mais si vous avez envie de sortir de chez vous, je vous offre un verre demain soir.
Elle ne répondrait probablement pas immédiatement.
Je connaissais Eva.
Elle poserait son téléphone. Le reprendrait. Écrirait une réponse. L'effacerait. Se rappellerait qu'elle était mariée, qu'elle m'aimait, qu'accepter un verre avec cet homme revenait à s'aventurer sur un terrain dont elle connaissait parfaitement la pente.
Et puis il y avait notre conversation de la veille en tête.
Tu connais nos jeux. Tu connais mes fantasmes.
Ces phrases devaient continuer à tourner quelque part en elle.
Et peut-être une question avec elle :
Et si Tristan validait ?
Finalement, je l'imaginais répondre :
Eva : Un verre seulement.
Et Vincent :
Vincent : Un verre seulement. Promis.
Je souris rien qu'en imaginant sa réaction.
Elle venait d'accepter.
Le lendemain soir, dans mon scénario intérieur, je les voyais assis dans un bar élégant, suffisamment animé pour leur offrir l'anonymat.
Au début, Eva garderait ses distances. Elle parlerait beaucoup. C'est ce qu'elle fait lorsqu'elle veut masquer son trouble. Vincent, lui, ne chercherait surtout pas à brusquer les choses.
Un verre.
Des banalités.
Puis des confidences.
Un deuxième verre peut-être.
Peu à peu, le rendez-vous cesserait de ressembler à deux connaissances prenant un verre après le travail. Les silences deviendraient plus longs. Les regards aussi.
Vincent savait qu'il n'avait pas à convaincre Eva. Seulement à lui laisser suffisamment d'espace pour qu'elle décide elle-même.
Et c'était précisément ce qui me troublait.
J'imaginais le moment où elle comprendrait qu'elle avait envie de rester.
Puis celui où elle comprendrait pourquoi.
Elle penserait à moi.
J'en étais certain.
Peut-être regarderait-elle son téléphone posé sur la table. Peut-être éprouverait-elle soudain cette culpabilité brutale de celle qui sait qu'un simple « bonne soirée » peut devenir autre chose.
Peut-être déchiffrerait-elle nos derniers échanges et mon étrange comportement.
Vincent. Le café. Mon absence. Mes paroles étrangement permissives.
Trop de coïncidences.
Je l'imaginais chercher mentalement la pièce manquante du puzzle sans parvenir à décider si elle existait vraiment.
Et cette incertitude devait être vertigineuse.
Parce que je ne lui avais donné aucune autorisation explicite.
Je lui avais donné quelque chose de beaucoup plus troublant : la liberté d'interpréter.
Dans mon imagination, ils quittèrent finalement le bar ensemble.
Dehors, l'air frais rendit soudain les choses beaucoup plus réelles.
Eva aurait pu s'arrêter là.
Dire bonne nuit.
Rentrer.
Je l'imaginais même faire quelques pas avant que Vincent ne lui propose simplement de prolonger encore un peu la soirée.
L'hôtel était à quelques minutes.
Le mot lui-même aurait suffi à faire accélérer son cœur.
Cette fois, plus moyen de prétendre qu'elle ignorait où elle allait.
Je reçu un SMS.
- On se dirige vers l’hôtel !
Mon cœur s’emballât. Ça y est. La machine était lancée. J’allumais frénétiquement mon ordinateur portable et actionnait le lien pour la visio.
Rien pour l’instant.
J’imaginais Eva marcher à ses côtés, partagée entre deux forces contraires : la fidélité à la femme qu'elle pensait devoir être et l'attirance irrésistible pour cette histoire qui semblait avoir été écrite pour elle.
Dans le hall, la culpabilité devait devenir presque physique.
Puis l'ascenseur.
Quelques secondes interminables.
Elle observerait les chiffres défiler au-dessus de la porte en se demandant encore :
Qu'est-ce que je suis en train de faire ?
J'imaginais Vincent ouvrir la porte de la chambre et s'effacer pour la laisser entrer la première.
Dernière possibilité de renoncer.
Eva resterait une seconde sur le seuil.
Puis elle entrerait.
La porte se refermerait derrière elle.
Et à des kilomètres de là, sans rien voir de ce qui se passait réellement pour le moment, je savais seulement que désormais, la suite ne m'appartenait plus.
Parce que l’issue de cette histoire me sera racontée, dans les moindres détails, par Eva tremblante d’avoir vécu cette expérience interdite, et que, grâce à ma machiavélique organisation, j’ai été en mesure de regarder concrètement ce qu’il s’est passé, en direct, sur les caméras installées par Vincent, je peux désormais vous livrer ce témoignage unique, bouleversant, vibrant et si profondément excitant tout autant que perturbant.
Cela faisait plusieurs minutes que je rafraichissais le navigateur de mon ordinateur. Mais bon sang. Ça ne fonctionne pas son truc ! Vincent avait installé deux Gro Pro savamment cachées et j’avais créé deux comptes de façon à pouvoir jongler entre les deux caméras.
Mais, pour l’instant, rien. Écran noir. L’angoisse. Et si tout ce que nous avions imaginé avec Vincent tombait à l’eau à cause d’un simple problème technique…
Alors que mon cœur s’emballait et que je me trouvais dans la plus cruelle des détresses, mon écran s’illumina. Je vis Vincent, dans une chambre d’hôtel, me faire signe d’un pouce relevé. Je le vis saisir son téléphone. Un bip résonna avec force dans la pièce obscure où je me trouvais.
- J’ai l’impression que c’est ok. Tu me vois ? Réponds-moi maintenant car Eva est dans la salle de bain. Je n’ai que très peu de temps.
A peine le temps de lui mettre un pouce en l‘air sur mon téléphone que je le vois se redresser, et jeter son téléphone sur une chaise. Eva venait de sortir de la salle de bain.
Mon tourment allait pouvoir commencer…
Eva, interdite, sortait, en peignoir, de la salle de bain.
Je devinais qu’elle portait des sous-vêtements sexy sous son peignoir blanc. Le peignoir de l’hôtel légèrement entrouverts laissait deviner un porte-jarretelle couleur ivoire lorsqu’elle s’avança vers lui.
La porte ouverte permettait une meilleure luminosité. Je pouvais désormais voir toute la pièce suffisamment éclairée. Le lit, les deux protagonismes de ma folie, mon scénario se dérouler devant mes yeux…sans qu’Eva n’en soit au courant. Les deux caméras fonctionnaient parfaitement.
Fébrile et tremblante, Eva, mon amour infini, paraissait maladroite.
L’air même de la chambre paraissait chargé d’interdit.
La culpabilité semblait lui serrer le cœur. Mais sa présence physique, en cet instant, ne parvenait plus à étouffer le désir qui l’avait conduite jusqu’ici. Sur le pas de la porte, elle semblait comme hésitante. Sans doute grisée par la peur.
Je déboutonnai mon pantalon et saisi ma queue à pleine main sachant que ce qui allait suivre allait me propulser dans les méandres de mes plus inavouables désirs. Mais quelle folie ! Je me retrouvai, chibre en main, seul, à des kilomètres de la femme que j’aimais par-dessus tout. Je m’apprêtais à assister à une de mes plus rares envies : voir ma femme, sincèrement, me tromper avec un autre. Je me repris en me disant que si je me laissais aller, je jouirais en quelques dizaines de secondes mais qu’eux, allaient prendre leur temps. Je me ravisai. Il fallait me délecter de ce moment unique.
