La statue, le confident et le désir (3)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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La statue, le confident et le désir (3)
Chapitre 3
Le septième et le huitième jour furent une agonie que même mes années d'entraînement au silence ne m'avaient pas préparé à endurer. Chaque heure passée sur cette chaise, sous le regard des curieux, n'était qu'un long cri intérieur. Adrien n'est pas venu. Ni le premier jour, ni le second. L'absence était une lame de fond qui me submergeait, transformant mon immobilité en une torture de chaque seconde.
Le soir, dès que je franchissais le seuil de mon appartement, je m'effondrais. La solitude était devenue insupportable. Je me mettais nu sur mon lit, la peau brûlante d'une fièvre que seul son souvenir pouvait attiser. Je me branlais avec une rage désespérée, fermant les yeux pour tenter de recréer le contact de ses doigts sur mon visage. J'imaginais sa voix, son odeur de cèdre et de sueur, et chaque spasme de plaisir solitaire me laissait plus vide, plus affamé que la veille. Je criais son absence dans l'obscurité, les draps trempés de mon désir inutile.
Puis, le troisième jour après sa disparition, le monde a repris ses couleurs.
Adrien est réapparu. Il traversait la place avec une décontraction insultante, vêtu d'un simple short et d'une chemise à moitié ouverte, dévoilant son torse musclé, parsemé d'un duvet sombre et viril qui captait la lumière du soleil. Il n'avait plus rien de l'homme brisé. Il s'est approché, un grand sourire carnassier aux lèvres, et s'est assis si près que j'ai pu sentir la chaleur irradiant de sa peau.
Il a approché son visage du mien, ses lèvres frôlant presque les miennes, un souffle de défi et de luxure.
— Est-ce que je t'ai manqué ? a-t-il murmuré, sa voix plus profonde, plus assurée. Est-ce que tu as passé ces deux jours à guetter mon ombre ? Je parie que tu n'as pensé qu'à ça... à ce que je pourrais te faire.
Je suis resté de pierre, mais la sueur a commencé à perler sur mon front, trahissant la tempête sous le crâne. J'ai détourné le regard, fixant un point invisible à l'horizon pour ne pas sombrer dans ses yeux.
— Tu sais ce que j'ai envie de faire, maintenant ? a-t-il continué, son monologue devenant une caresse mentale insoutenable. J'ai envie d'explorer chaque centimètre de ce corps que tu tiens si jalousement. Je veux que mes doigts parcourent ta peau, de tes chevilles jusqu'à la racine de tes cheveux. Je veux sentir tes muscles se contracter sous mes lèvres, goûter le sel de ta sueur avec ma langue. Je veux te retourner, t'ouvrir, et te faire gémir jusqu'à ce que tu oublies comment te taire. Je veux que ma langue descende là où tu ne laisses personne aller, que mes mains te possèdent jusqu'à ce que tu ne sois plus qu'une masse de plaisir entre mes bras.
Sous mon pantalon, mon érection a jailli avec une violence qui m'a arraché un frisson imperceptible. C'était une barre de fer, une exigence de chair qui criait son besoin de lui. Je sentais mon sang battre dans mes tempes, dans mon cou, et dans mon sexe qui pressait contre le tissu.
Adrien a souri de plus belle, voyant que je luttais contre l'évanouissement érotique. Il a glissé sa main vers ma cuisse, remontant lentement. Au moment de se lever, alors que la foule nous entourait sans rien soupçonner, il a glissé ses doigts dans la poche de mon pantalon. Dans le même mouvement, sa paume a écrasé mon érection, une pression ferme, délibérée, incendiaire.
— Demain, on ne jouera plus, a-t-il soufflé à mon oreille.
Il s'est éloigné sans un regard en arrière, me laissant foudroyé sur ma chaise. J'ai terminé la journée dans une transe, chaque seconde étant un combat pour ne pas me toucher là, devant tout le monde. Quand le signal de fin a enfin retenti, j'ai plongé ma main dans ma poche. Mes doigts tremblants en ont sorti une petite carte. Dessus, une adresse était griffonnée d'une écriture nerveuse, masculine.
Je suis rentré chez moi comme un fou, le cœur battant à tout rompre, serrant ce morceau de papier contre ma poitrine comme le trésor qui allait enfin briser mes chaînes.
L'adresse griffonnée sur le papier me mène vers une ruelle étroite, là où les pavés semblent encore imprégnés de la fraîcheur du soir. Mon cœur cogne contre mes côtes comme un prisonnier contre ses barreaux, un rythme sourd qui résonne jusque dans mes tempes. Je gravis les marches d'un vieil immeuble, chaque craquement du bois sous mes pas résonnant comme une sommation, un compte à rebours vers l'inévitable. Devant la porte, je marque un arrêt prolongé. Mes mains tremblent si fort que j'ai du mal à saisir la poignée. Je ne suis plus la statue de la place ; je suis un homme dépouillé de son armure de silence, vulnérable, affamé, réduit à l'état de désir pur.
