Putain d'homophobe (13)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur .
- • 241 récits publiés.
- • Cote moyenne attribuée par les lecteurs : 0.0 • Cote moyenne attribuée par HDS : 0.0
- • L'ensemble des récits érotiques de Tounet39270 ont reçu un total de 584 071 visites.
Histoire érotique Publiée sur HDS le 26-08-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
Cette histoire de sexe a été affichée 421 fois depuis sa publication.
Chapitre 13
L'ambiance dans la cuisine est devenue électrique, saturée par l'odeur des herbes fraîches, du beurre qui chante dans la poêle et, par-dessus tout, par cette tension sexuelle que Dimitry entretient comme un feu sacré. Nous ne nous sommes pas habillés. Le carrelage froid sous mes pieds nus contraste avec la chaleur étouffante qui émane de son corps massif juste derrière moi. Pour Dimitry, ce repas n'est pas une simple nécessité biologique ; c'est une extension de son règne, une manière de vérifier que chaque pore de ma peau, chaque tressaillement de mes muscles, lui appartient.
Je termine de dresser les assiettes, les mains encore un peu tremblantes des coups de reins qu'il m'a infligés quelques minutes plus tôt. Dimitry ne s'est pas rassis. Il reste là, debout, une présence colossale qui occulte tout le reste. Il m'ordonne d'apporter les plats sur la petite table de la cuisine. Alors que je pose les assiettes, il ne s'installe pas en face de moi comme le ferait n'importe qui. Il tire sa chaise tout près de la mienne, au point que nos cuisses se touchent, créant une promiscuité étouffante et délicieuse.
— Assieds-toi, Pierrick, dit-il d'un ton calme mais sans réplique. Et mange. Je veux voir comment tu te nourris alors que ton maître te regarde.
Je m'exécute, le dos bien droit, conscient de ma nudité totale sur le cuir de la chaise. Mais à peine ai-je porté la première fourchette à ma bouche que je sens sa main large et calleuse s'aventurer sous la table.
Sa main ne perd pas de temps. Elle vient se poser sur ma cuisse, serrant la chair avec une force qui me fait tressaillir. Puis, lentement, ses doigts commencent à remonter. Il ne cherche pas la discrétion. Il veut que je sente chaque mouvement, chaque intention. Ses doigts glissent sur mon ventre, traçant des cercles lents autour de mon nombril, avant de descendre plus bas, là où mon corps est encore vibrant de lui.
— Tu as les muscles qui tressautent, Pierrick... murmure-t-il en se penchant vers moi. Sa bouche est si proche de mon oreille que je sens l'humidité de son souffle. Regarde-toi. Tu essaies de manger dignement alors que tu mouilles déjà de nouveau. Dis-moi, qu'est-ce que ça te fait de sentir ma main ici, alors qu'on est juste en train de déjeuner ?
— Ça me rend fou, Dimitry... murmuré-je, la voix brisée. J'ai l'impression que je ne peux plus rien contrôler.
Il esquisse un sourire sombre, un sourire qui ne quitte plus ses lèvres. Sa main quitte mon ventre pour glisser sous ma fesse, me soulevant presque de la chaise pour mieux me pétrir.
— C'est exactement ce que je veux. Je veux que tu sois incapable de penser à autre chose qu'à moi. Je veux que même ce morceau de viande que tu mâches ait le goût de ma domination. Tu n'as pas de volonté propre, Pierrick. Tu n'as que celle que je t'autorise à avoir.
Il continue de me toucher de manière de plus en plus intime, ses doigts explorant mon intimité avec une précision de chirurgien, tandis que de l'autre main, il continue de manger son propre repas avec une décontraction insultante. Le contraste est insupportable : lui est d'un calme olympien, maître de chaque battement de son cœur, tandis que moi, je suis au bord de l'implosion, le souffle court, incapable de finir mon assiette.
— Dis-moi la vérité, reprend-il, son regard bleu plongeant dans le mien avec une intensité folle. Est-ce que tu imagines ce que diraient tes parents s'ils nous voyaient là ? S'ils voyaient leur gendre préféré en train de caresser leur fils comme une traînée sur un coin de table ?
Je ferme les yeux, un gémissement m'échappant malgré moi.
— Ils... ils ne pourraient pas comprendre. Personne ne peut comprendre ce que tu me fais ressentir.
— Oh, je pense qu'ils verraient surtout que tu es né pour ça, Pierrick. Tu es né pour être à mes pieds. Regarde comme tu réagis quand je fais ça...
D'un mouvement brusque, il glisse deux doigts en moi, me faisant sursauter violemment. Je lâche ma fourchette qui tinte contre l'assiette. Je me cambre, le dos arqué, la tête rejetée en arrière. Je sens son corps se coller encore plus au mien. Il pose sa tête contre mon cou, sa peau brûlante contre la mienne, inhalant l'odeur de mon excitation qui sature l'air.
— Tu es à moi, murmure-t-il, sa voix vibrant contre ma gorge. Chaque gémissement que tu pousses est une prière pour que je continue. Je le vois dans la façon dont tu te tords. Tu veux me plaire, tu veux m'appartenir jusqu'à la moelle. Est-ce que c'est vrai ?
— Oui... oui, Dimitry ! Prends-moi, fais ce que tu veux de moi...
Il rit doucement, un son profond qui me fait frémir.
— Pas tout de suite. On savoure. Je veux voir cette lueur de soumission totale rester dans tes yeux jusqu'à 16 heures. Je veux que chaque seconde de ce repas soit une torture pour toi. Je veux que tu saches que, même si je pars tout à l'heure, tu resteras marqué. Mon empreinte est partout sur toi.
