Trois petis chats

- Par l'auteur HDS Ethelrede -
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 29-09-2026 dans la catégorie Entre-nous, les femmes
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Trois petits chats…
Chapeau de paille, paillasson, somnambule… Drôle de comptine de ma jeunesse dont les paroles reviennent à ma mémoire, parfois, et m'ont conduit à choisir ce titre ! Mais bon, commençons par le commencement.
Éliane est une jeune femme du genre organisé. Qui ne laisse rien au hasard. Travailleuse acharnée, elle est aussi une grande amoureuse de la vie, de la bonne chère, du bon temps. Une amoureuse tout court, aussi ! Paul est l'heureux élu de son cœur. Heureux, il peut le dire car nombreux sont les garçons qui ont été éconduits, jugés incompatibles, pas assez beaux, pas assez intelligents, pas suffisamment bons amants !


Lui, c'est certain, est un magnifique spécimen d'humanité, un homme à rendre jaloux Apollon et envieuses toutes les filles du quartier. Mais voilà : Éliane l'a choisi. Pourtant, elle attache énormément d'importance à la culture ; mais Paul ne saurait pas faire la différence entre un Picasso et un Caravage… Entre Mozart et Debussy, entre Rodin et le Bernin… Malgré cela, elle l'a aimé dès le premier jour, effaçant ses lacunes devant son corps de rêve et son efficacité amoureuse.


Son travail dans une petite structure commerciale est difficile à décrire : trois personnes qui font de leur mieux pour trouver d'excellents fournisseurs acceptant des tarifs aussi bas que possible et des acheteurs prêts à payer le prix de la qualité, cela fait-il une boîte vraiment pérenne ? C'est pourtant à cela qu'Éliane occupe ses jours et une partie de ses nuits, parfois. En tout cas, jusqu'à ce matin…
Car aujourd'hui, à la première heure, son patron l'a appelée dans son bureau : licenciée…Oui ! La boite va être en liquidation judiciaire d'ici quelques jours, alors, pour la sortir de là pendant qu'il en est temps, pour qu'elle n'apparaisse pas dans le bilan de cette faillite, son patron et copain de longue date n'a rien trouvé de mieux que de la virer, en somme !

Elle a compris. Une belle lettre de recommandation accompagnant une petite prime de licenciement lui a fait avaler la pilule.

- Tu sais, c'est le mieux, pour toi. Moi, de toute façon, je suis dans la … Mouscaille jusqu'au cou, alors, autant que je prenne tout pour moi et que tu en sortes indemne.


Elle est rentrée bien lasse chez elle, enfin… chez Paul, puis qu'elle a élu domicile chez-lui dès leurs fiançailles. Le regard bas, le pas traînant. Lorsqu'elle est entrée, Paul jouait sur sa tablette, sans doute à un jeu idiot, vautré sur le canapé du salon.

- 'jour ma chérie. Tu rentres déjà ?


À l'intonation de la réponse, il posa la tablette pour regarder sa belle, attendit un peu qu'elle lui explique. Puis, contre toute attente, il éclata de rire.


- Qu'est-ce que je t'avais dit, ma toute belle ! Ça fait des mois que je te recommandais de te chercher un autre boulot, que cette boîte était pourrie. Seulement voilà ! Mademoiselle Je Sais Tout a toujours raison, elle n'en fait qu'à sa tête, et après, elle vient pleurnicher…


Dans le genre douche froide, on ne trouve pas tellement mieux ! Péniblement, Éliane avala sa salive, regarda attentivement son fiancé et sembla retrouver son calme.


- D'où tiens tu que je pleurniche ? C'est tout de même incroyable : je viens t'annoncer avec toute la dignité dont je suis capable une tuile majeure dans ma vie, et toi, voilà comment tu me soutiens… Tu m'enfonces !

- Mais oui, ma chérie, c'est normal ! Je te l'ai dit cent fois, que tu travaillais dans une boîte de daube ! Et puis, de toute façon, c'est sans grande importance ; la place d'une femme n'est à au travail chez Un Tel ou Un Tel Autre… Nous allons nous marier et tu t'occuperas de nos enfants et de notre maison. Quelle situation plus digne peux-tu souhaiter pour mener une vie heureuse ?


Paul la regardait, un sourire vainqueur aux lèvres, le sourire arrogant de ceux qui ne doutent de rien, à qui tout est dû. Éliane respira profondément, une fois, puis deux… elle tourna les talons et ressortit de l'appartement. C'est à pied qu'elle redescendit les cinq étages avant de traverser la rue pour entrer dans le bar faisant face à son immeuble.

Dans l'escalier, elle s'était promis de se faire servir un double whisky ! C'est avec une relative surprise qu'elle s'entendit commander un grand café allongé avec beaucoup de sucre, elle qui n'en mettait jamais dans aucune boisson chaude ou froide.

Elle tenta de reprendre ses esprits… Quelle mouche l'avait donc piquée pour qu'elle tombât amoureuse d'un sinistre abruti pareil ? Car il était certain que là, à cet instant précis, ses yeux s'étaient décillés, elle avait vu la vérité bien en face… Son fiancé était un imbécile de la plus belle eau ! Elle eut un petit rire amer : on dit tomber amoureuse comme on tombe malade… Mais là, elle était guérie, sans risque de rechute… Elle siffla sa tasse quasiment cul-sec :


- Non mais quel connard !

C'est à ce moment qu'elle le vit passer sur le trottoir d'en face, son air suffisant toujours rivé à un visage impersonnel, avec le même sourire condescendant… Elle se mit à rire derechef :


- Descendant, ce n'est pas sûr…pour le reste, y'a pas photo !

Sa décision était prise : elle remonta à l'appartement, prit sa grande valise de voyage et y entassa soigneusement ses vêtements les plus précieux, les plus beaux, les plus chargés de souvenirs. Elle prit les quelques maquillages dont elle usait avec parcimonie, ses livres… Elle fouilla au plus profond d'un grand tiroir à linge de maison : entre des piles de nappes ne servant jamais, elle retrouva quelques jouets sexuels qu'elle avait cachés là au moment son arrivée, n'en ayant plus tellement l'usage ! Un godemiché très réaliste, à ventouse, plutôt gros, à texture et couleur de peau réelle, très agréable au toucher. Un autre plus fin, en matière transparente, un plug anal et même un stimulateur vaginal vibrant Lush qu'elle avait essayé alors et cordialement détesté !


