Putain d'homophobe (19)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 04-09-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
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Chapitre 19
L’homme influent ne détache pas son regard de moi. Il semble fasciné par le contraste entre mon allure de cadre et ce débraillé sauvage que Dimitry m’impose. Le silence s'étire autour de notre table, seulement troublé par le brouhaha lointain du bar. L'homme finit par se redresser, un sourire énigmatique aux lèvres, et sort une clé de sa poche de costume.
— J’ai laissé un dossier crucial dans la boîte à gants de ma voiture, dit-il en fixant toujours ma poitrine exposée. Elle est garée à l'autre bout de la rue, devant la fontaine. C'est un endroit très éclairé, très fréquenté à cette heure-ci.
Il pose la clé sur la nappe blanche, juste entre Dimitry et moi. Son regard glisse vers le déménageur, puis revient vers moi.
— Pierrick, va me chercher ce dossier. Traverse la foule, marche sur l'avenue dans cet état, et reviens me le poser ici.
Je sens une décharge électrique me parcourir, mais je ne bouge pas d'un millimètre. Mes mains restent jointes dans mon dos, mon corps est une statue de marbre. Je n'obéis pas. Je ne réagis pas à sa voix, car pour moi, cet homme n'existe pas en tant qu'autorité. Lentement, avec une dévotion que je ne cherche même plus à cacher, je tourne la tête vers Dimitry.
Je plonge mes yeux dans les siens, cherchant l'ordre, la validation. Je suis un soumis qui ne reconnaît qu'une seule voix, qu'un seul maître. Je reste en suspens, mon souffle court soulevant le tissu translucide de ma chemise, attendant que la bouche de Dimitry s'ouvre pour me donner le droit d'exister.
L'homme influent observe cette scène avec une curiosité gourmande. Il voit que je suis totalement sourd à ses propres injonctions tant que mon maître ne les a pas ratifiées. Un silence de plomb s'installe, lourd de cette tension psychologique délicieuse.
Dimitry finit par s'adosser contre le velours de la banquette, un sourire carnassier étirant ses lèvres. Il savoure ma résistance à l'ordre d'un autre. Il pose sa main massive sur la table et tapote le bois avant de s'adresser à son client.
— Tu vois, Marc, il ne bougera pas sans mon aval. Tu peux lui promettre la lune ou lui hurler dessus, il ne connaît que ma voix.
Dimitry se tourne vers moi, ses yeux bleus sondant mon âme.
— Vas-y, Pierrick. Fais ce que Marc te demande. Traverse la rue, laisse tout le monde voir ce que tu es devenu. Et ne boutonne pas cette chemise, pas même un seul bouton. Je serai juste derrière toi, sur le trottoir, pour vérifier que tu ne baisses pas la tête et que tu assumes chaque regard.
— Oui, Dimitry, murmuré-je.
Je saisis la clé sur la table. Je me retourne et je me dirige vers la sortie. Dimitry se lève d'un bond, sa stature de déménageur dominant la salle, et il me suit de près. Sa présence dans mon dos agit comme une laisse invisible qui me redresse la colonne vertébrale.
Nous franchissons la porte. Le froid de la nuit me percute, mais c'est le regard des passants qui est le plus cinglant. Je marche sur le trottoir bondé, ma chemise blanche ouverte au vent, ma cravate rouge flottant sur ma peau nue. Les gens s'écartent, certains s'arrêtent pour me dévisager, choqués par mon allure défaite en plein quartier chic. Je sens Dimitry juste derrière moi. Je sais qu'il me regarde, qu'il voit chaque frisson de ma peau, chaque mouvement de mes épaules. Sa surveillance est mon seul moteur.
Je traverse l'avenue sous les phares des voitures. Je sens le mépris de certains, la convoitise d'autres. Je m'en moque. Je ne suis qu'une extension de sa volonté. J'atteins la voiture, je récupère le dossier, et je fais le chemin inverse, le dos bien droit, offrant ma gorge et ma poitrine à la ville entière. Chaque passant qui me voit est un témoin de ma reddition.
Quand nous revenons à la table, je pose le dossier devant le client. Je reprends ma place à la droite de Dimitry, immobile, le souffle à peine marqué par l'effort.
L'homme influent reste silencieux un instant, impressionné par la fluidité et l'absence totale de rébellion de ma part. Il lève les yeux vers Dimitry, et pour la première fois, il y a une pointe de respect sincère dans sa voix.
— Je dois l'admettre, Dimitry... Tu as fait un super travail. Un travail d'orfèvre. Il n'a même pas cillé sous les regards. Il ne regarde que toi, il n'écoute que toi. Tu l'as brisé juste ce qu'il fallait pour en faire un instrument de précision. C’est fascinant de voir une telle discipline chez un homme de son rang.
Dimitry attrape alors ma cravate rouge, la tire vers lui pour me forcer à me pencher, et me murmure devant l'homme :
— Il n'est pas brisé, Marc. Il est enfin à sa place. N'est-ce pas, Pierrick ?
— Oui, Dimitry, réponds-je, acceptant ma condition devant ce témoin de prestige.
L'homme nous observe, subjugué par le spectacle de ma loyauté, tandis que Dimitry savoure son triomphe public.
Marc ne détache pas son regard de moi, ses yeux parcourant avec une insistance presque indécente les pans ouverts de ma chemise blanche qui dévoilent mon torse à chaque respiration. Le silence qui s'installe dans le box de velours sombre est d'une densité étouffante, à peine troublé par les rires lointains des autres clients du Baron. Dimitry, dont la carrure massive de déménageur semble irradier une puissance brute, dégage une aura de satisfaction totale. Il me dévisage, appréciant ma posture impeccable et ma respiration contenue qui fait battre la soie de ma cravate rouge contre ma peau nue.
— Tu vois, Marc, reprend Dimitry d'une voix sourde et assurée, il n'a pas seulement obéi à l'ordre d'un inconnu. Il a porté mon autorité comme une bannière au milieu de la rue. Regarde-le bien.
