Vacances Marocaines
Récit érotique écrit par Miss_Sexcret [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur femme.
- • 78 récits publiés.
- • Cote moyenne attribuée par les lecteurs : 0.0 • Cote moyenne attribuée par HDS : 0.0
- • L'ensemble des récits érotiques de Miss_Sexcret ont reçu un total de 320 723 visites.
Histoire érotique Publiée sur HDS le 11-10-2026 dans la catégorie Entre-nous, hommes et femmes
Cette histoire de sexe a été affichée 812 fois depuis sa publication.
Encore un fois, cette histoire ne vient pas de moi. Et je remercie Nico, de me l’avoir envoyé. Quand j’ai lu son histoire, elle m’a mis des papillons dans le ventre et la larme à la culotte. De la réinterpréter en me glissant dans se personnage m’a permis de libérer tout ce qui n’était pas sortie. Merci Nico pour ta permission de revoir ce texte à ma manière et pour le Plaisir que j’ai eu à l’écrire.
Vacances marocaines
Je ne sais pas vraiment pourquoi nous sommes là.
Étienne a voulu que nous partions tous les quatre à la dernière minute.
Après le déjeuner de Pâques chez sa mère le week-end dernier. Le gigot, les endives, les conversations qui tournent autour de tout sauf de moi. Il a levé les yeux de son assiette et son regard s’est fait triste. Quelques jours plus tard il annonçait à toute la famille que nous partions dix jours au Maroc. Les enfants étaient fous de joie, moi… moins. Peut-être a-t-il compris que je m’ennuyais à mourir. Que ce petit voyage dans le sud du Maroc me ferait du bien. Ou peut-être a-t-il simplement eu peur du silence que je traîne depuis trop longtemps.
C’est vrai. Depuis plusieurs mois, après ce que j’ai traversé, je n’ai plus goût à rien. La maladie, le stress, l’angoisse, je suis encore là, et ma vie me semble fade, insipide. Vous allez dire que je suis une mauvaise mère, une mauvaise épouse. Non. Mes enfants sont ma fierté. Je les aime plus que tout. Mon mari ? Depuis la dernière rechute, il n’ose plus me toucher. Comme si j’étais une chose fragile, une porcelaine, pire… une mère.
Pourtant je suis femme, j’ai quarante-deux ans, brune et pas mal je crois. Un mètre soixante-cinq. Les cheveux longs. On me dit que j’ai les yeux qui pétillent. Un petit rayon de soleil, paraît-il. Moi je sais surtout que j’ai des désirs, des envies de vivre. De manger la vie par tous les bouts. Le soir, je me surprends à tchatter avec des inconnus en ligne. Certains me font rire. D’autres m’excitent comme jamais. La semaine dernière, je me suis même caressée en direct avec un homme pendant qu’Étienne dormait à mes côtés. Sa respiration régulière. Mon téléphone collé au visage. Mes doigts sous le drap. J’ai de plus en plus de fantasmes. De moins en moins envie de fidélité. De moins en moins envie de stabilité.
Et me voilà. Leila. Dans un bus qui m’emmène dans le sud du Maroc. Un hôtel de toiles cinq étoiles aux portes du désert.
Le bitume quitte Marrakech sans prévenir. D’abord les palmeraies, les haies de cactus, les tas de pastèques au bord de la route. Puis ça s’assèche. Les villages s’espacent. Les femmes portent des couleurs que le soleil n’arrive pas à tuer. L’air qui entre par la vitre a un goût de poussière et d’orange. Youssef, le chauffeur, parle peu. Les enfants ont mis leurs écouteurs et jouent sur leurs portables. Étienne regarde le paysage. Moi je regarde les nuques des autres passagers, les avant-bras, les mains, les doigts. Un homme torse nu au bord de la route qui soulève un bidon.
On traverse Ouarzazate. Puis la route se creuse vers le Drâa. Les kasbahs arrivent une à une. Les palmiers font des taches d’encre. Il fait une chaleur sèche, presque propre. Je colle ma tempe à la vitre. Je pense à la conversation avec mon inconnu. Ses mots excitants, sa description de comment il me lècherait la chatte. Étienne le savait, autrefois. Il a oublié comment la prendre.
L’hôtel apparaît au bout d’une piste. D’abord les lanternes. Puis les toiles. Grandes tentes beiges, bordées de bois sombre, posées sur des tapis qui débordent dans le sable. Un cinq étoiles qui fait semblant d’être un campement.
Le personnel sort comme l’eau d’une cascade. Djellabas claires. Hassan, le réceptionniste, trop poli, qui prononce nos noms sans se tromper. Le groom, Amal, plus jeune, nous guide jusqu’aux chambres avec Reda qui porte nos bagages comme s’ils étaient vides. Il me tend la clé. Ses doigts touchent les miens. Je souris trop vite.
Thé à la menthe sous l’auvent. Les enfants courent vers la piscine. Étienne parle horaires. Plus loin, un homme plus mûr, près des 4x4, qui ne dit rien et qui nous regarde, qui me regarde un peu de trop. Je baisse les yeux, troublée. Quand je les remonte, il a déjà tourné la tête.
Nos tentes sont trop belles. Tapis. Lits bas en bois. Une partie dans la toiture où l’on voit le ciel. Et par la fente de la toile, le désert commence tout de suite.
Le soir, tajine, lanternes. Reda verse l’eau. L’homme des 4x4 traverse le camp avec une lampe. Dans le lit, Étienne me tourne le dos. Je sors le téléphone. Mon inconnu veut savoir où je suis. Je réponds : au bout du monde.
Les jours suivants : hammam, ksours, dromadaires. Amal plie les draps. Reda a une cicatrice au sourcil. L’homme mûr s’appelle Karim. Quand il me sert une assiette, il dit seulement : « Madame » Sa voix est posée. Agréable. Rien de plus.
La canicule s’installe. Étienne trouve qu’il faut de l’air. De la montagne. L’arrière-pays. Trois jours. L’hôtel nous organise un séjour en immersion. Karim nous y conduira. On part dimanche.
Je dis oui. Parce que je dis oui à presque tout, depuis des mois. Parce que mon corps, lui, n’a pas signé les papiers.
