Le goût de l'effondrement - chapitre 34

- Par l'auteur HDS Alexsoumis -
Avatar de Alexsoumis
Récit érotique écrit par Alexsoumis [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur homme.
  • • 34 récits publiés.
  • • Cote moyenne attribuée par les lecteurs : 0.0 • Cote moyenne attribuée par HDS : 0.0
  • • L'ensemble des récits érotiques de Alexsoumis ont reçu un total de 46 326 visites.
Histoire érotique Publiée sur HDS le 22-10-2026 dans la catégorie Dominants et dominés
Cette histoire de sexe a été affichée 235 fois depuis sa publication.
Le dimanche soir arriva plus vite que je ne l’aurais imaginé.

Lorsque j’entendis la voiture de Monsieur dans la cour, j’éprouvai d’abord un soulagement immédiat. Il était revenu, comme promis. Dans quelques minutes, je quitterais cet endroit et retrouverais cette mansarde que j’avais jugée si austère dix jours auparavant et qui me paraissait désormais presque confortable.

Pourtant, au moment de partir, ce ne fut pas le chenil que je regardai une dernière fois.

Ce fut Rex.

Il m’avait accompagné pendant tout le week-end, avec une attention discrète qui contrastait singulièrement avec la sévérité de Monsieur Stéphane. Il m’avait montré les habitudes de la maison sans se moquer de mes hésitations, avait partagé mon couchage, m’avait encouragé, presque câliné et, surtout, s’était livré à moi avec une sincérité qui m’avait profondément marqué. Rex avait un travail, une vie extérieure, des relations avec les autres. Il n’était ni coupé du monde ni incapable de choisir. Et pourtant, auprès de Monsieur Stéphane, il assumait sans détour cette autre part de lui-même.

Je crois que c’était cela que je lui enviais le plus : il ne cherchait plus à se justifier.

— Tu vas me manquer, lui dis-je.

Il sourit.

— Toi aussi, petit chiot.

Monsieur Stéphane nous observait.

— Ne prenez tout de même pas cet air d’amants séparés par la guerre. Vous vous reverrez.

Étienne eut aussitôt un petit rire.

— Évidemment qu’ils se reverront. Après deux nuits à partager le même matelas, la même couverture, leurs petites confidences dans le noir, ce serait cruel de briser une si jolie histoire d’amour.

Je baissai les yeux.

— Regardez-le, ajouta-t-il. Il est presque ému, il en a même oublier sa honte lorsqu’on les a obligés à se lécher le cul, à notre arrivée.

Puis il se tourna vers Rex.

— Tu nous l’as apprivoisé en un week-end, Rex. Nous allons finir par devoir te remercier.

Rex sourit sans répondre. Étienne, lui, n’avait manifestement pas terminé.

— Et toi, Alex, ne prends pas cet air tragique. Tu ne quittes pas l’amour de ta vie. Tu rentres simplement chez ton propriétaire après un week-end particulièrement instructif.

Je sentis mes joues chauffer.

Monsieur Stéphane éclata de rire.

— Il va quand même me manquer, murmurai-je.

— Oh, je n’en doute pas, répondit Étienne. Vendredi soir, il avait peur du chenil. Dimanche, il regrette déjà le compagnon avec lequel il y dormait. C’est ce que j’appelle une excellente capacité d’adaptation.

Il regarda Monsieur avec un sourire satisfait.

— Il progresse vite, finalement.

Cette fois, même Monsieur sourit. Moi, beaucoup moins. Parce qu’au-delà de la moquerie, Étienne venait une fois encore de mettre des mots exactement là où je préférais ne pas regarder.

Monsieur Stéphane s’adressa alors à Rex :

—Alex n’a pas besoin de toi pour continuer son éducation. Il a déjà démontré ce week-end qu’il était plein de ressources.

Je reconnus immédiatement cette ironie.

— N’est-ce pas, Alex ?

— Oui, Monsieur Stéphane.

— Et particulièrement dimanche matin.

Rex tourna légèrement la tête vers moi. Je compris aussitôt à quoi il faisait allusion.

— Ah, reprit Stéphane avec satisfaction, rien qu’à sa tête, je vois qu’il s’en souvient.

