Putain d'homophobe (18)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 03-09-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
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Chapitre 18
Le silence de la chambre 412 est tranchant comme une lame. Dimitry est debout devant la glace, reboutonnant sa chemise blanche avec une précision chirurgicale, comme s'il n'avait pas passé la dernière heure à me malmener. Je suis encore étendu sur les draps froissés, le corps marqué par la raideur de ses prises, mais mes yeux sont secs. Pas une larme. Je fixe son dos large, ses trapèzes qui dessinent une silhouette de prédateur sous le tissu fin.
Il se retourne brusquement, ajustant sa cravate sans même me regarder. Sa voix tombe comme une sentence, froide et dénuée de toute émotion humaine.
— Écoute-moi bien, Pierrick. Ce qui vient de se passer ici n'est que l'introduction. Tu vas te lever, te rhabiller et disparaître de cet hôtel. Je pars maintenant. Tu attendras exactement vingt minutes avant de franchir cette porte. Je ne veux pas qu’on nous voit sortir ensemble. Personne ne doit faire le lien.
Il s'approche du lit et pose son pied sur le matelas, juste à côté de ma main, m'obligeant à lever les yeux vers lui.
— Ce soir, tu viens dîner à la maison. Cassandra t'a invité, et tu vas honorer cette invitation. Mais attention : tu arriveras exactement dix minutes après moi. Pas neuf, pas onze. Dix. Tu te gareras un peu plus loin dans la rue. Je veux te voir arriver à pied, le souffle court, pour que je puisse lire ta hâte et ta soumission sur ton visage devant elle.
Il saisit mon menton, ses doigts s'enfonçant dans ma mâchoire.
— Et ne t'avise pas de te doucher ou de changer de vêtements. Je veux que tu portes ce que tu as sur le dos en ce moment. Je veux savoir, quand tu seras assis à ma table, que tu portes encore l'odeur de cette chambre et la trace de mes mains sur toi.
Il me lâche d'un coup sec et quitte la pièce sans un regard en arrière. Le clic de la serrure électronique résonne dans l'air lourd. Je reste là, comptant les secondes, le cœur battant à un rythme que je ne contrôle plus, mais le regard toujours sec.
Je respecte ses ordres à la seconde près. Je gare ma voiture à deux pâtés de maisons. Je marche vite, le vent frais du soir fouettant mon visage, mais mon regard est fixe. J'arrive devant la maison à l'heure exacte. Je vois sa voiture garée devant, le moteur sans doute encore chaud.
Je gravis les marches. Avant même que ma main n'atteigne la sonnette, la porte s'ouvre. Dimitry est là. Il a déjà un verre de whisky à la main, l'air du propriétaire qui inspecte son domaine. Il me regarde de haut, ses yeux bleus sondant mon désarroi avec une satisfaction cruelle. Il voit mon souffle rapide, il voit que je n'ai pas changé de chemise.
— Dix minutes pile, murmure-t-il pour moi seul. Tu apprends vite. Entre.
Il ne s'écarte pas. Je dois me faufiler contre lui dans l'entrée étroite, sentant la chaleur de son corps athlétique à travers nos vêtements. En passant, sa main libre vient presser brutalement mon avant-bras, un avertissement silencieux avant que Cassandra n'apparaisse.
— Pierrick ! Enfin ! Quel plaisir de te voir, s'exclame-t-elle en venant m'embrasser. Tu as l'air... un peu agité. Tu as couru ?
— Il déteste être en retard, répond Dimitry à ma place en posant une main lourde sur mon épaule. C’est une qualité que je commence à apprécier chez lui.
Le repas commence dans la salle à manger où chaque bruit de couvert semble amplifié. Dimitry est assis en face de moi. Il découpe sa viande avec une force tranquille, ses muscles roulant sous sa chemise. Sous la table, le jeu commence.
Il écarte ses jambes et vient coincer les miennes entre ses bottes de cuir. Il m'impose une ouverture forcée, une posture vulnérable qu'il maintient tout en discutant tranquillement de choses banales avec ma sœur. Je ne bronche pas. Je soutiens son regard de glace, acceptant ce mépris.
Soudain, je sens sa main quitter la table. Elle se pose sur ma cuisse. Ses doigts s'ancrent dans ma chair, remontant lentement. Il serre, il malmène ma peau sous le tissu, cherchant à me faire réagir devant elle. Je continue de manger, le visage impassible, mais à l'intérieur, je brûle d'une excitation sombre.
— Pierrick, j'ai une caisse de bouteilles particulièrement lourde à déplacer dans la réserve, lance soudain Dimitry. Viens me donner un coup de main.
Je me lève, les jambes flageolantes. Nous descendons l'escalier vers la cave. Dès que la porte se referme, l'air devient frais, chargé d'odeurs de terre et de poussière. Dimitry ne perd pas de temps. Il m'attrape par les cheveux et me plaque contre le mur de briques.
— Tu aimais ça, n'est-ce pas ? De me sentir sur toi pendant qu'elle te servait à boire ?
Il me retourne avec une brutalité athlétique, me plaquant le visage contre l'étagère de rangement. Il n'y a pas de préliminaires. Il ouvre mon pantalon d'un geste sec. La possession est immédiate, sauvage, au milieu des bouteilles. Il me prend avec une violence métronomique, chaque coup de rein me rappelant ma condition. Mes mains s'agrippent au bois froid, mes yeux fixent l'ombre. Pas une larme. Juste le son de sa respiration rauque et le martèlement de son corps contre le mien.
