Une couronne pour Léandre (4)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Une couronne pour Léandre (4)
Chapitre 4
La berline a ralenti. J'ai regardé dehors : pas l'hôpital. Un aéroport privé, lumières vives sur la piste, un jet qui attendait, moteurs ronronnants.
"Où... où on va ?" ai-je demandé, la voix encore tremblante.
Clément a hésité une seconde, puis a souri doucement.
"À Valenbourg. Au palais. Mon grand-père... il veut me voir. Nous voir, peut-être. Mais ne t'inquiète pas. Je suis avec toi. Toujours."
J'ai dégluti, le cœur serré. Le palais. Un vrai palais. Avec un prince. Mon prince.
La porte s'est ouverte. Clément m'a pris la main.
"Allons-y."
L’avion a atterri en douceur sur une piste privée, quelque part dans les collines verdoyantes de Valenbourg. De la fenêtre, j’ai aperçu un paysage de conte de fées : des vignobles en terrasses, un lac miroitant, et au loin, un palais aux tours élancées, blanc et or, comme sorti d’un film historique. Clément m’a tenu la main tout le long du vol, me rassurant avec des mots doux, mais je sentais sa tension monter à mesure qu’on approchait.
Une escorte nous attendait sur le tarmac : des voitures blindées, des gardes en uniforme impeccable, des motos pour ouvrir la route. Clément m’a aidé à descendre l’escalier, son bras autour de ma taille, ignorant les protocoles évidents. « Reste près de moi, » a-t-il murmuré. « Tout va bien se passer. »
Le trajet jusqu’au palais n’a duré que quinze minutes, mais c’était comme entrer dans un autre monde. Des routes pavées impeccables, des villages aux maisons fleuries où les gens s’inclinaient au passage du convoi. À l’arrivée, les grilles dorées s’ouvrirent sur une cour immense, bordée de fontaines et de statues. Le palais était encore plus impressionnant de près : marbre, colonnades, drapeaux claquant au vent avec un blason que je reconnaissais maintenant – un lion couronné sur fond bleu.
Clément m’a guidé à l’intérieur, sa main dans la mienne, traversant des halls aux plafonds peints, des tapis persans, des lustres en cristal. Des serviteurs s’inclinaient profondément, murmurant « Votre Altesse ». Je me sentais minuscule, mal à l’aise dans mes vêtements de tous les jours, mais Clément marchait droit, comme si rien ne pouvait l’arrêter.
On est arrivés dans une antichambre richement décorée, où un majordome en livrée nous a annoncés. « Sa Majesté vous attend, Monseigneur. »
Clément a hoché la tête, m’a serré la main plus fort, et on est entrés dans la chambre royale.
Le roi Philippe-Auguste était alité, entouré de médecins et d’infirmiers, des machines bipant doucement. Il avait 89 ans, mais même affaibli, il dégageait une autorité écrasante : cheveux blancs clairsemés, yeux perçants, une couronne invisible sur la tête. Il était relié à des perfusions, mais son regard nous a transpercés dès qu’on a franchi la porte.
« Clément, » a-t-il croassé d’une voix faible mais ferme. « Approche. »
Clément s’est avancé, me tirant avec lui. J’ai essayé de lâcher sa main, par respect ou par peur, mais il l’a retenue fermement.
« Grand-père, » a dit Clément en s’inclinant légèrement. « Comment vous sentez-vous ? »
Le roi a ignoré la question, ses yeux se posant sur moi. Un froncement de sourcils.
« Qui est cet homme ? » a-t-il demandé, la voix plus tranchante.
Clément a redressé les épaules. « C’est Léandre Vance, grand-père. L’homme que j’aime. »
Un silence de plomb. Les médecins ont échangé des regards nerveux. Le roi s’est redressé un peu sur ses oreillers, le visage durci par des décennies de protocoles rigides.
« L’homme que tu… aimes ? » a-t-il répété, comme si les mots étaient une insulte. « Clément, nous en avons déjà parlé. Valenbourg a besoin d’une descendance. D’un héritier légitime. Pas de… caprices. Les protocoles sont clairs : un roi doit assurer la lignée. Pas de… de relations de ce genre. C’est une question de survie pour la couronne. »
J’ai senti mon estomac se nouer. Clément a serré ma main plus fort, sa voix montant d’un ton.
« Caprices ? Grand-père, ce n’est pas un caprice. C’est ma vie. J’ai passé des années à suivre vos protocoles, à signer vos lois, à sourire pour vos diplomates. Mais ça ? Léandre ? C’est réel. Et si Valenbourg ne peut pas accepter un roi gay, alors peut-être que Valenbourg a besoin de changer. Pas moi. »
Le roi a blêmi, sa voix se faisant plus aiguë malgré la faiblesse. « Insolent ! La tradition est ce qui nous garde en vie depuis des siècles. Pas de roi sans reine, pas de couronne sans enfants. Tu me déçois, Clément. Pense à ton devoir ! »
Clément a haussé le ton, pour la première fois que je l’entendais vraiment élever la voix. « Mon devoir ? Mon devoir est de diriger avec honnêteté, pas de vivre un mensonge ! J’aime Léandre. Et si vous ne pouvez pas l’accepter, alors… alors trouvez un autre héritier ! »
Un hoquet collectif des médecins. Le roi a fermé les yeux, épuisé, mais avant qu’il ne puisse répondre, une femme est entrée dans la pièce : grande, élégante, cheveux châtains relevés en chignon, un tailleur impeccable. La mère de Clément, sans doute. Elle avait les mêmes yeux gris-bleu.
