Putain d'homophobe (11)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 23-08-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
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Chapitre 11
La pénombre de la chambre est devenue le théâtre final de ma reddition. Dimitry, dont la silhouette massive masque la faible lueur de la lune, se tient debout au pied du lit, me contemplant comme un territoire conquis. Le trouble qu'il a ressenti dans le salon semble s'être transformé en une résolution implacable : il veut reprendre chaque parcelle de pouvoir que mes caresses lui ont fait perdre. Ses yeux sont deux fentes sombres, fixées sur ma nudité offerte.
Il ne dit pas un mot, mais ses gestes sont d'une précision chirurgicale. Il retire sa ceinture de cuir noir, celle qui soulignait sa carrure d'athlète plus tôt dans la journée. Le claquement du métal contre le cuir résonne dans le silence de la pièce, me faisant tressaillir d'une anticipation électrique.
— Tu m'as dit tout à l'heure que tu rêvais que je t'attache, Pierrick, murmure-t-il, sa voix vibrant d'une autorité sans appel. Tu voulais être bloqué, ne plus pouvoir bouger... et bien, on y est. Je vais t'apprendre ce que c'est que d'être totalement à ma merci.
Il saisit mes poignets avec une poigne de fer. Sa puissance est telle que toute résistance serait futile, mais je n'en ai aucune envie. Je lui offre mes mains avec un zèle d'adoration, le cœur battant à tout rompre. Il croise mes bras au-dessus de ma tête et les lie fermement au barreau du lit avec sa ceinture. Le cuir froid serre ma peau, me privant de toute liberté de mouvement. Je suis désormais une offrande, le torse bombé, totalement vulnérable sous son regard de prédateur. Mes muscles se tendent contre les liens, et ce simple sentiment d'impuissance fait déjà grimper mon plaisir à des sommets insoupçonnés.
— Regarde-toi... Tu es magnifique comme ça, ma petite chose. Entièrement livré à mes envies. Tu ne peux plus me toucher, tu ne peux plus me perturber avec tes mains. C'est moi qui décide de tout, désormais.
Il s'installe lentement sur le matelas, qui gémit sous sa stature imposante. Il se place entre mes jambes, les écartant avec une force contenue, me forçant à une ouverture totale. Sa domination est physique, psychologique, écrasante. Il passe ses mains de géant sur mon corps immobile, savourant sa victoire. Il effleure mes hanches, remonte le long de mes côtes, s'arrêtant sur mes propres tétons qu'il pince avec une vigueur qui me fait cambrer, mes liens tirant sur mes épaules.
— Ça te plaît, hein ? Sentir que tu ne peux plus rien faire ? Que si je décidais de te laisser là toute la nuit, tu n'aurais pas d'autre choix que d'attendre mon bon vouloir ?
Il se penche sur moi, son torse d'acier écrasant ma poitrine, son souffle chaud sur mon cou. Je sens sa queue, de nouveau d'une dureté de granit, frotter contre mon entrée. Le plaisir que je ressens à être ainsi immobilisé, à appartenir corps et âme à cet homme qui me traite comme sa propriété personnelle, est indescriptible. Chaque fibre de mon être hurle de désir. Dimitry, voyant ma soumission totale, semble enfin apaisé dans son ego de mâle ; il aime me voir ainsi, incapable de le déstabiliser à nouveau.
Dimitry ne me laisse pas le temps de savourer l'attente plus longtemps. D'une poussée dévastatrice, il s'enfonce en moi. Le choc est tel que ma tête bascule en arrière contre le bois du lit. Je gémis son nom, mais mes mains restent prisonnières, m'empêchant de m'agripper à son dos ou à ses bras musculeux. Je ne peux que subir la cadence infernale qu'il impose, un rythme de machine qui me brise et me reconstruit à chaque va-et-vient.
Il me possède avec une rage sourde, son bassin percutant le mien dans un bruit de chair qui remplit la pièce. Sa domination est totale : il change mes positions d'un geste brusque, me manipulant comme un objet, appréciant le fait que je ne puisse opposer aucune résistance. Je suis cloué au lit par son poids et par le cuir, recevant chaque assaut avec une humilité exaltée.
— Dis-le, Pierrick ! Dis-le que tu n'es rien d'autre que mon trou, mon esclave attaché !
— Je suis à toi... Dimitry... je suis ton jouet... je t'en supplie, dévaste-moi ! criai-je, les larmes aux yeux tant l'extase est violente.
Il augmente encore la vitesse, ses mains venant enserrer ma gorge, non pour me faire mal, mais pour marquer son emprise souveraine. Je sens l'orgasme monter, une vague de fond que je ne peux contrôler. Je jouis sans pouvoir me toucher, le corps secoué de spasmes furieux sous les liens de cuir, hurlant mon plaisir dans l'obscurité. Quelques secondes plus tard, dans un grognement qui semble faire vibrer les murs de la chambre, Dimitry m'inonde une dernière fois, se vidant intégralement au fond de moi.
Il reste là, haletant, son front contre le mien, savourant sa victoire finale sur mon corps et mon esprit, tandis que je reste lié, comblé et totalement brisé par sa vigueur. Il me regarde avec une satisfaction brutale, fier de m'avoir réduit à cet état de pur objet de plaisir.
