Les nouveaux voisins (8)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Les nouveaux voisins (8)
Chapitre 8
Mon père a levé les yeux vers moi, son expression était indéchiffrable. Ma mère, elle, avait les yeux rougis, les mains serrées.
— Jimmy, viens ici. Assieds-toi, s'il te plaît, a dit mon père, sa voix était sans appel et incroyablement calme.
Je savais, à l'expression de leurs visages, à la présence des valises, et au ton de mon père, que cette conversation allait bien au-delà d'une simple dispute sur mon heure de rentrée ou d'une interdiction de sortie. C'était une crise majeure qui remettait en question tout mon avenir.
Le silence dans le salon était si lourd qu'il en devenait assourdissant. La seule chose qui respirait était la tristesse de ma mère et la colère contenue de mon père. Je me suis assis sur la chaise la plus proche, le dos droit, l'estomac noué.
J'allais commencer à bafouiller l'excuse préparée sur la soirée entre amis, quand mon père a pris la parole.
Sa voix n'était pas un cri, mais elle était glaciale, un ton que je n'avais jamais entendu, chargé d'une colère qui me paralysait.
— Ne dis rien, Jimmy. Je ne veux pas t'entendre mentir encore une fois.
Il s'est penché en avant, les mains sur les genoux. Ses yeux ne montraient aucune pitié.
— Tu nous as dit que tu passais la nuit chez ton ami. Hier soir, nous avons reçu un appel. Un autre appel, après la collègue de ta mère. Des gens qui nous connaissent et qui étaient dans la ville voisine.
Mon sang s'est figé. Le cinéma, la file d'attente...
— Ils t'ont vu. Ils t'ont vu dans la queue du cinéma, et ils t'ont vu sortir. Ils t'ont vu embrasser cet homme, Ivan. Un homme plus âgé que toi, Jimmy.
Mon père a fait claquer ses mots comme des coups de fouet.
— Qu'est-ce qui te passe par la tête ? Tu nous as fait passer pour des imbéciles ! Tu te rends compte de la honte ?
Ma mère pleurait en silence, sa tête baissée, les mains couvrant son visage. Je savais que sa peine était plus due à l'effondrement de la façade familiale qu'à ma disparition.
— Et ne me dis pas que c'est une relation d'affaires ou d'aide à l'emploi ! L'homme qui t'a vu m'a dit que vous étiez collés l'un à l'autre comme... comme des obsédés !
Le père a soudain hurlé, la retenue s'est brisée.
— Je ne veux pas de PD dans cette famille ! C'est clair ? C'est une abomination ! Tu sais très bien que notre foi, notre religion, n'accepte pas ça ! C'est contre nature ! Tu souilles tout ce que nous avons bâti ici !
La violence des mots m'a frappé comme une gifle physique. L'homophobie et la religion étaient l'arme qu'il utilisait pour me détruire.
— Papa, s'il te plaît, ai-je réussi à articuler, ma voix est faible et brisée. J'essaie de me défendre.
— Tu n'as rien à défendre ! Tu as choisi. Tu as choisi la perversion, le mensonge !
— Je l'aime, Papa ! C'est la première fois que je me sens bien, que je suis moi-même ! Il est la seule personne qui me respecte !
Mon père a bondi de sa chaise.
— Je ne veux rien savoir de tes sentiments ! L'amour, ça, ce n'est pas de l'amour ! Je suis dégoûté, Jimmy ! Regarde ce que tu as fait à ta mère !
Il a pointé les valises à côté de lui, son verdict est tombé, définitif et cruel.
— Je ne veux plus de toi dans cette maison. Tu as choisi cette vie, tu as choisi cet homme. Tu ne rentreras plus ici. Prends tes affaires et pars. Maintenant.
La phrase résonnait dans mes oreilles, irréelle. Le rejet était total. Je sentais les larmes monter, mais je me suis forcé à rester digne. Mon père venait de choisir l'apparence et la religion au détriment de son propre fils.
Je me suis levé, regardant ma mère qui ne disait rien, pleurant dans ses mains. Je n'ai eu droit à aucune défense, à aucune chance de m'expliquer.
J'ai juste hoché la tête, la rage et la tristesse me dévorant. Mon cœur était en miettes.
Mon père a pris les valises qui se tenaient à côté de lui. Il n'a pas attendu. Il s'est dirigé d'un pas sec vers la porte d'entrée, l'a ouverte avec violence, et a jeté mes valises dehors sur le trottoir. Les roulettes ont claqué sur le béton, un son brutal et définitif qui marquait la fin de ma vie ici.
— Pars immédiatement ! m'a-t-il hurlé, son visage est déformé par la fureur. Sinon, je te fais la même chose qu'avec ces saletés !
Je ne pouvais pas y croire. L'homme que j'avais connu toute ma vie, mon père, me chassait. Mes yeux se sont remplis de larmes. Je me suis tourné vers ma mère, qui était toujours en pleurs, affaissée sur le canapé.
— Maman ! s'il te plaît ! Aide-moi !
