Le goût de l'effondrement - chapitre 38
Récit érotique écrit par Alexsoumis [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur homme.
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 07-11-2026 dans la catégorie Dominants et dominés
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Avant de vous donnez accès au chapitre suivant, j’avais envie de vous dire merci. Merci à vous qui suivez Alex depuis le début, à ceux qui ont découvert son histoire en cours de route, et à tous ceux qui prennent le temps de me laisser un mot.
Il y a les commentaires qui me font sourire, ceux qui me font réfléchir et ceux qui me font relire une scène avec un autre regard. J’aime découvrir ce qui vous touche, ce qui vous dérange et ce que vous imaginez pour la suite. Parfois, vos hypothèses me donnent bien du mal à garder le silence… mais je tiens bon ! 😉
Que vous lisiez en silence ou que vous veniez partager vos impressions, votre présence compte pour moi. Merci de faire une place à Alex dans vos lectures.
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Le déjeuner touchait à sa fin et je n'avais presque rien mangé. Assis entre Monsieur et Étienne, je m'efforçais de conserver une attitude convenable malgré ce plug harcelant mon rectum et dont Monsieur contrôlait les vibrations à l'aide d'une petite télécommande. Chaque nouvelle impulsion me prenait au dépourvu. Je me raidissais, serrais les mâchoires, tentais de poursuivre normalement mon repas.
Monsieur remarquait chacun de mes sursauts.
— Tiens-toi correctement, Alex.
— Oui, Monsieur.
Étienne, lui, semblait prendre un plaisir particulier à observer mes efforts.
— Notre cher étudiant manque singulièrement de concentration aujourd'hui. Pourtant, il nous a habitués à de remarquables capacités intellectuelles.
Je baissai les yeux vers mon assiette.
— Regarde-moi lorsque je te parle, Alex.
Je relevai immédiatement la tête.
— Voilà. Tu vois que tu peux faire plusieurs choses à la fois. Obéir, manger et essayer de conserver un minimum de dignité.
Monsieur esquissa un sourire.
Je savais parfaitement qu'Étienne cherchait à me déstabiliser. Ses remarques, prononcées sur le ton d'une conversation mondaine, me paraissaient d'autant plus humiliantes qu'elles pouvaient être entendues par les tables voisines sans que personne en comprenne véritablement le sens.
Lorsque le serveur revint débarrasser nos assiettes, Monsieur actionna une nouvelle fois la télécommande. Je sursautai.
— Un problème, monsieur ? demanda le serveur.
— Aucun, répondit Monsieur avant que j'aie pu ouvrir la bouche. Alex est simplement un peu nerveux aujourd'hui.
Étienne étouffa un rire. Je me sentis rougir jusqu'aux oreilles.
— Il faut apprendre à te maîtriser, Alex, reprit Monsieur lorsque le serveur se fut éloigné.
— Oui, Monsieur.
Étienne se pencha légèrement vers moi.
— Tu devrais être heureux. Nous fêtons ton engagement, après tout. Et quelle plus belle façon de célébrer une décision que d'en découvrir immédiatement quelques conséquences ?
Je ne répondis pas. Ce matin même, j'avais signé ce contrat avec une détermination dont j'étais fier. Pourtant, quelques heures plus tard, assis dans ce restaurant, je découvrais combien il était difficile de conserver son assurance lorsque Monsieur décidait de mettre mon obéissance à l'épreuve.
Le dessert fut expédié rapidement. Lorsque nous quittâmes le restaurant, je ressentis un immense soulagement. Il fut de courte durée.
Dans la voiture, Étienne poursuivit ses commentaires sur mon comportement.
— Tu nous as offert un spectacle assez remarquable. Je crois que tu as passé davantage de temps à surveiller tes réactions qu'à apprécier ton déjeuner.
— C'était difficile, Professeur.
— Évidemment. Si tout était facile, Alex, ton éducation manquerait singulièrement d'intérêt.
Monsieur conduisait sans intervenir. Je regardais défiler les rues, impatient de retrouver la maison. J'espérais pouvoir monter dans la mansarde et me consacrer enfin à mon mémoire. Mais Monsieur avait manifestement d'autres projets.
Dès notre arrivée, je me déshabillai sur le palier, conformément aux règles établies. Puis je m'agenouillai et attendis l'autorisation d'entrer.
— Viens, Alex.
Je franchis le seuil à quatre pattes. Étienne referma la porte derrière nous.
— Voilà qui est mieux, observa-t-il. Notre universitaire retrouve ses habitudes domestiques.
Monsieur posa ses clés sur la console.
— Étienne, retire-lui ce plug et installe-le dans le salon. Nous avons encore quelques affaires à examiner.
— Bien.
Je crus un instant qu'on allait me laisser rejoindre la mansarde. Le retrait de ce plug fut douloureux, Etienne l’arracha purement et simplement de mon antre, sans le moindre égard. J’émis un petit cri puis me repris aussitôt.
— Monsieur, mon mémoire…
Il se retourna.
— Ton mémoire attendra.
— Oui, Monsieur.
Étienne me conduisit au salon, me fit prendre place sur le tapis, à genoux, les épaules et la tête au sol, mains posées devant ma tête.
— Relève ton cul, cambre mieux tes reins.
J'obéis.
— Tu restes là
Les deux hommes s'installèrent dans leurs fauteuils. Très vite, leur conversation prit une tournure parfaitement ordinaire. Ils évoquèrent une réunion universitaire, quelques collègues, un projet de colloque et les difficultés d'organisation qu'il soulevait.
Je demeurais au milieu de la pièce. Au début, je m'appliquai à rester parfaitement immobile. Je pensais qu'ils finiraient par s'adresser à moi, me donner une nouvelle instruction ou me permettre de monter travailler.
Mais les minutes passèrent.
Monsieur consulta des documents. Étienne répondit à plusieurs messages. Ils discutèrent, se levèrent, changèrent de place, reprirent leur conversation. Je n'existais plus dans leurs échanges. Cette indifférence me déconcerta davantage que les moqueries du restaurant.
Étienne ne cherchait même plus à m'humilier. Il semblait m'avoir oublié.
Peu à peu, mes genoux commencèrent à me faire souffrir. Je déplaçai imperceptiblement mon poids, puis repris ma position. Je ne voulais pas interrompre leur discussion. Monsieur finit pourtant par remarquer mon inconfort.
— Alex, tu es incapable de rester correctement installé ?
— Pardonnez-moi, Monsieur. J'ai mal aux genoux.
— Bien, alors allonge-toi sur le dos.
Je m'exécutai.
— Les bras écartés. Les jambes aussi.