Il retire ses doigts pour les porter à ses propres lèvres, ses yeux ne quittant pas les miens. C'est un acte d'une intensité sauvage, une manière de me dire qu'il a absorbé chaque parcelle de mon être. Je suis là, nu, pantelant, totalement à sa merci sur cette chaise de cuisine, tandis qu'il reprend tranquillement son verre d'eau, savourant sa victoire.
— Continue de manger, Pierrick. Tu vas avoir besoin de forces pour ce que j'ai prévu de te faire avant mon départ.
Le repas s'achève dans une lourdeur presque sacrale. Dimitry termine son verre, ses yeux bleus rivés sur les miens avec une fixité de prédateur qui ne laisse plus aucune place au doute : la trêve du déjeuner est terminée. Il se lève, sa stature colossale occultant la lumière de la cuisine, et avant que je ne puisse esquisser le moindre geste, il me soulève de ma chaise.
D'un mouvement d'une puissance déconcertante, il me saisit sous les aisselles et me soulève comme si je n'étais qu'un objet. Je lâche un cri de surprise qui s'étouffe en un râle profond lorsque je sens ses bras de fer se refermer sous mes cuisses. Il me porte contre son torse nu, m'obligeant à enrouler mes jambes autour de sa taille massive. Nos corps nus, encore vibrants de l'électricité de la cuisine, se consument déjà au contact l'un de l'autre. Il traverse le couloir d'un pas lourd, chaque foulée faisant tressaillir mes muscles contre les siens. Je niche ma tête dans son cou, inhalant l'odeur de ce mâle dominant qui m'a totalement conquis. Je ne suis plus qu'une proie emportée vers son autel.
Arrivé dans la chambre, il me dépose sur le lit avec une fermeté qui interdit tout mouvement. Il reste debout un instant, les mains sur les hanches, me contemplant avec une voracité tranquille, comme un souverain admire une province définitivement soumise.
— Regarde-toi, Pierrick, murmure-t-il, son regard parcourant ma peau avec une intensité folle. Tu es marqué de partout. Tu vibres encore de mon nom.
Il s'installe contre la tête de lit en bois massif et m'ordonne de me placer entre ses jambes, face à lui. Il veut lire mon âme alors que les minutes s'égrènent vers 16h. Ses mains saisissent mon menton, m'obligeant à soutenir son regard d'acier.
— Dis-moi la vérité... Quand je serai parti, quand je serai de retour à ma vie avec Cassandra, est-ce que tu vas réaliser que tu ne m'appartiens pas seulement pour quelques heures, mais pour toujours ?
— Je le sais déjà, Dimitry... murmuré-je, la voix étranglée. Je n'existe plus que par toi. Chaque seconde sans ton regard sera un enfer.
Il esquisse un sourire sombre, fier de son emprise, et commence à me caresser avec une lenteur calculée, presque hypnotique. Ses mains parcourent mes épaules, descendent sur mon torse, s'attardent sur mes tétons qu'il pince avec une force qui m'arrache des gémissements saccadés.
— J'ai peur que ça ne s'arrête jamais... et j'ai encore plus peur que ça s'arrête, avoué-je dans un souffle court. Tu m'as brisé pour mieux me reconstruire. Je ne sais plus qui je suis sans ton emprise pour me définir.
Soudain, le calme de Dimitry se brise, remplacé par une urgence sauvage. Il me fait pivoter avec une vigueur renouvelée. Je me retrouve dos à lui, les fesses pressées contre son bassin brûlant. Je sens sa verge de granit, plus dure et plus imposante que jamais, chercher l'entrée de mon intimité. Il entre en moi d'un coup sec, une poussée dévastatrice qui me fait pousser un cri d'agonie et de plaisir pur.
Cette fois, ce n'est plus du sexe, c'est un anéantissement. Il me prend avec une violence contrôlée, ses reins percutant mon corps avec une puissance de machine. Chaque coup de boutoir me propulse contre l'oreiller, me faisant perdre tout sens de la réalité. Il sature mon espace, mon corps, mon esprit. Sa poigne sur mes hanches me broie presque la chair, me maintenant immobile pour qu'il puisse s'enfoncer toujours plus profondément, cherchant à atteindre le centre même de mon être.
— Tu es à moi ! siffle-t-il, sa voix n'étant plus qu'un grognement animal. Dis-le ! Dis que tu n'es qu'une extension de ma volonté !
— Je suis à toi... tout entier... Dimitry ! murmuré-je entre deux cris.
Le rythme devient frénétique, une tempête de chair et de sueur. Il me baise avec une intensité mille fois supérieure à tout ce que nous avons vécu. C'est sa manière de me marquer avant le départ, d'imprimer son passage si profondément que je le sentirais encore des jours durant. Je me cambre, je m'offre, je me tords sous lui, mes gémissements remplissant la pièce d'une musique de soumission absolue. La douleur se mêle au plaisir dans une fusion incendiaire. Je ne vois plus que des éclairs de lumière derrière mes paupières. Je suis anéanti par sa force, broyé par son désir, et je n'ai jamais rien ressenti d'aussi divin.
Finalement, dans un râle de titan qui semble faire trembler les murs de la chambre, il se vide en moi avec une violence qui me fait défaillir. Il s'effondre sur mon dos, m'écrasant de ses cent kilos de muscles, son souffle brûlant contre ma nuque. Nous restons ainsi, prostrés, unis par la sueur, la semence et l'épuisement total, alors que le silence retombe lourdement sur la chambre. L'horloge indique bientôt 16h, et l'empreinte qu'il laisse en moi est désormais indélébile.
