Mémoire d'Escorte E18 (Fin)

- Par l'auteur HDS Miss_Sexcret -
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 10-10-2026 dans la catégorie Entre-nous, hommes et femmes
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Et me voilà, je suis à genoux sur le béton froid d’un parking souterrain, les mains appuyées contre le capot d’une berline noire. Derrière moi, le directeur du lycée

— un vrai, celui qui signe les bulletins et préside les conseils de discipline

— me prend avec une régularité de métronome. Sa cravate est encore nouée. Sa chemise blanche est à peine froissée. Moi, j’ai la jupe plissée relevée jusqu’à la taille, des collants blancs baissés aux chevilles et une seule ballerine, les cheveux attachés avec une queue de cheval.

— Plus fort, Monsieur le Directeur… punissez-moi…

Il gémit. Je sens qu’il va bientôt jouir.

*Note mentale : il y a six mois. Un ministre fou m’avait pourchassé avec une ceinture à travers un appartement Haussmannien et je m’étais retrouvé dans une salle de bains verrouillée, dix jours sans travailler, puis tout a repris. Et me voilà de nouveau à faire la petite lycéenne de troisième qui se fait sodomiser par son proviseur pervers. Et le pire, c’est que j’aime toujours ça.*

Pendant qu’il accélère, mon esprit dérive.

Après le ministre Valérie m’avait forcée à m’arrêter dix jours. Le lendemain de l’agression, Cloé avait appelé. Elle était super inquiète. Elle savait. Valérie lui avait dit. Elle était arrivée chez moi avec des croissants et un silence qui ne demandait rien. Elle m’avait sortie. On avait fait du shopping, juste pour marcher, pour parler d’autre chose, pour que je me sente à nouveau dans mon corps sans qu’on me touche. Puis elle avait décidé.

— On part. Toi et moi sur la Côte d’Azur. Je m’occupe de tout.

Une semaine entière dans un palace face à la mer. Chambre avec terrasse, draps blancs, room service à toute heure. On n’était quasiment pas sorties. On avait dormi l’une contre l’autre, parlé, ri, baisé, recommencé. Lentement. Sans client. Sans rôle. Juste nous. Un soir, allongées dans le noir, elle avait murmuré contre mon épaule :

— Je sus trop bien avec toi, et si on devenait colocs ?

Je n’avais pas répondu tout de suite. Mais quelque chose s’était décroché dans ma poitrine.

Quand on est rentrées, Stéphane avait voulu me revoir. C’était une bonne occasion pour reprendre en douceur. On s’était revus dans la même suite. Il m’avait encore fait jouir comme une fontaine, m’avait encore appris des trucs, et m’avait encore payé grassement, avec ce sourire content d’un homme qui savoure une première fois même quand ce n’en est plus une. En quatre heures et quelques orgasmes, il avait réussi à me soigner un peu.

J’avais aussi commencé le Krav-Maga. Deux fois par semaine. Valérie voulait que je prenne des cours de self-défense. Elle disait qu’après le ministre, j’avais besoin de savoir que mon corps pouvait aussi frapper, pas seulement recevoir. J’étais plutôt douée. Mon professeur, un ancien militaire, disait que j’avais « une bonne méchanceté naturelle ». Après le ministre, j’avais besoin de savoir que mon corps pouvait aussi frapper, pas seulement recevoir

Question rendez-vous, j’aurais pu enchaîner comme beaucoup de filles le faisait. Moi non. Déjà je devais finir mon mémoire. J’ai pris le temps. J’ai discuté avec Valérie, avec Élise. On a trié. On a refusé. On a choisi. Je ne voulais plus me retrouver dans une situation où je n’avais plus le contrôle. Chaque rendez-vous devait être décidé, cadré, et si possible un peu intéressant. Et il y en a eu, des marquants.