J'obéis, prenant cette position en croix qui me laissait entièrement exposé au milieu du tapis. Monsieur vérifia brièvement mon installation, puis prit un bandeau noir posé sur la table.
— Ferme les yeux.
Quelques secondes plus tard, je fus plongé dans l'obscurité.
— Tu ne bouges plus.
— Oui, Monsieur.
Il regagna son fauteuil. Et la conversation reprit.
Privé de la vue, je pris une conscience nouvelle de ma situation. Je distinguais le bruit des pages que Monsieur tournait, les déplacements d'Étienne, le tintement occasionnel d'un verre. Je savais que les deux hommes étaient là, à quelques pas de moi. Mais ils ne me parlaient plus. Je me sentais étrangement absent d'une pièce dont j'occupais pourtant le centre. J'avais l'impression d'avoir été déposé sur le tapis, comme un objet dont on n'avait plus immédiatement besoin.
La sonnette retentit.
Je sursautai. Monsieur se leva.
— J'y vais.
J'entendis la porte d'entrée s'ouvrir.
— Ah ! Te voilà. Entre donc.
Une voix masculine répondit. Je ne la connaissais pas. Les deux hommes échangèrent quelques paroles, puis leurs pas se rapprochèrent du salon.
— Étienne est ici, précisa Monsieur.
— Parfait.
— Enfin ! s'exclama Étienne. Nous commencions à ne plus t'attendre.
Ils se saluèrent chaleureusement. Puis un silence se fit. Je compris que le visiteur venait de me découvrir.
— Bel objet, comment l’appelles-tu ? demanda-t-il.
— Alex, répondit Monsieur.
— Ah.
Un bref silence.
— Je vois que vous êtes occupés.
Étienne éclata de rire.
— Pas du tout. Alex ne nous dérange absolument pas.
Je sentis mon visage s'embraser sous le bandeau. Cet homme était un parfait inconnu. Il venait d'entrer dans la maison et me découvrait entièrement nu, étendu sur le dos, les membres écartés, incapable de voir son visage. Monsieur n'en paraissait nullement embarrassé.
— Installe-toi. Nous allons prendre un verre.
Les fauteuils furent légèrement déplacés. J’entendis les trois hommes s'asseoir autour de moi. Puis l’un d’eux se leva pour servir les boissons. La conversation reprit aussitôt. Ils parlaient d'un voyage, d'amis communs, d'une soirée à laquelle Monsieur n'avait pas pu assister. Leur décontraction me paraissait invraisemblable.
J'étais là, au milieu d'eux, dans une situation que j'aurais été incapable d'imaginer quelques mois auparavant. Et ils discutaient comme si j'étais un meuble supplémentaire.
Soudain, une chaussure se posa sur mon mollet. Je me contractai.
Personne ne réagit. Le pied resta tranquillement appuyé sur ma jambe. Je compris qu'un des hommes venait de m'utiliser comme repose-pieds. Quelques instants plus tard, le contact se déplaça jusqu'à ma cuisse, à proximité de mon intimité. Puis la pointe de la chaussure souleva mes testicules.
— Alex, lança Monsieur.
— Oui, Monsieur ?
— Cesse de remuer.
— Oui, Monsieur.
Il reprit immédiatement sa conversation. Étienne eut un petit rire.
— Notre cher Alex découvre quelques usages nouveaux de sa personne.
— Il semble particulièrement docile, observa le visiteur.
— Il apprend, répondit Étienne. Lentement, parfois, mais il apprend.
Monsieur ne formula aucune objection. Je restai immobile. Je laissai cette chaussure titiller mes testicules, les soulever, les presser.
Progressivement, je cessai d'écouter. Les voix des trois hommes s'éloignèrent de ma conscience. Je percevais leurs rires, leurs mouvements, les verres qu'ils reposaient sur la table, mais leurs paroles avaient perdu toute importance. Une seule pensée occupait désormais mon esprit.
Je suis devenu un objet.
Cette idée s'imposait à moi avec une évidence presque douloureuse. Le fauteuil soutenait le corps de Monsieur. La table basse recevait les verres. Et moi, j'étais allongé, nu, entre eux, servant occasionnellement d'appui à leurs pieds.
Je n'étais plus un interlocuteur. Je n'étais même plus quelqu'un dont on attendait une réponse. J'étais simplement disponible. Je pris conscience que je pouvais physiquement me redresser, retirer mon bandeau et quitter le salon. Rien ne me retenait. Pourtant, je ne bougeais pas. L'autorité de Monsieur avait pris dans mon esprit une place si importante que je n'envisageais même plus d'agir sans son accord.
Je n'étais pas attaché. Mais je me comportais comme si je l'étais. Cette découverte me bouleversa. Le matin même, j'avais signé mon contrat librement, avec la conviction de savoir ce que je voulais. À présent, j'en découvrais la portée concrète. Je n'avais pas perdu mon intelligence, ni ma conscience, ni ma capacité à réfléchir. Bien au contraire. Je ressentais chaque seconde de cette situation avec une lucidité qui rendait mon humiliation plus profonde encore.
Je songeai à ma mansarde. À mes livres. À mon ordinateur. À ce mémoire consacré à l'obéissance démocratique et au consentement à la contrainte. Là-haut, je pouvais discuter les idées des plus grands auteurs, contester une théorie, défendre une position. Ici, je n'osais même pas décider de la position de mes mains.
Le contraste me parut vertigineux.
Je n'avais jamais imaginé qu'on puisse se sentir aussi vulnérable sans qu'aucune violence soit nécessaire. Il suffisait de ne plus être considéré comme un participant à la vie de la pièce. De devenir une présence silencieuse. Quelque chose qu'on pouvait regarder, ignorer, utiliser comme appui, sans interrompre une conversation.
J'aurais presque préféré qu'Étienne me provoque de nouveau. Au moins, ses moqueries m'auraient prouvé que j'existais encore à ses yeux. Mais les trois hommes semblaient parfaitement satisfaits de ma place. Et je commençais à comprendre que ma condition ne nécessitait plus d'explications. Elle allait de soi.
Je ne sais combien de temps passa avant que la voix de Monsieur ne me ramène à la réalité.
— Tu n'es pas pressé de repartir ?
— Non, pas particulièrement, répondit notre visiteur.
— Alors profite encore un peu de notre hospitalité.
Étienne eut un rire discret.
— Je crois deviner ce que tu envisages.
Monsieur poursuivit avec un naturel déconcertant :
— Alex pourrait t'accorder un moment plus personnel, si tu le souhaites.
Un silence suivit. Puis l'inconnu répondit :
— Avec grand plaisir.