Il me manipule comme un objet, changeant de position pour que j'entende, tout en haut, le bruit des assiettes que Cassandra déplace. L'audace du lieu et la puissance de Dimitry créent une jouissance si violente que je perds toute notion du temps.
Lorsqu'il finit, il me lâche brusquement. Je reste un instant appuyé contre l'étagère, le corps secoué de spasmes, le souffle court. Il rajuste ses vêtements avec une froideur insultante, lisse sa chemise et ramasse une bouteille.
— Rhabille-toi, ordonne-t-il. On remonte pour le digestif.
Je me rhabille dans le noir, le visage de marbre. Je le suis. Lorsque nous rentrons dans la pièce, je reprends ma place. Dimitry me regarde, un sourire imperceptible aux lèvres.
Le dîner s'est achevé dans une normalité de façade qui me donne la nausée. Voir Dimitry rire avec Cassandra alors que je sens encore le froid du béton de la cave contre mon dos m'a fait réaliser l'ampleur de son pouvoir : il est capable de compartimenter sa vie avec une froideur terrifiante. Lorsque je me lève pour partir, Dimitry se lève d'un bond, attrapant ses clés sur le buffet.
— Je t'accompagne jusqu'à ta caisse, Pierrick. La rue est mal éclairée et y a pas mal de zones d'ombre par ici, lance-t-il d'un ton qui n'admet aucune contestation.
Cassandra nous fait signe de la main depuis le perron. Dès que nous franchissons le portail et que nous nous retrouvons sur le trottoir, loin de son regard, l'air semble se charger d'électricité statique.
Dimitry marche à mes côtés, sa carrure imposante projetant une ombre immense sous les réverbères jaunâtres. Il ne se presse pas. Ses mains sont enfoncées dans les poches de son pantalon, mais je sens sa vigilance braquée sur moi. On avance en silence pendant quelques mètres, le bruit de nos pas cadencés sur le bitume étant le seul son dans la rue déserte.
— T'as été exemplaire ce soir, Pierrick, commence-t-il enfin, sa voix basse vibrant dans l'air frais. T'as respecté les horaires, t'as gardé le silence, et t'as encaissé ce que je t'ai donné dans la cave sans broncher. Je suis fier de toi.
Ces mots — fier de toi — me percutent plus violemment qu'un coup de poing. Mes yeux sont secs, mon regard fixe la ligne d'asphalte devant nous. Je ne ressens aucune tristesse, juste une soif de comprendre l'engrenage dans lequel je suis coincé.
— Pourquoi tu fais ça ? demandé-je soudain, ma voix un peu enrouée. Pourquoi ce jeu ? Pourquoi moi ?
Dimitry s'arrête net sous un réverbère dont l'ampoule grésille. Il se tourne vers moi, m'obligeant à lui faire face. Il réduit l'espace entre nous jusqu'à ce que nos poitrines se frôlent presque.
— Parce que t'en avais besoin, Pierrick. Regarde-toi. Avant qu'on commence tout ça, t'étais qu'un figurant dans ta propre vie. Maintenant, tu existes parce que je te regarde, parce que je te touche. T'as enfin trouvé quelqu'un d'assez fort pour te briser et te reconstruire comme il le veut.
Je soutiens son regard. La peur est toujours là, nichée au creux de mon estomac, mais elle est devenue une alliée, une source d'adrénaline qui me rend plus lucide que jamais.
— Tu penses que je suis ton jouet, continué-je, osant enfin articuler ma pensée. Mais si je n'avais pas voulu de tout ça... si je n'étais pas venu ce soir à l'heure exacte... tu n'aurais rien pu faire. C'est moi qui accepte de te donner ce pouvoir.
Dimitry esquisse un sourire prédateur. Il place une main lourde sur ma nuque, ses doigts s'enfonçant dans ma peau, juste là où la trace rouge commence à s'estomper.
— C'est exactement ce qui rend la chose si intéressante. Tu n'es pas une victime, Pierrick. Tu es un complice. Tu as soif de ta propre perte. Avoue-le. Avoue que t'aimes ne plus avoir le choix quand t'es avec moi. Avoue que t'aimes sentir que je décide de tout, même de ta respiration.
Je sens mon cœur cogner contre mes côtes. Ses paroles mettent à nu une vérité que je tentais de camoufler.
— J'aime... j'aime que tu décides pour moi, murmuré-je, les yeux brûlants de défi. J'aime savoir que rien de ce qui m'arrive n'est de ma faute quand j'obéis à tes ordres. C'est plus facile d'être à toi que d'être à moi.
Dimitry semble savourer ma confession. Sa poigne sur ma nuque se fait presque caressante, mais sans perdre de sa fermeté. Nous reprenons notre marche vers ma voiture garée au bout de la rue sombre.
— C'est bien. L'honnêteté, c'est ce qui nous permettra d'aller plus loin. Puisque t'as été si obéissant et que tu commences à assumer ce que tu es, je vais te récompenser. La prochaine fois qu'on se voit, je te réserve une bonne surprise. Quelque chose de différent. Quelque chose qui te forcera à tester tes limites face aux autres.
— Qu'est-ce que tu prépares ? Qu'est-ce que ça veut dire "face aux autres" ?
