Offerte

- Par l'auteur HDS Miss_Sexcret -
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Auteur femme.
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 13-10-2026 dans la catégorie Entre-nous, hommes et femmes
Cette histoire de sexe a été affichée 659 fois depuis sa publication.
"Offerte" est le fantasme de So.
Elle m'a écrit, il y a peu et nous avons pas mal discuté. Elle m'a parlé d'elle, de ses envies, de ses retenues. Deux heures après j'écrivais ce texte. Je crois qu'elle l'a bien aimé puisqu'elle m'a demandé de le publier. Pour toi, So.



Offerte

Mes amis m’appellent « So » pour Sophie, c’est mon prénom, mais ça pourrait être un autre. Ce qui compte, c’est le reste. Je ne suis plus une gamine car j’arrive à ma quatrième dizaine.
J’ai toujours été entourée d’hommes. Pas parce que je les cherche. Pas parce que je fuis les femmes. Ça s’est fait comme ça. Au lycée déjà, je me retrouvais à la table des garçons. Plus tard, au boulot : des équipes, des services, des soirées qui se finissent à cinq autour d’une pizza, et moi au milieu. Une copine part, un copain reste. Un groupe se forme. Les années passent et je suis encore la seule fille. Ça finit par devenir normal. On arrête même de le remarquer. Sauf moi, parfois, quand je rentre et que le silence de l’appart me tombe dessus.
Je sais que je plais.
Je le sais sans me l’avouer trop fort. Je le sens dans les silences qui durent une seconde de trop. Dans une main posée sur mon épaule et qui oublie de se retirer. Dans une blague qui vire, dans un regard qui descend puis remonte trop vite. Je n’en fais rien. Je change de sujet. Je ris. Je bois une gorgée. Je suis pudique. Timide dès que ça devient trop clair, dès qu’un homme me fixe un peu trop droit et que je comprends ce qu’il imagine. Je rougis encore à mon âge. Mes oreilles chauffent, ma voix se casse, et ça m’agace. J’ai l’impression d’avoir le corps d’une femme et les réflexes de jeune fille.
J’ai eu des aventures. Pas des dizaines. Assez pour savoir que ça peut être bon. Assez pour savoir que ça peut faire mal. La plupart se sont mal terminées. Un qui disparaît dès qu’il a eu ce qu’il voulait. Un qui se met à tout vouloir, trop vite, trop fort, comme si mon oui d’un soir lui donnait un droit sur les suivants. Un qui me parle autrement dès qu’on a couché, plus sec, plus propriétaire, comme si le désir l’autorisait à ne plus me respecter. Après ça, quelque chose s’est refermé. Pas le désir. La confiance.
Alors j’ai choisi l’amitié.
C’est plus sûr. C’est plus durable. Avec eux, je peux être lourde, fatiguée, mal habillée, trop honnête. Je n’ai pas à plaire. Je n’ai pas à performer. On se voit. On se ramène. On s’envoie des vocaux débiles. On se connaît depuis trop longtemps pour se mentir sur l’essentiel. C’est précieux. C’est aussi, parfois, plus solitaire. Parce qu’au fond du lit, quand tout le monde est rentré, l’amitié ne suffit pas toujours à calmer ce qui bat entre mes cuisses.
Parce que j’aime le sexe.
Pas seulement l’idée. Le vrai. La peau, l’odeur, le poids d’un corps, le moment où on arrête de parler. J’aime le regarder, aussi. Un film, une scène, un texte. J’aime le lire plus que je ne l’avoue. Les mots me touchent souvent plus vite que les mains. Ils passent là où ma pudeur bloque encore. J’aime le faire, bien sûr. Quand j’y arrive. Quand je ne me regarde pas trop. Quand je n’entends pas cette petite voix qui me dit que je ne suis pas assez ceci, trop cela, que je vais encore tout gâcher.
Mes complexes me tiennent.
Mon corps ne me semble jamais tout à fait le bon. Trop ceci un jour, pas assez le lendemain. Mon passé s’y colle. Alors je recule. Je choisis le canapé plutôt que le lit. Le rire plutôt que le baiser. L’amitié plutôt que le risque.
Et pourtant, la nuit, ça revient.
Mes complexes me retiennent. Mon corps ne me semble jamais assez. Mon passé non plus. Alors je suis passive. Je lis des histoires érotiques, je regarde des films romantiques et des vidéos pornos. Mes fantasmes se développent de plus en plus à cause de mon inaction.
Depuis peu, je lis les textes d’une inconnue. Je ne sais pas comment je suis tombée dessus. Un titre. Une phrase. Puis une autre. Une femme qui écrit comme on se déshabille, sans demander pardon. Elle ne tourne pas autour. Elle nomme. Elle ouvre. Elle prend. Elle se fait prendre. Il y a de la honte nulle part, ou alors elle la transforme en chaleur. Je lis ça le soir, le téléphone collé au visage, la lumière trop basse, le cœur un peu trop vite.
Au début, je lis seulement.