Je pousse la porte qui n'est pas verrouillée, comme s'il avait su que je n'attendrais pas une seconde de plus. L'appartement est plongé dans une pénombre rousse, seulement éclairé par quelques bougies dont la flamme vacille au rythme de ma respiration saccadée. L'odeur de cèdre, de tabac blond et de sueur masculine m'assaille immédiatement. C’est l’odeur d’Adrien, celle que je traquais sur la place chaque fois que le vent tournait.
Il est là, debout au milieu de la pièce, baigné dans une lumière dorée qui souligne chaque muscle. Il porte toujours son short et sa chemise à moitié ouverte, dévoilant son torse musclé et ce duvet brun qui descend en une ligne fine vers son ventre. Son regard capture le mien et je sens mes jambes se dérober. Il n'y a plus de foule, plus de passants, plus de rôle à jouer. Il y a juste lui, et l'inconnu qu'il a enfin réussi à faire venir à lui.
— Tu es venu, dit-il, sa voix vibrant dans le silence pesant de la pièce. J'ai passé ces trois jours à imaginer ce moment. À imaginer si tu oserais franchir ce seuil sans ton costume de pierre.
Il s'avance lentement, avec une grâce féline qui me donne le vertige. Il réduit l'espace entre nous jusqu'à ce que je sente la chaleur de son corps irradier contre le mien. Ses yeux détaillent mon visage avec une minutie presque douloureuse, s'attardant sur mes lèvres qu'il a effleurées du bout du doigt quelques heures plus tôt.
— Regarde-toi... Tu es là, et tu trembles enfin, murmure-t-il, sa main s'élevant pour frôler ma mâchoire. Je ne connais rien de toi, pas même ton nom, mais j'ai passé chaque seconde de mon absence à te posséder en pensée. J'ai imaginé que je te déshabillais avec cette même lenteur, que je découvrais enfin la chaleur de ta peau sous ce tissu noir. J'ai envie d'explorer chaque centimètre de toi, de sentir ta réaction quand ma langue passera sur ton cou, quand mes dents mordilleront ton épaule. Je veux te voir perdre tout contrôle, je veux que tu sois à moi comme tu ne l'as jamais été à personne.
La tension érotique est si dense qu'elle semble liquide, m'étouffant de plaisir et d'angoisse. Son discours est une caresse obscène qui me pousse au bord du précipice. Je visualise chaque mot : ses mains explorant mes hanches, sa bouche descendant le long de mon torse, l'invasion brutale et délicieuse de son corps contre le mien.
Soudain, le barrage cède. Ce n'est pas un cri, ce n'est pas un sanglot. C'est un murmure, le premier son que je laisse échapper en sa présence, une voix que je n'ai pas utilisée depuis des éternités, rauque, profonde, chargée d'un désir accumulé jusqu'à l'insupportable.
— Adrien... s'il te plaît... ne parle plus. Je t'ai attendu... fais-le.
Le choc électrique est immédiat. En entendant le son de ma voix, en entendant son propre nom franchir mes lèvres pour la première fois avec cette tonalité de supplique et d'abandon, Adrien se fige. Ses pupilles se dilatent jusqu'à envahir son iris. Un frisson violent parcourt ses épaules et je vois ses muscles se contracter sous sa peau. L'excitation qui émane de lui devient presque palpable, une force sauvage qui le transfigure.
— Ta voix... murmure-t-il, le souffle coupé, ses yeux brillant d'une étincelle de pure luxure. Tu as parlé... et tu m'as appelé par mon nom. Tu ne peux pas imaginer ce que ça me fait d'entendre ce son sortir de ta bouche. C'est plus excitant que tout ce que j'avais fantasmé. Entendre cette voix que tu cachais si bien... m'appeler, moi.
Il pose ses deux mains sur mon visage, ses doigts s'enfonçant dans mes cheveux avec une sorte d'urgence fébrile. Son excitation est à son comble. Je sens son érection, massive et pulsante, s'écraser contre la mienne à travers nos vêtements. Le simple fait de l'avoir fait réagir ainsi, de l'avoir vu vaciller sous le son de ma voix, me donne une puissance érotique nouvelle.
— Dis-le encore, ordonne-t-il, son visage n'étant plus qu'à quelques millimètres du mien. Appelle-moi encore. Je veux t'entendre gémir mon nom pendant que je t'apprendrai ce que c'est que de n'être plus une statue. Je veux que cette voix ne serve plus qu'à me dire ton plaisir, à me demander d'aller plus loin, plus fort. Je vais te faire oublier ce silence, l'inconnu. Je vais te faire vibrer jusqu'à ce que tu n'aies plus de souffle.
Je pose mes mains sur son torse, mes doigts se perdant dans les poils bruns et doux de son poitrail. Je sens son cœur battre comme un tambour de guerre, rapide, puissant. Je ne cherche plus à détourner le regard. Je plonge dans le sien, acceptant l'incendie.
— Prends-moi, Adrien, je murmure encore, ma voix vibrant contre ses lèvres. Je suis à toi.
Il lâche un grognement sourd, sa main glissant derrière ma nuque pour me maintenir fermement, écrasant son corps contre le mien dans une étreinte qui promet l'extase, savourant chaque seconde de ce moment où le mystère et la chair se rencontrent enfin.
