Putain d'homophobe (24)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 12-09-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
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Chapitre 24
Après le départ brutal de Dimitry, le silence est retombé sur mon appartement, plus lourd et plus étouffant qu'avant. J’ai passé trois jours entiers dans une agonie silencieuse, sans la moindre nouvelle. Pas un mot, pas une insulte, rien. Je restais assis sur mon canapé, fixant mon téléphone jusqu’à ce que mes yeux me brûlent, dévoré par la certitude qu’il m’avait déjà oublié ou qu’il s’était lassé de mon aveu à demi-mot. Ma jalousie envers Cassandra, ma sœur, atteignait des sommets maladifs ; je l'imaginais avec lui, profitant de sa présence tandis que je n'étais qu'une ombre en congé.
Puis, au troisième jour, l'écran s'est enfin allumé, brisant ce vide insupportable. Un message de lui. Je l'ai lu d'une traite, le cœur battant à m'en rompre les côtes :
« Je ne bosse pas demain. J’ai menti à Cassandra, je lui ai dit que j’avais un gros déménagement assez loin et que je ne rentrerais que le surlendemain. Je vais passer la journée et la nuit chez toi, Pierrick. Prépare-toi, j'ai des choses à te dire. »
Cette dernière phrase me laissait totalement perplexe. « J'ai des choses à te dire. » Pour la première fois, il n'y avait aucune insulte, aucun qualificatif humiliant. Ce ton sérieux, presque grave, me faisait frissonner. S’était-il rendu compte que mes sentiments rendaient notre relation trop risquée ? Venait-il pour rompre ce lien ou pour m'imposer de nouvelles règles encore plus strictes ? L'angoisse se mélangeait à une excitation fébrile. Le fait qu'il élabore un tel mensonge pour ma sœur — s'inventant des kilomètres de route et des camions à charger juste pour rester avec moi — nourrissait mon amour autant que ma culpabilité.
Malgré mon trouble, une énergie frénétique s'est emparée de moi. Il allait passer vingt-quatre heures sous mon toit. C’était la première fois qu’il ne venait pas en coup de vent pour évacuer sa tension de déménageur. Je voulais que tout soit absolument parfait pour l'accueillir, que mon appartement soit le reflet de ma soumission et de mon respect pour lui.
Je me suis lancé dans un ménage complet, presque maniaque. J'ai frotté chaque centimètre carré de mon intérieur avec une minutie chirurgicale. J'ai fait briller le sol, dépoussiéré chaque étagère et lavé les vitres pour que la lumière du lendemain soit sans tache. J'ai changé mes draps, lissant le tissu avec soin, imaginant déjà son corps massif s'y installer pour la nuit. En nettoyant, je ne pensais qu'à lui, à la force de ses bras, à la manière dont il allait s'approprier cet espace que j'ordonnais pour lui. Chaque geste était une preuve d'amour silencieuse.
Une fois l'appartement impeccable, je suis allé faire des courses pour que rien ne manque. Je marchais dans les rayons comme dans un rêve, choisissant avec soin ce qu'il préférait : son vin blanc, une viande de qualité, de quoi préparer un petit-déjeuner consistant pour le lendemain matin. Chaque article déposé dans mon panier était une pensée pour lui, une façon de me préparer à ces « choses » qu'il avait à me dire.
En rentrant, j'ai tout organisé avec une précision obsessionnelle. J'ai pris une longue douche, frottant ma peau pour qu'elle soit douce, tout en sentant sous mes doigts le relief de mon tatouage dans le bas de mon dos. Demain, il allait franchir cette porte après avoir menti à Cassandra, et nous serions seuls face à face pour une journée et une nuit entière. J'étais prêt, mon appartement était transformé en un sanctuaire pour lui, mais mon esprit, lui, restait hanté par cette mystérieuse confidence qu'il s'apprêtait à me faire.
Le lendemain matin, à l'heure où il aurait dû charger son camion, Dimitry a frappé à ma porte. Lorsqu'il est entré avec son petit sac de voyage, l'air n'était plus à la violence immédiate. Il a jeté un regard circulaire sur mon appartement, notant l'ordre maniaque, l'odeur du propre et le soin que j'avais mis à tout préparer pour lui. Son regard s'est posé sur moi, puis sur le salon, et un silence pesant s'est installé, une tension différente de celle du sexe : c'était la gravité de ce qu'il avait à me dire.
Il s'est assis lourdement sur mon canapé, me faisant signe de m'approcher. Je me suis exécuté, le cœur battant à tout rompre, me tenant debout devant lui comme un accusé.
