Putain d'homophobe (14)

- Par l'auteur HDS Tounet39270 -
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 28-08-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
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Chapitre 14

Le lendemain, l'ambiance aseptisée de mon bureau me semble insupportable. Les néons blafards, le bruit incessant des claviers et les conversations banales de mes collègues sur le week-end agissent comme un papier de verre sur mes nerfs à vif. Je suis assis devant mon écran, mais mes yeux ne voient que du flou. Je suis physiquement présent, mais mon esprit est resté là-bas, dans cette chambre imprégnée de l'odeur de Dimitry, encore brûlant de son baiser dévastateur.

Je me sens vide. Une déprime sourde s'est installée en moi dès le réveil. Sans sa présence écrasante, sans ses ordres, je me sens comme une marionnette dont on aurait coupé les fils. Je me pose mille questions qui tournent en boucle dans mon crâne : est-ce qu'il pense à moi en cet instant ? Est-ce qu'il regrette ce baiser ou était-ce juste une ultime manœuvre pour m'enchaîner ? Est-ce qu'il rit de ma détresse avec Cassandra en ce moment même ?

Je soupire lourdement, la tête entre les mains. Chaque centimètre de mon corps réclame encore sa poigne.
— Ça va pas, Pierrick ? T'as une mine de déterré, lance soudain Marc, un collègue du bureau d'en face.
Je sursaute, m'efforçant de composer un sourire de façade qui doit sonner terriblement faux.
— Si, si... juste une petite nuit. Beaucoup de fatigue, c'est tout.
— Tu rigoles ? On dirait que t'as perdu ton meilleur ami, insiste une autre collègue en passant avec son café. T'es d'une humeur massacrante depuis ce matin, tu n'as pas décroché un mot à la réunion. Si c'est une peine de cœur, dis-le-nous !

Je marmonne une excuse évasive, sentant la panique monter. Ils ne peuvent pas comprendre. Ils ne doivent pas savoir que mon "mal-être" a un nom, une carrure de titan et un regard bleu qui me hante.

C'est à cet instant précis, alors que je sombre dans une noirceur totale, que mon téléphone vibre sur le bureau. Je le saisis avec une fébrilité qui n'échappe pas à Marc.

Dimitry (11:15) : "Arrête de fixer ton écran avec cet air de chien battu, Pierrick. Je sais exactement dans quel état tu es. Je sens ta déprime d'ici, elle pue la faiblesse. Tu n'as pas le droit de te laisser aller ainsi. Un esclave qui ne fonctionne pas ne m'est d'aucune utilité."

Je reste pétrifié. Comment peut-il savoir ? C'est comme s'il avait installé des caméras dans mon cerveau, ou comme s'il y avait un lien invisible, une fréquence radio entre son esprit et le mien. Sa capacité à deviner mon état sans même me voir me terrifie autant qu'elle me galvanise.
Le message continue, plus impérieux que jamais :

"Voici tes ordres pour le reste de la journée : Redresse ton dos. Travaille avec une efficacité parfaite. Je veux que tu sois le meilleur dans ce bureau aujourd'hui. Et ce soir, en rentrant, tu iras acheter cette bouteille de vin que j'aime. Tu la poseras sur ta table de nuit, tu resteras nu devant elle et tu m'enverras un message détaillé à 21h précise pour me dire à quel point tu as besoin que je vienne la boire avec toi. Exécute."

L'effet est instantané. C'est comme si Dimitry venait de me donner une décharge électrique, ou de me verser un seau d'eau glacée sur la tête. Ma déprime s'évapore, remplacée par une adrénaline pure, brûlante. Il s'occupe de moi. Même loin, il me donne un but, une direction.

Je me redresse sur ma chaise, mes épaules se déploient, mon regard s'allume. Je me mets à taper sur mon clavier avec une énergie renouvelée, traitant mes dossiers à une vitesse folle. La perspective du message de ce soir, de l'obéissance que je vais devoir lui prouver, me rend euphorique.

Marc me regarde, la bouche bée, sa tasse de café à moitié suspendue dans les airs.
— Eh bien... c'était quoi ce SMS ? Une dose de vitamines pure ? T'as pris quoi pour aller aussi bien d'un coup ? On ne comprend plus rien avec toi, mon vieux.
— Juste une bonne nouvelle, dis-je avec un éclat dans les yeux que je ne peux pas dissimuler. Un rappel à l'ordre dont j'avais besoin.
— Un rappel à l'ordre ? Tu parles bizarrement, rigole-t-il sans se douter de la portée de ses mots. En tout cas, ça marche. T'es transformé.