Adrien lâche un grognement qui n’a plus rien d’humain. Le son de ma voix appelant son nom a brisé les dernières chaînes de sa retenue. Il me propulse violemment contre le mur de l’entrée, ses mains s’enfonçant dans mes épaules avec une force qui me fait gémir de douleur et de plaisir mêlés. Avant même que je puisse reprendre mon souffle, ses lèvres s’écrasent sur les miennes. Ce n’est pas un baiser, c’est une invasion. Sa langue force le passage, explorant ma bouche avec une faim dévastatrice, réclamant chaque recoin, chaque souffle.
Je réponds avec la même rage. Je m'accroche à ses cheveux bruns, mes doigts s'emmêlant dans ses boucles humides pendant que ma propre langue lutte contre la sienne. Sous nos pantalons, nos sexes s'entrechoquent, deux barres de fer qui cherchent à fusionner. Adrien descend une main entre nous et empoigne mon érection à travers le tissu de mon costume. Il serre si fort que je cambre le dos, un cri rauque mourant dans sa gorge.
— Je vais te sortir de là, grogne-t-il contre mon cou.
Il arrache les derniers boutons de ma chemise, les envoyant voler dans la pièce. Il m'ouvre le pantalon et le fait glisser avec mes sous-vêtements jusqu’à mes chevilles dans un mouvement brusque. Je suis nu, offert à son regard dévorant sous la lueur des bougies. Il prend mon sexe en main, sa paume large et chaude entourant ma verge palpitante. Il commence un va-et-vient frénétique, ses yeux fixés sur les miens.
— Regarde-toi... regarde comme tu es dur pour moi. Trois jours que je ne pense qu'à ça... à te voir comme ça.
Il me fait basculer sur le lit sans ménagement. Je retombe sur les draps frais, les jambes écartées, tandis qu'il se débarrasse de ses propres vêtements avec une urgence animale. Quand il retire son short, son sexe jaillit, massif, sombre, parcouru de veines saillantes. Il est magnifique, une bête de muscles et de poils. Il monte sur le lit et s’installe entre mes jambes, son poids m’écrasant délicieusement.
Il se penche et commence à me lécher le torse, ses dents mordillant mes pectoraux, sa langue descendant vers mon nombril. Ses mains agrippent mes cuisses, les ouvrant au maximum. Il attrape mon sexe et le sien ensemble, les frottant l'un contre l'autre, mélangeant nos sécrétions pré-éjaculatoires. La sensation de nos deux chairs brûlantes glissant l'une contre l'autre me fait perdre la raison.
— Adrien... Adrien, s'il te plaît... murmure-je dans un souffle erratique.
— Dis-le encore ! ordonne-t-il en me saisissant les poignets pour les plaquer au-dessus de ma tête. Dis mon nom pendant que je te prends !
Il s'empare d'un flacon d'huile sur la table de nuit, en verse une généreuse quantité sur ses doigts et sur son membre. Sans me quitter du regard, il enfonce deux doigts en moi d'un coup sec. Je pousse un cri qui déchire le silence de la chambre, mes hanches se soulevant convulsivement. Il ne s'arrête pas, il ajoute un troisième doigt, élargissant mon intimité avec une brutalité maîtrisée, cherchant ma prostate. Quand il la trouve, je lâche un gémissement brisé, ma tête se renversant en arrière.
— Oui... comme ça... tu es si serré, putain...
Il retire ses doigts et saisit ses hanches. Il positionne son gland contre mon entrée, là où je suis déjà brûlant et béant. D'une poussée brutale, il s'enfonce en moi tout entier. Je hurle son nom, mon corps se tendant comme un arc sous le choc de l'invasion. Il est si gros, si profond, qu'il semble toucher mon âme.
Il commence à marteler mes hanches avec un rythme bestial. Chaque coup de rein est une déflagration de plaisir pur. Le bruit de nos peaux qui s'entrechoquent, les gémissements rauques d'Adrien à mon oreille, l'odeur de sueur et de sexe qui sature l'air... tout est devenu pornographique, cru, sauvage. Il ne me ménage pas.
Soudain, il se penche tout près de mon oreille, son souffle brûlant me faisant frissonner, et il lâche d'une voix gutturale, chargée de luxure :
— J’ai envie de te vider... j’ai envie de te remplir...
Il me retourne brusquement, me mettant à quatre pattes. Il m’agrippe par les hanches, ses doigts s’enfoncent dans ma chair, et il me reprend par derrière avec une fureur redoublée. Sa verge s’enfonce en moi jusqu’à la garde, frappant ma prostate à chaque mouvement. Ma propre érection frotte contre les draps, m’amenant au bord de l’explosion. Je suis une masse de nerfs et de plaisir, totalement soumis à son assaut.
Il accélère encore, ses mouvements devenant saccadés, ses muscles saillants sous la sueur. Je sens la chaleur monter en moi, une marée irrésistible.
— Je vais venir... Adrien... je vais venir !
— Fais-le sur les draps ! Je veux te voir jouir sans te toucher !
Il donne quelques derniers coups de reins d'une violence inouïe. Dans un spasme final, je lâche un cri déchirant et mon sperme jaillit en jets puissants, maculant le matelas devant moi. Au même instant, Adrien pousse un rugissement animal et décharge sa semence brûlante au plus profond de moi, son corps secoué de tremblements violents alors qu'il vide chaque goutte en moi.