L'aiguille de l'horloge murale avance avec une cruauté froide, se rapprochant inexorablement du chiffre quatre. Le silence qui suit notre étreinte est lourd, seulement brisé par nos respirations qui tentent de retrouver un rythme normal. Dimitry se dégage de moi. Je sens le vide immédiat, un froid glacial qui s'insinue là où son corps pesait de tout son poids quelques secondes plus tôt.
Dimitry se lève et commence à se rhabiller. Chaque mouvement est d'une précision chirurgicale. Il enfile son caleçon, son pantalon, ajuste sa ceinture avec un bruit de boucle métallique qui sonne comme le glas de notre parenthèse. Je reste allongé, nu, les membres encore tremblants, le regard accroché à cette carrure de géant qui redevient l'homme que tout le monde connaît : froid, impénétrable, dominateur.
Il enfile sa chemise, boutonne ses poignets, puis s'assoit au bord du lit pour lacer ses chaussures. Le cuir grince. Je le regarde faire, le cœur serré dans un étau. L'angoisse de le voir franchir cette porte me submerge. Il se redresse enfin, vérifie son téléphone, et se tourne vers moi. Son visage est redevenu un masque de pierre, mais ses yeux bleus brillent d'un éclat que je ne lui ai jamais connu.
Il s'approche du lit et me domine une dernière fois. Je m'apprête à dire quelque chose, un adieu, une supplique, n'importe quoi pour retenir un instant de plus ce lien qui nous unit. Mais il lève une main pour m'imposer le silence. Sa voix tombe alors, basse, profonde, chargée d'une autorité qui me fait frémir.
— Écoute-moi bien, Pierrick. Ce que je m'apprête à faire là, maintenant... ne te méprends pas. Ce n'est pas une récompense. Ce n'est pas parce que tu attends ça depuis des années, même si nous savons tous les deux que c'est la vérité. Je le fais parce que moi, je le veux. Parce que j'ai décidé que ce moment m'appartenait autant qu'à toi.
Je reste pétrifié, le souffle court. J'ouvre la bouche pour balbutier une réponse, pour lui dire que je lui appartiens corps et âme, mais je n'en ai pas le temps.
D'un mouvement brusque et passionné, Dimitry se penche et saisit ma tête entre ses deux mains massives. Ses paumes encadrent mon visage, ses doigts s'enfonçant légèrement dans mes cheveux. Avant que je puisse comprendre ce qui m'arrive, il écrase ses lèvres contre les miennes.
C'est le baiser que j'ai espéré pendant une éternité, mais il dépasse tout ce que j'ai pu imaginer. Ce n'est pas un baiser de tendresse, c'est une dévastation. Il force le passage, insérant sa langue avec une autorité sauvage, explorant ma bouche comme il a exploré mon corps : en conquérant.
Le baiser dure des minutes entières. Le temps s'arrête. Le monde extérieur, Cassandra, mes parents, les convenances... tout s'évapore. Il n'y a plus que le goût de lui, la pression de ses mains qui maintiennent ma tête comme s'il craignait que je m'échappe, et cette fusion brûlante. Nos corps, bien que l'un soit habillé et l'autre nu, semblent se sceller l'un à l'autre une dernière fois. C'est un échange d'une intensité folle, un pacte scellé dans la salive et le souffle.
Quand il finit par se détacher, je suis à bout de souffle, le cœur battant la chamade. Mes yeux se brouillent malgré moi. Une larme, puis deux, roulent sur mes joues. Ce baiser a été plus intime, plus révélateur que tout le sexe que nous avons partagé. C'est l'aveu final de son emprise.
Dimitry me regarde. Il voit mes larmes, il voit ma détresse et mon adoration absolue. Un sourire lent, presque imperceptible mais empreint d'une satisfaction immense, étire ses lèvres. Il sait qu'il m'a marqué à jamais. Il sait que ce baiser sera le fantôme qui hantera mes nuits jusqu'à ses prochaines vacances.
Sans un mot de plus, il se détourne, attrape sa veste et quitte la chambre. J'entends ses pas s'éloigner dans le couloir, le bruit de la porte d'entrée qui s'ouvre, puis qui se referme avec un clic définitif.
Le silence qui retombe est assourdissant. Je reste là, seul dans le sillage de son odeur, la marque de ses mains encore brûlante sur mon visage, les lèvres encore gonflées de son baiser.
Le grondement sourd du moteur diesel déchire le silence pesant de l'après-midi. C'est un son que je connais par cœur, celui du camion de Dimitry qui s'ébroue, signe indubitable que la parenthèse est officiellement close. Le clic de la portière, le passage de la première vitesse... chaque bruit résonne dans mon crâne comme une déflagration.
Je reste immobile sur le lit pendant quelques secondes, le corps encore endolori et l'esprit embrumé par l'intensité de ce baiser final. Puis, une impulsion électrique me traverse. Je ne peux pas le laisser partir sans une dernière image. Je me rue hors des draps, ma nudité m'importe peu alors que je me précipite vers la fenêtre de la chambre qui surplombe l'allée.
Je tire le rideau d'un geste brusque. En bas, le camion noir de Dimitry s'éloigne déjà, soulevant une fine poussière sur le chemin. Je plaque mes mains contre la vitre froide, mon front collé au verre. Je regarde les feux arrière disparaître au tournant de la route, emportant avec eux l'oxygène de la pièce. Il ne s'est pas retourné. Il n'a pas ralenti. Il part comme il a régné sur ces dernières heures : avec une assurance brutale et une absence totale de regret.