—
Karim nous dépose le dimanche en fin de matinée. Le village est trop joli pour être festif. Des murs en pisé. Un oued. Des figuiers. La maison sent le linge propre et la poussière fine. Feroudja est là pour nous faire la cuisine. Les enfants explorent la terrasse. Étienne vérifie le réseau, n’en trouve presque pas, a l’air soulagé. Karim décharge les sacs, boit un verre d’eau à la cuisine, part. Il doit revenir mardi. En partant il dit encore « Madame ». Rien de plus. Sa voix reste dans la pièce un instant après la portière.
Journée paisible. Trop. On mange tôt. On parle peu. Étienne lit. Les enfants s’endorment avant vingt-deux heures, vidés par la route. À minuit tout le monde va se coucher. Je suis le mouvement. Au bout de trente minutes je tourne dans le lit. Étienne ronfle légèrement. La lune est claire. Dedans, j’ai trop chaud.
Je me relève. Un verre d’eau. Je m’assieds dehors. Le silence du village a une texture. Je suis détendue, et c’est précisément ça qui me perd. Un désir monte. Ça fait un moment que je ne me suis pas fait prendre, que j’ai eu du vrai sexe. Et les vacances en famille, c’est sympa mais pas pratique quand vous avez envie de vous faire baiser.
Je descends vers la rivière comme on fuit une pièce trop petite pour me changer les idées.
Chaque pas dénoue un peu le nœud de mes désirs. L’air de la nuit me plaque la nuisette contre le ventre, contre la poitrine. Le tissu est mince. Trop. Je le sais. C’est pour ça que je l’ai mise. Les cailloux sous mes pieds. L’odeur de figuier. L’eau quelque part plus bas, une rumeur fraîche. Dedans, j’ai encore la chaleur du lit, la chaleur d’Étienne qui ne me touche pas, la chaleur de mes propres doigts trop souvent, trop vite, trop seules.
Cinq minutes et mon souffle se calme. Ou fait semblant.
C’est là que ça commence. Une impression, un sentiment d’être observée. Suivie. Une présence. Je la fabrique d’abord. C’est plus sûr et rassurant. Un animal ou un homme derrière moi. Pas un visage. Mais une voix. Posée. Basse avec un léger accent. J’entends déjà la phrase avant qu’elle existe.
Ne te retourne pas.
Je souris toute seule. Je joue. Je provoque. Inquiète mais excitée. Je ralentis pour voir si le jeu tient. Et le jeu tient. L’air change dans mon dos. Quelqu’un, j’en suis sûre. Ou le désir qui a enfin trouvé un corps. Je ne vérifie pas. Vérifier tuerait tout.
Sa voix, quand elle vient, est presque celle que j’avais placée dans ma tête.
N’ayez pas peur, jolie vous. Je n’admire que votre démarche. Ne vous retournez pas.
Le « vous » me traverse. Plus intime que le tu. Plus sale, bizarrement. Je ne me retourne pas. C’est mon premier cadeau de la nuit.
Sa main.
Pas tout de suite sur moi. D’abord le frôlement. Le bas de la fesse. La chaleur d’une paume à travers le tissu. Je continue à marcher parce que si je m’arrête je vais parler, et si je parle ça redevient réel. Le frôlement revient. Plus sûr. Les doigts glissent sous la nuisette. Peau contre peau. Sa main est sèche, la peau un peu rêche au bord et douce au milieu. Un homme qui travaille. Un homme qui sait se servir de ses doigts.
Je pense : Plus bas.
Et plus bas, elle va.
Pas encore dedans. Appuyé. Comme on vérifie un fruit. L’humidité est déjà là, honteuse, évidente. Il ne peut pas ne pas la sentir. Moi je la sens depuis le premier pas derrière moi. Ça bat. Ça s’ouvre sans permission. Je ralentis. Je lui facilite le passage. Dans ma tête je lui dis : sors-moi du chemin. Fais-le toi. Que je n’aie rien à décider.
Le chemin se dérobe. Un arbre me stoppe. L’écorce sous mes paumes avant même qu’il y pose mes mains. Il le fait. Il prend mes poignets. Il les plaque. Le bois est frais. Moi, non. Son corps n’est pas encore contre moi et déjà j’attends le poids. Le manque du poids. Ses mains redescendent le long de mes bras, lentement, comme s’il apprenait une route. Elles s’arrêtent aux seins. Ses paumes me recouvrent. Mes tétons durcissent trop vite, trop fort, une douleur minuscule, trop bonne. Il les pince. Je retiens le bruit. Il pince encore. Le souffle de cet homme dans ma nuque.
Touche-moi comme si tu avais le droit.
Il a le droit. Je le lui donne sans le dire.
Les mains aux hanches, sur mes cuisses. Elles remontent. Un seul geste, sec, et la culotte n’est plus là. Il me l’a arrachée. L’air me touche enfin là où j’étais cachée. Je suis trop ouverte tout d’un coup. Trop offerte. La honte arrive en même temps que le soulagement. Ses doigts. Un. Puis deux. Ils entrent dans ce qui n’attendait que ça. Chaud. Glissant. Ma chatte se referme sur eux, gourmande, indécente. Il me cambre. Le bas du dos cède. Mon cul se tend vers lui toute seule. Je ne dirige plus mes genoux.
Sa bouche.
Je la veux avant de la sentir. Puis je la sens. Langue large, lente, pile où ça brille. Il déguste. Le mot est sale et exact. L’abricot comme disait mon inconnu. Enfin quelqu’un qui le prend comme un fruit, pas comme une formalité. Le plaisir n’est pas un éclair. C’est une marée montante. Ça monte par le bas du ventre, ça serre, ça mouille encore. Mes cuisses tremblent contre l’arbre. Je pousse un son. Il me le coupe d’une main sur la bouche. Deux doigts rugueux sentent mon souffle. Je lèche presque sa paume. Je suis une chienne, oui. Le mot arrive tout seul. Il ne me diminue pas. Il me libère.
Il se relève. Le froid de sa bouche qui part. Puis le chaud de lui. Le gland. Pas dedans. Contre. Il glisse le long de ma fente, s’enduit, bute contre le clitoris, repart, revient. Je le veux entier et il me le refuse encore. Dans ma tête je le guide : reste là. Encore. Encore. Maintenant prends.
Il prend.
L’entrée d’abord, trop large tout à coup, cette première dilatation qui fait mal juste ce qu’il faut. Puis la longueur. Il me remplit par vagues, pas d’un coup d’homme pressé : il cherche, il tourne un peu, il me découvre de l’intérieur. Je sens tout. La peau. La veine. La longueur. Chaque centimètre a un goût. Ma vulve l’accueille comme si elle l’avait attendu depuis des mois — et c’est vrai. Depuis la rechute. Depuis les draps que personne ne froisse. Depuis les inconnus sur l’écran.