Il s'écroule sur mon dos, haletant, son cœur battant contre mes omoplates. Nous restons ainsi de longues minutes, soudés par la sueur et le plaisir
Le silence qui retombe sur la chambre est épais, presque solide, saturé par l'odeur de la sueur, du sexe et de la cire chaude. Adrien ne s'est pas retiré tout de suite ; il reste là, son corps lourd et puissant écrasant le mien contre le matelas, son sexe encore logé au plus profond de mes entrailles comme pour marquer son territoire. Je sens son cœur ralentir progressivement contre mes omoplates, un tambour régulier qui remplace le rythme frénétique de nos corps qui s'entrechoquaient il y a un instant. C’est un moment de grâce absolue, une suspension du temps où je ne suis plus l’artiste de marbre, mais simplement un homme comblé.
Lentement, avec une tendresse qui contraste violemment avec la bestialité de l'acte précédent, Adrien commence à bouger. Ses lèvres se posent sur ma nuque, déposant des baisers légers, presque timides, sur ma peau encore brûlante. Il remonte le long de ma colonne vertébrale, sa langue traçant une ligne de feu jusqu'à la racine de mes cheveux. Ses mains, qui m'agrippaient tout à l'heure avec une force sauvage, se font caressantes, explorant mes flancs et mes hanches avec une dévotion nouvelle.
Il finit par se retirer doucement de moi, un glissement humide qui me fait frissonner, et me fait pivoter pour que je sois allongé sur le dos, face à lui. Il se penche au-dessus de moi, ses boucles brunes en bataille encadrant son visage aux traits enfin apaisés. Il plonge ses yeux dans les miens, une intensité brûlante y subsiste, mais la faim prédatrice a laissé place à une curiosité infinie.
— J’ai eu l’impression de te connaître depuis toujours en te regardant sur cette place, murmure-t-il en caressant ma joue du bout des doigts. J’ai pris ton corps, j’ai entendu ta voix... mais je ne sais toujours pas quel est ton nom. Je ne sais pas qui est l'homme qui a brisé toutes mes certitudes.
Il rapproche son visage du mien, son nez frôlant le mien dans une intimité troublante.
— Dis-le moi, souffle-t-il. Comment t’appelles-tu ?
Je prends une inspiration saccadée. Dire mon nom, c’est laisser tomber le dernier rempart, c’est offrir mon identité à celui qui a déjà pris mon corps. Je le regarde, et pour la première fois, je n'ai plus peur de me perdre.
— Elias. Je m'appelle Elias.
— Elias... répète-t-il d'une voix rauque, savourant chaque syllabe comme un fruit défendu. Elias. C’est aussi beau que ton silence.
L'évocation de mon nom semble rallumer l'incendie dans ses yeux. Il m'embrasse avec une passion renouvelée, mais cette fois, il prend son temps. Ses mains descendent à nouveau vers mes cuisses qu'il écarte avec autorité. L'excitation remonte instantanément, mon sexe se redressant contre son ventre plat. Il saisit un nouveau flacon d'huile, ses doigts déjà experts lubrifiant mon entrée encore béante de son précédent assaut.
— Je n'en ai pas assez d'Elias, grogne-t-il alors qu'il se repositionne entre mes jambes. Je veux sentir chaque recoin de toi à nouveau. Je veux te remplir jusqu'à ce que tu ne puisses plus rien contenir d'autre que moi.
Il soulève mes jambes pour les placer sur ses épaules, m'ouvrant totalement à lui dans une posture de vulnérabilité absolue. Il saisit sa verge, de nouveau tendue et pulsante, et l'aligne contre mon intimité. D'une poussée lente, délibérée, il s'enfonce en moi. Je lâche un cri de pur plaisir, mes mains griffant ses bras musclés. Cette fois, la pénétration est plus profonde, plus intense, car il prend le temps de sentir chaque muscle se contracter autour de lui.
Il commence un va-et-vient d'une régularité métronomique, chaque coup de rein nous rapprochant un peu plus de l'extase. Le bruit de nos chairs qui s'entrechoquent résonne à nouveau, plus lourd, plus gras. Adrien se penche pour mordre mon épaule, ses gémissements se mêlant aux miens.
— Oui, Elias... comme ça... tu es à moi...
Il accélère, sa respiration devenant un râle animal. Je sens la pression monter, cette électricité qui sature mes nerfs. Il me saisit les hanches avec une force brutale, ses doigts s'enfonçant dans ma chair, et il donne des coups de reins d'une violence pornographique, cherchant à atteindre le fond de mon être. Je suis au bord de l'explosion, tout mon corps tendu vers ce point de non-retour.
— Adrien ! Adrien ! je hurle, ma voix se brisant sous l'intensité du plaisir.
— Je te remplis, Elias ! Tout entier !
Dans un rugissement qui déchire l'air, il se décharge en moi. Je sens le flot brûlant de sa semence inonder mes entrailles, une chaleur liquide qui se répand par vagues successives. Au même instant, mon propre plaisir jaillit, maculant nos poitrines collées l'une contre l'autre. Nous restons soudés, pantelants, dans la moiteur de l'étreinte.