Nous sommes arrivés devant ma portière. Dimitry s'appuie contre la voiture, bloquant l'accès. Il me domine de toute sa hauteur, l'ombre de son visage masquant ses intentions.
— Si je te le disais, ce ne serait plus une surprise. Disons simplement que jusqu'à présent, on était dans l'intimité, dans le secret de la cave ou de l'hôtel. La prochaine fois, je veux voir si tu es capable de rester à moi, de m'appartenir totalement, même quand le monde extérieur nous entoure. Tu vas apprendre ce que signifie vraiment être la propriété de quelqu'un, Pierrick.
Il se penche, son visage si proche du mien que je sens l'odeur du whisky sur ses lèvres. Il ne m'embrasse pas ; il se contente de me marquer de sa présence.
— Rentre chez toi. Dors. Et attends mon prochain message. Et Pierrick... ne lave pas tes vêtements tout de suite. Garde-les dans un coin. Je veux que tu penses à moi chaque fois que tu sentiras l'odeur de la cave sur le tissu.
Il s'écarte enfin. Je monte dans ma voiture, les mains tremblantes sur le volant. Je le regarde dans le rétroviseur alors que je démarre. Il est planté au milieu de la chaussée, immobile, une silhouette souveraine qui possède désormais mes jours et mes nuits.
Trois jours s’écoulent depuis le dîner, trois jours où le silence de Dimitry est plus pesant que ses ordres. Ce matin-là, un coursier dépose un paquet devant ma porte avant même que je parte au bureau. Pas de nom d'expéditeur, juste une boîte noire, sobre. À l'intérieur, une enveloppe contient un seul mot : « Aujourd'hui. Porte ça. Ne l'enlève sous aucun prétexte avant ce soir. Je saurai. »
En ouvrant la boîte, je comprends que Dimitry ne compte plus garder ma soumission dans l'ombre. Le paquet ne contient ni veste, ni pull. À l'intérieur repose une chemise d'un blanc si immaculé qu'elle semble irréelle, mais dont le tissu est d'une finesse provocante, presque translucide. Elle est accompagnée d'une cravate d'un rouge sang éclatant, une couleur violente qui tranche comme une morsure sur la pâleur du coton.
Je retire mes vêtements habituels. En enfilant cette chemise, je sens le tissu froid contre ma peau. Elle est terriblement ajustée, si serrée qu'elle dessine chaque muscle de mon torse et trahit la moindre de mes respirations. Je la boutonne jusqu'au menton avant de nouer la cravate rouge avec une précision chirurgicale. Je sais que je n'ai aucun rempart contre les regards aujourd'hui. Je suis exposé, livré à la vue de tous, portant ses couleurs comme une marque indélébile.
L'entrée dans l'open-space est une décharge d'adrénaline. Habituellement, je me fonds dans la masse, mais ce matin, je brûle. Ma chemise, trop blanche, trop ajustée, et cette cravate rouge attirent l'attention dès que je franchis une porte. N'ayant rien pour me couvrir, je respecte l'ordre de Dimitry dans sa forme la plus brute. Chaque fois que je passe devant un collègue, je sens le poids de sa curiosité. Il voit ma peau devinée sous le tissu fin, il voit la rigidité presque militaire de ma posture, mais personne n'ose parler.
Je passe la matinée, rivé à mon écran, mais mon esprit est ailleurs. Je pense à lui, à la force athlétique de ses mains, à la façon dont il doit s'imaginer mon inconfort au milieu de ces gens normaux. Je savoure chaque silence gêné dans l'ascenseur. C'est ma punition et mon plaisir : appartenir à un homme qui m'oblige à m'exposer ainsi, en pleine lumière, sans aucune défense.
Les ordres de l'après-midi : La provocation
À 14h00, mon téléphone vibre sur le bois du bureau. Un SMS de Dimitry tombe, d'une brièveté cruelle :
"Je sais que tu es là, exposé. Maintenant, déboutonne les trois premiers boutons de ta chemise. Laisse la cravate rouge pendre lâchement. Je veux qu'on voie ton cou, je veux qu'on voie que tu as été débraillé par mes ordres. Reste ainsi jusqu'à ton départ. Ne change rien."
Je m'exécute au milieu de mes collègues, sans chercher à me cacher. Je sens le regard de ma collègue d'en face s'écarquiller alors que je dénude la base de ma gorge. La cravate rouge glisse désormais sur le tissu ouvert. Le contraste entre ma tenue défaite et le sérieux de mon travail crée une tension insupportable. J'aime cette vulnérabilité publique. Mon visage reste de marbre quand mon chef s'arrête devant mon bureau, perplexe, sans oser faire de commentaire. Il voit que quelque chose a changé, mais il ne peut pas mettre de mots sur ma déchéance.
À 16h30, l'ordre final arrive :
"19h. Bar 'Le Baron'. Tu m'attends debout sur le trottoir, face au flux des passants. Ne remets pas tes boutons. Ne remonte pas ta cravate. Je veux qu'on nous voie ainsi. Montre-leur que tu as un maître."
Arrivé devant le bar à l'heure pile, je prends position. Le Baron est le centre névralgique de la ville, un lieu de passage obligé. Des centaines de personnes passent devant moi, me frôlent, me dévisagent. Dans ma chemise blanche déboutonnée et ma cravate rouge sang totalement lâche, j'ai l'air d'un homme qui vient de subir une étreinte brutale. Le vent frais du soir s'engouffre sous le tissu, mais je ne frissonne pas.