Eva avança et laissa glisser négligemment le peignoir sur ses épaules. C’était le point de départ de son abandon et je pris conscience du danger dans lequel mon scénario et nos fantasmes risquaient de nous entrainer. Trop tard, je m’abandonnai à cette aventure dont le vertige venait précisément de l’interdit. Je n’avais plus qu’à m’en régaler.
Prudemment, hissée sur ses escarpins noirs, elle s’avança vers Vincent. Elle était comme vulnérable. Elle avait besoin d’être rassurée et prise en main. Prise en charge. Je la connaissais si bien.
Vincent, avec son intelligence faite de bon sens et d’instinct l’enveloppa immédiatement de ses bras épais et puissants. C’est tout ce dont Eva avait besoin à cet instant. Elle pouvait désormais fondre et se laisser honorer…
Eva redressa la tête et Vincent s’empara de sa bouche laissant courir ses mains sur son cou puis sur ses hanches pour la coller contre lui. A leur contact Eva se cambra et invitant Vincent à se montrer plus audacieux. Il souleva le peignoir dévoilant ses fesses nues à la caméra puis la souleva du sol en glissant ses mains sous ses fesses pour qu’elle l’entoure de ses jambes. Vincent parcourait son cou de sa langue et je voyais bien ses yeux devenir de plus en plus fiévreux.
Je ne puis dire combien de temps dura cette première scène tant j’en étais subjugué. Mon rythme cardiaque, rapide, faisait battre mon sang dans mes oreilles isolées par mon casque audio qui me coupait du monde. J’étais dans une bulle.
Puis Vincent reposa délicatement Eva, et comme un danseur chevronné qui accompagne le mouvement de sa partenaire, et il l’allongea sur le lit dénouant tout à fait son peignoir pour sortir ses seins de son soutien-gorge en dentelle. Ses mains larges malaxèrent un temps sa poitrine puis il descendit vers son ventre et écarta ses jambes laissant découvrir sa chatte déjà gonflée de désir. Il ne sut résister à cet appel et y engouffra sa langue, léchant ensuite avec délicatesse son clitoris pour prendre ensuite son sexe avec toute sa bouche dans une étreinte pleine de fluides et salive et cyprine.
Je ne sais combien de temps il la lécha ainsi avec ardeur. J’étais hors du temps. La seule chose que je constatais c’est que Vincent était très habile. Eva avait la bouche ouverte et les yeux fermés. Elle haletait. Si d’abord elle avait laissé ses mains posées nonchalamment sur le lit, désormais elles étaient sur la tête de Vincent. Elles encourageaient celui-ci dans son action. J’entendis des petits gémissements. Eva adorait qu’on la lèche. Elle semblait aux anges. Elle était tout à son affaire. A ce stade, j’avais disparu de ses pensées assurément. Cela m’excitait encore davantage. Tout en s’appliquant à faire monter Eva en intensité, une des mains de Vincent lui caressait le ventre, l’intérieur des cuisses, ses genoux, ses pieds…
Puis il remonta son visage pour embrasser une nouvelle fois ses seins.
C’est là qu’Eva lui prit les épaules pour le retourner sur le lit. C’était son tour. Je la vis déboutonner la chemise de Vincent avec un rare habileté. Elle inspectait de sa langue son torse viril et musclé tout en déboutonnant son pantalon. C’est là que je vis la queue de Vincent se dresser vers le ciel. Elle était énorme. Et magnifique.
Eva l’empoigna et pratiqua une tendre fellation dont elle a le secret. D’abord doucement. Puis accélérant. Jouant avec sa langue à titiller le gland avant de replonger le chibre dans sa bouche. Elle le branlait, lui caressait les couilles, les tirait vers les bas comme pour faire se dresser encore plus haut, encore plus dur, l’attribut de Vincent. Elle y mettait tout son cœur et Vincent ne feignait pas son plaisir. J’entendais des « hmmm, c’est bon…oui…comme ça… ». Ils se découvraient. On aurait dit de jeunes amants. Et c’était bien de ça dont il s’agissait. Peut-être…
Je vis la main de Vincent chercher quelque chose sur le lit. Il attrapât un préservatif et le tendit à Eva. Celle-ci l’ouvrit et enveloppa le sexe de Vincent avec un habilité qui confinait à la stupéfaction. Quelle femme !
Vincent se redressa, retourna Eva, l’allongea sur le dos et vint sur elle. Il prit sa queue en main, la dirigea vers son entrejambe, joua quelques secondes avec son intimité puis s’enfonça en elle avec force, détermination et vigueur. Profondément. Immédiatement.
Eva se cambra. Sa tête se renversa en arrière. Elle adorait se faire pénétrer ainsi après de longs préliminaires. Son plaisir était intense. Des cris désormais se faisaient entendre. Vincent commença un va et vient ferme, régulier et ample. Il écartait la cuisse d’Eva comme pour mieux me laisser voir la scène. Je voyais son sexe aller et venir dans la chatte rasée d’Eva. C’était magnifique. Sa longue queue entrait entière en elle et ressortait presque entièrement également.
Je me délectais de cette scène surréaliste derrière mon écran, dans le noir de ma chambre quand une pointe de métal incandescent me traversa le cœur.
Vincent continuait de la prendre ainsi mais désormais, ils avaient plongé leurs regards l’un dans l’autre. Eva avait les sourcils relevés. Elle implorait. Elle adorait. Elle était fiévreuse. Ce n’était pas seulement du sexe. Il y avait autre chose. J’étais au bord de la syncope. Mon rythme cardiaque était celui d’un sprinteur en fin de course. Mon cœur allait exploser dans ma poitrine et me laisser seul, mort, la queue en main, sur mon ordinateur, alors que ma femme faisait l’ « amour » à des kilomètre de là avec son amant.
Car il s’agissait bien de cela. Moi qui m’attendais à une partie de sexe somme toute assez commune, je me retrouvai, interdit, face à deux amants qui faisaient l’amour et qui semblaient éprouver des sentiments l’un pour l’autre.
Leurs regards croisés ne laissaient planer aucun doute.
Des larmes me montèrent aux yeux sans que je ne puisse les contenir. Jamais je n’aurais imaginé Eva aussi engagée dans cet instant. Cela faisait des années que nous faisions l’amour et, avec le temps, l’intensité des premiers jours s’était estompée. Là. Il s’agissait de passion. Ils se dévoraient, fusionnaient. Ils ne faisaient qu’un.
J’en pleurais. J’avais lâché ma queue. Je débandais même…J’étais terrassé. C’est comme si tout à coup Eva m’avait quitté pour un autre. Et si elle était en train de tomber amoureuse ? J’étais en train de regretter tout ce que j’avais mis en place. Pourquoi en étais-je arrivé là ? Avais-je besoin de me faire tant de mal ? Ne pouvais-je pas avoir une vie « normale » ? Mes pensées s’emballaient. Je ne contrôlais plus rien. Tout m’échappait.
J’étais sur le point de m’effondrer, littéralement quand quelque chose changea sur l’écran de mon ordinateur. Vincent s’était retiré et avait retourné Eva pour la prendre en levrette. Ma douleur s’apaisa un peu. Il y avait quelque chose de moins personnel dans cette position. Leurs regards ne se croisaient plus. C’était plus brut. Plus sauvage. Plus sexuel. Ma queue se redressa immédiatement même si mon cœur continuait de battre la chamade.
Vincent la prenait avec force. A chaque fois qu’il entrait profondément en elle, j’entendais le claquement de sa peau sur les fesses d’Eva. Celle-ci gémissait désormais en permanence. Elle lâchait de longs « ouiii », des « haannn », des « haaa ». Vincent empoignait ses fesses comme si Eva avait été un objet dans lequel il satisfaisait ses instincts primaires. Une image me traversa la tête. Cette position avait dû être pratiquée depuis la nuit des temps afin de perpétuer notre espèce. Il s’agissait d’un accouplement presque bestial.