— Il y a trois jours, sur le pas de la porte, tu m'as balancé des trucs, Pierrick, a-t-il commencé d'une voix sourde, dépourvue de ses moqueries habituelles. Tu as parlé de douleur, d'exister à travers moi... Je pense avoir compris ce que tu essayais de me dire ce soir-là, mais je ne suis pas sûr. Et je ne veux pas de malentendu entre nous. Alors, explique-toi. Dis-moi clairement ce que tu as sur le cœur.
Mes jambes ont vacillé. Je sentais le rouge me monter aux joues, une honte immense se mélangeant à mon désir. J'ai instinctivement baissé les yeux vers mes pieds, incapable de soutenir son regard d'acier. Ma voix tremblait, étouffée par l'émotion :
— C'est... c'est que je ne me contente plus seulement de tes visites... Je pense à toi tout le temps, Dimitry. J'en suis arrivé à un point où... j'aimerais être à la place de ma sœur.
— Regarde-moi, a-t-il coupé d'un ton sec, mais sans la cruauté habituelle. Regarde-moi quand tu me dis ça. Ne baisse pas les yeux. Si tu as des choses à me dire, assume-les en me regardant en face.
J'ai lentement relevé la tête. Ses yeux fouillaient les miens, impitoyables. Soutenir son regard était plus éprouvant que n'importe quelle séance de soumission.
— Je t'aime, Dimitry, ai-je fini par lâcher dans un souffle, les larmes au bord des paupières. Ce n'est pas seulement le tatouage, ce n'est pas seulement quand tu me prends. C'est tout. J'aime ta voix, j'aime ta force. J'en crève d'être le secret, l'ombre... Je voudrais être celui qui partage ta vie, celui qui a le droit de t'aimer au grand jour. Je donnerais tout pour être à sa place, pour être celui que tu rejoins officiellement chaque soir. Depuis ce qui s'est passé il y a trois jours, je ne vis plus, je ne fais que t'attendre.
Après mon aveu, le silence est devenu assourdissant. Dimitry est resté immobile, le visage de marbre, ses traits marqués par une concentration intense. Il a pris énormément de temps avant de répondre. Il a passé une main sur son visage, a regardé les murs de mon salon que j'avais briqués pour lui, puis s'est levé pour marcher lentement dans la pièce. Ses pas lourds faisaient craquer le sol, marquant chaque seconde de ma torture. L'attente était insupportable.
Il s'est finalement arrêté juste devant moi, si près que je sentais la chaleur de son corps et l'odeur de sa peau. Il n'a pas dit qu'il m'aimait. Il n'a pas parlé de sentiments romantiques, et je savais qu'il n'était pas prêt à franchir ce pas. Mais ses mots, prononcés avec une gravité inhabituelle, ont eu un impact immense.
— Écoute-moi bien, a-t-il dit d'une voix posée. Je ne suis pas un homme de grands discours. Mais si je suis ici aujourd'hui, si j'ai inventé ce mensonge à Cassandra pour passer vingt-quatre heures, enfermé avec toi, ce n'est pas uniquement pour le sexe.
Il a marqué une pause, fixant mes yeux avec une intensité qui me transperçait.
— J'aime être en ta compagnie, Pierrick. Vraiment. Il y a un truc entre nous que je ne trouve nulle part ailleurs. Quand je suis avec toi, quelque chose se pose. Je ne veux pas perdre ça. Je ne veux pas que tu t'éloignes ou que tu sortes de ma vie. Ce lien qu'on a... c'est spécial pour moi aussi. Je ne sais pas comment appeler ça, et je ne te promets pas de changer ma vie, mais sache que tu comptes assez pour que je mente et que je prenne ces risques.
Ces mots ont agi comme un baume sur mes plaies. Il ne m'offrait pas la place de ma sœur, mais il m'offrait une place unique et indispensable dans la sienne. La jalousie brûlait toujours, mais savoir qu'il chérissait ma présence autant que je chérissais la sienne me donnait une force nouvelle. Il m'a pris le visage entre ses mains, ses pouces caressant mes joues.
— Maintenant que c'est dit, on ne va pas passer la journée à discuter, a-t-il murmuré avec le retour de ce petit éclat de domination dans le regard. On a toute une journée et une nuit devant nous. Et je compte bien te montrer, à ma façon, à quel point j'apprécie d'être ici.
