Mémoire d'Escorte E15
Récit érotique écrit par Miss_Sexcret [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur femme.
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 30-09-2026 dans la catégorie Entre-nous, hommes et femmes
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Les jours suivants, plus personne n’a appelé.
Valérie m’a laissée tranquille. Pas de mission, pas de message, pas même un « ça va ? ». Cloé non plus. Silence total. J’ai regardé mon téléphone trop souvent les premiers jours. J’ai commencé trois messages différents.
Le premier : « T’as dormi ? »
Le deuxième : « On s’est un peu emballées l’autre nuit, non ? »
Le troisième : juste un « Hey ».
Aucun n’est parti. J’ai fini par verrouiller l’écran et poser le téléphone face contre le matelas.
Peut-être que c’était une erreur.
Une parenthèse.
Un truc qui arrive quand on a trop baisé, trop dormi collées, trop partagé de sperme et de silence.
Élise m’avait laissé un vocal le mardi.
« Hé, petite sœur, t’as pas disparu ? Valérie dit que tu te reposes. Appelle-moi si t’as besoin. »
J’ai répondu par SMS. Trois mots. « Ça va. Merci. »
Elle n’a pas insisté.
Je suis retournée en fac.
Les cours de psychopathologie continuaient. M. Fournier parlait de dissociation, de mécanismes de défense, de clivage. J’écrivais des phrases savantes dans mon carnet pendant que mon cerveau rejouait en boucle la sensation de la langue de Cloé entre mes cuisses et le bruit de sa respiration contre mon épaule. Mon mémoire avançait, techniquement. Le fond, lui, restait en suspens. Comme moi.
Une semaine est passée comme ça.
Lente.
Un peu creuse.
Puis Valérie a appelé.
Sa voix était la même qu’au premier jour : calme, précise, légèrement amusée.
— Léna. Tu es dispo cet après-midi ? Il y a une mission un peu particulière. Discrète. Passe à l’agence vers quinze heures, on en parle.
J’y suis allée.
Dans le salon de l’agence, il n’y avait pas que Valérie. Un homme se tenait debout près de la fenêtre, costume sombre impeccable, cravate discrète, cheveux grisonnants parfaitement coiffés. Il m’a regardée entrer comme on regarde un objet qu’on hésite encore à acheter.
— Léna, a dit Valérie, voici Monsieur Davenne. Chef de cabinet du ministre, nous tairons son nom par discretion. Il est venu s’assurer que tout correspondait.
Monsieur Davenne a fait le tour de moi sans un mot. Lentement. Il m’a demandée de me lever, de me tourner, de marcher jusqu’à la porte et de revenir. Il a observé mes hanches, mes seins, la ligne de mon cou, la forme de ma bouche. À un moment il a même demandé à Valérie si je pouvais retirer mon gilet pour mieux voir la carrure.
— Les épaules sont bonnes, a-t-il fini par dire. Le visage aussi. Le corps… oui. C’est troublant.
Il a sorti une photo de la poche intérieure de sa veste et l’a posée sur la table basse. Une vraie photo papier, un peu passée par le temps. Format rectangulaire, couleurs légèrement délavées. Une jeune femme sur une plage des années 70 ou 80, en bikini jaune. Cheveux châtains mi-longs avec une frange épaisse, lèvres brillantes, regard un peu perdu vers l’objectif. Elle était assise sur une serviette, une jambe repliée, le ventre plat, les seins petits et ronds. Même ovale de visage que moi. Même bouche un peu trop pleine. Même façon qu’avaient les hanches de s’ouvrir.
— C’est elle, a dit Monsieur Davenne. Le premier amour du ministre. Il avait vingt-cinq ans. Elle en avait vingt-et-un. Elle l’a quitté quelques semaines après cette photo. Il en était éperdument amoureux. Aujourd’hui mon patron en a soixante-cinq. Il a vu votre photo dans le catalogue VIP. Il a dit : « C’est elle. C’est exactement elle. » Il veut finir ce qu’il n’a pas pu faire si vous voyez ce que je veux dire.
Valérie a croisé les jambes et a souri.
*Note mentale : « finir ce qu’il n’a pas pu faire ». Traduction probable : il n’a jamais réussi à la baiser correctement en 1983 et il compte rattraper quarante ans de frustration sur mon cul ce soir. Charmant. Mon carnet ajoute une sous-catégorie : « clients qui veulent régler des comptes avec leur jeunesse perdue… sur ma personne ». Facturation émotionnelle non incluse dans le forfait.*
— Une seule soirée. Très bien payée. Très discrète. Le ministre ne veut aucun risque de scandale. Tout se passera dans un appartement privé qu’il utilise rarement.