Lorsque le camion disparaît totalement de mon champ de vision et que le bruit du moteur s'estompe pour ne laisser place qu'au chant lointain des oiseaux, le silence me frappe de plein fouet. C'est un silence physique, lourd, étouffant. Je me sens soudainement minuscule, exposé, horriblement vulnérable dans cette chambre qui porte encore les stigmates de son passage.
Je me détourne de la fenêtre, le regard errant sur la pièce. Tout ici parle de lui. L'odeur de son sexe et de sa sueur qui flotte encore dans l'air, la tête de lit en bois qu'il a fait craquer sous ses assauts, et surtout, ce lit défait, champ de bataille de ma soumission.
Je me jette littéralement sur le lit, m'effondrant là où il se tenait quelques minutes plus tôt. Je ramène la couette contre moi, l'enfouissant contre mon visage pour chercher désespérément la trace de sa chaleur. Je ferme les yeux et je respire à pleins poumons l'odeur qui imprègne les draps. C'est un mélange de son parfum boisé et de l'odeur brute de notre étreinte.
Je passe mes doigts sur mes lèvres, sentant encore le picotement de sa barbe et la pression de son baiser dévastateur. Ma langue parcourt mes dents, cherchant un vestige de son goût. Une nouvelle vague de larmes inonde mes yeux. Ce n'est pas de la tristesse, c'est un trop-plein, un vertige face à l'ampleur de l'emprise qu'il a installée en moi.
— Reviens... murmuré-je dans l'oreiller, ma voix n'étant plus qu'un souffle brisé.
Je me roule en boule, serrant mes genoux contre ma poitrine, là où son corps de titan m'écrasait de tout son poids. Je réalise avec une clarté terrifiante que ma vie vient de basculer. Les jours à venir ne seront qu'une longue attente, un compte à rebours insupportable jusqu'à la prochaine fois où il décidera de me reprendre.
Le silence qui s'installe après le départ du camion est plus lourd que toutes les paroles prononcées auparavant. Je reste là, prostré sur le lit, le corps encore vibrant des assauts de Dimitry, le visage enfoui dans l'oreiller qui conserve son odeur brute de mâle. Je suis dans cet entre-deux douloureux, où le plaisir se transforme lentement en un manque viscéral.
C'est alors que mon téléphone vibre sur la table de nuit. Le bruit est sec, autoritaire, comme un claquement de doigts. Je me redresse d'un bond, le cœur battant à tout rompre, et je saisis l'appareil d'une main tremblante. Un seul message s'affiche à l'écran. Un numéro que je n'ai pas besoin d'identifier pour savoir qui me parle.
Dimitry (17:10) : "Je suis garé devant chez moi. J'ai encore la chaleur de ton corps sur ma peau et le goût de ta langue dans ma bouche. Maintenant, écoute mes ordres. Lève-toi. Ne reste pas à te prélasser dans mon odeur. Lave ces draps, ouvre les fenêtres et efface chaque trace de mon passage dans cette maison. Je ne veux pas qu'il reste un seul vestige de nous quand tu verras Cassandra. Reprends ton masque de petit frère parfait, mais n'oublie jamais que tu es ma chose. Ce baiser était une promesse. Sois prêt pour la prochaine fois. Je te surveille."
Je relis ce message jusqu'à ce que les mots brûlent mes yeux. La précision de ses ordres me glace autant qu'elle m'excite. Il est là-bas, il s'apprête à retrouver ma sœur, à reprendre son rôle d'époux protecteur, mais il prend le temps de m'enchaîner à distance. Il ne me demande pas comment je me sens après l'avoir vu partir ; il m'intime l'ordre de disparaître aux yeux du monde pour mieux exister dans son secret.
Je me lève péniblement, les jambes encore flageolantes. Chaque mouvement de mon bassin réveille la sensation de sa verge en moi, un souvenir physique si puissant qu'il me donne le vertige. Je dois obéir. C'est ma seule façon de rester lié à lui : exécuter sa volonté à la lettre.
Je commence le rituel de l'effacement. Je défais les draps avec une lenteur de supplicié, les portant une dernière fois à mon visage pour inhaler son sillage — ce mélange de cuir, de sueur et de cette fragrance de titan — avant de les jeter dans la machine à laver. Je ramasse les serviettes humides dans la salle de bain, j'essuie les traces de nos corps sur le plan de travail de la cuisine. J'ouvre les fenêtres en grand. Le vent frais s'engouffre dans la maison, chassant l'air saturé de notre passion sauvage.
Je vais sous la douche, mais c'est une torture. L'eau froide coule sur ma peau, emportant le sel de ses baisers et l'empreinte de ses mains. Je frotte mon corps, mais je sens encore la morsure de ses doigts sur mes hanches, comme un stigmate invisible. En me regardant dans le miroir de la salle de bain, je vois mes lèvres encore un peu gonflées, rouges de ce baiser final qu'il m'a imposé avec une intensité folle.
Je repense à ses mots : "ce que je m'apprête à faire, c'est parce que je le veux". Ce baiser n'était pas un adieu, c'était un marquage définitif. Il a scellé mon destin entre ses mains de géant.
Je m'assois sur le bord de mon lit désormais propre, froid, vide de lui. La maison est silencieuse, Cassandra ne m'a pas écrit, elle ne soupçonne rien. Elle ignore que son mari vient de me dévaster et de me reconstruire à son image. Je ferme les yeux et je sens encore la pression de ses deux mains sur ma tête, m'obligeant à recevoir son baiser. L'attente commence, une agonie lente et délicieuse jusqu'à ce que le Maître décide qu'il est temps de me réclamer à nouveau.