Dimitry ne me laisse pas rester debout plus longtemps dans cette position de sentinelle. D'un geste lent et impérieux de la main, il désigne l'espace exigu devant lui.
— Viens là, Pierrick. Près de moi.
Je m'approche sans la moindre hésitation, mes mouvements dictés par une volonté qui n'est plus la mienne. À ma grande surprise, il ne m'indique pas la banquette. Ses mains puissantes, ces mains de déménageur capables de soulever des charges que personne d'autre ne déplace, se posent avec une fermeté possessive sur ma taille. D'un mouvement sûr et sans appel, il m'attire et me fait m'asseoir sur ses genoux. La position est audacieuse, presque scandaleuse dans cet établissement guindé, mais sous le regard de Marc, elle prend une dimension de récompense souveraine.
Dimitry approche son visage du mien, son souffle chaud caressant mon oreille, me faisant frissonner de la tête aux pieds. Devant Marc, il ne cherche pas à baisser la voix, voulant que chaque mot soit reçu comme une marque de propriété définitive.
— Tu as été parfait, murmure-t-il. Tu n'as écouté que moi, tu n'as cherché que mon regard. Pour ça, je te promets que ce soir, quand nous serons seuls, je serai plus tendre avec toi. Tu as gagné ton droit au repos, mon grand.
Il me garde ainsi quelques longues secondes, m'exposant comme son trophée le plus précieux, avant de me faire glisser avec douceur mais fermeté sur la banquette, juste à côté de lui. Il passe alors son bras massif derrière mes épaules, m'encerclant complètement, m'attirant contre son flanc pour que je sente la solidité de son buste. C’est une étreinte qui protège autant qu'elle revendique. Marc finit par briser le silence, sa voix trahissant une admiration profonde alors qu'il observe la scène.
— Je dois avouer, Dimitry... Tu as trouvé un très beau spécimen. Un garçon comme lui, avec cette carrure et ce statut social, aurait normalement dû être particulièrement difficile à dompter. On voit qu'il a du caractère, de la fierté. Et pourtant, entre tes mains, il est d'une souplesse incroyable. C'est un travail d'orfèvre que tu as fait là.
Dimitry esquisse un sourire carnassier, resserrant son étreinte sur mon épaule.
— La force ne suffit pas pour un profil comme le sien, Marc. Il faut savoir briser l'orgueil sans détruire la dignité. Aujourd'hui, sa dignité, c'est mon nom. Il est à moi. Corps et âme. Mais parce que tu sais apprécier la valeur d'un homme bien dressé, je vais t'accorder un privilège. Si tu as envie de tester sa discipline, fais-le.
Marc se penche alors, une lueur plus sombre dans le regard, et s'adresse directement à Dimitry :
— Dimitry, est-ce que tu m'autorises à utiliser sa cravate rouge pour lui attacher les mains dans le dos ? J'aimerais voir s'il garde cette superbe alors qu'il est entravé. Et j'aimerais surtout vérifier s'il est aussi impassible qu'il le paraît... Je voudrais passer ma main sous sa chemise et caresser son corps, toucher ses tétons, pour voir s'il tremble sous mes doigts.
Un silence électrique tombe sur la table. Je sens le bras de Dimitry se raidir. L'idée qu'un autre homme touche ma peau de cette manière est une provocation, mais Dimitry semble savourer la confiance qu'il a en ma loyauté.
— Fais-le, Marc, répond Dimitry d'un ton glacial. Tu verras que son corps ne répond qu'à moi.
— Oui, Dimitry, murmuré-je en réponse à son regard.
Je me redresse légèrement sur la banquette, présentant mon cou. Je dénoue lentement la cravate rouge et je la tends à Marc. Ce dernier me force à me tourner et ramène mes mains derrière mon dos. Je sens la soie serrer mes poignets avec fermeté. Je suis désormais prisonnier, la poitrine bombée et offerte. Marc revient face à moi. Sa main s'avance, hésitante une seconde, puis s'insère sous le coton fin de ma chemise.
Le contact de sa paume sur ma peau est froid. Il fait glisser ses doigts sur mes pectoraux, s'attardant sur mes tétons qu'il pince et caresse avec insistance. Je reste de marbre. Mon regard est ancré dans celui de Dimitry. Je refuse de lui accorder la moindre réaction. Mon corps est une forteresse verrouillée. Je ne tremble pas. Je ne tressaille pas. Pour moi, la main de Marc n'est qu'un objet sans importance.
— C'est incroyable, souffle Marc, presque dépité. Il ne réagit pas. Il ne vibre absolument pas. On dirait qu'il est fait de pierre.
Dimitry lâche alors un petit rire sombre et victorieux.
— C'est parce qu'il sait que cette main n'a aucun pouvoir sur lui, Marc. Regarde bien la différence.
Dimitry déplace alors sa main libre, celle qui n'est pas derrière mon épaule, et la glisse à son tour sous ma chemise, de l'autre côté. À l'instant même où ses doigts calleux, marqués par le travail de déménageur, effleurent ma peau, mon corps entier est parcouru d'une décharge électrique. Sous la simple pression de son pouce sur mon autre téton, je me mets à trembler de façon incontrôlable. Mes muscles se tendent, mon souffle se bloque, et une vibration profonde secoue mes épaules.
— Tu vois ? dit Dimitry en plongeant ses yeux dans les miens. Il ne tremble que pour son maître. Sous mes mains, il redevient de chair et de sang.
Marc retire sa main, subjugué par le spectacle. Il voit maintenant la preuve ultime de ma soumission : mon corps peut ignorer les caresses du monde entier, mais il capitule instantanément devant le moindre geste de Dimitry.
Le silence qui suit la démonstration de Dimitry est d'une lourdeur presque physique, saturé par l'odeur du cuir et des alcools chers. Marc retire sa main, les doigts encore picotants du contact de ma peau qui est restée de marbre, froide comme une statue, sous ses caresses pourtant insistantes. Il voit encore mon corps tressaillir violemment sous la seule pression du pouce de Dimitry, une réaction électrique que je ne peux simuler. La cravate rouge, nouée avec une force brutale autour de mes poignets derrière mon dos, m'oblige à cambrer la poitrine, exposant mon torse aux regards de tout l'établissement à travers les pans largement ouverts de cette chemise trop fine.