Après tout, ce petit équipement risquait bien de reprendre du service, maintenant qu'elle allait se retrouver seule, au moins pour un certain temps… en les mettant dans sa valise, Éliane sentit au fond de son ventre l'appel du plaisir, mais elle résista à l'envie de se donner cet instant de bonheur.


- Plus tard, ma chérie, le moment n'est pas encore venu !

En faisant le tour de la maison pour voir si elle n'oubliait rien d'important, elle avisa le dernier cadeau de Paul, pour Noël, une assez jolie carafe à décanter. En verre, même pas du cristal ! Certes, Éliane aimait les bons vins… Mais là, son amoureux s'était surtout fait plaisir à lui-même… Alors, il y avait mieux à faire. Prestement, elle ôta le lourd bouchon de verre taillé, coucha la carafe sur la paillasse de la cuisine, mettant un petit morceau de papier en guise de cale sous la partie la plus ventrue. Puis elle prit sa valise et sortit avant de claquer la porte à grand bruit.
Depuis le palier, tandis que montait l'ascenseur, elle entendit les côtes de la carafe émettre en roulant, un petit bruit de martellement sur le plan de travail, avant l'inexorable chute sur le carrelage dans un fracas réjouissant. C'est le sourire aux lèvres qu'Éliane quitta ce monde qui avait bien failli devenir le sien.


Un sourire un peu forcé aux lèvres, Éliane venait de sonner à la porte de son amie Élisabeth. C'était sa meilleure amie. Elles avaient fait les quatre-cents coups en bonnes complices, depuis un peu plus d'un an qu'elles se connaissaient. Ensemble, elles avaient séduit leurs premiers garçons jusqu'à leur sacrifier leur virginité. Ensemble encore qu'elles les avaient congédiés pour en changer, à plusieurs reprises !


Puis Éliane avait aimé Paul ; il ne plaisait pas à Élisabeth, mais alors pas du tout. Elle ne s'était pas gênée pour le lui dire… Mais rien n'y avait fait. Puis Élisabeth avait rencontré Roger qui, très vite, avait tenté de mettre les deux amies dans son lit. L'aventure s'était arrêtée là et elle était restée solitaire depuis, recherchant, sans la trouver, l'âme sœur.
La porte s'ouvrit : échange de sourires, embrassades et câlin sur le palier, mots gentils comme de vraies amies savent s'en échanger à tout propos. Puis Élisabeth découvre la valise…


- Ne me dis pas… Tu largues enfin ce connard ?

- Oui ma chérie, et le mot est faible. Mais il y a plus grave…

- Allez ?

- J'ai aussi perdu mon boulot… Tu peux me loger quelques jours, dis ?

Réaction inattendue de l'amie Élisabeth qui saute de joie en riant et se précipite vers sa cuisine…


- Entre Élie chérie, viens, nous allons fêter tout ça !


Élisabeth a sorti deux flûtes et une bouteille de champagne, elle a installé rapidement une petite nappe sur la table basse de son salon et improvisé un petit apéro. Elle tend un verre empli du nectar pétillant à son amie des bons et mauvais jours :

- Tiens Élie, à ta santé, à notre immortelle amitié !


Les deux amies ont trinqué, puis bu cette première flûte à petites gorgées…une seconde, une troisième : la bouteille n'a pas survécu. Alors les esprits se sont détendus : avec une demie bouteille de champagne dans le ventre, on peut retrouver son optimisme, parfois ! Pour égayer le moment, Éliane a raconté comment elle a fait sa valise, "oubliant" sa carafe, et que cette dernière est devenue. Gros éclats de rire !


Élisabeth a proposé à Éliane de dormir ces quelques nuits en partageant son lit. Mais elle a préféré occuper le canapé, bien que beaucoup moins confortable :


- Non ma chérie, je suis insupportable au lit, tu ne dormirais pas ! Je prends toute la place, je bouge, je fais l'étoile de mer et parfois je gémis ou je grogne dans mon sommeil !

- Et Paul supportait tout ça ?

- Heu… non ! Il me secouait ou me donnait des coups…


Éliane regarde sa main droite où brille un petit caillou blanc sur un anneau très fin de métal jaune. Avec nervosité elle le fait glisser le long de son doigt et l'ôte.


- J'ai été bête, j'aurais dû la laisser sur son oreiller…


- Mais non, ma chérie ! Jamais de la vie ! Si tu avais fait cela, tu n'aurais pas vu sa tête quand il va vraiment comprendre… On va bien se marrer, je te jure !

- Pourquoi ?

- Hé bien, comme la rupture est de ton fait, il est raisonnable de la lui rendre. Mais en la lui jetant à la figure, c'est mieux que la renvoyer par la poste… Ce mec ne mérite pas mieux ! Il n'a aucun respect pour les femmes, il n'aime que lui, ne voit que lui-même, il a l'empathie d'une huître… Il est nul !

- C'est vrai qu'il est méchamment égoïste… Pourtant c'est un tellement bel homme !

- Ah, ça ! C'est sûr qu'il est beau comme un dieu…Mais con comme un balai, passe-moi l'expression.

- Je trouve que tu as plutôt bien résumé ! J'aurais seulement dû t'écouter, m'en apercevoir plus tôt…


Vers vingt heures, appel de Paul : les deux amies écoutent le message qu'il dicte avec une voix un rien agacée :


- Qu'est-ce que tu fous Éliane ? Je t'attends pour dîner… Tu peux me répondre s'il te plaît ?


La chute était dite sur un ton presque menaçant… Les filles se mirent à rire. Un rire un peu nerveux, certes, mais franc.


- Tu te rends compte, Élie, il n'a pas encore réalisé… Attends, il va bientôt rappeler…


Second appel de Paul vingt minutes plus tard :


- Dis, chérie, je ne sais pas ce qui s'est passé à la cuisine : ta jolie carafe est tombée du plan de travail… Elle est en mille morceaux ! Mais ne t'en fais pas, je t'en offrirai une autre encore plus belle… Dis, rappelle-moi s'il te plaît, je commence à m'inquiéter…


Ce n'est que vers vingt-deux heures que Paul, ayant sans doute fait un tour complet de l'appartement rappela, avec cette fois une voix très clairement coléreuse.


- Nan mais tu fais quoi, là ? Tu rentres tout de suite, tu n'es pas drôle. Je t'attends, arrive, et en vitesse.


Éliane éteignit son téléphone, le teint pâle, les lèvres tremblantes. Alors, Élisabeth se leva et vint la prendre dans ses bras, tendrement :


- Là… Tout va bien se passer ma chérie. Il va forcément se rebiffer un peu au début. Mais que peut-il faire ? Hein ? Il ne sait même pas où tu es ! Ne t'en fais pas. On va s'en débarrasser proprement !


