Le carnet de Ninon - Tentation E04

- Par l'auteur HDS Miss_Sexcret -
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 27-10-2026 dans la catégorie Entre-nous, hommes et femmes
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— Ninon

Comme tous les mercredis, je n’avais pas cours. Un trou dans la semaine, trop large, mais qui me permettait de m’occuper de Léo.

Ce mercredi-là pourtant, Caro avait emmené Léo chez le pédiatre pour un contrôle de routine. Elle me l’avait dit en nouant ses cheveux dans l’entrée, avec ce sourire rapide qu’elle avait le matin. Fred travaillait. L’appartement avait cette absence nette des après-midi où je n’étais plus la baby-sitter, seulement la fille qui reste seule dans un appartement qui n’est pas le sien.

J’avais sorti mon livre d’histoire de l’art mais je ne l’avais pas ouvert.

Leur porte était restée entrouverte. Ce n’était pas vraiment un oubli. Chez eux, les portes ne fermaient jamais tout à fait, je le savais depuis le premier soir et j’avais moi-même pris cette habitude. Je me suis dit que j’allais poser le t-shirt de Léo, celui qu’il avait laissé sur le canapé, encore un peu humide de bave du dodo. Un prétexte assez propre pour traverser le couloir et entrer dans la chambre de Caro et Fred.

Leur chambre sentait Elle, ce parfum d’avant qu’on le mette vraiment, encore dans le tissu et dans l’air. Le lit était fait à leur façon, un côté plus tiré que l’autre. Au pied, rien ne traînait par terre.

J’ai posé le t-shirt sur la chaise.

Le dressing prenait tout le panneau du fond, deux battants dont l’un était légèrement ouvert. Je me souvenais de ce que Caro m’avait dit il y plusieurs jours : « Tu peux m’en emprunter, si tu veux. On en a trop, ici. Un de ces après-midi, tu viens, tu essayes, tu prends ce qui te plaît. On doit faire un peu la même taille. »

Des robes s’alignaient à l’intérieur : la robe bordeaux, la noir à lanière, d’autres que je n’avais jamais vues sortir. Une étagère de pulls au-dessus. En dessous, des tiroirs plats.

Je les ai sorties une par une. La robe bordeaux d’abord, tenue à bout de bras.

Le miroir de Caro était grand, appuyé contre le mur, légèrement penché. Il prenait toute la pièce. Il me prenait, moi aussi.

La robe tombait trop long, trop femme de quarante ans pour moi. La noire à lanière ensuite, la fine bande qui coupait juste sous mes omoplates contre ma peau claire. Puis une troisième, courte, fendue, que je n’avais jamais vue sortir de l’appartement. Je l’ai plaquée contre moi et j’ai vu dans la glace une fille en jean et petit top, une robe de sortie par-dessus, ridicule et déjà trop excitée par son propre reflet.

Je n’avais pas vraiment décidé d’ouvrir les tiroirs. Ça s’est fait tout seul, comme un pas de plus dans la même direction.

Le premier contenait des bas roulés en paires, comme le soir de la fermeture éclair que j’avais entendue depuis ma chambre. Le deuxième, du coton, des strings ordinaires, le genre de choses qu’on met sous un jean sans y penser. Le troisième n’avait plus rien d’ordinaire.

De la dentelle noire. Un ensemble beaucoup trop précis pour le jour. Un string à liens, celui qu’on défait d’une seule main. Un body ouvert exactement là où un body n’a pas besoin de l’être. Une guêpière noire en tulle et dentelle, aux bonnets qui ne cachaient rien du tout — les seins nus, seulement bordés de satin en dessous, quatre jarretelles déjà accrochées et prêtes. Un porte-jarretelles séparé, des culottes échancrées, certaines avec l’entrejambe ouvert comme une phrase qu’on n’a pas besoin de finir pour comprendre. Un body en résille à fines lanières, transparent, les sangles qui croisent le sternum et redescendent entre les seins. Une autre culotte fendue à l’arrière cette fois. Bref, ce tiroir était tiré d’un catalogue de sexshop.

Une jalousie violente, presque maladive, m’a tordue le ventre. Pourquoi elle ? Pourquoi cette liberté insolente, cette beauté sans effort, cette façon de posséder un homme comme Fred et de s’en servir pour explorer le monde sans jamais avoir honte ? Aux Herbiers, si une fille faisait le dixième de ce qu’elle fait, elle était marquée au fer rouge. Ici, c’était un art. Une élégance.

J’ai sorti quelques pièces de lingerie et je les ai posées sur le lit.

J’ai retiré mon jean. Puis le petit top, rien en dessous, et mes seins se sont enfin libérés du coton qui les tenait depuis le matin. La culotte de tous les jours a soudain paru bien trop sage, presque ridicule à côté de ce qui attendait sur le lit. Elle a glissé au sol sans que j’aie besoin de la pousser.