Je gémis dans sa main. Il accélère. Les hanches tapent les miennes. Le bruit de peau. L’odeur de moi, plus forte que l’odeur des arbres. Je pense à la maison. Aux enfants. À Étienne. La pensée devrait me fermer. Elle m’ouvre davantage. C’est maintenant. C’est ici. Personne ne me touche à part ça.
Il me tient les hanches. Levrette. Profonde. Je ne suis plus celle qui tchatte sous le drap. Je suis un bas-ventre contre un arbre. Je jouis presque sans y arriver, coincée juste avant, trop tendue. Il s’arrache de moi. Le vide est une insulte. Puis le râle. Le jet. Chaud. Sur le cul. Sur le haut des cuisses. Ça coule dans la fente encore ouverte, ça brûle et ça console en même temps.
Je reste cambrée une seconde de trop. Pour garder. Pour croire que ça continue.
Quand je me retourne, il n’y a plus qu’une silhouette de dos et la nuit.
Qui.
Cette voix. Posée. Agréable.
Peut-être que je l’ai rêvé finalement. Peut-être que mes propres doigts ont tout fait et que le sperme n’est que de l’eau de la rivière, plus tard, quand je me laverai. Ou peut-être pas. Mon cul est collant. Ma chatte bat encore, vide, vexée, heureuse.
Le salaud. Il me laisse comme ça.
C’est exactement ce que je lui avais demandé, dans ma tête.
—
Le lendemain, chaque regard me traverse le bas-ventre. Je marche et je sens encore l’écorce sous mes mains. Étienne me demande si je vais bien. Oui. La montagne me fait du bien. Ma chatte, sous ma robe, dit autre chose. Elle est rouge. Elle a soif. Elle se souvient. Elle veut la suite.
Dix-huit heures. Avant de dîner je retourne sur les lieux. Ma chatte est encore rouge de la nuit, irritée de cette grosse queue. Le jour, l’endroit est joli, parfumé. Une chaleur me monte au moment exact où sa main s’était posée la première fois. Je rougis. Droite. Gauche. Mon pas ralentit comme pour revivre. Je suis déjà trempée.
Vingt et une heures. Tout le monde à table. Vingt-deux heures. La nuit tombe. Vingt-trois heures. Les premiers se couchent. Que vais-je faire.
Au lit. Je me félicite d’avoir été sage. Je reste hantée. Je me lève. Je tourne. La main sur la poignée. Prête à partir en courant.
Non. Je ne serai pas une salope ce soir.
Je retourne me coucher. Le ventre serré. Seule un sexe peut évacuer ce nœud.
Une heure. Je ne dors pas. Il y fait trop chaud. On part demain. Comment repartir ainsi ?
Je me lève. J’enfile une robe légère. Pas de culotte. S’il est là, il ne me l’arrachera pas cette fois. J’en profiterai plus vite.
Je franchis la porte. Envie de courir. Je descends du même pas que la veille. Je ne sais pas s’il sera là. Je ne sais même pas si je le souhaite. Peut-être un autre.
Proche du lieu où l’homme m’a surprise. Je suis déjà une invitation qui marche. Un léger vent soulève ma robe. Si un baiseur est présent, il verra que je ne porte rien. C’est ce que je désire. Être baisée sans blabla.
Je passe l’endroit de la première main baladeuse. Aucune présence. Je ralentis quand même. Près de l’arbre, personne. La frustration est forte.
L’arbre est bien réel. L’odeur aussi. Mon corps recopie tout : le frôlement, l’humidité, l’ouverture. Je suis trempée avant d’avoir rien fait.
J’attends. Je suis sage.
Puis, plus sage du tout.
Alors je deviens l’homme et la femme. Je me cambre. Je m’ouvre. Mes doigts entrent là où sa queue était. Le cul aussi, un peu, parce que j’ai envie que ce soit sale, parce que j’ai envie qu’on m’ait vue.
Regarde. Je suis encore offerte. Viens.
Un craquement. Un souffle qui n’est peut-être que le mien.
Je jouis contre l’écorce, trop vite, pas assez. Le cri sort. Le vide après est pire que la veille.
Les feuilles continuent à chanter. La rivière à couler. Cinq minutes à pied de la maison je rentre déçue. Puis arrive la grange. Les ombres des brebis dehors. Un sifflement vient de la petite bâtisse. Mes jambes veulent lâcher. Oui. Il y a quelqu’un. Oui, j’ai été vue. Il sait forcément que je suis bonne à baiser.
Deux minutes. Une éternité. Rentrer dans la grange ? Je craque. Encore le sifflement. Celui d’un homme qui appelle pour te baiser.
Je passe la tête. Personne. Seulement un drap blanc au sol.
Un homme me fait face. Je vois d’abord sa bite en érection. Pas son visage. Je n’ai pas souvenir que mon baiseur était aussi grand. Je ne l’avais pas vu. Mon regard le balaie. Trop vite. Et se refixe sur sa queue. Large. Nervurée. Gland gonflé, rouge. Couilles fermes, pleines. Il ne dit qu’une chose, avec prestance :
Avance jusqu’à ce drap, salope.
Je suis aimantée. J’avance. Figée. Immobile. Comme une petite fille. Il s’approche. Sa main va directement à ma chatte. Il vérifie que je suis ouverte, offerte, prête à être remplie. Il me déshabille. Nue au milieu de la pièce. Il saisit mes mains et les pose sur sa bite. Impossible de le reconnaître.
Je caresse. Les couilles. Je le branle doucement. Chaude. Elle coule un peu.
Soudain des mains derrière moi me saisissent les fesses.
Il n’est pas seul.
Le drap est rêche sous mes pieds nus. Pas important. Devant moi il n’y a que ça : cette bite. Large. Les veines. Le gland déjà luisant, une perle au bout. Ma main s’en souvient avant d’y être. Chaude. Plus chaude que ma paume. Ça bat. Un cœur stupide, pressé, contre mes doigts.
