Le feu sur la glace (8)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Le feu sur la glace (8)
Chapitre 8
On repart en voiture, le silence chargé. Connor pose sa main sur ma cuisse, un geste tactile qui me fait frissonner. "Il a raison, tu sais," murmure-t-il. "Y a quelque chose." Je le regarde, le cœur battant. "Quoi ?" Il sourit, serrant ma cuisse. "On en parlera ce soir." Et dans ma tête, les questions explosent : Ce soir ? Est-ce qu'il va enfin avouer ? Ou est-ce juste une autre nuit de sexe ? La tendresse de ses regards, de ses gestes, me donne espoir. Mais pour l'instant, on roule vers l'appartement, le feu couvant sous la glace.
Le trajet de retour dans la voiture noire se déroule dans une tension insupportable. Connor fixe la route, les mains crispées sur le volant, ses articulations blanchies par la force de sa poigne. Dès que nous passons le seuil de l'appartement, le silence devient un mur. Il pose son sac, retire ses chaussures et s'engouffre dans la salle de bain sans m'accorder un regard. J'entends l'eau marteler le sol de la douche, un bruit de métronome qui ne fait qu'accentuer mon angoisse. Quand vient mon tour, je reste de longues minutes sous le jet brûlant, essayant de laver cette sensation d'inachevé.
Le repas est une parodie de normalité. Nous mangeons face à face, le seul bruit étant celui des fourchettes contre la porcelaine. Connor débarrasse la table avec une efficacité glaciale, rangeant chaque chose à sa place comme s'il tentait de remettre de l'ordre dans sa propre tête. Il ne dit toujours rien.
Alors que je termine d'essuyer le dernier verre, je sens que si je ne parle pas maintenant, je vais imploser. Je pose mon torchon, les mains tremblantes, et je vais m'installer sur le canapé.
— Connor... Viens t'asseoir. S'il te plaît. Il faut que tu m'expliques ce que tu as dit dans la voiture. "Y a quelque chose"... Tu ne peux pas me jeter ça et faire comme si j'étais un étranger cinq minutes après. C'est cruel. Et puis, je voulais te dire... cette fameuse nuit, celle de la photo, je ne dormais pas. Je t'ai entendu dire que...
Je n'ai pas le temps de finir. Connor, qui s'était assis à l'autre bout du canapé, se redresse brusquement et se tourne vers moi. Son visage est décomposé, ses yeux verts brillent d'une intensité sauvage, presque douloureuse. Il me coupe la parole d'une voix rauque, brisée par des mois de retenue.
— Tais-toi, Herwann. Arrête. Tu crois que je ne sais pas ? Tu crois que je n'ai pas compris que tu m'avais entendu ?
Il se rapproche de moi, réduisant l'espace jusqu'à ce que nos genoux se touchent. Ses mains tremblent lorsqu'il saisit les miennes, les serrant avec une force désespérée.
— J'ai passé ma vie à construire des murs, Herwann. À être le "bad boy", le mec arrogant que personne ne peut atteindre. C'était ma protection. Et puis tu es arrivé. On s'est battus, on s'est haïs... et maintenant, quand je te regarde sur la glace, je ne vois plus un rival. Je vois la seule personne au monde qui me comprend sans que j'aie besoin d'ouvrir la bouche.
Ses yeux fouillent les miens, une vulnérabilité totale s'emparant de ses traits.
— Oui, je l'ai dit. Je te kiffe. Mais c'est bien plus que ça, putain. Je t'aime à en crever. Ça me terrifie, Herwann. Ça me terrifie parce que si la Fédération l'apprend, si Viktor voit que je ne peux plus faire un pas sur la glace sans chercher ton regard, ils vont nous détruire. Ils vont dire qu'on est instables. Ils vont nous séparer. Et l'idée de ne plus patiner avec toi, de ne plus t'avoir contre moi chaque nuit... c'est comme si on m'arrachait les poumons.
Je reste pétrifié, le souffle court, les larmes commençant enfin à déborder. Je n'ai jamais entendu Connor parler ainsi. Toute sa morgue a disparu, laissant place à un homme mis à nu.
— Je ne veux plus de ce secret, je souffle entre deux sanglots. Je ne veux plus faire semblant d'être juste ton partenaire.
— Je sais, murmure-t-il en m'attirant brusquement contre lui. Moi non plus. Mais on doit tenir. Pour nous.
Il m'entoure de ses bras puissants, m'écrasant contre son torse. Je sens les battements de son cœur, rapides, désordonnés, faisant écho aux miens. Je me blottis dans son cou, respirant son odeur de savon et de peau chaude. C'est un moment d'une tristesse infinie, celle de deux êtres qui s'aiment dans une cage, mais c'est aussi le moment le plus pur de ma vie.