L'obscurité de la chambre est devenue épaisse, presque palpable, seulement troublée par nos souffles courts qui s'apaisent lentement. Dimitry ne s'écarte pas immédiatement. Il reste là, son buste puissant écrasant mon torse, savourant l'inertie de mon corps prisonnier sous lui. Ses mains quittent enfin ma gorge pour redescendre le long de mes bras tendus, effleurant le cuir de la ceinture qui me scie les poignets.
Il se redresse sur ses coudes, me surplombant avec cette assurance tranquille qui le caractérise désormais. Ses doigts commencent à tracer des cercles lents sur mes hanches, une caresse presque tendre qui contraste violemment avec la brutalité de l'assaut précédent.
— Maintenant que tu es bien coincé, Pierrick... j'ai envie de discuter, murmure-t-il, sa voix vibrant d'une autorité sans appel. Dis-moi, tu baises avec des mecs depuis quand ? T'en as eu beaucoup d'autres avant moi ?
Je détourne la tête, gêné par la crudité de sa question alors que je suis dans cette position humiliante. Mais il ramène mon visage vers le sien d'une pression ferme sur la mâchoire.
— Réponds-moi. Je veux tout savoir sur ce qui se passe dans ta petite tête de traînée. Depuis quand tu savais que tu finirais comme ça, attaché au barreau de mon lit ?
— Depuis mes dix-huit ans... balbutié-je. Et non... pas beaucoup. Personne n'a jamais eu cette emprise sur moi, Dimitry. Personne ne m'a jamais traité comme toi.
Il marque un temps, ses doigts remontant vers mes pectoraux, jouant avec les poils de mon torse.
— Et au tout début ? Quand je débarquais chez vous pour voir ta sœur ? Qu'est-ce que tu pensais de moi, franchement ? Sois honnête, je veux la vérité brute.
Je prends une grande inspiration, le cœur battant à l'idée de sa réaction.
— Je te détestais, avoué-je dans un souffle. Je savais à quel point tu étais homophobe, à quel point tu me méprisais sans même me connaître. Je haïssais ce que tu représentais, cette force brute qui semblait faite pour m'écraser. Je te détestais de me faire sentir aussi insignifiant, comme si je n'existais même pas à tes yeux de "vrai homme".
À ma grande surprise, il laisse échapper un petit rire sombre, un son qui vibre contre ma poitrine. Il semble savourer cet aveu de haine qui s'est mué en une soumission totale.
— Tu me détestais, hein ? C'est drôle... Parce qu'à l'époque, les mecs, il n'en avait jamais été question pour moi. Pour moi, t'étais juste le petit frère insignifiant, un truc fragile que je ne calculais même pas. Mais dis-moi... à quel moment ton regard a changé envers moi ? À quel moment tu as commencé à avoir envie de moi au point de ne plus pouvoir dormir ?
Je ferme les yeux, me remémorant ces instants de torture silencieuse.
— C'était un été... Tu réparais la voiture dans l'allée. Tu étais torse nu, couvert de graisse et de sueur. Je t'ai regardé soulever ce bloc moteur sans effort, tes muscles qui roulaient sous ta peau... et d'un coup, ma haine s'est transformée en une faim dévorante. J'ai eu envie de sentir tes mains sales sur moi. J'ai eu envie que tu me brises.
Dimitry reste silencieux, ses doigts s'immobilisant sur ma peau. Il semble digérer mes paroles, son regard bleu scrutant mon visage dans la pénombre.
— Les années ont passé, reprend-il d'une voix plus basse. Et j'ai fini par voir comment tu me regardais quand je ne faisais pas attention. J'ai vu ce désir brûlant, presque maladif, dans tes yeux. Et au lieu de me dégoûter, ça a commencé à me plaire. Savoir que je pouvais te réduire à cet état rien qu'en entrant dans une pièce... c'est devenu une drogue. Je me demandais jusqu'où tu serais prêt à aller pour que je te touche.
Il se penche plus près, son souffle balayant mon oreille.
— Tu fantasmais sur quoi, Pierrick ? Tu t'imaginais que je te faisais quoi, quand tu te touchais en pensant à moi dans ta chambre ?
— Je m'imaginais... exactement ce qui se passe ce soir, murmuré-je, brisé par la honte et l'excitation. Je m'imaginais que tu me prenais par force, que tu m'attachais et que tu disposais de moi comme d'un objet.
Pour me prouver qu'il maîtrise chaque recoin de mon plaisir, ses doigts redescendent plus bas. Il commence à me doigter avec une douceur sadique, explorant mon intimité encore humide de lui. Je me cambre contre mes liens, mais il me maintient fermement.
— Regarde comme tu réagis... Tu es à moi, Pierrick. Chaque fibre de ton corps m'obéit. Tu aimerais que je continue à te poser des questions pendant que je te fais jouir, n'est-ce pas ? Que je te force à m'avouer tes pensées les plus sales ?
Soudain, il fait quelque chose qu'il n'avait jamais fait auparavant. Lui, le titan si fier, abaisse son visage vers mon torse. Je sens sa langue, chaude et rugueuse, lécher ma peau avec une lenteur calculée, remontant vers mes tétons. Lorsqu'il les atteint, il ne se contente pas de les effleurer. Il les mordille, ses dents serrant la chair sensible avec une précision cruelle.
