Le goût de l'effondrement - chapitre 32

- Par l'auteur HDS Alexsoumis -
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Récit érotique écrit par Alexsoumis [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur homme.
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 19-10-2026 dans la catégorie Dominants et dominés
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Il aurait été trop simple que Rex et moi puissions obéir, exécuter ce qui avait été décidé le plus rapidement possible, puis nous relever avec le sentiment d’avoir traversé l’épreuve.

Je crois que c’était encore ce que j’espérais. Tenir quelques minutes et attendre que cela passe. Puis retrouver un peu d’humanité et surtout cette dignité dont je découvrais qu’on mesure véritablement la valeur au moment où elle vous échappe.

C’était mal connaître les trois hommes qui nous entouraient. Je compris très vite qu’ils n’avaient aucune intention de nous laisser cette facilité.

Monsieur Stéphane déplaça son fauteuil. Étienne fit de même. Monsieur recula légèrement le sien. Je les regardai faire sans comprendre immédiatement. Puis les trois fauteuils furent orientés vers le centre de la pièce. Vers l’endroit où j’allais être placé.

Cette préparation me troubla profondément. Jusque-là, je pouvais encore considérer ce qui avait été décidé comme un acte. Quelque chose qui commencerait, se produirait, puis s’achèverait. Eux venaient d’en faire un spectacle. Ils prenaient leurs dispositions. Ils cherchaient le meilleur angle. Ils s’installaient confortablement.

Et moi, sur le tapis, je compris que je n’aurais même pas le secours de la précipitation.

— Alex. Au centre.

Je m’avançai de quelques mètres seulement. Pourtant, à mesure que je quittais le tapis pour rejoindre le parquet dégagé, j’eus l’impression étrange de quitter un espace où j’étais encore simplement présent pour entrer dans un autre où j’allais être exposé.

— Là.

Je m’arrêtai.

— De profil.

Je pivotai.

— À quatre pattes.

J’obéis. J’allais presque trop vite. Je m’en rendis compte lorsque la voix d’Étienne tomba :

— Non.

Je m’immobilisai.

— Regarde-le. Il veut déjà en finir.

Je sentis mon visage chauffer. Il avait raison.

— Recommence, ordonna Monsieur.

Je repris ma position.

— Les épaules au sol.

Je m’abaissai.

— Davantage.

Le parquet se rapprocha jusqu’à ce que ma poitrine puis ma joue rencontrent sa surface froide.

— Les mains devant toi.

Je les avançai.

— Croisées.

Je croisai les poignets.

— Au sol, au-dessus de la tête.

J’obéis.

Puis Étienne intervint :

— Tourne-lui le visage vers nous.

Monsieur corrigea aussitôt :

— Alex. Regarde-nous.

Je tournai la tête. Et ce fut probablement cela qui rendit la position réellement difficile. Je ne pouvais pas me cacher dans le sol. Je devais les voir.

Trois hommes installés dans leurs fauteuils. Monsieur Stéphane avec son air presque jovial. Étienne, manifestement ravi. Monsieur, beaucoup plus impassible. Je compris soudain pourquoi ils exigeaient que mon visage soit tourné dans leur direction. Ils ne voulaient pas seulement me regarder. Ils voulaient que je sache qu’ils me regardaient.

— Ton épaule, dit Monsieur.

Je tentai de la corriger.

— Non.

Je recommençai.

— Plus bas.

J’obéis.

— Tes mains.

Je rectifiai leur position.

— La tête.

Je la tournai davantage.

— Cambre mieux tes reins.

Chaque correction était minuscule.

— Et offre mieux ton cul de salope, tu sais pourquoi tu es là reprit Etienne.

Et chaque correction de ma posture avait un effet disproportionné sur moi. Parce que je commençais à comprendre que le but n’était pas seulement d’obtenir la bonne position. Le but était de m’empêcher d’oublier une seule seconde que je leur étais présenté. Étienne finit par rire doucement.

— C’est intéressant.

Personne ne lui demanda pourquoi. Il répondit tout de même.

— Il croyait que son problème serait ce qui allait lui arriver.

Son regard rencontra le mien.

— Alors que son véritable problème, c’est l’attente.