Monsieur Davenne a repris la parole, plus technique :
— Les conditions sont précises. Même coiffure que sur la photo : teinture pour se rapprocher de ce châtain doré, frange, longueur mi-longue. Lingerie de luxe, porte-jarretelles, bas fins, talons hauts. Robe simple mais très sexy, facile à enlever. Et surtout… la peau.
Il a insisté sur ce point en me regardant droit dans les yeux.
— Mon patron a un fétichisme très marqué pour la peau parfaitement lisse. Jambes, aisselles, sexe. Aucun poil. Même le plus court. Il ne supporte pas la sensation d’un seul poil qui picote sous ses doigts ou sa langue. Vous passerez donc chez l’esthéticienne de l’agence deux heures avant le rendez-vous pour un rasage intégral et un soin. Ensuite vous serez recouverte d’une crème à la pivoine qu’il a fait venir spécialement. C’est l’odeur qu’elle portait à l’époque. Il veut la retrouver.
J’ai hoché la tête. Ma gorge était un peu sèche.
Valérie a attendu que Monsieur Davenne ait fini, puis elle s’est tournée vers moi.
— On parle maintenant argent et limites. Monsieur Davenne, si vous voulez bien nous laisser.
Il a incliné la tête, a ramassé la photo, et est sorti sans un mot de trop. La porte s’est refermée.
Valérie a ouvert un dossier.
— Forfait soirée : huit mille euros. L’agence prend quarante pour cent, comme d’habitude. Il reste quatre mille huit cents pour toi. Possibilité d’extras si ça dérape en nuit complète, mais ce n’est pas prévu. Il veut surtout te regarder, te toucher, te sentir, et te baiser en t’appelant par le prénom de l’époque. Tu acceptes le prénom ?
— Quel prénom ?
— Isabelle.
J’ai senti un petit goût métallique dans la bouche.
— Et les limites ? a demandé Valérie. Tu restes sur ta fiche actuelle : pas de violence, pas d’humiliation gratuite, pas de scato, pas de sang. Sodomie possible si tu es d’accord. Double pénétration non. Filmer non. Il le sait déjà.
— Sodomie ok, ai-je répondu. Le reste comme d’habitude.
Valérie a noté.
— Dernière chose. C’est un homme puissant. Il a l’habitude d’obtenir ce qu’il veut. Mais les règles de l’agence restent les règles. Si quelque chose dérape, tu appelles. Je serai en permanence joignable. Tu peux encore refuser.
J’ai regardé la place vide où avait été la photo.
La fille en bikini jaune.
Le même corps.
Le même visage.
*Note mentale : une semaine sans nouvelles de Cloé. Un ministre fétichiste de l’anti-poil qui veut baiser son premier amour qui l’a plaqué il y a 40 ans. Une crème à la pivoine. Un prénom qui n’est pas le mien. Et quatre mille huit cents euros pour devenir Isabelle le temps d’une soirée. Mon carnet va avoir besoin d’une nouvelle section : « No limit pour les hommes de pouvoir ».*
J’ai relevé les yeux vers Valérie.
— Je prends.
Le jour J a commencé tôt.
Valérie m’avait donné rendez-vous à l’agence à neuf heures. Élise était déjà là, un grand café dans une main et un sourire en coin.
— Alors, t’es prête à devenir Isabelle ?
On est parties toutes les trois.
D’abord le coiffeur. Un salon discret du 8e, porte blindée, pas d’enseigne. Le coiffeur s’appelait Marc. Il a étalé la photo sur le plan de travail et a hoché la tête longuement.
— Frange épaisse, longueur sous les épaules, châtain doré un peu plus clair que le tien… on va devoir décolorer un peu. Tu tiens le coup ?
Quatre heures plus tard, j’avais les cheveux de la fille du Polaroid. La frange me tombait presque dans les yeux. Le reste ondulait doucement. Quand j’ai regardé dans le miroir, j’ai eu un petit choc. Ce n’était plus tout à fait moi.
Élise a sifflé.
— Putain… c’est troublant.
Valérie a juste souri.
Vers treize heures, entre le coiffeur et l’esthéticienne, on a fait une pause déjeuner dans un petit restaurant japonais discret près de l’agence. Valérie avait des appels à passer. Élise et moi nous sommes retrouvées seules à une table du fond.
J’ai poussé des edamames, ces sortes de grosse fèves toutes vertes, dans mon assiette pendant un moment avant d’oser :
— T’as des nouvelles de Cloé ?
Élise a levé un sourcil, un sourire en coin déjà en place.
— Pourquoi tu demandes ça ?
— Comme ça. Juste… pour savoir. Je n’ai pas eu de nouvelles depuis les footballeurs. Je m’inquiète c’est tou.
— Mmm. « Comme ça. »… « Tu t’inquiètes », Bien sûr.
Elle a croisé les bras sur la table et m’a fixée.
— Allez, balance. Qu’est ce qu’il ya entre vous ?