Dimitry retire lentement sa main de sous mon vêtement, mais il garde son bras lourdement posé sur mes épaules, m'écrasant presque contre son flanc massif de déménageur. Il observe Marc avec une lueur de triomphe sauvage dans les yeux.
— Tu vois, Marc, murmure-t-il d'une voix rauque qui vibre jusque dans mes os. Son corps ne triche pas. Il appartient à celui qui a su le dompter. Peu importe qui le touche, il ne répond qu'à moi.
Marc semble chercher ses mots, fasciné par la scène de dévotion totale dont il est le témoin. Il finit par sortir un étui à cigares de sa poche revolver et en propose un à Dimitry.
— C'est une démonstration de force mentale et physique comme j'en ai rarement vu, répond Marc d'une voix altérée. Dimitry, venons-en aux faits pour la suite de notre affaire. Mais avant, l'air devient électrique ici. Allons fumer un cigare sur la terrasse, j'ai besoin de respirer.
Marc marque une pause, ses yeux glissant avec une cruauté calculée sur ma silhouette entravée, débraillée et isolée sur la banquette de velours.
— Laissons-le là, suggère-t-il avec un sourire en coin. Attaché, la poitrine offerte, seul au milieu de tous ces gens qui le dévisagent. Voyons s'il reste aussi digne et immobile quand son protecteur n'est plus là pour intimider la foule.
Dimitry se redresse, sa carrure imposante projetant une ombre immense sur la table. Je sens le vide soudain et glacial lorsqu'il retire son bras de mes épaules. Sans son contact, je me sens soudainement plus nu qu'en étant dévêtu.
— Reste exactement comme ça, Pierrick, ordonne Dimitry en se levant de toute sa hauteur. Le dos bien droit, les mains liées derrière toi, la chemise ouverte. Tu ne bouges pas, tu ne baisses pas les yeux, et tu ne parles à personne. Tu m'attends sans broncher.
— Oui, Dimitry, réponds-je, la voix à peine audible mais ferme.
Les deux hommes s'éloignent vers la sortie, me laissant seul dans le box. C'est l'instant le plus stressant et le plus long de ma journée. Sans la présence protectrice de Dimitry à mes côtés, je n'ai plus aucun rempart. Le bar est plein à craquer. Les clients des tables voisines, qui n'osaient pas trop regarder quand le colosse était présent, se lâchent désormais sans aucune retenue.
Je sens les regards peser sur moi comme du plomb fondu. Un groupe à la table d'en face chuchote en me pointant du doigt, leurs rires étouffés me parvenant comme des insultes. Un homme au comptoir se retourne carrément pour observer ma poitrine offerte et la tension de mes bras prisonniers. La honte me brûle le visage. Je pense à mon rôle à l'agence, à mon poste de graphiste senior où je dirige des créatifs, où mes décisions artistiques font autorité. Ici, au Baron, je ne suis plus qu'un objet exposé, une image de soumission pure.
Chaque seconde dure une éternité. Je fixe un point imaginaire sur le mur sombre, luttant contre l'envie réflexe de ramener les pans de ma chemise pour me cacher. Mais l'ordre de Dimitry tourne en boucle dans mon esprit : « Tu assumes chaque regard ». Je suis une curiosité, un spectacle. L'humiliation est totale, viscérale. La sueur perle sur mon front et glisse le long de mes tempes. La soie de la cravate rouge me scie les poignets à chaque fois que j'essaie de maintenir ma posture droite malgré le stress qui noue mes entrailles. Un serveur passe, ralentit, me voit dans cet état de déchéance publique et détourne les yeux avec une gêne évidente.
Après ce qui me semble être une vie entière de solitude et d'exposition, la silhouette massive de Dimitry réapparaît enfin, suivie de celle de Marc. Le soulagement que je ressens à sa vue est si puissant qu'il me donne le vertige. Dimitry revient vers moi et reprend sa place, posant immédiatement sa main sur ma nuque, une prise de possession ferme qui me signifie que mon calvaire solitaire est terminé.
Marc s'assoit en face, nous observant en silence. Il semble avoir discuté de choses sérieuses dehors, mais son esprit est resté bloqué sur ma condition. Il fixe longuement mes poignets liés, puis lève les yeux vers Dimitry avec une admiration non feinte.
— Il n'a pas bougé d'un pouce, constate Marc avec une pointe d'incrédulité dans la voix. Pas même pour essayer de se couvrir ou de se soustraire aux moqueries. Dimitry, je dois te le dire... normalement, c'est un profil presque impossible à dompter totalement. On s'attendrait à ce qu'il se rebelle, qu'il lutte.
Marc s'appuie sur la table, fasciné par ma docilité absolue.
— Après avoir vu ça, j'adorerais voir un jour comment tu t'y prends en plein dressage physique. Voir comment un homme de ta force et de ton métier de déménageur, habitué à contraindre la matière, transforme un gars aussi fier en cet instrument de soumission parfaite. Ce doit être un spectacle fascinant de voir comment tu domines sa volonté jusque dans sa chair.
Dimitry laisse échapper un rire sombre et guttural, ses doigts massifs s'enfonçant légèrement dans mon cuir chevelu pour me forcer à lever le menton.
— Ce n'est pas un spectacle pour les yeux non avertis, Marc. Le dressage physique d'un esprit comme le sien demande une poigne d'acier. Il faut que son corps comprenne physiquement ce que ses idées ne peuvent plus discuter. Mais qui sait ? Un jour, peut-être, tu verras comment je lui apprends la vraie obéissance.
Je frissonne sous sa main, mon corps réagissant instantanément à la promesse de rigueur contenue dans ses paroles. Dimitry me tire alors un peu plus près de lui, son bras repassant derrière mon épaule, scellant ma place à ses côtés.