— Ahhh ! Dimitry ! criai-je, le corps secoué d'un spasme électrique.
Ce contact inédit, cette marque de désir carnassier de sa part, brise mes dernières défenses. Je me tords sous lui, les poignets tirant sur la ceinture de cuir jusqu'à m'en faire mal, mais le plaisir est trop immense. Sans qu'il ait besoin de toucher mon sexe, uniquement par la force de ses morsures et de ses doigts qui fouillent mes entrailles, je sens l'explosion arriver.
Je jouis violemment, ma semence jaillissant sur mon propre ventre et sur sa main, dans un cri de pure agonie extatique. Je reste là, pantelant, totalement vidé, le corps parcouru de derniers frissons alors qu'il se redresse pour contempler son œuvre.
Dimitry semble satisfait. Il a repris le contrôle total, non seulement par la force, mais en me forçant à mettre des mots sur mon obsession. D'un geste lent, il défait la ceinture de cuir, libérant enfin mes poignets meurtris.
— Voilà, soupire-t-il, sa voix redevenant calme. On a remis les pendules à l'heure. Tu sais tout maintenant. Et moi aussi.
Il me tire vers lui, m'allongeant contre son flanc massif. Son bras, lourd et protecteur, vient m'encercler, me collant contre sa chaleur de bête au repos.
— Maintenant, tu restes là, contre ton maître. Et tu dors. On reparlera de tes petits secrets demain.
Je ne proteste pas. Je me blottis contre lui, ma tête nichée dans le creux de son épaule, bercé par les battements réguliers de son cœur, enfin en paix dans ma soumission.
Le sommeil qui s'empare de moi est plus lourd que tout ce que j'ai connu. Blotti contre le flanc de Dimitry, je sens la chaleur de sa peau comme un rempart contre le reste du monde. Dans cette obscurité protectrice, mes poignets qui portent encore la marque de la ceinture ne sont plus une douleur, mais le souvenir réconfortant de son emprise. Je sombre dans un oubli total, bercé par le rythme puissant et régulier de sa respiration, l'esprit enfin vidé de ses tourments par la force de sa possession.
Le petit matin filtre doucement à travers les rideaux, baignant la chambre d'une lumière grise et cotonneuse. Avant même d'ouvrir les yeux, je sens une présence écrasante et protectrice contre moi. Dimitry m'a attiré durant la nuit ; son torse est plaqué contre mon dos, agissant comme une couverture vivante. Son bras, dont le poids est une caresse constante, barre mon ventre.
Je sens qu'il ne dort plus. Sa main commence à bouger lentement sur ma peau. Il trace des cercles sur mon abdomen, descendant parfois vers la naissance de mon sexe avant de remonter vers mon nombril. Je sens son souffle chaud venir s'écraser dans le creux de mon cou, me provoquant des frissons immédiats. Il n'y a aucune cruauté dans ses gestes ce matin, seulement une domination tranquille et souveraine.
— Tu es réveillé, ma petite chose... murmure-t-il contre mon oreille, sa voix basse et éraillée par le matin.
Je ne peux répondre que par un gémissement étouffé, me pressant un peu plus contre lui.
— Reste tranquille, Pierrick. Écoute-moi bien. J'ai envie de te reprendre là, maintenant, tout doucement. Je veux te sentir vibrer sous moi dans le calme de ce matin. Et si tu es bien sage, si tu te laisses faire avec cette obéissance que j'aime tant... alors c'est moi qui me lèverai pour te préparer ton petit déjeuner. Ce sera ma façon de te remercier pour la nuit que tu m'as offerte. Mais profite, parce que ça n'arrivera pas souvent que ton maître se mette en cuisine pour toi.
D'un mouvement lent, il me fait basculer sur le ventre, gardant son corps collé au mien. Il m'écarte les jambes avec une autorité tranquille, s'insérant entre elles. Sans la violence de la veille, il commence à entrer en moi avec une profondeur calculée. Je lâche un long gémissement contre l'oreiller, mes doigts s'agrippant aux draps.
— Oh oui... grogne-t-il à mon oreille. Sens comme tu es encore tout chaud de moi. Tu es fait pour ça, Pierrick. Pour recevoir ma queue dès le réveil, pour être mon petit refuge personnel avant même que le soleil soit levé.
Il commence un va-et-vient lent, presque hypnotique. Ses paroles se font de plus en plus directes à mesure que le plaisir monte. Il me décrit avec précision ce qu'il ressent, la force avec laquelle ma chair le serre, l'odeur de mon désir qui se mêle à la sienne. Malgré l'absence de cruauté, ses mots restent crus, marquant son territoire.
— J'aime t'entendre gémir comme ça... C'est ton seul langage, pas vrai ? Le langage de la soumission. Regarde comme tu es vulnérable, le visage enfoncé dans l'oreiller pendant que je dispose de ton corps. Tu n'es rien d'autre qu'un réceptacle pour moi, une petite chose que j'ai dressée pour mon plaisir.
Je ne peux plus retenir mes cris. À chaque poussée, un son plaintif s'échappe de ma gorge. Le contraste entre la douceur de sa voix à mon oreille et la force de ses mots crée un court-circuit dans mon cerveau. Je me sens totalement possédé, envahi par sa puissance calme.
Il accélère légèrement le rythme, ses mains venant presser mes fesses pour m'ouvrir davantage à lui. Ses gémissements se font plus profonds, plus animaux.