J’ai hésité. Puis tout est sorti. La suite du palace, le dîner où on détonnait, la douche, le bain, le fait qu’on avait fini par se toucher pour de vrai, sans client, juste nous. Que ça avait été différent. Plus lent. Plus intense. Que je n’arrivais plus à ranger ça proprement dans ma tête.
Élise écoutait sans m’interrompre, un petit sourire de plus en plus visible.
Quand j’ai eu fini, elle a posé ses baguettes.
— Je suis contente pour vous deux, ma belle. Vraiment.
Elle a marqué une pause, puis a ajouté, plus bas :
— Je l’ai eue au téléphone hier soir. Deux heures. Deux putain d’heures. Elle n’a quasiment parlé que de toi.
Élise a posé ses baguettes, un sourire en coin.
— Mais pas comme tu crois. Elle m’a pas raconté que vous aviez baisé ou quoi. Elle a juste… pas arrêté de faire des compliments. Que t’étais belle. Intelligente. Que t’avais un corps de rêve. Que t’avais une façon de parler qui la faisait se sentir moins conne. Elle m’a dit qu’elle adorait quand tu posais ta tête sur son épaule, que ça la calmait. Et après elle s’est mise à se rabaisser. Genre « de toute façon elle mérite mieux que moi », « je suis juste une pute un peu usée », « elle va se rendre compte que je vaux pas grand-chose ». Deux heures de ça, Léna. Deux heures à te monter sur un piédestal et à se démolir elle-même.
Elle a marqué une pause et m’a regardée droit dans les yeux.
— Je crois bien qu’elle a un gros béguin. Et qu’elle est terrifiée à l’idée que ce soit réciproque.
J’ai senti mes joues chauffer malgré moi.
Élise a éclaté d’un petit rire doux.
— Je crois bien que vous avez des sentiments l’une pour l’autre. Et arrête de rougir, ça te va très mal avec la frange années 80.
*Note mentale : Cloé a passé deux heures à dire que j’étais trop bien pour elle. Pendant que moi je n’ai même pas réussi à lui envoyer un putain de SMS. On est clairement deux génies de la communication affective.*
J’ai plongé le nez dans mon bol de miso pour cacher mon visage.
Élise a tendu la main et a tapoté mon poignet.
— T’inquiète. Elle attend juste que tu fasses le premier pas. Ou le deuxième. Enfin… tu vois le truc.
Après le déjeuner, Valérie m’a conduite chez l’esthéticienne de l’agence. Un institut discret, lumières tamisées, odeur de cire chaude et d’huiles essentielles.
J’ai toujours tout fait moi-même.
Rasoir Bic jetable à deux euros, crème dépilatoire qui pique, et mon flacon de vernis noir. Les aisselles, les jambes, le maillot… je me débrouillais sur le bord de la baignoire. Parfois je me coupais. Parfois la crème restait trop longtemps et je me retrouvais avec des plaques rouges. C’était artisanal, un peu douloureux, et surtout solitaire.
Là, c’était une autre planète.
On m’a allongée sur une table large, une serviette chaude posée sur le bas du ventre. L’esthéticienne s’appelait Sonia. Grande, calme, gestes précis. Elle a commencé par inspecter chaque zone avec une petite lampe. J’ai senti ses doigts écarter délicatement mes lèvres pour vérifier qu’il ne restait rien.
— On va tout reprendre à zéro, a-t-elle dit. Même ce que tu crois déjà propre.
Elle a d’abord appliqué de la cire chaude sur mes jambes. La texture était étrange, tiède puis presque brûlante. Elle a posé la bande, a lissé, a attendu trois secondes…
— Inspire, a-t-elle dit.
Puis elle a tiré.
— AH putain !
Le son est sorti tout seul. Sonia a eu un petit sourire professionnel.
— C’est normal. La première est toujours la pire.
Deuxième bande. Même rituel. Même « AH ! » un peu moins fort. À la troisième j’ai juste grincé des dents et planté mes ongles dans la serviette. Quand elle est passée aux aisselles, bras levés au-dessus de la tête comme une suspecte en garde à vue, j’ai ri nerveusement avant même qu’elle tire.
— Ça va piquer, a-t-elle prévenu.
— Ça pique déjà dans ma tête, ai-je répondu.
Elle a tiré.
J’ai poussé un cri aigu très peu digne d’une étudiante en master de psychologie. Sonia a eu la décence de ne pas rire trop fort.
Puis est arrivé le maillot.
Là, plus personne ne plaisantait vraiment. Elle a travaillé par petites zones, écartant et tendant la peau. Chaque arrachage me faisait sursauter des pieds à la tête. Entre deux bandes je soufflais comme une femme en plein travail. Sonia attendait que je reprenne mon souffle avant de continuer, avec une patience d’ange sadique.