Il relève mon visage, ses doigts caressant mes pommettes avec une lenteur religieuse. Ses lèvres cherchent les miennes. Le baiser est d'une sensualité dévastatrice, chargé de toute la douleur et de l'amour accumulés ces derniers mois. C'est lent, profond, nos langues se cherchant avec une tendresse qui me donne le vertige. Ce n'est pas du sexe, c'est une fusion. Je sens son amour dans la manière dont il me retient, comme si j'étais son unique ancre dans la tempête.
— Comment on va faire ? je demande après un long silence, ma tête posée sur son épaule. Comment on va faire pour ne rien montrer à la patinoire ?
Connor soupire, embrassant mes cheveux. Sa voix est plus calme, mais empreinte d'une détermination farouche. — On va être des ombres, champion. On va transformer ce qu'on ressent en électricité sur la glace. Chaque fois que je te toucherai pendant un porté, chaque fois que nos regards se croiseront pendant "Vampire", on saura ce que ça veut dire. Les autres verront de la tension technique, nous on saura que c'est notre vérité. On ne leur donnera rien, Herwann. Pas un sourire de trop, pas un geste tendre. On garde tout pour ici. Cet appartement, c'est notre sanctuaire.
Il me serre plus fort, sa main glissant sous mon pull pour sentir la chaleur de ma peau, une caresse longue, possessive, d'une sensualité à couper le souffle. — On va gagner ces sélections. Et une fois qu'on sera intouchables, une fois qu'on aura l'or... là, peut-être, on pourra arrêter de se cacher. Mais d'ici là, tu es mon secret le plus précieux. Promets-moi que tu seras de glace devant eux.
— Je te le promets, Connor.
On reste ainsi, enlacés sur le canapé pendant des heures, savourant cette déclaration qui a enfin brisé nos chaînes, tout en sachant que demain, dès que la porte de la voiture s'ouvrira, nous devrons redevenir les parfaits étrangers que le monde attend.
Après l'aveu fracassant de Connor dans le salon, l'air de l'appartement semble s'être chargé d'une électricité nouvelle. Il n'y a plus de place pour la distance. Connor se lève et, d'un geste déterminé, me prend la main pour m’entraîner vers la chambre. Ce n'est plus la pièce froide où nous dormions comme des étrangers ; il a décidé d'en faire notre refuge.
— On ne peut plus dormir comme ça, Herwann. C’est fini, le mensonge.
Il attrape le cadre de son lit simple et je saisis le mien. Dans un grincement métallique qui sonne comme une libération, nous les poussons l'un contre l'autre. Connor s'accroupit au pied des sommiers. Avec des lanières de cuir qu'il utilise pour ses étirements, il commence à attacher les montants des lits entre eux. Je le regarde faire, fasciné par la force de ses mains qui serrent les nœuds pour que plus rien ne puisse nous séparer. On dispose les deux matelas côte à côte et on les recouvre de nos deux couettes pour effacer la fente au milieu, créant un lit immense, un océan de coton blanc.
Puis, le silence se fait sacré. Dans la pénombre, nous commençons à nous déshabiller. Lentement, avec une solennité presque religieuse. Chaque vêtement qui tombe est une armure que l'on dépose. Nous nous retrouvons nus, face à face, dans la nudité la plus totale. Je contemple le corps de Connor, ses muscles puissants sculptés par la glace, sa peau ambrée sous la lueur de la lune. Ses yeux verts dévorent chaque ligne de mon corps avec une dévotion qui me donne le vertige.
Nous nous glissons sous les draps, et le contact de nos peaux nues est une décharge électrique. On se rapproche jusqu’à ne plus former qu’un seul bloc de chaleur. Il n’y a pas de sexe ce soir-là, seulement une soif d'appartenance que l'acte ne pourrait pas suffire à combler. Ses mains commencent un voyage d’exploration infini sur mon torse, mes bras, mes hanches. On s'embrasse pendant des heures, des baisers longs, humides, profonds, où nos langues savourent enfin cette liberté.
Pourtant, la passion ne nous quitte pas. Malgré la douceur des caresses, nos corps réagissent avec une force sauvage. Je sens l’érection de Connor, dure et pulsante, pressée contre ma cuisse, tandis que la mienne lui répond avec la même urgence incontrôlée. C’est une torture exquise, une sensualité brûlante qui se suffit à elle-même. Connor m'attire brusquement dans ses bras, ma tête nichée au creux de son épaule. Il me serre comme s'il avait peur que je m'évapore, déposant des centaines de baisers dans mon cou, sa voix rauque vibrant contre ma peau :
— J’attendais ce moment depuis si longtemps, champion… Pouvoir te tenir ainsi, sans la glace entre nous. Tu n'imagines pas à quel point j'en avais besoin.
On reste ainsi toute la nuit, éveillés par intermittence pour s'échanger des sourires, des regards chargés d'amour et des caresses légères sur le ventre et le dos, savourant l'odeur de l'autre jusqu'à l'aube.
Le lendemain matin, le réveil est un moment de grâce. Nous restons lovés l'un contre l'autre, ma jambe passée sur sa taille, son bras me servant d'oreiller. On se regarde longuement, souriant bêtement, profitant de cette chaleur humaine avant d'affronter le froid de la patinoire. Il ne reste que trois jours. Trois jours pour devenir éternels.