J'ai tenté de m'approcher d'elle, cherchant un regard, un geste de réconfort, mais mon père s'est approché dangereusement de moi. Il m'a attrapé fermement par le bras, sa poigne est douloureuse.
— Ne la touche pas ! Laisse-la tranquille !
Il m'a traîné sans ménagement vers la porte. Malgré ma résistance, ma faiblesse face à sa rage était totale. Il m'a poussé dehors sur le perron, me faisant trébucher et tomber presque au milieu de mes affaires.
— Ne reviens jamais ici ! a-t-il crié, la haine dans sa voix.
Puis, il a claqué la porte derrière moi avec une force qui a fait trembler les vitres.
Je me suis retrouvé seul sur le trottoir, au milieu de la journée, sans rien d'autre que les vêtements que je portais. J'ai entendu le bruit des passants dans la rue, mais ils détournaient le regard, gênés, accélérant le pas, ignorant ma détresse.
J'ai ramassé mes valises, mes larmes coulaient sur le visage. La honte, la colère, la douleur. Je ne voulais pas aller chez Ivan tout de suite. J'étais trop en colère contre l'injustice, trop triste pour lui infliger ma détresse brute. J'avais besoin de souffler.
J'ai traîné mes valises jusqu'à l'arrêt de bus en bas du quartier. Je me suis assis sur le banc, et j'ai continué à pleurer, laissant tout sortir. Les bus passaient et s'arrêtaient, mais je ne montais pas. Je restais figé, sans but, l'esprit vide.
Au bout d'un long moment, une voiture s'est approchée. C'était une petite citadine. Elle a ralenti, puis s'est arrêtée à ma hauteur.
La porte s'est ouverte et Morgane en est sortie en courant. Elle avait l'air paniquée et n'a pas perdu de temps. Elle m'a vu, assis là, en larmes, avec mes valises.
— Jimmy ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? Qu'est-ce qui se passe ? Je t'ai vu de loin, je n'en croyais pas mes yeux !
Je ne pouvais pas m'arrêter de pleurer. J'ai pris une grande inspiration, essayant de formuler ma peine.
— Mes parents... ils m'ont foutu dehors.
— Quoi ? Mais pourquoi ?
— Parce que... ils ne veulent pas de PD chez eux.
L'expression de Morgane est passée de l'inquiétude à une fureur froide. Elle n'a pas posé d'autres questions. Sans un mot de plus, elle a ramassé mes valises avec une force surprenante et les a mises dans le coffre de sa voiture.
— On ne reste pas là, m'a-t-elle dit, sa voix est ferme et protectrice. On va boire un café.
Elle m'a forcé à monter. Au lieu de se diriger vers la maison d'Ivan ou la sienne, elle a roulé jusqu'à un petit café discret un peu plus loin, me donnant le temps de me calmer et de reprendre mes esprits.
Une fois installés, une tasse fumante entre les mains, elle a entamé la discussion, sa voix est douce mais déterminée.
— Écoute-moi, Jimmy. Ce qui t'arrive est horrible et inadmissible. Ces gens-là ne méritent pas tes larmes. Ils t'aiment, peut-être, mais ils aiment plus leur façade et leur dogme.
— Où... où est-ce que je vais aller ? J'ai nulle part où aller.
— Tu arrêtes ça tout de suite. Évidemment que tu as un endroit où aller. Tu vas venir chez Ivan. Il t'aime. Il va te vouloir à ses côtés, et il te le dira dès qu'on le joindra.
— Je ne sais pas s'il peut... me prendre comme ça. Ce n'est pas le plan. Et s'il dit non ?
— Il ne dira pas non, Jimmy. Je le connais, il va dire oui. Il ne te laissera pas une seconde à la rue. Il va juste être en colère contre moi de ne pas l'avoir prévenu plus tôt – je n'avais aucune idée de ce qui se passait avant de te voir là – mais il comprendra. C'est le moment d'accepter l'aide, Jimmy. C'est le moment d'accepter qu'il est là pour toi.
— Mais ça va changer sa vie, non ? Je ne veux pas être un fardeau.
— Sa vie a déjà changé. Et la tienne vient de s'accélérer. Regarde-moi. Ivan est l'homme le plus loyal que je connaisse. Il va s'organiser. On va t'aider à trouver ce travail que tu voulais pour avoir ton indépendance. Et ce sera plus facile de le chercher en étant en sécurité. On va t'épauler. Ensemble, on va faire de cette journée la première de ta nouvelle vie.
Morgane a continué de me parler de la force de notre amour, de la nécessité de transformer cette douleur en force, et de se battre pour mon indépendance. Chaque mot était un baume, me reconstruisant morceau par morceau.
— Maintenant, on appelle Ivan. Il est parti à la banque chercher des documents importants.
Elle a pris son téléphone, son regard m'a assuré : l'étape la plus difficile était passée. J'étais seul, rejeté, mais j'avais Morgane, et bientôt, Ivan.
J’étais assis dans la voiture de Morgane, brisé. Le choc de l'appel à Ivan a été immédiat. Je savais que l'information – moi, jeté dehors – allait le frapper de plein fouet.