Fin du chapitre 3.
Le septième et le huitième jour furent une agonie que même mes années d'entraînement au silence ne m'avaient pas préparé à endurer. Chaque heure passée sur cette chaise, sous le regard des curieux, n'était qu'un long cri intérieur. Adrien n'est pas venu. Ni le premier jour, ni le second. L'absence était une lame de fond qui me submergeait, transformant mon immobilité en une torture de chaque seconde.
Le soir, dès que je franchissais le seuil de mon appartement, je m'effondrais. La solitude était devenue insupportable. Je me mettais nu sur mon lit, la peau brûlante d'une fièvre que seul son souvenir pouvait attiser. Je me branlais avec une rage désespérée, fermant les yeux pour tenter de recréer le contact de ses doigts sur mon visage. J'imaginais sa voix, son odeur de cèdre et de sueur, et chaque spasme de plaisir solitaire me laissait plus vide, plus affamé que la veille. Je criais son absence dans l'obscurité, les draps trempés de mon désir inutile.
Puis, le troisième jour après sa disparition, le monde a repris ses couleurs.
Adrien est réapparu. Il traversait la place avec une décontraction insultante, vêtu d'un simple short et d'une chemise à moitié ouverte, dévoilant son torse musclé, parsemé d'un duvet sombre et viril qui captait la lumière du soleil. Il n'avait plus rien de l'homme brisé. Il s'est approché, un grand sourire carnassier aux lèvres, et s'est assis si près que j'ai pu sentir la chaleur irradiant de sa peau.
Il a approché son visage du mien, ses lèvres frôlant presque les miennes, un souffle de défi et de luxure.
— Est-ce que je t'ai manqué ? a-t-il murmuré, sa voix plus profonde, plus assurée. Est-ce que tu as passé ces deux jours à guetter mon ombre ? Je parie que tu n'as pensé qu'à ça... à ce que je pourrais te faire.
Je suis resté de pierre, mais la sueur a commencé à perler sur mon front, trahissant la tempête sous le crâne. J'ai détourné le regard, fixant un point invisible à l'horizon pour ne pas sombrer dans ses yeux.
— Tu sais ce que j'ai envie de faire, maintenant ? a-t-il continué, son monologue devenant une caresse mentale insoutenable. J'ai envie d'explorer chaque centimètre de ce corps que tu tiens si jalousement. Je veux que mes doigts parcourent ta peau, de tes chevilles jusqu'à la racine de tes cheveux. Je veux sentir tes muscles se contracter sous mes lèvres, goûter le sel de ta sueur avec ma langue. Je veux te retourner, t'ouvrir, et te faire gémir jusqu'à ce que tu oublies comment te taire. Je veux que ma langue descende là où tu ne laisses personne aller, que mes mains te possèdent jusqu'à ce que tu ne sois plus qu'une masse de plaisir entre mes bras.
Sous mon pantalon, mon érection a jailli avec une violence qui m'a arraché un frisson imperceptible. C'était une barre de fer, une exigence de chair qui criait son besoin de lui. Je sentais mon sang battre dans mes tempes, dans mon cou, et dans mon sexe qui pressait contre le tissu.
Adrien a souri de plus belle, voyant que je luttais contre l'évanouissement érotique. Il a glissé sa main vers ma cuisse, remontant lentement. Au moment de se lever, alors que la foule nous entourait sans rien soupçonner, il a glissé ses doigts dans la poche de mon pantalon. Dans le même mouvement, sa paume a écrasé mon érection, une pression ferme, délibérée, incendiaire.
— Demain, on ne jouera plus, a-t-il soufflé à mon oreille.
Il s'est éloigné sans un regard en arrière, me laissant foudroyé sur ma chaise. J'ai terminé la journée dans une transe, chaque seconde étant un combat pour ne pas me toucher là, devant tout le monde. Quand le signal de fin a enfin retenti, j'ai plongé ma main dans ma poche. Mes doigts tremblants en ont sorti une petite carte. Dessus, une adresse était griffonnée d'une écriture nerveuse, masculine.
Je suis rentré chez moi comme un fou, le cœur battant à tout rompre, serrant ce morceau de papier contre ma poitrine comme le trésor qui allait enfin briser mes chaînes.
L'adresse griffonnée sur le papier me mène vers une ruelle étroite, là où les pavés semblent encore imprégnés de la fraîcheur du soir. Mon cœur cogne contre mes côtes comme un prisonnier contre ses barreaux, un rythme sourd qui résonne jusque dans mes tempes. Je gravis les marches d'un vieil immeuble, chaque craquement du bois sous mes pas résonnant comme une sommation, un compte à rebours vers l'inévitable. Devant la porte, je marque un arrêt prolongé. Mes mains tremblent si fort que j'ai du mal à saisir la poignée. Je ne suis plus la statue de la place ; je suis un homme dépouillé de son armure de silence, vulnérable, affamé, réduit à l'état de désir pur.
Je pousse la porte qui n'est pas verrouillée, comme s'il avait su que je n'attendrais pas une seconde de plus. L'appartement est plongé dans une pénombre rousse, seulement éclairé par quelques bougies dont la flamme vacille au rythme de ma respiration saccadée. L'odeur de cèdre, de tabac blond et de sueur masculine m'assaille immédiatement. C’est l’odeur d’Adrien, celle que je traquais sur la place chaque fois que le vent tournait.