Quand la cire a été terminée, elle a sorti la pince à épiler.
— Maintenant les petits détails. Ceux qu’on ne voit presque pas.
Elle a commencé à tirer les poils un par un.
Un.
Deux.
Trois.
Chaque « plic » microscopique s’accompagnait d’une mini-décharge. Ce n’était plus de la douleur franche, c’était une irritation précise, comme quelqu’un qui s’acharne à enlever des échardes invisibles. À un moment j’ai éclaté de rire sans pouvoir m’arrêter.
— Désolée, ai-je soufflé entre deux rires. C’est trop absurde. Je suis allongée jambes ouvertes pendant qu’une inconnue m’arrache les poils du cul avec une pince à épiler. Mon mémoire de psycho va être passionnant.
Sonia a souri sans s’arrêter.
— La plupart des clientes ne disent rien. Toi au moins tu te marres. C’est plus agréable.
Elle a continué encore un long moment, méthodique, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Ensuite elle a appliqué une crème apaisante à la camomille. Ses paumes ont lissé chaque centimètre. La sensation de soulagement après la cire et la pince était presque obscène. Ma peau chauffait, vibrait, et en même temps se détendait complètement.
À la fin elle a passé deux doigts de chaque côté de mon sexe, lentement, pour vérifier la texture.
— Parfait. Même un ange n’y trouverait pas un poil. Tu es une peau de bébé maintenant.
Elle m’a tendu un miroir à main.
J’ai regardé.
Tout était lisse, rose, impeccable. Plus aucune aspérité. Ma chatte avait l’air d’une version retouchée de moi-même.
*Note mentale : je viens de crier, de rire et de presque jouir sous les mains d’une esthéticienne. Et maintenant j’ai une chatte de bébé pour un ministre nostalgique. Clairement, mon année universitaire est réussie.*
Sonia a souri.
— Ton mec va être content. Et toi aussi, on dirait.
J’ai senti mes joues chauffer.
Je n’ai rien répondu.
Mais en me rhabillant, chaque frottement du tissu sur ma peau nouvellement nue m’a arraché un petit frisson.
Pour la première fois de ma vie, j’étais parfaitement lisse.
Et ça me troublait bien plus que prévu.
Retour à l’agence en fin d’après-midi.
Valérie avait fait préparer plusieurs tenues dans la petite loge du fond. Élise était déjà là, assise en tailleur sur le canapé, un sourire en coin.
— Alors, la peau de bébé… on passe aux fringues ?
On a commencé l’essayage.
Lingerie d’abord. Soutien-gorge en soie bordeaux, culotte assortie ultra-fine, porte-jarretelles noir avec de petits nœuds. Élise m’a aidée à ajuster les attaches. Ses doigts glissaient sur ma peau encore hypersensible. Chaque fois que la sangle du porte-jarretelles claquait contre ma cuisse, je sursautais un peu.
— T’es vraiment lisse, a-t-elle murmuré en passant distraitement la main sur mon bas-ventre. C’est flippant. Et excitant.
Ensuite les bas. Très fins, presque transparents. Élise les a fait remonter lentement le long de mes jambes, lissant du talon jusqu’en haut de cuisse. Quand elle a fixé la dernière attache, elle a reculé de deux pas pour juger le résultat.
— Putain… t’as l’air d’une putain de luxe sortie tout droit d’un film des années 80. Il va jouir juste en te voyant entrer.
Valérie a choisi la robe finale : noire, fluide, échancrée jusqu’au bas du dos, fendue assez haut sur la cuisse. Facile à ouvrir. Facile à enlever. Les talons étaient aiguilles, vernis, un peu trop hauts pour mon équilibre habituel. Je me suis entraînée à faire trois pas dans la loge. Élise a ri.
— Essaie de ne pas te casser la gueule avant d’arriver.
La crème à la pivoine attendait dans un pot en verre dépoli. J’en ai mis partout, comme demandé. Cou, poignets, creux des seins, bas du ventre, intérieur des cuisses, même derrière les oreilles. L’odeur était lourde, florale, un peu poudreuse. Vieux jeu et troublante à la fois. Elle collait à ma peau lisse comme une seconde identité.
À dix-neuf heures précises, une limousine noire s’est arrêtée devant l’agence.
Le chauffeur est sorti, casquette, gants, et a ouvert la portière arrière sans un mot.
Valérie m’a regardée une dernière fois.
— Tu t’appelles Isabelle ce soir. Tu te souviens des limites. Tu m’appelles si besoin. Et Léna…
Elle a marqué une pause.
— Reviens entière.
Élise m’a fait un clin d’œil.
— Et pense à moi pendant qu’il te baise en t’appelant Isabelle. Je veux les détails.
Je suis montée dans la voiture.
Le cuir était froid contre mes cuisses nues.
L’odeur de pivoine m’entourait déjà.