Morgane a pris la route et m'a ramené directement dans leur maison. En arrivant devant cette grande demeure, l'angoisse s'est mêlée au soulagement. Mes valises ont été déposées dans le hall, symboles lourds de ma vie passée et de mon incertitude présente. Morgane m'a guidé vers le salon.
— Tu t'assois, tu respires. Ivan arrive. Il va être... très énervé, mais pas contre toi.
À peine avions-nous le temps de nous installer qu'un bruit assourdissant a déchiré le calme du quartier. La voiture d'Ivan est arrivée en trombe, les pneus crissant sur le bitume de l'allée. Il était rentré comme un fou, ne s'attendant pas à trouver son homme en détresse si rapidement dans sa maison.
Il a ouvert la porte d'entrée avec une violence inouïe. Son visage était une grimace de fureur pure. Il ne m'a pas regardé tout de suite. Il s'est tourné vers Morgane, le corps tendu.
— Où est ce lâche ? Je vais le retrouver ! Je vais lui casser la gueule à ce salaud ! Il va regretter d'avoir touché mon homme !
Ivan a fait un pas vers la porte, prêt à retourner à ma rue. Morgane l'a arrêté immédiatement, se mettant devant lui et le poussant fermement.
— Stop, Ivan ! Tu ne feras rien ! Tu ne vas pas ruiner ta carrière et risquer la prison pour ce trou du cul ! Jimmy a besoin de toi ici, calme et protecteur. Pas dans une cellule.
La voix de Morgane, ferme et autoritaire, a réussi à percer la rage d'Ivan. Il a refermé les yeux, serrant les poings, puis il a pris une profonde inspiration et s'est tourné vers moi.
En me voyant, tout ce feu s'est éteint, remplacé par une immense tristesse et une tendresse qui m'a dévasté. J'étais là, recroquevillé sur le canapé, les yeux rouges et les épaules secouées par des sanglots incontrôlables.
Ivan a ignoré Morgane et le chaos ambiant. Il est venu vers moi.
— Mon amour. Oh, mon Dieu, mon amour.
Il s'est agenouillé devant moi et m'a pris doucement dans ses bras. J'ai éclaté à nouveau en pleurs, mon corps s'est abandonné à sa chaleur. Je me suis accroché à lui, cherchant le seul endroit sûr que je connaissais désormais.
— Je suis là, Jimmy. Tu es en sécurité.
Morgane s'est discrètement éclipsée vers la cuisine, annonçant qu'elle allait préparer le dîner. Elle nous laissait notre intimité pour la première fois dans ce refuge.
Ivan m'a porté dans sa chambre et m'a allongé sur son grand lit. Je me suis niché contre lui, pleurant la perte de ma famille et la violence de leur rejet.
— Écoute-moi, Jimmy, m'a-t-il dit, me caressant les cheveux et les joues.
Il m'a murmuré des mots doux, tendres et réconfortants, me berçant doucement.
— Tu es ici chez toi, maintenant. Absolument chez toi. Je ne te laisserai plus jamais partir. Tu vas rester à la maison, à mes côtés, c'est notre décision. — Tu ne te sentiras jamais un fardeau. Au contraire. Ta présence est le plus beau cadeau. Tu es ma plus grande victoire. — Ce qu'ils ont fait est horrible, mais c'est leur faiblesse, pas la tienne. Tu es courageux. Tu es mon courage. — Tu n'as plus à t'inquiéter de tes parents. Ils ne t'atteindront plus ici. C'est fini, toute cette histoire est derrière nous. — Maintenant, nous sommes une équipe. Tu es ma famille. — Dès demain matin, nous nous mettrons ensemble à la recherche de ce travail dont tu rêves. On va te trouver un endroit pour t'épanouir. On va construire une vie où tu pourras être toi-même, librement, sans peur. — Tu es la personne que j'aime le plus au monde. Je t'aime, Jimmy. Ne pleure plus, s'il te plaît.
Il a essuyé mes larmes avec son pouce, puis a posé un long baiser sur mon front.
Nous sommes restés un long moment sur le lit. Mes sanglots se sont transformés en soupirs. Le contact d'Ivan était une ancre. J'étais triste, brisé, mais je n'étais pas seul. J'étais dans les bras de l'homme qui venait de me donner un foyer.
Je m'étais finalement calmé. L'épuisement émotionnel était immense. Ivan était toujours assis sur le lit, me berçant doucement. J'avais trouvé une position qui m'était devenue vitale : ma tête sur ses genoux, son corps servant de bouclier contre le monde. Il ne bougeait plus, me laissant le temps d'assimiler la violence de l'expulsion. Je sentais la chaleur de sa main sur mes cheveux, puis son souffle doux, et je me suis endormi au milieu de l'après-midi, un sommeil lourd, le premier moment de paix véritable depuis mon départ.
Quand je me suis réveillé, le soleil avait disparu et la lumière du soir filtrait à travers les rideaux. Ivan était toujours là, immuable, une présence solide. Je sentais ses genoux engourdis sous ma tête. Il me regardait avec une tendresse infinie.