Après plusieurs minutes de ce régime intense, Le couple bascula sur le côté. Il se retrouvait désormais en cuillère et, professionnel jusqu’au bout, Vincent s’était arrangé pour que je puisse voir l’intégralité de la scène. Il glissa sa main sur ses bas et remonta le long de sa jambe qu’il écarta afin que je puisse voir sa queue entrer et sortir d’Eva. Il continuait à la pilonner comme une machine. Eva semblait si fragile face à cette masse de muscle qui l’assaillait.
Puis, peu à peu, Vincent ralentit le rythme. Il se dégagea d’Eva et resta allongé à côté d’elle la tête sur son coude en souriant doucement. Eva retourna la tête interloquée.
- Ça va ? Lui demanda-t-elle ?
Vincent répondit,
- Oui mais à ce rythme, je vais jouir dans quelques secondes.
C’est là que mon cœur se réchauffa et qu’un sourire chassa le reste des larmes que j’avais versé. Eva répondit,
- Ho mais vas-y maintenant, ce n’est pas grave, j’adore ça.
Je la connaissais par cœur. Eva adorait se faire séduire, se faire chauffer, se préparer. Elle adorait tous ces moments volés où on s’envoie des sms, où on imagine. Elle considérait cet espace du « peut-être » comme la chose la plus exaltante qui soit. Elle aimait le sexe. Certes. Mais là, je la connaissais et je la soupçonnais de vouloir en finir. Était-elle assaillie par les remords ? Pensait-elle à moi ? Prenait-elle conscience de la situation ? Elle était en train de tromper son mari dans une chambre d’hôtel avec un homme, certes séduisant, mais qu’elle ne connaissait qu’à peine.
Presque comme s’il s’était agi d’une injonction, Vincent laissa apparaitre un étonnement dans son visage.
- Heu…oui, ok. Tu…tu as une préférence ? Qu’est-ce que tu aimerais ?
Avec un sourire coquin, Eva répondit,
- J’adore qu’on jouisse sur mes fesses ou sur mes seins. A toi de choisir.
Vincent se redressa, se mit à genoux sur le lit, prit son sexe toujours dressé en main et lâcha un :
- Sur tes seins alors.
Sagement, Eva s’allongea sur le dos. Elle mit ses bras derrière sa tête et cambra son corps pour faire pointer ses seins. Elle mettait en scène la fin comme si elle savait que quelqu’un la regardait.
Vincent se branla énergiquement quelques secondes. Il se rapprocha de la poitrine d’Eva et déchargea, dans de grands râles autorisés, de puissants jets de sperme blanc sur la poitrine d’Eva. Celle-ci souriait doucement.
De mon côté, je jouis également abondamment. Une jouissance rare. Profonde. Intense. Les yeux rivés sur mon écran, je contemplais les seins de ma femme maculés de sperme. Les heures de tension et d’émotion extrême trouvaient enfin leur dénouement.
Eva resta, quelques instants, allongée sur le lit. Elle était si belle. Le temps était suspendu…
Puis, délicatement, et alors que Vincent semblait comme terrassé par ce qu’il venait de vivre, elle se redressa, posa un délicat baiser sur la bouche de Vincent puis sur fit tourner sa langue sur sa queue encore pleine de sperme et se leva doucement pour entrer dans la salle de bain. Elle ferma la porte.
Je poussai un profond soupir en me passant la main gauche dans les cheveux…
Pfiou ! La vache ! Incroyable !
Puis, presque automatiquement, au moment où Eva ferma la porte, je vis Vincent se lever. Il saisit son téléphone.
Quel parfait partenaire. Quel complice incroyable. Quel professionnel. En aurais-je été capable ?
Hypnotisé depuis des heures par mon écran d’ordinateur, un bip résonna dans la pièce.
Elle est sous la douche. Ça s'est très bien passé. J’espère que tu as pu profiter.
Je suis resté longtemps à regarder ces quelques mots.
Voilà.
C'était arrivé.
Pendant des semaines, j'avais construit chaque détail de cette histoire. Pourtant, maintenant qu'elle avait réellement eu lieu, je ressentais quelque chose d'infiniment plus complexe que ce que j'avais imaginé.
Eva avait choisi.
Elle avait franchi la porte.
Et elle ignorait encore jusqu'à quel point j'avais été présent dans l'ombre.
J'attendis quelques minutes avant de lui envoyer le message que nous avions prévu. C’était la troisième phase de mon plan.
Le séminaire a été écourté. Le responsable du groupe a une grosse grippe. Il préfère nous libérer un jour avant... J'ai pris la route il y a trois heures. Je serai à la maison dans vingt minutes. Tellement hâte de te retrouver mon amour ! ❤️
Je savais exactement comment allait se passer la suite de mon scénario.
Eva allait sortit de la douche.
Elle consulterait son téléphone.
Et son monde allait s’arrêter quelques secondes.
Vingt minutes.
Elle savait parfaitement qu'il lui en faudrait au moins quarante pour quitter l'hôtel, traverser la ville et rentrer.
Impossible.
J'imaginais son cerveau fonctionner à toute vitesse.
Que raconter ?
Inventer un détour ?
M'appeler ?
Dire la vérité ?
Et surtout : dans quel état rentrer auprès de l'homme qu'elle aimait après ce qu'elle venait de vivre ?
Lorsque j'entendis enfin sa voiture devant la maison, j'étais assis dans le salon.
J'avais eu largement le temps de me préparer.
Elle, non.
La clé tourna dans la serrure.
— Tristan ?
— Je suis là.
Elle entra.
Et lorsque je la vis, mon cœur se serra.
Elle était magnifique, mais différente. Ses cheveux encore légèrement humides trahissaient une douche récente. Elle avait cette fatigue particulière des journées trop chargées d'émotions.
Elle posa son sac.
— Tu es déjà rentré…
— Comme tu vois.
Je me levai.
Elle s'approcha et m'embrassa. Un baiser un peu trop long, un peu trop tendre. Comme si elle cherchait simultanément à me retrouver et à se rassurer.
Je ne lui demandai rien.
C'était presque cruel.
— Ça va ? demandai-je simplement.
— Oui… oui. Très bien.
Elle retira son manteau.
Silence.
Je la regardais lutter avec elle-même.
—Tu es très belle !
Elle faisait quelques pas, revenait vers moi, commençait une phrase, l'abandonnait. Toute l'assurance avec laquelle elle avait probablement vécu son après-midi semblait s'être évaporée devant la banalité de notre salon.
Finalement, elle s'assit.
— Il faut que je te dise quelque chose.
Je m'installai face à elle.
— D'accord.
Elle baissa les yeux vers ses mains.
— Tu te souviens de ce que j'essayais de te dire avant ton départ ?
Je hochai la tête.
— L'homme du café ?
Son visage se figea.
Elle releva brusquement les yeux.
— Comment tu sais que c'est quelqu'un du café ?
Cette fois, ce fut à moi de rester silencieux.
Quelques secondes.
Puis un sourire m'échappa.
Je vis successivement l'incompréhension, le doute, puis une incroyable prise de conscience transformer son visage.
— Non…
Je ne répondis toujours pas.
— Tristan… Ne me dis pas que…
Je m'approchai d'elle.
Elle me regardait maintenant comme si toutes les pièces d'un puzzle venaient brutalement de retrouver leur place. Ma confiance étrange. Mon départ providentiel. Mes propos mystérieux phrase avant de partir. Vincent apparaissant précisément dans ce café.