Je restai silencieux.

— N’est-ce pas, petite chienne ?

Je ne répondis pas immédiatement.

— Réponds, dit Monsieur.

— Oui.

Étienne sourit.

— Bien sûr que oui.

Il se renfonça confortablement dans son fauteuil.

— Ce qui va arriver, tu pourras toujours le subir. Tu es devenu très doué pour ça. Tu serres les dents, tu obéis, tu t’offres, tu te laisses possédé et attends que ça passe.

Il marqua une pause.

— Mais là, nous ne te laissons pas encore subir quoi que ce soit.

Je compris. Et cette compréhension me donna presque le vertige. Ils me laissaient simplement là.

Exposé et conscient

Disponible et sans savoir combien de temps

Je sentis naître en moi l’envie presque irrésistible de bouger, non parce que la position était déjà insupportable, mais parce que l’immobilité m’obligeait à penser. A tous ceux qui m’étaient chers, ma mère, Thomas, mes camarades de promo, et surtout à moi-même, maintenant parfaitement impudique sur le parquet d’une maison inconnue, offert au regard de trois hommes qui avaient tout leur temps.

Je pris alors conscience d’une chose plus dérangeante encore ; j’obéissais !

Monsieur remarqua un léger mouvement de mon épaule.

— Ta position, Alex.

Je me corrigeai immédiatement. Il me regarda longuement.

— Voilà.

Ce mot me procura un soulagement absurde.

Une approbation. Dans cette position. Dans cette situation.

Et je compris avec une lucidité presque douloureuse jusqu’où mon rapport à lui avait déjà changé : une part de moi pouvait encore avoir honte de ce que j’étais en train de faire tandis qu’une autre trouvait du réconfort dans le simple fait qu’il juge mon obéissance correcte.

Étienne me regardait. Je crois qu’il le comprit. Son sourire se fit plus mauvais.

— Tu vois, Stéphane ? C’est exactement là qu’il devient intéressant.

— Où ça ?

Étienne ne me quittait pas des yeux.

— Au moment où sa honte et son besoin de bien faire cessent de se contredire.

Je sentis la phrase entrer en moi. Parce qu’elle était juste. Je pouvais avoir honte et vouloir satisfaire Monsieur. Je pouvais redouter la suite et rester volontairement dans la position qu’il m’avait imposée. Je pouvais vouloir que l’épreuve se termine tout en refusant intérieurement l’idée même de revenir à ma vie d’avant.

Ces contradictions ne s’annulaient plus. Elles coexistaient. Monsieur prit alors la parole.

— Ne cherche pas à comprendre maintenant, Alex.

Je le regardai.

— Tiens simplement ta position.

— Oui, Monsieur.

Et pour la première fois depuis que les fauteuils avaient été déplacés, je cessai de me demander combien de temps cela durerait. Je restai.

Alors seulement, Étienne regarda Rex.

— Maintenant, dit-il tranquillement, on peut s’occuper de l’autre.

Et je compris que les trois hommes avaient déjà obtenu de moi quelque chose avant même que la suite commence : ils m’avaient fait renoncer à l’espoir d’en finir vite.

Rex, pendant ce temps, s’était recouché sur le tapis.

Monsieur Stéphane l’appela.

— Rex.

Il se redressa aussitôt. Aucune hésitation. A quatre pattes, il traversa les quelques mètres qui les séparaient et vint se placer entre les jambes de son maître avec un naturel qui me frappa. Là où chacun de mes gestes semblait encore précédé d’une pensée, d’une vérification, parfois d’une lutte silencieuse, les siens paraissaient déjà débarrassés de tout cela.

Monsieur Stéphane lui prit le menton et lui releva le visage.

— Regarde-moi.

Rex obéit.

— Oui, Maître.

— Tu n’attendais sans doute pas que je te libère de tes frustrations aujourd’hui.

— Non, Maître.

— Trois mois, maintenant.

— Oui, Maître.

Monsieur Stéphane le contempla quelques secondes, presque affectueusement.

— Alors je veux que tu profites de l’instant. Pas de précipitation. Je ne veux pas te voir chercher à en finir en quelques secondes sous prétexte que tu attends cela depuis un trimestre.