La matinée était encore jeune, la lumière d’hiver filtrait doucement à travers les rideaux que j’avais lavés la veille. Dans mon salon impeccable, l’air était chargé d’une électricité nouvelle, plus dense, plus lourde. Dimitry me fixait, ses mains encore posées sur mon visage, et je sentais que le temps des paroles était révolu. Il n'allait pas me dire qu'il m'aimait, mais il allait utiliser mon corps pour confirmer ce qu'il venait d'avouer : que ma présence lui était devenue indispensable.
Sans me quitter des yeux, il recula d'un pas et désigna la table de la salle à manger, celle que j'avais briquée avec tant de soin.
— Mets-toi dessus, Pierrick. Maintenant.
L'ordre était calme, presque murmuré, ce qui le rendait encore plus terrifiant. Je m’exécutai, le cœur battant, me hissant sur le bois froid. Il s'approcha et commença à me déshabiller avec une lenteur calculée, ses doigts effleurant ma peau avec une précision qui me faisait frissonner. Une fois nu, je me sentis vulnérable, offert. Il écarta mes jambes et se logea entre elles, son jean rugueux frottant contre l'intérieur de mes cuisses.
Il se pencha et, pour la première fois, il m'embrassa. Ce n'était pas un baiser de soumission, mais un baiser profond, presque affamé, où nos langues se cherchaient avec une urgence nouvelle. C’était la tendresse brutale d’un homme qui ne sait pas comment dire les choses autrement. Ses mains descendirent pour saisir mes fesses et, d'un mouvement puissant, il me ramena vers lui pour me pénétrer. Je poussai un cri sourd, les yeux rivés au plafond. La sensation était dévastatrice : il était en moi, occupant tout l'espace, brisant l'ordre parfait de mon appartement par ses va-et-vient réguliers et profonds. Chaque poussée faisait vibrer la table, un bruit sourd qui résonnait dans le silence de la matinée.
Après ce premier assaut, il me fit descendre de la table. Mes jambes étaient flageolantes, mon corps encore vibrant de lui. Il me poussa sur le tapis du salon, celui que j'avais aspiré si méticuleusement.
— À quatre pattes, ordonna-t-il en retirant enfin ses vêtements de travail.
Je m'exécutai, le visage enfoui dans les fibres du tapis. Je sentis son poids massif s'abattre sur mon dos, m'écrasant contre le sol. Il me saisit par les hanches, ses doigts s'ancrant dans ma chair, et me reprit par-derrière avec une force renouvelée. La position était purement dominatrice, humiliante et exaltante à la fois. À chaque coup de boutoir, ma tête heurtait le sol, mais je m'en fichais. J'étais son territoire, son sanctuaire caché.
Soudain, il ralentit le rythme. Il se pencha pour embrasser mon tatouage royal dans le bas de mon dos, un geste d'une douceur inattendue qui me fit monter les larmes aux yeux. C'était sa façon de me dire que cette marque lui appartenait, que j'étais sien au-delà de la chair. Puis, la brutalité reprit le dessus. Il accéléra, ses mains remontant pour m'attraper la gorge, me forçant à lever la tête pour le regarder dans le miroir du salon. Je voyais mon visage déformé par le plaisir et la douleur, et le sien, dur, concentré, ses muscles bandés par l'effort. Il se vida en moi dans un râle étouffé, m'écrasant une dernière fois contre le tapis avant de s'effondrer sur moi, son souffle chaud brûlant ma nuque.
Nous restâmes ainsi de longues minutes, deux corps mêlés au milieu d'un appartement dont l'ordre avait volé en éclats. Dimitry finit par se redresser. Il me prit par les aisselles pour m'aider à me lever, ses gestes étaient étonnamment prévenants. Il m'emmena vers le canapé et me fit m'asseoir sur lui, à califourchon, mon corps encore maculé de nos fluides.
Dans cette position intime, nos visages étaient à la même hauteur. Il ne cherchait pas à fuir. Il me caressa les cheveux, ses mains calleuses contrastant avec la douceur de mes mèches.
— Tu es à moi, Pierrick, murmura-t-il, les yeux plongés dans les miens. Ici, dans cet appart, il n'y a personne d'autre. Pas de Cassandra, pas de mensonges. Juste toi et moi.
Il me reprit une troisième fois, plus lentement, plus tendrement. C’était une danse lente, une communion où chaque mouvement était une réponse à mon aveu de la matinée. Je sentais son cœur battre contre le mien, une synchronisation parfaite qui me faisait oublier tout le reste. La journée ne faisait que commencer, et j'étais déjà épuisé, comblé et terrifié par la force de ce lien. Pour la première fois, j'avais l'impression que ce n'était pas seulement une session de sexe, mais une véritable prise de possession de mon âme par cet homme qui ne savait pas dire "je t'aime".