Les mots descendent plus bas que je ne voudrais. Ma respiration change. Je recroise les jambes. Je fais semblant de rien, comme si quelqu’un pouvait me voir dans mon propre lit. Puis je pose le téléphone un instant sur ma poitrine. L’écran éclaire encore mon menton. Je sens déjà cette humidité qui arrive trop tôt, trop honnête.
La nuit, seule, je glisse la main sous le drap.
D’abord par-dessus la culotte. Juste la paume. Une pression. Comme pour vérifier. Je suis déjà chaude. Déjà ouverte un peu. Je relis une phrase du pouce de l’autre main, une scène où elle s’offre sans discuter, et mes hanches bougent toutes seules. Un tout petit mouvement. Honteux. Bon.
J’écarte un peu les cuisses.
Mes doigts passent sous le tissu. La peau est glissante. Je suis plus mouillée que je ne l’admettrai demain. L’index trouve mon clitoris, pas encore pour aller vite, juste pour le sentir gonfler sous l’ongle. Je ferme les yeux. Ce n’est plus tout à fait moi. C’est elle. La femme des textes. Celle qui n’attend pas qu’on lui donne la permission.
Je m’imagine à sa place. Libre. Offerte.
Je rentre un doigt. Parfois deux. Lentement, parce que je suis seule et que je peux me le permettre. Le drap fait une petite tente au-dessus de mon poignet. Je baise ma main comme si c’était une bouche, un sexe, plusieurs. J’entends sa voix à elle — celle que je n’ai jamais entendue — me dire d’ouvrir plus. D’arrêter de jouer la Sage. Je relève les genoux. Mes talons s’enfoncent dans le matelas. L’autre main attrape mon sein, trop fort, presque méchante, comme je n’oserais jamais demander à quelqu’un.
Je lis encore, par moments.
Une ligne. Un fragment. Les mots tapent pile là où je me caresse. Je frotte plus vite. Le bruit devient obscène sous le drap, mouillé, rythmé. Je me mords la lèvre pour ne pas gémir trop fort, même si l’appart est vide. Mes cuisses tremblent. Je pense à des regards sur moi. Pas des inconnus. Des visages que je connais. Je chasse l’idée. Elle revient. Je la laisse.
Quand ça monte, je ne m’arrête plus.
Deux doigts au fond, la paume contre mon clitoris, les hanches qui tapent le lit. Je jouis en silence d’abord, la bouche ouverte, puis un son m’échappe, petit, laid, vrai. Ça pulse autour de mes doigts. Ça coule jusqu’à mon poignet. Je reste là, la main encore dedans, le téléphone éteint contre l’oreiller, le cœur qui tape trop fort pour une femme censée être raisonnable.
Après, je retire mes doigts lentement.
Je les regarde un instant, brillants. J’ai envie de les goûter et je le fais, vite, comme un secret. Le goût de moi. Le goût de ce que je n’assume pas encore dehors.
Je remets le drap bien droit. Je remets la culotte. Je fais semblant que rien ne s’est passé. Mais le texte est encore là. Et moi aussi, un peu plus ouverte qu’avant.
Je suis souvent la seule fille en soirée, avec le même groupe. Toujours les mêmes. Quatre types. Des années de bières, de covoiturages, de messages idiots, de « t’inquiète on te ramène ». Et parfois, au fond d’un verre, j’ai envie d’être leur objet. D’être sur la table, devant eux, offerte, et qu’ils me fassent ce qu’ils veulent. Soumise. Libre. Les deux en même temps.
Mais ce sont des amis. S’ils me voyaient comme ça, ils changeraient de regard.
Et je ne veux pas perdre ça.
Parfois, je les regarde autrement. Pas tous les soirs. Juste certains. Quand l’alcool a un peu déplacé les lignes. Quand l’un d’eux pose sa veste sur mes épaules et que le tissu garde encore sa chaleur. Quand un des garçons me raccompagne parce que je n’ai plus de métro. La portière claque. L’habitacle sent le cuir froid, la bière, un peu de parfum masculin. Le chauffage souffle trop fort sur mes tibias et mon imagination s’envole. Sa main reste sur le levier, les phalanges à deux centimètres de mon genou. Je parle. Je ris. Je fais la copine. Et en même temps je les vois comme des possibilités. Un sexe sous un jean. Une bouche que je connais trop pour l’embrasser, assez pour l’imaginer ouverte contre mon ventre, ou la mienne ouverte contre lui.
Mon plus gros fantasme n’est pas compliqué.
Il est même presque bête. C’est d’être soumise.
Pas humiliée. Pas jetée. Soumise. Que quelqu’un décide à ma place. Que je n’aie plus à être sage, ni forte, ni celle qui dit non pour protéger le groupe. Que mon corps serve. Que ma bouche serve.
Dans la voiture, ça revient souvent.