La portière s’est refermée.
La limousine a démarré dans la nuit parisienne.
Isabelle allait rencontrer son passé.
Valérie m’a laissée tranquille. Pas de mission, pas de message, pas même un « ça va ? ». Cloé non plus. Silence total. J’ai regardé mon téléphone trop souvent les premiers jours. J’ai commencé trois messages différents.
Le premier : « T’as dormi ? »
Le deuxième : « On s’est un peu emballées l’autre nuit, non ? »
Le troisième : juste un « Hey ».
Aucun n’est parti. J’ai fini par verrouiller l’écran et poser le téléphone face contre le matelas.
Peut-être que c’était une erreur.
Une parenthèse.
Un truc qui arrive quand on a trop baisé, trop dormi collées, trop partagé de sperme et de silence.
Élise m’avait laissé un vocal le mardi.
« Hé, petite sœur, t’as pas disparu ? Valérie dit que tu te reposes. Appelle-moi si t’as besoin. »
J’ai répondu par SMS. Trois mots. « Ça va. Merci. »
Elle n’a pas insisté.
Je suis retournée en fac.
Les cours de psychopathologie continuaient. M. Fournier parlait de dissociation, de mécanismes de défense, de clivage. J’écrivais des phrases savantes dans mon carnet pendant que mon cerveau rejouait en boucle la sensation de la langue de Cloé entre mes cuisses et le bruit de sa respiration contre mon épaule. Mon mémoire avançait, techniquement. Le fond, lui, restait en suspens. Comme moi.
Une semaine est passée comme ça.
Lente.
Un peu creuse.
Puis Valérie a appelé.
Sa voix était la même qu’au premier jour : calme, précise, légèrement amusée.
— Léna. Tu es dispo cet après-midi ? Il y a une mission un peu particulière. Discrète. Passe à l’agence vers quinze heures, on en parle.
J’y suis allée.
Dans le salon de l’agence, il n’y avait pas que Valérie. Un homme se tenait debout près de la fenêtre, costume sombre impeccable, cravate discrète, cheveux grisonnants parfaitement coiffés. Il m’a regardée entrer comme on regarde un objet qu’on hésite encore à acheter.
— Léna, a dit Valérie, voici Monsieur Davenne. Chef de cabinet du ministre, nous tairons son nom par discretion. Il est venu s’assurer que tout correspondait.
Monsieur Davenne a fait le tour de moi sans un mot. Lentement. Il m’a demandée de me lever, de me tourner, de marcher jusqu’à la porte et de revenir. Il a observé mes hanches, mes seins, la ligne de mon cou, la forme de ma bouche. À un moment il a même demandé à Valérie si je pouvais retirer mon gilet pour mieux voir la carrure.
— Les épaules sont bonnes, a-t-il fini par dire. Le visage aussi. Le corps… oui. C’est troublant.
Il a sorti une photo de la poche intérieure de sa veste et l’a posée sur la table basse. Une vraie photo papier, un peu passée par le temps. Format rectangulaire, couleurs légèrement délavées. Une jeune femme sur une plage des années 70 ou 80, en bikini jaune. Cheveux châtains mi-longs avec une frange épaisse, lèvres brillantes, regard un peu perdu vers l’objectif. Elle était assise sur une serviette, une jambe repliée, le ventre plat, les seins petits et ronds. Même ovale de visage que moi. Même bouche un peu trop pleine. Même façon qu’avaient les hanches de s’ouvrir.
— C’est elle, a dit Monsieur Davenne. Le premier amour du ministre. Il avait vingt-cinq ans. Elle en avait vingt-et-un. Elle l’a quitté quelques semaines après cette photo. Il en était éperdument amoureux. Aujourd’hui mon patron en a soixante-cinq. Il a vu votre photo dans le catalogue VIP. Il a dit : « C’est elle. C’est exactement elle. » Il veut finir ce qu’il n’a pas pu faire si vous voyez ce que je veux dire.
Valérie a croisé les jambes et a souri.
*Note mentale : « finir ce qu’il n’a pas pu faire ». Traduction probable : il n’a jamais réussi à la baiser correctement en 1983 et il compte rattraper quarante ans de frustration sur mon cul ce soir. Charmant. Mon carnet ajoute une sous-catégorie : « clients qui veulent régler des comptes avec leur jeunesse perdue… sur ma personne ». Facturation émotionnelle non incluse dans le forfait.*
— Une seule soirée. Très bien payée. Très discrète. Le ministre ne veut aucun risque de scandale. Tout se passera dans un appartement privé qu’il utilise rarement.
Monsieur Davenne a repris la parole, plus technique :
— Les conditions sont précises. Même coiffure que sur la photo : teinture pour se rapprocher de ce châtain doré, frange, longueur mi-longue. Lingerie de luxe, porte-jarretelles, bas fins, talons hauts. Robe simple mais très sexy, facile à enlever. Et surtout… la peau.