Je m’en souvenais parfaitement. C’était même probablement l’une des perversités de Monsieur Stéphane qui m’avait le plus marqué.

Le dimanche matin, il nous avait exceptionnellement débarrassés de nos cages. Il avait laissé passer quelques instants, comme s’il voulait que nous prenions pleinement conscience de cette liberté inhabituelle, puis avait appelé Rex.

— Tu vas t’occuper d’Alex.

Rex s’était placé devant lui.

— Oui, Maître.

— Tu as cinq minutes pour le branler et le faire jouir. Pas une de plus. Si tu n’y parviens pas, tu seras puni.

— Oui, Maître.

J’avais regardé Rex, puis Monsieur Stéphane, encore sans comprendre complètement le piège.

Stéphane s’était alors tourné vers moi.

— Quant à toi, Alex, ta consigne sera exactement inverse. Tu vas te contrôler. Je ne veux pas voir une goutte de ton foutre sortir de ta queue. Ne viens surtout pas souiller mon parquet.

Il avait laissé passer une seconde.

— Si Rex échoue, il sera puni. Mais si tu cèdes, ce sera toi.

Je l’avais fixé.

— Vous comprenez le problème, tous les deux ?

Rex avait répondu immédiatement :

— Oui, Maître.

Moi, j’avais hésité.

— Oui, Monsieur Stéphane.

Son sourire s’était élargi.

— Non, Alex. Je ne crois pas que tu comprennes encore ce qui m’amuse.

Il s’était approché.

— Pour obéir, Rex doit te faire échouer. Et pour obéir, toi, tu dois le faire échouer, lui. Chacun de vous va donc devoir compromettre l’obéissance de l’autre.

Il avait sorti son téléphone et affiché le chronomètre.

— Vous vous appréciez beaucoup, tous les deux. C’est charmant. Voyons maintenant lequel de vous tient le plus à bien faire.

J’avais regardé Rex.

— Ne le regarde pas comme ça, Alex. Il ne peut pas t’aider. S’il te ménage, c’est lui que je punirai.

Puis, à Rex :

— Et toi, aucune complaisance. Je veux que tu essaies réellement.

— Oui, Maître.

— Parfait.

Il avait levé son téléphone.

— Cinq minutes. Maintenant.

Je me rappelais encore le regard de Rex. Presque une excuse. Puis il avait obéi. Il m’avait fait bander très vite et branlé avec une réelle dextérité.

Tout le génie pervers de Stéphane était là : il avait transformé Rex, celui qui m’avait rassuré depuis mon arrivée, en adversaire. Et plus Rex s’appliquait à satisfaire son Maître, plus ma propre situation devenait difficile. Je tentais en vain de me contrôler.

Stéphane commentait tranquillement.

— Allons, Alex. Un peu de volonté.

Puis, quelques instants plus tard :

— Très bien, Rex. Ne te laisse surtout pas attendrir. Ne lâche rien, encore moins sa bite.

Il ria et ajouta :

— Tu comprends maintenant, Alex ? Si tu espères qu’il te ménage, tu lui demandes implicitement d’accepter une punition à ta place. Ce serait terriblement égoïste.

J’avais tourné la tête vers lui. Il souriait. Il savait parfaitement ce qu’il faisait. La perversité n’était pas dans l’épreuve elle-même. Elle était dans cette manière de fermer progressivement toutes les issues morales : résister signifiait exposer Rex ; céder signifiait désobéir.

Finalement, avant même la fin du temps imparti, j’avais éjaculé. Stéphane avait arrêté son chronomètre.

— Terminé. Trois minutes vingt-cinq.

Rex s’était immobilisé. Moi, j’avais fermé les yeux.

— Eh bien, Alex…

Je connaissais déjà le verdict.

— Perdu.

Puis il s’était tourné vers Rex.

— Très bien. Tu as parfaitement obéi.

— Merci, Maître.

J’avais cru que l’épreuve s’arrêtait là. C’était mal connaître Monsieur Stéphane.

— Et puisque notre jeune chiot n’a pas su respecter sa consigne, il va maintenant être puni.

Je baissai les yeux.

— Oui, Monsieur Stéphane.

— Rex ?

Un silence.

— Oui, Maître ?

— Tu t’en charges.