Il est là, debout au milieu de la pièce, baigné dans une lumière dorée qui souligne chaque muscle. Il porte toujours son short et sa chemise à moitié ouverte, dévoilant son torse musclé et ce duvet brun qui descend en une ligne fine vers son ventre. Son regard capture le mien et je sens mes jambes se dérober. Il n'y a plus de foule, plus de passants, plus de rôle à jouer. Il y a juste lui, et l'inconnu qu'il a enfin réussi à faire venir à lui.
— Tu es venu, dit-il, sa voix vibrant dans le silence pesant de la pièce. J'ai passé ces trois jours à imaginer ce moment. À imaginer si tu oserais franchir ce seuil sans ton costume de pierre.
Il s'avance lentement, avec une grâce féline qui me donne le vertige. Il réduit l'espace entre nous jusqu'à ce que je sente la chaleur de son corps irradier contre le mien. Ses yeux détaillent mon visage avec une minutie presque douloureuse, s'attardant sur mes lèvres qu'il a effleurées du bout du doigt quelques heures plus tôt.
— Regarde-toi... Tu es là, et tu trembles enfin, murmure-t-il, sa main s'élevant pour frôler ma mâchoire. Je ne connais rien de toi, pas même ton nom, mais j'ai passé chaque seconde de mon absence à te posséder en pensée. J'ai imaginé que je te déshabillais avec cette même lenteur, que je découvrais enfin la chaleur de ta peau sous ce tissu noir. J'ai envie d'explorer chaque centimètre de toi, de sentir ta réaction quand ma langue passera sur ton cou, quand mes dents mordilleront ton épaule. Je veux te voir perdre tout contrôle, je veux que tu sois à moi comme tu ne l'as jamais été à personne.
La tension érotique est si dense qu'elle semble liquide, m'étouffant de plaisir et d'angoisse. Son discours est une caresse obscène qui me pousse au bord du précipice. Je visualise chaque mot : ses mains explorant mes hanches, sa bouche descendant le long de mon torse, l'invasion brutale et délicieuse de son corps contre le mien.
Soudain, le barrage cède. Ce n'est pas un cri, ce n'est pas un sanglot. C'est un murmure, le premier son que je laisse échapper en sa présence, une voix que je n'ai pas utilisée depuis des éternités, rauque, profonde, chargée d'un désir accumulé jusqu'à l'insupportable.
— Adrien... s'il te plaît... ne parle plus. Je t'ai attendu... fais-le.
Le choc électrique est immédiat. En entendant le son de ma voix, en entendant son propre nom franchir mes lèvres pour la première fois avec cette tonalité de supplique et d'abandon, Adrien se fige. Ses pupilles se dilatent jusqu'à envahir son iris. Un frisson violent parcourt ses épaules et je vois ses muscles se contracter sous sa peau. L'excitation qui émane de lui devient presque palpable, une force sauvage qui le transfigure.
— Ta voix... murmure-t-il, le souffle coupé, ses yeux brillant d'une étincelle de pure luxure. Tu as parlé... et tu m'as appelé par mon nom. Tu ne peux pas imaginer ce que ça me fait d'entendre ce son sortir de ta bouche. C'est plus excitant que tout ce que j'avais fantasmé. Entendre cette voix que tu cachais si bien... m'appeler, moi.
Il pose ses deux mains sur mon visage, ses doigts s'enfonçant dans mes cheveux avec une sorte d'urgence fébrile. Son excitation est à son comble. Je sens son érection, massive et pulsante, s'écraser contre la mienne à travers nos vêtements. Le simple fait de l'avoir fait réagir ainsi, de l'avoir vu vaciller sous le son de ma voix, me donne une puissance érotique nouvelle.
— Dis-le encore, ordonne-t-il, son visage n'étant plus qu'à quelques millimètres du mien. Appelle-moi encore. Je veux t'entendre gémir mon nom pendant que je t'apprendrai ce que c'est que de n'être plus une statue. Je veux que cette voix ne serve plus qu'à me dire ton plaisir, à me demander d'aller plus loin, plus fort. Je vais te faire oublier ce silence, l'inconnu. Je vais te faire vibrer jusqu'à ce que tu n'aies plus de souffle.
Je pose mes mains sur son torse, mes doigts se perdant dans les poils bruns et doux de son poitrail. Je sens son cœur battre comme un tambour de guerre, rapide, puissant. Je ne cherche plus à détourner le regard. Je plonge dans le sien, acceptant l'incendie.
— Prends-moi, Adrien, je murmure encore, ma voix vibrant contre ses lèvres. Je suis à toi.
Il lâche un grognement sourd, sa main glissant derrière ma nuque pour me maintenir fermement, écrasant son corps contre le mien dans une étreinte qui promet l'extase, savourant chaque seconde de ce moment où le mystère et la chair se rencontrent enfin.