L'atmosphère dans la cuisine était devenue presque irréelle. La vapeur qui s'échappait de la casserole floutait les contours de la pièce, créant un cocon d'intimité où seuls comptaient nos deux corps nus. Je m'appliquais à hacher finement les herbes, le bruit régulier du métal contre le bois étant le seul témoin de ma nervosité persistante. C'est à ce moment-là que je sentis son ombre s'allonger sur moi.
Dimitry ne se contenta pas de s'approcher ; il se moula littéralement contre mon dos. La sensation fut électrique. Sa poitrine large et musclée s'écrasa contre mes omoplates, et je sentis immédiatement la chaleur irradiante de sa peau nue contre la mienne. Il était bien plus grand que moi, et sa carrure m'enveloppait totalement, m'encerclant comme une forteresse de chair.
Ses mains, ces mains de déménageur habituées à soulever des poids morts, se posèrent avec une légèreté déconcertante sur mes hanches. Ses doigts s'ancrèrent dans ma chair, non pas pour me faire mal, mais pour me stabiliser. Puis, lentement, l'une de ses mains commença à remonter le long de mes côtes, effleurant chaque muscle, chaque grain de peau, jusqu'à atteindre mon torse. Son autre main descendit pour caresser le bas de mon dos, là où la peau est la plus sensible.
Il s'attarda longuement sur mon tatouage. Je sentis son index tracer les contours de la couronne, une caresse possessive qui me fit fermer les yeux. C'était un geste d'une tendresse brute. Son souffle chaud vint s'échouer contre ma nuque, provoquant une cascade de frissons qui moururent au creux de mes reins.
— C'est bien, Pierrick... murmura-t-il, sa voix vibrant contre mon dos. Tu es tellement obéissant quand tu veux.
Il ne se retira pas. Au contraire, il tendit le bras par-dessus mon épaule pour saisir le couteau que je venais de poser. Son bras, tendu et veineux, barrait mon champ de vision. Pendant plusieurs minutes, nous restâmes ainsi, soudés l'un à l'autre. Il commença à m'aider à préparer les légumes, ses mouvements se synchronisant avec les miens.
À chaque fois qu'il bougeait pour atteindre un ingrédient, son corps glissait contre le mien. Je sentais la rugosité de ses cuisses contre l'arrière des miennes, le contact brûlant de son sexe au repos qui pressait contre mes fesses. C'était une torture volontaire. Par moments, il s'arrêtait de couper pour poser son menton sur mon épaule, observant mon travail, ses mains revenant sans cesse caresser mon ventre ou mon torse.
Il y avait quelque chose de profondément troublant dans cette manière de me toucher. Ce n'était plus l'agression sexuelle des débuts, c'était une exploration minutieuse, presque admirative. Il prenait possession de chaque centimètre de ma peau avec une patience infinie. Une fois, il attrapa doucement mon lobe d'oreille avec ses dents, m'arrachant un soupir de plaisir que je ne pus réprimer.
— Tu frissonnes, petite chose, ricana-t-il doucement, mais sans méchanceté. Tu aimes quand je suis doux, hein ?
Nous avons fini de préparer ce déjeuner ensemble, dans un ballet silencieux et parfaitement coordonné. Lorsque tout fut prêt, nous avons apporté les plats sur la table, toujours dans cet état de nudité totale qui nous rendait égaux devant le désir. S'asseoir en face de lui, voir son corps puissant exposé ainsi à la lumière du jour, sans aucun artifice, me donnait le vertige.
Chaque mouvement qu'il faisait pour se servir, chaque muscle qui se contractait dans son bras lorsqu'il levait son verre de vin blanc, m'hypnotisait. Sous la table, ses pieds vinrent s'entrelacer aux miens. Ce contact constant, cette chaleur partagée entre nos jambes nues, prolongeait l'intimité de la cuisine. Nous mangions en nous regardant dans les yeux, et pour la première fois, je voyais en lui un homme qui ne cherchait plus seulement à dominer, mais à savourer chaque seconde de cette parenthèse interdite qu'il avait volée à Cassandra.
L'alcool commençait à détendre mes nerfs, mais il attisait aussi le feu qui couvait en nous. Le repas n'était qu'un prélude, une mise en bouche avant que cette journée et cette nuit ne nous emmènent là où aucun mensonge ne pourrait plus nous protéger.
Fin du chapitre 24.