— Pour l'instant, conclut Dimitry, il a encore beaucoup à apprendre ce soir.
Le trajet vers l’appartement se déroule dans une atmosphère de calme absolu, une bulle de silence protectrice après l'orage des regards du Baron. Avant même de monter dans la voiture, sur le trottoir encore baigné par la lueur des réverbères, Dimitry s'était arrêté. Ses mains, si imposantes et pourtant si précises, avaient dénoué avec une patience infinie les nœuds serrés de la cravate rouge. Mes poignets, marqués par la soie, avaient enfin retrouvé leur liberté de mouvement, mais mon esprit restait plus que jamais lié à l'homme qui venait de me libérer. Durant tout le trajet, il garde une main sur ma nuque, ses doigts pressant ma peau avec une fermeté qui me rappelle à qui j'appartiens, tandis que l'autre main dirige le volant avec une assurance tranquille.
Dès que la porte de l'appartement se referme, le silence est rompu par le souffle court de Dimitry. Il ne me laisse pas le temps d'allumer la lumière. Dans la pénombre du salon, il me plaque contre la porte, ses mains encadrant mon visage avec une autorité teintée d'une douceur nouvelle.
— Je t'ai promis d'être tendre, Pierrick, murmure-t-il, sa voix vibrant d'une émotion sourde.
Il me soulève sans effort, mes jambes s'enroulant instinctivement autour de sa taille puissante. Il me porte jusqu'à la chambre et me dépose sur le lit avec une délicatesse qui contraste avec sa stature. Il se débarrasse de ses vêtements dans un mouvement efficace, révélant sa musculature impressionnante. Lorsqu'il retire ce qui reste de ma chemise blanche, je me sens enfin totalement sien, lavé de l'humiliation par son seul regard.
Pour la première fois, ce n'est pas une leçon de discipline, c'est un acte de dévotion. Lorsqu'il entre en moi, la sensation est si intense, si pleine, que je pousse un gémissement déchirant qui résonne contre les murs de la chambre. Je ne savais pas que je pouvais produire un tel son ; c’est le cri de quelqu'un qui se trouve enfin à sa place, reconnu et possédé.
Dimitry me prend avec une passion dévastatrice. Il choisit chaque position pour ne jamais rompre le contact visuel. Il me maintient d'abord sur le dos, ses mains ancrées sur mes hanches, ses bras tendus de chaque côté de ma tête pour me surplomber. Il plonge son regard bleu acier au plus profond du mien, me forçant à soutenir cette intensité alors que ses reins s'activent avec une force irrésistible. À chaque va-et-vient, lent et profond, il cherche mes yeux, s'assurant que je vois l'homme qui m'habite. Je gémis son nom encore et encore, mes doigts s'enfonçant dans ses épaules larges.
Puis, il me fait basculer, me tirant vers le bord du lit. Il me soulève les jambes, les calant contre son torse puissant. Dans cette position, la pénétration est totale, presque électrique. Je sens chaque muscle de son corps se tendre contre le mien. Ses mains ne me quittent pas, l'une sur mon torse, l'autre soutenant ma nuque pour m'obliger à le regarder. Je suis totalement ouvert, vulnérable et ravi sous sa poussée. Mes cris deviennent plus aigus, plus saccadés, à mesure qu'il augmente la cadence, son regard bleu brûlant dans le mien comme s'il voulait marquer mon esprit autant que ma chair. Chaque poussée est une confirmation : il ne prend pas seulement mon corps, il prend mon âme, et je la lui offre avec une joie sauvage.
Il change encore de position, me plaçant sur le côté pour me pénétrer par-derrière tout en me forçant à tourner la tête par-dessus mon épaule pour le regarder. Ses yeux ne me quittent jamais, brûlants de fierté. Ses mains parcourent mon dos, mes hanches, avec une possession absolue. Je n'ai jamais autant gémi de ma vie, chaque sensation étant démultipliée par l'épuisement nerveux de la journée et la libération de mon corps qui s'abandonne enfin à son maître.
Le rythme devient frénétique. Dimitry lâche prise sur son propre contrôle, sa respiration devenant un râle animal. Dans un dernier élan de puissance, il me ramène sur le dos et me plaque fermement contre le matelas, ses yeux fixés sur les miens jusqu'à l'instant ultime, comme s'il voulait lire mon plaisir en direct. Il jouit longuement en moi, son corps puissant secoué par des spasmes, m'inondant de sa chaleur tandis que je m'effondre dans une extase totale, le corps vibrant encore de ses assauts.
Le silence revient, troublé seulement par nos souffles saccadés. Fidèle à sa promesse de tendresse, Dimitry ne se retire pas tout de suite. Il se penche sur moi et m'embrasse avec une affection immense, une passion douce qui me fait monter les larmes aux yeux. Ses baisers sur mes lèvres, sur mes paupières, sur mon front, sont autant de mercis pour ma loyauté exemplaire devant Marc.
— Retourne-toi, Pierrick, chuchote-t-il avec une douceur infinie.
Je m'exécute, le corps lourd et l'esprit en paix. Il se colle contre mon dos, nous installant en cuillère. Je sens son sexe encore à moitié dur, chaud et protecteur, pressé fermement contre mes fesses. C'est une présence rassurante qui me fait frissonner délicieusement. Ses bras massifs m'encerclent, me ramenant contre lui comme si j'étais son trésor le plus précieux.
— Je suis fier de toi, Pierrick, murmure-t-il contre ma nuque. Ce soir, tu as été incroyable. Devant Marc, devant tout le monde... tu as montré ce que c'est que d'être un homme vraiment dévoué. J'ai de la chance de t'avoir trouvé. Tu es brillant dans ce que tu fais à l'agence, mais ici, dans mes bras, tu es parfait.
Il dépose un dernier baiser tendre dans le creux de mon cou, là où la marque de ma reddition était visible toute la journée. Je m'endors bercé par sa chaleur et le battement régulier de son cœur, le cœur plein de la fierté d'avoir satisfait Dimitry.