— Tu as bien dormi, mon amour, a-t-il murmuré.
— Je suis désolé, tes jambes doivent être mortes.
— Elles ne sentent rien. Je ne voulais pas te réveiller.
Nous sommes restés quelques minutes encore dans ce silence précieux. C'était la preuve qu'il m'aimait : cette patience, ce don de soi silencieux.
Le soir arrivé, la porte de la chambre s'est ouverte doucement. C'était Morgane. Elle portait son éternel sourire, teinté cette fois d'une douceur protectrice.
— Les gars, vous allez rester au lit toute la soirée ? L'odeur du dîner devrait vous motiver. Venez à table.
J'ai dû me résoudre à me lever. Mon corps était lourd. Je n'avais aucune faim. Mon estomac était toujours noué par l'angoisse.
— Je... je n'ai pas très faim, Morgane. Je crois que je vais rester ici.
— Non, non, non, m'a-t-elle coupée, sa voix est ferme mais sans agressivité. On a eu une après-midi pleine de larmes et de drames. Maintenant, on mange. C'est la règle de la maison : on recharge les batteries avant d'entamer la reconstruction. Et puis, j'ai une idée, mais il faut que vous soyez deux pour en discuter. Allez, lève-toi, Jimmy.
Ivan m'a aidé à me lever et nous sommes allés à la cuisine.
À table, l'atmosphère était plus légère qu'elle ne l'aurait été dans ma propre maison. Nous avons mangé un plat simple mais délicieux préparé par Morgane. Ivan et Morgane ont parlé de choses banales au début, pour me laisser le temps de décompresser, mais j'ai fini par me détendre et prendre quelques bouchées.
Puis, Morgane s'est éclairci la gorge, le sourire un peu plus large.
— Bon. Maintenant qu'on a le ventre plein, parlons de l'avenir. Ivan, tu es déjà en train de préparer une liste de contacts. C'est bien. Mais Jimmy, je crois que j'ai une piste très concrète, immédiatement.
J'ai levé les yeux, attentif.
— L'école primaire où je travaille – l'école Flaubert, vous savez que je suis la Directrice – a un besoin urgent de personnel. Pas pour l'enseignement pur, mais pour l'encadrement.
Elle a marqué une pause, nous fixant tous les deux.
— Plus précisément, nous cherchons désespérément un auxiliaire de vie scolaire (AVS). C'est un travail de soutien auprès des enfants handicapés ou ayant des besoins particuliers. C'est humain, c'est utile, et c'est un poste de la fonction publique, donc avec des horaires fixes. Tu aimes les enfants, non ?
L'idée m'a frappé de plein fouet. Ce n'était pas l'emploi de bureau auquel j'avais rêvé, mais c'était la stabilité, l'indépendance, et surtout, une chance d'aider.
— Mais... est-ce que c'est possible ? J'ai un profil plutôt commercial. Je n'ai aucune expérience dans l'éducation.
— Ça, c'est le travail que tes parents voulaient pour toi. Ça, c'est un travail qui a du sens. Étant la directrice, je sais que nous avons des difficultés à recruter. Je peux appuyer ton dossier et témoigner de ta responsabilité. C'est un engagement moral qui me tient à cœur. Je peux faire la demande officielle dès demain matin, et insister pour que ton dossier soit traité en urgence. Ça te donnerait un cadre stable et un revenu rapidement.
J'ai senti une chaleur nouvelle, celle de l'espoir. J'ai souri, le premier sourire sincère depuis des heures.
— Morgane... je ne sais pas comment te remercier. Ce serait incroyable. C'est exactement ce qu'il me faut pour prendre mon envol.
— Tu me remercieras en obtenant le poste et en devenant indépendant, a-t-elle répondu en riant.
Ivan a pris ma main sous la table, son regard est fier.
— C'est une excellente idée, Morgane. C'est une voie stable pour commencer. On fonce.
Le reste du dîner se passa tranquillement, la conversation tournant autour des modalités pratiques de ma nouvelle vie professionnelle et des anecdotes sur l'école.
Après le repas, nous nous sommes installés dans le salon. Morgane a préparé une tisane pour elle et un chocolat chaud pour nous. La télévision était allumée sur un vieux film, mais personne ne le regardait vraiment.
Je me suis niché dans les bras d'Ivan, sur le canapé. Je me suis senti petit, fragile, mais infiniment aimé. Morgane nous regardait en souriant, assise à côté de nous, son sourire prouvant que notre présence, notre amour, était accepté et naturel ici.
Ivan n'arrêtait pas. Il me faisait des caresses tendres sur la nuque, me chuchotait des encouragements à l'oreille, et déposait des tendres baisers sur mes cheveux et mon front. C'était sa manière de me réparer, de me rappeler que si mes parents m'avaient rejeté, j'étais désiré et chéri ici.
Je me suis endormi à nouveau, bercé par la chaleur et la sécurité d'Ivan, le bruit doux de la télévision et la présence bienveillante de Morgane.
Fin du chapitre 8.
Mon père a levé les yeux vers moi, son expression était indéchiffrable. Ma mère, elle, avait les yeux rougis, les mains serrées.