Après le départ brutal de Dimitry, le silence est retombé sur mon appartement, plus lourd et plus étouffant qu'avant. J’ai passé trois jours entiers dans une agonie silencieuse, sans la moindre nouvelle. Pas un mot, pas une insulte, rien. Je restais assis sur mon canapé, fixant mon téléphone jusqu’à ce que mes yeux me brûlent, dévoré par la certitude qu’il m’avait déjà oublié ou qu’il s’était lassé de mon aveu à demi-mot. Ma jalousie envers Cassandra, ma sœur, atteignait des sommets maladifs ; je l'imaginais avec lui, profitant de sa présence tandis que je n'étais qu'une ombre en congé.
Puis, au troisième jour, l'écran s'est enfin allumé, brisant ce vide insupportable. Un message de lui. Je l'ai lu d'une traite, le cœur battant à m'en rompre les côtes :
« Je ne bosse pas demain. J’ai menti à Cassandra, je lui ai dit que j’avais un gros déménagement assez loin et que je ne rentrerais que le surlendemain. Je vais passer la journée et la nuit chez toi, Pierrick. Prépare-toi, j'ai des choses à te dire. »
Cette dernière phrase me laissait totalement perplexe. « J'ai des choses à te dire. » Pour la première fois, il n'y avait aucune insulte, aucun qualificatif humiliant. Ce ton sérieux, presque grave, me faisait frissonner. S’était-il rendu compte que mes sentiments rendaient notre relation trop risquée ? Venait-il pour rompre ce lien ou pour m'imposer de nouvelles règles encore plus strictes ? L'angoisse se mélangeait à une excitation fébrile. Le fait qu'il élabore un tel mensonge pour ma sœur — s'inventant des kilomètres de route et des camions à charger juste pour rester avec moi — nourrissait mon amour autant que ma culpabilité.
Malgré mon trouble, une énergie frénétique s'est emparée de moi. Il allait passer vingt-quatre heures sous mon toit. C’était la première fois qu’il ne venait pas en coup de vent pour évacuer sa tension de déménageur. Je voulais que tout soit absolument parfait pour l'accueillir, que mon appartement soit le reflet de ma soumission et de mon respect pour lui.
Je me suis lancé dans un ménage complet, presque maniaque. J'ai frotté chaque centimètre carré de mon intérieur avec une minutie chirurgicale. J'ai fait briller le sol, dépoussiéré chaque étagère et lavé les vitres pour que la lumière du lendemain soit sans tache. J'ai changé mes draps, lissant le tissu avec soin, imaginant déjà son corps massif s'y installer pour la nuit. En nettoyant, je ne pensais qu'à lui, à la force de ses bras, à la manière dont il allait s'approprier cet espace que j'ordonnais pour lui. Chaque geste était une preuve d'amour silencieuse.
Une fois l'appartement impeccable, je suis allé faire des courses pour que rien ne manque. Je marchais dans les rayons comme dans un rêve, choisissant avec soin ce qu'il préférait : son vin blanc, une viande de qualité, de quoi préparer un petit-déjeuner consistant pour le lendemain matin. Chaque article déposé dans mon panier était une pensée pour lui, une façon de me préparer à ces « choses » qu'il avait à me dire.
En rentrant, j'ai tout organisé avec une précision obsessionnelle. J'ai pris une longue douche, frottant ma peau pour qu'elle soit douce, tout en sentant sous mes doigts le relief de mon tatouage dans le bas de mon dos. Demain, il allait franchir cette porte après avoir menti à Cassandra, et nous serions seuls face à face pour une journée et une nuit entière. J'étais prêt, mon appartement était transformé en un sanctuaire pour lui, mais mon esprit, lui, restait hanté par cette mystérieuse confidence qu'il s'apprêtait à me faire.
Le lendemain matin, à l'heure où il aurait dû charger son camion, Dimitry a frappé à ma porte. Lorsqu'il est entré avec son petit sac de voyage, l'air n'était plus à la violence immédiate. Il a jeté un regard circulaire sur mon appartement, notant l'ordre maniaque, l'odeur du propre et le soin que j'avais mis à tout préparer pour lui. Son regard s'est posé sur moi, puis sur le salon, et un silence pesant s'est installé, une tension différente de celle du sexe : c'était la gravité de ce qu'il avait à me dire.
Il s'est assis lourdement sur mon canapé, me faisant signe de m'approcher. Je me suis exécuté, le cœur battant à tout rompre, me tenant debout devant lui comme un accusé.