Fin du chapitre 19.
L’homme influent ne détache pas son regard de moi. Il semble fasciné par le contraste entre mon allure de cadre et ce débraillé sauvage que Dimitry m’impose. Le silence s'étire autour de notre table, seulement troublé par le brouhaha lointain du bar. L'homme finit par se redresser, un sourire énigmatique aux lèvres, et sort une clé de sa poche de costume.
— J’ai laissé un dossier crucial dans la boîte à gants de ma voiture, dit-il en fixant toujours ma poitrine exposée. Elle est garée à l'autre bout de la rue, devant la fontaine. C'est un endroit très éclairé, très fréquenté à cette heure-ci.
Il pose la clé sur la nappe blanche, juste entre Dimitry et moi. Son regard glisse vers le déménageur, puis revient vers moi.
— Pierrick, va me chercher ce dossier. Traverse la foule, marche sur l'avenue dans cet état, et reviens me le poser ici.
Je sens une décharge électrique me parcourir, mais je ne bouge pas d'un millimètre. Mes mains restent jointes dans mon dos, mon corps est une statue de marbre. Je n'obéis pas. Je ne réagis pas à sa voix, car pour moi, cet homme n'existe pas en tant qu'autorité. Lentement, avec une dévotion que je ne cherche même plus à cacher, je tourne la tête vers Dimitry.
Je plonge mes yeux dans les siens, cherchant l'ordre, la validation. Je suis un soumis qui ne reconnaît qu'une seule voix, qu'un seul maître. Je reste en suspens, mon souffle court soulevant le tissu translucide de ma chemise, attendant que la bouche de Dimitry s'ouvre pour me donner le droit d'exister.
L'homme influent observe cette scène avec une curiosité gourmande. Il voit que je suis totalement sourd à ses propres injonctions tant que mon maître ne les a pas ratifiées. Un silence de plomb s'installe, lourd de cette tension psychologique délicieuse.
Dimitry finit par s'adosser contre le velours de la banquette, un sourire carnassier étirant ses lèvres. Il savoure ma résistance à l'ordre d'un autre. Il pose sa main massive sur la table et tapote le bois avant de s'adresser à son client.
— Tu vois, Marc, il ne bougera pas sans mon aval. Tu peux lui promettre la lune ou lui hurler dessus, il ne connaît que ma voix.
Dimitry se tourne vers moi, ses yeux bleus sondant mon âme.
— Vas-y, Pierrick. Fais ce que Marc te demande. Traverse la rue, laisse tout le monde voir ce que tu es devenu. Et ne boutonne pas cette chemise, pas même un seul bouton. Je serai juste derrière toi, sur le trottoir, pour vérifier que tu ne baisses pas la tête et que tu assumes chaque regard.
— Oui, Dimitry, murmuré-je.
Je saisis la clé sur la table. Je me retourne et je me dirige vers la sortie. Dimitry se lève d'un bond, sa stature de déménageur dominant la salle, et il me suit de près. Sa présence dans mon dos agit comme une laisse invisible qui me redresse la colonne vertébrale.
Nous franchissons la porte. Le froid de la nuit me percute, mais c'est le regard des passants qui est le plus cinglant. Je marche sur le trottoir bondé, ma chemise blanche ouverte au vent, ma cravate rouge flottant sur ma peau nue. Les gens s'écartent, certains s'arrêtent pour me dévisager, choqués par mon allure défaite en plein quartier chic. Je sens Dimitry juste derrière moi. Je sais qu'il me regarde, qu'il voit chaque frisson de ma peau, chaque mouvement de mes épaules. Sa surveillance est mon seul moteur.
Je traverse l'avenue sous les phares des voitures. Je sens le mépris de certains, la convoitise d'autres. Je m'en moque. Je ne suis qu'une extension de sa volonté. J'atteins la voiture, je récupère le dossier, et je fais le chemin inverse, le dos bien droit, offrant ma gorge et ma poitrine à la ville entière. Chaque passant qui me voit est un témoin de ma reddition.
Quand nous revenons à la table, je pose le dossier devant le client. Je reprends ma place à la droite de Dimitry, immobile, le souffle à peine marqué par l'effort.
L'homme influent reste silencieux un instant, impressionné par la fluidité et l'absence totale de rébellion de ma part. Il lève les yeux vers Dimitry, et pour la première fois, il y a une pointe de respect sincère dans sa voix.
— Je dois l'admettre, Dimitry... Tu as fait un super travail. Un travail d'orfèvre. Il n'a même pas cillé sous les regards. Il ne regarde que toi, il n'écoute que toi. Tu l'as brisé juste ce qu'il fallait pour en faire un instrument de précision. C’est fascinant de voir une telle discipline chez un homme de son rang.
Dimitry attrape alors ma cravate rouge, la tire vers lui pour me forcer à me pencher, et me murmure devant l'homme :
— Il n'est pas brisé, Marc. Il est enfin à sa place. N'est-ce pas, Pierrick ?
— Oui, Dimitry, réponds-je, acceptant ma condition devant ce témoin de prestige.
L'homme nous observe, subjugué par le spectacle de ma loyauté, tandis que Dimitry savoure son triomphe public.
Marc ne détache pas son regard de moi, ses yeux parcourant avec une insistance presque indécente les pans ouverts de ma chemise blanche qui dévoilent mon torse à chaque respiration. Le silence qui s'installe dans le box de velours sombre est d'une densité étouffante, à peine troublé par les rires lointains des autres clients du Baron. Dimitry, dont la carrure massive de déménageur semble irradier une puissance brute, dégage une aura de satisfaction totale. Il me dévisage, appréciant ma posture impeccable et ma respiration contenue qui fait battre la soie de ma cravate rouge contre ma peau nue.
— Tu vois, Marc, reprend Dimitry d'une voix sourde et assurée, il n'a pas seulement obéi à l'ordre d'un inconnu. Il a porté mon autorité comme une bannière au milieu de la rue. Regarde-le bien.