Cette fois, nous avions relevé la tête presque simultanément. Monsieur Stéphane avait éclaté de rire.

— Oh ! Ces deux têtes-là mériteraient une photographie.

Rex avait hésité.

— Maître…

— Quoi ? Tu étais suffisamment déterminé il y a quelques secondes. Ne me dis pas que tu deviens sentimental maintenant.

— Non, Maître.

— Alors fais ce que je te demande.

Rex avait obéi, dix coups de badine sur mon cul bien offert. Sans brutalité malsaine, sans plaisir apparent à me voir sanctionné, mais sans tricher non plus. Et c’était précisément cela que Stéphane avait recherché : obliger celui qui m’avait protégé pendant tout le week-end à devenir l’instrument de ma punition.

Lorsque tout fut terminé, il nous avait regardés l’un après l’autre.

— Voilà. Vous pouvez recommencer à vous aimer maintenant.

Dans la voiture, le souvenir de cette phrase me fit encore rougir. Je regardai le paysage défiler derrière la vitre.

Monsieur Stéphane avait été strict, sévère, attentif au moindre de mes mouvements. Il avait su repérer mes pudeurs et mes résistances, puis inventer autour d’elles des situations où je ne pouvais plus me contenter de subir passivement. Il voulait que je voie mes choix. Que je constate jusqu’où j’étais prêt à aller lorsque personne ne m’obligeait réellement à rester.

Et, en deux jours, j’avais encore franchi plusieurs de ces frontières que je croyais autrefois infranchissables.

Pourtant, ce dimanche soir, je ne ressentais pas seulement de la honte. Il y avait aussi une forme de fierté trouble. J’étais allé plus loin. J’avais découvert des choses sur moi que j’aurais préféré ignorer quelques semaines auparavant, et je repartais avec le sentiment que certaines de mes anciennes limites tenaient moins à ce que je refusais réellement qu’à l’image que je voulais conserver de moi-même.

Je pensai de nouveau à Rex. À son calme. À sa franchise. À cette simplicité avec laquelle il m’avait dit qu’il était heureux. Il me manquait déjà.

Monsieur conduisait. Étienne était assis à côté de lui. Aucun des deux ne m’interrogeait encore. Je regardai leur reflet dans le pare-brise. Celui que Monsieur avait confié à Stéphane le vendredi soir avait eu peur de dormir dans un chenil. Celui qu’il ramenait le dimanche regrettait l’homme avec lequel il y avait dormi. Et cette seule pensée me fit comprendre combien, une fois encore, mes propres limites avaient reculé.

Dans la voiture, je savais que Monsieur et Étienne savaient tout.

Monsieur Stéphane leur avait raconté la scène dans ses moindres détails : mes réactions, mes efforts pour me contrôler, l’instant où il avait compris que je n’y parviendrais plus, puis la punition que Rex avait dû m’infliger. Pourtant, ni Monsieur ni même Étienne n’en parlèrent.

Ce silence me mettait presque plus mal à l’aise que leurs commentaires habituels. Je regardais défiler la route en attendant. Au bout d’un moment, Monsieur rompit enfin le silence.

— Tu as désobéi, Alex. Pourquoi ?

La question tomba avec une simplicité terrible. Je restai muet. Pourquoi ? Parce que je n’avais pas réussi à me contrôler ? Parce que Rex avait parfaitement rempli l’ordre reçu ? Parce que Monsieur Stéphane avait construit une épreuve précisément destinée à me faire perdre ?

Toutes ces réponses me vinrent. Aucune ne me parut suffisante.

— Je ne sais pas, Monsieur.

Étienne réagit immédiatement.

— Mauvaise réponse.

Je fermai les yeux une seconde.

— Je…

— Tu sais très bien, Alex. Réfléchis.

— J’ai essayé de résister.

— Ce n’est toujours pas une réponse.

Je sentis déjà sa voix se refermer sur moi.

— Stéphane t’avait donné une consigne simple ?

— Oui.

— Tu l’avais comprise ?

— Oui.

— Tu savais ce qui arriverait si tu échouais ?

— Oui.

— Et malgré cela, tu as échoué.

— Oui.

— Alors pourquoi ?

Je ne trouvais rien.