Je fixe l'horizon, ignorant les rires. Je suis la propriété de Dimitry exposée sur le trottoir. Quiconque passe me voit et comprend que je n'appartiens plus à moi-même.
Dimitry apparaît enfin, fendant la foule avec son assurance habituelle. Son manteau noir accentue encore sa carrure athlétique. Il s'arrête devant moi et me détaille avec un sourire de prédateur.
— Tu es superbe, Pierrick, dit-il d'une voix qui porte au-dessus du bruit de la rue. Tout le monde a bien vu que tu ne t'appartiens plus aujourd'hui ?
— Oui, réponds-je, la voix ferme.
Il s'approche, saisit les pans de ma chemise ouverte pour me tirer brusquement vers lui. Ses doigts frôlent ma peau exposée, un contact électrique en plein milieu de la foule.
— Regarde-les. Il faut qu'on nous voie ensemble, murmure-t-il. Ils voient tes couleurs. Ils voient que je fais ce que je veux de toi.
Il saisit soudainement ma cravate rouge d'un coup sec, l'utilisant comme une laisse pour me forcer à lever le menton, m'obligeant à lui offrir ma gorge en public.
— J'aime chaque regard, Dimitry. Parce que chaque fois qu'on me voit, c'est ton pouvoir qu'on aperçoit.
Il a un petit rire sombre, satisfait.
— C'est bien. On entre. Je vais te présenter à un homme important. Tu restes à ma droite, tu ne commandes rien, et tu exécutes chaque geste sans un mot. Ce soir, le monde va savoir qui est ton maître.
Il pousse la porte du bar et je le suis, la chemise ouverte et la cravate rouge flottante, fier de cette marque qui ne cache plus rien de ma reddition.
L'air climatisé du bar me frappe le visage, mais la chaleur de la honte mêlée à l'excitation me garde brûlant. Le Baron est un établissement où le luxe est discret mais omniprésent. Les têtes se tournent sur notre passage : le contraste est total entre Dimitry, massif et souverain dans son manteau sombre, et moi, marchant un pas derrière, la poitrine offerte sous cette chemise défaite et cette cravate rouge qui semble couler comme du sang sur mon torse.
Au fond de la salle, dans un box de velours sombre, un homme seul nous attend. Il n'appartient pas au monde de Dimitry ; c'est un client influent, un homme de pouvoir que Dimitry a déménagé quelques semaines plus tôt et avec qui il a noué un lien étrange, fondé sur une reconnaissance mutuelle de leur force respective.
Dimitry s'installe avec la lourdeur assurée du déménageur, prenant toute la place sur la banquette. Il ne m'invite pas à m'asseoir. Je prends position immédiatement à sa droite, debout, les mains jointes dans le dos. Ma chemise ouverte laisse voir ma peau qui palpite au rythme de mon cœur, et la cravate rouge pend lâchement entre mes pectoraux.
L'homme pose son verre de cristal. Ses yeux s'ancrent dans les miens. Ce n'est pas un regard de curiosité, c'est un regard de connaisseur qui évalue une marchandise.
— Alors c'est lui, Dimitry ? demande l'homme d'une voix calme, presque feutrée.
— C'est lui, répond Dimitry en posant ses mains calleuses sur la table. Il a passé la journée entière au bureau dans cet état. Il a laissé tout le monde voir ce que j'ai décidé pour lui. Personne ne peut ignorer à qui il appartient ce soir.
L'homme se penche en avant, ignorant totalement Dimitry pour se concentrer sur moi. Son regard s'attarde longuement sur la base de mon cou, là où la cravate rouge souligne la blancheur de ma peau, puis il remonte vers mon visage. L'inspection dure une éternité. Il détaille la finesse de mes traits, la tension de ma mâchoire, et la manière dont je soutiens son examen sans ciller.
— La soumission est un art qui exige de la noblesse, murmure l'homme influent, s'adressant enfin à Dimitry. Beaucoup d'hommes s'écrasent par faiblesse, mais peu s'offrent par discipline avec une telle intensité.
Il marque une pause, fixant longuement le mouvement de ma poitrine sous le coton translucide.
— Tu as trouvé un beau garçon, Dimitry. Vraiment très beau. Et il a l'air bien discipliné. On voit dans son regard qu'il a renoncé à toute volonté propre pour se fondre dans la tienne.
Dimitry rit doucement, un son rauque qui me fait frissonner. Il lève la main et saisit mon avant-bras, serrant le muscle avec une force qui marque ma peau.
— Il ne fait pas que l'avoir l'air, rétorque-t-il. Il sait que sa seule raison d'être, ce soir, est d'illustrer mon autorité. Il a porté ma marque toute la journée devant ses pairs. Il est devenu l'objet de mon bon vouloir.
L'homme influent hoche la tête, une lueur d'approbation et de convoitise brillant dans ses yeux. Il continue de me fixer, savourant ma position de statue vivante, tandis que les deux hommes commencent à discuter de la psychologie du contrôle et de la beauté de l'obéissance totale. Je reste là, immobile, le buste en avant, offrant ma reddition au regard de cet étranger influent, fier d'être le trophée que Dimitry expose avec tant de morgue.