Le reste de l'après-midi passe comme dans un rêve. Je suis d'une productivité exemplaire, porté par l'idée de ce compte-rendu que je devrai lui faire. Chaque collègue qui passe s'étonne de mon changement d'humeur radical, mais je ne les écoute plus. Je ne vis plus que pour 21h.


Je me pose encore des questions, bien sûr, mais elles ne sont plus dépressives. Elles sont impatientes. Est-ce qu'il va répondre à mon message ? Est-ce qu'il va être satisfait de ma soumission à distance ? La peur de le décevoir est devenue mon seul moteur.

Je quitte le bureau le soir venu avec un pas léger, courant presque vers le magasin pour acheter ce vin, l'esprit déjà occupé par la description que je vais lui faire de ma nudité et de ma solitude, sous l'ombre immense de son souvenir.

La journée s'est achevée dans un tourbillon d'efficacité presque irréelle. En quittant le bureau, j'ai couru jusqu'à l'épicerie fine pour trouver le vin exact qu'il exige : un rouge sombre, puissant, à l'image de son caractère. En rentrant chez moi, le silence de l'appartement ne me semble plus oppressant, car il est désormais habité par l'ordre qu'il m'a donné. Je ne suis plus seul ; je suis en mission pour lui.

À 20h45, je commence le rituel. Je débranche les lumières agressives pour ne laisser qu'une petite lampe tamisée. Fidèle à ses instructions, je me déshabille lentement. Chaque vêtement qui tombe au sol est une couche de protection que j'abandonne. Je me retrouve nu, la peau encore un peu sensible, frissonnant sous l'air frais de la chambre.

Je pose la bouteille de vin sur ma table de nuit, juste à côté de l'endroit où sa main reposait hier. Le verre sombre de la bouteille brille sous la lampe. Je m'assois sur le bord du lit, les mains posées sur mes genoux, le dos bien droit, fixant l'objet comme s'il s'agissait d'une relique. L'attente est une torture délicieuse. Mes yeux ne quittent pas l'horloge de mon téléphone.
20h59. Mon cœur bat si fort que je l'entends résonner dans mes oreilles. 21h00. Mes doigts tremblent alors que j'ouvre notre conversation.

Je commence à taper, pesant chaque mot, sachant qu'il lira entre les lignes pour y déceler la moindre trace de désobéissance ou de manque d'ardeur.

"Il est 21h pile, Dimitry. Je suis exactement là où tu m'as ordonné d'être. Je suis nu sur mon lit, la peau offerte au vide de la chambre. La bouteille est devant moi, intacte, comme tu l'as voulu. J'ai travaillé comme un forcené aujourd'hui pour te prouver que je peux être l'homme efficace que tu exiges. Mais maintenant que je suis seul, le masque tombe. Chaque pore de ma peau réclame ta main. J'ai besoin que tu sois là pour ouvrir ce vin, pour me forcer à en boire au creux de ta main, pour me reprendre sur ce lit jusqu'à ce que je ne sache plus mon nom. Je suis vide sans ton emprise. Ma nudité n'a de sens que sous tes yeux. Je t'attends, je n'existe que par ta volonté."

J'appuie sur "Envoyer". Un frisson me parcourt l'échine. Le message est parti, livré à ce titan qui me gouverne à distance.

L'attente pour la réponse est insupportable. Je reste immobile, ne bougeant pas d'un millimètre, comme s'il pouvait me voir à travers l'écran. Trois minutes passent. Puis, le téléphone vibre dans ma paume, me faisant presque sursauter.

Dimitry (21:04) : "C'est bien, Pierrick. Tu as appris à obéir sans discuter. J'ai lu ton message deux fois. Je peux presque sentir ton excitation et ton désespoir d'ici. C'est savoureux de te savoir nu et tremblant devant une simple bouteille parce que je l'ai décidé. Garde ce vin. Ne le touche pas. Il restera là, sur ta table de nuit, comme un rappel de ma présence et de ton interdiction d'en profiter sans moi. Tu vas dormir nu, sans couverture, pour que le froid te rappelle que seule ma chaleur vaut la peine d'être ressentie. Ne te touche pas. Si je l'apprends, la punition sera mémorable. Bonne nuit, ma chose."


Je reste figé par la brutalité et la précision de sa réponse. Il m'interdit tout confort, toute satisfaction personnelle. Il veut que mon corps souffre légèrement du froid pour que mon esprit reste focalisé sur lui. C'est une possession psychologique totale.

Je m'allonge sur le matelas, sans rien pour me couvrir, fixant la bouteille de vin qui trône comme une sentinelle. Je me sens vulnérable, exposé, mais étrangement complet. Sa menace de punition fait naître en moi une chaleur diffuse que le froid de la pièce ne peut éteindre. Il me surveille. Il sait. Il me possède à travers des kilomètres de distance.