— Bien, Maître.

— Tu prendras ton temps. Et tu attendras mon ordre avant de pouvoir aller jusqu’au bout.

Cette fois, quelque chose passa dans le regard de Rex. Ce fut infime. Mais je le vis.

Pour la première fois depuis mon arrivée, son calme me parut moins naturel que travaillé. Je compris que cette immobilité qui m’impressionnait tant n’était peut-être pas l’absence de désir, de frustration ou d’impatience. Elle pouvait être, au contraire, le résultat d’un apprentissage beaucoup plus profond : ressentir tout cela et ne rien laisser décider à la place de son maître.

— Bien, Maître.

Monsieur Stéphane conserva son menton entre ses doigts.

— Ce sera probablement difficile après trois mois. C’est précisément pour cela que je te demande de ne pas te précipiter.

Puis, avec une douceur presque incongrue :

— Apprécie ce que je t’offre.

— Oui, Maître.

Il le relâcha. Rex baissa les yeux. Et depuis ma position, le visage toujours tourné vers les trois fauteuils, je compris que je m’étais trompé sur lui. Quelques minutes auparavant, j’avais cru voir un homme arrivé beaucoup plus loin que moi dans l’indifférence à ce qu’on lui imposait.

Ce n’était pas de l’indifférence. C’était de la maîtrise.

Il pouvait désirer quelque chose avec une intensité que j'imaginais à peine et attendre malgré tout qu'un autre décide du moment, du rythme et même de l'instant où il lui serait permis de céder.

Étienne surprit mon regard.

— Tu comprends mieux Rex maintenant, petite chienne ?

Je ne répondis pas.

Monsieur intervint aussitôt :

— Alex.

— Oui, Monsieur.

Étienne sourit.

— Ne l’envie pas trop vite. Ce que tu prends pour du calme lui a probablement coûté beaucoup plus que tu ne l’imagines.

Monsieur Stéphane posa une dernière fois la main sur la tête de Rex.

— Va.

Rex n’avait pas encore eu le temps de me rejoindre qu’Étienne se leva. Je le vis sortir son téléphone de sa poche. Il ne dit rien. Il commença simplement à me photographier. Une première fois. Puis il se déplaça, sur le côté, plus près, derrière moi, de nouveau face à moi.

Le petit bruit de l’appareil revenait à intervalles réguliers et, à chaque fois, je sentais davantage le ridicule de mon immobilité. Monsieur m’avait ordonné de tenir ma position ; je la tins donc pendant qu’Étienne tournait autour de moi comme s’il cherchait méthodiquement l’angle qui rendrait l’image la plus accablante.

Je pouvais fermer les yeux. Je ne pouvais pas empêcher les photographies d’exister.

— Ne bouge surtout pas, petite chienne.

Je restai immobile. Il prit encore deux clichés. Puis il revint devant moi et s’accroupit.

— Regarde.

Il plaça l’écran à quelques centimètres de mon visage. Je détournai instinctivement les yeux.

— Non. Regarde, Alex.

Je regardai. Et ce fut étrangement plus difficile que d’avoir supporté son regard quelques secondes auparavant. Parce que l’homme sur l’écran, je pouvais l’observer comme j’aurais observé un étranger. Je découvrais ma propre posture de l’extérieur.

La pièce élégante.

Le parquet.

Les fauteuils soigneusement disposés.

Et moi au milieu, m’affichant dans une posture que je n’aurais jamais imaginée, une image de moi ouvertement dépravée, débarrassée de tout ce derrière quoi j’avais jusque-là protégé ma respectabilité.

Je connaissais chacun des ordres qui m’avaient conduit jusque-là. Je savais pourquoi mes mains étaient placées ainsi, pourquoi mon visage était tourné vers eux, pourquoi je ne bougeais pas. La photographie, elle, ne racontait rien de tout cela. Elle ne montrait que le résultat. Étienne fit glisser son doigt sur l’écran.

Une autre image.

Puis une autre.

— Regarde ta déchéance, Alex.

Je sentis mon ventre se contracter.

— Regarde-toi te dépraver.