Fin du chapitre 18.
Le silence de la chambre 412 est tranchant comme une lame. Dimitry est debout devant la glace, reboutonnant sa chemise blanche avec une précision chirurgicale, comme s'il n'avait pas passé la dernière heure à me malmener. Je suis encore étendu sur les draps froissés, le corps marqué par la raideur de ses prises, mais mes yeux sont secs. Pas une larme. Je fixe son dos large, ses trapèzes qui dessinent une silhouette de prédateur sous le tissu fin.
Il se retourne brusquement, ajustant sa cravate sans même me regarder. Sa voix tombe comme une sentence, froide et dénuée de toute émotion humaine.
— Écoute-moi bien, Pierrick. Ce qui vient de se passer ici n'est que l'introduction. Tu vas te lever, te rhabiller et disparaître de cet hôtel. Je pars maintenant. Tu attendras exactement vingt minutes avant de franchir cette porte. Je ne veux pas qu’on nous voit sortir ensemble. Personne ne doit faire le lien.
Il s'approche du lit et pose son pied sur le matelas, juste à côté de ma main, m'obligeant à lever les yeux vers lui.
— Ce soir, tu viens dîner à la maison. Cassandra t'a invité, et tu vas honorer cette invitation. Mais attention : tu arriveras exactement dix minutes après moi. Pas neuf, pas onze. Dix. Tu te gareras un peu plus loin dans la rue. Je veux te voir arriver à pied, le souffle court, pour que je puisse lire ta hâte et ta soumission sur ton visage devant elle.
Il saisit mon menton, ses doigts s'enfonçant dans ma mâchoire.
— Et ne t'avise pas de te doucher ou de changer de vêtements. Je veux que tu portes ce que tu as sur le dos en ce moment. Je veux savoir, quand tu seras assis à ma table, que tu portes encore l'odeur de cette chambre et la trace de mes mains sur toi.
Il me lâche d'un coup sec et quitte la pièce sans un regard en arrière. Le clic de la serrure électronique résonne dans l'air lourd. Je reste là, comptant les secondes, le cœur battant à un rythme que je ne contrôle plus, mais le regard toujours sec.
Je respecte ses ordres à la seconde près. Je gare ma voiture à deux pâtés de maisons. Je marche vite, le vent frais du soir fouettant mon visage, mais mon regard est fixe. J'arrive devant la maison à l'heure exacte. Je vois sa voiture garée devant, le moteur sans doute encore chaud.
Je gravis les marches. Avant même que ma main n'atteigne la sonnette, la porte s'ouvre. Dimitry est là. Il a déjà un verre de whisky à la main, l'air du propriétaire qui inspecte son domaine. Il me regarde de haut, ses yeux bleus sondant mon désarroi avec une satisfaction cruelle. Il voit mon souffle rapide, il voit que je n'ai pas changé de chemise.
— Dix minutes pile, murmure-t-il pour moi seul. Tu apprends vite. Entre.
Il ne s'écarte pas. Je dois me faufiler contre lui dans l'entrée étroite, sentant la chaleur de son corps athlétique à travers nos vêtements. En passant, sa main libre vient presser brutalement mon avant-bras, un avertissement silencieux avant que Cassandra n'apparaisse.
— Pierrick ! Enfin ! Quel plaisir de te voir, s'exclame-t-elle en venant m'embrasser. Tu as l'air... un peu agité. Tu as couru ?
— Il déteste être en retard, répond Dimitry à ma place en posant une main lourde sur mon épaule. C’est une qualité que je commence à apprécier chez lui.
Le repas commence dans la salle à manger où chaque bruit de couvert semble amplifié. Dimitry est assis en face de moi. Il découpe sa viande avec une force tranquille, ses muscles roulant sous sa chemise. Sous la table, le jeu commence.
Il écarte ses jambes et vient coincer les miennes entre ses bottes de cuir. Il m'impose une ouverture forcée, une posture vulnérable qu'il maintient tout en discutant tranquillement de choses banales avec ma sœur. Je ne bronche pas. Je soutiens son regard de glace, acceptant ce mépris.
Soudain, je sens sa main quitter la table. Elle se pose sur ma cuisse. Ses doigts s'ancrent dans ma chair, remontant lentement. Il serre, il malmène ma peau sous le tissu, cherchant à me faire réagir devant elle. Je continue de manger, le visage impassible, mais à l'intérieur, je brûle d'une excitation sombre.
— Pierrick, j'ai une caisse de bouteilles particulièrement lourde à déplacer dans la réserve, lance soudain Dimitry. Viens me donner un coup de main.
Je me lève, les jambes flageolantes. Nous descendons l'escalier vers la cave. Dès que la porte se referme, l'air devient frais, chargé d'odeurs de terre et de poussière. Dimitry ne perd pas de temps. Il m'attrape par les cheveux et me plaque contre le mur de briques.
— Tu aimais ça, n'est-ce pas ? De me sentir sur toi pendant qu'elle te servait à boire ?
Il me retourne avec une brutalité athlétique, me plaquant le visage contre l'étagère de rangement. Il n'y a pas de préliminaires. Il ouvre mon pantalon d'un geste sec. La possession est immédiate, sauvage, au milieu des bouteilles. Il me prend avec une violence métronomique, chaque coup de rein me rappelant ma condition. Mes mains s'agrippent au bois froid, mes yeux fixent l'ombre. Pas une larme. Juste le son de sa respiration rauque et le martèlement de son corps contre le mien.