Je suis restée une seconde comme ça, immobile, à enregistrer mon reflet, les bras le long du corps, vingt-quatre ans nue dans une chambre qui n’était pas la mienne. Et dans la glace, je me suis trouvée sexy. Pas belle comme sur une affiche — sexy, d’une évidence presque animale. Mes mains ont soulevé mes seins en forme de pomme, lourds dans mes paumes, un 90B qui tenait sans rien pour le soutenir. Mon ventre plat, un reste de sport qui n’avait pas encore disparu. Puis plus bas, un duvet blond presque invisible, que seule la lumière du dressing révélait. Des lèvres fines et nettes, ce sexe que je connaissais surtout par le toucher, dans le noir, jamais vraiment par le regard. Je le sentais s’humidifier rien qu’en le regardant. Et mon meilleur atout, merci maman : un petit cul rond, haut et serré, que le jean large cachait tout le jour et que le miroir, là, ne cachait plus du tout. Je me trouvais assez canon finalement. Peut-être que Fred aimerait me prendre là sur le lit conjugal sous le regard de Caro. Bien sûr qu’ils aimeraient…

Je chassais cette idée aussi vite de mon esprit qu’elle s’y était glissée.

J’ai enfilé le body ouvert. Trop serré sur ma poitrine qui remontait, mais la fente parfaitement sur ma chatte. Dans le miroir, je n’étais déjà plus tout à fait habillée, et plus tout à fait moi non plus. Ma poitrine paraissait bien plus visible que d’habitude. Mon ventre, que je ne regardais jamais vraiment, attirait le regard. Et mon sexe ne demandait qu’a être vu.

J’ai passé ensuite la guêpière, les bonnets ouverts sur ma peau, mes seins posés dedans comme on offre une chose qu’on tend à quelqu’un. J’ai plaqué les jarretelles contre mes cuisses, sans bas encore, puis j’ai pris une paire dans le premier tiroir, je l’ai déroulée et accrochée, une pince après l’autre. Le tulle serrait ma taille d’une façon qui me faisait respirer plus haut. Dans la glace, ce n’était plus tout à fait la fille des Herbiers.

J’ai retiré la guêpière, mais j’ai gardé les bas. Puis j’ai enfilé le body en résilles à lanières, transparent, ses sangles qui encadraient chaque courbe sans jamais rien recouvrir. Ça m’allait beaucoup trop bien. J’ai ajouté le porte-jarretelles ouvert par-dessus, l’entrejambe qui ne fermait rien, mon duvet blond visible dans la fente comme la légende sous un tableau. J’ai ri, un rire sans son, de ceux qu’on avale aussitôt.

Au fond du troisième tiroir, sous un sachet en tissu, il y avait une boîte. Pas cachée. Juste rangée, comme le reste.

Je l’ai ouverte.

Un vibromasseur rose, mat, avec le poids d’un objet qu’on tient vraiment dans la main. À côté, un gode plus sombre, plus large à la base, une forme que je n’avais vue que sur des écrans et jamais dans une paume. Derrière eux, un plug, petit et noir, une base ronde et une pointe qui n’avait besoin d’aucun dessin pour que je comprenne exactement à quoi il servait. Trois objets, maintenant, alignés devant moi. Suffisant et trop tentant.

Je les ai posés sur le drap.

Mon cœur s’est mis à battre trop vite, comme le soir des bruits derrière leur porte, comme le soir de la langue sur la goutte que j’avais surprise sans le vouloir. Je me suis dit : tu n’es pas chez toi. Je me suis dit, dans la foulée : tu as posé le t-shirt, tu peux sortir maintenant. Les deux phrases se sont annulées l’une et l’autre, et je suis restée.

J’ai pris le vibromasseur. Sous mon pouce, le bouton l’a fait vivre d’un coup, avec un bruit bas, beaucoup trop net pour le silence de la chambre.

Je ne l’ai pas éteint.

Je ne me suis pas allongée dans leur lit. Je me suis assise par terre, le dos contre le pied du lit, face au miroir, le porte-jarretelles encore ouvert sur moi, les bas bien tendus, les lanières du body qui marquaient déjà ma peau. Le gode et le plug étaient restés sur le drap, à leur place. Je les ai regardés longtemps, sans savoir s’ils étaient à elle, à lui, ou aux deux ensemble.

Dans la glace, une fille en lingerie de femme, un jouet vivant dans la main, aucun visage que j’osais assumer, et derrière elle un lit à moitié défait qui n’était pas le sien.

J’ai écarté ma fente. J’ai posé la tête du vibromasseur exactement là où le plaisir commence tout de suite, sans détour. Le bruit bas est devenu une ligne continue, trop nette, presque insupportable de précision. J’ai serré les dents. La fille sage des Herbiers, celle qui disait à Théo que ce n’était rien, celle qui gardait toujours le coton du quotidien, celle-là a écarté les genoux d’un cran de plus.