Je voulus détourner les yeux. Il ramena aussitôt le téléphone devant mon visage.

— Non. Tu voulais comprendre ce que tu devenais ? Alors regarde.

Une nouvelle photographie apparut.

Je me reconnus immédiatement et, pourtant, j’éprouvai cette impression absurde que cet homme ne pouvait pas être moi. Étienne ne rangea pas encore son téléphone. Il revint à l’une des photographies et la plaça devant mes yeux.

— Regarde bien celle-ci, Alex.

J’obéis.

— Et maintenant, imagine Thomas.

Mon ventre se noua immédiatement. Étienne le vit.

— Ah… Voilà. Là, nous touchons quelque chose.

Je détournai les yeux.

— Non. Regarde.

Je revins à l’écran.

— Imagine son regard sur cette photographie.

Je ne respirai plus

— Il te verrait nu, affalé au milieu de ce parquet. Sans corde. Sans lien. Sans aucune contrainte matérielle qui puisse expliquer pourquoi tu restes là.

Il agrandit lentement l’image.

— Regarde bien. Rien ne te retient.

Je le savais. C’était précisément ce qui rendait la photographie si difficile à regarder.

— Il comprendrait immédiatement que tu pourrais te relever. Que tu pourrais te rhabiller. Que tu pourrais partir.

Étienne se pencha davantage vers moi.

— Et pourtant tu es là.

Je gardai les yeux sur l’écran.

— Offert parce que tu l’as choisi.

Le mot me heurta.

— Parce que, quoi que tu racontes sur le consentement, l’autorité ou l’abandon, il resterait cette image : toi, parfaitement libre de tes mouvements, et pourtant volontairement à cette place.

Il marqua une pause avant d’ajouter, beaucoup plus durement :

— Parce que tu deviens une pute, Alex.

Je serrai les mâchoires.

— Parce que tu n’as même plus suffisamment d’amour-propre pour éprouver le besoin de te relever lorsque personne ne t’en empêche.

Cette fois, je regardai Monsieur. Il ne vint pas à mon secours. Étienne le remarqua immédiatement.

— Voilà. Encore ce regard. Même maintenant, tu cherches auprès de lui ce que tu dois penser de toi.

Il remit la photographie devant mes yeux.

— Mais Thomas, lui, ne verrait pas Monsieur dans ta tête. Il ne verrait pas toutes les belles raisons que tu t’es données. Il verrait seulement ça.

Thomas s’imposa aussitôt à moi. Son visage sur le palier lorsqu’il m’avait vu me déshabiller. Son incrédulité devant la cage. Sa colère contre Monsieur et Étienne. Son refus de considérer comme normal ce que j’avais accepté.

Mais il y avait davantage désormais. Thomas avait entendu ce que je lui disais précisément au téléphone. Entendu sans voir, qu’Etienne me sodomisait.

Je ne veux pas entendre la suite, avait-il dit. Et il avait raccroché.

Étienne le savait. Évidemment qu’il le savait.

— Finalement, Thomas a déjà entendu beaucoup de choses, murmura-t-il.

Je sentis la honte revenir.

— Il a même entendu suffisamment pour décider qu’il ne voulait pas en entendre davantage.

— Étienne… je vous en prie.

Ma voix m’échappa plus faible que je ne l’aurais voulu.

— Ne lui montrez jamais ces photos. S’il vous plaît.

Étienne poursuivit comme s’il n’avait pas entendu mes suppliques.

— Et quelques heures plus tard, dans ce couloir, il voulait savoir si, pendant l’intercours, je te baisais.

Je fermai les yeux.

— Ouvre-les.

J’obéis. La photographie était toujours devant moi.

— Il entendait sans voir, hier. Maintenant, regarde ce que nous avons.

Son doigt glissa sur l’écran.

Une photographie. Puis une autre.

— Des images.

Je fixai l’écran.

— C’est presque amusant, poursuivit-il. Thomas essaie depuis plusieurs jours de comprendre ta nouvelle vie. Chaque fois qu’il pense avoir atteint la limite de ce qu’il peut imaginer, tu lui en offres une nouvelle.

Je relevai les yeux vers lui.

— Je ne lui offre rien.