Il me manipule comme un objet, changeant de position pour que j'entende, tout en haut, le bruit des assiettes que Cassandra déplace. L'audace du lieu et la puissance de Dimitry créent une jouissance si violente que je perds toute notion du temps.
Lorsqu'il finit, il me lâche brusquement. Je reste un instant appuyé contre l'étagère, le corps secoué de spasmes, le souffle court. Il rajuste ses vêtements avec une froideur insultante, lisse sa chemise et ramasse une bouteille.
— Rhabille-toi, ordonne-t-il. On remonte pour le digestif.
Je me rhabille dans le noir, le visage de marbre. Je le suis. Lorsque nous rentrons dans la pièce, je reprends ma place. Dimitry me regarde, un sourire imperceptible aux lèvres.
Le dîner s'est achevé dans une normalité de façade qui me donne la nausée. Voir Dimitry rire avec Cassandra alors que je sens encore le froid du béton de la cave contre mon dos m'a fait réaliser l'ampleur de son pouvoir : il est capable de compartimenter sa vie avec une froideur terrifiante. Lorsque je me lève pour partir, Dimitry se lève d'un bond, attrapant ses clés sur le buffet.
— Je t'accompagne jusqu'à ta caisse, Pierrick. La rue est mal éclairée et y a pas mal de zones d'ombre par ici, lance-t-il d'un ton qui n'admet aucune contestation.
Cassandra nous fait signe de la main depuis le perron. Dès que nous franchissons le portail et que nous nous retrouvons sur le trottoir, loin de son regard, l'air semble se charger d'électricité statique.
Dimitry marche à mes côtés, sa carrure imposante projetant une ombre immense sous les réverbères jaunâtres. Il ne se presse pas. Ses mains sont enfoncées dans les poches de son pantalon, mais je sens sa vigilance braquée sur moi. On avance en silence pendant quelques mètres, le bruit de nos pas cadencés sur le bitume étant le seul son dans la rue déserte.
— T'as été exemplaire ce soir, Pierrick, commence-t-il enfin, sa voix basse vibrant dans l'air frais. T'as respecté les horaires, t'as gardé le silence, et t'as encaissé ce que je t'ai donné dans la cave sans broncher. Je suis fier de toi.
Ces mots — fier de toi — me percutent plus violemment qu'un coup de poing. Mes yeux sont secs, mon regard fixe la ligne d'asphalte devant nous. Je ne ressens aucune tristesse, juste une soif de comprendre l'engrenage dans lequel je suis coincé.
— Pourquoi tu fais ça ? demandé-je soudain, ma voix un peu enrouée. Pourquoi ce jeu ? Pourquoi moi ?
Dimitry s'arrête net sous un réverbère dont l'ampoule grésille. Il se tourne vers moi, m'obligeant à lui faire face. Il réduit l'espace entre nous jusqu'à ce que nos poitrines se frôlent presque.
— Parce que t'en avais besoin, Pierrick. Regarde-toi. Avant qu'on commence tout ça, t'étais qu'un figurant dans ta propre vie. Maintenant, tu existes parce que je te regarde, parce que je te touche. T'as enfin trouvé quelqu'un d'assez fort pour te briser et te reconstruire comme il le veut.
Je soutiens son regard. La peur est toujours là, nichée au creux de mon estomac, mais elle est devenue une alliée, une source d'adrénaline qui me rend plus lucide que jamais.
— Tu penses que je suis ton jouet, continué-je, osant enfin articuler ma pensée. Mais si je n'avais pas voulu de tout ça... si je n'étais pas venu ce soir à l'heure exacte... tu n'aurais rien pu faire. C'est moi qui accepte de te donner ce pouvoir.
Dimitry esquisse un sourire prédateur. Il place une main lourde sur ma nuque, ses doigts s'enfonçant dans ma peau, juste là où la trace rouge commence à s'estomper.
— C'est exactement ce qui rend la chose si intéressante. Tu n'es pas une victime, Pierrick. Tu es un complice. Tu as soif de ta propre perte. Avoue-le. Avoue que t'aimes ne plus avoir le choix quand t'es avec moi. Avoue que t'aimes sentir que je décide de tout, même de ta respiration.
Je sens mon cœur cogner contre mes côtes. Ses paroles mettent à nu une vérité que je tentais de camoufler.
— J'aime... j'aime que tu décides pour moi, murmuré-je, les yeux brûlants de défi. J'aime savoir que rien de ce qui m'arrive n'est de ma faute quand j'obéis à tes ordres. C'est plus facile d'être à toi que d'être à moi.
Dimitry semble savourer ma confession. Sa poigne sur ma nuque se fait presque caressante, mais sans perdre de sa fermeté. Nous reprenons notre marche vers ma voiture garée au bout de la rue sombre.
— C'est bien. L'honnêteté, c'est ce qui nous permettra d'aller plus loin. Puisque t'as été si obéissant et que tu commences à assumer ce que tu es, je vais te récompenser. La prochaine fois qu'on se voit, je te réserve une bonne surprise. Quelque chose de différent. Quelque chose qui te forcera à tester tes limites face aux autres.
— Qu'est-ce que tu prépares ? Qu'est-ce que ça veut dire "face aux autres" ?