— Je vais te remplir une fois de plus, Pierrick... Je vais te marquer pour la journée. Tu vas sentir mon passage entre tes jambes quand tu marcheras tout à l'heure, et tu te souviendras à qui tu appartiens. Tu te souviendras que c'est moi qui commande, même quand je te prépare ton café.
L'orgasme me submerge une nouvelle fois, violent et pur, me faisant trembler de tous mes membres. Dimitry lâche un dernier râle de satisfaction en se vidant longuement en moi, son corps s'affaissant sur le mien dans une étreinte totale qui dure de longues minutes.
On reste ainsi, le temps que nos souffles s'apaisent et que la sueur sèche sur nos peaux. Puis, fidèle à sa promesse, il se redresse, me laissant un peu étourdi sur le lit. Il se lève, immense et magnifique dans sa nudité matinale, et me jette un regard protecteur mais ferme.
— Ne bouge pas d'ici. Repose-toi. Je vais te préparer ce petit déjeuner. Tu l'as bien mérité, mon esclave.
Je le regarde s'éloigner vers la cuisine, le cœur empli d'une gratitude immense, savourant le privilège d'être ainsi possédé par cet homme.
Après le départ de Dimitry vers la cuisine, je reste immobile, niché au cœur des draps froissés qui conservent encore l'odeur musquée de notre étreinte. Mon corps est lourd, baigné dans une langueur délicieuse, et chaque muscle semble vibrer d'un souvenir persistant de sa force. Je ferme les yeux un instant, savourant ce silence matinal où seule résonne en moi la sensation de sa possession. Je me sens marqué, habité, et une gratitude immense m'envahit : celle d'être celui vers qui ce géant a choisi de se tourner.
Le cliquetis des tasses et l'odeur réconfortante du café chaud annoncent son retour. Dimitry entre dans la chambre, portant un plateau avec une assurance tranquille, toujours parfaitement nu. Il le dépose sur la table de nuit avant de s'installer sur le lit, juste en face de moi, en tailleur. Nous sommes désormais en face à face, ses yeux bleus plongeant dans les miens avec une intensité qui me coupe le souffle.
— Tiens, mange, ordonne-t-il doucement en me tendant une tasse.
Il commence à beurrer une tartine avec une concentration presque intimidante. Soudain, il en rompt un morceau et le porte à mes lèvres. Je frémis en sentant ses doigts frôler ma bouche, acceptant l'offrande avec une docilité totale. Ce geste de partage, si simple et pourtant si intime, me bouleverse.
— Tu sais, Pierrick... murmure-t-il en me regardant mastiquer. Je n’ai jamais fait ça avec personne. Pas même avec Cassandra.
Il marque une pause, son regard se perdant un instant sur mon torse encore marqué par ses morsures de la nuit.
— Avec ma femme, le sexe... c’est différent. C’est une à deux fois par semaine, c’est réglé, presque poli. Jamais je n’ai baisé autant qu’avec toi depuis hier. Jamais je n’aurais pensé qu’un homme puisse me mettre dans cet état. Avant toi, l’idée même ne m’aurait pas effleuré l'esprit. Mais tu es si soumis... tu m'offres une telle prise sur toi que ça en devient obsessionnel.
Il reprend un morceau de sa tartine et le mange avant de continuer, sa voix devenant plus basse, plus cruelle dans sa franchise.
— Tu me donnes envie dès que je te vois, Pierrick. C’est comme une faim que je ne peux pas rassasier. Et je ne compte pas m’arrêter là. Peu m’importe les risques. Même si je dois te prendre alors que tes parents sont dans la pièce d'à côté, ou même si ma femme est dans la maison... je le ferai. Tu m’appartiens trop pour que je me freine.
Je reste pétrifié par ses paroles, mon cœur battant la chamade. L'idée d'être ainsi possédé au mépris de tout danger me fait frémir d'une excitation interdite. Je regarde Dimitry, et je réalise qu'il ne ment pas. Sous la couette, je vois sa silhouette se dessiner nettement.
— Regarde-moi, dit-il en saisissant ma main pour la poser sur lui. Regarde ce que tu me fais. On vient de finir, je viens de te remplir, et pourtant... rien qu'en te parlant, en te voyant ainsi, je bande encore.
Sous mes doigts, je sens sa verge qui se raidit de nouveau, brûlante et impérieuse. C'est un spectacle fascinant : ce colosse, d'ordinaire si maître de ses pulsions, est totalement déstabilisé par le désir que je lui inspire. Il me regarde avec une sorte de fureur contenue, une passion brute qui dépasse tout ce que j'aurais pu imaginer.
— Tu vois ? soupire-t-il en se rapprochant de mon visage. Je suis accro à ta soumission. Je ne sais pas ce que tu m'as fait, mais tu es devenu mon besoin le plus sale et le plus précieux.
Il dépose le plateau sur le côté et me plaque doucement contre les oreillers, sa main venant se perdre dans mes cheveux.
— On va rester ici encore un moment. Le petit déjeuner peut attendre. Ton maître n'a pas fini de te montrer à quel point il a besoin de toi.
Je m'abandonne à son baiser, le goût du café et du beurre encore sur nos lèvres, prêt à sombrer à nouveau dans son univers où seule sa volonté existe.