— Vraiment ?

Son sourire disparut presque. Il tapota l’écran du doigt.

— Ce n’est pas nous qui avons mis cette possibilité dans sa tête, Alex. Elle y était déjà.

Je ne trouvai rien à répondre. Étienne reprit plus doucement :

— La différence, c’est qu’hier Thomas pouvait encore raccrocher.

Cette phrase me glaça. Il laissa volontairement passer quelques secondes.

— Une photographie, elle, reste.

Je regardai Monsieur. Toujours aucune réaction. Aucune promesse.

Étienne verrouilla finalement son téléphone.

Il verrouilla enfin son téléphone.

— C’est cela que montrerait réellement une photographie, Alex.

Puis, après un silence :

— Pas seulement ta dépravation.

Son regard se planta dans le mien.

— Ton choix de l’assumer.

Et ce fut cette phrase qui m’atteignit le plus durement. Parce qu’au milieu de toutes les images qu’Étienne venait de faire naître dans mon esprit, une seule refusait désormais de disparaître :

Thomas devant l’écran.

Rex s’approcha enfin. J’avais presque oublié les instructions que Monsieur Stéphane lui avait données quelques minutes auparavant.

Pas de précipitation.

Rex, lui, ne les avait pas oubliées. Il prit son temps.

Vraiment.

Mais ce qui me troubla le plus fut la manière dont il le fit.

Je m’étais attendu à quelque chose de froid, presque mécanique. Une obéissance exécutée entre deux êtres placés là pour satisfaire la volonté de leurs maîtres. Cela aurait été plus simple. J’aurais pu me raidir intérieurement, attendre, compter les minutes et considérer tout cela comme une nouvelle épreuve à traverser.

Rex ne me permit pas ce refuge. Il y avait de la sensualité dans ses attentions.

Une lenteur qui n’avait rien d’indifférent. Une douceur inattendue dans sa manière de s’approcher de moi puis de me caresser avec lenteur, de ne jamais brusquer le contact. Il semblait presque attentif à chacune de mes réactions, comme s’il cherchait moins à me conquérir qu’à m’apprivoiser.

Cela me déstabilisa profondément. La brutalité aurait créé une distance. La douceur, au contraire, la supprimait.

Je ne pouvais plus seulement me dire : j’endure.

Il fallait aussi reconnaître que mon corps percevait cette attention, cette chaleur, cette proximité, et que quelque chose en moi cessait progressivement de se défendre contre elles.

Il me lécha le visage, caressa la tête, que je tournai légèrement.

— Ta position, Alex, rappela Monsieur.

Je revins aussitôt face aux fauteuils.

C’était peut-être cela le plus difficile : ne pas pouvoir me réfugier entièrement dans Rex. Monsieur avait exigé que mon visage reste tourné vers eux. Même lorsque la présence de Rex occupait presque toute ma perception, les trois hommes demeuraient devant moi.

Ils voyaient.

Et ils voyaient surtout que la nature de mes réactions changeait. Étienne fut évidemment le premier à le remarquer.

— Ah…

Je connaissais désormais suffisamment cette intonation pour la redouter.

— Voilà qui devient intéressant.

Je ne répondis pas.

— Tu t’attendais à quelque chose de beaucoup plus rude, n’est-ce pas ?

Je gardai le silence. Monsieur intervint :

— Réponds.

— Oui, Monsieur.

Étienne sourit.

— Et maintenant notre petite chienne découvre que Rex sait être délicat.

La honte revint immédiatement. Pas parce qu’Étienne se trompait. Précisément parce qu’il avait raison.

Rex continuait avec la même patience. Monsieur Stéphane lui avait demandé de profiter de l’instant, et il prenait cette consigne au sérieux. Rien chez lui ne donnait l’impression qu’il cherchait à en finir. Après trois mois de frustration, j’aurais imaginé de l’empressement. Je découvrais au contraire une maîtrise presque déroutante.

— Bien, Rex, dit tranquillement Monsieur Stéphane.

Un seul mot. Mais je perçus aussitôt chez Rex la satisfaction d’avoir obtenu cette approbation. Rex se pencha davantage vers moi.