— Rex avait reçu l’ordre inverse, finis-je par dire. Il devait…

— Nous savons ce que Rex devait faire, me coupa Étienne. Nous savons même très précisément comment il s’y est pris. Ce n’est pas Rex que Monsieur interroge.

Je baissai les yeux.

— C’est toi.

Monsieur gardait les yeux sur la route.

— Réponds, Alex.

Je savais désormais que le silence ne me protégerait pas.

— Parce que je n’ai pas été assez fort, Monsieur.

Étienne eut un rire bref.

— Comme c’est pratique.

Je relevai les yeux vers son reflet.

— Quoi ?

— Pas assez fort. Voilà une jolie manière de transformer ta désobéissance en défaillance technique. Ce n’est presque plus ta faute.

— Ce n’est pas ce que je voulais dire.

— Alors dis ce que tu veux dire.

Il ne me laissait aucun répit. Je cherchai encore.

— Je n’ai pas su contrôler mon éjaculation.

— Nous le savons.

— Je n’ai pas réussi à…

— Nous le savons aussi.

Sa voix devint plus sèche.

— Arrête de nous raconter ce qui s’est passé. Stéphane l’a déjà fait. Monsieur te demande pourquoi.

Je me tus. Puis Monsieur reprit, beaucoup plus calmement :

— Qu’est-ce qui t’a fait désobéir ?

Cette formulation changea quelque chose. Je regardai mes mains. La réponse était embarrassante précisément parce qu’elle était simple.

— J’avais envie de jouir, Monsieur.

Le silence qui suivit fut immédiat. Étienne se retourna légèrement vers moi.

— Voilà.

Je sentis mon visage chauffer.

— Plus fort, Alex.

— J’avais envie de jouir Monsieur.

— Et ?

Je savais qu’il continuerait tant que je chercherais à m’arrêter au milieu de la réponse.

— Et, à ce moment-là… mon envie a été plus forte que l’ordre.

Étienne sourit.

— Enfin.

Monsieur resta silencieux quelques secondes.

— C’est cela qui m’intéresse, Alex. Pas que tu aies échoué. Stéphane avait précisément construit son exercice pour rendre ton échec probable.

Je relevai les yeux.

— Ce qui m’intéresse, c’est que tu comprennes pourquoi.

Il marqua une pause.

— L’obéissance n’a aucune valeur lorsque l’ordre ne contrarie rien. Elle commence précisément lorsque ce que tu veux et ce que l’on attend de toi cessent de coïncider.

Je ne répondis pas. Étienne, lui, ajouta presque aussitôt :

— Et notre brillante petite chienne vient de découvrir qu’entre ses grands principes sur l’abandon de soi et une envie suffisamment forte, ses grands principes deviennent soudain beaucoup plus fragiles.

— Étienne, dit simplement Monsieur.

Il se tut.

Monsieur reprit simplement :

— À notre tour, nous allons te punir.

Mon corps réagit immédiatement. Mon ventre se contracta, mes mains se crispèrent sur mes cuisses. Ce n’était plus le vague nous te punirons que j’aurais pu repousser quelque part dans les heures ou les jours à venir.

« Nous allons te punir ».

Maintenant. Ou presque.

— Monsieur Stéphane m’a déjà puni…

Ma voix manquait soudain d’assurance.

— Je sais.

— Rex a…

— Je sais également.

Monsieur n’ajouta rien. Je déglutis et regardai par la vitre, la nuit tombait.

Monsieur changea de direction. Je me redressai légèrement. Étienne le remarqua aussitôt.

— Qu’est-ce qu’il y a, Alex ?

— Rien.

— Si. Tu regardes la route depuis cinq minutes.

Je ne répondis pas. Un rond-point passa. Mon cœur accéléra.

— Monsieur… où allons-nous ?

Étienne se retourna lentement vers moi. Son sourire suffit à confirmer ce que je venais de comprendre.

— Ah. Il vient de s’en apercevoir.

Je regardai Monsieur. Il conduisait toujours avec le même calme.

— Monsieur ?

— Tu voulais savoir quand nous allions te punir, Alex.

Un silence. Puis il ajouta :

— Tu vas le savoir très bientôt.