Fin du chapitre 11.
La pénombre de la chambre est devenue le théâtre final de ma reddition. Dimitry, dont la silhouette massive masque la faible lueur de la lune, se tient debout au pied du lit, me contemplant comme un territoire conquis. Le trouble qu'il a ressenti dans le salon semble s'être transformé en une résolution implacable : il veut reprendre chaque parcelle de pouvoir que mes caresses lui ont fait perdre. Ses yeux sont deux fentes sombres, fixées sur ma nudité offerte.
Il ne dit pas un mot, mais ses gestes sont d'une précision chirurgicale. Il retire sa ceinture de cuir noir, celle qui soulignait sa carrure d'athlète plus tôt dans la journée. Le claquement du métal contre le cuir résonne dans le silence de la pièce, me faisant tressaillir d'une anticipation électrique.
— Tu m'as dit tout à l'heure que tu rêvais que je t'attache, Pierrick, murmure-t-il, sa voix vibrant d'une autorité sans appel. Tu voulais être bloqué, ne plus pouvoir bouger... et bien, on y est. Je vais t'apprendre ce que c'est que d'être totalement à ma merci.
Il saisit mes poignets avec une poigne de fer. Sa puissance est telle que toute résistance serait futile, mais je n'en ai aucune envie. Je lui offre mes mains avec un zèle d'adoration, le cœur battant à tout rompre. Il croise mes bras au-dessus de ma tête et les lie fermement au barreau du lit avec sa ceinture. Le cuir froid serre ma peau, me privant de toute liberté de mouvement. Je suis désormais une offrande, le torse bombé, totalement vulnérable sous son regard de prédateur. Mes muscles se tendent contre les liens, et ce simple sentiment d'impuissance fait déjà grimper mon plaisir à des sommets insoupçonnés.
— Regarde-toi... Tu es magnifique comme ça, ma petite chose. Entièrement livré à mes envies. Tu ne peux plus me toucher, tu ne peux plus me perturber avec tes mains. C'est moi qui décide de tout, désormais.
Il s'installe lentement sur le matelas, qui gémit sous sa stature imposante. Il se place entre mes jambes, les écartant avec une force contenue, me forçant à une ouverture totale. Sa domination est physique, psychologique, écrasante. Il passe ses mains de géant sur mon corps immobile, savourant sa victoire. Il effleure mes hanches, remonte le long de mes côtes, s'arrêtant sur mes propres tétons qu'il pince avec une vigueur qui me fait cambrer, mes liens tirant sur mes épaules.
— Ça te plaît, hein ? Sentir que tu ne peux plus rien faire ? Que si je décidais de te laisser là toute la nuit, tu n'aurais pas d'autre choix que d'attendre mon bon vouloir ?
Il se penche sur moi, son torse d'acier écrasant ma poitrine, son souffle chaud sur mon cou. Je sens sa queue, de nouveau d'une dureté de granit, frotter contre mon entrée. Le plaisir que je ressens à être ainsi immobilisé, à appartenir corps et âme à cet homme qui me traite comme sa propriété personnelle, est indescriptible. Chaque fibre de mon être hurle de désir. Dimitry, voyant ma soumission totale, semble enfin apaisé dans son ego de mâle ; il aime me voir ainsi, incapable de le déstabiliser à nouveau.
Dimitry ne me laisse pas le temps de savourer l'attente plus longtemps. D'une poussée dévastatrice, il s'enfonce en moi. Le choc est tel que ma tête bascule en arrière contre le bois du lit. Je gémis son nom, mais mes mains restent prisonnières, m'empêchant de m'agripper à son dos ou à ses bras musculeux. Je ne peux que subir la cadence infernale qu'il impose, un rythme de machine qui me brise et me reconstruit à chaque va-et-vient.
Il me possède avec une rage sourde, son bassin percutant le mien dans un bruit de chair qui remplit la pièce. Sa domination est totale : il change mes positions d'un geste brusque, me manipulant comme un objet, appréciant le fait que je ne puisse opposer aucune résistance. Je suis cloué au lit par son poids et par le cuir, recevant chaque assaut avec une humilité exaltée.
— Dis-le, Pierrick ! Dis-le que tu n'es rien d'autre que mon trou, mon esclave attaché !
— Je suis à toi... Dimitry... je suis ton jouet... je t'en supplie, dévaste-moi ! criai-je, les larmes aux yeux tant l'extase est violente.
Il augmente encore la vitesse, ses mains venant enserrer ma gorge, non pour me faire mal, mais pour marquer son emprise souveraine. Je sens l'orgasme monter, une vague de fond que je ne peux contrôler. Je jouis sans pouvoir me toucher, le corps secoué de spasmes furieux sous les liens de cuir, hurlant mon plaisir dans l'obscurité. Quelques secondes plus tard, dans un grognement qui semble faire vibrer les murs de la chambre, Dimitry m'inonde une dernière fois, se vidant intégralement au fond de moi.
Il reste là, haletant, son front contre le mien, savourant sa victoire finale sur mon corps et mon esprit, tandis que je reste lié, comblé et totalement brisé par sa vigueur. Il me regarde avec une satisfaction brutale, fier de m'avoir réduit à cet état de pur objet de plaisir.