Il a insisté sur ce point en me regardant droit dans les yeux.
— Mon patron a un fétichisme très marqué pour la peau parfaitement lisse. Jambes, aisselles, sexe. Aucun poil. Même le plus court. Il ne supporte pas la sensation d’un seul poil qui picote sous ses doigts ou sa langue. Vous passerez donc chez l’esthéticienne de l’agence deux heures avant le rendez-vous pour un rasage intégral et un soin. Ensuite vous serez recouverte d’une crème à la pivoine qu’il a fait venir spécialement. C’est l’odeur qu’elle portait à l’époque. Il veut la retrouver.
J’ai hoché la tête. Ma gorge était un peu sèche.
Valérie a attendu que Monsieur Davenne ait fini, puis elle s’est tournée vers moi.
— On parle maintenant argent et limites. Monsieur Davenne, si vous voulez bien nous laisser.
Il a incliné la tête, a ramassé la photo, et est sorti sans un mot de trop. La porte s’est refermée.
Valérie a ouvert un dossier.
— Forfait soirée : huit mille euros. L’agence prend quarante pour cent, comme d’habitude. Il reste quatre mille huit cents pour toi. Possibilité d’extras si ça dérape en nuit complète, mais ce n’est pas prévu. Il veut surtout te regarder, te toucher, te sentir, et te baiser en t’appelant par le prénom de l’époque. Tu acceptes le prénom ?
— Quel prénom ?
— Isabelle.
J’ai senti un petit goût métallique dans la bouche.
— Et les limites ? a demandé Valérie. Tu restes sur ta fiche actuelle : pas de violence, pas d’humiliation gratuite, pas de scato, pas de sang. Sodomie possible si tu es d’accord. Double pénétration non. Filmer non. Il le sait déjà.
— Sodomie ok, ai-je répondu. Le reste comme d’habitude.
Valérie a noté.
— Dernière chose. C’est un homme puissant. Il a l’habitude d’obtenir ce qu’il veut. Mais les règles de l’agence restent les règles. Si quelque chose dérape, tu appelles. Je serai en permanence joignable. Tu peux encore refuser.
J’ai regardé la place vide où avait été la photo.
La fille en bikini jaune.
Le même corps.
Le même visage.
*Note mentale : une semaine sans nouvelles de Cloé. Un ministre fétichiste de l’anti-poil qui veut baiser son premier amour qui l’a plaqué il y a 40 ans. Une crème à la pivoine. Un prénom qui n’est pas le mien. Et quatre mille huit cents euros pour devenir Isabelle le temps d’une soirée. Mon carnet va avoir besoin d’une nouvelle section : « No limit pour les hommes de pouvoir ».*
J’ai relevé les yeux vers Valérie.
— Je prends.
Le jour J a commencé tôt.
Valérie m’avait donné rendez-vous à l’agence à neuf heures. Élise était déjà là, un grand café dans une main et un sourire en coin.
— Alors, t’es prête à devenir Isabelle ?
On est parties toutes les trois.
D’abord le coiffeur. Un salon discret du 8e, porte blindée, pas d’enseigne. Le coiffeur s’appelait Marc. Il a étalé la photo sur le plan de travail et a hoché la tête longuement.
— Frange épaisse, longueur sous les épaules, châtain doré un peu plus clair que le tien… on va devoir décolorer un peu. Tu tiens le coup ?
Quatre heures plus tard, j’avais les cheveux de la fille du Polaroid. La frange me tombait presque dans les yeux. Le reste ondulait doucement. Quand j’ai regardé dans le miroir, j’ai eu un petit choc. Ce n’était plus tout à fait moi.
Élise a sifflé.
— Putain… c’est troublant.
Valérie a juste souri.
Vers treize heures, entre le coiffeur et l’esthéticienne, on a fait une pause déjeuner dans un petit restaurant japonais discret près de l’agence. Valérie avait des appels à passer. Élise et moi nous sommes retrouvées seules à une table du fond.
J’ai poussé des edamames, ces sortes de grosse fèves toutes vertes, dans mon assiette pendant un moment avant d’oser :
— T’as des nouvelles de Cloé ?
Élise a levé un sourcil, un sourire en coin déjà en place.
— Pourquoi tu demandes ça ?
— Comme ça. Juste… pour savoir. Je n’ai pas eu de nouvelles depuis les footballeurs. Je m’inquiète c’est tou.
— Mmm. « Comme ça. »… « Tu t’inquiètes », Bien sûr.
Elle a croisé les bras sur la table et m’a fixée.
— Allez, balance. Qu’est ce qu’il ya entre vous ?