Je ferme les yeux, imaginant le baiser de la veille, sentant encore la pression de ses mains sur mon visage, et je me prépare à passer une nuit de manque, exactement comme il l'a ordonné.

Deux jours se sont écoulés depuis le message impitoyable de Dimitry. Depuis cet instant, je vis dans un état de tension permanent, une sorte de transe où chaque geste de mon quotidien est régi par l'idée de lui plaire. Au bureau, mes collègues ne me reconnaissent plus. Je traite mes dossiers avec une rigueur de machine, sans un mot, sans une plainte, le dos bien droit face à mon écran. La déprime a été balayée par une forme de dévotion terrifiante.

C'est à la pause déjeuner, alors que je m'apprête à rester à mon poste pour finir un rapport, que mon téléphone s'illumine. Le nom de Cassandra s'affiche. Une bouffée d'angoisse me saisit la gorge. Je m'isole dans un petit local technique, au milieu des serveurs qui vrombissent, pour répondre.
— Allô, Pierrick ? Enfin je t'attrape ! Est-ce que ça va ?
— Oui, Cassie... Je suis juste très concentré sur mon travail.
— Eh bien, j'ai de quoi te remonter le moral ! On organise une grande soirée à la maison samedi soir avec tout notre cercle d'amis. Et devine quoi ? C’est Dimitry qui a eu l'idée. Il a insisté pour que tu sois là. Il a dit que tu avais l'air "un peu perdu" ces derniers temps et qu'il voulait te voir pour te remettre les idées en place. Il a même dit que ce serait bien que tu dormes sur place.

Je ferme les yeux, le front appuyé contre la paroi froide d'une armoire métallique. "Te remettre les idées en place". Les mots de Dimitry résonnent dans ma tête avec une clarté brutale. Mais Cassandra enchaîne, sa voix teintée d'une curiosité qui me fait frémir :
— D'ailleurs, dis-moi... qu'est-ce qui s'est passé entre vous il y a quinze jours, quand vous avez refait la chambre d'amis ? Je trouve que vous vous êtes vraiment rapprochés, lui et toi.


Je retiens ma respiration. Elle semble sincèrement intriguée, presque amusée par ce changement de dynamique.
— Pourquoi tu dis ça ? demandé-je d'une voix que je m'efforce de garder neutre.
— Parce qu'on va se le dire, avant ces travaux, ce n'était pas l'amour fou ! Vous vous évitiez, vous aviez du mal à vous parler plus de cinq minutes sans qu'il y ait un malaise. Et là, depuis ces deux jours passés à peindre et à monter des meubles, il n'arrête pas de parler de toi. Il dit qu'il a enfin réussi à "te cadrer" et qu'il doit s'occuper de ton éducation. C'est génial que vous vous entendiez enfin bien, non ? Qu'est-ce qu'il a fait pour que tu sois devenu aussi sage tout à coup ?

La question me frappe comme un fouet. Si elle savait que sous les couches de peinture et le montage des étagères, Dimitry imposait déjà son autorité physique. Si elle savait que ce "rapprochement" n'est que le nom qu'elle donne à ma reddition complète.
— Je crois qu'il a juste trouvé la bonne manière de me parler, balbutié-je, les mains moites. On a eu le temps de mettre les choses à plat pendant qu'on bossait.
— En tout cas, ça se voit qu'il a pris le dessus, rigole-t-elle, totalement inconsciente de la portée de ses mots. Il est tellement fier d'avoir réussi à te "dompter". Pas d'excuse, donc, tu viens samedi ! Tu dormiras dans cette chambre que vous avez fini de rénover ensemble il y a quinze jours. Ça lui tient à cœur.

Je raccroche et je reste là, dans le noir du local technique, le cœur battant à tout rompre. L'invitation est un piège. Dimitry a utilisé ma propre sœur pour m'envoyer cette convocation officielle sous son toit. Il veut m'observer, me tester, et sans doute m'humilier en silence devant tout le monde.

Je retourne à mon bureau, mais la concentration a disparu. Je repense à cette chambre d'amis, il y a quinze jours. Je revois Dimitry, torse nu, couvert de poussière de plâtre, me donnant des ordres sur la manière de tenir un pinceau ou de visser un panneau, sa présence physique m'étouffant déjà. C'est là que le basculement s'est opéré, là que j'ai cessé d'être son beau-frère pour devenir sa propriété.

Et maintenant, je vais devoir dormir là-bas. Sous son toit. À quelques mètres de leur chambre.