Nous sommes arrivés devant ma portière. Dimitry s'appuie contre la voiture, bloquant l'accès. Il me domine de toute sa hauteur, l'ombre de son visage masquant ses intentions.
— Si je te le disais, ce ne serait plus une surprise. Disons simplement que jusqu'à présent, on était dans l'intimité, dans le secret de la cave ou de l'hôtel. La prochaine fois, je veux voir si tu es capable de rester à moi, de m'appartenir totalement, même quand le monde extérieur nous entoure. Tu vas apprendre ce que signifie vraiment être la propriété de quelqu'un, Pierrick.
Il se penche, son visage si proche du mien que je sens l'odeur du whisky sur ses lèvres. Il ne m'embrasse pas ; il se contente de me marquer de sa présence.
— Rentre chez toi. Dors. Et attends mon prochain message. Et Pierrick... ne lave pas tes vêtements tout de suite. Garde-les dans un coin. Je veux que tu penses à moi chaque fois que tu sentiras l'odeur de la cave sur le tissu.
Il s'écarte enfin. Je monte dans ma voiture, les mains tremblantes sur le volant. Je le regarde dans le rétroviseur alors que je démarre. Il est planté au milieu de la chaussée, immobile, une silhouette souveraine qui possède désormais mes jours et mes nuits.
Trois jours s’écoulent depuis le dîner, trois jours où le silence de Dimitry est plus pesant que ses ordres. Ce matin-là, un coursier dépose un paquet devant ma porte avant même que je parte au bureau. Pas de nom d'expéditeur, juste une boîte noire, sobre. À l'intérieur, une enveloppe contient un seul mot : « Aujourd'hui. Porte ça. Ne l'enlève sous aucun prétexte avant ce soir. Je saurai. »
En ouvrant la boîte, je comprends que Dimitry ne compte plus garder ma soumission dans l'ombre. Le paquet ne contient ni veste, ni pull. À l'intérieur repose une chemise d'un blanc si immaculé qu'elle semble irréelle, mais dont le tissu est d'une finesse provocante, presque translucide. Elle est accompagnée d'une cravate d'un rouge sang éclatant, une couleur violente qui tranche comme une morsure sur la pâleur du coton.
Je retire mes vêtements habituels. En enfilant cette chemise, je sens le tissu froid contre ma peau. Elle est terriblement ajustée, si serrée qu'elle dessine chaque muscle de mon torse et trahit la moindre de mes respirations. Je la boutonne jusqu'au menton avant de nouer la cravate rouge avec une précision chirurgicale. Je sais que je n'ai aucun rempart contre les regards aujourd'hui. Je suis exposé, livré à la vue de tous, portant ses couleurs comme une marque indélébile.
L'entrée dans l'open-space est une décharge d'adrénaline. Habituellement, je me fonds dans la masse, mais ce matin, je brûle. Ma chemise, trop blanche, trop ajustée, et cette cravate rouge attirent l'attention dès que je franchis une porte. N'ayant rien pour me couvrir, je respecte l'ordre de Dimitry dans sa forme la plus brute. Chaque fois que je passe devant un collègue, je sens le poids de sa curiosité. Il voit ma peau devinée sous le tissu fin, il voit la rigidité presque militaire de ma posture, mais personne n'ose parler.
Je passe la matinée, rivé à mon écran, mais mon esprit est ailleurs. Je pense à lui, à la force athlétique de ses mains, à la façon dont il doit s'imaginer mon inconfort au milieu de ces gens normaux. Je savoure chaque silence gêné dans l'ascenseur. C'est ma punition et mon plaisir : appartenir à un homme qui m'oblige à m'exposer ainsi, en pleine lumière, sans aucune défense.
Les ordres de l'après-midi : La provocation
À 14h00, mon téléphone vibre sur le bois du bureau. Un SMS de Dimitry tombe, d'une brièveté cruelle :
"Je sais que tu es là, exposé. Maintenant, déboutonne les trois premiers boutons de ta chemise. Laisse la cravate rouge pendre lâchement. Je veux qu'on voie ton cou, je veux qu'on voie que tu as été débraillé par mes ordres. Reste ainsi jusqu'à ton départ. Ne change rien."
Je m'exécute au milieu de mes collègues, sans chercher à me cacher. Je sens le regard de ma collègue d'en face s'écarquiller alors que je dénude la base de ma gorge. La cravate rouge glisse désormais sur le tissu ouvert. Le contraste entre ma tenue défaite et le sérieux de mon travail crée une tension insupportable. J'aime cette vulnérabilité publique. Mon visage reste de marbre quand mon chef s'arrête devant mon bureau, perplexe, sans oser faire de commentaire. Il voit que quelque chose a changé, mais il ne peut pas mettre de mots sur ma déchéance.
À 16h30, l'ordre final arrive :
"19h. Bar 'Le Baron'. Tu m'attends debout sur le trottoir, face au flux des passants. Ne remets pas tes boutons. Ne remonte pas ta cravate. Je veux qu'on nous voie ainsi. Montre-leur que tu as un maître."
Arrivé devant le bar à l'heure pile, je prends position. Le Baron est le centre névralgique de la ville, un lieu de passage obligé. Des centaines de personnes passent devant moi, me frôlent, me dévisagent. Dans ma chemise blanche déboutonnée et ma cravate rouge sang totalement lâche, j'ai l'air d'un homme qui vient de subir une étreinte brutale. Le vent frais du soir s'engouffre sous le tissu, mais je ne frissonne pas.