Comme le fétichiste des pieds. Un homme discret, très riche, appartenant au genre « je possède trois appartements dans le 8e et je ne parle presque jamais ». Il m’avait fait m’asseoir dans un large fauteuil de velours, les jambes croisées, pendant qu’il s’agenouillait devant moi comme un dévot. Pendant une heure et demie, il m’avait léché les pieds avec une application quasi religieuse. Langue chaude, lente, qui remontait de la plante jusqu’aux orteils, les prenant un par un dans sa bouche, les suçant longuement. Il me racontait en même temps l’histoire de chaque paire d’escarpins qu’il possédait : celle achetée à Milan, celle qui avait appartenu à une actrice, celle qu’il n’avait jamais osé sortir de sa boîte.

Au bout d’un moment, il avait sorti sa bite. Pas pour me la faire sucer. Pour que je le branle avec mes pieds. J’avais placé mes pieds de chaque côté de sa queue, j’avais serré, et j’avais commencé à le masturber lentement, en glissant la plante le long de sa longueur, en pinçant le gland entre mes orteils. Il gémissait tout bas, le front appuyé contre mon genou, en reniflant mes orteils entre deux coups. Quand il a joui, c’est en agrippant mes chevilles, le sperme giclant sur mes pieds et sur le tapis. Une fois vidé, il a tout nettoyé avec sa langue.

J’avais noté dans mon carnet : « Client le plus calme et le plus rentable au mètre carré. Aucune conversation inutile. Juste des pieds et du respect. Soin des pieds, 10/10, je recommande. »

J’ai découvert aussi le BDSM, pas en tant qu’esclave mais en tant que maitresse. Chaines, latex collant, talons aiguilles de quinze centimètres qui claquaient sur le parquet. J’étais la Maîtresse. Lui, un cadre supérieur d’une cinquantaine d’années, marié, père de famille, à quatre pattes sur le sol, un collier de cuir autour du cou et une laisse dans ma main. J’avais adoré. Vraiment.

Je lui avais marché sur la poitrine, lentement, en appuyant le talon juste à côté de son cœur. Je lui avais craché dans la bouche et il avait avalé en remerciant. Je l’avais obligé à lécher mes bottes de la pointe jusqu’au talon pendant qu’il se branlait. À un moment je l’avais fait s’allonger sur le dos et je m’étais assise sur son visage, le latex de ma culotte collé contre sa bouche, en lui ordonnant de me lécher à travers. Il avait joui sans que je le touche, juste sous les ordres et le poids de mon corps.

Il m’avait appelée « Maîtresse Léna » avec des larmes de bonheur dans les yeux. J’avais trouvé ça drôle. Et excitant. Dans cet ordre-là.

*Note mentale : je viens de faire pleurer de plaisir un directeur financier en lui marchant sur la poitrine. Mon mémoire de psycho aurait adoré analyser ça. Moi j’ai juste adoré le pouvoir.*

Et enfin j’avais retrouvé Elise pour l’enterrement de vie de garçon. Quatre garçons, une grande suite d’hôtel, beaucoup trop de champagne et très peu de sommeil. Élise et moi on avait joué les sœurs perverses toute la nuit. On s’était embrassées pour les exciter, on les avait sucés ensemble, on s’était fait prendre l’une après l’autre en se regardant. Et j’ai même eu ma première double pénétration ce soir là.

Élise me serrait ma main très fort pendant que je me faisais remplir des deux côtés.

J’avais écrit : première double pénétration, main dans la main avec une copine, y a pas mieux. Mon carnet n’avait plus de mots assez précis. Juste : « Vive la mariée. Et vive les extras.»

Et puis il y avait eu le mémoire.

Je l’avais soutenu un jeudi après-midi, en amphi, face à un jury de cinq personnes. J’avais enfilé exprès la tenue de lycéenne aguicheuse. Le sujet s’y prêtait. Les deux hommes du jury n’avaient presque plus cligné des yeux. Une des femmes non plus. Quand j’avais parlé de « la construction du personnage et de la dissociation consciente chez les travailleuses du sexe », le président s’était râclé la gorge trois fois. J’avais eu 18/20. M. Fournier m’avait regardée avec un mélange de fierté et d’inquiétude.