— C'était toi ?
Je pris ses mains dans les miennes.
— Je n'ai organisé qu'une rencontre. Tout le reste, c'est toi qui l'as choisi.
Elle resta bouche bée.
Puis me donna une petite tape sur l'épaule.
— Espèce de salaud !
Mais elle riait déjà.
Un rire nerveux d'abord. Puis franc. Libérateur.
Je l'attirai contre moi.
Pendant quelques secondes, elle resta simplement blottie dans mes bras.
Puis elle murmura :
— Tu savais vraiment tout ?
Je pensai au dernier message de Vincent.
— Presque.
Si elle savait…Elle recula légèrement.
— Presque ?
Je souris.
— Je sais seulement que « ça s'est très bien passé ».
Ses yeux s'écarquillèrent.
Puis elle enfouit son visage contre ma poitrine, partagée entre la honte, le rire et l'envie manifeste de m'étrangler.
Je la serrai plus fort.
Le véritable scénario ne s'était finalement pas déroulé dans cette chambre d'hôtel.
Il était là.
Dans notre salon.
Dans cet instant où Eva comprenait qu'elle avait été libre tout en étant accompagnée de loin ; où je découvrais, moi, que j'avais réussi à lui offrir un fantasme sans décider de la manière dont elle devait le vivre.
Quelques minutes plus tard, elle releva la tête.
— Tu veux que je te raconte ?
Je la regardai.
C'était précisément la question que j'attendais depuis des semaines.
— Depuis le début.
Elle sourit. Sans s’imaginer que j’avais assisté à tout derrière mon écran.
Et commença par cette phrase :
— Alors… tout a commencé avec une histoire de carte bleue.
Mise à distance…
Je croyais que nous avions exploré tous nos fantasmes. J'avais tort. Les plus déroutants sont parfois ceux dont on ne parle pas à l'autre parce qu'on veut précisément le regarder les découvrir seul.
L'idée m'était venue progressivement.
Eva avait pris l'habitude, lorsqu'elle avait besoin de travailler tranquillement, de s'installer quelques heures dans un café du centre-ville. L'endroit était élégant sans être guindé, suffisamment calme en journée, avec de grandes tables, du wifi et cette clientèle d'habitués qui finissaient par se reconnaître sans nécessairement se connaître.
J'ai commencé à imaginer une histoire.
Et si, cette fois, Eva ignorait tout du scénario ?
Non pas lui imposer quoi que ce soit. Elle resterait évidemment libre de ses choix. Mais créer les conditions d'une rencontre. Déposer quelqu'un sur son chemin et observer, de loin, ce qu'elle déciderait d'en faire… Voilà un nouveau scénario qui allait me mettre en incandescence…
J'ai cherché longtemps. J’ai contacté des hommes sur un site de rencontre spécialisé dans ce genre d’ « activité ». Je voulais un homme de notre âge. La cinquantaine élégante. Sportif, cultivé, séduisant sans avoir besoin de le montrer. Surtout, je voulais quelqu'un capable de patience. Pas un homme qui aborde une femme avec la certitude qu'elle lui doit quelque chose. Quelqu'un capable de faire naître une complicité et d'accepter qu'elle puisse ne jamais aller plus loin.
C'est ainsi que j'ai rencontré Vincent.
Nous avons pris un café, loin de l'endroit fréquenté par Eva. Je lui ai expliqué mon idée, mes limites et surtout une règle fondamentale : il ne devait jamais forcer le destin. Il pouvait séduire. Eva, seule, déciderait. Vincent comprit tout de suite les enjeux de mon fantasme. Il savait qu’il pouvait, de son côté, prendre sa part.
Après de longs échanges et quelques mises au point, Vincent entra dans la vie d’Eva.
Cela commença de la manière la plus insignifiante qui soit.
Eva travaillait devant son ordinateur, dans ce cyber-café si banal, lorsqu'un homme s'approcha de sa table.
— Excusez-moi… vous savez s'ils prennent la carte ici ? Je viens de m'apercevoir que je n'ai pas de liquide.
Elle leva les yeux.
— Oui, bien sûr. Je paie toujours par carte.
— Merci. Vous me sauvez d'un moment de solitude devant le comptoir.
Elle sourit.
Il sourit.
Cela aurait pu s'arrêter là.
Mais quelques minutes plus tard, Vincent revint avec son café.
— Je peux vous poser une deuxième question sans abuser ?
Eva releva de nouveau les yeux, amusée. Si elle savait apprécier les hommes élégants et plein de charme, elle savait aussi se retrancher dans son territoire affectif et amoureux qui lui convenait tant.
— Ça dépend de la question.
— Vous venez souvent travailler ici ? Je cherche justement un endroit où je puisse m'installer sans avoir l'impression qu'on veut récupérer ma table toutes les vingt minutes.
Quelques banalités suivirent. Puis chacun retourna à ses occupations.
C'était exactement ce que nous avions prévu.
Vincent revint quelques jours plus tard. Cette fois, il la salua.
La fois suivante, il lui demanda si la place à proximité était libre. Eva s’amusait de cette spontanéité si rare. Elle ne boudait pas son plaisir.
Progressivement, les conversations s'allongèrent. Le travail, les voyages, les livres, quelques plaisanteries. Il ne lui demandait rien. Il ne cherchait jamais à retenir Eva lorsqu'elle rangeait son ordinateur.
Mais il était là. Je m’étais arrangé pour nuancer l’intensité de notre fougue de manière à créer les conditions insoupçonnées d’un manque. Je la sollicitais moins. Les compliments se faisaient plus rares. Lorsqu’elle me tendait les mains pour, comme à nos habitudes, recevoir la nécessaire affection propre à l’amour que nous vivions, je simulais la fatigue, l’indisponibilité, voir l’agacement…
Créer le manque, le besoin, la faille…
Vincent lui plaisait. Je le savais parce que celui-ci me tenait informé, sobrement mais régulièrement. Je le savais aussi parce que je connaissais Eva. Quelque chose avait changé. Elle était…comme une femme est quand elle se sent désirée. Pleine de vie, d’envies.
Elle me parlait parfois de ce café puis interrompait curieusement son récit au moment où elle aurait dû mentionner une rencontre.
Plusieurs fois, je l'ai sentie sur le point de me dire quelque chose. Elle ne le faisait pas. Et cette omission me bouleversait presque davantage qu'un aveu. Pour la première fois, Eva possédait un petit secret dont elle ignorait que j'étais le gardien. Je jubilais intérieurement.
Les semaines passèrent. Vincent avait fini par lui faire comprendre qu'elle lui plaisait. Sans déclaration. Sans lourdeur. Sans aucune insistance. Un compliment un peu plus personnel. Un regard tenu une seconde de trop. Une conversation prolongée alors que les ordinateurs étaient depuis longtemps refermés.
Eva avait posé une limite. Elle était en couple. Elle aimait profondément son compagnon.
Vincent l'avait acceptée immédiatement. Et pourtant ils continuaient à se voir. Eva avait évoqué l’atmosphère de liberté qui régnait au sein de son couple. Sans en dire trop. Juste pour faire comprendre à Vincent qu’une porte pouvait s’ouvrir. Ou pas. C’est elle qui décidait…même si, à ce jour, toutes les aventures s’étaient construites ensemble. Elle exprimait prudemment ce sentiment si précieux qu’on appelle liberté.
C’est alors que, pour moi, un nouveau vertige commença.