Les deux amies ouvrirent la canapé afin qu'Éliane puisse se coucher. Lorsqu'elle ouvrit sa valise pour en sortir une chemise de nuit, Élisabeth entrevit ses jouets… Elle se retourna pour sourire mais ne dit rien. Puis, après un dernier petit câlin et un baiser de bonne nuit, elle se retira dans sa chambre.


Les jours suivants furent d'une grande monotonie. Éliane passait ses journées connectée sur le site de France Travail, à la recherche d'offres, ainsi que sur divers sites susceptibles de lui fournir des adresses d'employeurs potentiels. Elle ne comptait plus les dizaines de coups de fil, les dizaines de réponses négatives, stéréotypées, à peine polies parfois… poste déjà pourvu, manque d'expérience, profil masculin requis…


Cette routine commençait à lui peser lorsqu'un soir, assez tard, Élisabeth entra, précédée d'une bouteille de champagne qu'elle posa sur la table en disant à son amie, enjouée :


- Ouvre-la et sors des flûtes, Élie, steuplé.


Il n'y avait rien d'autre à faire qu'obtempérer, et attendre. Elle allait bien finir par dire ce qu'elle avait envie de fêter ! Lorsqu'elle le dit enfin, Éliane sentit un vent glacé s'écouler dans son dos.

- Je suis au chômage aussi ma chérie !


Élisabeth a raconté sa mésaventure : ce matin, elle était arrivée toute fraîche et habillée pour un joli printemps, vêtements légers, sans doute affriolants. Après le déjeuner, le directeur était entré dans son bureau en refermant soigneusement la porte. Il avait au visage un air légèrement congestionné.


Élisabeth avait immédiatement compris ; elle s'était levée et avait ouvert la fenêtre en grand :


- C'est vrai qu'il fait chaud aujourd'hui, Monsieur Martial…


L'homme l'avait refermée, puis lui avait souri, et, sans crier gare, avait posé ses deux mains sur sa poitrine, généreuse il est vrai.

- NON !

Sans la moindre hésitation, Élisabeth avait donné à son agresseur une gifle phénoménale, du genre à lui dévisser la tête. L'homme n'avait pas insisté, il était sorti en disant simplement :


- Passez-me voir à mon bureau, je vous prie. Nous reparlerons de tout cela.


Il était reparti, exhibant la main rouge imprimée sur sa joue droite. Il était plus que probable que le bruit de la gifle s'était entendu dans tout l'étage, à travers les cloisons. Lorsqu' Élisabeth avait pénétré dans son bureau, un peu plus tard, laissant la porte grande ouverte, il lui avait lancé son sourire le plus carnassier.


- Prenez cette enveloppe, je vous prie… et lisez.


Élisabeth savait ce qu'elle allait y trouver. Elle était licenciée pour cause de sa violente réaction. Elle savait aussi qu'elle pouvait avoir deux réactions : aller fermer la porte et, disons … négocier l'abandon de la procédure, au prix de sa pudeur, de sa dignité. Ou bien la franchir pour la toute dernière fois. C'est cette option qu'elle avait choisie.


Elle s'en voulait. Jamais elle n'aurait cru que cet homme passerait à l'acte. Alors, jamais elle n'avait pensé à accumuler et conserver de preuves de ces petits gestes déplacés, presque insignifiants aux yeux des autres. Et lui, jamais ne laissait de traces écrites des mots équivoques qu'il lui glissait parfois, dans l'escalier ou l'ascenseur.


Et voilà, elle s'était fait avoir comme une débutante… Alors, maintenant, elle ruminait en rentrant chez elle les derniers mots de cet odieux personnage :


- J'ai un réseau très étendu dans cette ville et aux alentours, Élisabeth : vous ne retrouvez jamais de travail ici, vous pouvez me croire. Vous devrez aller loin… Très loin.


En y réfléchissant, elle se disait qu'il en avait sans doute les moyens ; elle enrageait. Alors, elle était restée tard au bureau pour mettre de l'ordre dans ses affaires, puis était repartie en n'emportant rien. Elle était passée au supermarché, sur son chemin vers la maison et avait acheté cette bouteille de champagne bien glacé.


L'ambiance n'était pas des plus joyeuses dans le petit appartement. Les deux jeunes femmes passaient leurs journées sur leur ordinateur à rechercher, sans aucun succès, des offres d'emploi susceptible de leur convenir. Jusqu'à ce soir ou Élisabeth avait ouvert sa porte :


- Tu pourrais venir, s'il te plaît ? Je voudrais te montrer quelque chose…

- J'arrive Élie.


Deux minutes plus tard, en entrant dans la chambre, Éliane avait vu un écran un peu particulier, avec de nombreuses cases…et dans l'une d'elles se trouvait Élisabeth, en vidéo en direct, qui lui souriait…


- Regarde, j'ai découvert un site sur lequel nous pourrions gagner pas mal d'argent…


Éliane avait tout de suite compris qu'il s'agissait d'une plateforme de sexe, un site pornographique. Elle ne s'en offusqua cependant pas et laissa Élisabeth lui expliquer sa démarche. Il est de fait qu'elles étaient plutôt jolies, toutes les deux ! Alors, se disait-elle, n'était-il pas raisonnable qu'elle tentât de gagner sa vie avec ce qui lui avait fait perdre son emploi : son attractivité ? Elle avait donc fouillé la toile, regardé des heures de "streaming", des dizaines de modèles, en avait interrogé certaines. Puis elle s'était lancée. Et ce soir, elle attaquait sa troisième nuit, sous son pseudonyme de Bonnie.


- J'ai gagné à peu près deux cents euros ces deux dernières soirées. C'est pour ça que je voulais te montrer ce que je fais. Si nous nous y mettons toutes les deux, nous serons à l'abri du besoin !


Éliane était pensive. Il lui était arrivée, plus jeune, de penser à la prostitution comme moyen de subsistance… Un moyen qu'elle avait formellement rejeté. Mais pourtant, cette forme de prostitution virtuelle, si elle ne lui semblait pas beaucoup plus digne, lui apparaissait comme une sorte de pis-aller, un "en attendant" concevable. Pour Élisabeth, cela s'entend. Aussi fut-elle surprise de s'entendre dire :


- Pourquoi pas ? Mais je n'ai aucune idée de ce en quoi ça consiste…


Élisabeth n'eut pas le temps de répondre. Un léger tintement annonça l'arrivée d'un pourboire. Un visiteur ayant pour alias "Fatty Dick" venait de lui laisser cinquante jetons, environ cinq euros dont elle toucherait environ la moitié si tout allait bien. Elle réactiva son micro :


- Hello Fatty, wanna have fun with me ?