J’ai envie de la mettre dans ma bouche tout de suite. Pas pour lui mais pour moi. Pour sentir le sel, le poids sur la langue, pour que ça me ferme les yeux de plaisir. Je ne le fais pas encore. Je branle. Lentement. Peau contre peau. La peau du prépuce recule, revient. Il coule un peu plus. Ça glisse mieux. Derrière, les autres mains ne demandent rien. Elles prennent. Un doigt trouve ma chatte comme on rentre chez soi. Je suis tellement ouverte que ça n’a même pas à pousser. Juste à être accueilli. Un autre doigt cherche mon anus. L’anneau résiste une seconde, par habitude, puis cède parce que je pousse avec, parce que je veux que ça passe. L’entrée pique. Puis ça fond.
Encore. Plus. Remplissez-moi avant même de me baiser.
Je m’agenouille parce qu’on me le fait faire et parce que mes genoux le demandaient. Trois bites à hauteur de visage. Trois odeurs d’homme, de sueur, de savon bas de gamme. Je prends celle de devant dans la bouche enfin. Le gland m’étire les lèvres. Salé. Doux et dur en même temps. Je le prends autant que je peux. Jusqu’au fond de ma gorge. J’ai envie de tousser. Je ne tousse pas. Les deux autres dans mes mains, lourdes, nerveuses. Je passe de l’une à l’autre avec la bouche, gourmande, maladroite, heureuse de l’être. Dans ma tête je suis déjà la salope qu’ils disent. Le mot ne me blesse pas. Il me réconforte.
On me soulève. L’homme mûr — la voix de l’arbre, j’en suis sûre maintenant, ce calme-là — s’allonge. Sa queue droite comme un poteau. Je la vois pointer vers le plafond de la grange et mon bas-ventre répond tout seul, une contraction, une faim. Ils me portent. Cuisses écartées. L’air me touche la chatte, trop. Puis plus d’air. Le gland. L’entrée. Je la veux entière d’un coup et mon corps dit doucement. Ils me descendent. Centimètre par centimètre je la prends. Ça frotte pile où c’est à vif depuis hier. Mon abricot s’ouvre autour de lui, se referme, s’ouvre. Quand il touche le fond je lâche un son que je ne reconnais pas. Pleine. Enfin pleine. Les parois battent contre lui.
Reste. Bouge. Baise-moi comme si j’étais à toi.
Il me tient le bassin. D’arrière en avant. Chaque va-et-vient racle le point qui fait voir blanc. Les deux autres bites dans mes poings, contre mes joues. Je les sers. Je veux qu’ils jouissent sur moi, en moi, peu importe, je veux le chaud. On me relève. Le vide. Une seconde de détresse. Quatre pattes. Une autre queue rentre d’un coup plus sec. Plus épaisse, je crois, ou simplement moins patiente. Ça cogne. Mes seins pendulent. Ma bouche est occupée, ça m’empêche de hurler, tant mieux, la maison n’est pas si loin. Je pense à Étienne une seconde. La pensée me traverse le ventre comme une caresse sale. Je jouis presque.
Ils tournent. Je ne compte plus les visages, il n’y en a pas. Que des queues. Chaque retrait laisse un trou qui demande. Chaque nouvelle bite a sa manière : une qui frotte haut, une qui s’enfonce jusqu’à faire mal au col, une qui sort trop souvent pour n’y remettre que le gland, me rendre folle. Ma chatte est un muscle maintenant. Elle travaille. Elle suce. Elle veut.
Puis les deux.
Je le sais avant que ça arrive. Les deux doigts à côté de la queue déjà en moi. L’étirement. Non — oui. Le non est pour la douleur. Le oui est pour tout le reste. Ils forcent le passage. Deux glands se disputent l’entrée. Ça brûle. Ça déchire un peu, pas vraiment, juste cette sensation d’être trop, d’être ouverte au-delà de ce que je connais. Mes parois n’ont plus de secret. Je les sens l’une contre l’autre à l’intérieur, deux chaleurs, deux rythmes. Je jouis là, sans élégance, un spasme qui part du cul jusqu’à la gorge. Ça mouille tellement que ça claque.
Ne vous retirez pas. Encore. Je tiens. Je veux tenir.
Le cul maintenant. J’ai vu ça venir depuis l’arbre, depuis mes propres doigts. Un crachat. Froid puis plus. Un doigt. L’anneau reconnaît. Puis le gland. Il pousse droit, petit à petit, et moi je pousse avec lui pour que ça passe. L’entrée cède. La tête passe. Le reste suit par vagues. Pleine derrière pendant que l’autre est encore devant. Je ne suis plus une femme avec des parties. Je suis un seul endroit traversé de part en part. Le souffle me quitte. Je reviens. Je suis au-dessus de moi une seconde — la pute au sol, les trois cagoules — puis je retombe dans mon corps, trop fort.
Le foin. Ils me jettent. Le bas du ventre en bascule, le cul au ciel, le sang dans la tête. Une claque. La peau brûle. Il me rentre dans le cul sans demander. Trop grand. Trop d’un coup. Douleur et plaisir tressés, impossibles à séparer. Je hurle dans le foin. Le suivant. Plus gros. L’anus ne se referme plus, je le sens béant entre les queues, offert, ridicule, magnifique. Je veux qu’ils s’y vident. Je veux le chaud dedans. Je veux le chaud sur la peau. Je veux les deux. Dans ma tête je leur parle :
Remplissez-moi. Le visage. La chatte. Le cul. Que je rentre lourde. Que ça coule le long des cuisses jusqu’à la maison.
Ils accélèrent. Les râles. Les insultes. Chaque mot me descend dans le ventre. Salope. Chienne. Garce. Oui. Oui. Les glands gonflent, je les sens prêts, cette dureté juste avant. Je n’ai plus de temps. Plus d’enfants. Plus de mari. Plus de maladie.
Ils se vident.
L’un au fond du cul, par à-coups, chaud, trop chaud, ça reste. L’un sur les reins, long, qui file vers la fente. L’un devant ma bouche, je tends la langue, je prends ce que je peux, le goût, l’épais, le reste sur le menton, les seins. Je reste à genoux un moment parce que mes jambes ne savent plus. Ça coule de partout. La vulve bat, ouverte, pleine et vide à la fois. Le cul ne sait plus se fermer. L’air de la grange pique tout ce qui est sensible.
Je veux encore. Une dernière. Juste une. Personne ne me la donne. C’est mieux. Si on recommence je ne rentre plus.
Je ramasse ma robe. Le tissu colle. Je rentre par le même chemin, les jambes trop molles, le sperme entre les cuisses, les traces des claques sous le tissu. La maison est noire. Personne. Le lit sent Étienne. Je me glisse au bord. Mon cœur est une bête. Ma chatte encore ouverte contre le drap, qui revendique.