Adrien lâche un grognement qui n’a plus rien d’humain. Le son de ma voix appelant son nom a brisé les dernières chaînes de sa retenue. Il me propulse violemment contre le mur de l’entrée, ses mains s’enfonçant dans mes épaules avec une force qui me fait gémir de douleur et de plaisir mêlés. Avant même que je puisse reprendre mon souffle, ses lèvres s’écrasent sur les miennes. Ce n’est pas un baiser, c’est une invasion. Sa langue force le passage, explorant ma bouche avec une faim dévastatrice, réclamant chaque recoin, chaque souffle.
Je réponds avec la même rage. Je m'accroche à ses cheveux bruns, mes doigts s'emmêlant dans ses boucles humides pendant que ma propre langue lutte contre la sienne. Sous nos pantalons, nos sexes s'entrechoquent, deux barres de fer qui cherchent à fusionner. Adrien descend une main entre nous et empoigne mon érection à travers le tissu de mon costume. Il serre si fort que je cambre le dos, un cri rauque mourant dans sa gorge.
— Je vais te sortir de là, grogne-t-il contre mon cou.
Il arrache les derniers boutons de ma chemise, les envoyant voler dans la pièce. Il m'ouvre le pantalon et le fait glisser avec mes sous-vêtements jusqu’à mes chevilles dans un mouvement brusque. Je suis nu, offert à son regard dévorant sous la lueur des bougies. Il prend mon sexe en main, sa paume large et chaude entourant ma verge palpitante. Il commence un va-et-vient frénétique, ses yeux fixés sur les miens.
— Regarde-toi... regarde comme tu es dur pour moi. Trois jours que je ne pense qu'à ça... à te voir comme ça.
Il me fait basculer sur le lit sans ménagement. Je retombe sur les draps frais, les jambes écartées, tandis qu'il se débarrasse de ses propres vêtements avec une urgence animale. Quand il retire son short, son sexe jaillit, massif, sombre, parcouru de veines saillantes. Il est magnifique, une bête de muscles et de poils. Il monte sur le lit et s’installe entre mes jambes, son poids m’écrasant délicieusement.
Il se penche et commence à me lécher le torse, ses dents mordillant mes pectoraux, sa langue descendant vers mon nombril. Ses mains agrippent mes cuisses, les ouvrant au maximum. Il attrape mon sexe et le sien ensemble, les frottant l'un contre l'autre, mélangeant nos sécrétions pré-éjaculatoires. La sensation de nos deux chairs brûlantes glissant l'une contre l'autre me fait perdre la raison.
— Adrien... Adrien, s'il te plaît... murmure-je dans un souffle erratique.
— Dis-le encore ! ordonne-t-il en me saisissant les poignets pour les plaquer au-dessus de ma tête. Dis mon nom pendant que je te prends !
Il s'empare d'un flacon d'huile sur la table de nuit, en verse une généreuse quantité sur ses doigts et sur son membre. Sans me quitter du regard, il enfonce deux doigts en moi d'un coup sec. Je pousse un cri qui déchire le silence de la chambre, mes hanches se soulevant convulsivement. Il ne s'arrête pas, il ajoute un troisième doigt, élargissant mon intimité avec une brutalité maîtrisée, cherchant ma prostate. Quand il la trouve, je lâche un gémissement brisé, ma tête se renversant en arrière.
— Oui... comme ça... tu es si serré, putain...
Il retire ses doigts et saisit ses hanches. Il positionne son gland contre mon entrée, là où je suis déjà brûlant et béant. D'une poussée brutale, il s'enfonce en moi tout entier. Je hurle son nom, mon corps se tendant comme un arc sous le choc de l'invasion. Il est si gros, si profond, qu'il semble toucher mon âme.
Il commence à marteler mes hanches avec un rythme bestial. Chaque coup de rein est une déflagration de plaisir pur. Le bruit de nos peaux qui s'entrechoquent, les gémissements rauques d'Adrien à mon oreille, l'odeur de sueur et de sexe qui sature l'air... tout est devenu pornographique, cru, sauvage. Il ne me ménage pas.
Soudain, il se penche tout près de mon oreille, son souffle brûlant me faisant frissonner, et il lâche d'une voix gutturale, chargée de luxure :
— J’ai envie de te vider... j’ai envie de te remplir...
Il me retourne brusquement, me mettant à quatre pattes. Il m’agrippe par les hanches, ses doigts s’enfoncent dans ma chair, et il me reprend par derrière avec une fureur redoublée. Sa verge s’enfonce en moi jusqu’à la garde, frappant ma prostate à chaque mouvement. Ma propre érection frotte contre les draps, m’amenant au bord de l’explosion. Je suis une masse de nerfs et de plaisir, totalement soumis à son assaut.
Il accélère encore, ses mouvements devenant saccadés, ses muscles saillants sous la sueur. Je sens la chaleur monter en moi, une marée irrésistible.
— Je vais venir... Adrien... je vais venir !
— Fais-le sur les draps ! Je veux te voir jouir sans te toucher !
Il donne quelques derniers coups de reins d'une violence inouïe. Dans un spasme final, je lâche un cri déchirant et mon sperme jaillit en jets puissants, maculant le matelas devant moi. Au même instant, Adrien pousse un rugissement animal et décharge sa semence brûlante au plus profond de moi, son corps secoué de tremblements violents alors qu'il vide chaque goutte en moi.