À l'entraînement, l'atmosphère est électrique. Viktor est déjà là, son téléphone à la main, prêt à filmer chaque mouvement. On remet nos masques professionnels, mais la connexion est là, invisible et indestructible.
— Allez ! Musique ! Je veux voir "Vampire" ! hurle Viktor.
Dès les premières notes d'Olivia Rodrigo, nous nous élançons. La synchronisation est terrifiante. C'est comme si nous étions reliés par des fils d'argent. Nos lames mordent la glace en un seul cri, nos sauts sont des miroirs parfaits. On ne patine plus pour Viktor, on patine pour le garçon avec qui on a partagé son souffle toute la nuit.
Vient le moment du grand porté, le sommet du programme. C’est moi, qui prends les commandes. Mes mains se posent avec une fermeté possessive sur la taille de Connor. Je sens ses muscles se tendre, prêt à l'envol. D'une impulsion puissante, je le soulève. Mes bras, tendus par l'effort et l'adrénaline, le hissent avec une aisance surnaturelle au-dessus de ma tête. Connor s'élève, gracieux et fier, s'arquant dans les airs comme s'il volait vraiment. Je le porte d'une main, tournant sur moi-même avec une vitesse qui fait siffler l'air. À travers son haut, je sens sa chaleur, sa confiance absolue en moi.
Je le repose au sol dans une fluidité parfaite, et nos regards se verrouillent immédiatement. C’est là que le danger réside : mes yeux bleus brillent d'une ferveur que je ne peux plus cacher, et dans les yeux verts de Connor, on lit une dévotion brûlante. Chaque frôlement sur la glace est une caresse déguisée, chaque regard un aveu. La chorégraphie est impeccable, sans la moindre hésitation, une symphonie de force et de passion.
Nous finissons au centre de la piste, essoufflés, nos poitrines se soulevant au même rythme, nos fronts presque l'un contre l'autre. Le silence retombe, lourd de ce que nous venons de livrer.
Viktor baisse son téléphone. Il est immobile, les yeux fixés sur nous, une fierté immense sur le visage. Il s'approche lentement et commence à applaudir, ses mains résonnant dans la patinoire vide.
— Mes garçons… souffle-t-il, la voix étranglée par l'émotion. C’était la perfection. Techniquement, vous êtes intouchables. Mais ce que vous avez mis là-dedans… cette âme, cette complicité… c'est ce qui gagne les Mondiaux.
Il nous regarde avec une acuité nouvelle, un sourire entendu aux lèvres. — Je ne sais pas ce qui a changé, mais gardez ce feu. Si vous patinez comme ça dans trois jours, les juges ne pourront même plus respirer. Je suis fier de vous. Vraiment fier.
L’appartement est plongé dans une pénombre bleutée, mais l’air y est brûlant. Depuis que nous avons franchi le seuil, la tension entre Connor et moi n'est plus une corde raide, c'est un incendie. Connor ne me lâche pas la main ; ses doigts sont verrouillés aux miens comme si sa vie en dépendait.
Nous entrons dans la chambre. Sans un mot, il s'accroupit au pied de nos deux lits simples. Je le regarde faire, fasciné par la précision de ses gestes. Il sort les sangles de cuir noir de son sac, celles qu'il utilise d'ordinaire pour ses étirements musculaires. Je m'agenouille à ses côtés. Nos épaules se frôlent, et je sens la chaleur qui émane de son corps. Ensemble, nous joignons les montants métalliques. Le bruit du métal contre le métal résonne dans le silence sacré de la pièce. Connor tire sur les sangles, ses muscles saillants sous son t-shirt, serrant les nœuds jusqu'à ce que les deux lits ne forment plus qu'une seule plateforme massive. On installe les deux matelas, on lisse les draps d'un geste commun, puis on recouvre le tout de nos deux couettes de coton. La frontière a disparu.
C'est là que le temps s'arrête. Connor se redresse et retire son t-shirt d'un geste lent. Je fais de même. Nous nous retrouvons nus, face à face. Je détaille chaque millimètre de sa peau : la cicatrice sur son flanc, la puissance de ses pectoraux, la ligne parfaite de ses abdos. Ses yeux verts dévorent mon corps avec une intensité qui me donne le vertige. Il s'approche, pose ses mains sur mes hanches, et ses pouces caressent la crête de mes os iliaques.
— Tu n'as pas idée de ce que ça me fait de te voir enfin comme ça, sans l'armure de la glace, murmure-t-il d'une voix rauque.
Il m'embrasse, et c'est une déflagration. Ses lèvres sont chaudes, gourmandes. Sa langue envahit ma bouche, réclamant, explorant chaque recoin avec une sensualité paresseuse. Ses mains descendent le long de mes fesses, me serrant contre lui. Je sens son érection, dure, pulsante, se presser contre la mienne. C'est une électricité incontrôlable. Il me guide vers le lit de coton.