Demain le départ. Les valises. Le désert. Les visages que je ne connaîtrai jamais.
Là, maintenant, je suis lourde. Pleine. Vivante. Merci.
C’est tout ce que je suis venue chercher.
Vacances marocaines
Je ne sais pas vraiment pourquoi nous sommes là.
Étienne a voulu que nous partions tous les quatre à la dernière minute.
Après le déjeuner de Pâques chez sa mère le week-end dernier. Le gigot, les endives, les conversations qui tournent autour de tout sauf de moi. Il a levé les yeux de son assiette et son regard s’est fait triste. Quelques jours plus tard il annonçait à toute la famille que nous partions dix jours au Maroc. Les enfants étaient fous de joie, moi… moins. Peut-être a-t-il compris que je m’ennuyais à mourir. Que ce petit voyage dans le sud du Maroc me ferait du bien. Ou peut-être a-t-il simplement eu peur du silence que je traîne depuis trop longtemps.
C’est vrai. Depuis plusieurs mois, après ce que j’ai traversé, je n’ai plus goût à rien. La maladie, le stress, l’angoisse, je suis encore là, et ma vie me semble fade, insipide. Vous allez dire que je suis une mauvaise mère, une mauvaise épouse. Non. Mes enfants sont ma fierté. Je les aime plus que tout. Mon mari ? Depuis la dernière rechute, il n’ose plus me toucher. Comme si j’étais une chose fragile, une porcelaine, pire… une mère.
Pourtant je suis femme, j’ai quarante-deux ans, brune et pas mal je crois. Un mètre soixante-cinq. Les cheveux longs. On me dit que j’ai les yeux qui pétillent. Un petit rayon de soleil, paraît-il. Moi je sais surtout que j’ai des désirs, des envies de vivre. De manger la vie par tous les bouts. Le soir, je me surprends à tchatter avec des inconnus en ligne. Certains me font rire. D’autres m’excitent comme jamais. La semaine dernière, je me suis même caressée en direct avec un homme pendant qu’Étienne dormait à mes côtés. Sa respiration régulière. Mon téléphone collé au visage. Mes doigts sous le drap. J’ai de plus en plus de fantasmes. De moins en moins envie de fidélité. De moins en moins envie de stabilité.
Et me voilà. Leila. Dans un bus qui m’emmène dans le sud du Maroc. Un hôtel de toiles cinq étoiles aux portes du désert.
Le bitume quitte Marrakech sans prévenir. D’abord les palmeraies, les haies de cactus, les tas de pastèques au bord de la route. Puis ça s’assèche. Les villages s’espacent. Les femmes portent des couleurs que le soleil n’arrive pas à tuer. L’air qui entre par la vitre a un goût de poussière et d’orange. Youssef, le chauffeur, parle peu. Les enfants ont mis leurs écouteurs et jouent sur leurs portables. Étienne regarde le paysage. Moi je regarde les nuques des autres passagers, les avant-bras, les mains, les doigts. Un homme torse nu au bord de la route qui soulève un bidon.
On traverse Ouarzazate. Puis la route se creuse vers le Drâa. Les kasbahs arrivent une à une. Les palmiers font des taches d’encre. Il fait une chaleur sèche, presque propre. Je colle ma tempe à la vitre. Je pense à la conversation avec mon inconnu. Ses mots excitants, sa description de comment il me lècherait la chatte. Étienne le savait, autrefois. Il a oublié comment la prendre.
L’hôtel apparaît au bout d’une piste. D’abord les lanternes. Puis les toiles. Grandes tentes beiges, bordées de bois sombre, posées sur des tapis qui débordent dans le sable. Un cinq étoiles qui fait semblant d’être un campement.
Le personnel sort comme l’eau d’une cascade. Djellabas claires. Hassan, le réceptionniste, trop poli, qui prononce nos noms sans se tromper. Le groom, Amal, plus jeune, nous guide jusqu’aux chambres avec Reda qui porte nos bagages comme s’ils étaient vides. Il me tend la clé. Ses doigts touchent les miens. Je souris trop vite.
Thé à la menthe sous l’auvent. Les enfants courent vers la piscine. Étienne parle horaires. Plus loin, un homme plus mûr, près des 4x4, qui ne dit rien et qui nous regarde, qui me regarde un peu de trop. Je baisse les yeux, troublée. Quand je les remonte, il a déjà tourné la tête.
Nos tentes sont trop belles. Tapis. Lits bas en bois. Une partie dans la toiture où l’on voit le ciel. Et par la fente de la toile, le désert commence tout de suite.
Le soir, tajine, lanternes. Reda verse l’eau. L’homme des 4x4 traverse le camp avec une lampe. Dans le lit, Étienne me tourne le dos. Je sors le téléphone. Mon inconnu veut savoir où je suis. Je réponds : au bout du monde.
Les jours suivants : hammam, ksours, dromadaires. Amal plie les draps. Reda a une cicatrice au sourcil. L’homme mûr s’appelle Karim. Quand il me sert une assiette, il dit seulement : « Madame » Sa voix est posée. Agréable. Rien de plus.
La canicule s’installe. Étienne trouve qu’il faut de l’air. De la montagne. L’arrière-pays. Trois jours. L’hôtel nous organise un séjour en immersion. Karim nous y conduira. On part dimanche.
Je dis oui. Parce que je dis oui à presque tout, depuis des mois. Parce que mon corps, lui, n’a pas signé les papiers.
—
Karim nous dépose le dimanche en fin de matinée. Le village est trop joli pour être festif. Des murs en pisé. Un oued. Des figuiers. La maison sent le linge propre et la poussière fine. Feroudja est là pour nous faire la cuisine. Les enfants explorent la terrasse. Étienne vérifie le réseau, n’en trouve presque pas, a l’air soulagé. Karim décharge les sacs, boit un verre d’eau à la cuisine, part. Il doit revenir mardi. En partant il dit encore « Madame ». Rien de plus. Sa voix reste dans la pièce un instant après la portière.
Journée paisible. Trop. On mange tôt. On parle peu. Étienne lit. Les enfants s’endorment avant vingt-deux heures, vidés par la route. À minuit tout le monde va se coucher. Je suis le mouvement. Au bout de trente minutes je tourne dans le lit. Étienne ronfle légèrement. La lune est claire. Dedans, j’ai trop chaud.