Il s'écroule sur mon dos, haletant, son cœur battant contre mes omoplates. Nous restons ainsi de longues minutes, soudés par la sueur et le plaisir
Le silence qui retombe sur la chambre est épais, presque solide, saturé par l'odeur de la sueur, du sexe et de la cire chaude. Adrien ne s'est pas retiré tout de suite ; il reste là, son corps lourd et puissant écrasant le mien contre le matelas, son sexe encore logé au plus profond de mes entrailles comme pour marquer son territoire. Je sens son cœur ralentir progressivement contre mes omoplates, un tambour régulier qui remplace le rythme frénétique de nos corps qui s'entrechoquaient il y a un instant. C’est un moment de grâce absolue, une suspension du temps où je ne suis plus l’artiste de marbre, mais simplement un homme comblé.
Lentement, avec une tendresse qui contraste violemment avec la bestialité de l'acte précédent, Adrien commence à bouger. Ses lèvres se posent sur ma nuque, déposant des baisers légers, presque timides, sur ma peau encore brûlante. Il remonte le long de ma colonne vertébrale, sa langue traçant une ligne de feu jusqu'à la racine de mes cheveux. Ses mains, qui m'agrippaient tout à l'heure avec une force sauvage, se font caressantes, explorant mes flancs et mes hanches avec une dévotion nouvelle.
Il finit par se retirer doucement de moi, un glissement humide qui me fait frissonner, et me fait pivoter pour que je sois allongé sur le dos, face à lui. Il se penche au-dessus de moi, ses boucles brunes en bataille encadrant son visage aux traits enfin apaisés. Il plonge ses yeux dans les miens, une intensité brûlante y subsiste, mais la faim prédatrice a laissé place à une curiosité infinie.
— J’ai eu l’impression de te connaître depuis toujours en te regardant sur cette place, murmure-t-il en caressant ma joue du bout des doigts. J’ai pris ton corps, j’ai entendu ta voix... mais je ne sais toujours pas quel est ton nom. Je ne sais pas qui est l'homme qui a brisé toutes mes certitudes.
Il rapproche son visage du mien, son nez frôlant le mien dans une intimité troublante.
— Dis-le moi, souffle-t-il. Comment t’appelles-tu ?
Je prends une inspiration saccadée. Dire mon nom, c’est laisser tomber le dernier rempart, c’est offrir mon identité à celui qui a déjà pris mon corps. Je le regarde, et pour la première fois, je n'ai plus peur de me perdre.
— Elias. Je m'appelle Elias.
— Elias... répète-t-il d'une voix rauque, savourant chaque syllabe comme un fruit défendu. Elias. C’est aussi beau que ton silence.
L'évocation de mon nom semble rallumer l'incendie dans ses yeux. Il m'embrasse avec une passion renouvelée, mais cette fois, il prend son temps. Ses mains descendent à nouveau vers mes cuisses qu'il écarte avec autorité. L'excitation remonte instantanément, mon sexe se redressant contre son ventre plat. Il saisit un nouveau flacon d'huile, ses doigts déjà experts lubrifiant mon entrée encore béante de son précédent assaut.
— Je n'en ai pas assez d'Elias, grogne-t-il alors qu'il se repositionne entre mes jambes. Je veux sentir chaque recoin de toi à nouveau. Je veux te remplir jusqu'à ce que tu ne puisses plus rien contenir d'autre que moi.
Il soulève mes jambes pour les placer sur ses épaules, m'ouvrant totalement à lui dans une posture de vulnérabilité absolue. Il saisit sa verge, de nouveau tendue et pulsante, et l'aligne contre mon intimité. D'une poussée lente, délibérée, il s'enfonce en moi. Je lâche un cri de pur plaisir, mes mains griffant ses bras musclés. Cette fois, la pénétration est plus profonde, plus intense, car il prend le temps de sentir chaque muscle se contracter autour de lui.
Il commence un va-et-vient d'une régularité métronomique, chaque coup de rein nous rapprochant un peu plus de l'extase. Le bruit de nos chairs qui s'entrechoquent résonne à nouveau, plus lourd, plus gras. Adrien se penche pour mordre mon épaule, ses gémissements se mêlant aux miens.
— Oui, Elias... comme ça... tu es à moi...
Il accélère, sa respiration devenant un râle animal. Je sens la pression monter, cette électricité qui sature mes nerfs. Il me saisit les hanches avec une force brutale, ses doigts s'enfonçant dans ma chair, et il donne des coups de reins d'une violence pornographique, cherchant à atteindre le fond de mon être. Je suis au bord de l'explosion, tout mon corps tendu vers ce point de non-retour.
— Adrien ! Adrien ! je hurle, ma voix se brisant sous l'intensité du plaisir.
— Je te remplis, Elias ! Tout entier !
Dans un rugissement qui déchire l'air, il se décharge en moi. Je sens le flot brûlant de sa semence inonder mes entrailles, une chaleur liquide qui se répand par vagues successives. Au même instant, mon propre plaisir jaillit, maculant nos poitrines collées l'une contre l'autre. Nous restons soudés, pantelants, dans la moiteur de l'étreinte.
Fin du chapitre 3.
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