Eva aurait pu changer de café. Elle aurait pu créer les conditions d’une fuite, d’un refus, d’un silence, d’une disparition…si facile à ce stade.
Elle ne le fit pas.
Mon plan se déroulait comme prévu. Je me posais néanmoins la question de savoir si celui-ci n’allait pas m’entrainer, nous entrainer dans l’abîme. Je fus assailli d’un doute. Profond… Mais le désir, l’amour et l’excitation me poussèrent à aller plus loin.
Vincent me tenait informé à l’issue de chacune de leur rencontre au café. Il m’indiquait également les progrès dans ses tentatives de séduction. Et ceux-ci, visiblement, allaient bon train. Il était temps de passer à la deuxième phase de mon plan machiavélique à la limite de la perversion…
C’est à l’issue d’une de leur rencontre qui fut particulièrement émouvante - excitante pour Eva (selon les dires de Vincent) que j’enclenchais la deuxième phase de mon plan. Je lui annonçai un déplacement professionnel.
— « La boite souhaite faire un point en équipe sur les contrats en cours et propose une sorte de séminaire de trois jours la semaine prochaine…ça me saoule…j’aurais préféré rester avec toi mais bon…il faut que j’y aille… »
Je vis quelque chose passer dans son regard. Une pensée fugitive. Ce n’était pas la première fois que je m’absentais pour raisons professionnelles mais là, je discernais autre chose dans ses yeux. Une suspension dans le temps. Une détresse. Une issue peut-être. Bref, un peut-être.
J’allais me régaler…
Le soir précédant mon départ, elle semblait préoccupée. Plusieurs fois, elle commença une phrase avant de parler d'autre chose.
Finalement, alors que nous étions couchés, elle se lança.
— Tristan… il faut que je te parle de quelque chose. Enfin, plutôt de quelqu'un.
Mon cœur accéléra immédiatement.
Je savais.
Évidemment que je savais.
Mais je ne voulais surtout pas lui révéler le scénario. Pas encore.
Je me tournai vers elle et posai un doigt sur ses lèvres.
— Chuuut…Tu sais que je te fais confiance ?
Elle resta interdite quelques secondes :
— Oui, mais…
Je plongeai mon regard dans le sien qui cherchait à comprendre.
— Alors ne cherchons peut-être pas toujours à mettre des mots sur tout. Tu connais nos jeux. Tu connais mes fantasmes et sait les assouvir. Et surtout, tu sais où sont nos limites.
Elle me fixa longuement.
Je vis son expression changer.
Elle fouillait mes yeux à la recherche d’une réponse ? d’une autorisation ?
— Tristan…
Je souris… Et baillant nonchalamment, comme quelqu’un qui, fatigué et agacé, annonce son intention d’en finir et de dormir, je me tournai comme pour fermer cette porte qu’Eva avait ouverte. J’attendis quelques secondes avant de lui dire :
- Dors, tout va bien…
Je n'ajoutai rien. Elle non plus.
Mais je sentais qu'elle était déstabilisée sans doute intriguée de me voir me dérober si rapidement. Je jouais avec le feu en l’attisant ainsi. Ne serait-ce pas la fois de trop ?
Je partis le lendemain matin. J’avais loué un Airbnb à quelques kilomètres de là. J’envoyai un sms à Vincent :
- Est-ce que, comme convenu, tu pourras installer une ou deux GoPro dans la chambre d’hôtel sans qu’elle s’en rende compte ? Si le plan tombe à l’eau, ne t’inquiète pas, je prends en charge les frais….
En même temps, ce n’étais pas si difficile. Eva était de nature confiante et très loin d’imaginer une telle perversion. Assurément, elle ne se douterait de rien et n’arpenterait pas, tel un agent de la DGSE, les moindres recoins de la pièce pour avoir si une caméra ou deux étaient cachées…
Vincent, qui se révélait un partenaire à la hauteur de mes attentes, me répondit.
- Je vais prendre une chambre d’hôtel pour deux nuits et je vais tout installer la veille. Tout est ok, j’ai fait des tests avec mon ordi portable chez moi et tout fonctionne. Si notre plan fonctionne demain soir, je vous bippe lorsque l’on sera à l’entrée de l’hôtel. Une fois arrivée dans la chambre, elle demandera certainement à aller dans la salle de bain, et là, je n’aurai que quelques minutes pour allumer les caméras. D’ailleurs, voici le lien de la visio sur Zoom. Je l’activerai de mon téléphone avant d’entrer dans l’hôtel…
Mon scénario était très élaboré mais il restait une inconnue. Eva.
Parce qu’en effet, la suite devait lui appartenir. C'est elle qui accepterait ou refuserait d’aller plus loin. Elle qui déciderait jusqu'où cette histoire pouvait aller.
Et elle accepta…
À partir du moment où je fus parti, mon imagination ne me laissa plus aucun répit.
Je savais que Vincent devait reprendre contact avec elle. Nous avions convenu du principe, pas des mots. Si mon scénario allait jusqu’au bout, je serais aux premières loges. Dans le cas contraire…
Arrivé à mon logement de fortune, et lorsque Vincent m’informa de son premier sms…Je me surpris à imaginer leur conversation.
Je voyais le téléphone d'Eva vibrer.
Vincent : Bonjour. Comment allez-vous ? Vous travaillez au café demain ?
Je l'imaginais découvrir son prénom sur l'écran, hésiter avant de répondre. Peut-être même sourire malgré elle.
Eva : Je ne sais pas trop. Mon mari est parti pour trois jours et je ne me suis encore rien organisé pendant son absence.
Cette phrase, surtout, me hantait. Mon mari est parti pour trois jours. Elle était parfaitement anodine et pourtant, adressée à un homme dont elle savait désormais qu'il la désirait, elle changeait de couleur.
J'imaginais Vincent suffisamment habile pour ne pas se précipiter.
Vincent : Alors profitez-en pour ne rien organiser. Ça fait du bien parfois. Mais si vous avez envie de sortir de chez vous, je vous offre un verre demain soir.
Elle ne répondrait probablement pas immédiatement.
Je connaissais Eva.
Elle poserait son téléphone. Le reprendrait. Écrirait une réponse. L'effacerait. Se rappellerait qu'elle était mariée, qu'elle m'aimait, qu'accepter un verre avec cet homme revenait à s'aventurer sur un terrain dont elle connaissait parfaitement la pente.
Et puis il y avait notre conversation de la veille en tête.
Tu connais nos jeux. Tu connais mes fantasmes.
Ces phrases devaient continuer à tourner quelque part en elle.
Et peut-être une question avec elle :
Et si Tristan validait ?
Finalement, je l'imaginais répondre :
Eva : Un verre seulement.
Et Vincent :
Vincent : Un verre seulement. Promis.
Je souris rien qu'en imaginant sa réaction.
Elle venait d'accepter.
Le lendemain soir, dans mon scénario intérieur, je les voyais assis dans un bar élégant, suffisamment animé pour leur offrir l'anonymat.
Au début, Eva garderait ses distances. Elle parlerait beaucoup. C'est ce qu'elle fait lorsqu'elle veut masquer son trouble. Vincent, lui, ne chercherait surtout pas à brusquer les choses.
Un verre.
Des banalités.
Puis des confidences.
Un deuxième verre peut-être.
Peu à peu, le rendez-vous cesserait de ressembler à deux connaissances prenant un verre après le travail. Les silences deviendraient plus longs. Les regards aussi.
Vincent savait qu'il n'avait pas à convaincre Eva. Seulement à lui laisser suffisamment d'espace pour qu'elle décide elle-même.
Et c'était précisément ce qui me troublait.