Je sentis mon cœur accélérer. Monsieur ne me posa aucune question. Il considérait que notre contrat, signé le matin même, établissait déjà le cadre de mes engagements. Cette proposition me confrontait pourtant à une réalité que je n'avais pas imaginée aussi précisément.
L'homme était un parfait étranger. Je ne connaissais ni son nom ni son visage. Et le bandeau demeurait sur mes yeux.
— Nous restons ici, précisa Monsieur.
J'entendis un fauteuil bouger. Puis des pas se rapprochèrent.
— A quatre pattes Alex ! Ordonna Monsieur.
On me plaça à genoux entre les jambes de l'inconnu. Je sentis alors des doigts s'agripper fermement à ma chevelure, m'imposant de relever légèrement la tête.
Je percevais sa présence, sa respiration, l'assurance tranquille de ses gestes. Cet homme dont j'ignorais tout semblait parfaitement à l'aise, tandis que je cherchais vainement à maîtriser mon trouble. Je pris soudain conscience de l'étrangeté de notre situation : il connaissait mon prénom, savait pourquoi je me trouvais là et pouvait observer chacune de mes réactions. Moi, je ne disposais d'aucun visage à associer à sa voix. Je demeurai silencieux. Dans l'obscurité, cette asymétrie me parut plus impressionnante encore que les paroles humiliantes d'Étienne.
Une pression ferme s'exerça sur ma tête, m'obligeant à l'incliner.
— Respire-moi, Alex.
La voix de l'inconnu était basse, assurée, presque désinvolte. Je demeurai un instant figé, déconcerté par cet ordre inattendu. Le bandeau me privait de tout repère visuel. Je ne percevais que sa proximité, la pression de ses doigts dans mes cheveux et l'odeur de son sexe. Je pris une inspiration hésitante.
— Voilà, murmura-t-il.
Je sentis mes joues s'embraser. Cet homme dont j'ignorais jusqu'au prénom me parlait avec une familiarité troublante, comme si ma présence à ses pieds ne nécessitait aucune explication. Derrière moi, Étienne eut un petit rire.
— Notre Alex est toujours un peu lent à comprendre ce qu'on attend de lui
.
Monsieur ne répondit pas. Et moi, je restai figé.
Sa main se raffermit dans mes cheveux et guida mon visage plus bas, contre son sexe turgescent, jusqu'à une proximité qui ne laissait aucun doute sur ses intentions. Je retins mon souffle. Privé de la vue, je ressentais avec une intensité troublante chacun de ses mouvements. Lui, dirigeait mes gestes avec une assurance déconcertante.
Derrière moi, Étienne laissa échapper un rire.
— Notre brillant Alex découvre qu'il existe des situations où ses connaissances universitaires ne lui sont d'aucun secours.
Je demeurai silencieux, le visage brûlant, conscient de ma vulnérabilité et de l'étrange pouvoir que cet inconnu exerçait sur moi.
Son sexe franchit alors mes lèvres et s'enfonça trop loin. Un haut-le-cœur incontrôlable me secoua. Je reculai instinctivement, les yeux humides sous le bandeau, cherchant à reprendre mon souffle.
L'inconnu ne relâcha pas son emprise. Sa main demeura fermement posée sur ma tête, m'empêchant de me redresser. Un second haut-le-cœur me secoua. Je cherchai désespérément à retrouver une respiration régulière. Sous le bandeau, mes yeux s'emplirent de larmes.
— Allons, Alex, lança Étienne avec mépris. Où est passée cette maîtrise de soi dont tu es si fier ?
Je ne pouvais répondre. Mon corps venait de réagir malgré moi, et cette impossibilité de dissimuler ma détresse me bouleversait.
— Suce moi mieux que ça Alex.
Je m'appliquai du mieux que je pouvais, malgré mon trouble et les réactions involontaires de mon corps. Je m'efforçais de maîtriser ma respiration, de retrouver mon calme et de ne rien laisser paraître de ma vulnérabilité.
— Voilà qui est mieux, reprit l’inconnu d’une voix satisfaite.
Je suçai ce membre, encore troublé, m’efforçant de retrouver une respiration régulière. Au bout de plusieurs minutes, je sentis qu'on m'écartait doucement de l'inconnu. La pression sur ma tête disparut, mais je demeurai à genoux, désorienté, le bandeau toujours en place.
J'entendis un fauteuil grincer, puis quelques pas sur le parquet. Je ne savais plus qui se trouvait devant moi ni ce qu'on attendait désormais de moi.
— Reste à quatre pattes, retourne toi Alex, présente tes fesses, ordonna Monsieur.
— Tu sais ce qui va t’arriver, Alex ? intervint Étienne d’une voix arrogante.
Je demeurai silencieux, incapable de réagir. J’avais bien compris !
— Toujours cette même hésitation… Tu es pourtant si prompt à disserter sur les conséquences de tes choix. Et te voilà incapable de formuler une réponse.
Je sentis des mains se poser sur mes fesses et les écarter pour dégager mon sillon anal. Etienne intervint encore.
— Tu vas te faire enculer par un inconnu Alex.
— Voilà l’une de tes nouvelles fonctions, Alex, déclara simplement Monsieur.
Il avait prononcé ces mots d’un ton parfaitement neutre, comme s’il énonçait une évidence ne nécessitant aucune explication. Je demeurai silencieux, profondément troublé par cette désinvolture.
Étienne laissa échapper un rire satisfait.
— Tu entends, Alex ? Monsieur vient de te rappeler ta place. J'espère que tu sauras t'en souvenir aussi bien que de tes précieuses théories universitaires.
Je baissai la tête, incapable de répondre.
La douleur fut immédiate, brutale, et l'épreuve me parut interminable. Je me crispai malgré moi, incapable de dissimuler ma souffrance. Sous le bandeau, des larmes me montèrent aux yeux.
Je n'entendais presque plus les voix autour de moi. Toute mon attention se concentrait sur cette sodomie qui dépassait ce que j'avais imaginé. Je me laissai malmener, conscient de la fonction que Monsieur venait de m'attribuer. Je ne cherchais plus à comprendre les paroles échangées autour de moi. Mon univers s'était réduit à l'obscurité du bandeau, à ma vulnérabilité et à cette pénétration.
Je n'éprouvais aucun plaisir physique. Mon corps demeurait éprouvé, mais, paradoxalement, mon esprit trouvait une forme d'apaisement dans cette situation. La conscience de ma condition, de l'engagement que j'avais librement choisi et de la place que j'occupais désormais auprès de Monsieur me procurait un étrange sentiment de bien-être. Ce n'était pas la souffrance qui me satisfaisait, mais la signification que j'attribuais à ma soumission.