Non, non, il fallait parler français ! Qui donc était la jolie jeune femme qu'il venait de voir dans le fond de la pièce ? Il aimerait bien un show avec elle… Enfin… avec les deux filles ensemble !


- C'est ma coloc ! On se connait à peine.


Aucun problème, elles pouvaient tout de même lui offrir un show lesbien ! Pour cela, il était prêt à les inviter en spectacle privé exclusif, facturé trente-six jetons la minute, au lieu de douze pour le show privé standard ! Et il souhaitait activer l'enregistrement vidéo…


- Ah, là Fatty, tu en demandes un peu beaucoup…


L'homme y tenait énormément, il était prêt à offrir cinq cent jetons de bonus pour cela… et devant sa réticence, il en proposa mille. Marché conclu, Élisabeth activa la vidéo et Fatty Dick lança sa demande de spectacle privé exclusif, qu'elle accepta…


- Il va falloir être indulgent, Fatty : nous sommes toutes les deux résolument hétéro. Nous n'avons jamais eu, ni l'une ni l'autre, aucune expérience homosexuelle, que ce soit ensemble ou avec d'autres femmes. Nous n'avons aucune idée de ce qu'il faut faire pour te satisfaire…


L'homme activa son propre micro et sa caméra et apparut à l'écran. Contrairement à toute attente, il était assez jeune, sans doute la cinquantaine approchante. Sa voix était douce et chaleureuse.

- Soyez sans crainte et détendez-vous, je vous guiderai ! Si vous voulez, mademoiselle, venez vous asseoir à califourchon sur les genoux de Bonnie…


Éliane obéit, un peu tremblante, s'approcha du visage d'Élisabeth, pour le petit baiser que réclamait Fatty. Elle espérait sincèrement que cette épreuve, qui la rebutait, la dégoûtait aussi, n'allait pas trop durer. Élisabeth posa ses lèvres sur les siennes : c'était tout doux, tout chaud… Pas si déplaisant, en fait. L'haleine de son amie lui parvint comme un léger parfum.


Puis leur visiteur demanda que Bonnie passe ses mains sous le T-shirt de son amie et caresse ses hanches, puis sa taille… Puis remonte vers ses seins.


- Porte-t-elle un soutif ?

- Oui.

- Dégrafe-le, s'il te plaît, et embrasse-la encore, avec la langue, cette fois.


Sursaut d'Éliane qui, vraiment tendue, commence à trouver qu'on s'aventure en terrain glissant. Elle n'aime pas vraiment…

- D'accord, Fatty… Tu veux bien, Minette ?


Ce nom, qui venait de lui venir à l'esprit les fit sourire toutes les deux et détendit un peu la jeune femme. Lorsqu'elle s'approcha du visage d'Éliane, elle eut le temps d'entendre son murmure : "n'en rajoute tout de même pas trop, dis"… Puis elle l'embrassa avec une certaine tendresse, désolée d'imposer cette situation à son invitée…


Sur ses genoux, Élisabeth sentit le corps d'Éliane prendre un peu de mobilité, son bassin dessinait de très légères ondulations. Elle fit doucement glisser le T-shirt le long des côtes de son amie qui leva les bras au ciel pour la laisser faire. Éliane se retrouva ainsi torse nu, offrant à la vision d'Élisabeth sa magnifique poitrine ; leur visiteur émit un petit sifflement d'appréciation.


- Hé bien ! On dirait que ça vient, mes chéries ! Continuez…


Éliane avait une peau naturellement basanée, comme si le soleil la dorait tout du long de l'année, sous ses vêtements ! Ses seins en poire offraient deux aréoles plutôt petites, d'une teinte un peu plus sombre que le bistre de sa peau bronzée, chacune surmontée d'un téton menu mais joliment saillant, sans doute excités par la situation. Ses longs cheveux bruns avaient des reflets plus sombres et s'écoulaient en une fontaine d'ébène sur ses épaules fines et musclées. Elle regarda Élisabeth et lui donna un baiser à son tour, en prenant tendrement la tête de son amie entre ses deux mains : elle commençait clairement à prendre goût au jeu !


- Bonnie, sucez-lui ses magnifiques tétons, je vous prie…


Petit regard… Est-ce d'accord ? Bien sûr que oui, on va faire un chiffre d'enfer sur ce coup… Sourires entendus sans mot prononcer : Élisabeth goba avec curiosité le premier téton féminin de sa vie. Troublant ! Le contact était agréable, tant sur ses lèvres que sur sa langue. Et son soudain raidissement, le rétrécissement de l'aréole devenant granuleuse lui déclencha un pincement dans le bas de son ventre… une envie d'exultation. Elle changea de téton, en se gardant bien de regarder son amie dont le petit sanglot étouffé n'en disait que trop long…


- Mademoiselle Minette ! Il faudrait peut-être ôter son haut à Bonnie, vous ne trouvez pas ?


Éliane approuva et défit savamment les boutons du chemisier de sa partenaire. Apparurent deux seins de fort belle tenue. Ils étaient sans doute un peu plus fermes que ceux d'Éliane, mais aussi sensiblement plus volumineux : un râle de Fatty laissa entendre qu'il appréciait grandement. Beaucoup moins colorée que celle d'Éliane, la peau d'Élisabeth avait le même grain fin et velouté, ses aréoles étaient d'un rosé à peine plus soutenu et ses tétons, bien développés étaient encore un peu plus sombres. Le couple était d'une beauté saisissante ; leur baiser spontané chavira leur généreux visiteur dont la voix, devenue rauque reprit :


- Peut-être pourrions-nous nous occuper du bas ?


Cette fois, les deux jeunes femmes, d'un même geste, se levèrent et firent glisser leurs culottes le long de leurs belles cuisses fuselées, apparaissant désormais totalement nues. Petit cri de désapprobation dans la sono :


- Oh… Quel dommage… vous êtes rasées.

- Tu n'aimes pas ça, Fatty ?