Il s'installe entre mes jambes, ses baisers descendant le long de mon cou, de mon torse. Lorsqu'il commence à me préparer, ses doigts sont d'une douceur infinie, lubrifiant chaque mouvement avec une lenteur calculée qui me fait gémir son nom. Le plaisir est une torture délicieuse. Lorsqu'il me pénètre enfin, c'est un choc total. Je me cambre, les ongles ancrés dans ses épaules, un cri de pur soulagement s'échappant de ma gorge. Il me remplit, s'ajustant à moi avec une perfection terrifiante. Le rythme s'accélère, nos corps claquent l'un contre l'autre, une symétrie de sueur et de soupirs. Je sens ses mains se verrouiller dans les miennes, nos doigts entrelacés au-dessus de ma tête.
L'excitation du lendemain se transforme en une énergie sauvage. Le plaisir monte, insoutenable, une vague de feu qui part de nos reins. Je sens ses éjaculations internes au moment même où je perds pied, une explosion de lumière qui nous laisse pantelants. Il s'effondre contre moi, nichant son visage dans mon cou, son souffle court brûlant ma peau. On reste ainsi des heures, lovés l'un contre l'autre, conscients que cette nuit est notre socle.
À 5 heures précises, le rêve se brise. Des coups violents retentissent. — Delcourt ! Campbell ! Allez, on bouge !
C'est Viktor. Avant qu'on ne puisse réagir, il utilise son double des clés et entre. Il traverse le salon et se fige devant la porte entrouverte de la chambre. Il voit tout : les sangles de cuir, le lit unique, nos corps à peine couverts. Son visage devient de marbre. Ses yeux d'acier passent du lit à nos visages. Il reste immobile, la mâchoire contractée, puis lâche d'une voix glaciale : — Dans la voiture. Immédiatement.
Le trajet est un calvaire de silence. Viktor conduit avec une rage contenue. À la patinoire des sélections, l'ambiance est lourde. Les autres patineurs, hommes et femmes, nous observent. Mais dès que "Vampire" résonne, nous devenons des prédateurs.
La vitesse d'entrée est phénoménale. Nos croisés arrière déchirent la glace dans un bruit net. Premier élément : le Triple Axel synchronisé. Nous décollons à la milliseconde près, tournoyant comme des toupies d'acier. Atterrissage parfait, une seule lame qui mord la glace en écho.
Vient le moment du Grand Porté. Je place mes mains sur la taille de Connor. D'une poussée herculéenne, je le propulse. Il s'élève, s'arquant avec une grâce aérienne au-dessus de ma tête. Je le tiens d'une seule main, tournant à une vitesse vertigineuse qui fait siffler l'air. Ses muscles sont tendus, sa confiance en moi est absolue. Je le repose avec une fluidité insolente, et nos regards se verrouillent. Ce n'est plus de la technique, c'est de l'électricité brute.
Sur les percussions de la musique, nous exécutons des pirouettes synchronisées. Nous sommes si proches que nos genoux se frôlent à chaque rotation. On voit les autres patineurs au bord de la balustrade, le visage décomposé de peur et d'admiration. — "C'est pas possible... on dirait qu'ils ne forment qu'un seul corps", chuchote une championne de couple. — "Leur centre de gravité est fusionné", ajoute un autre, les yeux écarquillés.
Le final arrive : le Lancer final. Je le projette avec toute la rage de notre amour secret. Connor s'envole, décrivant une parabole parfaite avant de se réceptionner avec une douceur de velours. Nous finissons au centre, nos visages à deux centimètres l'un de l'autre, nos poitrines haletantes de concert. Les juges sont pétrifiés, incapables de noter ce qu'ils viennent de voir : une révolution.
Le retour se fait dans la voiture de Viktor. Le silence dure une éternité avant qu'il ne se range sur le bas-côté.
— Ce que j'ai vu ce matin… commence-t-il, sa voix basse et menaçante. Je ne suis pas un imbécile. J’ai vu ce lit. J’ai vu ce que vous avez fait pour ne pas être séparés. Normalement, je devrais vous exclure pour ce manque de professionnalisme. Mais ensuite… je vous ai vus sur la glace. Ce que vous avez fait aujourd'hui… c’est le futur du patinage. Les juges sont terrifiés parce que vous avez rendu obsolète tout ce qu'ils connaissent.
Il se tourne vers nous, le visage marqué par une fierté sombre. — Vous avez gagné les sélections. Mais restez sur vos gardes. Quelqu'un d'autre était là aujourd'hui. Un homme influent de l'Union Internationale, caché dans les tribunes. Il a tout filmé. Et il n'est pas venu pour vos sauts, il est venu pour confirmer la rumeur de votre "complicité".
Alors qu'il nous dépose devant l'immeuble, Viktor ajoute, les yeux sombres : — Profitez de votre lit ce soir. Car demain, l'annonce de ce témoin pourrait bien être le début de votre gloire... ou de votre chute.