J'en fus profondément troublé. Comment pouvais-je éprouver une forme de bien-être intérieur alors que mon corps ne ressentait aucun plaisir ? Cette contradiction me déconcertait. Je découvrais que mon ressenti psychologique pouvait être radicalement différent de mes sensations physiques. Était-ce la satisfaction d'assumer pleinement mon engagement, ou le signe que ma perception de moi-même était en train de changer ? Je n'aurais su le dire.
Lorsque tout fut terminé, l'inconnu retrouva son fauteuil.
— Merci pour cet accueil, dit-il à Monsieur.
— Je t'en prie.
Étienne ajouta une remarque amusée. Les trois hommes rirent. Puis leur conversation reprit.
Je restai silencieux. Ce retour immédiat à la banalité me troubla profondément. Pour eux, l'après-midi continuait. Pour moi, il serait impossible d'en oublier le déroulement.
Monsieur finit par dire.
— Étienne, conduis Alex dans la mansarde. Il a suffisamment perdu de temps aujourd'hui. Son mémoire ne va pas s'écrire tout seul.
— Avec plaisir.
— Debout, Alex.
La voix d'Étienne claqua au-dessus de moi. Je me redressai maladroitement, toujours aveuglé par le bandeau.
— Dépêche-toi. Nous n'allons pas passer la soirée à nous occuper de toi.
Je cherchai mon équilibre. Étienne me saisit par le bras et me conduisit vers la porte.
— Tu peux remercier notre invité avant de partir. Ce serait la moindre des politesses.
Je tournai instinctivement la tête vers les fauteuils.
— Merci, monsieur.
Un léger rire me répondit.
— Je t'en prie, Alex.
Étienne ricana.
— Admirable ! Quelle politesse ! Tu remercies un homme dont tu ignores jusqu'au prénom.
Je baissai la tête.
— Allons, avance.
Nous quittâmes le salon. Je ressentis un immense soulagement à l'idée de retrouver enfin la mansarde. Mais Étienne n'avait manifestement pas terminé. Nous atteignîmes l'escalier. Il plaça ma main sur la rampe.
— Monte. Et tâche de ne pas tomber. Je n'ai aucune envie de te ramasser.
Je gravis prudemment les premières marches.
— Quelle journée remarquable pour notre petit universitaire ! Ce matin, Monsieur et moi avions devant nous un jeune homme cultivé, plein d'assurance, qui nous exposait ses réflexions sur la liberté et le consentement.
Il marqua une pause.
— Et quelques heures plus tard, te voilà nu, les yeux bandés, enculé, incapable de rejoindre la mansarde sans qu'on te conduise par la main.
Je sentis mon visage s'embraser.
— Tu mesures le chemin parcouru, Alex ?
— Oui, professeur.
— J'en doute. Tu es encore bien trop occupé à sauver les dernières miettes de ton amour-propre.
Il me laissa monter quelques marches avant de reprendre.
— Ce qui me plaît particulièrement, c'est que tu ne sais absolument rien de notre invité.
Je me raidis.
— Tu ne connais ni son nom ni son visage, juste le goût de sa bite. Tu serais incapable de le reconnaître dans la rue. Il pourrait s'asseoir demain à côté de toi dans un café et tu n'en aurais pas la moindre idée.
Je gardai le silence.
— Et pourtant, il a partagé avec toi un moment d'intimité dont tu conserves la texture de son foutre dans ton cul de salope comme souvenir.
Je sentis une boule se former dans ma gorge. Étienne poursuivit, implacable :
— Lui sait qui tu es. Il connaît ton prénom. Il sait que tu vis ici, que tu prépares un mémoire, que tu te fais baiser, que tu obéis à Monsieur. Toi, tu ne sais rien de lui.
Nous arrivâmes sur le palier.
— Voilà ce qui devrait t'occuper l'esprit, Alex. Cette extraordinaire différence entre ce que les autres savent de toi et ce que tu es autorisé à savoir d'eux.
Il ouvrit la porte de ma mansarde.
— Entre.
Je fis quelques pas hésitants. Étienne me guida jusqu'à mon bureau.
— Assieds-toi.
J'obéis. Il retira enfin mon bandeau. Je clignai des yeux, ébloui. La mansarde réapparut peu à peu. Étienne se tenait devant moi, les bras croisés, avec cet air de supériorité qu'il ne cherchait même plus à dissimuler.
— Regarde-moi, Alex.
Je relevai les yeux.
— Tu vas maintenant retrouver tes livres, tes citations et tes belles théories. Mais j'aimerais que tu comprennes une chose.
Il se pencha légèrement vers moi.
— Ce qui s'est passé aujourd'hui n'est pas une parenthèse que tu pourras refermer en ouvrant ton ordinateur.
Je demeurai immobile.
— Tu as signé un contrat. Tu as choisi d'accepter une organisation dans laquelle Monsieur décide de la place que tu occupes. Et aujourd'hui, tu as découvert ce que cela pouvait signifier.
Son regard ne me quittait pas.
— Ne t'imagine surtout pas que tu redeviens le maître de toutes les décisions simplement parce que tu as retrouvé la mansarde.
— Je comprends, Étienne.
— Non, Alex. Tu commences seulement à comprendre.
Il se redressa.
— Tu sais ce que je trouve délicieux ? Tu vas certainement passer des heures à te demander qui était cet homme. Son âge, son métier, son apparence, ce qu'il a pensé de toi.
Il sourit.
— Et tu n'auras aucune réponse, à moins que Monsieur décide de t'en donner une.
Je baissai les yeux.
— Tu vois, même ta curiosité se heurte désormais aux limites que tu as acceptées.
Je ressentis une humiliation profonde. Étienne désigna mon ordinateur.
— Maintenant, au travail. Monsieur attend de toi un mémoire irréprochable. Tu ne vas tout de même pas ajouter la médiocrité intellectuelle à tes embarras de cet après-midi.
Il se dirigea vers la porte.
— Et Alex ?
— Oui, Étienne ?
— Quand tu repenseras à notre invité, souviens-toi surtout de ceci : il repartira en sachant exactement qui il avait rencontré. Toi, tu restes ici sans même savoir à qui tu as eu affaire.
Il m'adressa un dernier sourire, satisfait de son effet.
— Voilà une excellente leçon d'humilité pour un garçon qui prétend étudier les rapports de pouvoir.
La porte se verrouilla. Je demeurai seul. Devant moi, mon mémoire était toujours ouvert. Je connaissais les grands auteurs, les théories du consentement, les mécanismes de l'autorité. Mais je ne connaissais même pas le prénom de l'homme que je venais de quitter. Et je savais qu'Étienne avait parfaitement conscience de la blessure qu'il venait de laisser derrière lui.