Ce que je n’avais pas dit devant le jury, c’est ce que j’en avais vraiment retiré.

J’avais commencé ce travail en croyant observer un milieu. J’avais fini par comprendre que j’observais surtout les mécanismes du désir, du pouvoir et de la transaction. L’argent ne créait pas le fantasme. Il le rendait simplement possible, et surtout négociable. Celui qui payait croyait souvent acheter un corps. En réalité, il achetait le droit de ne plus être celui qu’il était le reste du temps. Et celle qui se vendait découvrait, parfois avec stupeur, qu’elle pouvait choisir jusqu’où elle acceptait d’exister dans le regard de l’autre.

J’avais aussi appris que la dissociation n’était pas toujours une protection. Parfois c’était juste une façon de rester présente tout en étant ailleurs. Et que le vrai danger n’était pas tant le client que le moment où l’on arrêtait de se demander pourquoi on faisait ça.

*Note mentale : mon mémoire parlait de mécanismes psychiques. Ce que j’ai vraiment appris, c’est que le terrain ne ressemble jamais tout à fait aux articles. Et que certaines réponses ne se trouvent que quand on accepte de devenir soi-même le sujet d’étude.*

Aujourd’hui mon compte en banque est bien rempli. Mes parents ne comprennent pas grand-chose. Ils voient les vêtements, la volonté de quitter la maison, le fait que je ne leur demande plus jamais d’argent, et ils se taisent. Maman a juste dit une fois : « Tu as l’air… différente. » Je lui avais souri. Je n’avais rien expliqué.

Le directeur du lycée gémit plus fort derrière moi. Sa main se crispe sur ma hanche.

— Je vais jouir… petite salope…

— Oui, Monsieur le Directeur… jouissez en moi… punissez bien votre élève…

Il se vide avec un long gémissement. Je reste parfaitement dans le rôle jusqu’au bout. Quand il se retire, je sens son sperme couler le long de ma jambe. J’ajuste ma jupe, je lui souris comme une bonne élève un peu insolente.

— Merci, Monsieur. J’ai beaucoup appris ce soir.

Il me tend une enveloppe. Je la glisse dans mon petit sac à dos d’écolière.

Dehors, la nuit est douce. Je marche jusqu’à mon scooter et je démarre.

Mon téléphone vibre. Un message de Cloé :

Tu finis à quelle heure ? Je t’attends chez moi. J’ai commandé des sushis. Et j’ai une idée pour l’appart.

Je souris dans le casque.

*Note mentale finale : six mois. Un mémoire validé avec mention. Un compte en banque qui fait plaisir. Un corps qui sait maintenant se défendre. Une fille qui m’attend avec des sushis et des projets. Des hommes qui me paient pour réaliser leurs fantasmes. Je ne sais pas encore si je vais faire ça toute ma vie. Mais ce soir, en roulant vers Cloé, j’ai l’impression d’être exactement où je dois être. Pour l’instant.*

Je roule.

Paris défile.

Et pour la première fois depuis longtemps, je n’ai pas besoin de prendre de notes. Je vis simplement la suite.

Les avis des lecteurs

L'avis de Julie Petit
J'ai adoré du 1er au dernier chapitre. Belle écriture, des personnages attachants et une vraie histoire qui tient la route.

Miss vous avez du talent et nous les lecteurs on se régale à vous lire.

MERCI !!

L'avis d'une lectrice :
En voilà de jolies mémoires et un beau mémoire!
une histoire bien écrite plein de sensibilité et sensualité.
Même dans les moments les plus crus, l'autrice reste dans l'érotisme et non la vulgarité pornographique , à l'instar de cette sodomie dans un parking souterrain où le personnage fait le bilan de ces 6 mois de prostitution.
Bravo et encore merci!
Vite vite une nouvelle histoire !!!
Carla


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