Fin du chapitre 13.
L'ambiance dans la cuisine est devenue électrique, saturée par l'odeur des herbes fraîches, du beurre qui chante dans la poêle et, par-dessus tout, par cette tension sexuelle que Dimitry entretient comme un feu sacré. Nous ne nous sommes pas habillés. Le carrelage froid sous mes pieds nus contraste avec la chaleur étouffante qui émane de son corps massif juste derrière moi. Pour Dimitry, ce repas n'est pas une simple nécessité biologique ; c'est une extension de son règne, une manière de vérifier que chaque pore de ma peau, chaque tressaillement de mes muscles, lui appartient.
Je termine de dresser les assiettes, les mains encore un peu tremblantes des coups de reins qu'il m'a infligés quelques minutes plus tôt. Dimitry ne s'est pas rassis. Il reste là, debout, une présence colossale qui occulte tout le reste. Il m'ordonne d'apporter les plats sur la petite table de la cuisine. Alors que je pose les assiettes, il ne s'installe pas en face de moi comme le ferait n'importe qui. Il tire sa chaise tout près de la mienne, au point que nos cuisses se touchent, créant une promiscuité étouffante et délicieuse.
— Assieds-toi, Pierrick, dit-il d'un ton calme mais sans réplique. Et mange. Je veux voir comment tu te nourris alors que ton maître te regarde.
Je m'exécute, le dos bien droit, conscient de ma nudité totale sur le cuir de la chaise. Mais à peine ai-je porté la première fourchette à ma bouche que je sens sa main large et calleuse s'aventurer sous la table.
Sa main ne perd pas de temps. Elle vient se poser sur ma cuisse, serrant la chair avec une force qui me fait tressaillir. Puis, lentement, ses doigts commencent à remonter. Il ne cherche pas la discrétion. Il veut que je sente chaque mouvement, chaque intention. Ses doigts glissent sur mon ventre, traçant des cercles lents autour de mon nombril, avant de descendre plus bas, là où mon corps est encore vibrant de lui.
— Tu as les muscles qui tressautent, Pierrick... murmure-t-il en se penchant vers moi. Sa bouche est si proche de mon oreille que je sens l'humidité de son souffle. Regarde-toi. Tu essaies de manger dignement alors que tu mouilles déjà de nouveau. Dis-moi, qu'est-ce que ça te fait de sentir ma main ici, alors qu'on est juste en train de déjeuner ?
— Ça me rend fou, Dimitry... murmuré-je, la voix brisée. J'ai l'impression que je ne peux plus rien contrôler.
Il esquisse un sourire sombre, un sourire qui ne quitte plus ses lèvres. Sa main quitte mon ventre pour glisser sous ma fesse, me soulevant presque de la chaise pour mieux me pétrir.
— C'est exactement ce que je veux. Je veux que tu sois incapable de penser à autre chose qu'à moi. Je veux que même ce morceau de viande que tu mâches ait le goût de ma domination. Tu n'as pas de volonté propre, Pierrick. Tu n'as que celle que je t'autorise à avoir.
Il continue de me toucher de manière de plus en plus intime, ses doigts explorant mon intimité avec une précision de chirurgien, tandis que de l'autre main, il continue de manger son propre repas avec une décontraction insultante. Le contraste est insupportable : lui est d'un calme olympien, maître de chaque battement de son cœur, tandis que moi, je suis au bord de l'implosion, le souffle court, incapable de finir mon assiette.
— Dis-moi la vérité, reprend-il, son regard bleu plongeant dans le mien avec une intensité folle. Est-ce que tu imagines ce que diraient tes parents s'ils nous voyaient là ? S'ils voyaient leur gendre préféré en train de caresser leur fils comme une traînée sur un coin de table ?
Je ferme les yeux, un gémissement m'échappant malgré moi.
— Ils... ils ne pourraient pas comprendre. Personne ne peut comprendre ce que tu me fais ressentir.
— Oh, je pense qu'ils verraient surtout que tu es né pour ça, Pierrick. Tu es né pour être à mes pieds. Regarde comme tu réagis quand je fais ça...
D'un mouvement brusque, il glisse deux doigts en moi, me faisant sursauter violemment. Je lâche ma fourchette qui tinte contre l'assiette. Je me cambre, le dos arqué, la tête rejetée en arrière. Je sens son corps se coller encore plus au mien. Il pose sa tête contre mon cou, sa peau brûlante contre la mienne, inhalant l'odeur de mon excitation qui sature l'air.
— Tu es à moi, murmure-t-il, sa voix vibrant contre ma gorge. Chaque gémissement que tu pousses est une prière pour que je continue. Je le vois dans la façon dont tu te tords. Tu veux me plaire, tu veux m'appartenir jusqu'à la moelle. Est-ce que c'est vrai ?
— Oui... oui, Dimitry ! Prends-moi, fais ce que tu veux de moi...
Il rit doucement, un son profond qui me fait frémir.
— Pas tout de suite. On savoure. Je veux voir cette lueur de soumission totale rester dans tes yeux jusqu'à 16 heures. Je veux que chaque seconde de ce repas soit une torture pour toi. Je veux que tu saches que, même si je pars tout à l'heure, tu resteras marqué. Mon empreinte est partout sur toi.
Il retire ses doigts pour les porter à ses propres lèvres, ses yeux ne quittant pas les miens. C'est un acte d'une intensité sauvage, une manière de me dire qu'il a absorbé chaque parcelle de mon être. Je suis là, nu, pantelant, totalement à sa merci sur cette chaise de cuisine, tandis qu'il reprend tranquillement son verre d'eau, savourant sa victoire.