La ville défile en plaques jaunes. La ceinture me coupe le sein. Il parle d’un truc sans importance, la voix un peu rauque d’avoir trop crié dans le bar. Moi je baisse les yeux. Le denim est tendu. Je vois la forme. Chaude, sûrement. Lourde. Je m’imagine glisser la main là, le sentir dur sous le tissu, le faire bouger. Défaire le bouton. Le zip râpe. Son sexe sort dans ma paume, déjà épais, déjà luisant au bout. L’odeur me monte tout de suite — peau, sel, un peu de savon. Je me penche. Le levier me rentre dans la poitrine. Ma joue touche son jean rêche.
Je le prends en bouche pendant qu’il conduit.
D’abord juste la tête, chaude, lisse, qui appuie contre mon palais. Ma salive vient trop vite. Je descends. Il s’enfonce. Ma gorge se serre, un haut-le-cœur court, je reste. Il ne me demande pas si ça va. Ses doigts s’enfoncent dans mes cheveux, près de la nuque, et il me garde là. Il pousse un peu. Pas méchant. Juste sûr. Je bave. Ça coule au coin de ma bouche, sur mon menton, sur son pantalon. Je suce. Je remonte. Je redescends jusqu’à ce que mon nez touche son ventre. Il change de vitesse au-dessus de ma tête. Son sexe tressaille sur ma langue. Un goût plus fort. Je l’avale. Entre mes cuisses, ma culotte est déjà collée, chaude, trop mouillée pour une femme qui n’a rien fait d’autre qu’imaginer.
Les phares des autres voitures balayent mon visage penché. Personne ne nous voit. Ou si. Ça m’est égal. Je suis juste une bouche. Sa bouche, le temps du trajet. Quand il jouit, dans ma bouche, il appuie plus fort et ça me vient au fond de la gorge, épais, par secousses. Je tousse. Je garde. Il caresse ma nuque comme on remercie un animal sage.
Évidemment, je ne fais rien.
Il me dépose. On s’embrasse sur la joue. Sa barbe me gratte. Je monte l’escalier avec ça encore entre les jambes, cette chaleur bête, ce besoin. Je ferme la porte. Et dès que je suis dans le lit, la scène recommence, plus nette, plus lourde et je jouis.

Jusqu’à ce soir-là. Le 25 septembre.
Chez Max. Comme souvent. L’appart sent la pizza froide et le whisky. Les cartons sont encore ouverts sur la grande table de la cuisine — celle en bois clair, pleine d’auréoles de verres. La playlist a glissé trop bas. On est cinq. Eux quatre. Moi. Les chaussettes de Julien traînent près du canapé. Alex roule une clope sans la fumer. Thomas a les manches relevées. Max rit trop fort d’un truc que plus personne n’écoute, comme d’habitude.
Il est tard. Ce moment où on devrait rentrer et où personne ne se lève. Les bouteilles sont déjà trop avancées. Max ressert le whisky sans demander. Julien a les yeux brillants. Moi j’ai les joues chaudes depuis le troisième verre.
C’est Julien qui le sort, en riant, comme un gosse :
— Allez. Action ou vérité. Comme au lycée. Vous êtes trop sages.
Max tape du plat de la main sur la table. Les verres tintent.
— Oh putain oui.
Thomas lève les yeux au ciel. Il sourit quand même. Alex cherche une bouteille vide. Une Kro. Il la couche au milieu des miettes.
— Règle simple, dit-il. Celui qui fait tourner pose la question ou donne l’action. Elle s’arrête devant quelqu’un, c’est à lui. Après, c’est lui qui lance.
Il lance. Le verre roule, cogne un cendrier, s’arrête devant Max.
— Toi. Action ou vérité ?
Max prend vérité. Évidemment. Au début, tout le monde prend vérité. C’est plus simple. On peut encore faire semblant.
Alex pose la question, et elle est déjà trop direct :
— La dernière fois que t’as baisé.
Max ouvre la bouche.
— Oh la vache, tu commences fort !
Julien frappe la table.
— Les détails ! Tous !
Thomas :
— Date. Endroit. Position. Tu jouis où.
Alex lève son verre :
— Et n’invente rien.
Max se gratte la nuque. Il rit. Il arrête de rire.
— Ok, Ok… Y a trois semaines. Une fille du boulot. On est sortis après un after. Ici, dans la cuisine, on n’a même pas allumé la lumière. Je l’ai prise contre le frigo d’abord. Elle avait encore ses chaussures. Jupe relevée, culotte déplacée. Elle était déjà trempée. Après sur le pieu, je te l’ai prise à quatre pattes par-derrière. Je lui tenais les cheveux. Elle jouissait fort, presque trop à vrai dire.
Il s’interrompt. Un sourire de travers.
— Après je me suis posé des questions. Simulation, peut-être. Le visage dans l’oreiller, ça aide à mentir.
Julien hurle.
— ELLE A SIMULÉ !
Tout le monde à rit
Alex :
— Tu vois, je le savais.
Thomas rit pour de vrai, rare. Max lève les mains.
— Je ne sais pas ! Moi j’ai joui sur son cul. On n’a même pas parlé après. J’ai juste entendu sa respiration.