« Clément ! » a-t-elle dit d’une voix ferme mais inquiète. « Pas maintenant. Ton grand-père est faible. »
Clément s’est tourné vers elle, encore rouge de colère, mais il a pris une profonde inspiration. Puis, sans lâcher ma main, il m’a présenté.
« Mère, voici Léandre Vance. L’homme qui m’a fait comprendre ce que c’était d’être vraiment vivant. »
Elle nous a regardés, stupéfaite, sa bouche s’ouvrant sans qu’aucun son n’en sorte. Elle a cligné des yeux, comme si elle de comprendre l’information : son fils, le prince héritier, main dans la main avec un serveur français, dans la chambre du roi mourant.
« Je… » a-t-elle commencé, puis s’est tue. Son regard a glissé sur moi, curieux, pas hostile. « Enchantée, monsieur Vance. Je… je ne sais pas quoi dire. »
Clément a adouci sa voix. « Mère, je sais que c’est un choc. Mais Léandre est important pour moi. Très important. »
Elle a hoché la tête lentement, reprenant contenance. « Alors… je voudrais apprendre à vous connaître, Léandre. Si vous êtes si important pour mon fils, vous l’êtes pour moi aussi. Mais pour l’instant, laisse ton grand-père se reposer. »
Clément a acquiescé, jetant un dernier regard au roi qui somnolait maintenant. Puis, sans un mot de plus, il m’a entraîné hors de la chambre, traversant les couloirs labyrinthiques du palais à grands pas. Les gardes nous suivaient à distance respectueuse.
On est arrivés devant une double porte sculptée, qu’il a ouverte d’un geste. Ses appartements : une suite immense, avec un lit à baldaquin, des tapis orientaux, des fenêtres donnant sur les jardins illuminés. Mais Clément n’a pas laissé le temps d’admirer.
Il m’a poussé à l’intérieur, a fermé la porte, et m’a plaqué contre le mur pour m’embrasser.
Un baiser fiévreux, passionné, comme s’il voulait effacer la confrontation, les protocoles, le monde entier. Ses mains partout, dans mes cheveux, sur mon torse, me serrant contre lui. Je l’ai rendu avec la même urgence, mes doigts agrippés à sa chemise, oubliant la peur, le choc, tout.
Quand on s’est séparés, essoufflés, il a murmuré contre mes lèvres : « Merci d’être là. Avec moi. Malgré tout. »
Et pour la première fois depuis le début de cette folie, j’ai répondu : « Je suis là. Pour toi. Juste Clément. »
Une fois la porte refermée derrière nous, Clément m’a poussé doucement vers le lit immense, ses yeux ne quittant pas les miens. L’air était chargé d’une tension électrique, mélange de l’adrénaline de la confrontation et du désir qui couvait depuis des heures. Il a enlevé sa chemise d’un geste fluide, révélant son torse pâle et musclé, cette cicatrice fine sous les côtes que j’avais déjà touchée. J’ai suivi son exemple, retirant mon t-shirt, puis mon jean, jusqu’à ce qu’on soit tous les deux nus, vulnérables sous la lumière tamisée des lampes anciennes.
On s’est allongés sur le lit, les draps de soie frais contre ma peau. Clément s’est étendu à côté de moi, son corps long et élégant à portée de main. J’ai pris le temps de le regarder, vraiment : sa peau laiteuse, ses muscles secs dessinés par des années de discipline princière, la ligne fine de poils sombres descendant de son nombril jusqu’à son sexe, déjà dur et dressé. Ses cuisses fermes, ses épaules larges, ses tétons rosés. Tout en lui était parfait, presque irréel, comme sculpté pour un tableau.
Il a remarqué mon regard fixe, un sourire timide aux lèvres. « Qu’est-ce qui ne va pas ? » a-t-il murmuré, sa main effleurant mon bras.
J’ai secoué la tête, un rire nerveux m’échappant. « Rien… je regarde juste à quoi ressemble un prince charmant nu devant moi. »
Il a éclaté de rire, un rire franc et libéré qui a chassé les ombres de la journée. J’ai ri avec lui, le cœur plus léger, et on s’est roulés l’un vers l’autre, nos corps se frôlant enfin.
Clément m’a doucement poussé sur le dos, ses mains sur mes épaules. Il s’est installé entre mes cuisses, son poids rassurant contre moi, et a commencé à m’embrasser partout. D’abord mes lèvres, lentement, profondément, puis descendant sur mon cou, mordillant la peau sensible. Ses lèvres ont tracé un chemin sur mon torse, effleurant mes tétons qu’il a sucés doucement, me faisant gémir. Il est descendu plus bas, sur mon ventre, mes hanches, embrassant chaque centimètre comme s’il voulait me mémoriser. Ses mains caressaient mes cuisses, les écartant un peu plus, son souffle chaud contre ma peau.
Je me suis accroché à lui, mes doigts dans ses cheveux, arquant le dos sous ses baisers. La passion a monté d’un coup, comme une vague. Clément s’est redressé, son regard brûlant dans le mien. Il a pris son sexe en main, long et épais, et l’a placé à l’entrée de mon petit trou. Il a craché dessus pour l’humidifier, un geste primal qui m’a fait frissonner, puis a appuyé doucement, centimètre par centimètre, me pénétrant avec une lenteur exquise.
La sensation de brûlure initiale a laissé place à une plénitude incroyable quand il a été bien au fond, ses hanches contre les miennes. Il est resté immobile un moment, m’embrassant pour me laisser m’habituer, puis a commencé à bouger, doux au début, des allers-retours lents qui me faisaient haleter. Ses mains sur mes hanches, guidant le rythme.