J’ai hésité. Puis tout est sorti. La suite du palace, le dîner où on détonnait, la douche, le bain, le fait qu’on avait fini par se toucher pour de vrai, sans client, juste nous. Que ça avait été différent. Plus lent. Plus intense. Que je n’arrivais plus à ranger ça proprement dans ma tête.
Élise écoutait sans m’interrompre, un petit sourire de plus en plus visible.
Quand j’ai eu fini, elle a posé ses baguettes.
— Je suis contente pour vous deux, ma belle. Vraiment.
Elle a marqué une pause, puis a ajouté, plus bas :
— Je l’ai eue au téléphone hier soir. Deux heures. Deux putain d’heures. Elle n’a quasiment parlé que de toi.
Élise a posé ses baguettes, un sourire en coin.
— Mais pas comme tu crois. Elle m’a pas raconté que vous aviez baisé ou quoi. Elle a juste… pas arrêté de faire des compliments. Que t’étais belle. Intelligente. Que t’avais un corps de rêve. Que t’avais une façon de parler qui la faisait se sentir moins conne. Elle m’a dit qu’elle adorait quand tu posais ta tête sur son épaule, que ça la calmait. Et après elle s’est mise à se rabaisser. Genre « de toute façon elle mérite mieux que moi », « je suis juste une pute un peu usée », « elle va se rendre compte que je vaux pas grand-chose ». Deux heures de ça, Léna. Deux heures à te monter sur un piédestal et à se démolir elle-même.
Elle a marqué une pause et m’a regardée droit dans les yeux.
— Je crois bien qu’elle a un gros béguin. Et qu’elle est terrifiée à l’idée que ce soit réciproque.
J’ai senti mes joues chauffer malgré moi.
Élise a éclaté d’un petit rire doux.
— Je crois bien que vous avez des sentiments l’une pour l’autre. Et arrête de rougir, ça te va très mal avec la frange années 80.
*Note mentale : Cloé a passé deux heures à dire que j’étais trop bien pour elle. Pendant que moi je n’ai même pas réussi à lui envoyer un putain de SMS. On est clairement deux génies de la communication affective.*
J’ai plongé le nez dans mon bol de miso pour cacher mon visage.
Élise a tendu la main et a tapoté mon poignet.
— T’inquiète. Elle attend juste que tu fasses le premier pas. Ou le deuxième. Enfin… tu vois le truc.
Après le déjeuner, Valérie m’a conduite chez l’esthéticienne de l’agence. Un institut discret, lumières tamisées, odeur de cire chaude et d’huiles essentielles.
J’ai toujours tout fait moi-même.
Rasoir Bic jetable à deux euros, crème dépilatoire qui pique, et mon flacon de vernis noir. Les aisselles, les jambes, le maillot… je me débrouillais sur le bord de la baignoire. Parfois je me coupais. Parfois la crème restait trop longtemps et je me retrouvais avec des plaques rouges. C’était artisanal, un peu douloureux, et surtout solitaire.
Là, c’était une autre planète.
On m’a allongée sur une table large, une serviette chaude posée sur le bas du ventre. L’esthéticienne s’appelait Sonia. Grande, calme, gestes précis. Elle a commencé par inspecter chaque zone avec une petite lampe. J’ai senti ses doigts écarter délicatement mes lèvres pour vérifier qu’il ne restait rien.
— On va tout reprendre à zéro, a-t-elle dit. Même ce que tu crois déjà propre.
Elle a d’abord appliqué de la cire chaude sur mes jambes. La texture était étrange, tiède puis presque brûlante. Elle a posé la bande, a lissé, a attendu trois secondes…
— Inspire, a-t-elle dit.
Puis elle a tiré.
— AH putain !
Le son est sorti tout seul. Sonia a eu un petit sourire professionnel.
— C’est normal. La première est toujours la pire.
Deuxième bande. Même rituel. Même « AH ! » un peu moins fort. À la troisième j’ai juste grincé des dents et planté mes ongles dans la serviette. Quand elle est passée aux aisselles, bras levés au-dessus de la tête comme une suspecte en garde à vue, j’ai ri nerveusement avant même qu’elle tire.
— Ça va piquer, a-t-elle prévenu.
— Ça pique déjà dans ma tête, ai-je répondu.
Elle a tiré.
J’ai poussé un cri aigu très peu digne d’une étudiante en master de psychologie. Sonia a eu la décence de ne pas rire trop fort.
Puis est arrivé le maillot.
Là, plus personne ne plaisantait vraiment. Elle a travaillé par petites zones, écartant et tendant la peau. Chaque arrachage me faisait sursauter des pieds à la tête. Entre deux bandes je soufflais comme une femme en plein travail. Sonia attendait que je reprenne mon souffle avant de continuer, avec une patience d’ange sadique.
Quand la cire a été terminée, elle a sorti la pince à épiler.
— Maintenant les petits détails. Ceux qu’on ne voit presque pas.