Je sentis un frisson me parcourir. Quelques minutes plus tôt, dans la voiture, la punition n’était encore qu’une phrase. À présent, elle avait une direction. Et je la voyais arriver beaucoup plus vite que prévu.

Monsieur conduisit encore quelques minutes avant de parler.

— Tu vas commencer par te dévêtir, Alex.

Je crus d’abord avoir mal entendu.

— Maintenant, Monsieur ?

— Maintenant.

Mon cœur accéléra encore. L’ordre n’avait pourtant rien de nouveau. Me dévêtir devant Monsieur était devenu presque quotidien. Mais ici, sur cette banquette, alors que j’ignorais toujours où il nous conduisait et ce qu’ils avaient décidé pour moi, le geste prenait une tout autre signification.

Je compris surtout que la punition venait réellement de commencer. Je retirai mes vêtements un à un, maladroitement dans l’espace réduit de la voiture. Étienne ne disait rien. Il me regardait simplement faire, avec ce demi-sourire qui me mettait toujours plus mal à l’aise que ses commentaires. Lorsque j’eus terminé, je rassemblai mes affaires contre moi.

— Donne-les à Étienne, ordonna Monsieur.

Je les lui tendis. Étienne les prit tranquillement et les posa hors de ma portée. Je me retrouvai nu sur la banquette arrière. Monsieur regardait toujours la route.

— Bien. Maintenant tu attends.

C’était tout.

La nuit était noire maintenant. À travers la vitre, je ne distinguais presque plus rien. Les lumières s’étaient espacées, puis avaient pratiquement disparu. Par moments, les phares découpaient un talus, une rangée d’arbres, l’entrée d’un chemin ou la silhouette d’un champ avant que tout ne soit de nouveau englouti par l’obscurité. Nous étions à la campagne. Je le devinais plus que je ne le voyais.

Assis nu sur la banquette arrière, je tentais malgré moi de conserver des repères. Un carrefour. Une petite route. Quelques maisons isolées. Mais chaque virage effaçait le précédent. Monsieur ne disait rien. Étienne non plus. Cette fois, son silence m’inquiétait presque davantage que ses sarcasmes.

— Monsieur… où allons-nous ?

Aucune réponse. La voiture poursuivit encore quelques centaines de mètres, puis bifurqua soudainement sur la droite.

Une aire de repos. Je me redressai.

Deux camions étaient garés un peu plus loin, moteurs éteints, masses sombres dans la nuit. Une faible lumière jaunâtre éclairait quelques tables et bancs disposés près d’un petit bâtiment abritant les toilettes. Au-delà, il n’y avait que la campagne noire. Monsieur ralentit et engagea la voiture sur le parking.
Mon cœur se mit à battre plus vite. Je regardai les camions. Puis les tables. Les toilettes. Puis Étienne. Il s’était retourné vers moi et m’observait sans sourire.

Ce fut presque pire.

— Monsieur…

La voiture s’immobilisa à l’écart, dans une partie moins éclairée de l’aire. Le moteur s’arrêta. Le silence qui suivit me parut immense. J’étais nu sur la banquette arrière. Mes vêtements se trouvaient toujours auprès d’Étienne. À quelques dizaines de mètres, deux chauffeurs pouvaient dormir dans leurs cabines — ou ne pas dormir du tout.

Monsieur se retourna enfin vers moi.

— Puisque tu aimes tant éjaculer, Alex, tu vas pouvoir le faire ici. Le lieu me paraît parfaitement approprié. Surtout à cette heure-ci.

Je le fixai.

Pendant une seconde, je fus incapable de comprendre ce qu’il venait de dire. Puis mon regard glissa vers les deux camions, les toilettes faiblement éclairées, les tables désertes. La peur me saisit brutalement.

— Monsieur…

— Sors de la voiture. Et viens vers Étienne. Il va t’ôter ta cage.

— Ici ?

Le mot m’échappa.

— C’est ce que je viens de dire.

Je ne bougeai pas.

Je regardais la poignée de la portière comme si elle était devenue l’objet le plus menaçant de cette nuit. Être nu dans la voiture était une chose. Ouvrir cette porte et poser le pied dehors en était une autre. Quelqu’un pouvait sortir des toilettes. Une portière de camion pouvait s’ouvrir. N’importe quelle voiture pouvait entrer sur l’aire.