- Hé non ! Une vraie femme a du poil au pubis, et en est fière ! C'est une partie de son charme, de sa séduction. C'est le moyen de retenir captives les phéromones qui nous font chavirer, qui nous rendent fous de désir, nous, les hommes, ou même les autres femmes, parfois ! Là, Bonnie, si vous mettez le nez sur le pubis de Minette, ne me dites pas que vous sentez son désir…


Le piège était un peu gros, pourtant, Élisabeth se laissa mener à l'épuisette avec une facilité déconcertante. Elle s'agenouilla devant Éliane et planta son nez dans son entrecuisse entr'ouvert… Instantanément, elle fut prise de vertige, s'agrippa aux hanches de son amie, tout en l'invitant à s'asseoir sur le lit face à la caméra. Elle plongea sa tête entière entre les magnifiques cuisses de son amie…humant à pleins poumons l'élixir de l'amour, la fragrance de désir de son amie.


Timidement, bien cachée au fond de son antre noir, loin de la caméra, elle sortit un petit bout de sa langue, arrachant à Éliane un petit cri, que Fatty Dick comprit immédiatement :


- Oui, Bonnie ! Allez-y franchement, donnez-lui ce plaisir dont vous rêvez toutes les deux… Détendez-vous, prenez votre temps, ne brusquez rien… Vous m'offrez la joie de votre première fois, alors, de grâce, ne la ratez pas !


Alors, se laissant totalement aller, Éliane ouvrit largement ses deux jambes en un grand écart parfait, offrant pour le coup à leur visiteur, le spectacle merveilleux de sa fleur d'amour butinée pour la toute première fois par une autre femme.


Élisabeth faisait aller et venir sa langue tout du long du profond sillon, accrochant au passage le petit capuchon et son bouton de rose. Elle s'arrêtait parfois tout à fait à la base pour l'y plonger au plus profond, à la recherche du nectar de jouvence, la rosée de son plaisir croissant. Elle sollicitait aussi chaque fois la petite étoile mauve qui palpitait sur son organe musculeux, s'entrouvrait pour la laisser entrer un tout petit peu…


Élisabeth ne se possédait plus, ses mains partaient à la découverte de ce corps qui, déjà, l'enchantait au plus profond d'elle. Et lorsqu'elle revint à passer sur la fleur d'amour dont les pétales maintenant gorgés de sève palpitaient sous sa caresse, elle l'aspira de toute sa force créant, avec surprise, un indicible tourbillon orgasmique.


En un temps qu'elle jugea incroyablement court, elle vit Éliane se redresser en lui murmurant "j'ai été crédible ? Tu penses qu'il y a cru à mon orgasme ?"… Sourire narquois… "sans aucun doute, tu es une actrice de grand talent !"
Lorsque Fatty Dick mit fin au spectacle, cela faisait déjà un peu plus de cinquante minutes qu'il était en ligne ! De toute évidence, il y avait trouvé plus que son compte et n'en pouvait plus. Il laissa un petit message leur donnant rendez-vous le lendemain à la même heure : il voulait voir Bonnie jouir à son tour !


Les deux amies, nues, se regardaient… elles éclatèrent de rire. Elles ne pensaient même pas à se rhabiller : elle se sentaient juste bien dans leur peau. D'ailleurs, leur session était en pause, pas terminée. Élisabeth se lança :


- J'ai adoré ce que je t'ai fait, du début jusqu'à la fin ! J'ai adoré te faire jouir…

- Oh, tu sais, j'ai vachement bien simulé, pour que le spectateur en ait pour son argent… Mais je suis difficile à faire jouir, d'ailleurs, Paul n'y parvient pas chaque fois…

- Pas à moi, Élie chérie ! Tu as joui dans ma bouche, et c'était délicieux ! Je te jure que je ne m'attendais pas à ça… mais sincèrement, je suis prête à recommencer autant que tu voudras !


Coup de fard sur les joues d'Éliane qui tentait, maladroitement de dissimuler son trouble… Élisabeth la rassura d'un sourire complice.


- Bon…J'avoue. J'ai eu un assez bel orgasme…

- Assez bel orgasme ? Tu as appris l'euphémisme à la fac ? Ou tu viens d'inventer la formule ? Tu as pris ton pied comme une folle, oui !


Grand éclat de rire, cette fois… et reprise de sérieux : on est en ligne pour encore deux bonnes heures !


- Tu sais, là, on vient d'engranger environ trois mille jetons ! Ça fera environ cent cinquante euros pour nous… Et la soirée ne fait que commencer ! Je crois qu'on va bien marcher, nous deux…


Les visiteurs se suivent et ne se ressemblent pas. De toute la soirée, jusqu'à après minuit, les deux amies ne virent passer que de petits visiteurs désargentés, laissant un ou deux jetons à l'occasion. Lassées, elles finirent par éteindre leur ordinateur pour aller se coucher. Éliane, toutefois, semblait préoccupée…


- J'ai joui, moi… mais pas toi. Je suis désolée.

- Ce n'est pas grave, ma chérie !

- Non… mais il y a mieux, comme "bonne nuit, dort bien" ! Veux-tu de moi dans ton lit ?


Qui résisterait à une telle invite ? Élisabeth prit la main de son amie et l'attira à elle, se laissant basculer sur son lit. Désormais aux manœuvres Éliane se mit à l'embrasser. Il n'y avait maintenant plus aucune retenue, plus le moindre dégoût, mais bien au contraire, une recherche de sensualité exacerbée. Ses mains parcouraient le corps de son amie, sa poitrine, pétrissant ses seins comme pâte à pain.


Après l'avoir longuement caressée, embrassée, explorée de toutes parts, elle se remit à califourchon sur ses hanches, laissant son bassin opérer de larges ondulations qui permettaient à sa fleur d'amour de parcourir en totalité le clitoris de son amie. Elle ahanait, un filet de sueur coulait entre se deux seins agités en un ballet désordonné. Soudain, en une sensuelle reptation, elle changea de pose, plaçant sa tête entre ses jambes pour y venir déguster l'abondante liqueur de son désir. Jamais elle n'avait imaginé un tel flot, un tel embaumement, un tel désir. Oh ! Il lui était bien arrivé de désirer son Paul, soif d'être prise, d'être possédée… Mais rien de semblable à cet indomptable courant la menant inexorablement vers le saint du saint, le temple d'amour d'Élisabeth qu'elle dévora littéralement, mordillant les grande lèvres, aspirant les petites et le bouton de rose, buvant goulument la rosée de son bonheur jusqu'à lui arracher un long cri, étouffé par les deux cuisses enserrant ses oreilles…


Alors, elle se plaça le long du corps apaisé de son amie et entreprit de lui prodiguer de douces caresses et de menus baisers jusqu'à ce que les deux s'endorment enfin.