Dimitry ne me laisse pas rester debout plus longtemps dans cette position de sentinelle. D'un geste lent et impérieux de la main, il désigne l'espace exigu devant lui.
— Viens là, Pierrick. Près de moi.
Je m'approche sans la moindre hésitation, mes mouvements dictés par une volonté qui n'est plus la mienne. À ma grande surprise, il ne m'indique pas la banquette. Ses mains puissantes, ces mains de déménageur capables de soulever des charges que personne d'autre ne déplace, se posent avec une fermeté possessive sur ma taille. D'un mouvement sûr et sans appel, il m'attire et me fait m'asseoir sur ses genoux. La position est audacieuse, presque scandaleuse dans cet établissement guindé, mais sous le regard de Marc, elle prend une dimension de récompense souveraine.
Dimitry approche son visage du mien, son souffle chaud caressant mon oreille, me faisant frissonner de la tête aux pieds. Devant Marc, il ne cherche pas à baisser la voix, voulant que chaque mot soit reçu comme une marque de propriété définitive.
— Tu as été parfait, murmure-t-il. Tu n'as écouté que moi, tu n'as cherché que mon regard. Pour ça, je te promets que ce soir, quand nous serons seuls, je serai plus tendre avec toi. Tu as gagné ton droit au repos, mon grand.
Il me garde ainsi quelques longues secondes, m'exposant comme son trophée le plus précieux, avant de me faire glisser avec douceur mais fermeté sur la banquette, juste à côté de lui. Il passe alors son bras massif derrière mes épaules, m'encerclant complètement, m'attirant contre son flanc pour que je sente la solidité de son buste. C’est une étreinte qui protège autant qu'elle revendique. Marc finit par briser le silence, sa voix trahissant une admiration profonde alors qu'il observe la scène.
— Je dois avouer, Dimitry... Tu as trouvé un très beau spécimen. Un garçon comme lui, avec cette carrure et ce statut social, aurait normalement dû être particulièrement difficile à dompter. On voit qu'il a du caractère, de la fierté. Et pourtant, entre tes mains, il est d'une souplesse incroyable. C'est un travail d'orfèvre que tu as fait là.
Dimitry esquisse un sourire carnassier, resserrant son étreinte sur mon épaule.
— La force ne suffit pas pour un profil comme le sien, Marc. Il faut savoir briser l'orgueil sans détruire la dignité. Aujourd'hui, sa dignité, c'est mon nom. Il est à moi. Corps et âme. Mais parce que tu sais apprécier la valeur d'un homme bien dressé, je vais t'accorder un privilège. Si tu as envie de tester sa discipline, fais-le.
Marc se penche alors, une lueur plus sombre dans le regard, et s'adresse directement à Dimitry :
— Dimitry, est-ce que tu m'autorises à utiliser sa cravate rouge pour lui attacher les mains dans le dos ? J'aimerais voir s'il garde cette superbe alors qu'il est entravé. Et j'aimerais surtout vérifier s'il est aussi impassible qu'il le paraît... Je voudrais passer ma main sous sa chemise et caresser son corps, toucher ses tétons, pour voir s'il tremble sous mes doigts.
Un silence électrique tombe sur la table. Je sens le bras de Dimitry se raidir. L'idée qu'un autre homme touche ma peau de cette manière est une provocation, mais Dimitry semble savourer la confiance qu'il a en ma loyauté.
— Fais-le, Marc, répond Dimitry d'un ton glacial. Tu verras que son corps ne répond qu'à moi.
— Oui, Dimitry, murmuré-je en réponse à son regard.
Je me redresse légèrement sur la banquette, présentant mon cou. Je dénoue lentement la cravate rouge et je la tends à Marc. Ce dernier me force à me tourner et ramène mes mains derrière mon dos. Je sens la soie serrer mes poignets avec fermeté. Je suis désormais prisonnier, la poitrine bombée et offerte. Marc revient face à moi. Sa main s'avance, hésitante une seconde, puis s'insère sous le coton fin de ma chemise.
Le contact de sa paume sur ma peau est froid. Il fait glisser ses doigts sur mes pectoraux, s'attardant sur mes tétons qu'il pince et caresse avec insistance. Je reste de marbre. Mon regard est ancré dans celui de Dimitry. Je refuse de lui accorder la moindre réaction. Mon corps est une forteresse verrouillée. Je ne tremble pas. Je ne tressaille pas. Pour moi, la main de Marc n'est qu'un objet sans importance.
— C'est incroyable, souffle Marc, presque dépité. Il ne réagit pas. Il ne vibre absolument pas. On dirait qu'il est fait de pierre.
Dimitry lâche alors un petit rire sombre et victorieux.
— C'est parce qu'il sait que cette main n'a aucun pouvoir sur lui, Marc. Regarde bien la différence.
Dimitry déplace alors sa main libre, celle qui n'est pas derrière mon épaule, et la glisse à son tour sous ma chemise, de l'autre côté. À l'instant même où ses doigts calleux, marqués par le travail de déménageur, effleurent ma peau, mon corps entier est parcouru d'une décharge électrique. Sous la simple pression de son pouce sur mon autre téton, je me mets à trembler de façon incontrôlable. Mes muscles se tendent, mon souffle se bloque, et une vibration profonde secoue mes épaules.
— Tu vois ? dit Dimitry en plongeant ses yeux dans les miens. Il ne tremble que pour son maître. Sous mes mains, il redevient de chair et de sang.
Marc retire sa main, subjugué par le spectacle. Il voit maintenant la preuve ultime de ma soumission : mon corps peut ignorer les caresses du monde entier, mais il capitule instantanément devant le moindre geste de Dimitry.
Le silence qui suit la démonstration de Dimitry est d'une lourdeur presque physique, saturé par l'odeur du cuir et des alcools chers. Marc retire sa main, les doigts encore picotants du contact de ma peau qui est restée de marbre, froide comme une statue, sous ses caresses pourtant insistantes. Il voit encore mon corps tressaillir violemment sous la seule pression du pouce de Dimitry, une réaction électrique que je ne peux simuler. La cravate rouge, nouée avec une force brutale autour de mes poignets derrière mon dos, m'oblige à cambrer la poitrine, exposant mon torse aux regards de tout l'établissement à travers les pans largement ouverts de cette chemise trop fine.