Puis, le désir a pris le dessus. Ses coups de reins se sont accélérés, plus profonds, plus rapides. Dans cette position, je sentais tout : son sexe qui me remplissait, ses couilles qui tapaient rythmiquement contre mes fesses, un bruit obscène et excitant qui remplissait la chambre. Je gémissais son nom, mes ongles dans son dos.
Il m’a fait rouler sur le côté, une jambe levée sur son épaule, pour changer d’angle. Dans cette position, il allait encore plus profond, touchant des points qui me faisaient voir des étoiles. Ses mains exploraient mon corps, pinçant mes tétons, caressant mon sexe dur entre nous. Ses couilles claquaient toujours contre mes fesses, le rythme effréné, la sueur perlant sur son torse.
Ensuite, il m’a mis à quatre pattes, s’installant derrière moi. Ses mains sur mes hanches, il m’a pénétré d’un coup plus ferme, me faisant crier de plaisir. Les coups de reins étaient puissants maintenant, animaux, ses couilles tapant fort contre mes fesses à chaque poussée. Je me cambrais, poussant en arrière pour le rencontrer, nos gémissements se mêlant.
On a changé encore : moi sur lui, chevauchant son sexe, contrôlant le rythme. Ses mains sur mes cuisses, me guidant, ses yeux rivés aux miens. Puis, lui sur moi à nouveau, missionnaire, pour se regarder dans les yeux.
Au bout d’une demi-heure, la sueur nous collant, les draps en bataille, l’orgasme est monté comme une tempête. Clément s’est retiré au dernier moment, se caressant rapidement, et a joui sur mon visage, de longues giclées chaudes et abondantes qui m’ont couvert les joues, les lèvres, le menton.
Il s’est effondré à côté de moi, haletant, puis a ri doucement en voyant mon visage. « Te voilà baptisé du sperme royal, » a-t-il plaisanté, sa voix encore essoufflée.
J’ai éclaté de rire, essuyant une goutte du bout de la langue. « Quel honneur, Votre Altesse. »
On a ri ensemble, le corps encore tremblant de plaisir, et on a roulé sur le lit, enlacés, bras dans les bras, s’embrassant lentement, tendrement, comme si le monde extérieur n’existait plus. Juste lui, moi, et cette nuit volée au palais.
Je me suis réveillé doucement, la lumière dorée filtrant à travers les rideaux en damas lourd. Le corps chaud de Clément était collé au mien, son bras passé autour de ma taille, sa respiration lente contre ma nuque. On était encore nus, les draps en désordre autour de nos jambes, la trace de la nuit sur nos peaux (marques de griffes, morsures légères, odeur de sexe et de sueur).
Un coup discret à la porte nous a fait sursauter. « Entrez », a dit Clément d’une voix rauque de sommeil.
Le majordome, un homme d’une cinquantaine d’années en livrée impeccable, est entré avec un plateau d’argent massif. Il a gardé les yeux soigneusement baissés en voyant deux corps nus entrelacés, mais un sourire poli et presque complice a effleuré ses lèvres.
« Bonjour, Votre Altesse. Petit-déjeuner comme demandé. » Il a posé le plateau sur la table de chevet : café fumant, croissants encore chauds, confiture de fraises maison, miel doré, fruits frais, et surtout… un nuage de lait dans une petite cruche en argent.
Clément s’est redressé sur un coude, le drap glissant juste assez pour laisser voir son torse marqué de mes griffes. Il m’a attiré contre lui, dos contre son torse, et a embrassé mon épaule nue devant le majordome qui faisait semblant de ne rien voir.
« Merci, Henri. Vous pouvez disposer. »
Le majordome s’est incliné et est sorti sans un bruit.
Clément a pris un croissant, l’a cassé en deux, encore brûlant, et m’en a mis un morceau dans la bouche. Le beurre a fondu sur mes lèvres. Il a léché la miette qui restait au coin de ma bouche, lentement, langoureusement.
« Café avec un nuage de lait ? » a-t-il murmuré en versant le café dans une tasse, puis en ajoutant le lait exactement comme je l’aime. Il m’a fait boire à la tasse, ses lèvres effleurant les miennes à chaque gorgée.
On a continué comme ça, sensuel et paresseux : il trempait une fraise dans le miel et me la faisait manger, puis léchait le filet doré qui coulait sur mon menton, sur mon cou, sur ma clavicule. J’ai pris une cuillère de confiture et je la lui ai tendue ; il a sucé mon doigt avec une lenteur délibérée, ses yeux dans les miens. On riait, on s’embrassait entre chaque bouchée, les miettes de croissant tombant sur nos ventres nus, le drap glissant toujours plus bas.
À un moment, il a renversé un peu de miel sur mon torse, juste au-dessus du téton. « Oups », a-t-il dit avec un sourire malicieux, avant de se pencher pour lécher lentement, sa langue chaude traçant des cercles qui m’ont fait frissonner. J’ai gémi, mes mains dans ses cheveux, et il a continué plus bas, plus bas… jusqu’à ce que le petit-déjeuner devienne autre chose.
On était encore en train de s’embrasser, collés, couverts de miettes et de miel, quand un nouveau coup discret a retenti.
« Votre Altesse, Son Altesse la princesse douairière vous attend dans le petit salon bleu quand il vous plaira. »
Clément a soupiré contre ma bouche, m’a embrassé une dernière fois, puis s’est levé, magnifique dans sa nudité. Il a enfilé un peignoir de soie bleu nuit, m’en a tendu un second, blanc.