— Jimmy, viens ici. Assieds-toi, s'il te plaît, a dit mon père, sa voix était sans appel et incroyablement calme.
Je savais, à l'expression de leurs visages, à la présence des valises, et au ton de mon père, que cette conversation allait bien au-delà d'une simple dispute sur mon heure de rentrée ou d'une interdiction de sortie. C'était une crise majeure qui remettait en question tout mon avenir.
Le silence dans le salon était si lourd qu'il en devenait assourdissant. La seule chose qui respirait était la tristesse de ma mère et la colère contenue de mon père. Je me suis assis sur la chaise la plus proche, le dos droit, l'estomac noué.
J'allais commencer à bafouiller l'excuse préparée sur la soirée entre amis, quand mon père a pris la parole.
Sa voix n'était pas un cri, mais elle était glaciale, un ton que je n'avais jamais entendu, chargé d'une colère qui me paralysait.
— Ne dis rien, Jimmy. Je ne veux pas t'entendre mentir encore une fois.
Il s'est penché en avant, les mains sur les genoux. Ses yeux ne montraient aucune pitié.
— Tu nous as dit que tu passais la nuit chez ton ami. Hier soir, nous avons reçu un appel. Un autre appel, après la collègue de ta mère. Des gens qui nous connaissent et qui étaient dans la ville voisine.
Mon sang s'est figé. Le cinéma, la file d'attente...
— Ils t'ont vu. Ils t'ont vu dans la queue du cinéma, et ils t'ont vu sortir. Ils t'ont vu embrasser cet homme, Ivan. Un homme plus âgé que toi, Jimmy.
Mon père a fait claquer ses mots comme des coups de fouet.
— Qu'est-ce qui te passe par la tête ? Tu nous as fait passer pour des imbéciles ! Tu te rends compte de la honte ?
Ma mère pleurait en silence, sa tête baissée, les mains couvrant son visage. Je savais que sa peine était plus due à l'effondrement de la façade familiale qu'à ma disparition.
— Et ne me dis pas que c'est une relation d'affaires ou d'aide à l'emploi ! L'homme qui t'a vu m'a dit que vous étiez collés l'un à l'autre comme... comme des obsédés !
Le père a soudain hurlé, la retenue s'est brisée.
— Je ne veux pas de PD dans cette famille ! C'est clair ? C'est une abomination ! Tu sais très bien que notre foi, notre religion, n'accepte pas ça ! C'est contre nature ! Tu souilles tout ce que nous avons bâti ici !
La violence des mots m'a frappé comme une gifle physique. L'homophobie et la religion étaient l'arme qu'il utilisait pour me détruire.
— Papa, s'il te plaît, ai-je réussi à articuler, ma voix est faible et brisée. J'essaie de me défendre.
— Tu n'as rien à défendre ! Tu as choisi. Tu as choisi la perversion, le mensonge !
— Je l'aime, Papa ! C'est la première fois que je me sens bien, que je suis moi-même ! Il est la seule personne qui me respecte !
Mon père a bondi de sa chaise.
— Je ne veux rien savoir de tes sentiments ! L'amour, ça, ce n'est pas de l'amour ! Je suis dégoûté, Jimmy ! Regarde ce que tu as fait à ta mère !
Il a pointé les valises à côté de lui, son verdict est tombé, définitif et cruel.
— Je ne veux plus de toi dans cette maison. Tu as choisi cette vie, tu as choisi cet homme. Tu ne rentreras plus ici. Prends tes affaires et pars. Maintenant.
La phrase résonnait dans mes oreilles, irréelle. Le rejet était total. Je sentais les larmes monter, mais je me suis forcé à rester digne. Mon père venait de choisir l'apparence et la religion au détriment de son propre fils.
Je me suis levé, regardant ma mère qui ne disait rien, pleurant dans ses mains. Je n'ai eu droit à aucune défense, à aucune chance de m'expliquer.
J'ai juste hoché la tête, la rage et la tristesse me dévorant. Mon cœur était en miettes.
Mon père a pris les valises qui se tenaient à côté de lui. Il n'a pas attendu. Il s'est dirigé d'un pas sec vers la porte d'entrée, l'a ouverte avec violence, et a jeté mes valises dehors sur le trottoir. Les roulettes ont claqué sur le béton, un son brutal et définitif qui marquait la fin de ma vie ici.
— Pars immédiatement ! m'a-t-il hurlé, son visage est déformé par la fureur. Sinon, je te fais la même chose qu'avec ces saletés !
Je ne pouvais pas y croire. L'homme que j'avais connu toute ma vie, mon père, me chassait. Mes yeux se sont remplis de larmes. Je me suis tourné vers ma mère, qui était toujours en pleurs, affaissée sur le canapé.
— Maman ! s'il te plaît ! Aide-moi !
J'ai tenté de m'approcher d'elle, cherchant un regard, un geste de réconfort, mais mon père s'est approché dangereusement de moi. Il m'a attrapé fermement par le bras, sa poigne est douloureuse.