Silence d’une seconde. Julien siffle et tape dans la main de Max. Alex secoue la tête en souriant. Moi je bois. Et je regarde le frigo, là, à trois mètres. L’image s’y colle toute seule. Max. Une jupe. Des chaussures. Le bruit contre la porte. Je recroise les jambes.
Max attrape la bouteille. Il fait tourner. Elle s’arrête devant moi.
— So. Action ou vérité ?
Trop tôt pour action. Je prends vérité. Max, encore lancé :
— Ton endroit préféré. Pas la personne. L’endroit.
Je cherche. Je pourrais dire le lit, pour rester sage.
— Une voiture qui roule. La nuit. Quelqu’un qui conduit. Moi qui le…, je mime une pipe, voilà.
Je m’arrête là. Ils hurlent quand même. Julien tape dans ses mains. Alex dit putain. Thomas ne dit rien, il boit. Je bois aussi rouge pivoine. Je recroise les jambes. Ma jupe remonte un peu. Je ne la rabats pas.
C’est à moi de faire tourner. Je lance trop fort. La Kro fait le tour de la table et s’arrête devant Julien.
— Action, dit-il. Pour le show.
Tous me regardent. C’est moi qui dois. Mon cœur tape trop vite.
Max tape dans ses mains.
— Allez So. Fais lui faire un truc osé. On est des adultes… enfin je crois.

Alex :
— Fais-le bouger. Là. Maintenant.
Thomas, plus bas, presque contre mon épaule :
— Si tu donnes un truc sage, on te sifflera.
Je ris. Ça sonne faux. Le whisky me brûle la gorge. Je pourrais lui demander de boire. De danser pour nous. Je pourrais le mettre sur moi. Je ne le fais pas. Les mots sortent avant que je les rattrape.
— Striptease. T-shirt. Pantalon. Tout ce que tu veux tant que ça tombe. Et tu le fais vraiment. Pas deux secondes.
Silence. Puis les autres hurlent. Max se lève à moitié. Alex tape du pied.
Julien ouvre la bouche. Il me pointe du doigt, un sourire trop large.
— Je l’ai toujours su. Que tu voulais me voir à poil, So. Depuis le début. T’étais juste trop sage pour le dire.
— C’est le jeu, je dis.
Ma voix est trop petite. Mes oreilles brûlent.
— Le jeu, ouais.
Max attrape son téléphone. Une basse trop forte. Une putain de chanson de club, trop vite pour cet appart. Quelqu’un tape dans ses mains au rythme. Julien se lève. Il pousse sa chaise du pied. Il est déjà au milieu, entre la table et le canapé, les mains ouvertes comme un clown. Il roule des épaules. Il rit. Il arrête de rire.
Le t-shirt d’abord. Lentement. Le tissu remonte sur le ventre, les côtes, les aisselles. Il le fait tourner au bout du doigt et le lance sur ma jupe. Le coton est chaud. Je ne le retire pas tout de suite.
Le bouton du jean. Le zip. Il tourne le dos, baisse la braguette, recule le bassin vers la table. Le jean glisse. Boxer noir. Ses cuisses. Un peu de poil. Le tissu déjà tendu devant. Il n’enlève pas le boxer. Il le tire un peu, juste assez pour qu’on voie la naissance, puis il le remet. Max hurle. Alex tape du plat de la main sur le bois. Thomas ne dit rien. Il regarde.
Julien avance vers moi en dansant mal, exprès. Une main dans ses cheveux. L’autre sur son ventre. Il s’arrête trop près. Je sens sa chaleur. Le parfum, la peau, l’alcool. Il se penche, les mains sur ses genoux, le visage à la hauteur du mien.
— T’as qu’à demander pour le reste, So.
Je secoue la tête. Trop vite.
Il éclate de rire. Il se rassoit en boxer, les joues rouges, la cuisse contre la mienne sous la table. Je recule d’un centimètre. Pas deux. Le t-shirt est encore sur mes genoux. Je le pose sur la chaise, à côté de son jean.
La musique continue un peu trop longtemps. Max la coupe. On applaudit comme des idiots. Julien salue, trop solennel.
Julien fait tourner, encore le souffle un peu court. La bouteille s’arrête devant Alex.
— Vérité.
Julien se penche, encore à moitié nu, la peau brillante sous la lumière de la cuisine :
— Le truc le plus sale que t’as fait. Détaille. On veut les bruits. Pas le titre.
Max :
— Et les prénoms, si tu te souviens.
Alex tourne son verre. Il rit. Il arrête.
— Un week-end. Bretagne. Deux filles. Des copines entre elles depuis le lycée. On avait trop bu. L’une s’est mise à genoux entre mes jambes pendant que l’autre l’embrassait. Je sentais leurs langues se toucher sur moi. La salive. Les cheveux partout. Après je les ai prises chacune. L’une regardait, les doigts dans sa chatte, les yeux trop ouverts. L’autre gémissait dans le canapé, pliée en deux. À un moment elles se sont embrassées au-dessus de moi, et j’étais encore au fond. J’ai joui trop vite. Elles ont ri. On a dormi en tas. Le matin ça a recommencé, plus lent, plus sale. J’ai encore le goût dans la bouche quand j’y pense.