« Viens. Ma mère veut te rencontrer… vraiment, cette fois. »
On a traversé les couloirs pieds nus, main dans la main. Dans le petit salon bleu, une pièce intime aux murs tendus de soie turquoise, la princesse douairière nous attendait, assise dans un fauteuil Louis XV, une tasse de thé à la main. Elle portait une robe en cachemire beige, élégante et simple. Quand elle nous a vus entrer en peignoir, encore ébouriffés et sentant le miel, elle a haussé un sourcil, mais un vrai sourire a éclairé son visage.
« Bonjour, messieurs. Asseyez-vous, je vous en prie. »
Clément m’a fait asseoir à côté de lui sur le canapé, sa main posée sur ma cuisse, possessive et rassurante.
Sa mère a posé sa tasse, nous a regardés longuement, puis a simplement dit :
« Léandre… je ne vais pas vous mentir, je ne m’attendais pas à ça. Mais mon fils a l’air plus heureux que je ne l’ai vu depuis des années. Alors je veux apprendre à vous connaître. Vraiment. »
Elle a souri, sincère, et pour la première fois depuis vingt-quatre heures, j’ai senti que tout pouvait peut-être s’arranger.
Clément a serré ma main plus fort. Et moi, j’ai souri en retour.
Elle a souri, sincère, et pour la première fois depuis vingt-quatre heures, j’ai senti que tout pouvait peut-être s’arranger. Clément a serré ma main plus fort. Et moi, j’ai souri en retour.
Élise de Bourgon a reposé sa tasse avec délicatesse, puis s’est penchée légèrement en avant, ses mains jointes sur ses genoux.
« Léandre… je vais être franche. Je ne m’attendais pas du tout à cela. Mon fils m’a parlé de quelqu’un, ces dernières semaines, mais jamais il n’a prononcé votre nom. Il disait seulement : « Il y a quelqu’un qui me voit autrement. » J’ai cru à une amourette passagère. Et puis hier soir, dans la chambre de mon beau-père… j’ai compris. »
Elle a marqué une pause, son regard passant de Clément à moi, doux mais sérieux.
« Le père de Clément, mon mari, le prince Alexandre, est mort il y a treize ans. Un accident d’hélicoptère dans les Alpes suisses. Clément avait seize ans. Du jour au lendemain, il est devenu l’héritier direct. Il n’a plus eu le droit d’être un adolescent. Il a porté la couronne avant même de la toucher. Depuis, il sourit rarement comme il sourit avec vous. »
Clément a baissé la tête, ses doigts entrelacés aux miens se crispant légèrement. Je l’ai serré en retour.
Élise a continué, la voix plus basse :
« Alors oui, je suis surprise. Oui, le roi est vieux jeu, il pense encore que la couronne ne survit que par le sang direct et une union traditionnelle. Mais moi, je suis une mère avant d’être une princesse douairière. Et je veux comprendre l’homme qui rend mon fils heureux. »
Elle s’est tue un instant, puis a souri avec une vraie curiosité.
« Parlez-moi de vous deux. Comment c’est vraiment commencé ? Qu’est-ce que vous ressentez l’un pour l’autre ? Et surtout… Léandre, quand avez-vous compris qui il était réellement ? »
J’ai pris une grande inspiration. Clément m’a caressé la nuque du bout des doigts, un geste lent et rassurant qui disait « vas-y, je suis là ».
« Je… je ne savais pas. Vraiment pas. Pour moi, il était juste Clément. Un client un peu mystérieux qui venait tous les soirs boire un expresso très fort à la même table. Un mec élégant, calme, qui écoutait mes chansons comme personne. Le soir où je lui ai renversé la tarte Tatin sur la tête, il a ri. Pas un rire poli, un vrai rire, libéré. Et c’est là que tout a commencé. »
Élise a souri, amusée.
« Il ne m’a jamais rien dit, » ai-je continué, la voix plus ferme. « Jamais. Il parlait de ses “obligations ennuyeuses”, de son grand-père vieux jeu, d’un fonds d’investissement… Je pensais qu’il était juste un riche un peu fatigué de sa vie. Et moi, j’étais juste heureux d’avoir quelqu’un qui me regardait comme si j’existais vraiment. On riait, on se promenait, on faisait l’amour comme deux hommes normaux. Je ne voyais pas le prince. Je voyais Clément. L’homme qui commande son café avec un nuage de lait, qui reste jusqu’à la fermeture pour m’écouter chanter, qui me tient la main sous la pluie. »
Clément m’a embrassé doucement sur la tempe, ses doigts glissant dans mes cheveux.
« Et puis hier soir, à l’hôpital… les gardes, les journalistes, la télé… tout s’est effondré. J’ai eu peur. Peur que ce ne soit qu’un jeu pour lui. Peur de ne pas être à la hauteur. Mais quand il m’a regardé, quand il a dit “je suis simplement Clément”… j’ai compris que c’était vrai. Il ne m’a jamais menti sur qui il était à l’intérieur. Juste sur le titre. »
Élise écoutait, les yeux brillants.
« Je l’aime, » ai-je dit simplement, en regardant Clément. « Pas le prince. Pas l’héritier. Je l’aime lui. L’homme qui rit quand je rate une note, qui mange des croissants par terre dans mon appartement minuscule, qui m’embrasse comme si le monde allait s’arrêter. Et oui, j’ai peur de tout ça… mais je l’aime assez pour essayer. »
Clément m’a serré contre lui, un sourire immense, ému, sur les lèvres.
Élise a hoché lentement la tête, une larme au coin de l’œil.
« Alors vous êtes exactement ce dont il a besoin. Et ce dont cette famille a besoin. Bienvenue, Léandre. Vraiment bienvenue. »
Elle s’est levée, s’est approchée, et m’a embrassé sur les deux joues, comme une mère accueille un fils.
Clément m’a enlacé plus fort, murmurant à mon oreille :
« Je t’aime. Merci d’être toi. »
Fin du chapitre 4.