— Ne la touche pas ! Laisse-la tranquille !
Il m'a traîné sans ménagement vers la porte. Malgré ma résistance, ma faiblesse face à sa rage était totale. Il m'a poussé dehors sur le perron, me faisant trébucher et tomber presque au milieu de mes affaires.
— Ne reviens jamais ici ! a-t-il crié, la haine dans sa voix.
Puis, il a claqué la porte derrière moi avec une force qui a fait trembler les vitres.
Je me suis retrouvé seul sur le trottoir, au milieu de la journée, sans rien d'autre que les vêtements que je portais. J'ai entendu le bruit des passants dans la rue, mais ils détournaient le regard, gênés, accélérant le pas, ignorant ma détresse.
J'ai ramassé mes valises, mes larmes coulaient sur le visage. La honte, la colère, la douleur. Je ne voulais pas aller chez Ivan tout de suite. J'étais trop en colère contre l'injustice, trop triste pour lui infliger ma détresse brute. J'avais besoin de souffler.
J'ai traîné mes valises jusqu'à l'arrêt de bus en bas du quartier. Je me suis assis sur le banc, et j'ai continué à pleurer, laissant tout sortir. Les bus passaient et s'arrêtaient, mais je ne montais pas. Je restais figé, sans but, l'esprit vide.
Au bout d'un long moment, une voiture s'est approchée. C'était une petite citadine. Elle a ralenti, puis s'est arrêtée à ma hauteur.
La porte s'est ouverte et Morgane en est sortie en courant. Elle avait l'air paniquée et n'a pas perdu de temps. Elle m'a vu, assis là, en larmes, avec mes valises.
— Jimmy ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? Qu'est-ce qui se passe ? Je t'ai vu de loin, je n'en croyais pas mes yeux !
Je ne pouvais pas m'arrêter de pleurer. J'ai pris une grande inspiration, essayant de formuler ma peine.
— Mes parents... ils m'ont foutu dehors.
— Quoi ? Mais pourquoi ?
— Parce que... ils ne veulent pas de PD chez eux.
L'expression de Morgane est passée de l'inquiétude à une fureur froide. Elle n'a pas posé d'autres questions. Sans un mot de plus, elle a ramassé mes valises avec une force surprenante et les a mises dans le coffre de sa voiture.
— On ne reste pas là, m'a-t-elle dit, sa voix est ferme et protectrice. On va boire un café.
Elle m'a forcé à monter. Au lieu de se diriger vers la maison d'Ivan ou la sienne, elle a roulé jusqu'à un petit café discret un peu plus loin, me donnant le temps de me calmer et de reprendre mes esprits.
Une fois installés, une tasse fumante entre les mains, elle a entamé la discussion, sa voix est douce mais déterminée.
— Écoute-moi, Jimmy. Ce qui t'arrive est horrible et inadmissible. Ces gens-là ne méritent pas tes larmes. Ils t'aiment, peut-être, mais ils aiment plus leur façade et leur dogme.
— Où... où est-ce que je vais aller ? J'ai nulle part où aller.
— Tu arrêtes ça tout de suite. Évidemment que tu as un endroit où aller. Tu vas venir chez Ivan. Il t'aime. Il va te vouloir à ses côtés, et il te le dira dès qu'on le joindra.
— Je ne sais pas s'il peut... me prendre comme ça. Ce n'est pas le plan. Et s'il dit non ?
— Il ne dira pas non, Jimmy. Je le connais, il va dire oui. Il ne te laissera pas une seconde à la rue. Il va juste être en colère contre moi de ne pas l'avoir prévenu plus tôt – je n'avais aucune idée de ce qui se passait avant de te voir là – mais il comprendra. C'est le moment d'accepter l'aide, Jimmy. C'est le moment d'accepter qu'il est là pour toi.
— Mais ça va changer sa vie, non ? Je ne veux pas être un fardeau.
— Sa vie a déjà changé. Et la tienne vient de s'accélérer. Regarde-moi. Ivan est l'homme le plus loyal que je connaisse. Il va s'organiser. On va t'aider à trouver ce travail que tu voulais pour avoir ton indépendance. Et ce sera plus facile de le chercher en étant en sécurité. On va t'épauler. Ensemble, on va faire de cette journée la première de ta nouvelle vie.
Morgane a continué de me parler de la force de notre amour, de la nécessité de transformer cette douleur en force, et de se battre pour mon indépendance. Chaque mot était un baume, me reconstruisant morceau par morceau.
— Maintenant, on appelle Ivan. Il est parti à la banque chercher des documents importants.
Elle a pris son téléphone, son regard m'a assuré : l'étape la plus difficile était passée. J'étais seul, rejeté, mais j'avais Morgane, et bientôt, Ivan.
J’étais assis dans la voiture de Morgane, brisé. Le choc de l'appel à Ivan a été immédiat. Je savais que l'information – moi, jeté dehors – allait le frapper de plein fouet.
Morgane a pris la route et m'a ramené directement dans leur maison. En arrivant devant cette grande demeure, l'angoisse s'est mêlée au soulagement. Mes valises ont été déposées dans le hall, symboles lourds de ma vie passée et de mon incertitude présente. Morgane m'a guidé vers le salon.