Son visage s’approcha de mes fesses puis de mes couilles, dans la lenteur qu’il mettait désormais à chacun de ses gestes, sa langue vint se perdre sur mon trou.

Je fermai instinctivement les yeux. Je compris qu’il n’y avait aucune moquerie dans son geste. Aucune volonté de me rabaisser. Seulement cette étrange sensualité qui accompagnait depuis quelques instants toutes ses attentions.

Il me doigta ensuite ; préparant mon anus à le recevoir.

Délicatement. Soigneusement.

Avec une patience qui finissait presque par me déstabiliser davantage que ne l’aurait fait la brutalité. Rien n’était précipité. Chacune de ses attentions semblait annoncer la suivante tout en la retardant. Monsieur Stéphane lui avait ordonné de prendre son temps ; Rex obéissait avec un sérieux presque troublant, comme si la qualité même de cette lente préparation constituait une manière de rendre hommage à ce qui venait de lui être accordé.

Je compris peu à peu qu’il ne cherchait pas seulement à prolonger son propre plaisir. Il m’habituait à sa présence.

Il préparait mon corps autant que mon esprit à accepter la suite sans rupture, sans brusquerie, presque sans que je puisse déterminer l’instant exact où l’attente cesserait pour laisser place à ce qui avait été décidé.

Et cette délicatesse me désarmait. Sa proximité aussi me troublait d’autant plus que nous étions placés dans la même condition. Lui aussi était nu, soumis au regard des trois hommes, soumis aux décisions de Monsieur Stéphane. Lui aussi attendait des permissions qui ne lui appartenaient pas.

Puis j’entendis Étienne :

— Eh bien…

Son ton suffit à faire revenir brutalement les trois fauteuils dans ma conscience.

— Voilà que nos deux petites chiennes font connaissance autrement.

Je sentis la honte revenir, mais Rex continua à glisser ses doigts dans mon arrière train.

Monsieur Stéphane, lui, paraissait presque amusé.

— Je lui ai demandé de prendre son temps.

— Et il est consciencieux, reconnut Étienne.

— Obéissant plutôt dirai-je, il attend simplement que je lui donne l’ordre de le grimper.

Je sentis mes joues brûler.

Ses doigts, sa bouche, la rugosité de la peau de ses joues, cette barbe qui repoussait et venait râper mon anus, sa salive : tout contribuait à brouiller les repères auxquels je tentais encore de m’accrocher. Ce n’était plus seulement la conscience d’être exposé qui me troublait, mais l’accumulation de sensations que Rex m’imposait avec cette patience presque déroutante.

Il ne se pressait pas. Et, honteusement, je prenais du plaisir. Cette évidence s’imposa à moi avec une violence presque supérieure à tout ce qu’Étienne avait pu me dire. J’aurais voulu pouvoir réduire ce moment à une épreuve. Me convaincre que je ne faisais qu’obéir, que je supportais patiemment ce qui avait été décidé et qu’une fois tout terminé je pourrais me relever en ayant simplement tenu bon.

Mais mon propre corps ruinait cette version rassurante. Rex était doux. Attentif. Sensuel. Et j’aimais cela. Cette constatation me couvrit de honte.

Je fermai les yeux.

— Non, Alex, dit Monsieur.

Je les rouvris immédiatement.

— Regarde nous.

Les trois fauteuils étaient toujours là. Étienne me contemplait avec une expression qui m’indiqua qu’il avait compris bien avant que je sois capable de me l’avouer.

— Oh, petite chienne…

Je sentis mes joues brûler davantage.

— Ne cherche pas à dissimuler ce que tu ressens, Alex.

Je le regardai.

— Tu n’as rien à jouer devant nous.

Cette phrase m’atteignit profondément. Parce que je compris que ma honte venait justement de là : je voulais encore séparer ce que j’acceptais de ce que j’aimais.

Accepter me semblait explicable. Je pouvais parler de choix, d’abandon, de confiance, de règles. Mais prendre du plaisir… Cela rendait tout beaucoup plus intime. Beaucoup plus difficile à défendre.