La berline a ralenti. J'ai regardé dehors : pas l'hôpital. Un aéroport privé, lumières vives sur la piste, un jet qui attendait, moteurs ronronnants.
"Où... où on va ?" ai-je demandé, la voix encore tremblante.
Clément a hésité une seconde, puis a souri doucement.
"À Valenbourg. Au palais. Mon grand-père... il veut me voir. Nous voir, peut-être. Mais ne t'inquiète pas. Je suis avec toi. Toujours."
J'ai dégluti, le cœur serré. Le palais. Un vrai palais. Avec un prince. Mon prince.
La porte s'est ouverte. Clément m'a pris la main.
"Allons-y."
L’avion a atterri en douceur sur une piste privée, quelque part dans les collines verdoyantes de Valenbourg. De la fenêtre, j’ai aperçu un paysage de conte de fées : des vignobles en terrasses, un lac miroitant, et au loin, un palais aux tours élancées, blanc et or, comme sorti d’un film historique. Clément m’a tenu la main tout le long du vol, me rassurant avec des mots doux, mais je sentais sa tension monter à mesure qu’on approchait.
Une escorte nous attendait sur le tarmac : des voitures blindées, des gardes en uniforme impeccable, des motos pour ouvrir la route. Clément m’a aidé à descendre l’escalier, son bras autour de ma taille, ignorant les protocoles évidents. « Reste près de moi, » a-t-il murmuré. « Tout va bien se passer. »
Le trajet jusqu’au palais n’a duré que quinze minutes, mais c’était comme entrer dans un autre monde. Des routes pavées impeccables, des villages aux maisons fleuries où les gens s’inclinaient au passage du convoi. À l’arrivée, les grilles dorées s’ouvrirent sur une cour immense, bordée de fontaines et de statues. Le palais était encore plus impressionnant de près : marbre, colonnades, drapeaux claquant au vent avec un blason que je reconnaissais maintenant – un lion couronné sur fond bleu.
Clément m’a guidé à l’intérieur, sa main dans la mienne, traversant des halls aux plafonds peints, des tapis persans, des lustres en cristal. Des serviteurs s’inclinaient profondément, murmurant « Votre Altesse ». Je me sentais minuscule, mal à l’aise dans mes vêtements de tous les jours, mais Clément marchait droit, comme si rien ne pouvait l’arrêter.
On est arrivés dans une antichambre richement décorée, où un majordome en livrée nous a annoncés. « Sa Majesté vous attend, Monseigneur. »
Clément a hoché la tête, m’a serré la main plus fort, et on est entrés dans la chambre royale.
Le roi Philippe-Auguste était alité, entouré de médecins et d’infirmiers, des machines bipant doucement. Il avait 89 ans, mais même affaibli, il dégageait une autorité écrasante : cheveux blancs clairsemés, yeux perçants, une couronne invisible sur la tête. Il était relié à des perfusions, mais son regard nous a transpercés dès qu’on a franchi la porte.
« Clément, » a-t-il croassé d’une voix faible mais ferme. « Approche. »
Clément s’est avancé, me tirant avec lui. J’ai essayé de lâcher sa main, par respect ou par peur, mais il l’a retenue fermement.
« Grand-père, » a dit Clément en s’inclinant légèrement. « Comment vous sentez-vous ? »
Le roi a ignoré la question, ses yeux se posant sur moi. Un froncement de sourcils.
« Qui est cet homme ? » a-t-il demandé, la voix plus tranchante.
Clément a redressé les épaules. « C’est Léandre Vance, grand-père. L’homme que j’aime. »
Un silence de plomb. Les médecins ont échangé des regards nerveux. Le roi s’est redressé un peu sur ses oreillers, le visage durci par des décennies de protocoles rigides.
« L’homme que tu… aimes ? » a-t-il répété, comme si les mots étaient une insulte. « Clément, nous en avons déjà parlé. Valenbourg a besoin d’une descendance. D’un héritier légitime. Pas de… caprices. Les protocoles sont clairs : un roi doit assurer la lignée. Pas de… de relations de ce genre. C’est une question de survie pour la couronne. »
J’ai senti mon estomac se nouer. Clément a serré ma main plus fort, sa voix montant d’un ton.
« Caprices ? Grand-père, ce n’est pas un caprice. C’est ma vie. J’ai passé des années à suivre vos protocoles, à signer vos lois, à sourire pour vos diplomates. Mais ça ? Léandre ? C’est réel. Et si Valenbourg ne peut pas accepter un roi gay, alors peut-être que Valenbourg a besoin de changer. Pas moi. »
Le roi a blêmi, sa voix se faisant plus aiguë malgré la faiblesse. « Insolent ! La tradition est ce qui nous garde en vie depuis des siècles. Pas de roi sans reine, pas de couronne sans enfants. Tu me déçois, Clément. Pense à ton devoir ! »
Clément a haussé le ton, pour la première fois que je l’entendais vraiment élever la voix. « Mon devoir ? Mon devoir est de diriger avec honnêteté, pas de vivre un mensonge ! J’aime Léandre. Et si vous ne pouvez pas l’accepter, alors… alors trouvez un autre héritier ! »
Un hoquet collectif des médecins. Le roi a fermé les yeux, épuisé, mais avant qu’il ne puisse répondre, une femme est entrée dans la pièce : grande, élégante, cheveux châtains relevés en chignon, un tailleur impeccable. La mère de Clément, sans doute. Elle avait les mêmes yeux gris-bleu.
« Clément ! » a-t-elle dit d’une voix ferme mais inquiète. « Pas maintenant. Ton grand-père est faible. »
Clément s’est tourné vers elle, encore rouge de colère, mais il a pris une profonde inspiration. Puis, sans lâcher ma main, il m’a présenté.