— Tu t'assois, tu respires. Ivan arrive. Il va être... très énervé, mais pas contre toi.
À peine avions-nous le temps de nous installer qu'un bruit assourdissant a déchiré le calme du quartier. La voiture d'Ivan est arrivée en trombe, les pneus crissant sur le bitume de l'allée. Il était rentré comme un fou, ne s'attendant pas à trouver son homme en détresse si rapidement dans sa maison.
Il a ouvert la porte d'entrée avec une violence inouïe. Son visage était une grimace de fureur pure. Il ne m'a pas regardé tout de suite. Il s'est tourné vers Morgane, le corps tendu.
— Où est ce lâche ? Je vais le retrouver ! Je vais lui casser la gueule à ce salaud ! Il va regretter d'avoir touché mon homme !
Ivan a fait un pas vers la porte, prêt à retourner à ma rue. Morgane l'a arrêté immédiatement, se mettant devant lui et le poussant fermement.
— Stop, Ivan ! Tu ne feras rien ! Tu ne vas pas ruiner ta carrière et risquer la prison pour ce trou du cul ! Jimmy a besoin de toi ici, calme et protecteur. Pas dans une cellule.
La voix de Morgane, ferme et autoritaire, a réussi à percer la rage d'Ivan. Il a refermé les yeux, serrant les poings, puis il a pris une profonde inspiration et s'est tourné vers moi.
En me voyant, tout ce feu s'est éteint, remplacé par une immense tristesse et une tendresse qui m'a dévasté. J'étais là, recroquevillé sur le canapé, les yeux rouges et les épaules secouées par des sanglots incontrôlables.
Ivan a ignoré Morgane et le chaos ambiant. Il est venu vers moi.
— Mon amour. Oh, mon Dieu, mon amour.
Il s'est agenouillé devant moi et m'a pris doucement dans ses bras. J'ai éclaté à nouveau en pleurs, mon corps s'est abandonné à sa chaleur. Je me suis accroché à lui, cherchant le seul endroit sûr que je connaissais désormais.
— Je suis là, Jimmy. Tu es en sécurité.
Morgane s'est discrètement éclipsée vers la cuisine, annonçant qu'elle allait préparer le dîner. Elle nous laissait notre intimité pour la première fois dans ce refuge.
Ivan m'a porté dans sa chambre et m'a allongé sur son grand lit. Je me suis niché contre lui, pleurant la perte de ma famille et la violence de leur rejet.
— Écoute-moi, Jimmy, m'a-t-il dit, me caressant les cheveux et les joues.
Il m'a murmuré des mots doux, tendres et réconfortants, me berçant doucement.
— Tu es ici chez toi, maintenant. Absolument chez toi. Je ne te laisserai plus jamais partir. Tu vas rester à la maison, à mes côtés, c'est notre décision. — Tu ne te sentiras jamais un fardeau. Au contraire. Ta présence est le plus beau cadeau. Tu es ma plus grande victoire. — Ce qu'ils ont fait est horrible, mais c'est leur faiblesse, pas la tienne. Tu es courageux. Tu es mon courage. — Tu n'as plus à t'inquiéter de tes parents. Ils ne t'atteindront plus ici. C'est fini, toute cette histoire est derrière nous. — Maintenant, nous sommes une équipe. Tu es ma famille. — Dès demain matin, nous nous mettrons ensemble à la recherche de ce travail dont tu rêves. On va te trouver un endroit pour t'épanouir. On va construire une vie où tu pourras être toi-même, librement, sans peur. — Tu es la personne que j'aime le plus au monde. Je t'aime, Jimmy. Ne pleure plus, s'il te plaît.
Il a essuyé mes larmes avec son pouce, puis a posé un long baiser sur mon front.
Nous sommes restés un long moment sur le lit. Mes sanglots se sont transformés en soupirs. Le contact d'Ivan était une ancre. J'étais triste, brisé, mais je n'étais pas seul. J'étais dans les bras de l'homme qui venait de me donner un foyer.
Je m'étais finalement calmé. L'épuisement émotionnel était immense. Ivan était toujours assis sur le lit, me berçant doucement. J'avais trouvé une position qui m'était devenue vitale : ma tête sur ses genoux, son corps servant de bouclier contre le monde. Il ne bougeait plus, me laissant le temps d'assimiler la violence de l'expulsion. Je sentais la chaleur de sa main sur mes cheveux, puis son souffle doux, et je me suis endormi au milieu de l'après-midi, un sommeil lourd, le premier moment de paix véritable depuis mon départ.
Quand je me suis réveillé, le soleil avait disparu et la lumière du soir filtrait à travers les rideaux. Ivan était toujours là, immuable, une présence solide. Je sentais ses genoux engourdis sous ma tête. Il me regardait avec une tendresse infinie.
— Tu as bien dormi, mon amour, a-t-il murmuré.
— Je suis désolé, tes jambes doivent être mortes.
— Elles ne sentent rien. Je ne voulais pas te réveiller.