Max tape du poing sur la table.
— PUTAIN.
Julien siffle, trop fort.
— Les deux. Le matin. T’es un porc. J’adore.
Thomas dit rien. Sa pomme d’Adam bouge. Il ressert le whisky. Moi j’ai chaud dans le cou, dans les seins, plus bas. Sous la jupe, la culotte colle déjà. Personne ne me regarde spécialement.
Alex fait tourner. Le goulot s’arrête encore devant moi.
Un flottement. Max :
— Action. Obligé
Julien, en boxer :
— Allez So. On a donné c’est ton tour.
Alex me sourit de côté. Il me doit bien ça, après le jean de Julien.
— Ok, action, je dis.
— Enlève ton soutif. Sans enlever ton t-shirt.
Les autres tapent dans leurs mains. Julien tape aussi, trop content.
— Allez So.
Je souffle. Mes doigts tremblent un peu. Je passe les mains dans le dos, sous le coton. L’agrafe résiste. Elle cède. Un petit bruit. Max dit oui comme si c’était lui. Je ramène les bretelles le long des bras, un côté, l’autre, sans montrer la peau. Le soutien-gorge sort par la manche, noir, un peu chaud encore, un peu déformé. Je le lance sur la table. Il atterrit près de la Kro.
Mes seins bougent autrement sous mon t-shirt. Les tétons marquent tout de suite. L’air du tissu me frotte à chaque respiration. Je reste droite. Je fais semblant que ce n’est rien.
Max :
— Bouge. Montre nous !
Je ne bouge pas. Ça n’est pas rien. Quatre regards sur le coton. Sur ce qui appuie derrière. Julien lâche un petit sifflement. Thomas détourne les yeux une seconde, trop tard.
Je prends la bouteille. Mes doigts sont moites. Je fais tourner. Elle s’arrête devant Max.

Il me sourit, trop sûr. C’est à moi. Les autres déjà :
— Balance. À poil. Allez So, venge toi !
— Balcon, je dis. À poil. Tu chantes. Une chanson. Toute. Portes ouvertes.
— Quoi ?
— Tu as entendu.
Max jure. Il se lève comme s’il n’avait pas le choix et qu’il en avait envie. Le t-shirt vole. Le jean. Le boxer. Il cache son sexe comme il peut, une main en coupe, maladroite, trop petite. Ça dépasse quand même. La tête. Un peu de tige. La pièce entière le voit. Moi aussi. Je n’en rate pas une miette. Julien éclate de rire, une main devant sa propre braguette comme pour comparer.
Max ouvre la baie. L’air de la nuit rentre d’un coup, froid, et mes seins répondent tout de suite sous le t-shirt. Sur le balcon, à moitié caché par le muret, on ne voit plus que son cul. Il gueule une chanson de rap qu’il connaît mal. Il danse. Les fesses bougent. Une fenêtre s’allume en face. On se plie en deux. Alex manque de renverser son verre. Lui il finit, à bout de souffle, les mains sur la rambarde.
Il rentre, rouge. Il n’a plus la main devant. La queue un peu plus réveillée qu’en partant, relevée contre la cuisse. Il se rhabille à moitié. Le jean seulement. On le laisse comme ça. Le bouton n’est pas fermé. Un peu de poil. Un peu de peau.
Max, encore pieds nus, fait tourner. La bouteille s’arrête devant Thomas.
— Vérité.
Max, le souffle encore court, le jean trop bas :
— Ton truc le plus hard. Celui que tu n’as jamais raconté ici. Et tu le racontes jusqu’au bout.
Julien :
— Vas-y, choque-nous.
Thomas tourne son verre. Il met du temps.
— J’étais en fac. On avait un pote Sébastien, tu t’en souviens Thomas ?
— Le basketteur ?
— Non, pas celui-là, le rouquin. Sa mère nous hébergeait parfois le week-end, une maison trop grande, le père n’était jamais là. Un dimanche matin. Tout le monde dormait encore. Je suis descendu chercher de l’eau. Elle était dans la cuisine. Quarante-cinq ans, peut-être, rousse en peignoir. Rien dessous, on le voyait. Elle m’a demandé si je voulais un café. Puis elle s’est rapprochée de moi. Elle a mis sa main sur mon pyjama. J’étais déjà dur. Elle a dit chut. Elle s’est mise à genoux contre le meuble. Elle m’a sorti. Elle m’a sucé comme si elle avait le temps. Lente. Profonde. Les ongles dans mes fesses. Je tenais le plan de travail. J’entendais les pas au-dessus. Elle a tout pris. Elle s’est relevée, elle s’est essuyé la bouche avec le pouce, elle a allumé la cafetière. On n’en a jamais reparlé. Sébastien non plus n’a jamais su. Des fois je me demande si elle l’a fait avec les autres.
Personne ne rigole tout à fait. Julien lâche un putain. Alex recale sa chaise.