« Mère, voici Léandre Vance. L’homme qui m’a fait comprendre ce que c’était d’être vraiment vivant. »
Elle nous a regardés, stupéfaite, sa bouche s’ouvrant sans qu’aucun son n’en sorte. Elle a cligné des yeux, comme si elle de comprendre l’information : son fils, le prince héritier, main dans la main avec un serveur français, dans la chambre du roi mourant.
« Je… » a-t-elle commencé, puis s’est tue. Son regard a glissé sur moi, curieux, pas hostile. « Enchantée, monsieur Vance. Je… je ne sais pas quoi dire. »
Clément a adouci sa voix. « Mère, je sais que c’est un choc. Mais Léandre est important pour moi. Très important. »
Elle a hoché la tête lentement, reprenant contenance. « Alors… je voudrais apprendre à vous connaître, Léandre. Si vous êtes si important pour mon fils, vous l’êtes pour moi aussi. Mais pour l’instant, laisse ton grand-père se reposer. »
Clément a acquiescé, jetant un dernier regard au roi qui somnolait maintenant. Puis, sans un mot de plus, il m’a entraîné hors de la chambre, traversant les couloirs labyrinthiques du palais à grands pas. Les gardes nous suivaient à distance respectueuse.
On est arrivés devant une double porte sculptée, qu’il a ouverte d’un geste. Ses appartements : une suite immense, avec un lit à baldaquin, des tapis orientaux, des fenêtres donnant sur les jardins illuminés. Mais Clément n’a pas laissé le temps d’admirer.
Il m’a poussé à l’intérieur, a fermé la porte, et m’a plaqué contre le mur pour m’embrasser.
Un baiser fiévreux, passionné, comme s’il voulait effacer la confrontation, les protocoles, le monde entier. Ses mains partout, dans mes cheveux, sur mon torse, me serrant contre lui. Je l’ai rendu avec la même urgence, mes doigts agrippés à sa chemise, oubliant la peur, le choc, tout.
Quand on s’est séparés, essoufflés, il a murmuré contre mes lèvres : « Merci d’être là. Avec moi. Malgré tout. »
Et pour la première fois depuis le début de cette folie, j’ai répondu : « Je suis là. Pour toi. Juste Clément. »
Une fois la porte refermée derrière nous, Clément m’a poussé doucement vers le lit immense, ses yeux ne quittant pas les miens. L’air était chargé d’une tension électrique, mélange de l’adrénaline de la confrontation et du désir qui couvait depuis des heures. Il a enlevé sa chemise d’un geste fluide, révélant son torse pâle et musclé, cette cicatrice fine sous les côtes que j’avais déjà touchée. J’ai suivi son exemple, retirant mon t-shirt, puis mon jean, jusqu’à ce qu’on soit tous les deux nus, vulnérables sous la lumière tamisée des lampes anciennes.
On s’est allongés sur le lit, les draps de soie frais contre ma peau. Clément s’est étendu à côté de moi, son corps long et élégant à portée de main. J’ai pris le temps de le regarder, vraiment : sa peau laiteuse, ses muscles secs dessinés par des années de discipline princière, la ligne fine de poils sombres descendant de son nombril jusqu’à son sexe, déjà dur et dressé. Ses cuisses fermes, ses épaules larges, ses tétons rosés. Tout en lui était parfait, presque irréel, comme sculpté pour un tableau.
Il a remarqué mon regard fixe, un sourire timide aux lèvres. « Qu’est-ce qui ne va pas ? » a-t-il murmuré, sa main effleurant mon bras.
J’ai secoué la tête, un rire nerveux m’échappant. « Rien… je regarde juste à quoi ressemble un prince charmant nu devant moi. »
Il a éclaté de rire, un rire franc et libéré qui a chassé les ombres de la journée. J’ai ri avec lui, le cœur plus léger, et on s’est roulés l’un vers l’autre, nos corps se frôlant enfin.
Clément m’a doucement poussé sur le dos, ses mains sur mes épaules. Il s’est installé entre mes cuisses, son poids rassurant contre moi, et a commencé à m’embrasser partout. D’abord mes lèvres, lentement, profondément, puis descendant sur mon cou, mordillant la peau sensible. Ses lèvres ont tracé un chemin sur mon torse, effleurant mes tétons qu’il a sucés doucement, me faisant gémir. Il est descendu plus bas, sur mon ventre, mes hanches, embrassant chaque centimètre comme s’il voulait me mémoriser. Ses mains caressaient mes cuisses, les écartant un peu plus, son souffle chaud contre ma peau.
Je me suis accroché à lui, mes doigts dans ses cheveux, arquant le dos sous ses baisers. La passion a monté d’un coup, comme une vague. Clément s’est redressé, son regard brûlant dans le mien. Il a pris son sexe en main, long et épais, et l’a placé à l’entrée de mon petit trou. Il a craché dessus pour l’humidifier, un geste primal qui m’a fait frissonner, puis a appuyé doucement, centimètre par centimètre, me pénétrant avec une lenteur exquise.
La sensation de brûlure initiale a laissé place à une plénitude incroyable quand il a été bien au fond, ses hanches contre les miennes. Il est resté immobile un moment, m’embrassant pour me laisser m’habituer, puis a commencé à bouger, doux au début, des allers-retours lents qui me faisaient haleter. Ses mains sur mes hanches, guidant le rythme.