La fin de semaine s'est étirée comme un long exercice de discipline mentale. Depuis ce fameux message de lundi qui m'avait sorti de ma torpeur, j'ai vécu dans une sorte de bulle, une transe de productivité qui a laissé mes collègues pantois. J'étais au bureau le premier, j'en partais le dernier, traitant chaque dossier avec une froideur chirurgicale. Ils ne comprenaient pas ce revirement : j'étais passé de l'ombre dépressive à l'automate de compétition. Mais sous cette efficacité apparente, je ne faisais que compter les heures, hanté par la bouteille de vin scellée sur ma table de nuit, symbole de mon interdiction et de son emprise.

Samedi, 16h45. Le silence de mon appartement est pesant. Je sors de la douche, la peau encore rouge de l'eau chaude, et je m'arrête devant mon armoire ouverte. C'est le moment de vérité. Dans quelques heures, je serai chez eux. Je serai avec elle... et avec lui.

Je saisis mes vêtements habituels, mais mes mains hésitent. C'est alors que mon téléphone, posé sur la commode, émet une vibration courte et impérieuse. Mon cœur rate une pulsation. Je sais, avant même de regarder l'écran, que c'est le signal.

Je m'approche lentement, presque avec dévotion. Le message s'affiche, brutal et précis.


Dimitry (17:00) : "Je sais que tu te prépares. Écoute bien. Tu vas mettre cette chemise bleu marine que je t'ai vue porter le mois dernier. Ne mets pas de t-shirt en dessous. Et comme ces derniers jours : tu ne porteras aucun sous-vêtement. Je veux que tu sentes le tissu de ton pantalon à chaque pas, que tu sois conscient de ta vulnérabilité totale sous tes vêtements. Ce soir, on va prendre des risques. Il n'y aura que nous et deux couples de nos amis. Personne d'autre. L'intimité sera parfaite pour que je puisse t'observer de près. Je veux te voir évoluer au milieu d'eux en sachant que je suis le seul à connaître ton secret. Tu ne boiras que ce que je te servirai, la quantité que je déciderai, et au moment où je le déciderai. Pas un verre de plus, pas un de moins. Sois irréprochable, Pierrick. Je te réserve un accueil particulier dans cette chambre que nous avons construite ensemble il y a quinze jours."

Je repose le téléphone, les doigts tremblants. L'ordre concernant l'absence de sous-vêtements me frappe comme une décharge électrique. C'est une humiliation invisible, une manière de me forcer à être nu devant lui alors que nous serons entourés. Le fait qu'il n'y ait que deux couples d'amis rend l'exercice encore plus périlleux : dans un si petit comité, chaque mouvement est scruté, chaque posture est analysée. On ne peut pas se fondre dans la masse.

Je sors la chemise bleu marine. Je la déplie avec des gestes mécaniques et je glisse mes bras dans les manches. Le contact du coton froid directement sur ma poitrine me fait frissonner. Je boutonne la chemise jusqu'au col, sentant le tissu frotter mes tétons, une sensation qui me rappelle à chaque seconde que je ne m'appartiens plus.

Puis, vient le moment le plus difficile. J'enfile mon pantalon de toile sombre. L'absence de sous-vêtement crée une sensation de frottement immédiate, indécente. Je me sens exposé, fragile, comme si ma peau était à vif. Chaque pas que je fais dans ma chambre me donne le vertige. Comment vais-je pouvoir m'asseoir, discuter, rire avec ces gens, tout en sachant que Dimitry surveille la moindre de mes réactions physiques à travers l'épaisseur de mon pantalon ?

Je me regarde dans le miroir. L'image qui me fait face est celle d'un homme élégant, propre sur lui. Personne ne peut se douter du chaos qui règne sous cette étoffe. Je repense aux paroles de Cassandra lors de son appel de midi : "Qu'est-ce qu'il a fait pour que tu sois devenu aussi sage ? Je trouve que vous vous êtes vraiment rapprochés depuis que vous avez refait la chambre d'amis il y a quinze jours."

Je revois cette pièce, il y a deux semaines. Les murs que nous avons peints ensemble, le lit que nous avons assemblé pièce par pièce. Je me souviens de l'autorité naturelle de Dimitry, de sa façon de me donner des ordres, de sa main qui se posait sur mes hanches pour me décaler. Tout était déjà là. Tout se préparait. Ce rapprochement dont parle Cassandra, c'est en réalité le nœud coulant qu'il a passé autour de mon cou.

Ce soir, je vais retourner dans cette chambre. Mais cette fois, le chantier est terminé. L'œuvre, c'est moi.

Je prends mes clés, n'emportant aucun parfum, aucune fioriture. Je veux être brut, tel qu'il l'a exigé. Je quitte mon appartement, sentant à chaque mouvement le tissu glisser sur mon intimité, une caresse forcée qui me rappelle que le Maître m'attend et que la soirée ne fait que commencer.

Fin du chapitre 14.

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