J'imaginais le moment où elle comprendrait qu'elle avait envie de rester.
Puis celui où elle comprendrait pourquoi.
Elle penserait à moi.
J'en étais certain.
Peut-être regarderait-elle son téléphone posé sur la table. Peut-être éprouverait-elle soudain cette culpabilité brutale de celle qui sait qu'un simple « bonne soirée » peut devenir autre chose.
Peut-être déchiffrerait-elle nos derniers échanges et mon étrange comportement.
Vincent. Le café. Mon absence. Mes paroles étrangement permissives.
Trop de coïncidences.
Je l'imaginais chercher mentalement la pièce manquante du puzzle sans parvenir à décider si elle existait vraiment.
Et cette incertitude devait être vertigineuse.
Parce que je ne lui avais donné aucune autorisation explicite.
Je lui avais donné quelque chose de beaucoup plus troublant : la liberté d'interpréter.
Dans mon imagination, ils quittèrent finalement le bar ensemble.
Dehors, l'air frais rendit soudain les choses beaucoup plus réelles.
Eva aurait pu s'arrêter là.
Dire bonne nuit.
Rentrer.
Je l'imaginais même faire quelques pas avant que Vincent ne lui propose simplement de prolonger encore un peu la soirée.
L'hôtel était à quelques minutes.
Le mot lui-même aurait suffi à faire accélérer son cœur.
Cette fois, plus moyen de prétendre qu'elle ignorait où elle allait.
Je reçu un SMS.
- On se dirige vers l’hôtel !
Mon cœur s’emballât. Ça y est. La machine était lancée. J’allumais frénétiquement mon ordinateur portable et actionnait le lien pour la visio.
Rien pour l’instant.
J’imaginais Eva marcher à ses côtés, partagée entre deux forces contraires : la fidélité à la femme qu'elle pensait devoir être et l'attirance irrésistible pour cette histoire qui semblait avoir été écrite pour elle.
Dans le hall, la culpabilité devait devenir presque physique.
Puis l'ascenseur.
Quelques secondes interminables.
Elle observerait les chiffres défiler au-dessus de la porte en se demandant encore :
Qu'est-ce que je suis en train de faire ?
J'imaginais Vincent ouvrir la porte de la chambre et s'effacer pour la laisser entrer la première.
Dernière possibilité de renoncer.
Eva resterait une seconde sur le seuil.
Puis elle entrerait.
La porte se refermerait derrière elle.
Et à des kilomètres de là, sans rien voir de ce qui se passait réellement pour le moment, je savais seulement que désormais, la suite ne m'appartenait plus.
Parce que l’issue de cette histoire me sera racontée, dans les moindres détails, par Eva tremblante d’avoir vécu cette expérience interdite, et que, grâce à ma machiavélique organisation, j’ai été en mesure de regarder concrètement ce qu’il s’est passé, en direct, sur les caméras installées par Vincent, je peux désormais vous livrer ce témoignage unique, bouleversant, vibrant et si profondément excitant tout autant que perturbant.
Cela faisait plusieurs minutes que je rafraichissais le navigateur de mon ordinateur. Mais bon sang. Ça ne fonctionne pas son truc ! Vincent avait installé deux Gro Pro savamment cachées et j’avais créé deux comptes de façon à pouvoir jongler entre les deux caméras.
Mais, pour l’instant, rien. Écran noir. L’angoisse. Et si tout ce que nous avions imaginé avec Vincent tombait à l’eau à cause d’un simple problème technique…
Alors que mon cœur s’emballait et que je me trouvais dans la plus cruelle des détresses, mon écran s’illumina. Je vis Vincent, dans une chambre d’hôtel, me faire signe d’un pouce relevé. Je le vis saisir son téléphone. Un bip résonna avec force dans la pièce obscure où je me trouvais.
- J’ai l’impression que c’est ok. Tu me vois ? Réponds-moi maintenant car Eva est dans la salle de bain. Je n’ai que très peu de temps.
A peine le temps de lui mettre un pouce en l‘air sur mon téléphone que je le vois se redresser, et jeter son téléphone sur une chaise. Eva venait de sortir de la salle de bain.
Mon tourment allait pouvoir commencer…
Eva, interdite, sortait, en peignoir, de la salle de bain.
Je devinais qu’elle portait des sous-vêtements sexy sous son peignoir blanc. Le peignoir de l’hôtel légèrement entrouverts laissait deviner un porte-jarretelle couleur ivoire lorsqu’elle s’avança vers lui.
La porte ouverte permettait une meilleure luminosité. Je pouvais désormais voir toute la pièce suffisamment éclairée. Le lit, les deux protagonismes de ma folie, mon scénario se dérouler devant mes yeux…sans qu’Eva n’en soit au courant. Les deux caméras fonctionnaient parfaitement.
Fébrile et tremblante, Eva, mon amour infini, paraissait maladroite.
L’air même de la chambre paraissait chargé d’interdit.
La culpabilité semblait lui serrer le cœur. Mais sa présence physique, en cet instant, ne parvenait plus à étouffer le désir qui l’avait conduite jusqu’ici. Sur le pas de la porte, elle semblait comme hésitante. Sans doute grisée par la peur.
Je déboutonnai mon pantalon et saisi ma queue à pleine main sachant que ce qui allait suivre allait me propulser dans les méandres de mes plus inavouables désirs. Mais quelle folie ! Je me retrouvai, chibre en main, seul, à des kilomètres de la femme que j’aimais par-dessus tout. Je m’apprêtais à assister à une de mes plus rares envies : voir ma femme, sincèrement, me tromper avec un autre. Je me repris en me disant que si je me laissais aller, je jouirais en quelques dizaines de secondes mais qu’eux, allaient prendre leur temps. Je me ravisai. Il fallait me délecter de ce moment unique.
Eva avança et laissa glisser négligemment le peignoir sur ses épaules. C’était le point de départ de son abandon et je pris conscience du danger dans lequel mon scénario et nos fantasmes risquaient de nous entrainer. Trop tard, je m’abandonnai à cette aventure dont le vertige venait précisément de l’interdit. Je n’avais plus qu’à m’en régaler.
Prudemment, hissée sur ses escarpins noirs, elle s’avança vers Vincent. Elle était comme vulnérable. Elle avait besoin d’être rassurée et prise en main. Prise en charge. Je la connaissais si bien.
Vincent, avec son intelligence faite de bon sens et d’instinct l’enveloppa immédiatement de ses bras épais et puissants. C’est tout ce dont Eva avait besoin à cet instant. Elle pouvait désormais fondre et se laisser honorer…
Eva redressa la tête et Vincent s’empara de sa bouche laissant courir ses mains sur son cou puis sur ses hanches pour la coller contre lui. A leur contact Eva se cambra et invitant Vincent à se montrer plus audacieux. Il souleva le peignoir dévoilant ses fesses nues à la caméra puis la souleva du sol en glissant ses mains sous ses fesses pour qu’elle l’entoure de ses jambes. Vincent parcourait son cou de sa langue et je voyais bien ses yeux devenir de plus en plus fiévreux.
Je ne puis dire combien de temps dura cette première scène tant j’en étais subjugué. Mon rythme cardiaque, rapide, faisait battre mon sang dans mes oreilles isolées par mon casque audio qui me coupait du monde. J’étais dans une bulle.
Puis Vincent reposa délicatement Eva, et comme un danseur chevronné qui accompagne le mouvement de sa partenaire, et il l’allongea sur le lit dénouant tout à fait son peignoir pour sortir ses seins de son soutien-gorge en dentelle. Ses mains larges malaxèrent un temps sa poitrine puis il descendit vers son ventre et écarta ses jambes laissant découvrir sa chatte déjà gonflée de désir. Il ne sut résister à cet appel et y engouffra sa langue, léchant ensuite avec délicatesse son clitoris pour prendre ensuite son sexe avec toute sa bouche dans une étreinte pleine de fluides et salive et cyprine.