— Monsieur, j’ai peur.

Cette fois, je ne cherchai même pas à le dissimuler. Étienne se retourna.

— Ah. Enfin quelque chose de parfaitement sincère.

Je le regardai.

— Tu étais beaucoup plus courageux chez Stéphane. Il paraît même que lorsque ton plaisir était en jeu, les consignes devenaient soudain très difficiles à respecter.

Je sentis mon visage brûler.

— Professeur…

— Non. Ne prends pas cet air offensé. Nous sommes précisément ici à cause de cela. Il désigna la portière d’un mouvement du menton.

— Alors sors.

Je regardai Monsieur. Il ne répéta pas son ordre. Il attendait. Ma main finit par atteindre la poignée. L’air froid de la nuit entra immédiatement lorsque j’ouvris. Je restai encore une seconde assis au bord de la banquette, incapable de franchir les quelques centimètres qui me séparaient du bitume.

— Regarde-le, dit Étienne. Deux jours à jouer les petites chiennes dépravées chez Stéphane et le voilà paralysé par un parking.

Je posai enfin un pied dehors. Puis l’autre. Le froid du sol me saisit. Instinctivement, je voulus cacher mon corps de mes mains.

— Non, Alex.

La voix d’Étienne claqua immédiatement. Je laissai retomber mes bras. Jamais je ne m’étais senti aussi exposé. Pourtant, personne ne semblait nous regarder. L’aire paraissait déserte. C’était précisément cette incertitude qui rendait chaque seconde insupportable.

— Viens ici.

Je fis quelques pas vers Étienne. Il m’attendait près de la voiture.

— Plus près.

J’obéis. Il regarda mon visage avant même de s’occuper de la cage.

— Tu trembles.

— Oui.

— De froid ?

Je savais qu’il connaissait déjà la réponse.

— Non.

Un sourire apparut enfin.

— Très bien. Au moins, nous ne perdrons pas notre temps à nous mentir.

Il me laissa attendre encore quelques secondes.

— Chez Stéphane, tu as découvert que tu pouvais perdre le contrôle. Ici, tu vas surtout découvrir ce que cela fait lorsque Monsieur décide du cadre.

Je regardai de nouveau les camions. Étienne suivit mon regard.

— Tu te demandes s’ils dorment ?

Je ne répondis pas.

— Ou s’ils regardent ?

Mon ventre se contracta.

— Professeur…

— Tu vois, Alex, c’est fascinant. Il y a quelques heures encore, tu dépassais fièrement tes limites. Maintenant qu’une limite te regarde réellement en face, tu voudrais presque retrouver les précédentes.

Monsieur intervint depuis la voiture :

— Étienne.

Un seul mot. Il cessa aussitôt. Puis il se rapprocha de moi pour retirer la cage, sans rien ajouter. Moi, je tremblais toujours.

Monsieur désigna quelque chose au-delà du pare-brise.

— Tu vois cette table, là-bas ?

Je suivis son regard. Une des tables de pique-nique se trouvait sous la lumière blafarde d’un lampadaire, à quelques dizaines de mètres des toilettes.

— Oui, Monsieur.

— Tu vas monter dessus. Tu te mettras à genoux et tu te branleras

Je le regardai, sidéré.

— Monsieur…

— Tu as entendu.

La peur me traversa avec une violence presque physique. Je regardai la table. Puis les camions. Puis l’entrée des toilettes.

— Mais quelqu’un peut arriver.

Étienne eut un petit rire.

— Ah. Nous y voilà.

— Une voiture peut entrer, quelqu’un peut sortir des toilettes…

— Oui, Alex. Nous avons tous compris le fonctionnement d’une aire de repos.

— Étienne, je vous en prie…

— Tu nous en pries de quoi ? De rendre ta punition confortable ?

Je ne répondis pas. Il désigna la table.

— Regarde-la.

Je le fis.

— C’est très intéressant. Chez Stéphane, ton plaisir était suffisamment important pour te faire oublier une consigne. Et maintenant que Monsieur t’autorise précisément ce plaisir, tu n’en veux plus.

— Ce n’est pas pareil.

— Évidemment que ce n’est pas pareil. C’est même tout l’intérêt.