Puis, le désir a pris le dessus. Ses coups de reins se sont accélérés, plus profonds, plus rapides. Dans cette position, je sentais tout : son sexe qui me remplissait, ses couilles qui tapaient rythmiquement contre mes fesses, un bruit obscène et excitant qui remplissait la chambre. Je gémissais son nom, mes ongles dans son dos.
Il m’a fait rouler sur le côté, une jambe levée sur son épaule, pour changer d’angle. Dans cette position, il allait encore plus profond, touchant des points qui me faisaient voir des étoiles. Ses mains exploraient mon corps, pinçant mes tétons, caressant mon sexe dur entre nous. Ses couilles claquaient toujours contre mes fesses, le rythme effréné, la sueur perlant sur son torse.
Ensuite, il m’a mis à quatre pattes, s’installant derrière moi. Ses mains sur mes hanches, il m’a pénétré d’un coup plus ferme, me faisant crier de plaisir. Les coups de reins étaient puissants maintenant, animaux, ses couilles tapant fort contre mes fesses à chaque poussée. Je me cambrais, poussant en arrière pour le rencontrer, nos gémissements se mêlant.
On a changé encore : moi sur lui, chevauchant son sexe, contrôlant le rythme. Ses mains sur mes cuisses, me guidant, ses yeux rivés aux miens. Puis, lui sur moi à nouveau, missionnaire, pour se regarder dans les yeux.
Au bout d’une demi-heure, la sueur nous collant, les draps en bataille, l’orgasme est monté comme une tempête. Clément s’est retiré au dernier moment, se caressant rapidement, et a joui sur mon visage, de longues giclées chaudes et abondantes qui m’ont couvert les joues, les lèvres, le menton.
Il s’est effondré à côté de moi, haletant, puis a ri doucement en voyant mon visage. « Te voilà baptisé du sperme royal, » a-t-il plaisanté, sa voix encore essoufflée.
J’ai éclaté de rire, essuyant une goutte du bout de la langue. « Quel honneur, Votre Altesse. »
On a ri ensemble, le corps encore tremblant de plaisir, et on a roulé sur le lit, enlacés, bras dans les bras, s’embrassant lentement, tendrement, comme si le monde extérieur n’existait plus. Juste lui, moi, et cette nuit volée au palais.
Je me suis réveillé doucement, la lumière dorée filtrant à travers les rideaux en damas lourd. Le corps chaud de Clément était collé au mien, son bras passé autour de ma taille, sa respiration lente contre ma nuque. On était encore nus, les draps en désordre autour de nos jambes, la trace de la nuit sur nos peaux (marques de griffes, morsures légères, odeur de sexe et de sueur).
Un coup discret à la porte nous a fait sursauter. « Entrez », a dit Clément d’une voix rauque de sommeil.
Le majordome, un homme d’une cinquantaine d’années en livrée impeccable, est entré avec un plateau d’argent massif. Il a gardé les yeux soigneusement baissés en voyant deux corps nus entrelacés, mais un sourire poli et presque complice a effleuré ses lèvres.
« Bonjour, Votre Altesse. Petit-déjeuner comme demandé. » Il a posé le plateau sur la table de chevet : café fumant, croissants encore chauds, confiture de fraises maison, miel doré, fruits frais, et surtout… un nuage de lait dans une petite cruche en argent.
Clément s’est redressé sur un coude, le drap glissant juste assez pour laisser voir son torse marqué de mes griffes. Il m’a attiré contre lui, dos contre son torse, et a embrassé mon épaule nue devant le majordome qui faisait semblant de ne rien voir.
« Merci, Henri. Vous pouvez disposer. »
Le majordome s’est incliné et est sorti sans un bruit.
Clément a pris un croissant, l’a cassé en deux, encore brûlant, et m’en a mis un morceau dans la bouche. Le beurre a fondu sur mes lèvres. Il a léché la miette qui restait au coin de ma bouche, lentement, langoureusement.
« Café avec un nuage de lait ? » a-t-il murmuré en versant le café dans une tasse, puis en ajoutant le lait exactement comme je l’aime. Il m’a fait boire à la tasse, ses lèvres effleurant les miennes à chaque gorgée.
On a continué comme ça, sensuel et paresseux : il trempait une fraise dans le miel et me la faisait manger, puis léchait le filet doré qui coulait sur mon menton, sur mon cou, sur ma clavicule. J’ai pris une cuillère de confiture et je la lui ai tendue ; il a sucé mon doigt avec une lenteur délibérée, ses yeux dans les miens. On riait, on s’embrassait entre chaque bouchée, les miettes de croissant tombant sur nos ventres nus, le drap glissant toujours plus bas.
À un moment, il a renversé un peu de miel sur mon torse, juste au-dessus du téton. « Oups », a-t-il dit avec un sourire malicieux, avant de se pencher pour lécher lentement, sa langue chaude traçant des cercles qui m’ont fait frissonner. J’ai gémi, mes mains dans ses cheveux, et il a continué plus bas, plus bas… jusqu’à ce que le petit-déjeuner devienne autre chose.
On était encore en train de s’embrasser, collés, couverts de miettes et de miel, quand un nouveau coup discret a retenti.
« Votre Altesse, Son Altesse la princesse douairière vous attend dans le petit salon bleu quand il vous plaira. »
Clément a soupiré contre ma bouche, m’a embrassé une dernière fois, puis s’est levé, magnifique dans sa nudité. Il a enfilé un peignoir de soie bleu nuit, m’en a tendu un second, blanc.
« Viens. Ma mère veut te rencontrer… vraiment, cette fois. »
On a traversé les couloirs pieds nus, main dans la main. Dans le petit salon bleu, une pièce intime aux murs tendus de soie turquoise, la princesse douairière nous attendait, assise dans un fauteuil Louis XV, une tasse de thé à la main. Elle portait une robe en cachemire beige, élégante et simple. Quand elle nous a vus entrer en peignoir, encore ébouriffés et sentant le miel, elle a haussé un sourcil, mais un vrai sourire a éclairé son visage.