— Continue de manger, Pierrick. Tu vas avoir besoin de forces pour ce que j'ai prévu de te faire avant mon départ.
Le repas s'achève dans une lourdeur presque sacrale. Dimitry termine son verre, ses yeux bleus rivés sur les miens avec une fixité de prédateur qui ne laisse plus aucune place au doute : la trêve du déjeuner est terminée. Il se lève, sa stature colossale occultant la lumière de la cuisine, et avant que je ne puisse esquisser le moindre geste, il me soulève de ma chaise.
D'un mouvement d'une puissance déconcertante, il me saisit sous les aisselles et me soulève comme si je n'étais qu'un objet. Je lâche un cri de surprise qui s'étouffe en un râle profond lorsque je sens ses bras de fer se refermer sous mes cuisses. Il me porte contre son torse nu, m'obligeant à enrouler mes jambes autour de sa taille massive. Nos corps nus, encore vibrants de l'électricité de la cuisine, se consument déjà au contact l'un de l'autre. Il traverse le couloir d'un pas lourd, chaque foulée faisant tressaillir mes muscles contre les siens. Je niche ma tête dans son cou, inhalant l'odeur de ce mâle dominant qui m'a totalement conquis. Je ne suis plus qu'une proie emportée vers son autel.
Arrivé dans la chambre, il me dépose sur le lit avec une fermeté qui interdit tout mouvement. Il reste debout un instant, les mains sur les hanches, me contemplant avec une voracité tranquille, comme un souverain admire une province définitivement soumise.
— Regarde-toi, Pierrick, murmure-t-il, son regard parcourant ma peau avec une intensité folle. Tu es marqué de partout. Tu vibres encore de mon nom.
Il s'installe contre la tête de lit en bois massif et m'ordonne de me placer entre ses jambes, face à lui. Il veut lire mon âme alors que les minutes s'égrènent vers 16h. Ses mains saisissent mon menton, m'obligeant à soutenir son regard d'acier.
— Dis-moi la vérité... Quand je serai parti, quand je serai de retour à ma vie avec Cassandra, est-ce que tu vas réaliser que tu ne m'appartiens pas seulement pour quelques heures, mais pour toujours ?
— Je le sais déjà, Dimitry... murmuré-je, la voix étranglée. Je n'existe plus que par toi. Chaque seconde sans ton regard sera un enfer.
Il esquisse un sourire sombre, fier de son emprise, et commence à me caresser avec une lenteur calculée, presque hypnotique. Ses mains parcourent mes épaules, descendent sur mon torse, s'attardent sur mes tétons qu'il pince avec une force qui m'arrache des gémissements saccadés.
— J'ai peur que ça ne s'arrête jamais... et j'ai encore plus peur que ça s'arrête, avoué-je dans un souffle court. Tu m'as brisé pour mieux me reconstruire. Je ne sais plus qui je suis sans ton emprise pour me définir.
Soudain, le calme de Dimitry se brise, remplacé par une urgence sauvage. Il me fait pivoter avec une vigueur renouvelée. Je me retrouve dos à lui, les fesses pressées contre son bassin brûlant. Je sens sa verge de granit, plus dure et plus imposante que jamais, chercher l'entrée de mon intimité. Il entre en moi d'un coup sec, une poussée dévastatrice qui me fait pousser un cri d'agonie et de plaisir pur.
Cette fois, ce n'est plus du sexe, c'est un anéantissement. Il me prend avec une violence contrôlée, ses reins percutant mon corps avec une puissance de machine. Chaque coup de boutoir me propulse contre l'oreiller, me faisant perdre tout sens de la réalité. Il sature mon espace, mon corps, mon esprit. Sa poigne sur mes hanches me broie presque la chair, me maintenant immobile pour qu'il puisse s'enfoncer toujours plus profondément, cherchant à atteindre le centre même de mon être.
— Tu es à moi ! siffle-t-il, sa voix n'étant plus qu'un grognement animal. Dis-le ! Dis que tu n'es qu'une extension de ma volonté !
— Je suis à toi... tout entier... Dimitry ! murmuré-je entre deux cris.
Le rythme devient frénétique, une tempête de chair et de sueur. Il me baise avec une intensité mille fois supérieure à tout ce que nous avons vécu. C'est sa manière de me marquer avant le départ, d'imprimer son passage si profondément que je le sentirais encore des jours durant. Je me cambre, je m'offre, je me tords sous lui, mes gémissements remplissant la pièce d'une musique de soumission absolue. La douleur se mêle au plaisir dans une fusion incendiaire. Je ne vois plus que des éclairs de lumière derrière mes paupières. Je suis anéanti par sa force, broyé par son désir, et je n'ai jamais rien ressenti d'aussi divin.
Finalement, dans un râle de titan qui semble faire trembler les murs de la chambre, il se vide en moi avec une violence qui me fait défaillir. Il s'effondre sur mon dos, m'écrasant de ses cent kilos de muscles, son souffle brûlant contre ma nuque. Nous restons ainsi, prostrés, unis par la sueur, la semence et l'épuisement total, alors que le silence retombe lourdement sur la chambre. L'horloge indique bientôt 16h, et l'empreinte qu'il laisse en moi est désormais indélébile.
L'aiguille de l'horloge murale avance avec une cruauté froide, se rapprochant inexorablement du chiffre quatre. Le silence qui suit notre étreinte est lourd, seulement brisé par nos respirations qui tentent de retrouver un rythme normal. Dimitry se dégage de moi. Je sens le vide immédiat, un froid glacial qui s'insinue là où son corps pesait de tout son poids quelques secondes plus tôt.