L'obscurité de la chambre est devenue épaisse, presque palpable, seulement troublée par nos souffles courts qui s'apaisent lentement. Dimitry ne s'écarte pas immédiatement. Il reste là, son buste puissant écrasant mon torse, savourant l'inertie de mon corps prisonnier sous lui. Ses mains quittent enfin ma gorge pour redescendre le long de mes bras tendus, effleurant le cuir de la ceinture qui me scie les poignets.
Il se redresse sur ses coudes, me surplombant avec cette assurance tranquille qui le caractérise désormais. Ses doigts commencent à tracer des cercles lents sur mes hanches, une caresse presque tendre qui contraste violemment avec la brutalité de l'assaut précédent.
— Maintenant que tu es bien coincé, Pierrick... j'ai envie de discuter, murmure-t-il, sa voix vibrant d'une autorité sans appel. Dis-moi, tu baises avec des mecs depuis quand ? T'en as eu beaucoup d'autres avant moi ?
Je détourne la tête, gêné par la crudité de sa question alors que je suis dans cette position humiliante. Mais il ramène mon visage vers le sien d'une pression ferme sur la mâchoire.
— Réponds-moi. Je veux tout savoir sur ce qui se passe dans ta petite tête de traînée. Depuis quand tu savais que tu finirais comme ça, attaché au barreau de mon lit ?
— Depuis mes dix-huit ans... balbutié-je. Et non... pas beaucoup. Personne n'a jamais eu cette emprise sur moi, Dimitry. Personne ne m'a jamais traité comme toi.
Il marque un temps, ses doigts remontant vers mes pectoraux, jouant avec les poils de mon torse.
— Et au tout début ? Quand je débarquais chez vous pour voir ta sœur ? Qu'est-ce que tu pensais de moi, franchement ? Sois honnête, je veux la vérité brute.
Je prends une grande inspiration, le cœur battant à l'idée de sa réaction.
— Je te détestais, avoué-je dans un souffle. Je savais à quel point tu étais homophobe, à quel point tu me méprisais sans même me connaître. Je haïssais ce que tu représentais, cette force brute qui semblait faite pour m'écraser. Je te détestais de me faire sentir aussi insignifiant, comme si je n'existais même pas à tes yeux de "vrai homme".
À ma grande surprise, il laisse échapper un petit rire sombre, un son qui vibre contre ma poitrine. Il semble savourer cet aveu de haine qui s'est mué en une soumission totale.
— Tu me détestais, hein ? C'est drôle... Parce qu'à l'époque, les mecs, il n'en avait jamais été question pour moi. Pour moi, t'étais juste le petit frère insignifiant, un truc fragile que je ne calculais même pas. Mais dis-moi... à quel moment ton regard a changé envers moi ? À quel moment tu as commencé à avoir envie de moi au point de ne plus pouvoir dormir ?
Je ferme les yeux, me remémorant ces instants de torture silencieuse.
— C'était un été... Tu réparais la voiture dans l'allée. Tu étais torse nu, couvert de graisse et de sueur. Je t'ai regardé soulever ce bloc moteur sans effort, tes muscles qui roulaient sous ta peau... et d'un coup, ma haine s'est transformée en une faim dévorante. J'ai eu envie de sentir tes mains sales sur moi. J'ai eu envie que tu me brises.
Dimitry reste silencieux, ses doigts s'immobilisant sur ma peau. Il semble digérer mes paroles, son regard bleu scrutant mon visage dans la pénombre.
— Les années ont passé, reprend-il d'une voix plus basse. Et j'ai fini par voir comment tu me regardais quand je ne faisais pas attention. J'ai vu ce désir brûlant, presque maladif, dans tes yeux. Et au lieu de me dégoûter, ça a commencé à me plaire. Savoir que je pouvais te réduire à cet état rien qu'en entrant dans une pièce... c'est devenu une drogue. Je me demandais jusqu'où tu serais prêt à aller pour que je te touche.
Il se penche plus près, son souffle balayant mon oreille.
— Tu fantasmais sur quoi, Pierrick ? Tu t'imaginais que je te faisais quoi, quand tu te touchais en pensant à moi dans ta chambre ?
— Je m'imaginais... exactement ce qui se passe ce soir, murmuré-je, brisé par la honte et l'excitation. Je m'imaginais que tu me prenais par force, que tu m'attachais et que tu disposais de moi comme d'un objet.
Pour me prouver qu'il maîtrise chaque recoin de mon plaisir, ses doigts redescendent plus bas. Il commence à me doigter avec une douceur sadique, explorant mon intimité encore humide de lui. Je me cambre contre mes liens, mais il me maintient fermement.
— Regarde comme tu réagis... Tu es à moi, Pierrick. Chaque fibre de ton corps m'obéit. Tu aimerais que je continue à te poser des questions pendant que je te fais jouir, n'est-ce pas ? Que je te force à m'avouer tes pensées les plus sales ?
Soudain, il fait quelque chose qu'il n'avait jamais fait auparavant. Lui, le titan si fier, abaisse son visage vers mon torse. Je sens sa langue, chaude et rugueuse, lécher ma peau avec une lenteur calculée, remontant vers mes tétons. Lorsqu'il les atteint, il ne se contente pas de les effleurer. Il les mordille, ses dents serrant la chair sensible avec une précision cruelle.
— Ahhh ! Dimitry ! criai-je, le corps secoué d'un spasme électrique.