Je fixe l'horizon, ignorant les rires. Je suis la propriété de Dimitry exposée sur le trottoir. Quiconque passe me voit et comprend que je n'appartiens plus à moi-même.
Dimitry apparaît enfin, fendant la foule avec son assurance habituelle. Son manteau noir accentue encore sa carrure athlétique. Il s'arrête devant moi et me détaille avec un sourire de prédateur.
— Tu es superbe, Pierrick, dit-il d'une voix qui porte au-dessus du bruit de la rue. Tout le monde a bien vu que tu ne t'appartiens plus aujourd'hui ?
— Oui, réponds-je, la voix ferme.
Il s'approche, saisit les pans de ma chemise ouverte pour me tirer brusquement vers lui. Ses doigts frôlent ma peau exposée, un contact électrique en plein milieu de la foule.
— Regarde-les. Il faut qu'on nous voie ensemble, murmure-t-il. Ils voient tes couleurs. Ils voient que je fais ce que je veux de toi.
Il saisit soudainement ma cravate rouge d'un coup sec, l'utilisant comme une laisse pour me forcer à lever le menton, m'obligeant à lui offrir ma gorge en public.
— J'aime chaque regard, Dimitry. Parce que chaque fois qu'on me voit, c'est ton pouvoir qu'on aperçoit.
Il a un petit rire sombre, satisfait.
— C'est bien. On entre. Je vais te présenter à un homme important. Tu restes à ma droite, tu ne commandes rien, et tu exécutes chaque geste sans un mot. Ce soir, le monde va savoir qui est ton maître.
Il pousse la porte du bar et je le suis, la chemise ouverte et la cravate rouge flottante, fier de cette marque qui ne cache plus rien de ma reddition.
L'air climatisé du bar me frappe le visage, mais la chaleur de la honte mêlée à l'excitation me garde brûlant. Le Baron est un établissement où le luxe est discret mais omniprésent. Les têtes se tournent sur notre passage : le contraste est total entre Dimitry, massif et souverain dans son manteau sombre, et moi, marchant un pas derrière, la poitrine offerte sous cette chemise défaite et cette cravate rouge qui semble couler comme du sang sur mon torse.
Au fond de la salle, dans un box de velours sombre, un homme seul nous attend. Il n'appartient pas au monde de Dimitry ; c'est un client influent, un homme de pouvoir que Dimitry a déménagé quelques semaines plus tôt et avec qui il a noué un lien étrange, fondé sur une reconnaissance mutuelle de leur force respective.
Dimitry s'installe avec la lourdeur assurée du déménageur, prenant toute la place sur la banquette. Il ne m'invite pas à m'asseoir. Je prends position immédiatement à sa droite, debout, les mains jointes dans le dos. Ma chemise ouverte laisse voir ma peau qui palpite au rythme de mon cœur, et la cravate rouge pend lâchement entre mes pectoraux.
L'homme pose son verre de cristal. Ses yeux s'ancrent dans les miens. Ce n'est pas un regard de curiosité, c'est un regard de connaisseur qui évalue une marchandise.
— Alors c'est lui, Dimitry ? demande l'homme d'une voix calme, presque feutrée.
— C'est lui, répond Dimitry en posant ses mains calleuses sur la table. Il a passé la journée entière au bureau dans cet état. Il a laissé tout le monde voir ce que j'ai décidé pour lui. Personne ne peut ignorer à qui il appartient ce soir.
L'homme se penche en avant, ignorant totalement Dimitry pour se concentrer sur moi. Son regard s'attarde longuement sur la base de mon cou, là où la cravate rouge souligne la blancheur de ma peau, puis il remonte vers mon visage. L'inspection dure une éternité. Il détaille la finesse de mes traits, la tension de ma mâchoire, et la manière dont je soutiens son examen sans ciller.
— La soumission est un art qui exige de la noblesse, murmure l'homme influent, s'adressant enfin à Dimitry. Beaucoup d'hommes s'écrasent par faiblesse, mais peu s'offrent par discipline avec une telle intensité.
Il marque une pause, fixant longuement le mouvement de ma poitrine sous le coton translucide.
— Tu as trouvé un beau garçon, Dimitry. Vraiment très beau. Et il a l'air bien discipliné. On voit dans son regard qu'il a renoncé à toute volonté propre pour se fondre dans la tienne.
Dimitry rit doucement, un son rauque qui me fait frissonner. Il lève la main et saisit mon avant-bras, serrant le muscle avec une force qui marque ma peau.
— Il ne fait pas que l'avoir l'air, rétorque-t-il. Il sait que sa seule raison d'être, ce soir, est d'illustrer mon autorité. Il a porté ma marque toute la journée devant ses pairs. Il est devenu l'objet de mon bon vouloir.
L'homme influent hoche la tête, une lueur d'approbation et de convoitise brillant dans ses yeux. Il continue de me fixer, savourant ma position de statue vivante, tandis que les deux hommes commencent à discuter de la psychologie du contrôle et de la beauté de l'obéissance totale. Je reste là, immobile, le buste en avant, offrant ma reddition au regard de cet étranger influent, fier d'être le trophée que Dimitry expose avec tant de morgue.
Fin du chapitre 18.
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