Dimitry se lève et commence à se rhabiller. Chaque mouvement est d'une précision chirurgicale. Il enfile son caleçon, son pantalon, ajuste sa ceinture avec un bruit de boucle métallique qui sonne comme le glas de notre parenthèse. Je reste allongé, nu, les membres encore tremblants, le regard accroché à cette carrure de géant qui redevient l'homme que tout le monde connaît : froid, impénétrable, dominateur.
Il enfile sa chemise, boutonne ses poignets, puis s'assoit au bord du lit pour lacer ses chaussures. Le cuir grince. Je le regarde faire, le cœur serré dans un étau. L'angoisse de le voir franchir cette porte me submerge. Il se redresse enfin, vérifie son téléphone, et se tourne vers moi. Son visage est redevenu un masque de pierre, mais ses yeux bleus brillent d'un éclat que je ne lui ai jamais connu.
Il s'approche du lit et me domine une dernière fois. Je m'apprête à dire quelque chose, un adieu, une supplique, n'importe quoi pour retenir un instant de plus ce lien qui nous unit. Mais il lève une main pour m'imposer le silence. Sa voix tombe alors, basse, profonde, chargée d'une autorité qui me fait frémir.
— Écoute-moi bien, Pierrick. Ce que je m'apprête à faire là, maintenant... ne te méprends pas. Ce n'est pas une récompense. Ce n'est pas parce que tu attends ça depuis des années, même si nous savons tous les deux que c'est la vérité. Je le fais parce que moi, je le veux. Parce que j'ai décidé que ce moment m'appartenait autant qu'à toi.
Je reste pétrifié, le souffle court. J'ouvre la bouche pour balbutier une réponse, pour lui dire que je lui appartiens corps et âme, mais je n'en ai pas le temps.
D'un mouvement brusque et passionné, Dimitry se penche et saisit ma tête entre ses deux mains massives. Ses paumes encadrent mon visage, ses doigts s'enfonçant légèrement dans mes cheveux. Avant que je puisse comprendre ce qui m'arrive, il écrase ses lèvres contre les miennes.
C'est le baiser que j'ai espéré pendant une éternité, mais il dépasse tout ce que j'ai pu imaginer. Ce n'est pas un baiser de tendresse, c'est une dévastation. Il force le passage, insérant sa langue avec une autorité sauvage, explorant ma bouche comme il a exploré mon corps : en conquérant.
Le baiser dure des minutes entières. Le temps s'arrête. Le monde extérieur, Cassandra, mes parents, les convenances... tout s'évapore. Il n'y a plus que le goût de lui, la pression de ses mains qui maintiennent ma tête comme s'il craignait que je m'échappe, et cette fusion brûlante. Nos corps, bien que l'un soit habillé et l'autre nu, semblent se sceller l'un à l'autre une dernière fois. C'est un échange d'une intensité folle, un pacte scellé dans la salive et le souffle.
Quand il finit par se détacher, je suis à bout de souffle, le cœur battant la chamade. Mes yeux se brouillent malgré moi. Une larme, puis deux, roulent sur mes joues. Ce baiser a été plus intime, plus révélateur que tout le sexe que nous avons partagé. C'est l'aveu final de son emprise.
Dimitry me regarde. Il voit mes larmes, il voit ma détresse et mon adoration absolue. Un sourire lent, presque imperceptible mais empreint d'une satisfaction immense, étire ses lèvres. Il sait qu'il m'a marqué à jamais. Il sait que ce baiser sera le fantôme qui hantera mes nuits jusqu'à ses prochaines vacances.
Sans un mot de plus, il se détourne, attrape sa veste et quitte la chambre. J'entends ses pas s'éloigner dans le couloir, le bruit de la porte d'entrée qui s'ouvre, puis qui se referme avec un clic définitif.
Le silence qui retombe est assourdissant. Je reste là, seul dans le sillage de son odeur, la marque de ses mains encore brûlante sur mon visage, les lèvres encore gonflées de son baiser.
Le grondement sourd du moteur diesel déchire le silence pesant de l'après-midi. C'est un son que je connais par cœur, celui du camion de Dimitry qui s'ébroue, signe indubitable que la parenthèse est officiellement close. Le clic de la portière, le passage de la première vitesse... chaque bruit résonne dans mon crâne comme une déflagration.
Je reste immobile sur le lit pendant quelques secondes, le corps encore endolori et l'esprit embrumé par l'intensité de ce baiser final. Puis, une impulsion électrique me traverse. Je ne peux pas le laisser partir sans une dernière image. Je me rue hors des draps, ma nudité m'importe peu alors que je me précipite vers la fenêtre de la chambre qui surplombe l'allée.
Je tire le rideau d'un geste brusque. En bas, le camion noir de Dimitry s'éloigne déjà, soulevant une fine poussière sur le chemin. Je plaque mes mains contre la vitre froide, mon front collé au verre. Je regarde les feux arrière disparaître au tournant de la route, emportant avec eux l'oxygène de la pièce. Il ne s'est pas retourné. Il n'a pas ralenti. Il part comme il a régné sur ces dernières heures : avec une assurance brutale et une absence totale de regret.
Lorsque le camion disparaît totalement de mon champ de vision et que le bruit du moteur s'estompe pour ne laisser place qu'au chant lointain des oiseaux, le silence me frappe de plein fouet. C'est un silence physique, lourd, étouffant. Je me sens soudainement minuscule, exposé, horriblement vulnérable dans cette chambre qui porte encore les stigmates de son passage.