Je sentais mon cœur cogner dans ma poitrine. Étienne poursuivit, presque tranquillement :

— Ce matin, tu as découvert que ton désir pouvait être plus fort qu’un ordre. Ce soir, Monsieur te montre qu’il peut aussi décider du moment où ce même désir devient une épreuve.

Je regardai Monsieur. Il ne souriait pas.

— Va monter sur cette table, Alex.

Je fis quelques pas, puis m’arrêtai. Un bruit de moteur, au loin, me glaça. Des phares apparurent sur la route avant de poursuivre leur chemin sans entrer sur l’aire. Je respirai de nouveau. Chaque mètre me parut interminable. Arrivé devant la table, je posai les mains sur le bois froid. Je restai ainsi quelques secondes. Puis je montai. À genoux. La lumière du lampadaire me sembla soudain beaucoup plus forte. De là, je voyais la voiture, Monsieur, Étienne, les deux camions et la porte des toilettes. Mais surtout, je comprenais que n’importe qui entrant sur cette aire pourrait me voir.
Je baissai la tête. La voix de Monsieur arriva jusqu’à moi.

— Relève-la, Alex.

J’obéis. Etienne s’était appuyé contre la voiture.

— Voilà. C’est déjà beaucoup plus honnête.

Je serrai les dents.

— Ce matin, tu n’as pas su contrôler ton plaisir. Ce soir, tu vas devoir contrôler ta peur.

Monsieur reprit :

— Branle-toi, Alex. Mais pas en trois minutes vingt-cinq, cette fois.

Je relevai les yeux. Il savait donc même cela. Monsieur Stéphane leur avait réellement tout raconté.

— Trois minutes vingt-cinq quand il fallait résister. Dix minutes quand tu voudrais que tout soit terminé au plus vite. Tu dois reconnaître à Monsieur un certain sens de la pédagogie.

Je regardai autour de moi. Dix minutes. Jusque-là, j’avais encore imaginé pouvoir traverser cette épreuve rapidement, me couper de ce qui m’entourait et attendre qu’elle se termine. Monsieur venait précisément de m’enlever cette possibilité.

— Tu prendras ton temps, poursuivit-il. Tu ne descendras pas avant que je te l’ordonne.

Étienne leva son téléphone.

— Ne t’inquiète pas. Pour une fois, le chronomètre sera de ton côté : il t’indiquera exactement combien de temps il te reste pour t'astiquer et pour avoir peur.

Je fermai les yeux.

— Ouvre-les, Alex, ordonna Monsieur.

J’obéis.

— Ce matin, ton désir t’a fait oublier l’ordre. Ce soir, tu vas apprendre à ne plus laisser ni ton désir ni ta peur décider à ta place.

Étienne consulta l’écran de son téléphone.

— Dix minutes, Alex.

Puis, avec cette cruauté tranquille qui lui appartenait :

— Et cette fois, essaie donc de ne pas battre ton record.

Les avis des lecteurs

Soyez le premier à donner votre avis après lecture sur cette histoire érotique...

Réagissez à l'histoire après lecture
Votre avis sur cette histoire :
Vous êtes :
Indiquez votre adresse mail si vous souhaitez la communiquer à l'auteur de l'histoire.

Dernières histoires érotiques publiées par Alexsoumis

Le goût de l'effondrement - chapitre 34 - Récit érotique publié le 22-10-2026
Le goût de l'effondrement - chapitre 33 - Récit érotique publié le 21-10-2026
Le goût de l'effondrement - chapitre 32 - Récit érotique publié le 19-10-2026
Le goût de l'effondrement - chapitre 31 - Récit érotique publié le 17-10-2026
Le goût de l'effondrement - chapitre 30 - Récit érotique publié le 15-10-2026
Le goût de l'effondrement - chapitre 29 - Récit érotique publié le 14-10-2026
Le goût de l'effondrement - chapitre 28 - Récit érotique publié le 13-10-2026
Le goût de l'effondrement - chapitre 27 - Récit érotique publié le 11-10-2026
Le goût de l'effondrement - chapitre 26 - Récit érotique publié le 10-10-2026
Le goût de l’effondrement - chapitre 25 - Récit érotique publié le 06-10-2026