— La mère.
Thomas :
— Oui, à moi aussi mais dans la salle de bains… non je déconne mais qu’est ce qu’elle était bonne.
— T’es un monstre. J’adore.
Moi je bois. Ça passe de travers. L’image reste. Le peignoir. Les genoux sur le carrelage. Le chut. Je serre les cuisses. Ça pulse.
Thomas fait tourner. Lentement. Comme s’il savait. La bouteille s’arrête devant moi.
— Action.
C’est lui qui donne. Il me regarde une seconde de trop.
Max :
— Fais-la parler des années que nous la connaissons et on ne sait rien de aventures sexuelles
Thomas :
— Tu te penches. Et tu dis à l’oreille de qui tu veux les mots les plus crus que t’as dans la tête. Ceux que tu ne dirais jamais à voix haute. Et tu restes le temps qu’il les entende tous.
Je me lève. Le t-shirt frotte mes seins, trop net. Je choisis Julien. Parce qu’il est déjà à poil, presque. Parce que Thomas ce serait trop clair de montrer mon attirance. Je me penche. Mes lèvres touchent presque son oreille. Ses cheveux. Sa chaleur. Le boxer tout près de mon genou. Je parle tout bas, pour lui seulement, et les autres le savent. Ils se taisent pour entendre quand même.
— J’aime sucer bien profondément. Qu’on me tienne la tête. Que ça aille bien au fond de ma gorge. Que je bave. Que ça coule sur mon menton et sur mes seins. Que le mec jouisse au fond de ma gorge et que j’avale tout après.
Julien reste immobile. Il dégluti. Sa main, sur sa cuisse, se ferme. Dans le boxer, ça a bougé. Net. Ça tend le coton, ça monte, ça reste. Tout le monde le voit. Max :
— Oh putain, il bande !
Alex rit trop bas. Julien ne croise plus les jambes. Il ne peut plus. Quand je me rassois, j’ai les joues en feu et le sexe battant, ouvert, déjà trop. Max souffle un putain tout bas. Thomas ne me lâche pas des yeux.
L’air a changé. Plus personne ne parle du foot. Plus personne ne parle du boulot. La bouteille n’est plus un jeu. C’est un prétexte. On est cinq autour d’une table, chauffés par les mêmes images. Julien en boxer, une sacrée érection, trop visible pour faire semblant. Max le jean ouvert. Moi sans soutien-gorge. Alex encore habillé, trop calme. Thomas trop calme aussi.
C’est encore à moi. Je fais tourner. Le verre roule longtemps, comme s’il cherchait. Il s’arrête devant moi.
Quatre visages. La lumière de la cuisine est trop blanche. Je sens mon pouls dans le cou, dans les poignets, plus bas. Mes seins libres sous le t-shirt. La culotte collée, chaude.
Thomas sourit de côté. Celui qui me taquine depuis toujours.
— Ok, tu ne vas pas te poser une question. On va dire que c’est le groupe, là. So. Et ce sera une vérité.
Ils se concertent. Un murmure. Un rire court. Ils se tournent vers moi.
— Vérité. Ton fantasme. Le vrai. Pas celui que tu racontes pour faire rire. Celui qui t’excite la nuit quand tu es seule dans ton lit.
Le silence tombe mal.
Je pourrais mentir.
J’ai menti toute ma vie sur ce point-là.
Je pose mon verre et je les regarde tous les quatre dans les yeux.
— Être sur cette table. Devant vous. Offerte. Que vous me preniez comme une salope. Que je n’aie plus à décider de rien.
Personne ne rit.
Alex passe une main dans ses cheveux.
— Tu dis ça pour le jeu ?
— Non.
Max, plus bas, le jean encore ouvert :
— C’est vraiment ce que tu aimerais. Et demain ?
J’avale.
— Demain vous serez encore mes potes, vous m’avez demandé mon fantasme absolu, maintenant vous savez. Donc soit on le réalise soit on arrête maintenant.
Ils se regardent. Quatre hommes. Pas des prédateurs. Des types qui me connaissent depuis trop longtemps pour faire semblant de n’avoir jamais pensé à ma bouche. Julien a toujours le boxer tendu. Max se lèche la lèvre sans s’en rendre compte. Thomas hoche la tête, une fois.
C’est moi qui me lève.
Les cartons de pizza. Les verres. La Kro. Quelqu’un — Alex — balaye tout d’un geste vers le bord. Une bouteille bascule, ne tombe pas. La table est là. Grande. Claire. Pleine d’auréoles.
Je m’assieds sur le bord.
Je remonte ma jupe d’un geste trop rapide pour être élégant. Le t-shirt reste. Mes seins libres dessous.
— Si quelqu’un ne veut pas, il sort je ne lui en voudrait pas.
Personne ne sort.
Le bois est froid sous mes fesses. Mes pieds ne touchent plus le sol. Je tremble. Pas de peur seulement. De trop longtemps retenu. De whisky. De leurs regards enfin posés là où je les ai mis.
Thomas s’approche le premier. Il me touche le genou.