Il y a les commentaires qui me font sourire, ceux qui me font réfléchir et ceux qui me font relire une scène avec un autre regard. J’aime découvrir ce qui vous touche, ce qui vous dérange et ce que vous imaginez pour la suite. Parfois, vos hypothèses me donnent bien du mal à garder le silence… mais je tiens bon ! 😉
Que vous lisiez en silence ou que vous veniez partager vos impressions, votre présence compte pour moi. Merci de faire une place à Alex dans vos lectures.
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Le déjeuner touchait à sa fin et je n'avais presque rien mangé. Assis entre Monsieur et Étienne, je m'efforçais de conserver une attitude convenable malgré ce plug harcelant mon rectum et dont Monsieur contrôlait les vibrations à l'aide d'une petite télécommande. Chaque nouvelle impulsion me prenait au dépourvu. Je me raidissais, serrais les mâchoires, tentais de poursuivre normalement mon repas.
Monsieur remarquait chacun de mes sursauts.
— Tiens-toi correctement, Alex.
— Oui, Monsieur.
Étienne, lui, semblait prendre un plaisir particulier à observer mes efforts.
— Notre cher étudiant manque singulièrement de concentration aujourd'hui. Pourtant, il nous a habitués à de remarquables capacités intellectuelles.
Je baissai les yeux vers mon assiette.
— Regarde-moi lorsque je te parle, Alex.
Je relevai immédiatement la tête.
— Voilà. Tu vois que tu peux faire plusieurs choses à la fois. Obéir, manger et essayer de conserver un minimum de dignité.
Monsieur esquissa un sourire.
Je savais parfaitement qu'Étienne cherchait à me déstabiliser. Ses remarques, prononcées sur le ton d'une conversation mondaine, me paraissaient d'autant plus humiliantes qu'elles pouvaient être entendues par les tables voisines sans que personne en comprenne véritablement le sens.
Lorsque le serveur revint débarrasser nos assiettes, Monsieur actionna une nouvelle fois la télécommande. Je sursautai.
— Un problème, monsieur ? demanda le serveur.
— Aucun, répondit Monsieur avant que j'aie pu ouvrir la bouche. Alex est simplement un peu nerveux aujourd'hui.
Étienne étouffa un rire. Je me sentis rougir jusqu'aux oreilles.
— Il faut apprendre à te maîtriser, Alex, reprit Monsieur lorsque le serveur se fut éloigné.
— Oui, Monsieur.
Étienne se pencha légèrement vers moi.
— Tu devrais être heureux. Nous fêtons ton engagement, après tout. Et quelle plus belle façon de célébrer une décision que d'en découvrir immédiatement quelques conséquences ?
Je ne répondis pas. Ce matin même, j'avais signé ce contrat avec une détermination dont j'étais fier. Pourtant, quelques heures plus tard, assis dans ce restaurant, je découvrais combien il était difficile de conserver son assurance lorsque Monsieur décidait de mettre mon obéissance à l'épreuve.
Le dessert fut expédié rapidement. Lorsque nous quittâmes le restaurant, je ressentis un immense soulagement. Il fut de courte durée.
Dans la voiture, Étienne poursuivit ses commentaires sur mon comportement.
— Tu nous as offert un spectacle assez remarquable. Je crois que tu as passé davantage de temps à surveiller tes réactions qu'à apprécier ton déjeuner.
— C'était difficile, Professeur.
— Évidemment. Si tout était facile, Alex, ton éducation manquerait singulièrement d'intérêt.
Monsieur conduisait sans intervenir. Je regardais défiler les rues, impatient de retrouver la maison. J'espérais pouvoir monter dans la mansarde et me consacrer enfin à mon mémoire. Mais Monsieur avait manifestement d'autres projets.
Dès notre arrivée, je me déshabillai sur le palier, conformément aux règles établies. Puis je m'agenouillai et attendis l'autorisation d'entrer.
— Viens, Alex.
Je franchis le seuil à quatre pattes. Étienne referma la porte derrière nous.
— Voilà qui est mieux, observa-t-il. Notre universitaire retrouve ses habitudes domestiques.
Monsieur posa ses clés sur la console.
— Étienne, retire-lui ce plug et installe-le dans le salon. Nous avons encore quelques affaires à examiner.
— Bien.
Je crus un instant qu'on allait me laisser rejoindre la mansarde. Le retrait de ce plug fut douloureux, Etienne l’arracha purement et simplement de mon antre, sans le moindre égard. J’émis un petit cri puis me repris aussitôt.
— Monsieur, mon mémoire…
Il se retourna.
— Ton mémoire attendra.
— Oui, Monsieur.
Étienne me conduisit au salon, me fit prendre place sur le tapis, à genoux, les épaules et la tête au sol, mains posées devant ma tête.
— Relève ton cul, cambre mieux tes reins.
J'obéis.
— Tu restes là
Les deux hommes s'installèrent dans leurs fauteuils. Très vite, leur conversation prit une tournure parfaitement ordinaire. Ils évoquèrent une réunion universitaire, quelques collègues, un projet de colloque et les difficultés d'organisation qu'il soulevait.
Je demeurais au milieu de la pièce. Au début, je m'appliquai à rester parfaitement immobile. Je pensais qu'ils finiraient par s'adresser à moi, me donner une nouvelle instruction ou me permettre de monter travailler.
Mais les minutes passèrent.
Monsieur consulta des documents. Étienne répondit à plusieurs messages. Ils discutèrent, se levèrent, changèrent de place, reprirent leur conversation. Je n'existais plus dans leurs échanges. Cette indifférence me déconcerta davantage que les moqueries du restaurant.
Étienne ne cherchait même plus à m'humilier. Il semblait m'avoir oublié.
Peu à peu, mes genoux commencèrent à me faire souffrir. Je déplaçai imperceptiblement mon poids, puis repris ma position. Je ne voulais pas interrompre leur discussion. Monsieur finit pourtant par remarquer mon inconfort.
— Alex, tu es incapable de rester correctement installé ?
— Pardonnez-moi, Monsieur. J'ai mal aux genoux.
— Bien, alors allonge-toi sur le dos.
Je m'exécutai.
— Les bras écartés. Les jambes aussi.
J'obéis, prenant cette position en croix qui me laissait entièrement exposé au milieu du tapis. Monsieur vérifia brièvement mon installation, puis prit un bandeau noir posé sur la table.
— Ferme les yeux.
Quelques secondes plus tard, je fus plongé dans l'obscurité.