— Il y a trois jours, sur le pas de la porte, tu m'as balancé des trucs, Pierrick, a-t-il commencé d'une voix sourde, dépourvue de ses moqueries habituelles. Tu as parlé de douleur, d'exister à travers moi... Je pense avoir compris ce que tu essayais de me dire ce soir-là, mais je ne suis pas sûr. Et je ne veux pas de malentendu entre nous. Alors, explique-toi. Dis-moi clairement ce que tu as sur le cœur.
Mes jambes ont vacillé. Je sentais le rouge me monter aux joues, une honte immense se mélangeant à mon désir. J'ai instinctivement baissé les yeux vers mes pieds, incapable de soutenir son regard d'acier. Ma voix tremblait, étouffée par l'émotion :
— C'est... c'est que je ne me contente plus seulement de tes visites... Je pense à toi tout le temps, Dimitry. J'en suis arrivé à un point où... j'aimerais être à la place de ma sœur.
— Regarde-moi, a-t-il coupé d'un ton sec, mais sans la cruauté habituelle. Regarde-moi quand tu me dis ça. Ne baisse pas les yeux. Si tu as des choses à me dire, assume-les en me regardant en face.
J'ai lentement relevé la tête. Ses yeux fouillaient les miens, impitoyables. Soutenir son regard était plus éprouvant que n'importe quelle séance de soumission.
— Je t'aime, Dimitry, ai-je fini par lâcher dans un souffle, les larmes au bord des paupières. Ce n'est pas seulement le tatouage, ce n'est pas seulement quand tu me prends. C'est tout. J'aime ta voix, j'aime ta force. J'en crève d'être le secret, l'ombre... Je voudrais être celui qui partage ta vie, celui qui a le droit de t'aimer au grand jour. Je donnerais tout pour être à sa place, pour être celui que tu rejoins officiellement chaque soir. Depuis ce qui s'est passé il y a trois jours, je ne vis plus, je ne fais que t'attendre.
Après mon aveu, le silence est devenu assourdissant. Dimitry est resté immobile, le visage de marbre, ses traits marqués par une concentration intense. Il a pris énormément de temps avant de répondre. Il a passé une main sur son visage, a regardé les murs de mon salon que j'avais briqués pour lui, puis s'est levé pour marcher lentement dans la pièce. Ses pas lourds faisaient craquer le sol, marquant chaque seconde de ma torture. L'attente était insupportable.
Il s'est finalement arrêté juste devant moi, si près que je sentais la chaleur de son corps et l'odeur de sa peau. Il n'a pas dit qu'il m'aimait. Il n'a pas parlé de sentiments romantiques, et je savais qu'il n'était pas prêt à franchir ce pas. Mais ses mots, prononcés avec une gravité inhabituelle, ont eu un impact immense.
— Écoute-moi bien, a-t-il dit d'une voix posée. Je ne suis pas un homme de grands discours. Mais si je suis ici aujourd'hui, si j'ai inventé ce mensonge à Cassandra pour passer vingt-quatre heures, enfermé avec toi, ce n'est pas uniquement pour le sexe.
Il a marqué une pause, fixant mes yeux avec une intensité qui me transperçait.
— J'aime être en ta compagnie, Pierrick. Vraiment. Il y a un truc entre nous que je ne trouve nulle part ailleurs. Quand je suis avec toi, quelque chose se pose. Je ne veux pas perdre ça. Je ne veux pas que tu t'éloignes ou que tu sortes de ma vie. Ce lien qu'on a... c'est spécial pour moi aussi. Je ne sais pas comment appeler ça, et je ne te promets pas de changer ma vie, mais sache que tu comptes assez pour que je mente et que je prenne ces risques.
Ces mots ont agi comme un baume sur mes plaies. Il ne m'offrait pas la place de ma sœur, mais il m'offrait une place unique et indispensable dans la sienne. La jalousie brûlait toujours, mais savoir qu'il chérissait ma présence autant que je chérissais la sienne me donnait une force nouvelle. Il m'a pris le visage entre ses mains, ses pouces caressant mes joues.
— Maintenant que c'est dit, on ne va pas passer la journée à discuter, a-t-il murmuré avec le retour de ce petit éclat de domination dans le regard. On a toute une journée et une nuit devant nous. Et je compte bien te montrer, à ma façon, à quel point j'apprécie d'être ici.