Dimitry retire lentement sa main de sous mon vêtement, mais il garde son bras lourdement posé sur mes épaules, m'écrasant presque contre son flanc massif de déménageur. Il observe Marc avec une lueur de triomphe sauvage dans les yeux.
— Tu vois, Marc, murmure-t-il d'une voix rauque qui vibre jusque dans mes os. Son corps ne triche pas. Il appartient à celui qui a su le dompter. Peu importe qui le touche, il ne répond qu'à moi.
Marc semble chercher ses mots, fasciné par la scène de dévotion totale dont il est le témoin. Il finit par sortir un étui à cigares de sa poche revolver et en propose un à Dimitry.
— C'est une démonstration de force mentale et physique comme j'en ai rarement vu, répond Marc d'une voix altérée. Dimitry, venons-en aux faits pour la suite de notre affaire. Mais avant, l'air devient électrique ici. Allons fumer un cigare sur la terrasse, j'ai besoin de respirer.
Marc marque une pause, ses yeux glissant avec une cruauté calculée sur ma silhouette entravée, débraillée et isolée sur la banquette de velours.
— Laissons-le là, suggère-t-il avec un sourire en coin. Attaché, la poitrine offerte, seul au milieu de tous ces gens qui le dévisagent. Voyons s'il reste aussi digne et immobile quand son protecteur n'est plus là pour intimider la foule.
Dimitry se redresse, sa carrure imposante projetant une ombre immense sur la table. Je sens le vide soudain et glacial lorsqu'il retire son bras de mes épaules. Sans son contact, je me sens soudainement plus nu qu'en étant dévêtu.
— Reste exactement comme ça, Pierrick, ordonne Dimitry en se levant de toute sa hauteur. Le dos bien droit, les mains liées derrière toi, la chemise ouverte. Tu ne bouges pas, tu ne baisses pas les yeux, et tu ne parles à personne. Tu m'attends sans broncher.
— Oui, Dimitry, réponds-je, la voix à peine audible mais ferme.
Les deux hommes s'éloignent vers la sortie, me laissant seul dans le box. C'est l'instant le plus stressant et le plus long de ma journée. Sans la présence protectrice de Dimitry à mes côtés, je n'ai plus aucun rempart. Le bar est plein à craquer. Les clients des tables voisines, qui n'osaient pas trop regarder quand le colosse était présent, se lâchent désormais sans aucune retenue.
Je sens les regards peser sur moi comme du plomb fondu. Un groupe à la table d'en face chuchote en me pointant du doigt, leurs rires étouffés me parvenant comme des insultes. Un homme au comptoir se retourne carrément pour observer ma poitrine offerte et la tension de mes bras prisonniers. La honte me brûle le visage. Je pense à mon rôle à l'agence, à mon poste de graphiste senior où je dirige des créatifs, où mes décisions artistiques font autorité. Ici, au Baron, je ne suis plus qu'un objet exposé, une image de soumission pure.
Chaque seconde dure une éternité. Je fixe un point imaginaire sur le mur sombre, luttant contre l'envie réflexe de ramener les pans de ma chemise pour me cacher. Mais l'ordre de Dimitry tourne en boucle dans mon esprit : « Tu assumes chaque regard ». Je suis une curiosité, un spectacle. L'humiliation est totale, viscérale. La sueur perle sur mon front et glisse le long de mes tempes. La soie de la cravate rouge me scie les poignets à chaque fois que j'essaie de maintenir ma posture droite malgré le stress qui noue mes entrailles. Un serveur passe, ralentit, me voit dans cet état de déchéance publique et détourne les yeux avec une gêne évidente.
Après ce qui me semble être une vie entière de solitude et d'exposition, la silhouette massive de Dimitry réapparaît enfin, suivie de celle de Marc. Le soulagement que je ressens à sa vue est si puissant qu'il me donne le vertige. Dimitry revient vers moi et reprend sa place, posant immédiatement sa main sur ma nuque, une prise de possession ferme qui me signifie que mon calvaire solitaire est terminé.
Marc s'assoit en face, nous observant en silence. Il semble avoir discuté de choses sérieuses dehors, mais son esprit est resté bloqué sur ma condition. Il fixe longuement mes poignets liés, puis lève les yeux vers Dimitry avec une admiration non feinte.
— Il n'a pas bougé d'un pouce, constate Marc avec une pointe d'incrédulité dans la voix. Pas même pour essayer de se couvrir ou de se soustraire aux moqueries. Dimitry, je dois te le dire... normalement, c'est un profil presque impossible à dompter totalement. On s'attendrait à ce qu'il se rebelle, qu'il lutte.
Marc s'appuie sur la table, fasciné par ma docilité absolue.
— Après avoir vu ça, j'adorerais voir un jour comment tu t'y prends en plein dressage physique. Voir comment un homme de ta force et de ton métier de déménageur, habitué à contraindre la matière, transforme un gars aussi fier en cet instrument de soumission parfaite. Ce doit être un spectacle fascinant de voir comment tu domines sa volonté jusque dans sa chair.
Dimitry laisse échapper un rire sombre et guttural, ses doigts massifs s'enfonçant légèrement dans mon cuir chevelu pour me forcer à lever le menton.
— Ce n'est pas un spectacle pour les yeux non avertis, Marc. Le dressage physique d'un esprit comme le sien demande une poigne d'acier. Il faut que son corps comprenne physiquement ce que ses idées ne peuvent plus discuter. Mais qui sait ? Un jour, peut-être, tu verras comment je lui apprends la vraie obéissance.
Je frissonne sous sa main, mon corps réagissant instantanément à la promesse de rigueur contenue dans ses paroles. Dimitry me tire alors un peu plus près de lui, son bras repassant derrière mon épaule, scellant ma place à ses côtés.