— Tu ne bouges plus.
— Oui, Monsieur.
Il regagna son fauteuil. Et la conversation reprit.
Privé de la vue, je pris une conscience nouvelle de ma situation. Je distinguais le bruit des pages que Monsieur tournait, les déplacements d'Étienne, le tintement occasionnel d'un verre. Je savais que les deux hommes étaient là, à quelques pas de moi. Mais ils ne me parlaient plus. Je me sentais étrangement absent d'une pièce dont j'occupais pourtant le centre. J'avais l'impression d'avoir été déposé sur le tapis, comme un objet dont on n'avait plus immédiatement besoin.
La sonnette retentit.
Je sursautai. Monsieur se leva.
— J'y vais.
J'entendis la porte d'entrée s'ouvrir.
— Ah ! Te voilà. Entre donc.
Une voix masculine répondit. Je ne la connaissais pas. Les deux hommes échangèrent quelques paroles, puis leurs pas se rapprochèrent du salon.
— Étienne est ici, précisa Monsieur.
— Parfait.
— Enfin ! s'exclama Étienne. Nous commencions à ne plus t'attendre.
Ils se saluèrent chaleureusement. Puis un silence se fit. Je compris que le visiteur venait de me découvrir.
— Bel objet, comment l’appelles-tu ? demanda-t-il.
— Alex, répondit Monsieur.
— Ah.
Un bref silence.
— Je vois que vous êtes occupés.
Étienne éclata de rire.
— Pas du tout. Alex ne nous dérange absolument pas.
Je sentis mon visage s'embraser sous le bandeau. Cet homme était un parfait inconnu. Il venait d'entrer dans la maison et me découvrait entièrement nu, étendu sur le dos, les membres écartés, incapable de voir son visage. Monsieur n'en paraissait nullement embarrassé.
— Installe-toi. Nous allons prendre un verre.
Les fauteuils furent légèrement déplacés. J’entendis les trois hommes s'asseoir autour de moi. Puis l’un d’eux se leva pour servir les boissons. La conversation reprit aussitôt. Ils parlaient d'un voyage, d'amis communs, d'une soirée à laquelle Monsieur n'avait pas pu assister. Leur décontraction me paraissait invraisemblable.
J'étais là, au milieu d'eux, dans une situation que j'aurais été incapable d'imaginer quelques mois auparavant. Et ils discutaient comme si j'étais un meuble supplémentaire.
Soudain, une chaussure se posa sur mon mollet. Je me contractai.
Personne ne réagit. Le pied resta tranquillement appuyé sur ma jambe. Je compris qu'un des hommes venait de m'utiliser comme repose-pieds. Quelques instants plus tard, le contact se déplaça jusqu'à ma cuisse, à proximité de mon intimité. Puis la pointe de la chaussure souleva mes testicules.
— Alex, lança Monsieur.
— Oui, Monsieur ?
— Cesse de remuer.
— Oui, Monsieur.
Il reprit immédiatement sa conversation. Étienne eut un petit rire.
— Notre cher Alex découvre quelques usages nouveaux de sa personne.
— Il semble particulièrement docile, observa le visiteur.
— Il apprend, répondit Étienne. Lentement, parfois, mais il apprend.
Monsieur ne formula aucune objection. Je restai immobile. Je laissai cette chaussure titiller mes testicules, les soulever, les presser.
Progressivement, je cessai d'écouter. Les voix des trois hommes s'éloignèrent de ma conscience. Je percevais leurs rires, leurs mouvements, les verres qu'ils reposaient sur la table, mais leurs paroles avaient perdu toute importance. Une seule pensée occupait désormais mon esprit.
Je suis devenu un objet.
Cette idée s'imposait à moi avec une évidence presque douloureuse. Le fauteuil soutenait le corps de Monsieur. La table basse recevait les verres. Et moi, j'étais allongé, nu, entre eux, servant occasionnellement d'appui à leurs pieds.
Je n'étais plus un interlocuteur. Je n'étais même plus quelqu'un dont on attendait une réponse. J'étais simplement disponible. Je pris conscience que je pouvais physiquement me redresser, retirer mon bandeau et quitter le salon. Rien ne me retenait. Pourtant, je ne bougeais pas. L'autorité de Monsieur avait pris dans mon esprit une place si importante que je n'envisageais même plus d'agir sans son accord.
Je n'étais pas attaché. Mais je me comportais comme si je l'étais. Cette découverte me bouleversa. Le matin même, j'avais signé mon contrat librement, avec la conviction de savoir ce que je voulais. À présent, j'en découvrais la portée concrète. Je n'avais pas perdu mon intelligence, ni ma conscience, ni ma capacité à réfléchir. Bien au contraire. Je ressentais chaque seconde de cette situation avec une lucidité qui rendait mon humiliation plus profonde encore.
Je songeai à ma mansarde. À mes livres. À mon ordinateur. À ce mémoire consacré à l'obéissance démocratique et au consentement à la contrainte. Là-haut, je pouvais discuter les idées des plus grands auteurs, contester une théorie, défendre une position. Ici, je n'osais même pas décider de la position de mes mains.
Le contraste me parut vertigineux.
Je n'avais jamais imaginé qu'on puisse se sentir aussi vulnérable sans qu'aucune violence soit nécessaire. Il suffisait de ne plus être considéré comme un participant à la vie de la pièce. De devenir une présence silencieuse. Quelque chose qu'on pouvait regarder, ignorer, utiliser comme appui, sans interrompre une conversation.
J'aurais presque préféré qu'Étienne me provoque de nouveau. Au moins, ses moqueries m'auraient prouvé que j'existais encore à ses yeux. Mais les trois hommes semblaient parfaitement satisfaits de ma place. Et je commençais à comprendre que ma condition ne nécessitait plus d'explications. Elle allait de soi.
Je ne sais combien de temps passa avant que la voix de Monsieur ne me ramène à la réalité.
— Tu n'es pas pressé de repartir ?
— Non, pas particulièrement, répondit notre visiteur.
— Alors profite encore un peu de notre hospitalité.
Étienne eut un rire discret.
— Je crois deviner ce que tu envisages.
Monsieur poursuivit avec un naturel déconcertant :
— Alex pourrait t'accorder un moment plus personnel, si tu le souhaites.
Un silence suivit. Puis l'inconnu répondit :
— Avec grand plaisir.
Je sentis mon cœur accélérer. Monsieur ne me posa aucune question. Il considérait que notre contrat, signé le matin même, établissait déjà le cadre de mes engagements. Cette proposition me confrontait pourtant à une réalité que je n'avais pas imaginée aussi précisément.