Monsieur Stéphane intervint alors

— Ecoute moi bien Rex, tu vas prendre ce petit bâtard. Tu vas l’enculer d’un coup d’un seul, je veux qu’il sente bien ce que tu as entre les cuisses. C’est toi le mâle aujourd’hui, alors défonce ta chienne.

Bâtard.

Le mot me heurta. Petite chienne, j’avais fini par m’y habituer. Mais bâtard avait quelque chose de plus brutal, de plus personnel. Je ravalai pourtant mon malaise sans rien laisser paraître.

Étienne eut un petit rire.

— Bâtard… Tout compte fait, ça ne lui va pas si mal.

Je restai en place. Ce n’était qu’un mot. Mais il venait de trouver sa cible. Je n’eus pas le temps de prolonger davantage mes réflexions.

Rex attrapa mes hanches. Je sentis son sexe tumescent palpiter contre mon anus. Puis, soudainement, en un éclair, Rex balaya toute la lenteur des préliminaires et me pénétra avec une soudaineté qui non seulement me coupa le souffle mais me fit m’affaler sur le parquet.

Pendant quelques secondes, je ne fus plus qu’une confusion de sensations, cherchant à retrouver mes repères.

Puis la voix de Monsieur tomba :

— Ta position, Alex.

Monsieur Stéphane prit alors les commandes avec l’assurance tranquille d’un metteur en scène.

— Plus lentement, Rex.

Rex obéit aussitôt.

— Maintenant, accélère.

Le rythme changea.

— Stop.

Rex s’immobilisa immédiatement.

Monsieur Stéphane laissa volontairement durer quelques secondes.

— Reprends. Doucement.

Puis :

— Plus vite.

Rex suivait chacune de ses indications avec une docilité parfaite. À peine avais-je le temps de m’adapter que Monsieur Stéphane modifiait de nouveau ses instructions, comme s’il cherchait précisément à m’interdire toute possibilité de prévoir ce qui allait suivre.

Étienne, lui, approuvait avec un plaisir manifeste. Il avait repris son téléphone. Les déclics recommencèrent.

— Parfait, Stéphane. Regarde-les tous les deux, ils forniquent sous notre contrôle.

Une nouvelle photographie.

— Notre brillant étudiant étalé au milieu du salon se faisant déboiter le cul pendant que quelqu’un d’autre décide jusqu’au rythme de ce qu’il doit endurer.

Je fermai les yeux.

— Non, Alex. Regarde-nous, ordonna Monsieur.

Je les rouvris.

Étienne sourit derrière son téléphone.

— Voilà. C’est beaucoup mieux quand on voit ton visage.

Un nouveau déclic.

Monsieur Stéphane continua encore quelques instants à régler le rythme, jusqu’à ce que Rex semble attendre quelque chose de précis.

Alors sa voix tomba :

— Vas-y, Rex. Maintenant, tu peux envoyer la purée.

Et Rex obéit par salves successives, gémissant, grognant, laissant tomber le poids de son corps sur le mien. Je compris à cet instant que, jusqu’au bout, il avait tenu la promesse faite à son maître : prendre son temps, maîtriser son impatience, attendre.

Même cet ultime instant ne lui avait pas appartenu. Il avait fallu que Monsieur Stéphane le lui accorde.

Étienne abaissa enfin légèrement son téléphone.

— Voilà une petite chienne qui aura servi à quelque chose ce soir.

Je ravalai la remarque.

Nous restâmes immobiles, Rex toujours planté en moi, figé par l’extase et dans la position où l’ordre nous avait laissés. Aucun de nous ne prit l’initiative de bouger.

Après avoir réglé jusqu’au rythme de la scène, Monsieur Stéphane semblait devoir décider également du moment où elle prendrait fin.

Alors nous attendîmes emboités l’un dans l’autre. Deux soumis parfaitement capables de se relever, mais qui attendaient qu’on leur en donne le droit.

Les avis des lecteurs

L'avis de Alexsoumis
Merci beaucoup 🙏 ! Si vous êtes en haleine, c’est que le suspense fait son effet… Je vous laisse tout de même reprendre votre souffle avant la suite ! 😉 Ravi de vous compter parmi mes lecteurs.

L'avis d'un lecteur :
super je suis en alaine


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