— Tu peux dire stop quand tu veux.
— Je sais, j’ai confiance.
Sa paume est chaude. Elle ne monte pas tout de suite. On s’entend respirer. Julien rit nerveusement, trop fort et pour rien. Max se gratte la nuque. Alex reste un pas en arrière, les mains dans les poches, comme s’il attendait une permission de plus.
Thomas écarte un peu mes cuisses. Lentement. Comme on ouvre quelque chose de fragile. Je n’ai plus de culotte. Je l’ai enlevée plus tôt, aux toilettes, sans l’avouer, une décision prise tout au fond et oubliée jusqu’à maintenant. L’air de la cuisine me touche. Ils voient. Pas la copine. Pas la timide. Moi. Ouverte. Déjà brillante.
— Putain, So, souffle Julien.
Max :
— On est vraiment en train de…
— Oui, je dis. Oui.
Thomas pose sa bouche sur l’intérieur de ma cuisse. La barbe racle. Un rire me sort, trop aigu. Il remonte. Sa langue trouve mon clitoris du premier coup, trop juste. Je sursaute. Mes mains cherchent le bord de la table. Julien s’approche à ma gauche, encore en boxer, l’érection qui tend le coton. Il ne sait pas où mettre ses mains. Je les prends. Je les pose sur mes seins, par-dessus le t-shirt.
— Comme ça.
Il pétrit. Maladroit. Bon. Les tétons passent sous le tissu, entre ses doigts. Max, face à moi, a enfin sorti son sexe du jean. Il se caresse sans oser venir. Alex a enlevé le t-shirt. Rien de plus.
— Vous êtes trop sages, je dis. Allez. Où sont les mecs qui ont baisé toutes ses filles.
Un rire. Le vrai. Celui des soirées. Ça casse quelque chose. Max s’avance. Je tends la main, je le prends. Chaud. Déjà dur. Je le guide vers ma bouche. La tête d’abord. Le goût. Sel, peau, comme dans mes rêves. Il dit merde. Ses hanches bougent trop vite. Je le retiens avec la main.
— Doucement. Laisse-moi faire.
Thomas lèche. Deux doigts glissent en moi, faciles, trop faciles. Je suis trempée depuis le jeu. Julien a remonté mon t-shirt. Mes seins à l’air. Il baisse la tête, prend un mamelon. Ses dents. Je gémis. Max s’enfonce un peu plus dans ma bouche. Je bave déjà. Ça file sur mon menton, sur mon t-shirt relevé.
Alex s’est approché. Il me caresse les cheveux, encore presque tendre.
— T’es belle, So.
— Baise-moi la bouche après lui, je dis contre le sexe de Max. Arrête d’être gentil.
Max jouit trop tôt. Un hoquet. Il essaye de se retirer. Je le garde en pressant ses fesses vers mon visage. Ça vient par secousses, épais, au fond. Je tousse. Je garde. Il s’excuse, idiot, le visage rouge. Je tire la langue pleine de son sperme et je l’avale en lui souriant
— Désolé. Putain. Désolé.
— Ce n’est rien, je dis. J’adore.
Julien éclate de rire.
— Deux minutes. Record.
— Va te faire foutre.
On rit. Moi aussi, la bouche brillante. Thomas n’a pas ri. Il a ouvert son pantalon. Il se redresse entre mes cuisses. Le gland contre moi. Il cherche mes yeux.
— Oui. Vas y… baise m… ahrg
Il entre. Lentement. Gros. Ça écarte. Je m’accroche à ses épaules. Un son me sort, laid, vrai. Il s’arrête au fond. On reste. Sa respiration dans mon cou. Puis il baise. Pas encore comme une bête. Presque encore un ami qui a peur de tout casser. Je croise les jambes dans son dos.
— Plus fort. Thomas. Plus fort.
Il donne plus fort. La table bouge. Les verres tintent au bord. Julien a baissé le boxer. Son sexe tape contre ma joue. Je le prends. Deux. Un dans la chatte, un dans la bouche. Alex se caresse en regardant. Max, encore mou, les yeux écarquillés, déjà en train de revenir.
Je jouis une première fois sans prévenir. Autour de Thomas. Les parois qui battent. Je lâche Julien. Un cri. Court. Mes ongles dans le bois.
— Elle jouit, dit Max. Elle jouit pour de vrai et ça ce n’est pas de la simul.
Thomas ne s’arrête pas. Il me baise à travers. Trop. Parfait. Quand il se retire, ça fait un bruit mou. Julien prend sa place trop vite, maladroit, rentre de travers, rentre enfin. Plus mince. Plus pressé. Il me tient les hanches comme dans une vidéo. Il rit encore, puis il arrête de rire. Il pilonne. Ses couilles claquent. Je le regarde.
— C’est ça. Prends-moi.
Alex s’est mis près de ma tête. Je tourne le visage. Je l’ouvre. Il glisse sur ma langue. Plus posé que les autres. Il tient ma nuque. Pas méchant. Sûr. Exactement ce que j’ai dit à l’oreille. Je le prends jusqu’à la gorge. Un haut-le-cœur. Je reste. Il dit So. Rien d’autre.