L'homme était un parfait étranger. Je ne connaissais ni son nom ni son visage. Et le bandeau demeurait sur mes yeux.
— Nous restons ici, précisa Monsieur.
J'entendis un fauteuil bouger. Puis des pas se rapprochèrent.
— A quatre pattes Alex ! Ordonna Monsieur.
On me plaça à genoux entre les jambes de l'inconnu. Je sentis alors des doigts s'agripper fermement à ma chevelure, m'imposant de relever légèrement la tête.
Je percevais sa présence, sa respiration, l'assurance tranquille de ses gestes. Cet homme dont j'ignorais tout semblait parfaitement à l'aise, tandis que je cherchais vainement à maîtriser mon trouble. Je pris soudain conscience de l'étrangeté de notre situation : il connaissait mon prénom, savait pourquoi je me trouvais là et pouvait observer chacune de mes réactions. Moi, je ne disposais d'aucun visage à associer à sa voix. Je demeurai silencieux. Dans l'obscurité, cette asymétrie me parut plus impressionnante encore que les paroles humiliantes d'Étienne.
Une pression ferme s'exerça sur ma tête, m'obligeant à l'incliner.
— Respire-moi, Alex.
La voix de l'inconnu était basse, assurée, presque désinvolte. Je demeurai un instant figé, déconcerté par cet ordre inattendu. Le bandeau me privait de tout repère visuel. Je ne percevais que sa proximité, la pression de ses doigts dans mes cheveux et l'odeur de son sexe. Je pris une inspiration hésitante.
— Voilà, murmura-t-il.
Je sentis mes joues s'embraser. Cet homme dont j'ignorais jusqu'au prénom me parlait avec une familiarité troublante, comme si ma présence à ses pieds ne nécessitait aucune explication. Derrière moi, Étienne eut un petit rire.
— Notre Alex est toujours un peu lent à comprendre ce qu'on attend de lui
.
Monsieur ne répondit pas. Et moi, je restai figé.
Sa main se raffermit dans mes cheveux et guida mon visage plus bas, contre son sexe turgescent, jusqu'à une proximité qui ne laissait aucun doute sur ses intentions. Je retins mon souffle. Privé de la vue, je ressentais avec une intensité troublante chacun de ses mouvements. Lui, dirigeait mes gestes avec une assurance déconcertante.
Derrière moi, Étienne laissa échapper un rire.
— Notre brillant Alex découvre qu'il existe des situations où ses connaissances universitaires ne lui sont d'aucun secours.
Je demeurai silencieux, le visage brûlant, conscient de ma vulnérabilité et de l'étrange pouvoir que cet inconnu exerçait sur moi.
Son sexe franchit alors mes lèvres et s'enfonça trop loin. Un haut-le-cœur incontrôlable me secoua. Je reculai instinctivement, les yeux humides sous le bandeau, cherchant à reprendre mon souffle.
L'inconnu ne relâcha pas son emprise. Sa main demeura fermement posée sur ma tête, m'empêchant de me redresser. Un second haut-le-cœur me secoua. Je cherchai désespérément à retrouver une respiration régulière. Sous le bandeau, mes yeux s'emplirent de larmes.
— Allons, Alex, lança Étienne avec mépris. Où est passée cette maîtrise de soi dont tu es si fier ?
Je ne pouvais répondre. Mon corps venait de réagir malgré moi, et cette impossibilité de dissimuler ma détresse me bouleversait.
— Suce moi mieux que ça Alex.
Je m'appliquai du mieux que je pouvais, malgré mon trouble et les réactions involontaires de mon corps. Je m'efforçais de maîtriser ma respiration, de retrouver mon calme et de ne rien laisser paraître de ma vulnérabilité.
— Voilà qui est mieux, reprit l’inconnu d’une voix satisfaite.
Je suçai ce membre, encore troublé, m’efforçant de retrouver une respiration régulière. Au bout de plusieurs minutes, je sentis qu'on m'écartait doucement de l'inconnu. La pression sur ma tête disparut, mais je demeurai à genoux, désorienté, le bandeau toujours en place.
J'entendis un fauteuil grincer, puis quelques pas sur le parquet. Je ne savais plus qui se trouvait devant moi ni ce qu'on attendait désormais de moi.
— Reste à quatre pattes, retourne toi Alex, présente tes fesses, ordonna Monsieur.
— Tu sais ce qui va t’arriver, Alex ? intervint Étienne d’une voix arrogante.
Je demeurai silencieux, incapable de réagir. J’avais bien compris !
— Toujours cette même hésitation… Tu es pourtant si prompt à disserter sur les conséquences de tes choix. Et te voilà incapable de formuler une réponse.
Je sentis des mains se poser sur mes fesses et les écarter pour dégager mon sillon anal. Etienne intervint encore.
— Tu vas te faire enculer par un inconnu Alex.
— Voilà l’une de tes nouvelles fonctions, Alex, déclara simplement Monsieur.
Il avait prononcé ces mots d’un ton parfaitement neutre, comme s’il énonçait une évidence ne nécessitant aucune explication. Je demeurai silencieux, profondément troublé par cette désinvolture.
Étienne laissa échapper un rire satisfait.
— Tu entends, Alex ? Monsieur vient de te rappeler ta place. J'espère que tu sauras t'en souvenir aussi bien que de tes précieuses théories universitaires.
Je baissai la tête, incapable de répondre.
La douleur fut immédiate, brutale, et l'épreuve me parut interminable. Je me crispai malgré moi, incapable de dissimuler ma souffrance. Sous le bandeau, des larmes me montèrent aux yeux.
Je n'entendais presque plus les voix autour de moi. Toute mon attention se concentrait sur cette sodomie qui dépassait ce que j'avais imaginé. Je me laissai malmener, conscient de la fonction que Monsieur venait de m'attribuer. Je ne cherchais plus à comprendre les paroles échangées autour de moi. Mon univers s'était réduit à l'obscurité du bandeau, à ma vulnérabilité et à cette pénétration.
Je n'éprouvais aucun plaisir physique. Mon corps demeurait éprouvé, mais, paradoxalement, mon esprit trouvait une forme d'apaisement dans cette situation. La conscience de ma condition, de l'engagement que j'avais librement choisi et de la place que j'occupais désormais auprès de Monsieur me procurait un étrange sentiment de bien-être. Ce n'était pas la souffrance qui me satisfaisait, mais la signification que j'attribuais à ma soumission.
J'en fus profondément troublé. Comment pouvais-je éprouver une forme de bien-être intérieur alors que mon corps ne ressentait aucun plaisir ? Cette contradiction me déconcertait. Je découvrais que mon ressenti psychologique pouvait être radicalement différent de mes sensations physiques. Était-ce la satisfaction d'assumer pleinement mon engagement, ou le signe que ma perception de moi-même était en train de changer ? Je n'aurais su le dire.