Je me relève. Un verre d’eau. Je m’assieds dehors. Le silence du village a une texture. Je suis détendue, et c’est précisément ça qui me perd. Un désir monte. Ça fait un moment que je ne me suis pas fait prendre, que j’ai eu du vrai sexe. Et les vacances en famille, c’est sympa mais pas pratique quand vous avez envie de vous faire baiser.
Je descends vers la rivière comme on fuit une pièce trop petite pour me changer les idées.
Chaque pas dénoue un peu le nœud de mes désirs. L’air de la nuit me plaque la nuisette contre le ventre, contre la poitrine. Le tissu est mince. Trop. Je le sais. C’est pour ça que je l’ai mise. Les cailloux sous mes pieds. L’odeur de figuier. L’eau quelque part plus bas, une rumeur fraîche. Dedans, j’ai encore la chaleur du lit, la chaleur d’Étienne qui ne me touche pas, la chaleur de mes propres doigts trop souvent, trop vite, trop seules.
Cinq minutes et mon souffle se calme. Ou fait semblant.
C’est là que ça commence. Une impression, un sentiment d’être observée. Suivie. Une présence. Je la fabrique d’abord. C’est plus sûr et rassurant. Un animal ou un homme derrière moi. Pas un visage. Mais une voix. Posée. Basse avec un léger accent. J’entends déjà la phrase avant qu’elle existe.
Ne te retourne pas.
Je souris toute seule. Je joue. Je provoque. Inquiète mais excitée. Je ralentis pour voir si le jeu tient. Et le jeu tient. L’air change dans mon dos. Quelqu’un, j’en suis sûre. Ou le désir qui a enfin trouvé un corps. Je ne vérifie pas. Vérifier tuerait tout.
Sa voix, quand elle vient, est presque celle que j’avais placée dans ma tête.
N’ayez pas peur, jolie vous. Je n’admire que votre démarche. Ne vous retournez pas.
Le « vous » me traverse. Plus intime que le tu. Plus sale, bizarrement. Je ne me retourne pas. C’est mon premier cadeau de la nuit.
Sa main.
Pas tout de suite sur moi. D’abord le frôlement. Le bas de la fesse. La chaleur d’une paume à travers le tissu. Je continue à marcher parce que si je m’arrête je vais parler, et si je parle ça redevient réel. Le frôlement revient. Plus sûr. Les doigts glissent sous la nuisette. Peau contre peau. Sa main est sèche, la peau un peu rêche au bord et douce au milieu. Un homme qui travaille. Un homme qui sait se servir de ses doigts.
Je pense : Plus bas.
Et plus bas, elle va.
Pas encore dedans. Appuyé. Comme on vérifie un fruit. L’humidité est déjà là, honteuse, évidente. Il ne peut pas ne pas la sentir. Moi je la sens depuis le premier pas derrière moi. Ça bat. Ça s’ouvre sans permission. Je ralentis. Je lui facilite le passage. Dans ma tête je lui dis : sors-moi du chemin. Fais-le toi. Que je n’aie rien à décider.
Le chemin se dérobe. Un arbre me stoppe. L’écorce sous mes paumes avant même qu’il y pose mes mains. Il le fait. Il prend mes poignets. Il les plaque. Le bois est frais. Moi, non. Son corps n’est pas encore contre moi et déjà j’attends le poids. Le manque du poids. Ses mains redescendent le long de mes bras, lentement, comme s’il apprenait une route. Elles s’arrêtent aux seins. Ses paumes me recouvrent. Mes tétons durcissent trop vite, trop fort, une douleur minuscule, trop bonne. Il les pince. Je retiens le bruit. Il pince encore. Le souffle de cet homme dans ma nuque.
Touche-moi comme si tu avais le droit.
Il a le droit. Je le lui donne sans le dire.
Les mains aux hanches, sur mes cuisses. Elles remontent. Un seul geste, sec, et la culotte n’est plus là. Il me l’a arrachée. L’air me touche enfin là où j’étais cachée. Je suis trop ouverte tout d’un coup. Trop offerte. La honte arrive en même temps que le soulagement. Ses doigts. Un. Puis deux. Ils entrent dans ce qui n’attendait que ça. Chaud. Glissant. Ma chatte se referme sur eux, gourmande, indécente. Il me cambre. Le bas du dos cède. Mon cul se tend vers lui toute seule. Je ne dirige plus mes genoux.
Sa bouche.
Je la veux avant de la sentir. Puis je la sens. Langue large, lente, pile où ça brille. Il déguste. Le mot est sale et exact. L’abricot comme disait mon inconnu. Enfin quelqu’un qui le prend comme un fruit, pas comme une formalité. Le plaisir n’est pas un éclair. C’est une marée montante. Ça monte par le bas du ventre, ça serre, ça mouille encore. Mes cuisses tremblent contre l’arbre. Je pousse un son. Il me le coupe d’une main sur la bouche. Deux doigts rugueux sentent mon souffle. Je lèche presque sa paume. Je suis une chienne, oui. Le mot arrive tout seul. Il ne me diminue pas. Il me libère.
Il se relève. Le froid de sa bouche qui part. Puis le chaud de lui. Le gland. Pas dedans. Contre. Il glisse le long de ma fente, s’enduit, bute contre le clitoris, repart, revient. Je le veux entier et il me le refuse encore. Dans ma tête je le guide : reste là. Encore. Encore. Maintenant prends.
Il prend.
L’entrée d’abord, trop large tout à coup, cette première dilatation qui fait mal juste ce qu’il faut. Puis la longueur. Il me remplit par vagues, pas d’un coup d’homme pressé : il cherche, il tourne un peu, il me découvre de l’intérieur. Je sens tout. La peau. La veine. La longueur. Chaque centimètre a un goût. Ma vulve l’accueille comme si elle l’avait attendu depuis des mois — et c’est vrai. Depuis la rechute. Depuis les draps que personne ne froisse. Depuis les inconnus sur l’écran.
Je gémis dans sa main. Il accélère. Les hanches tapent les miennes. Le bruit de peau. L’odeur de moi, plus forte que l’odeur des arbres. Je pense à la maison. Aux enfants. À Étienne. La pensée devrait me fermer. Elle m’ouvre davantage. C’est maintenant. C’est ici. Personne ne me touche à part ça.
Il me tient les hanches. Levrette. Profonde. Je ne suis plus celle qui tchatte sous le drap. Je suis un bas-ventre contre un arbre. Je jouis presque sans y arriver, coincée juste avant, trop tendue. Il s’arrache de moi. Le vide est une insulte. Puis le râle. Le jet. Chaud. Sur le cul. Sur le haut des cuisses. Ça coule dans la fente encore ouverte, ça brûle et ça console en même temps.