Julien juit en grognant, trop profond, trop vite lui aussi. Il s’écrase sur moi.
— Dedans ?
— Dedans.
Il vide. Chaud. Je le sens. Il reste une seconde, le front contre mon ventre, puis il se retire. Ça coule tout de suite sur le bois. Sur mes fesses.
Max a durci à nouveau. Il me retourne. À plat ventre sur la table, les seins écrasés, les pieds qui ne touchent toujours pas le sol. Il me prend par-derrière. Fort. Sans demander. Je veux ça. Le frigo est là, en face. L’image de tout à l’heure. Sauf que c’est moi. Il me tient les cheveux. La table racle le carrelage.
— La salope du frigo, c’est moi maintenant, je dis en riant
— Putain So.
Alex s’est allongé à côté, le sexe près de ma bouche. Je le suce en rythme avec les coups de Max. Thomas se caresse en nous regardant, déjà dur à nouveau. Julien est assis par terre, encore sonné, le boxer aux chevilles.
Max change d’angle. Un doigt cherche plus haut, entre mes fesses. Il hésite.
— T’as jamais…
— Fais-le. Doucement.
Le doigt entre. Étrange. Plein. Trop. Bon. Il baise ma chatte et me tient comme ça. Je jouis une deuxième fois, la bouche pleine d’Alex, les larmes aux yeux, le bois collé à la joue. Alex n’y tient plus. Il s’enfonce, il jouit au fond de ma gorge. J’avale. Presque tout. Le reste file sur mes lèvres. Il caresse mes cheveux après, stupide et doux.
— Sur le canapé les gars, dit Thomas. La table va y passer.
On se déplace en tas. Ridicules. Beaux. Mes jambes flageolent. Le t-shirt est perdu quelque part. La jupe aussi. Je suis nue. Eux aussi, enfin. Le canapé de Max sent le tabac et le cuir cheap. On m’y pose. Thomas s’allonge. Je l’enfourche. Je descends sur lui. Profond. Mes mains sur sa poitrine. Je le baise. Je décide un moment. Puis je n’ai plus envie de décider.
— Tenez-moi.
Max derrière, encore. Il frotte son sexe contre mes fesses, cherche, trouve l’entrée déjà pleine, n’insiste pas, se glisse contre Thomas, les deux glands qui se touchent presque. Non. Trop. Il se contente de mes fesses, du doigt, de ma bouche quand je me tourne. Julien s’est remis à genoux sur le coussin. Je le prends à la main. Quatre. Partout. Peau. Sueur. L’odeur de sexe, enfin, pas seulement celle des textes.
Thomas jouit en moi en me tenant les hanches, les dents serrées, mon prénom dans la gorge. Je le garde au fond. Je continue à bouger. Ça déborde. Max me bascule sur le côté. Il rentre. Il n’est plus drôle. Il baise comme il a raconté, il me tire les cheveux en arrière, le visage dans le dossier. Je l’encourage. Des mots sales. Les vrais. Ceux de la nuit. Il jouit sur mon dos, chaud, long. Ça file dans le creux des reins.
Il reste Alex. Et Julien encore, à moitié. Alex me met sur le dos. Il lève mes jambes. Il entre. Lent. Profond. Il me regarde. Presque trop. Sa main sur mon clitoris pendant qu’il me sonde. Je jouis une troisième fois, plus long, plus mouillé, ça tapote contre lui. Il continue. Il essaye de me prendre plus fort, un truc qu’il n’a pas l’habitude de se permettre. Je dis oui. Oui. Oui. Il s’enfonce jusqu’à s’arrêter au fond, il vide, il reste.
Julien, le dernier, un peu honteux d’être déjà revenu.
— Encore une ?
— Viens.
Je le prends dans la bouche, à genoux entre le canapé et la table basse. Les autres regardent. Thomas a une main sur ma nuque, légère. Julien se tend. Je le descends jusqu’à mon nez. Il jouit en toussant presque, les mains dans mes cheveux. J’avale. Je le garde en bouche. Il caresse ma joue comme on s’excuse.

On ne parle pas tout de suite.
Le salon est une débâcle. Un jean. Un boxer. Mon t-shirt. Du sperme sur mon ventre, dans le bas du dos, au coin de la bouche. Entre mes cuisses, ça coule encore. Je suis collante. Ouverte. Le cœur trop fort. Max éclate d’un rire tout bas.
— Les murs ont tremblé, So.
— Ta gueule.
Je souris. Thomas s’assoit par terre, le dos contre le canapé, la main sur ma cheville. Un geste d’avant et d’après en même temps. Alex cherche un verre d’eau. Julien a remis le boxer à l’envers.
Je respire.
Le groupe est encore là.
Décalé.
Intact, d’une certaine façon.
Pour une fois, je n’ai rien contrôlé.
Et personne n’est parti.

— C’est à qui le tour ? dis-je.

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