Fin du chapitre 8.
On repart en voiture, le silence chargé. Connor pose sa main sur ma cuisse, un geste tactile qui me fait frissonner. "Il a raison, tu sais," murmure-t-il. "Y a quelque chose." Je le regarde, le cœur battant. "Quoi ?" Il sourit, serrant ma cuisse. "On en parlera ce soir." Et dans ma tête, les questions explosent : Ce soir ? Est-ce qu'il va enfin avouer ? Ou est-ce juste une autre nuit de sexe ? La tendresse de ses regards, de ses gestes, me donne espoir. Mais pour l'instant, on roule vers l'appartement, le feu couvant sous la glace.
Le trajet de retour dans la voiture noire se déroule dans une tension insupportable. Connor fixe la route, les mains crispées sur le volant, ses articulations blanchies par la force de sa poigne. Dès que nous passons le seuil de l'appartement, le silence devient un mur. Il pose son sac, retire ses chaussures et s'engouffre dans la salle de bain sans m'accorder un regard. J'entends l'eau marteler le sol de la douche, un bruit de métronome qui ne fait qu'accentuer mon angoisse. Quand vient mon tour, je reste de longues minutes sous le jet brûlant, essayant de laver cette sensation d'inachevé.
Le repas est une parodie de normalité. Nous mangeons face à face, le seul bruit étant celui des fourchettes contre la porcelaine. Connor débarrasse la table avec une efficacité glaciale, rangeant chaque chose à sa place comme s'il tentait de remettre de l'ordre dans sa propre tête. Il ne dit toujours rien.
Alors que je termine d'essuyer le dernier verre, je sens que si je ne parle pas maintenant, je vais imploser. Je pose mon torchon, les mains tremblantes, et je vais m'installer sur le canapé.
— Connor... Viens t'asseoir. S'il te plaît. Il faut que tu m'expliques ce que tu as dit dans la voiture. "Y a quelque chose"... Tu ne peux pas me jeter ça et faire comme si j'étais un étranger cinq minutes après. C'est cruel. Et puis, je voulais te dire... cette fameuse nuit, celle de la photo, je ne dormais pas. Je t'ai entendu dire que...
Je n'ai pas le temps de finir. Connor, qui s'était assis à l'autre bout du canapé, se redresse brusquement et se tourne vers moi. Son visage est décomposé, ses yeux verts brillent d'une intensité sauvage, presque douloureuse. Il me coupe la parole d'une voix rauque, brisée par des mois de retenue.
— Tais-toi, Herwann. Arrête. Tu crois que je ne sais pas ? Tu crois que je n'ai pas compris que tu m'avais entendu ?
Il se rapproche de moi, réduisant l'espace jusqu'à ce que nos genoux se touchent. Ses mains tremblent lorsqu'il saisit les miennes, les serrant avec une force désespérée.
— J'ai passé ma vie à construire des murs, Herwann. À être le "bad boy", le mec arrogant que personne ne peut atteindre. C'était ma protection. Et puis tu es arrivé. On s'est battus, on s'est haïs... et maintenant, quand je te regarde sur la glace, je ne vois plus un rival. Je vois la seule personne au monde qui me comprend sans que j'aie besoin d'ouvrir la bouche.
Ses yeux fouillent les miens, une vulnérabilité totale s'emparant de ses traits.
— Oui, je l'ai dit. Je te kiffe. Mais c'est bien plus que ça, putain. Je t'aime à en crever. Ça me terrifie, Herwann. Ça me terrifie parce que si la Fédération l'apprend, si Viktor voit que je ne peux plus faire un pas sur la glace sans chercher ton regard, ils vont nous détruire. Ils vont dire qu'on est instables. Ils vont nous séparer. Et l'idée de ne plus patiner avec toi, de ne plus t'avoir contre moi chaque nuit... c'est comme si on m'arrachait les poumons.
Je reste pétrifié, le souffle court, les larmes commençant enfin à déborder. Je n'ai jamais entendu Connor parler ainsi. Toute sa morgue a disparu, laissant place à un homme mis à nu.
— Je ne veux plus de ce secret, je souffle entre deux sanglots. Je ne veux plus faire semblant d'être juste ton partenaire.
— Je sais, murmure-t-il en m'attirant brusquement contre lui. Moi non plus. Mais on doit tenir. Pour nous.
Il m'entoure de ses bras puissants, m'écrasant contre son torse. Je sens les battements de son cœur, rapides, désordonnés, faisant écho aux miens. Je me blottis dans son cou, respirant son odeur de savon et de peau chaude. C'est un moment d'une tristesse infinie, celle de deux êtres qui s'aiment dans une cage, mais c'est aussi le moment le plus pur de ma vie.
Il relève mon visage, ses doigts caressant mes pommettes avec une lenteur religieuse. Ses lèvres cherchent les miennes. Le baiser est d'une sensualité dévastatrice, chargé de toute la douleur et de l'amour accumulés ces derniers mois. C'est lent, profond, nos langues se cherchant avec une tendresse qui me donne le vertige. Ce n'est pas du sexe, c'est une fusion. Je sens son amour dans la manière dont il me retient, comme si j'étais son unique ancre dans la tempête.