Lorsque tout fut terminé, l'inconnu retrouva son fauteuil.
— Merci pour cet accueil, dit-il à Monsieur.
— Je t'en prie.
Étienne ajouta une remarque amusée. Les trois hommes rirent. Puis leur conversation reprit.
Je restai silencieux. Ce retour immédiat à la banalité me troubla profondément. Pour eux, l'après-midi continuait. Pour moi, il serait impossible d'en oublier le déroulement.
Monsieur finit par dire.
— Étienne, conduis Alex dans la mansarde. Il a suffisamment perdu de temps aujourd'hui. Son mémoire ne va pas s'écrire tout seul.
— Avec plaisir.
— Debout, Alex.
La voix d'Étienne claqua au-dessus de moi. Je me redressai maladroitement, toujours aveuglé par le bandeau.
— Dépêche-toi. Nous n'allons pas passer la soirée à nous occuper de toi.
Je cherchai mon équilibre. Étienne me saisit par le bras et me conduisit vers la porte.
— Tu peux remercier notre invité avant de partir. Ce serait la moindre des politesses.
Je tournai instinctivement la tête vers les fauteuils.
— Merci, monsieur.
Un léger rire me répondit.
— Je t'en prie, Alex.
Étienne ricana.
— Admirable ! Quelle politesse ! Tu remercies un homme dont tu ignores jusqu'au prénom.
Je baissai la tête.
— Allons, avance.
Nous quittâmes le salon. Je ressentis un immense soulagement à l'idée de retrouver enfin la mansarde. Mais Étienne n'avait manifestement pas terminé. Nous atteignîmes l'escalier. Il plaça ma main sur la rampe.
— Monte. Et tâche de ne pas tomber. Je n'ai aucune envie de te ramasser.
Je gravis prudemment les premières marches.
— Quelle journée remarquable pour notre petit universitaire ! Ce matin, Monsieur et moi avions devant nous un jeune homme cultivé, plein d'assurance, qui nous exposait ses réflexions sur la liberté et le consentement.
Il marqua une pause.
— Et quelques heures plus tard, te voilà nu, les yeux bandés, enculé, incapable de rejoindre la mansarde sans qu'on te conduise par la main.
Je sentis mon visage s'embraser.
— Tu mesures le chemin parcouru, Alex ?
— Oui, professeur.
— J'en doute. Tu es encore bien trop occupé à sauver les dernières miettes de ton amour-propre.
Il me laissa monter quelques marches avant de reprendre.
— Ce qui me plaît particulièrement, c'est que tu ne sais absolument rien de notre invité.
Je me raidis.
— Tu ne connais ni son nom ni son visage, juste le goût de sa bite. Tu serais incapable de le reconnaître dans la rue. Il pourrait s'asseoir demain à côté de toi dans un café et tu n'en aurais pas la moindre idée.
Je gardai le silence.
— Et pourtant, il a partagé avec toi un moment d'intimité dont tu conserves la texture de son foutre dans ton cul de salope comme souvenir.
Je sentis une boule se former dans ma gorge. Étienne poursuivit, implacable :
— Lui sait qui tu es. Il connaît ton prénom. Il sait que tu vis ici, que tu prépares un mémoire, que tu te fais baiser, que tu obéis à Monsieur. Toi, tu ne sais rien de lui.
Nous arrivâmes sur le palier.
— Voilà ce qui devrait t'occuper l'esprit, Alex. Cette extraordinaire différence entre ce que les autres savent de toi et ce que tu es autorisé à savoir d'eux.
Il ouvrit la porte de ma mansarde.
— Entre.
Je fis quelques pas hésitants. Étienne me guida jusqu'à mon bureau.
— Assieds-toi.
J'obéis. Il retira enfin mon bandeau. Je clignai des yeux, ébloui. La mansarde réapparut peu à peu. Étienne se tenait devant moi, les bras croisés, avec cet air de supériorité qu'il ne cherchait même plus à dissimuler.
— Regarde-moi, Alex.
Je relevai les yeux.
— Tu vas maintenant retrouver tes livres, tes citations et tes belles théories. Mais j'aimerais que tu comprennes une chose.
Il se pencha légèrement vers moi.
— Ce qui s'est passé aujourd'hui n'est pas une parenthèse que tu pourras refermer en ouvrant ton ordinateur.
Je demeurai immobile.
— Tu as signé un contrat. Tu as choisi d'accepter une organisation dans laquelle Monsieur décide de la place que tu occupes. Et aujourd'hui, tu as découvert ce que cela pouvait signifier.
Son regard ne me quittait pas.
— Ne t'imagine surtout pas que tu redeviens le maître de toutes les décisions simplement parce que tu as retrouvé la mansarde.
— Je comprends, Étienne.
— Non, Alex. Tu commences seulement à comprendre.
Il se redressa.
— Tu sais ce que je trouve délicieux ? Tu vas certainement passer des heures à te demander qui était cet homme. Son âge, son métier, son apparence, ce qu'il a pensé de toi.
Il sourit.
— Et tu n'auras aucune réponse, à moins que Monsieur décide de t'en donner une.
Je baissai les yeux.
— Tu vois, même ta curiosité se heurte désormais aux limites que tu as acceptées.
Je ressentis une humiliation profonde. Étienne désigna mon ordinateur.
— Maintenant, au travail. Monsieur attend de toi un mémoire irréprochable. Tu ne vas tout de même pas ajouter la médiocrité intellectuelle à tes embarras de cet après-midi.
Il se dirigea vers la porte.
— Et Alex ?
— Oui, Étienne ?
— Quand tu repenseras à notre invité, souviens-toi surtout de ceci : il repartira en sachant exactement qui il avait rencontré. Toi, tu restes ici sans même savoir à qui tu as eu affaire.
Il m'adressa un dernier sourire, satisfait de son effet.
— Voilà une excellente leçon d'humilité pour un garçon qui prétend étudier les rapports de pouvoir.
La porte se verrouilla. Je demeurai seul. Devant moi, mon mémoire était toujours ouvert. Je connaissais les grands auteurs, les théories du consentement, les mécanismes de l'autorité. Mais je ne connaissais même pas le prénom de l'homme que je venais de quitter. Et je savais qu'Étienne avait parfaitement conscience de la blessure qu'il venait de laisser derrière lui.
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Je dévore vos récits et attend avec impatience chaque épisode. C'est profond bien écrit et l humiliation d Alex est parfaite
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