Au petit matin, une délicate odeur de thé au jasmin réveilla Élisabeth, tandis qu'Éliane, nue virevoltait à travers l'appartement, rangeant ceci, ouvrant les fenêtres pour aérer, faisant de la place pour le petit déjeuner. Une grosse envie se fit place en elle, tout au fond de son ventre… Elle se leva, vint droit à elle, la prit délicatement par la taille, la serrant contre elle, seins contre seins et déposa un petit baiser tout tendre sur les lèvres souriantes.


- As-tu bien dormi, Élie ?

- Merveilleusement bien, Élie… Ça faisait très longtemps, tu sais !

- Que tu n'avais pas dormi aussi bien ?

- Non : que je n'avais pas joui comme hier…


Sourires entendus, nouveau baiser, plus chaud, plus appuyé… Non, le petit déjeuner d'abord ! Mais tout de même, un long câlin. Tout en mangeant de bon appétit, Élisabeth se posait in petto une question lancinante…


- Dis Élie, hier, nous étions deux amies… de très bonnes amies, même. Quel est notre statut, à ton avis, maintenant ?


Réflexion, silence, seulement troublé par le bruit de la cuiller d'Éliane dans son bol de thé.


- Hé bien…hier, quand le sieur Fatty Dick est arrivé, tu m'as présentée comme ta coloc… C'est un statut honorable ! Au-delà, il y a cette attirance sexuelle qui nous est échue… Certains disent que l'amitié avec du désir physique s'appelle amour… Mais personnellement, autant j'ai envie de recommencer mille fois ce que nous avons vécu hier soir, autant je ne me vois pas dire que nous sommes un couple. Des amies de sexe, peut-être ? Comment le ressens-tu, toi ?

- Mon Dieu, je ne m'étais jamais posé la question aussi en profondeur que cela. Oui, je ne rêve que d'une chose, c'est recommencer ce que nous avons fait hier, et partir en exploration de ton corps, de ta sensualité… Je suis folle de joie que tu vives avec moi, je souhaite que cela dure vraiment longtemps. Est-ce de l'amour ou de l'amitié ? Je pense que l'avenir nous le dira, mais pour le moment, je suis comme toi, je considère comme mon amie la plus …intime ! Disons que si nous ne faisons pas l'amour, nous prenons du plaisir ensemble.


La vaisselle du petit déjeuner faite, nos deux amies se sont regardées, ont éclaté de rire en même temps et n'ont plus rien dit : un langoureux baiser les en empêchant. Puis Éliane a ouvert sa valise sur ses jouets, les a sortis. Elle remit le Lush en charge et entreprit de nettoyer les autres, sous le regard attendri de son amante.


Élisabeth prit le gros godemiché réaliste, le porta à ses lèvres… apprécia son extrême douceur, le passa sur celles d'Éliane et, de là, le fit descendre le long de son cou, de son ventre, après être passé entre ses magnifiques seins… le fit glisser en un sensuel va-et-vient le long de ses nymphes déjà détrempées. Gémissement, approbation…


- Oh oui… s'il te plaît, fais-moi jouir encore.


Elle s'allongea sur le canapé… Élisabeth glissa sous elle une épaisse serviette de bain, puis s'agenouillant sur le tapis, elle donna à sa partenaire un long baiser, très tendre, très suave, plein de l'intense désir qui la tenaillait. Approchant son visage de sa peau la plus douce, elle donna quelques coups de langue sur sa fleur d'amour avant d'y présenter le sexe factice… Longue caresse de son gland soyeux sur les petites lèvres frémissantes, en évitant soigneusement d'aller trop haut, réveiller le petit bouton de plaisir…


Déjà, la pièce s'emplit des émanations de son attente, de sa soif de jouissance. Élisabeth sait que cette fois, ce sera court et intense. Elle fait s'écarter les chairs palpitantes et gorgée de sang bouillonnant, l'objet pénètre dans un long gémissement de la belle qui s'offre le plus totalement possible, ouvrant ses jambes sans retenue.


Élisabeth fit faire quelques allers et retours à son outil de plaisir et comprit que, vraiment, cela n'allait pas durer ! Alors, baissant son visage au niveau de la jolie fleur, elle goba son petit pistil décalotté et l'aspira fortement tout en accélérant la cadence de son olisbos. Une sourde rumeur naquit dans la poitrine d'Éliane, se changeant graduellement un puissant feulement jusqu'au moment où, manquant d'air, elle se recroquevilla, tête entre les genoux enserrés de ses bras pour se laisser dévorer par l'orgasme qui la traversait, poussant de menus sanglots de bonheur…


- Je simule bien, hein ?


Éclat de rire… Élisabeth a bien du mal à dénouer ces membres tétanisés par la jouissance pour atteindre le joli visage de son amie. Elle le prend avec délicatesse entre ses mains, le tourne vers elle et lui donne un nouveau baiser, sensuel, d'une langue experte et inquisitrice. Éliane l'enlace telle la pieuvre, comme si elle redoutait de la voir s'écarter d'elle.
Libérant un bras, de sa main libre, elle saisit le godemiché transparent, le porte à ses lèvres pour l'humecter, puis le place entre ses cuisses pour le mettre à la température idoine, tout en continuant son baiser. C'est désormais sa langue qui a conquis le territoire de son amie aisément vaincue. Ses mains se promènent sur ce corps magnifique, ces seins opulents et gonflés de sève, s'égarèrent entre ses superbes cuisses sculpturales, à la naissance desquelles on voyait sourdre les prémices de son bonheur.


Élisabeth s'allongea, offrant une totale victoire à sa conquérante, lui donnant accès à la réalisation de son projet… et tandis qu'elle sentait s'écarter les pétales de sa fleur sous la poussée du translucide phallus, elle murmura "plus bas"…guidant la main de son amie vers l'objet de son désir. La petite étoile brune était déjà luisante de son nectar ; Éliane n'eut aucune peine à y faire entrer le gland de silicone… Gémissements de la belle qui en veut davantage… Elle pousse encore un peu, puis encore plus, faisant pénétrer le renflement basal du sexe factice, jusqu'à ne plus voir que la ventouse dépassant entre les deux merveilleux globes de chair de son fessier.


Cri de bonheur de la belle… Éliane se penche et pose sa bouche grande ouverte tout autour du temple d'amour, laisse sa langue prendre la direction des opérations. Un tumultueux ballet se met en place, seulement interrompu par les déglutitions rendues nécessaires par le flot de liqueur d'amour… Élisabeth gémit de plus en plus fort, insatiable, alors Éliane saisit l'instrument de son propre plaisir, resté là sur le canapé, et le présente entre les nymphes turgescentes. Il y est accueilli avec des soupirs d'aise puis des grondements sourds annonciateurs d'une exultation naissante. Elle donne de vigoureux coups de ce boutoir, frappant le fond de la grotte de plaisir.