Je ne sais combien de temps il la lécha ainsi avec ardeur. J’étais hors du temps. La seule chose que je constatais c’est que Vincent était très habile. Eva avait la bouche ouverte et les yeux fermés. Elle haletait. Si d’abord elle avait laissé ses mains posées nonchalamment sur le lit, désormais elles étaient sur la tête de Vincent. Elles encourageaient celui-ci dans son action. J’entendis des petits gémissements. Eva adorait qu’on la lèche. Elle semblait aux anges. Elle était tout à son affaire. A ce stade, j’avais disparu de ses pensées assurément. Cela m’excitait encore davantage. Tout en s’appliquant à faire monter Eva en intensité, une des mains de Vincent lui caressait le ventre, l’intérieur des cuisses, ses genoux, ses pieds…
Puis il remonta son visage pour embrasser une nouvelle fois ses seins.
C’est là qu’Eva lui prit les épaules pour le retourner sur le lit. C’était son tour. Je la vis déboutonner la chemise de Vincent avec un rare habileté. Elle inspectait de sa langue son torse viril et musclé tout en déboutonnant son pantalon. C’est là que je vis la queue de Vincent se dresser vers le ciel. Elle était énorme. Et magnifique.
Eva l’empoigna et pratiqua une tendre fellation dont elle a le secret. D’abord doucement. Puis accélérant. Jouant avec sa langue à titiller le gland avant de replonger le chibre dans sa bouche. Elle le branlait, lui caressait les couilles, les tirait vers les bas comme pour faire se dresser encore plus haut, encore plus dur, l’attribut de Vincent. Elle y mettait tout son cœur et Vincent ne feignait pas son plaisir. J’entendais des « hmmm, c’est bon…oui…comme ça… ». Ils se découvraient. On aurait dit de jeunes amants. Et c’était bien de ça dont il s’agissait. Peut-être…
Je vis la main de Vincent chercher quelque chose sur le lit. Il attrapât un préservatif et le tendit à Eva. Celle-ci l’ouvrit et enveloppa le sexe de Vincent avec un habilité qui confinait à la stupéfaction. Quelle femme !
Vincent se redressa, retourna Eva, l’allongea sur le dos et vint sur elle. Il prit sa queue en main, la dirigea vers son entrejambe, joua quelques secondes avec son intimité puis s’enfonça en elle avec force, détermination et vigueur. Profondément. Immédiatement.
Eva se cambra. Sa tête se renversa en arrière. Elle adorait se faire pénétrer ainsi après de longs préliminaires. Son plaisir était intense. Des cris désormais se faisaient entendre. Vincent commença un va et vient ferme, régulier et ample. Il écartait la cuisse d’Eva comme pour mieux me laisser voir la scène. Je voyais son sexe aller et venir dans la chatte rasée d’Eva. C’était magnifique. Sa longue queue entrait entière en elle et ressortait presque entièrement également.
Je me délectais de cette scène surréaliste derrière mon écran, dans le noir de ma chambre quand une pointe de métal incandescent me traversa le cœur.
Vincent continuait de la prendre ainsi mais désormais, ils avaient plongé leurs regards l’un dans l’autre. Eva avait les sourcils relevés. Elle implorait. Elle adorait. Elle était fiévreuse. Ce n’était pas seulement du sexe. Il y avait autre chose. J’étais au bord de la syncope. Mon rythme cardiaque était celui d’un sprinteur en fin de course. Mon cœur allait exploser dans ma poitrine et me laisser seul, mort, la queue en main, sur mon ordinateur, alors que ma femme faisait l’ « amour » à des kilomètre de là avec son amant.
Car il s’agissait bien de cela. Moi qui m’attendais à une partie de sexe somme toute assez commune, je me retrouvai, interdit, face à deux amants qui faisaient l’amour et qui semblaient éprouver des sentiments l’un pour l’autre.
Leurs regards croisés ne laissaient planer aucun doute.
Des larmes me montèrent aux yeux sans que je ne puisse les contenir. Jamais je n’aurais imaginé Eva aussi engagée dans cet instant. Cela faisait des années que nous faisions l’amour et, avec le temps, l’intensité des premiers jours s’était estompée. Là. Il s’agissait de passion. Ils se dévoraient, fusionnaient. Ils ne faisaient qu’un.
J’en pleurais. J’avais lâché ma queue. Je débandais même…J’étais terrassé. C’est comme si tout à coup Eva m’avait quitté pour un autre. Et si elle était en train de tomber amoureuse ? J’étais en train de regretter tout ce que j’avais mis en place. Pourquoi en étais-je arrivé là ? Avais-je besoin de me faire tant de mal ? Ne pouvais-je pas avoir une vie « normale » ? Mes pensées s’emballaient. Je ne contrôlais plus rien. Tout m’échappait.
J’étais sur le point de m’effondrer, littéralement quand quelque chose changea sur l’écran de mon ordinateur. Vincent s’était retiré et avait retourné Eva pour la prendre en levrette. Ma douleur s’apaisa un peu. Il y avait quelque chose de moins personnel dans cette position. Leurs regards ne se croisaient plus. C’était plus brut. Plus sauvage. Plus sexuel. Ma queue se redressa immédiatement même si mon cœur continuait de battre la chamade.
Vincent la prenait avec force. A chaque fois qu’il entrait profondément en elle, j’entendais le claquement de sa peau sur les fesses d’Eva. Celle-ci gémissait désormais en permanence. Elle lâchait de longs « ouiii », des « haannn », des « haaa ». Vincent empoignait ses fesses comme si Eva avait été un objet dans lequel il satisfaisait ses instincts primaires. Une image me traversa la tête. Cette position avait dû être pratiquée depuis la nuit des temps afin de perpétuer notre espèce. Il s’agissait d’un accouplement presque bestial.
Après plusieurs minutes de ce régime intense, Le couple bascula sur le côté. Il se retrouvait désormais en cuillère et, professionnel jusqu’au bout, Vincent s’était arrangé pour que je puisse voir l’intégralité de la scène. Il glissa sa main sur ses bas et remonta le long de sa jambe qu’il écarta afin que je puisse voir sa queue entrer et sortir d’Eva. Il continuait à la pilonner comme une machine. Eva semblait si fragile face à cette masse de muscle qui l’assaillait.
Puis, peu à peu, Vincent ralentit le rythme. Il se dégagea d’Eva et resta allongé à côté d’elle la tête sur son coude en souriant doucement. Eva retourna la tête interloquée.
- Ça va ? Lui demanda-t-elle ?
Vincent répondit,
- Oui mais à ce rythme, je vais jouir dans quelques secondes.
C’est là que mon cœur se réchauffa et qu’un sourire chassa le reste des larmes que j’avais versé. Eva répondit,
- Ho mais vas-y maintenant, ce n’est pas grave, j’adore ça.
Je la connaissais par cœur. Eva adorait se faire séduire, se faire chauffer, se préparer. Elle adorait tous ces moments volés où on s’envoie des sms, où on imagine. Elle considérait cet espace du « peut-être » comme la chose la plus exaltante qui soit. Elle aimait le sexe. Certes. Mais là, je la connaissais et je la soupçonnais de vouloir en finir. Était-elle assaillie par les remords ? Pensait-elle à moi ? Prenait-elle conscience de la situation ? Elle était en train de tromper son mari dans une chambre d’hôtel avec un homme, certes séduisant, mais qu’elle ne connaissait qu’à peine.