Ce contact inédit, cette marque de désir carnassier de sa part, brise mes dernières défenses. Je me tords sous lui, les poignets tirant sur la ceinture de cuir jusqu'à m'en faire mal, mais le plaisir est trop immense. Sans qu'il ait besoin de toucher mon sexe, uniquement par la force de ses morsures et de ses doigts qui fouillent mes entrailles, je sens l'explosion arriver.
Je jouis violemment, ma semence jaillissant sur mon propre ventre et sur sa main, dans un cri de pure agonie extatique. Je reste là, pantelant, totalement vidé, le corps parcouru de derniers frissons alors qu'il se redresse pour contempler son œuvre.
Dimitry semble satisfait. Il a repris le contrôle total, non seulement par la force, mais en me forçant à mettre des mots sur mon obsession. D'un geste lent, il défait la ceinture de cuir, libérant enfin mes poignets meurtris.
— Voilà, soupire-t-il, sa voix redevenant calme. On a remis les pendules à l'heure. Tu sais tout maintenant. Et moi aussi.
Il me tire vers lui, m'allongeant contre son flanc massif. Son bras, lourd et protecteur, vient m'encercler, me collant contre sa chaleur de bête au repos.
— Maintenant, tu restes là, contre ton maître. Et tu dors. On reparlera de tes petits secrets demain.
Je ne proteste pas. Je me blottis contre lui, ma tête nichée dans le creux de son épaule, bercé par les battements réguliers de son cœur, enfin en paix dans ma soumission.
Le sommeil qui s'empare de moi est plus lourd que tout ce que j'ai connu. Blotti contre le flanc de Dimitry, je sens la chaleur de sa peau comme un rempart contre le reste du monde. Dans cette obscurité protectrice, mes poignets qui portent encore la marque de la ceinture ne sont plus une douleur, mais le souvenir réconfortant de son emprise. Je sombre dans un oubli total, bercé par le rythme puissant et régulier de sa respiration, l'esprit enfin vidé de ses tourments par la force de sa possession.
Le petit matin filtre doucement à travers les rideaux, baignant la chambre d'une lumière grise et cotonneuse. Avant même d'ouvrir les yeux, je sens une présence écrasante et protectrice contre moi. Dimitry m'a attiré durant la nuit ; son torse est plaqué contre mon dos, agissant comme une couverture vivante. Son bras, dont le poids est une caresse constante, barre mon ventre.
Je sens qu'il ne dort plus. Sa main commence à bouger lentement sur ma peau. Il trace des cercles sur mon abdomen, descendant parfois vers la naissance de mon sexe avant de remonter vers mon nombril. Je sens son souffle chaud venir s'écraser dans le creux de mon cou, me provoquant des frissons immédiats. Il n'y a aucune cruauté dans ses gestes ce matin, seulement une domination tranquille et souveraine.
— Tu es réveillé, ma petite chose... murmure-t-il contre mon oreille, sa voix basse et éraillée par le matin.
Je ne peux répondre que par un gémissement étouffé, me pressant un peu plus contre lui.
— Reste tranquille, Pierrick. Écoute-moi bien. J'ai envie de te reprendre là, maintenant, tout doucement. Je veux te sentir vibrer sous moi dans le calme de ce matin. Et si tu es bien sage, si tu te laisses faire avec cette obéissance que j'aime tant... alors c'est moi qui me lèverai pour te préparer ton petit déjeuner. Ce sera ma façon de te remercier pour la nuit que tu m'as offerte. Mais profite, parce que ça n'arrivera pas souvent que ton maître se mette en cuisine pour toi.
D'un mouvement lent, il me fait basculer sur le ventre, gardant son corps collé au mien. Il m'écarte les jambes avec une autorité tranquille, s'insérant entre elles. Sans la violence de la veille, il commence à entrer en moi avec une profondeur calculée. Je lâche un long gémissement contre l'oreiller, mes doigts s'agrippant aux draps.
— Oh oui... grogne-t-il à mon oreille. Sens comme tu es encore tout chaud de moi. Tu es fait pour ça, Pierrick. Pour recevoir ma queue dès le réveil, pour être mon petit refuge personnel avant même que le soleil soit levé.
Il commence un va-et-vient lent, presque hypnotique. Ses paroles se font de plus en plus directes à mesure que le plaisir monte. Il me décrit avec précision ce qu'il ressent, la force avec laquelle ma chair le serre, l'odeur de mon désir qui se mêle à la sienne. Malgré l'absence de cruauté, ses mots restent crus, marquant son territoire.
— J'aime t'entendre gémir comme ça... C'est ton seul langage, pas vrai ? Le langage de la soumission. Regarde comme tu es vulnérable, le visage enfoncé dans l'oreiller pendant que je dispose de ton corps. Tu n'es rien d'autre qu'un réceptacle pour moi, une petite chose que j'ai dressée pour mon plaisir.
Je ne peux plus retenir mes cris. À chaque poussée, un son plaintif s'échappe de ma gorge. Le contraste entre la douceur de sa voix à mon oreille et la force de ses mots crée un court-circuit dans mon cerveau. Je me sens totalement possédé, envahi par sa puissance calme.
Il accélère légèrement le rythme, ses mains venant presser mes fesses pour m'ouvrir davantage à lui. Ses gémissements se font plus profonds, plus animaux.