Nous sommes restés quelques minutes encore dans ce silence précieux. C'était la preuve qu'il m'aimait : cette patience, ce don de soi silencieux.
Le soir arrivé, la porte de la chambre s'est ouverte doucement. C'était Morgane. Elle portait son éternel sourire, teinté cette fois d'une douceur protectrice.
— Les gars, vous allez rester au lit toute la soirée ? L'odeur du dîner devrait vous motiver. Venez à table.
J'ai dû me résoudre à me lever. Mon corps était lourd. Je n'avais aucune faim. Mon estomac était toujours noué par l'angoisse.
— Je... je n'ai pas très faim, Morgane. Je crois que je vais rester ici.
— Non, non, non, m'a-t-elle coupée, sa voix est ferme mais sans agressivité. On a eu une après-midi pleine de larmes et de drames. Maintenant, on mange. C'est la règle de la maison : on recharge les batteries avant d'entamer la reconstruction. Et puis, j'ai une idée, mais il faut que vous soyez deux pour en discuter. Allez, lève-toi, Jimmy.
Ivan m'a aidé à me lever et nous sommes allés à la cuisine.
À table, l'atmosphère était plus légère qu'elle ne l'aurait été dans ma propre maison. Nous avons mangé un plat simple mais délicieux préparé par Morgane. Ivan et Morgane ont parlé de choses banales au début, pour me laisser le temps de décompresser, mais j'ai fini par me détendre et prendre quelques bouchées.
Puis, Morgane s'est éclairci la gorge, le sourire un peu plus large.
— Bon. Maintenant qu'on a le ventre plein, parlons de l'avenir. Ivan, tu es déjà en train de préparer une liste de contacts. C'est bien. Mais Jimmy, je crois que j'ai une piste très concrète, immédiatement.
J'ai levé les yeux, attentif.
— L'école primaire où je travaille – l'école Flaubert, vous savez que je suis la Directrice – a un besoin urgent de personnel. Pas pour l'enseignement pur, mais pour l'encadrement.
Elle a marqué une pause, nous fixant tous les deux.
— Plus précisément, nous cherchons désespérément un auxiliaire de vie scolaire (AVS). C'est un travail de soutien auprès des enfants handicapés ou ayant des besoins particuliers. C'est humain, c'est utile, et c'est un poste de la fonction publique, donc avec des horaires fixes. Tu aimes les enfants, non ?
L'idée m'a frappé de plein fouet. Ce n'était pas l'emploi de bureau auquel j'avais rêvé, mais c'était la stabilité, l'indépendance, et surtout, une chance d'aider.
— Mais... est-ce que c'est possible ? J'ai un profil plutôt commercial. Je n'ai aucune expérience dans l'éducation.
— Ça, c'est le travail que tes parents voulaient pour toi. Ça, c'est un travail qui a du sens. Étant la directrice, je sais que nous avons des difficultés à recruter. Je peux appuyer ton dossier et témoigner de ta responsabilité. C'est un engagement moral qui me tient à cœur. Je peux faire la demande officielle dès demain matin, et insister pour que ton dossier soit traité en urgence. Ça te donnerait un cadre stable et un revenu rapidement.
J'ai senti une chaleur nouvelle, celle de l'espoir. J'ai souri, le premier sourire sincère depuis des heures.
— Morgane... je ne sais pas comment te remercier. Ce serait incroyable. C'est exactement ce qu'il me faut pour prendre mon envol.
— Tu me remercieras en obtenant le poste et en devenant indépendant, a-t-elle répondu en riant.
Ivan a pris ma main sous la table, son regard est fier.
— C'est une excellente idée, Morgane. C'est une voie stable pour commencer. On fonce.
Le reste du dîner se passa tranquillement, la conversation tournant autour des modalités pratiques de ma nouvelle vie professionnelle et des anecdotes sur l'école.
Après le repas, nous nous sommes installés dans le salon. Morgane a préparé une tisane pour elle et un chocolat chaud pour nous. La télévision était allumée sur un vieux film, mais personne ne le regardait vraiment.
Je me suis niché dans les bras d'Ivan, sur le canapé. Je me suis senti petit, fragile, mais infiniment aimé. Morgane nous regardait en souriant, assise à côté de nous, son sourire prouvant que notre présence, notre amour, était accepté et naturel ici.
Ivan n'arrêtait pas. Il me faisait des caresses tendres sur la nuque, me chuchotait des encouragements à l'oreille, et déposait des tendres baisers sur mes cheveux et mon front. C'était sa manière de me réparer, de me rappeler que si mes parents m'avaient rejeté, j'étais désiré et chéri ici.
Je me suis endormi à nouveau, bercé par la chaleur et la sécurité d'Ivan, le bruit doux de la télévision et la présence bienveillante de Morgane.
Fin du chapitre 8.
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3 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Malheureusement des jeunes le vivent encore actuellement
Très jolie histoire ! Mais une histoire qu'on ne devrait jamais vivre !! Merci
Voilà un nouveau départ pour Jimmy, après l'odieux visage de l'homophobie!