Je me détourne de la fenêtre, le regard errant sur la pièce. Tout ici parle de lui. L'odeur de son sexe et de sa sueur qui flotte encore dans l'air, la tête de lit en bois qu'il a fait craquer sous ses assauts, et surtout, ce lit défait, champ de bataille de ma soumission.
Je me jette littéralement sur le lit, m'effondrant là où il se tenait quelques minutes plus tôt. Je ramène la couette contre moi, l'enfouissant contre mon visage pour chercher désespérément la trace de sa chaleur. Je ferme les yeux et je respire à pleins poumons l'odeur qui imprègne les draps. C'est un mélange de son parfum boisé et de l'odeur brute de notre étreinte.
Je passe mes doigts sur mes lèvres, sentant encore le picotement de sa barbe et la pression de son baiser dévastateur. Ma langue parcourt mes dents, cherchant un vestige de son goût. Une nouvelle vague de larmes inonde mes yeux. Ce n'est pas de la tristesse, c'est un trop-plein, un vertige face à l'ampleur de l'emprise qu'il a installée en moi.
— Reviens... murmuré-je dans l'oreiller, ma voix n'étant plus qu'un souffle brisé.
Je me roule en boule, serrant mes genoux contre ma poitrine, là où son corps de titan m'écrasait de tout son poids. Je réalise avec une clarté terrifiante que ma vie vient de basculer. Les jours à venir ne seront qu'une longue attente, un compte à rebours insupportable jusqu'à la prochaine fois où il décidera de me reprendre.
Le silence qui s'installe après le départ du camion est plus lourd que toutes les paroles prononcées auparavant. Je reste là, prostré sur le lit, le corps encore vibrant des assauts de Dimitry, le visage enfoui dans l'oreiller qui conserve son odeur brute de mâle. Je suis dans cet entre-deux douloureux, où le plaisir se transforme lentement en un manque viscéral.
C'est alors que mon téléphone vibre sur la table de nuit. Le bruit est sec, autoritaire, comme un claquement de doigts. Je me redresse d'un bond, le cœur battant à tout rompre, et je saisis l'appareil d'une main tremblante. Un seul message s'affiche à l'écran. Un numéro que je n'ai pas besoin d'identifier pour savoir qui me parle.
Dimitry (17:10) : "Je suis garé devant chez moi. J'ai encore la chaleur de ton corps sur ma peau et le goût de ta langue dans ma bouche. Maintenant, écoute mes ordres. Lève-toi. Ne reste pas à te prélasser dans mon odeur. Lave ces draps, ouvre les fenêtres et efface chaque trace de mon passage dans cette maison. Je ne veux pas qu'il reste un seul vestige de nous quand tu verras Cassandra. Reprends ton masque de petit frère parfait, mais n'oublie jamais que tu es ma chose. Ce baiser était une promesse. Sois prêt pour la prochaine fois. Je te surveille."
Je relis ce message jusqu'à ce que les mots brûlent mes yeux. La précision de ses ordres me glace autant qu'elle m'excite. Il est là-bas, il s'apprête à retrouver ma sœur, à reprendre son rôle d'époux protecteur, mais il prend le temps de m'enchaîner à distance. Il ne me demande pas comment je me sens après l'avoir vu partir ; il m'intime l'ordre de disparaître aux yeux du monde pour mieux exister dans son secret.
Je me lève péniblement, les jambes encore flageolantes. Chaque mouvement de mon bassin réveille la sensation de sa verge en moi, un souvenir physique si puissant qu'il me donne le vertige. Je dois obéir. C'est ma seule façon de rester lié à lui : exécuter sa volonté à la lettre.
Je commence le rituel de l'effacement. Je défais les draps avec une lenteur de supplicié, les portant une dernière fois à mon visage pour inhaler son sillage — ce mélange de cuir, de sueur et de cette fragrance de titan — avant de les jeter dans la machine à laver. Je ramasse les serviettes humides dans la salle de bain, j'essuie les traces de nos corps sur le plan de travail de la cuisine. J'ouvre les fenêtres en grand. Le vent frais s'engouffre dans la maison, chassant l'air saturé de notre passion sauvage.
Je vais sous la douche, mais c'est une torture. L'eau froide coule sur ma peau, emportant le sel de ses baisers et l'empreinte de ses mains. Je frotte mon corps, mais je sens encore la morsure de ses doigts sur mes hanches, comme un stigmate invisible. En me regardant dans le miroir de la salle de bain, je vois mes lèvres encore un peu gonflées, rouges de ce baiser final qu'il m'a imposé avec une intensité folle.
Je repense à ses mots : "ce que je m'apprête à faire, c'est parce que je le veux". Ce baiser n'était pas un adieu, c'était un marquage définitif. Il a scellé mon destin entre ses mains de géant.
Je m'assois sur le bord de mon lit désormais propre, froid, vide de lui. La maison est silencieuse, Cassandra ne m'a pas écrit, elle ne soupçonne rien. Elle ignore que son mari vient de me dévaster et de me reconstruire à son image. Je ferme les yeux et je sens encore la pression de ses deux mains sur ma tête, m'obligeant à recevoir son baiser. L'attente commence, une agonie lente et délicieuse jusqu'à ce que le Maître décide qu'il est temps de me réclamer à nouveau.
Fin du chapitre 13.
→ Qu'avez-vous pensé de cette histoire ??? Donnez votre avis...
→ Autres histoires érotiques publiées par Tounet39270
0 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Soyez le premier à donner votre avis après lecture sur cette histoire érotique...
Réagissez à l'histoire après lecture
Votre avis sur cette histoire :