— Comment on va faire ? je demande après un long silence, ma tête posée sur son épaule. Comment on va faire pour ne rien montrer à la patinoire ?
Connor soupire, embrassant mes cheveux. Sa voix est plus calme, mais empreinte d'une détermination farouche. — On va être des ombres, champion. On va transformer ce qu'on ressent en électricité sur la glace. Chaque fois que je te toucherai pendant un porté, chaque fois que nos regards se croiseront pendant "Vampire", on saura ce que ça veut dire. Les autres verront de la tension technique, nous on saura que c'est notre vérité. On ne leur donnera rien, Herwann. Pas un sourire de trop, pas un geste tendre. On garde tout pour ici. Cet appartement, c'est notre sanctuaire.
Il me serre plus fort, sa main glissant sous mon pull pour sentir la chaleur de ma peau, une caresse longue, possessive, d'une sensualité à couper le souffle. — On va gagner ces sélections. Et une fois qu'on sera intouchables, une fois qu'on aura l'or... là, peut-être, on pourra arrêter de se cacher. Mais d'ici là, tu es mon secret le plus précieux. Promets-moi que tu seras de glace devant eux.
— Je te le promets, Connor.
On reste ainsi, enlacés sur le canapé pendant des heures, savourant cette déclaration qui a enfin brisé nos chaînes, tout en sachant que demain, dès que la porte de la voiture s'ouvrira, nous devrons redevenir les parfaits étrangers que le monde attend.
Après l'aveu fracassant de Connor dans le salon, l'air de l'appartement semble s'être chargé d'une électricité nouvelle. Il n'y a plus de place pour la distance. Connor se lève et, d'un geste déterminé, me prend la main pour m’entraîner vers la chambre. Ce n'est plus la pièce froide où nous dormions comme des étrangers ; il a décidé d'en faire notre refuge.
— On ne peut plus dormir comme ça, Herwann. C’est fini, le mensonge.
Il attrape le cadre de son lit simple et je saisis le mien. Dans un grincement métallique qui sonne comme une libération, nous les poussons l'un contre l'autre. Connor s'accroupit au pied des sommiers. Avec des lanières de cuir qu'il utilise pour ses étirements, il commence à attacher les montants des lits entre eux. Je le regarde faire, fasciné par la force de ses mains qui serrent les nœuds pour que plus rien ne puisse nous séparer. On dispose les deux matelas côte à côte et on les recouvre de nos deux couettes pour effacer la fente au milieu, créant un lit immense, un océan de coton blanc.
Puis, le silence se fait sacré. Dans la pénombre, nous commençons à nous déshabiller. Lentement, avec une solennité presque religieuse. Chaque vêtement qui tombe est une armure que l'on dépose. Nous nous retrouvons nus, face à face, dans la nudité la plus totale. Je contemple le corps de Connor, ses muscles puissants sculptés par la glace, sa peau ambrée sous la lueur de la lune. Ses yeux verts dévorent chaque ligne de mon corps avec une dévotion qui me donne le vertige.
Nous nous glissons sous les draps, et le contact de nos peaux nues est une décharge électrique. On se rapproche jusqu’à ne plus former qu’un seul bloc de chaleur. Il n’y a pas de sexe ce soir-là, seulement une soif d'appartenance que l'acte ne pourrait pas suffire à combler. Ses mains commencent un voyage d’exploration infini sur mon torse, mes bras, mes hanches. On s'embrasse pendant des heures, des baisers longs, humides, profonds, où nos langues savourent enfin cette liberté.
Pourtant, la passion ne nous quitte pas. Malgré la douceur des caresses, nos corps réagissent avec une force sauvage. Je sens l’érection de Connor, dure et pulsante, pressée contre ma cuisse, tandis que la mienne lui répond avec la même urgence incontrôlée. C’est une torture exquise, une sensualité brûlante qui se suffit à elle-même. Connor m'attire brusquement dans ses bras, ma tête nichée au creux de son épaule. Il me serre comme s'il avait peur que je m'évapore, déposant des centaines de baisers dans mon cou, sa voix rauque vibrant contre ma peau :
— J’attendais ce moment depuis si longtemps, champion… Pouvoir te tenir ainsi, sans la glace entre nous. Tu n'imagines pas à quel point j'en avais besoin.
On reste ainsi toute la nuit, éveillés par intermittence pour s'échanger des sourires, des regards chargés d'amour et des caresses légères sur le ventre et le dos, savourant l'odeur de l'autre jusqu'à l'aube.
Le lendemain matin, le réveil est un moment de grâce. Nous restons lovés l'un contre l'autre, ma jambe passée sur sa taille, son bras me servant d'oreiller. On se regarde longuement, souriant bêtement, profitant de cette chaleur humaine avant d'affronter le froid de la patinoire. Il ne reste que trois jours. Trois jours pour devenir éternels.