Presque comme s’il s’était agi d’une injonction, Vincent laissa apparaitre un étonnement dans son visage.
- Heu…oui, ok. Tu…tu as une préférence ? Qu’est-ce que tu aimerais ?
Avec un sourire coquin, Eva répondit,
- J’adore qu’on jouisse sur mes fesses ou sur mes seins. A toi de choisir.
Vincent se redressa, se mit à genoux sur le lit, prit son sexe toujours dressé en main et lâcha un :
- Sur tes seins alors.
Sagement, Eva s’allongea sur le dos. Elle mit ses bras derrière sa tête et cambra son corps pour faire pointer ses seins. Elle mettait en scène la fin comme si elle savait que quelqu’un la regardait.
Vincent se branla énergiquement quelques secondes. Il se rapprocha de la poitrine d’Eva et déchargea, dans de grands râles autorisés, de puissants jets de sperme blanc sur la poitrine d’Eva. Celle-ci souriait doucement.
De mon côté, je jouis également abondamment. Une jouissance rare. Profonde. Intense. Les yeux rivés sur mon écran, je contemplais les seins de ma femme maculés de sperme. Les heures de tension et d’émotion extrême trouvaient enfin leur dénouement.
Eva resta, quelques instants, allongée sur le lit. Elle était si belle. Le temps était suspendu…
Puis, délicatement, et alors que Vincent semblait comme terrassé par ce qu’il venait de vivre, elle se redressa, posa un délicat baiser sur la bouche de Vincent puis sur fit tourner sa langue sur sa queue encore pleine de sperme et se leva doucement pour entrer dans la salle de bain. Elle ferma la porte.
Je poussai un profond soupir en me passant la main gauche dans les cheveux…
Pfiou ! La vache ! Incroyable !
Puis, presque automatiquement, au moment où Eva ferma la porte, je vis Vincent se lever. Il saisit son téléphone.
Quel parfait partenaire. Quel complice incroyable. Quel professionnel. En aurais-je été capable ?
Hypnotisé depuis des heures par mon écran d’ordinateur, un bip résonna dans la pièce.
Elle est sous la douche. Ça s'est très bien passé. J’espère que tu as pu profiter.
Je suis resté longtemps à regarder ces quelques mots.
Voilà.
C'était arrivé.
Pendant des semaines, j'avais construit chaque détail de cette histoire. Pourtant, maintenant qu'elle avait réellement eu lieu, je ressentais quelque chose d'infiniment plus complexe que ce que j'avais imaginé.
Eva avait choisi.
Elle avait franchi la porte.
Et elle ignorait encore jusqu'à quel point j'avais été présent dans l'ombre.
J'attendis quelques minutes avant de lui envoyer le message que nous avions prévu. C’était la troisième phase de mon plan.
Le séminaire a été écourté. Le responsable du groupe a une grosse grippe. Il préfère nous libérer un jour avant... J'ai pris la route il y a trois heures. Je serai à la maison dans vingt minutes. Tellement hâte de te retrouver mon amour ! ❤️
Je savais exactement comment allait se passer la suite de mon scénario.
Eva allait sortit de la douche.
Elle consulterait son téléphone.
Et son monde allait s’arrêter quelques secondes.
Vingt minutes.
Elle savait parfaitement qu'il lui en faudrait au moins quarante pour quitter l'hôtel, traverser la ville et rentrer.
Impossible.
J'imaginais son cerveau fonctionner à toute vitesse.
Que raconter ?
Inventer un détour ?
M'appeler ?
Dire la vérité ?
Et surtout : dans quel état rentrer auprès de l'homme qu'elle aimait après ce qu'elle venait de vivre ?
Lorsque j'entendis enfin sa voiture devant la maison, j'étais assis dans le salon.
J'avais eu largement le temps de me préparer.
Elle, non.
La clé tourna dans la serrure.
— Tristan ?
— Je suis là.
Elle entra.
Et lorsque je la vis, mon cœur se serra.
Elle était magnifique, mais différente. Ses cheveux encore légèrement humides trahissaient une douche récente. Elle avait cette fatigue particulière des journées trop chargées d'émotions.
Elle posa son sac.
— Tu es déjà rentré…
— Comme tu vois.
Je me levai.
Elle s'approcha et m'embrassa. Un baiser un peu trop long, un peu trop tendre. Comme si elle cherchait simultanément à me retrouver et à se rassurer.
Je ne lui demandai rien.
C'était presque cruel.
— Ça va ? demandai-je simplement.
— Oui… oui. Très bien.
Elle retira son manteau.
Silence.
Je la regardais lutter avec elle-même.
—Tu es très belle !
Elle faisait quelques pas, revenait vers moi, commençait une phrase, l'abandonnait. Toute l'assurance avec laquelle elle avait probablement vécu son après-midi semblait s'être évaporée devant la banalité de notre salon.
Finalement, elle s'assit.
— Il faut que je te dise quelque chose.
Je m'installai face à elle.
— D'accord.
Elle baissa les yeux vers ses mains.
— Tu te souviens de ce que j'essayais de te dire avant ton départ ?
Je hochai la tête.
— L'homme du café ?
Son visage se figea.
Elle releva brusquement les yeux.
— Comment tu sais que c'est quelqu'un du café ?
Cette fois, ce fut à moi de rester silencieux.
Quelques secondes.
Puis un sourire m'échappa.
Je vis successivement l'incompréhension, le doute, puis une incroyable prise de conscience transformer son visage.
— Non…
Je ne répondis toujours pas.
— Tristan… Ne me dis pas que…
Je m'approchai d'elle.
Elle me regardait maintenant comme si toutes les pièces d'un puzzle venaient brutalement de retrouver leur place. Ma confiance étrange. Mon départ providentiel. Mes propos mystérieux phrase avant de partir. Vincent apparaissant précisément dans ce café.
— C'était toi ?
Je pris ses mains dans les miennes.
— Je n'ai organisé qu'une rencontre. Tout le reste, c'est toi qui l'as choisi.
Elle resta bouche bée.
Puis me donna une petite tape sur l'épaule.
— Espèce de salaud !
Mais elle riait déjà.
Un rire nerveux d'abord. Puis franc. Libérateur.
Je l'attirai contre moi.
Pendant quelques secondes, elle resta simplement blottie dans mes bras.
Puis elle murmura :
— Tu savais vraiment tout ?
Je pensai au dernier message de Vincent.
— Presque.
Si elle savait…Elle recula légèrement.
— Presque ?
Je souris.
— Je sais seulement que « ça s'est très bien passé ».
Ses yeux s'écarquillèrent.
Puis elle enfouit son visage contre ma poitrine, partagée entre la honte, le rire et l'envie manifeste de m'étrangler.
Je la serrai plus fort.
Le véritable scénario ne s'était finalement pas déroulé dans cette chambre d'hôtel.
Il était là.
Dans notre salon.
Dans cet instant où Eva comprenait qu'elle avait été libre tout en étant accompagnée de loin ; où je découvrais, moi, que j'avais réussi à lui offrir un fantasme sans décider de la manière dont elle devait le vivre.
Quelques minutes plus tard, elle releva la tête.
— Tu veux que je te raconte ?
Je la regardai.
C'était précisément la question que j'attendais depuis des semaines.
— Depuis le début.
Elle sourit. Sans s’imaginer que j’avais assisté à tout derrière mon écran.
Et commença par cette phrase :
— Alors… tout a commencé avec une histoire de carte bleue.
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