— Je vais te remplir une fois de plus, Pierrick... Je vais te marquer pour la journée. Tu vas sentir mon passage entre tes jambes quand tu marcheras tout à l'heure, et tu te souviendras à qui tu appartiens. Tu te souviendras que c'est moi qui commande, même quand je te prépare ton café.
L'orgasme me submerge une nouvelle fois, violent et pur, me faisant trembler de tous mes membres. Dimitry lâche un dernier râle de satisfaction en se vidant longuement en moi, son corps s'affaissant sur le mien dans une étreinte totale qui dure de longues minutes.
On reste ainsi, le temps que nos souffles s'apaisent et que la sueur sèche sur nos peaux. Puis, fidèle à sa promesse, il se redresse, me laissant un peu étourdi sur le lit. Il se lève, immense et magnifique dans sa nudité matinale, et me jette un regard protecteur mais ferme.
— Ne bouge pas d'ici. Repose-toi. Je vais te préparer ce petit déjeuner. Tu l'as bien mérité, mon esclave.
Je le regarde s'éloigner vers la cuisine, le cœur empli d'une gratitude immense, savourant le privilège d'être ainsi possédé par cet homme.
Après le départ de Dimitry vers la cuisine, je reste immobile, niché au cœur des draps froissés qui conservent encore l'odeur musquée de notre étreinte. Mon corps est lourd, baigné dans une langueur délicieuse, et chaque muscle semble vibrer d'un souvenir persistant de sa force. Je ferme les yeux un instant, savourant ce silence matinal où seule résonne en moi la sensation de sa possession. Je me sens marqué, habité, et une gratitude immense m'envahit : celle d'être celui vers qui ce géant a choisi de se tourner.
Le cliquetis des tasses et l'odeur réconfortante du café chaud annoncent son retour. Dimitry entre dans la chambre, portant un plateau avec une assurance tranquille, toujours parfaitement nu. Il le dépose sur la table de nuit avant de s'installer sur le lit, juste en face de moi, en tailleur. Nous sommes désormais en face à face, ses yeux bleus plongeant dans les miens avec une intensité qui me coupe le souffle.
— Tiens, mange, ordonne-t-il doucement en me tendant une tasse.
Il commence à beurrer une tartine avec une concentration presque intimidante. Soudain, il en rompt un morceau et le porte à mes lèvres. Je frémis en sentant ses doigts frôler ma bouche, acceptant l'offrande avec une docilité totale. Ce geste de partage, si simple et pourtant si intime, me bouleverse.
— Tu sais, Pierrick... murmure-t-il en me regardant mastiquer. Je n’ai jamais fait ça avec personne. Pas même avec Cassandra.
Il marque une pause, son regard se perdant un instant sur mon torse encore marqué par ses morsures de la nuit.
— Avec ma femme, le sexe... c’est différent. C’est une à deux fois par semaine, c’est réglé, presque poli. Jamais je n’ai baisé autant qu’avec toi depuis hier. Jamais je n’aurais pensé qu’un homme puisse me mettre dans cet état. Avant toi, l’idée même ne m’aurait pas effleuré l'esprit. Mais tu es si soumis... tu m'offres une telle prise sur toi que ça en devient obsessionnel.
Il reprend un morceau de sa tartine et le mange avant de continuer, sa voix devenant plus basse, plus cruelle dans sa franchise.
— Tu me donnes envie dès que je te vois, Pierrick. C’est comme une faim que je ne peux pas rassasier. Et je ne compte pas m’arrêter là. Peu m’importe les risques. Même si je dois te prendre alors que tes parents sont dans la pièce d'à côté, ou même si ma femme est dans la maison... je le ferai. Tu m’appartiens trop pour que je me freine.
Je reste pétrifié par ses paroles, mon cœur battant la chamade. L'idée d'être ainsi possédé au mépris de tout danger me fait frémir d'une excitation interdite. Je regarde Dimitry, et je réalise qu'il ne ment pas. Sous la couette, je vois sa silhouette se dessiner nettement.
— Regarde-moi, dit-il en saisissant ma main pour la poser sur lui. Regarde ce que tu me fais. On vient de finir, je viens de te remplir, et pourtant... rien qu'en te parlant, en te voyant ainsi, je bande encore.
Sous mes doigts, je sens sa verge qui se raidit de nouveau, brûlante et impérieuse. C'est un spectacle fascinant : ce colosse, d'ordinaire si maître de ses pulsions, est totalement déstabilisé par le désir que je lui inspire. Il me regarde avec une sorte de fureur contenue, une passion brute qui dépasse tout ce que j'aurais pu imaginer.
— Tu vois ? soupire-t-il en se rapprochant de mon visage. Je suis accro à ta soumission. Je ne sais pas ce que tu m'as fait, mais tu es devenu mon besoin le plus sale et le plus précieux.
Il dépose le plateau sur le côté et me plaque doucement contre les oreillers, sa main venant se perdre dans mes cheveux.
— On va rester ici encore un moment. Le petit déjeuner peut attendre. Ton maître n'a pas fini de te montrer à quel point il a besoin de toi.
Je m'abandonne à son baiser, le goût du café et du beurre encore sur nos lèvres, prêt à sombrer à nouveau dans son univers où seule sa volonté existe.
Fin du chapitre 11.
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