À l'entraînement, l'atmosphère est électrique. Viktor est déjà là, son téléphone à la main, prêt à filmer chaque mouvement. On remet nos masques professionnels, mais la connexion est là, invisible et indestructible.
— Allez ! Musique ! Je veux voir "Vampire" ! hurle Viktor.
Dès les premières notes d'Olivia Rodrigo, nous nous élançons. La synchronisation est terrifiante. C'est comme si nous étions reliés par des fils d'argent. Nos lames mordent la glace en un seul cri, nos sauts sont des miroirs parfaits. On ne patine plus pour Viktor, on patine pour le garçon avec qui on a partagé son souffle toute la nuit.
Vient le moment du grand porté, le sommet du programme. C’est moi, qui prends les commandes. Mes mains se posent avec une fermeté possessive sur la taille de Connor. Je sens ses muscles se tendre, prêt à l'envol. D'une impulsion puissante, je le soulève. Mes bras, tendus par l'effort et l'adrénaline, le hissent avec une aisance surnaturelle au-dessus de ma tête. Connor s'élève, gracieux et fier, s'arquant dans les airs comme s'il volait vraiment. Je le porte d'une main, tournant sur moi-même avec une vitesse qui fait siffler l'air. À travers son haut, je sens sa chaleur, sa confiance absolue en moi.
Je le repose au sol dans une fluidité parfaite, et nos regards se verrouillent immédiatement. C’est là que le danger réside : mes yeux bleus brillent d'une ferveur que je ne peux plus cacher, et dans les yeux verts de Connor, on lit une dévotion brûlante. Chaque frôlement sur la glace est une caresse déguisée, chaque regard un aveu. La chorégraphie est impeccable, sans la moindre hésitation, une symphonie de force et de passion.
Nous finissons au centre de la piste, essoufflés, nos poitrines se soulevant au même rythme, nos fronts presque l'un contre l'autre. Le silence retombe, lourd de ce que nous venons de livrer.
Viktor baisse son téléphone. Il est immobile, les yeux fixés sur nous, une fierté immense sur le visage. Il s'approche lentement et commence à applaudir, ses mains résonnant dans la patinoire vide.
— Mes garçons… souffle-t-il, la voix étranglée par l'émotion. C’était la perfection. Techniquement, vous êtes intouchables. Mais ce que vous avez mis là-dedans… cette âme, cette complicité… c'est ce qui gagne les Mondiaux.
Il nous regarde avec une acuité nouvelle, un sourire entendu aux lèvres. — Je ne sais pas ce qui a changé, mais gardez ce feu. Si vous patinez comme ça dans trois jours, les juges ne pourront même plus respirer. Je suis fier de vous. Vraiment fier.
L’appartement est plongé dans une pénombre bleutée, mais l’air y est brûlant. Depuis que nous avons franchi le seuil, la tension entre Connor et moi n'est plus une corde raide, c'est un incendie. Connor ne me lâche pas la main ; ses doigts sont verrouillés aux miens comme si sa vie en dépendait.
Nous entrons dans la chambre. Sans un mot, il s'accroupit au pied de nos deux lits simples. Je le regarde faire, fasciné par la précision de ses gestes. Il sort les sangles de cuir noir de son sac, celles qu'il utilise d'ordinaire pour ses étirements musculaires. Je m'agenouille à ses côtés. Nos épaules se frôlent, et je sens la chaleur qui émane de son corps. Ensemble, nous joignons les montants métalliques. Le bruit du métal contre le métal résonne dans le silence sacré de la pièce. Connor tire sur les sangles, ses muscles saillants sous son t-shirt, serrant les nœuds jusqu'à ce que les deux lits ne forment plus qu'une seule plateforme massive. On installe les deux matelas, on lisse les draps d'un geste commun, puis on recouvre le tout de nos deux couettes de coton. La frontière a disparu.
C'est là que le temps s'arrête. Connor se redresse et retire son t-shirt d'un geste lent. Je fais de même. Nous nous retrouvons nus, face à face. Je détaille chaque millimètre de sa peau : la cicatrice sur son flanc, la puissance de ses pectoraux, la ligne parfaite de ses abdos. Ses yeux verts dévorent mon corps avec une intensité qui me donne le vertige. Il s'approche, pose ses mains sur mes hanches, et ses pouces caressent la crête de mes os iliaques.
— Tu n'as pas idée de ce que ça me fait de te voir enfin comme ça, sans l'armure de la glace, murmure-t-il d'une voix rauque.
Il m'embrasse, et c'est une déflagration. Ses lèvres sont chaudes, gourmandes. Sa langue envahit ma bouche, réclamant, explorant chaque recoin avec une sensualité paresseuse. Ses mains descendent le long de mes fesses, me serrant contre lui. Je sens son érection, dure, pulsante, se presser contre la mienne. C'est une électricité incontrôlable. Il me guide vers le lit de coton.