— Pour l'instant, conclut Dimitry, il a encore beaucoup à apprendre ce soir.
Le trajet vers l’appartement se déroule dans une atmosphère de calme absolu, une bulle de silence protectrice après l'orage des regards du Baron. Avant même de monter dans la voiture, sur le trottoir encore baigné par la lueur des réverbères, Dimitry s'était arrêté. Ses mains, si imposantes et pourtant si précises, avaient dénoué avec une patience infinie les nœuds serrés de la cravate rouge. Mes poignets, marqués par la soie, avaient enfin retrouvé leur liberté de mouvement, mais mon esprit restait plus que jamais lié à l'homme qui venait de me libérer. Durant tout le trajet, il garde une main sur ma nuque, ses doigts pressant ma peau avec une fermeté qui me rappelle à qui j'appartiens, tandis que l'autre main dirige le volant avec une assurance tranquille.
Dès que la porte de l'appartement se referme, le silence est rompu par le souffle court de Dimitry. Il ne me laisse pas le temps d'allumer la lumière. Dans la pénombre du salon, il me plaque contre la porte, ses mains encadrant mon visage avec une autorité teintée d'une douceur nouvelle.
— Je t'ai promis d'être tendre, Pierrick, murmure-t-il, sa voix vibrant d'une émotion sourde.
Il me soulève sans effort, mes jambes s'enroulant instinctivement autour de sa taille puissante. Il me porte jusqu'à la chambre et me dépose sur le lit avec une délicatesse qui contraste avec sa stature. Il se débarrasse de ses vêtements dans un mouvement efficace, révélant sa musculature impressionnante. Lorsqu'il retire ce qui reste de ma chemise blanche, je me sens enfin totalement sien, lavé de l'humiliation par son seul regard.
Pour la première fois, ce n'est pas une leçon de discipline, c'est un acte de dévotion. Lorsqu'il entre en moi, la sensation est si intense, si pleine, que je pousse un gémissement déchirant qui résonne contre les murs de la chambre. Je ne savais pas que je pouvais produire un tel son ; c’est le cri de quelqu'un qui se trouve enfin à sa place, reconnu et possédé.
Dimitry me prend avec une passion dévastatrice. Il choisit chaque position pour ne jamais rompre le contact visuel. Il me maintient d'abord sur le dos, ses mains ancrées sur mes hanches, ses bras tendus de chaque côté de ma tête pour me surplomber. Il plonge son regard bleu acier au plus profond du mien, me forçant à soutenir cette intensité alors que ses reins s'activent avec une force irrésistible. À chaque va-et-vient, lent et profond, il cherche mes yeux, s'assurant que je vois l'homme qui m'habite. Je gémis son nom encore et encore, mes doigts s'enfonçant dans ses épaules larges.
Puis, il me fait basculer, me tirant vers le bord du lit. Il me soulève les jambes, les calant contre son torse puissant. Dans cette position, la pénétration est totale, presque électrique. Je sens chaque muscle de son corps se tendre contre le mien. Ses mains ne me quittent pas, l'une sur mon torse, l'autre soutenant ma nuque pour m'obliger à le regarder. Je suis totalement ouvert, vulnérable et ravi sous sa poussée. Mes cris deviennent plus aigus, plus saccadés, à mesure qu'il augmente la cadence, son regard bleu brûlant dans le mien comme s'il voulait marquer mon esprit autant que ma chair. Chaque poussée est une confirmation : il ne prend pas seulement mon corps, il prend mon âme, et je la lui offre avec une joie sauvage.
Il change encore de position, me plaçant sur le côté pour me pénétrer par-derrière tout en me forçant à tourner la tête par-dessus mon épaule pour le regarder. Ses yeux ne me quittent jamais, brûlants de fierté. Ses mains parcourent mon dos, mes hanches, avec une possession absolue. Je n'ai jamais autant gémi de ma vie, chaque sensation étant démultipliée par l'épuisement nerveux de la journée et la libération de mon corps qui s'abandonne enfin à son maître.
Le rythme devient frénétique. Dimitry lâche prise sur son propre contrôle, sa respiration devenant un râle animal. Dans un dernier élan de puissance, il me ramène sur le dos et me plaque fermement contre le matelas, ses yeux fixés sur les miens jusqu'à l'instant ultime, comme s'il voulait lire mon plaisir en direct. Il jouit longuement en moi, son corps puissant secoué par des spasmes, m'inondant de sa chaleur tandis que je m'effondre dans une extase totale, le corps vibrant encore de ses assauts.
Le silence revient, troublé seulement par nos souffles saccadés. Fidèle à sa promesse de tendresse, Dimitry ne se retire pas tout de suite. Il se penche sur moi et m'embrasse avec une affection immense, une passion douce qui me fait monter les larmes aux yeux. Ses baisers sur mes lèvres, sur mes paupières, sur mon front, sont autant de mercis pour ma loyauté exemplaire devant Marc.
— Retourne-toi, Pierrick, chuchote-t-il avec une douceur infinie.
Je m'exécute, le corps lourd et l'esprit en paix. Il se colle contre mon dos, nous installant en cuillère. Je sens son sexe encore à moitié dur, chaud et protecteur, pressé fermement contre mes fesses. C'est une présence rassurante qui me fait frissonner délicieusement. Ses bras massifs m'encerclent, me ramenant contre lui comme si j'étais son trésor le plus précieux.
— Je suis fier de toi, Pierrick, murmure-t-il contre ma nuque. Ce soir, tu as été incroyable. Devant Marc, devant tout le monde... tu as montré ce que c'est que d'être un homme vraiment dévoué. J'ai de la chance de t'avoir trouvé. Tu es brillant dans ce que tu fais à l'agence, mais ici, dans mes bras, tu es parfait.
Il dépose un dernier baiser tendre dans le creux de mon cou, là où la marque de ma reddition était visible toute la journée. Je m'endors bercé par sa chaleur et le battement régulier de son cœur, le cœur plein de la fierté d'avoir satisfait Dimitry.
Fin du chapitre 19.
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