Elle a commencé à tirer les poils un par un.
Un.
Deux.
Trois.
Chaque « plic » microscopique s’accompagnait d’une mini-décharge. Ce n’était plus de la douleur franche, c’était une irritation précise, comme quelqu’un qui s’acharne à enlever des échardes invisibles. À un moment j’ai éclaté de rire sans pouvoir m’arrêter.
— Désolée, ai-je soufflé entre deux rires. C’est trop absurde. Je suis allongée jambes ouvertes pendant qu’une inconnue m’arrache les poils du cul avec une pince à épiler. Mon mémoire de psycho va être passionnant.
Sonia a souri sans s’arrêter.
— La plupart des clientes ne disent rien. Toi au moins tu te marres. C’est plus agréable.
Elle a continué encore un long moment, méthodique, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Ensuite elle a appliqué une crème apaisante à la camomille. Ses paumes ont lissé chaque centimètre. La sensation de soulagement après la cire et la pince était presque obscène. Ma peau chauffait, vibrait, et en même temps se détendait complètement.
À la fin elle a passé deux doigts de chaque côté de mon sexe, lentement, pour vérifier la texture.
— Parfait. Même un ange n’y trouverait pas un poil. Tu es une peau de bébé maintenant.
Elle m’a tendu un miroir à main.
J’ai regardé.
Tout était lisse, rose, impeccable. Plus aucune aspérité. Ma chatte avait l’air d’une version retouchée de moi-même.
*Note mentale : je viens de crier, de rire et de presque jouir sous les mains d’une esthéticienne. Et maintenant j’ai une chatte de bébé pour un ministre nostalgique. Clairement, mon année universitaire est réussie.*
Sonia a souri.
— Ton mec va être content. Et toi aussi, on dirait.
J’ai senti mes joues chauffer.
Je n’ai rien répondu.
Mais en me rhabillant, chaque frottement du tissu sur ma peau nouvellement nue m’a arraché un petit frisson.
Pour la première fois de ma vie, j’étais parfaitement lisse.
Et ça me troublait bien plus que prévu.
Retour à l’agence en fin d’après-midi.
Valérie avait fait préparer plusieurs tenues dans la petite loge du fond. Élise était déjà là, assise en tailleur sur le canapé, un sourire en coin.
— Alors, la peau de bébé… on passe aux fringues ?
On a commencé l’essayage.
Lingerie d’abord. Soutien-gorge en soie bordeaux, culotte assortie ultra-fine, porte-jarretelles noir avec de petits nœuds. Élise m’a aidée à ajuster les attaches. Ses doigts glissaient sur ma peau encore hypersensible. Chaque fois que la sangle du porte-jarretelles claquait contre ma cuisse, je sursautais un peu.
— T’es vraiment lisse, a-t-elle murmuré en passant distraitement la main sur mon bas-ventre. C’est flippant. Et excitant.
Ensuite les bas. Très fins, presque transparents. Élise les a fait remonter lentement le long de mes jambes, lissant du talon jusqu’en haut de cuisse. Quand elle a fixé la dernière attache, elle a reculé de deux pas pour juger le résultat.
— Putain… t’as l’air d’une putain de luxe sortie tout droit d’un film des années 80. Il va jouir juste en te voyant entrer.
Valérie a choisi la robe finale : noire, fluide, échancrée jusqu’au bas du dos, fendue assez haut sur la cuisse. Facile à ouvrir. Facile à enlever. Les talons étaient aiguilles, vernis, un peu trop hauts pour mon équilibre habituel. Je me suis entraînée à faire trois pas dans la loge. Élise a ri.
— Essaie de ne pas te casser la gueule avant d’arriver.
La crème à la pivoine attendait dans un pot en verre dépoli. J’en ai mis partout, comme demandé. Cou, poignets, creux des seins, bas du ventre, intérieur des cuisses, même derrière les oreilles. L’odeur était lourde, florale, un peu poudreuse. Vieux jeu et troublante à la fois. Elle collait à ma peau lisse comme une seconde identité.
À dix-neuf heures précises, une limousine noire s’est arrêtée devant l’agence.
Le chauffeur est sorti, casquette, gants, et a ouvert la portière arrière sans un mot.
Valérie m’a regardée une dernière fois.
— Tu t’appelles Isabelle ce soir. Tu te souviens des limites. Tu m’appelles si besoin. Et Léna…
Elle a marqué une pause.
— Reviens entière.
Élise m’a fait un clin d’œil.
— Et pense à moi pendant qu’il te baise en t’appelant Isabelle. Je veux les détails.
Je suis montée dans la voiture.
Le cuir était froid contre mes cuisses nues.
L’odeur de pivoine m’entourait déjà.
La portière s’est refermée.
La limousine a démarré dans la nuit parisienne.
Isabelle allait rencontrer son passé.
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