La belle suppliciée se raidit, tendue comme un piquet, cuisses et fesses serrées, interdisant toute tentative de seulement toucher les deux godemichés ! De sa poitrine monte un puissant gémissement modulé au rythme des ondulations de son corps, traduisant les vagues successives de son orgasme.


Lorsqu' enfin elle se détend, plus rien n'est visible entre ses fesses : inquiétude d'Éliane…


- Où est-il passé ? Attends… c'est super grave !

- Oh ! Je l'ai avalé ! Ne t'en fais pas, j'ai l'habitude… J'adore ça !


Se mettant accroupie, Élisabeth, de deux doigts experts, récupère l'objet, l'apporte à la salle de bain et le nettoie avant de revenir, toute joyeuse.


- Wahoooo ! Quel pied, ma chérie. Sans rire, je crois que tu viens de me donner le plus incroyable orgasme de toute ma vie ! Ça faisait des années que je fantasmais sur la double pénétration, mais même avec mon double gode, je n'ai jamais rien connu d'aussi merveilleux… Là, tu m'as gâtée !

- Moi aussi, tu sais… Je suis certaine de n'avoir jamais eu d'amant aussi efficace que toi ! C'est dingue, j'ai eu le sentiment que tu étais attentive à mes moindres gestes ou gémissements… Et que tu savais exactement quoi faire pour me combler.


Rires et embrassades… Non l'animal humain n'est pas toujours triste après l'amour !


La vie avait subtilement changé dans leur appartement : déjà, Éliane était devenue coloc, mais aussi, elles étaient maintenant amantes, pour leur plaisir, amies de sexe et collègues de travail en quelques sortes. Finies les recherches infructueuses d'emploi. C'est ici, dans ce logement, qu'elles gagnaient leur vie, désormais, en attendant que se présente l'opportunité d'un véritable métier, digne et respectable. Ou un nouvel amour, à supposer qu'il existât des hommes correspondant à ce que chacune désirait !


Élisabeth avait construit deux comptes sur la plateforme : le sien, au nom de Bonnie, et celui d'Éliane, au nom de Clyde. Les deux étaient des comptes personnels susceptibles de recevoir une partenaire. Mais il leur semblait préférable, si elles devaient travailler en couple, de créer un compte couple. Elles s'étaient donc mises au travail pour paramétrer ce compte d'une manière stratégique : il fallait attirer les visiteurs, les appâter avec de belles images, puis les faire rester, parle biais de tarifs accessibles. Toutefois, elles avaient bien compris que ce qui retenait les visiteurs, c'était la qualité érotique de leur prestation. De bons shows lesbiens font toujours salle comble !


Alors, assises côte à côte sur deux chaises, nues devant l'ordinateur elles réfléchissaient à diverses choses, comme par exemple le nom de ce compte. Bonnie & Clyde, qui leur avait plu au départ, ne leur semblait plus tellement approprié. À tout moment, lorsqu'elles se regardaient, elles échangeaient un petit baiser, ou, au contraire, un fort et intense où leurs langues se rendaient politesse pour politesse. C'est à ce moment que Mistigri sauta prestement sur les genoux d'Éliane et vint se mettre à pétrir ses cuisses, juste à côté de son entrejambe, donnant la vision saisissante d'un chat prenant possession des deux sexes offerts à sa vue… tout doucement, Éliane prit son téléphone et fixa l'image qu'elle montra à son amie et amante :


- J'ai trouvé le nom…

- Vas-y, dis-moi…

- Trois petits chats


Éclat de rire ! De fait, la photo était plus que parlante. Projet adopté, cette jolie photo devint celle de leur profil, montrant un félin, langue sortie, vautré au travers de quatre cuisses et, surveillant de près… deux très jolies petites chattes !


Lorsque, le soir venu, leur ami Fatty Dick revint se connecter sur le compte de Bonnie, il eut la, surprise d'y trouver une petite phrase : venez me retrouver sur "trois petits chats"… Ce qu'il fit.


Accueil chaleureux… En un coup d'œil, il comprend comment a évolué la situation. Les deux amies sont là, en sous-vêtements de même couleur, joliment coiffées et maquillées, surtout Élisabeth, Bonnie, qui attache beaucoup d'importance à cela.


- Bonsoir mes jolies amies ! J'ai l'impression d'avoir en quelque sorte mis le ver dans le fruit, chez vous !

- Bonsoir Fatty ! Oui, disons que tu nous as… éclairées !

- Êtes-vous tombées amoureuses ?

- Désolé, Fatty… Nous sommes restées amies ! Oh, oui, vu le travail que nous faisons ensemble, maintenant, nous sommes forcément des amies de sexe. Et nous en profitons !

- C'est chouette ! Alors, que souhaiteriez-vous me montrer, ce soir ? J'avoue que vous m'avez mis en appétit avec votre show d'hier !

- Veux-tu le grand jeu ? Avec les préliminaires et tout et tout ?

- Allez, c'est parti !

- Mais ça risque d'être long…

- Ne vous en faites pas pour ça, je gère !


Fatty Dick envoya une demande de show privé, aussitôt acceptée. Petits réglages de caméra, mise en scène pour s'assurer que tout se passe dans le champ… Puis Éliane tends ses bras autour du cou de son amie, l'attire à elle et l'embrasse. Long baiser voluptueux laissant voir le ballet des langues sans les bouches hermétiquement soudées. Mains qui se promènent, qui dégrafent les hauts, font glisser les bas… Filles nues évoquant des lianes, des pieuvres, tant elles sont intimement enlacées.


Éliane a insensiblement glissé vers le lit où elle est mi-allongée. Élisabeth l'y embrasse, dépose une multitude de petits baisers dans son cou, sur ses seins qu'elle tète goulument au passage. À genoux sur le lit, elle laisse clairement voir le Lush qu'elle a placé entre ses magnifiques fessiers, préférant recevoir ses vibrations de ce côté-là.