« Bonjour, messieurs. Asseyez-vous, je vous en prie. »
Clément m’a fait asseoir à côté de lui sur le canapé, sa main posée sur ma cuisse, possessive et rassurante.
Sa mère a posé sa tasse, nous a regardés longuement, puis a simplement dit :
« Léandre… je ne vais pas vous mentir, je ne m’attendais pas à ça. Mais mon fils a l’air plus heureux que je ne l’ai vu depuis des années. Alors je veux apprendre à vous connaître. Vraiment. »
Elle a souri, sincère, et pour la première fois depuis vingt-quatre heures, j’ai senti que tout pouvait peut-être s’arranger.
Clément a serré ma main plus fort. Et moi, j’ai souri en retour.
Elle a souri, sincère, et pour la première fois depuis vingt-quatre heures, j’ai senti que tout pouvait peut-être s’arranger. Clément a serré ma main plus fort. Et moi, j’ai souri en retour.
Élise de Bourgon a reposé sa tasse avec délicatesse, puis s’est penchée légèrement en avant, ses mains jointes sur ses genoux.
« Léandre… je vais être franche. Je ne m’attendais pas du tout à cela. Mon fils m’a parlé de quelqu’un, ces dernières semaines, mais jamais il n’a prononcé votre nom. Il disait seulement : « Il y a quelqu’un qui me voit autrement. » J’ai cru à une amourette passagère. Et puis hier soir, dans la chambre de mon beau-père… j’ai compris. »
Elle a marqué une pause, son regard passant de Clément à moi, doux mais sérieux.
« Le père de Clément, mon mari, le prince Alexandre, est mort il y a treize ans. Un accident d’hélicoptère dans les Alpes suisses. Clément avait seize ans. Du jour au lendemain, il est devenu l’héritier direct. Il n’a plus eu le droit d’être un adolescent. Il a porté la couronne avant même de la toucher. Depuis, il sourit rarement comme il sourit avec vous. »
Clément a baissé la tête, ses doigts entrelacés aux miens se crispant légèrement. Je l’ai serré en retour.
Élise a continué, la voix plus basse :
« Alors oui, je suis surprise. Oui, le roi est vieux jeu, il pense encore que la couronne ne survit que par le sang direct et une union traditionnelle. Mais moi, je suis une mère avant d’être une princesse douairière. Et je veux comprendre l’homme qui rend mon fils heureux. »
Elle s’est tue un instant, puis a souri avec une vraie curiosité.
« Parlez-moi de vous deux. Comment c’est vraiment commencé ? Qu’est-ce que vous ressentez l’un pour l’autre ? Et surtout… Léandre, quand avez-vous compris qui il était réellement ? »
J’ai pris une grande inspiration. Clément m’a caressé la nuque du bout des doigts, un geste lent et rassurant qui disait « vas-y, je suis là ».
« Je… je ne savais pas. Vraiment pas. Pour moi, il était juste Clément. Un client un peu mystérieux qui venait tous les soirs boire un expresso très fort à la même table. Un mec élégant, calme, qui écoutait mes chansons comme personne. Le soir où je lui ai renversé la tarte Tatin sur la tête, il a ri. Pas un rire poli, un vrai rire, libéré. Et c’est là que tout a commencé. »
Élise a souri, amusée.
« Il ne m’a jamais rien dit, » ai-je continué, la voix plus ferme. « Jamais. Il parlait de ses “obligations ennuyeuses”, de son grand-père vieux jeu, d’un fonds d’investissement… Je pensais qu’il était juste un riche un peu fatigué de sa vie. Et moi, j’étais juste heureux d’avoir quelqu’un qui me regardait comme si j’existais vraiment. On riait, on se promenait, on faisait l’amour comme deux hommes normaux. Je ne voyais pas le prince. Je voyais Clément. L’homme qui commande son café avec un nuage de lait, qui reste jusqu’à la fermeture pour m’écouter chanter, qui me tient la main sous la pluie. »
Clément m’a embrassé doucement sur la tempe, ses doigts glissant dans mes cheveux.
« Et puis hier soir, à l’hôpital… les gardes, les journalistes, la télé… tout s’est effondré. J’ai eu peur. Peur que ce ne soit qu’un jeu pour lui. Peur de ne pas être à la hauteur. Mais quand il m’a regardé, quand il a dit “je suis simplement Clément”… j’ai compris que c’était vrai. Il ne m’a jamais menti sur qui il était à l’intérieur. Juste sur le titre. »
Élise écoutait, les yeux brillants.
« Je l’aime, » ai-je dit simplement, en regardant Clément. « Pas le prince. Pas l’héritier. Je l’aime lui. L’homme qui rit quand je rate une note, qui mange des croissants par terre dans mon appartement minuscule, qui m’embrasse comme si le monde allait s’arrêter. Et oui, j’ai peur de tout ça… mais je l’aime assez pour essayer. »
Clément m’a serré contre lui, un sourire immense, ému, sur les lèvres.
Élise a hoché lentement la tête, une larme au coin de l’œil.
« Alors vous êtes exactement ce dont il a besoin. Et ce dont cette famille a besoin. Bienvenue, Léandre. Vraiment bienvenue. »
Elle s’est levée, s’est approchée, et m’a embrassé sur les deux joues, comme une mère accueille un fils.
Clément m’a enlacé plus fort, murmurant à mon oreille :
« Je t’aime. Merci d’être toi. »
Fin du chapitre 4.
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