La matinée était encore jeune, la lumière d’hiver filtrait doucement à travers les rideaux que j’avais lavés la veille. Dans mon salon impeccable, l’air était chargé d’une électricité nouvelle, plus dense, plus lourde. Dimitry me fixait, ses mains encore posées sur mon visage, et je sentais que le temps des paroles était révolu. Il n'allait pas me dire qu'il m'aimait, mais il allait utiliser mon corps pour confirmer ce qu'il venait d'avouer : que ma présence lui était devenue indispensable.
Sans me quitter des yeux, il recula d'un pas et désigna la table de la salle à manger, celle que j'avais briquée avec tant de soin.
— Mets-toi dessus, Pierrick. Maintenant.
L'ordre était calme, presque murmuré, ce qui le rendait encore plus terrifiant. Je m’exécutai, le cœur battant, me hissant sur le bois froid. Il s'approcha et commença à me déshabiller avec une lenteur calculée, ses doigts effleurant ma peau avec une précision qui me faisait frissonner. Une fois nu, je me sentis vulnérable, offert. Il écarta mes jambes et se logea entre elles, son jean rugueux frottant contre l'intérieur de mes cuisses.
Il se pencha et, pour la première fois, il m'embrassa. Ce n'était pas un baiser de soumission, mais un baiser profond, presque affamé, où nos langues se cherchaient avec une urgence nouvelle. C’était la tendresse brutale d’un homme qui ne sait pas comment dire les choses autrement. Ses mains descendirent pour saisir mes fesses et, d'un mouvement puissant, il me ramena vers lui pour me pénétrer. Je poussai un cri sourd, les yeux rivés au plafond. La sensation était dévastatrice : il était en moi, occupant tout l'espace, brisant l'ordre parfait de mon appartement par ses va-et-vient réguliers et profonds. Chaque poussée faisait vibrer la table, un bruit sourd qui résonnait dans le silence de la matinée.
Après ce premier assaut, il me fit descendre de la table. Mes jambes étaient flageolantes, mon corps encore vibrant de lui. Il me poussa sur le tapis du salon, celui que j'avais aspiré si méticuleusement.
— À quatre pattes, ordonna-t-il en retirant enfin ses vêtements de travail.
Je m'exécutai, le visage enfoui dans les fibres du tapis. Je sentis son poids massif s'abattre sur mon dos, m'écrasant contre le sol. Il me saisit par les hanches, ses doigts s'ancrant dans ma chair, et me reprit par-derrière avec une force renouvelée. La position était purement dominatrice, humiliante et exaltante à la fois. À chaque coup de boutoir, ma tête heurtait le sol, mais je m'en fichais. J'étais son territoire, son sanctuaire caché.
Soudain, il ralentit le rythme. Il se pencha pour embrasser mon tatouage royal dans le bas de mon dos, un geste d'une douceur inattendue qui me fit monter les larmes aux yeux. C'était sa façon de me dire que cette marque lui appartenait, que j'étais sien au-delà de la chair. Puis, la brutalité reprit le dessus. Il accéléra, ses mains remontant pour m'attraper la gorge, me forçant à lever la tête pour le regarder dans le miroir du salon. Je voyais mon visage déformé par le plaisir et la douleur, et le sien, dur, concentré, ses muscles bandés par l'effort. Il se vida en moi dans un râle étouffé, m'écrasant une dernière fois contre le tapis avant de s'effondrer sur moi, son souffle chaud brûlant ma nuque.
Nous restâmes ainsi de longues minutes, deux corps mêlés au milieu d'un appartement dont l'ordre avait volé en éclats. Dimitry finit par se redresser. Il me prit par les aisselles pour m'aider à me lever, ses gestes étaient étonnamment prévenants. Il m'emmena vers le canapé et me fit m'asseoir sur lui, à califourchon, mon corps encore maculé de nos fluides.
Dans cette position intime, nos visages étaient à la même hauteur. Il ne cherchait pas à fuir. Il me caressa les cheveux, ses mains calleuses contrastant avec la douceur de mes mèches.
— Tu es à moi, Pierrick, murmura-t-il, les yeux plongés dans les miens. Ici, dans cet appart, il n'y a personne d'autre. Pas de Cassandra, pas de mensonges. Juste toi et moi.
Il me reprit une troisième fois, plus lentement, plus tendrement. C’était une danse lente, une communion où chaque mouvement était une réponse à mon aveu de la matinée. Je sentais son cœur battre contre le mien, une synchronisation parfaite qui me faisait oublier tout le reste. La journée ne faisait que commencer, et j'étais déjà épuisé, comblé et terrifié par la force de ce lien. Pour la première fois, j'avais l'impression que ce n'était pas seulement une session de sexe, mais une véritable prise de possession de mon âme par cet homme qui ne savait pas dire "je t'aime".