Je reste cambrée une seconde de trop. Pour garder. Pour croire que ça continue.
Quand je me retourne, il n’y a plus qu’une silhouette de dos et la nuit.
Qui.
Cette voix. Posée. Agréable.
Peut-être que je l’ai rêvé finalement. Peut-être que mes propres doigts ont tout fait et que le sperme n’est que de l’eau de la rivière, plus tard, quand je me laverai. Ou peut-être pas. Mon cul est collant. Ma chatte bat encore, vide, vexée, heureuse.
Le salaud. Il me laisse comme ça.
C’est exactement ce que je lui avais demandé, dans ma tête.
—
Le lendemain, chaque regard me traverse le bas-ventre. Je marche et je sens encore l’écorce sous mes mains. Étienne me demande si je vais bien. Oui. La montagne me fait du bien. Ma chatte, sous ma robe, dit autre chose. Elle est rouge. Elle a soif. Elle se souvient. Elle veut la suite.
Dix-huit heures. Avant de dîner je retourne sur les lieux. Ma chatte est encore rouge de la nuit, irritée de cette grosse queue. Le jour, l’endroit est joli, parfumé. Une chaleur me monte au moment exact où sa main s’était posée la première fois. Je rougis. Droite. Gauche. Mon pas ralentit comme pour revivre. Je suis déjà trempée.
Vingt et une heures. Tout le monde à table. Vingt-deux heures. La nuit tombe. Vingt-trois heures. Les premiers se couchent. Que vais-je faire.
Au lit. Je me félicite d’avoir été sage. Je reste hantée. Je me lève. Je tourne. La main sur la poignée. Prête à partir en courant.
Non. Je ne serai pas une salope ce soir.
Je retourne me coucher. Le ventre serré. Seule un sexe peut évacuer ce nœud.
Une heure. Je ne dors pas. Il y fait trop chaud. On part demain. Comment repartir ainsi ?
Je me lève. J’enfile une robe légère. Pas de culotte. S’il est là, il ne me l’arrachera pas cette fois. J’en profiterai plus vite.
Je franchis la porte. Envie de courir. Je descends du même pas que la veille. Je ne sais pas s’il sera là. Je ne sais même pas si je le souhaite. Peut-être un autre.
Proche du lieu où l’homme m’a surprise. Je suis déjà une invitation qui marche. Un léger vent soulève ma robe. Si un baiseur est présent, il verra que je ne porte rien. C’est ce que je désire. Être baisée sans blabla.
Je passe l’endroit de la première main baladeuse. Aucune présence. Je ralentis quand même. Près de l’arbre, personne. La frustration est forte.
L’arbre est bien réel. L’odeur aussi. Mon corps recopie tout : le frôlement, l’humidité, l’ouverture. Je suis trempée avant d’avoir rien fait.
J’attends. Je suis sage.
Puis, plus sage du tout.
Alors je deviens l’homme et la femme. Je me cambre. Je m’ouvre. Mes doigts entrent là où sa queue était. Le cul aussi, un peu, parce que j’ai envie que ce soit sale, parce que j’ai envie qu’on m’ait vue.
Regarde. Je suis encore offerte. Viens.
Un craquement. Un souffle qui n’est peut-être que le mien.
Je jouis contre l’écorce, trop vite, pas assez. Le cri sort. Le vide après est pire que la veille.
Les feuilles continuent à chanter. La rivière à couler. Cinq minutes à pied de la maison je rentre déçue. Puis arrive la grange. Les ombres des brebis dehors. Un sifflement vient de la petite bâtisse. Mes jambes veulent lâcher. Oui. Il y a quelqu’un. Oui, j’ai été vue. Il sait forcément que je suis bonne à baiser.
Deux minutes. Une éternité. Rentrer dans la grange ? Je craque. Encore le sifflement. Celui d’un homme qui appelle pour te baiser.
Je passe la tête. Personne. Seulement un drap blanc au sol.
Un homme me fait face. Je vois d’abord sa bite en érection. Pas son visage. Je n’ai pas souvenir que mon baiseur était aussi grand. Je ne l’avais pas vu. Mon regard le balaie. Trop vite. Et se refixe sur sa queue. Large. Nervurée. Gland gonflé, rouge. Couilles fermes, pleines. Il ne dit qu’une chose, avec prestance :
Avance jusqu’à ce drap, salope.
Je suis aimantée. J’avance. Figée. Immobile. Comme une petite fille. Il s’approche. Sa main va directement à ma chatte. Il vérifie que je suis ouverte, offerte, prête à être remplie. Il me déshabille. Nue au milieu de la pièce. Il saisit mes mains et les pose sur sa bite. Impossible de le reconnaître.
Je caresse. Les couilles. Je le branle doucement. Chaude. Elle coule un peu.
Soudain des mains derrière moi me saisissent les fesses.
Il n’est pas seul.
Le drap est rêche sous mes pieds nus. Pas important. Devant moi il n’y a que ça : cette bite. Large. Les veines. Le gland déjà luisant, une perle au bout. Ma main s’en souvient avant d’y être. Chaude. Plus chaude que ma paume. Ça bat. Un cœur stupide, pressé, contre mes doigts.
J’ai envie de la mettre dans ma bouche tout de suite. Pas pour lui mais pour moi. Pour sentir le sel, le poids sur la langue, pour que ça me ferme les yeux de plaisir. Je ne le fais pas encore. Je branle. Lentement. Peau contre peau. La peau du prépuce recule, revient. Il coule un peu plus. Ça glisse mieux. Derrière, les autres mains ne demandent rien. Elles prennent. Un doigt trouve ma chatte comme on rentre chez soi. Je suis tellement ouverte que ça n’a même pas à pousser. Juste à être accueilli. Un autre doigt cherche mon anus. L’anneau résiste une seconde, par habitude, puis cède parce que je pousse avec, parce que je veux que ça passe. L’entrée pique. Puis ça fond.
Encore. Plus. Remplissez-moi avant même de me baiser.