Il s'installe entre mes jambes, ses baisers descendant le long de mon cou, de mon torse. Lorsqu'il commence à me préparer, ses doigts sont d'une douceur infinie, lubrifiant chaque mouvement avec une lenteur calculée qui me fait gémir son nom. Le plaisir est une torture délicieuse. Lorsqu'il me pénètre enfin, c'est un choc total. Je me cambre, les ongles ancrés dans ses épaules, un cri de pur soulagement s'échappant de ma gorge. Il me remplit, s'ajustant à moi avec une perfection terrifiante. Le rythme s'accélère, nos corps claquent l'un contre l'autre, une symétrie de sueur et de soupirs. Je sens ses mains se verrouiller dans les miennes, nos doigts entrelacés au-dessus de ma tête.
L'excitation du lendemain se transforme en une énergie sauvage. Le plaisir monte, insoutenable, une vague de feu qui part de nos reins. Je sens ses éjaculations internes au moment même où je perds pied, une explosion de lumière qui nous laisse pantelants. Il s'effondre contre moi, nichant son visage dans mon cou, son souffle court brûlant ma peau. On reste ainsi des heures, lovés l'un contre l'autre, conscients que cette nuit est notre socle.
À 5 heures précises, le rêve se brise. Des coups violents retentissent. — Delcourt ! Campbell ! Allez, on bouge !
C'est Viktor. Avant qu'on ne puisse réagir, il utilise son double des clés et entre. Il traverse le salon et se fige devant la porte entrouverte de la chambre. Il voit tout : les sangles de cuir, le lit unique, nos corps à peine couverts. Son visage devient de marbre. Ses yeux d'acier passent du lit à nos visages. Il reste immobile, la mâchoire contractée, puis lâche d'une voix glaciale : — Dans la voiture. Immédiatement.
Le trajet est un calvaire de silence. Viktor conduit avec une rage contenue. À la patinoire des sélections, l'ambiance est lourde. Les autres patineurs, hommes et femmes, nous observent. Mais dès que "Vampire" résonne, nous devenons des prédateurs.
La vitesse d'entrée est phénoménale. Nos croisés arrière déchirent la glace dans un bruit net. Premier élément : le Triple Axel synchronisé. Nous décollons à la milliseconde près, tournoyant comme des toupies d'acier. Atterrissage parfait, une seule lame qui mord la glace en écho.
Vient le moment du Grand Porté. Je place mes mains sur la taille de Connor. D'une poussée herculéenne, je le propulse. Il s'élève, s'arquant avec une grâce aérienne au-dessus de ma tête. Je le tiens d'une seule main, tournant à une vitesse vertigineuse qui fait siffler l'air. Ses muscles sont tendus, sa confiance en moi est absolue. Je le repose avec une fluidité insolente, et nos regards se verrouillent. Ce n'est plus de la technique, c'est de l'électricité brute.
Sur les percussions de la musique, nous exécutons des pirouettes synchronisées. Nous sommes si proches que nos genoux se frôlent à chaque rotation. On voit les autres patineurs au bord de la balustrade, le visage décomposé de peur et d'admiration. — "C'est pas possible... on dirait qu'ils ne forment qu'un seul corps", chuchote une championne de couple. — "Leur centre de gravité est fusionné", ajoute un autre, les yeux écarquillés.
Le final arrive : le Lancer final. Je le projette avec toute la rage de notre amour secret. Connor s'envole, décrivant une parabole parfaite avant de se réceptionner avec une douceur de velours. Nous finissons au centre, nos visages à deux centimètres l'un de l'autre, nos poitrines haletantes de concert. Les juges sont pétrifiés, incapables de noter ce qu'ils viennent de voir : une révolution.
Le retour se fait dans la voiture de Viktor. Le silence dure une éternité avant qu'il ne se range sur le bas-côté.
— Ce que j'ai vu ce matin… commence-t-il, sa voix basse et menaçante. Je ne suis pas un imbécile. J’ai vu ce lit. J’ai vu ce que vous avez fait pour ne pas être séparés. Normalement, je devrais vous exclure pour ce manque de professionnalisme. Mais ensuite… je vous ai vus sur la glace. Ce que vous avez fait aujourd'hui… c’est le futur du patinage. Les juges sont terrifiés parce que vous avez rendu obsolète tout ce qu'ils connaissent.
Il se tourne vers nous, le visage marqué par une fierté sombre. — Vous avez gagné les sélections. Mais restez sur vos gardes. Quelqu'un d'autre était là aujourd'hui. Un homme influent de l'Union Internationale, caché dans les tribunes. Il a tout filmé. Et il n'est pas venu pour vos sauts, il est venu pour confirmer la rumeur de votre "complicité".
Alors qu'il nous dépose devant l'immeuble, Viktor ajoute, les yeux sombres : — Profitez de votre lit ce soir. Car demain, l'annonce de ce témoin pourrait bien être le début de votre gloire... ou de votre chute.
Fin du chapitre 8.
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