L'atmosphère dans la cuisine était devenue presque irréelle. La vapeur qui s'échappait de la casserole floutait les contours de la pièce, créant un cocon d'intimité où seuls comptaient nos deux corps nus. Je m'appliquais à hacher finement les herbes, le bruit régulier du métal contre le bois étant le seul témoin de ma nervosité persistante. C'est à ce moment-là que je sentis son ombre s'allonger sur moi.
Dimitry ne se contenta pas de s'approcher ; il se moula littéralement contre mon dos. La sensation fut électrique. Sa poitrine large et musclée s'écrasa contre mes omoplates, et je sentis immédiatement la chaleur irradiante de sa peau nue contre la mienne. Il était bien plus grand que moi, et sa carrure m'enveloppait totalement, m'encerclant comme une forteresse de chair.
Ses mains, ces mains de déménageur habituées à soulever des poids morts, se posèrent avec une légèreté déconcertante sur mes hanches. Ses doigts s'ancrèrent dans ma chair, non pas pour me faire mal, mais pour me stabiliser. Puis, lentement, l'une de ses mains commença à remonter le long de mes côtes, effleurant chaque muscle, chaque grain de peau, jusqu'à atteindre mon torse. Son autre main descendit pour caresser le bas de mon dos, là où la peau est la plus sensible.
Il s'attarda longuement sur mon tatouage. Je sentis son index tracer les contours de la couronne, une caresse possessive qui me fit fermer les yeux. C'était un geste d'une tendresse brute. Son souffle chaud vint s'échouer contre ma nuque, provoquant une cascade de frissons qui moururent au creux de mes reins.
— C'est bien, Pierrick... murmura-t-il, sa voix vibrant contre mon dos. Tu es tellement obéissant quand tu veux.
Il ne se retira pas. Au contraire, il tendit le bras par-dessus mon épaule pour saisir le couteau que je venais de poser. Son bras, tendu et veineux, barrait mon champ de vision. Pendant plusieurs minutes, nous restâmes ainsi, soudés l'un à l'autre. Il commença à m'aider à préparer les légumes, ses mouvements se synchronisant avec les miens.
À chaque fois qu'il bougeait pour atteindre un ingrédient, son corps glissait contre le mien. Je sentais la rugosité de ses cuisses contre l'arrière des miennes, le contact brûlant de son sexe au repos qui pressait contre mes fesses. C'était une torture volontaire. Par moments, il s'arrêtait de couper pour poser son menton sur mon épaule, observant mon travail, ses mains revenant sans cesse caresser mon ventre ou mon torse.
Il y avait quelque chose de profondément troublant dans cette manière de me toucher. Ce n'était plus l'agression sexuelle des débuts, c'était une exploration minutieuse, presque admirative. Il prenait possession de chaque centimètre de ma peau avec une patience infinie. Une fois, il attrapa doucement mon lobe d'oreille avec ses dents, m'arrachant un soupir de plaisir que je ne pus réprimer.
— Tu frissonnes, petite chose, ricana-t-il doucement, mais sans méchanceté. Tu aimes quand je suis doux, hein ?
Nous avons fini de préparer ce déjeuner ensemble, dans un ballet silencieux et parfaitement coordonné. Lorsque tout fut prêt, nous avons apporté les plats sur la table, toujours dans cet état de nudité totale qui nous rendait égaux devant le désir. S'asseoir en face de lui, voir son corps puissant exposé ainsi à la lumière du jour, sans aucun artifice, me donnait le vertige.
Chaque mouvement qu'il faisait pour se servir, chaque muscle qui se contractait dans son bras lorsqu'il levait son verre de vin blanc, m'hypnotisait. Sous la table, ses pieds vinrent s'entrelacer aux miens. Ce contact constant, cette chaleur partagée entre nos jambes nues, prolongeait l'intimité de la cuisine. Nous mangions en nous regardant dans les yeux, et pour la première fois, je voyais en lui un homme qui ne cherchait plus seulement à dominer, mais à savourer chaque seconde de cette parenthèse interdite qu'il avait volée à Cassandra.
L'alcool commençait à détendre mes nerfs, mais il attisait aussi le feu qui couvait en nous. Le repas n'était qu'un prélude, une mise en bouche avant que cette journée et cette nuit ne nous emmènent là où aucun mensonge ne pourrait plus nous protéger.
Fin du chapitre 24.
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J ai bien aimé j aime ce trouble qui me fait fantasmer
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