Elle s'est enfin allongée à la droite de son amie, ce qui lui permet de continuer à l'embrasser, tout en la caressant. Ses doigts ont investi sa grotte d'amour et en font une visite soignée ! De son point de vue imprenable, leur visiteur peut voir sourdre le nectar de son plaisir naissant. Elle descend prendre un téton en bouche, donnant un peu de souplesse à son bras pour lui donner de profonds allers et retours, de ses trois doigts serrés en un phallique fagot. Le ton monte, la belle ondule en jetant sa tête de gauche à droite de manière tout à fait désordonnée, tandis que monte de sa gorge une rumeur se changeant en un long cri. La belle se laisse traverser par une vague d'une rare violence, les yeux clos, les jambes serrées, genoux repliés sur sa poitrine, comme elle aime le faire en ces moments de bonheur intense, comme pour les retenir en elle.


Fatty n'a pas le temps de se remettre de sa surprise que déjà, les deux jeunes femmes ont repris leurs baisers : elles semblent avoir totalement oublié où elles sont, qu'un show est en cours ! Elles se donnent l'une à l'autre sans retenue ! Éliane s'est maintenant relevée, parcourt le corps de son amie de ses deux mains avides de donner du plaisir, autant que d'en recevoir.


Ronronnements, baisers entrecoupés de gloussements de bonheur, ondulations de deux bassins ne cherchant rien d'autre que le superlatif de la jouissance…

Éliane a passé autour de ses hanches un harnais noir, auquel on distingue mal ce qu'elle fixe : elle n'a pas du tout l'habitude de cet objet, et pour cause, c'est la première fois qu'elle va l'utiliser… Alors, même si Élisabeth lui a bien montré, elle tâtonne un peu !

Son amante s'est allongée sur le dos et, avant qu'Éliane vienne sur elle, Fatty, intrigué, la voit distinctement ôter le lush de là où il se trouve depuis le début de la soirée.

Éliane rampe sur le lit, monte doucement sur son amie. Fatty voit maintenant bien le double olisbos qu'elle porte à la ceinture. Il transpire à grosses gouttes. Regarde, fixe, joue de son zoom. Élisabeth aide son amante, d'une main experte, guide les deux appendices, chacun vers son objectif. Un râle de bonheur sort de sa poitrine lorsqu'enfin ils y sont parvenus.


Commencent les va-et-vient, les soupirs ; les deux femmes recherchent la meilleure position pour éviter de trop s'écarter. Éliane donne méthodiquement ses coups de reins et, chaque fois, son amante pousse un profond gémissement de pur plaisir.


La cadence s'accélère sous la pression des deux mains d'Élisabeth, serrant la taille de son amie. Ses gémissements deviennent rauques, sonores. Elle ondule de plus en plus fortement un bassin à la toute dernière extrémité. Soudain, prenant appui sur ses talons, elle émet un long râle modulé, tendue comme un arc, le corps parcouru de saccades ; des ses deux mains, elle retient le corps de son amante, lui interdisant toute retraite. Jusqu'à la dernière vaguelette de son plaisir, elle la veut en elle, au plus profond. Fatty n'a pas été capable d'attendre jusqu'à son orgasme : il a joui depuis déjà un bon moment lorsque survient ce majestueux orgasme !


Lorsque prend fin ce show privé, une heure s'est écoulée. Joli score ! Pour ajouter à ce bonheur, Élisabeth constate que plusieurs visiteurs l'ont "espionné", ce qui rapporte encore pas mal de jetons : ce sera une belle soirée !
En se couchant, après avoir bouclé leurs six heures de présence, nos deux amies sont éreintées. Nues dans leur lit, elles trouvent tout de même la force de se souhaiter bonne nuit, le temps d'un ultime baiser tout tendre.



Voilà ! Ça fait un an que les deux amies ont commencé à faire ce travail de charme ensemble, à vivre ensemble, à coucher ensemble, dans tous les sens du terme. Elles aiment cette vie, elles se plaisent. Oui, elles ont aussi des engueulades… et des réconciliations, comme dans tous les couples !


C'est d'ailleurs après l'une d'elles qu'Élisabeth est venue demander pardon à son amie qui revenait après être longuement sortie… prendre l'air ! Penaude, mais pas à l'excès, elle lui a expliqué…


- Ma chérie, tu sais, ça fait un an que nous sommes là, ensemble… C'est petit, ici, nous devrions nous trouver un logement plus spacieux, tu ne crois pas ? Parce que, j'aime vraiment que tu sois avec moi, dans ma vie, dans mon esprit à chaque instant…


Éliane a un sourire un peu narquois… elle fait celle qui n'a pas compris, tourne un peu autour du pot, puis finit par éclater de rire et embrasser son amante :


- Tu crois qu'on est à l'étroit ? Moi, je crois surtout que ça fait un an que je suis arrivée ici toute désemparée parce qu'un abruti dont je m'étais entichée m'avait fait une crasse… Et toi, te souviens-tu ce que tu avais fait ?

- Heu…

- Tu m'avais servi du champagne !


Alors la jolie jeune femme ouvre son sac et en sort une bouteille, toute fraîche. Elle ouvre le petit buffet et en sort deux flûtes :


- À notre premier anniversaire, Élie !

- À notre premier anniversaire, Élie chérie !


Petite rougeur, des yeux qui brillent, une intense émotion qui passe… Éliane reprend :


- Depuis un an, nous sommes colocs… Oui, mais nous travaillons ensemble, et quel travail ! Depuis un an, tu me fais jouir pratiquement chaque jour, plusieurs fois, souvent ! Tu t'appliques à me donner du plaisir, mais pas seulement… Tu me donnes du bonheur. Alors, j'aime être ici, auprès de toi, c'est vrai, mais avec le temps, je réalise que je ne pourrais plus me passer de notre complicité, notre relation si forte, si belle… Et quand je repasse ça dans ma tête, je me dis qu'il n'y a qu'une seule conclusion : je t'aime, en fait !

- Tu rigoles !


Élisabeth demeure interdite… Elle ne s'attendait pas à une telle déclaration. Elle n'est pourtant pas au bout de ses surprises ! Éliane fouille à nouveau dans son sac et en ressort un autre objet : une petite boîte… Qu'elle ouvre pour y prendre un anneau orné d'une jolie pierre rose…


- C'est un saphir ! Oui, rose ! De Tanzanie…


Prenant la main d'Élisabeth, elle le lui passe à l'annulaire droit… avec application, regardant longuement l'effet produit sur sa main, bien plus pour cacher ses larmes que pour voir le bijou… Les deux mains tremblent ; le moment est d'une intensité inouïe.


- Élie, veux-tu être ma femme ? Veux-tu m'épouser ?

Les avis des lecteurs

L'avis d'un lecteur :
Super bien écrit, bravo !


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