Je n’ai pas pensé à eux tout de suite. J’ai d’abord pensé à la pression, au bouton sous mon pouce, à ma propre main qui savait déjà quoi faire depuis mes nuits contre le mur, seule. Puis ils sont venus quand même, malgré moi : la langue sur la goutte, les bruits derrière leur porte, Caro penchée, Fred la tête renversée en arrière, et cette place vide au milieu d’eux, exactement de la taille d’une fille de vingt-quatre ans. Le vibromasseur a glissé, trop mouillé pour rester en place. Je l’ai recalé, plus fermement.

Ça a lâché vite. Trop vite pour une fille qui n’avait encore rien fait de tel, assez vite pour une fille qui n’avait pensé qu’à ça depuis des jours. Un souffle m’a échappé avant que je puisse le retenir. Un petit bruit de gorge est sorti sans prévenir. Ma main s’est plaquée sur ma bouche, trop tard. Dans la glace, mon ventre s’est serré, mes seins en pommes se sont soulevés, mon petit cul rond a quitté la moquette d’un centimètre à peine, pas plus. Le vibromasseur pressait encore contre moi, trop fort maintenant, j’ai dû l’écarter d’un geste brusque.

Le silence qui a suivi a été pire que le bruit qui l’avait précédé.

J’ai posé l’objet à côté de moi, encore chaud. Le plug n’avait pas bougé sur le drap. Je l’ai pris entre mes doigts, si petit à côté du gode. Je ne l’ai pas mis. Je l’ai simplement gardé contre ma paume, assez longtemps pour connaître sa forme, assez longtemps pour avoir peur de savoir ce qui viendrait après. Puis je l’ai reposé.

J’ai tout rangé. Le plug, le gode, le vibromasseur, la boîte, le sachet, le tiroir. Le body à lanières. La guêpière. Le porte-jarretelles, les pinces rouvertes. Les bas roulés à côté des autres, pas tout à fait comme elle les roulait elle-même. Le string à liens, dénoué puis renoué de travers. Mon jean. Mon petit top. Le t-shirt de Léo, toujours posé sur la chaise, oublié une seconde fois.

J’ai refermé le battant du dressing. Pas tout à fait. Comme avant mon passage.

Dans ma chambre, le carnet attendait sous le matelas.

Je l’ai ouvert à une page blanche. La mine a couru sur le papier avant que la honte n’ait le temps de m’arrêter.

D’abord le miroir. Mon dos. Les jarretelles. Les lanières. Pas de visage — seulement les cheveux, blonds, mal attachés. La ligne des hanches, plus étroite que celle de Caro, juste assez pour que ce soit moi sans que ce soit écrit noir sur blanc. Le cul rond, insisté au crayon.

À côté, la guêpière ouverte, mes seins, et une main posée dessus qui n’était pas la mienne — trop grande, posée trop bas, la main de Fred, souvenir du matin de la serviette et du pouce sur ma hanche. Je l’ai dessinée sur moi sans me l’avouer vraiment.

Page suivante.

Moi, assise par terre. Le carnet ouvert entre les genoux. Le vibromasseur collé au bouton, cette fois sans détour. L’objet plus net que le corps. Le ventre déjà serré. J’ai insisté sur le bouton, sur les veines de ma main, sur une bouche que je n’ai pas encore dessinée et qui s’ouvre quand même.

Sur la feuille, le fantasme a pris le crayon.

Je me suis mise à genoux, dos un peu cambré. Le plug enfoncé jusqu’à la base, l’anneau bien visible entre les fesses écartées. Le gode profond dans la bouche, les lèvres tendues autour, un filet de salive qui coule. Le vibro pressé contre la chatte ouverte, le bouton gonflé, brillant, les cuisses tremblantes.

Même si, pour de vrai, je n’ai essayé que le vibro. Le dessin a tout dit.

J’ai refermé le carnet. Je l’ai glissé sous le matelas, côté mur.

L’ascenseur a sonné vers six heures. Léo a crié “Nino” depuis l’entrée. J’ai répondu “j’arrive” d’une voix presque normale.

Caro avait un sac de pharmacie à la main. Fred n’était pas encore rentré. Elle m’a regardée une seconde, comme on vérifie qu’une maison n’a pas bougé pendant notre absence.

— Tout va bien ?

— Oui.

Ce n’était pas tout à fait vrai.

Le soir, dans mon lit, j’ai repensé à la boîte, au bouton, à la guêpière, au plug resté sur le drap mais que je voulais essayé. À ce que j’avais fait par terre, vraiment, pas seulement dessiné.

Je n’ai pas eu besoin de ma main, ce soir-là. Tout était déjà passé. Il ne restait qu’une fièvre courte entre mes cuisses, un souvenir encore chaud.

De l’autre côté du couloir, rien. Ils n’étaient pas encore rentrés tous les deux. Ou alors ils parlaient trop bas pour que je les entende.

Je me suis dit : demain, le carnet reste sous le matelas.

Je me le suis dit très fort, pour que ça devienne vrai.

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