Je m’agenouille parce qu’on me le fait faire et parce que mes genoux le demandaient. Trois bites à hauteur de visage. Trois odeurs d’homme, de sueur, de savon bas de gamme. Je prends celle de devant dans la bouche enfin. Le gland m’étire les lèvres. Salé. Doux et dur en même temps. Je le prends autant que je peux. Jusqu’au fond de ma gorge. J’ai envie de tousser. Je ne tousse pas. Les deux autres dans mes mains, lourdes, nerveuses. Je passe de l’une à l’autre avec la bouche, gourmande, maladroite, heureuse de l’être. Dans ma tête je suis déjà la salope qu’ils disent. Le mot ne me blesse pas. Il me réconforte.
On me soulève. L’homme mûr — la voix de l’arbre, j’en suis sûre maintenant, ce calme-là — s’allonge. Sa queue droite comme un poteau. Je la vois pointer vers le plafond de la grange et mon bas-ventre répond tout seul, une contraction, une faim. Ils me portent. Cuisses écartées. L’air me touche la chatte, trop. Puis plus d’air. Le gland. L’entrée. Je la veux entière d’un coup et mon corps dit doucement. Ils me descendent. Centimètre par centimètre je la prends. Ça frotte pile où c’est à vif depuis hier. Mon abricot s’ouvre autour de lui, se referme, s’ouvre. Quand il touche le fond je lâche un son que je ne reconnais pas. Pleine. Enfin pleine. Les parois battent contre lui.
Reste. Bouge. Baise-moi comme si j’étais à toi.
Il me tient le bassin. D’arrière en avant. Chaque va-et-vient racle le point qui fait voir blanc. Les deux autres bites dans mes poings, contre mes joues. Je les sers. Je veux qu’ils jouissent sur moi, en moi, peu importe, je veux le chaud. On me relève. Le vide. Une seconde de détresse. Quatre pattes. Une autre queue rentre d’un coup plus sec. Plus épaisse, je crois, ou simplement moins patiente. Ça cogne. Mes seins pendulent. Ma bouche est occupée, ça m’empêche de hurler, tant mieux, la maison n’est pas si loin. Je pense à Étienne une seconde. La pensée me traverse le ventre comme une caresse sale. Je jouis presque.
Ils tournent. Je ne compte plus les visages, il n’y en a pas. Que des queues. Chaque retrait laisse un trou qui demande. Chaque nouvelle bite a sa manière : une qui frotte haut, une qui s’enfonce jusqu’à faire mal au col, une qui sort trop souvent pour n’y remettre que le gland, me rendre folle. Ma chatte est un muscle maintenant. Elle travaille. Elle suce. Elle veut.
Puis les deux.
Je le sais avant que ça arrive. Les deux doigts à côté de la queue déjà en moi. L’étirement. Non — oui. Le non est pour la douleur. Le oui est pour tout le reste. Ils forcent le passage. Deux glands se disputent l’entrée. Ça brûle. Ça déchire un peu, pas vraiment, juste cette sensation d’être trop, d’être ouverte au-delà de ce que je connais. Mes parois n’ont plus de secret. Je les sens l’une contre l’autre à l’intérieur, deux chaleurs, deux rythmes. Je jouis là, sans élégance, un spasme qui part du cul jusqu’à la gorge. Ça mouille tellement que ça claque.
Ne vous retirez pas. Encore. Je tiens. Je veux tenir.
Le cul maintenant. J’ai vu ça venir depuis l’arbre, depuis mes propres doigts. Un crachat. Froid puis plus. Un doigt. L’anneau reconnaît. Puis le gland. Il pousse droit, petit à petit, et moi je pousse avec lui pour que ça passe. L’entrée cède. La tête passe. Le reste suit par vagues. Pleine derrière pendant que l’autre est encore devant. Je ne suis plus une femme avec des parties. Je suis un seul endroit traversé de part en part. Le souffle me quitte. Je reviens. Je suis au-dessus de moi une seconde — la pute au sol, les trois cagoules — puis je retombe dans mon corps, trop fort.
Le foin. Ils me jettent. Le bas du ventre en bascule, le cul au ciel, le sang dans la tête. Une claque. La peau brûle. Il me rentre dans le cul sans demander. Trop grand. Trop d’un coup. Douleur et plaisir tressés, impossibles à séparer. Je hurle dans le foin. Le suivant. Plus gros. L’anus ne se referme plus, je le sens béant entre les queues, offert, ridicule, magnifique. Je veux qu’ils s’y vident. Je veux le chaud dedans. Je veux le chaud sur la peau. Je veux les deux. Dans ma tête je leur parle :
Remplissez-moi. Le visage. La chatte. Le cul. Que je rentre lourde. Que ça coule le long des cuisses jusqu’à la maison.
Ils accélèrent. Les râles. Les insultes. Chaque mot me descend dans le ventre. Salope. Chienne. Garce. Oui. Oui. Les glands gonflent, je les sens prêts, cette dureté juste avant. Je n’ai plus de temps. Plus d’enfants. Plus de mari. Plus de maladie.
Ils se vident.
L’un au fond du cul, par à-coups, chaud, trop chaud, ça reste. L’un sur les reins, long, qui file vers la fente. L’un devant ma bouche, je tends la langue, je prends ce que je peux, le goût, l’épais, le reste sur le menton, les seins. Je reste à genoux un moment parce que mes jambes ne savent plus. Ça coule de partout. La vulve bat, ouverte, pleine et vide à la fois. Le cul ne sait plus se fermer. L’air de la grange pique tout ce qui est sensible.
Je veux encore. Une dernière. Juste une. Personne ne me la donne. C’est mieux. Si on recommence je ne rentre plus.
Je ramasse ma robe. Le tissu colle. Je rentre par le même chemin, les jambes trop molles, le sperme entre les cuisses, les traces des claques sous le tissu. La maison est noire. Personne. Le lit sent Étienne. Je me glisse au bord. Mon cœur est une bête. Ma chatte encore ouverte contre le drap, qui revendique.
Demain le départ. Les valises. Le désert. Les visages que je ne connaîtrai jamais.
Là, maintenant, je suis lourde. Pleine. Vivante. Merci.
C’est tout ce que je suis venue chercher.
→ Qu'avez-vous pensé de cette histoire ??? Donnez votre avis...
→ Autres histoires érotiques publiées par Miss_Sexcret
1 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Cette femme est pour le moins ambiguë. Elle reconnaît n'avoir plus goût à rien mais le reproche à son mari. Et elle le trompe alors qu'il ne cherche qu'à la sortir de sa torpeur et que son mal-être semble le toucher peut-être plus qu'elle-même.
Réagissez à l'histoire après lecture
Votre avis sur cette histoire :