Sous l'écorce du bûcheron (8)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Sous l'écorce du bûcheron (8)
Chapitre 8
Les lèvres proches des siennes, encore essoufflé par le baiser, je murmure avec un sourire surpris et tendre.
"Surprise... je pouvais pas attendre deux mois."
Il rit, les yeux brillants, me serrant plus fort.
"Putain, Johan, t'es fou... et t'es beau comme ça. Viens, on monte, et on choisit un resto pour fêter ça."
Romain m'ouvre la porte de son appartement au deuxième étage, un sourire immense aux lèvres, encore essoufflé d'avoir dévalé les escaliers pour me sauter au cou dans la rue. Il me prend le bouquet des mains, l'embrasse sur la joue en murmurant un "t'es complètement fou, mais j'adore", et m'invite à entrer d'un geste large, comme s'il présentait un trésor. L'appartement est lumineux, moderne mais chaleureux : un salon ouvert avec un canapé gris confortable, une cuisine américaine impeccable, des plantes vertes un peu partout, des livres empilés sur une étagère en bois clair, et une grande baie vitrée qui donne sur une petite terrasse avec vue sur les toits de Clermont. L'air sent son parfum discret, celui que je reconnais maintenant comme le sien – un mélange de savon frais et d'une note boisée qui me fait bander rien qu'à y penser. Il pose le bouquet dans un vase qu'il remplit d'eau, arrangeant les roses rouges avec soin, les petites fleurs blanches contrastant comme des étoiles, et se tourne vers moi, les yeux brillants.
"Viens, je te fais visiter avant qu'on sorte. Tu vas voir, c'est pas grand, mais c'est chez moi."
Il me prend la main – un geste naturel qui me fait frissonner de tendresse – et me guide à travers les pièces. La cuisine d'abord, où il ouvre un placard pour me montrer ses mugs préférés, riant quand je dis que je préfère les tasses ébréchées de mon chalet. Le salon ensuite, avec ses photos accrochées au mur – des voyages, des forêts, des amis – et un coin lecture avec un fauteuil moelleux où il dit passer ses soirées quand il est seul. Je l'écoute, mais je suis distrait par sa proximité, par la façon dont il bouge dans cet espace qui est si lui : élégant, organisé, avec une touche de désordre charmant – un pull jeté sur le dossier du canapé, un livre ouvert sur la table basse. Chaque détail me fait questionner : est-ce que je peux rentrer dans ce monde ? Est-ce que je suis à ma place ici, avec mon passé de secret et de solitude ?
On arrive enfin dans la chambre, une pièce intime avec un lit king size aux draps gris clair impeccablement faits, une commode en bois sombre, une lampe de chevet design, et une grande fenêtre donnant sur la rue illuminée en contrebas. Romain referme la porte derrière nous d'un geste doux, et l'air change immédiatement – chargé d'une tension érotique qui nous enveloppe comme une couverture chaude. Il se tourne vers moi, pose ses mains sur mes hanches, et murmure :
"Et voilà la chambre... où j'ai pensé à toi tous les soirs depuis que je suis parti."
Je n'attends pas plus. Je l'attrape par la nuque, l'embrassant avec une faim accumulée de ces jours de séparation, mes lèvres écrasant les siennes, ma langue envahissant sa bouche avec une urgence sensuelle, goûtant à nouveau à lui comme à un nectar que j'avais oublié. Il gémit dans le baiser, ses mains glissant sous mon manteau neuf, le faisant tomber au sol avec un bruit sourd, puis sous mon pull en cachemire, caressant ma peau chaude avec une avidité qui me fait durcir instantanément. Je le pousse doucement vers le lit, le faisant tomber sur le matelas moelleux, et je grimpe sur lui, mes genoux de part et d'autre de ses hanches, mes mains puissantes défaisant sa chemise bouton par bouton, révélant son torse lisse que j'embrasse avec voracité, mordillant ses tétons durcis qui le font cambrer sous moi, un gémissement rauque s'échappant de sa gorge.
"T'es à moi ce soir," murmuré-je contre sa peau, ma voix grave et possessive, et il rit doucement, les yeux brillants de désir.
"Oui... prends-moi, Johan."
Je descends plus bas, déboutonnant son pantalon avec des gestes impatients, le faisant glisser avec son boxer, libérant son sexe déjà dur qui se dresse contre son ventre plat. Je le prends en bouche sans attendre, ma langue tourbillonnant autour de son gland sensible, le suçant lentement d'abord pour le faire gémir plus fort, puis plus profondément, ma gorge l'engloutissant entier pendant que ma main branle la base, mes doigts massant ses couilles avec une pression experte. Il se cambre, ses mains dans mes cheveux, tirant légèrement pour guider le rythme, ses hanches se soulevant pour pousser plus profond dans ma bouche chaude et humide. "Putain, Johan... c'est trop bon..." gémit-il, et je continue pendant de longues minutes, alternant succions rapides et lents léchages sur toute sa longueur, le faisant trembler de plaisir, son pré-sperme salé coulant sur ma langue.
Puis je me redresse, enlevant mon pull et mon pantalon avec des gestes rapides, mon corps nu se pressant contre le sien, nos sexes durs frottant l'un contre l'autre dans un frottement érotique qui nous fait gémir à l'unisson. Je crache dans ma main, lubrifiant ma queue épaisse, puis la sienne, et je le retourne doucement sur le ventre, écartant ses fesses fermes pour plonger ma langue dedans, l'anulingus avec une avidité charnelle, ma langue explorant son trou serré qui se contracte sous mes assauts, le faisant haleter et supplier. "Johan... baise-moi, s'il te plaît..." Et je ne me fais pas prier : je positionne mon gland contre son entrée, poussant lentement, centimètre par centimètre, sentant son anneau se détendre autour de moi, l'engloutissant dans une chaleur étroite et veloutée qui me fait grogner de plaisir. Je commence à bouger, d'abord lentement pour le laisser s'habituer à ma taille, puis plus fort, mes coups de reins puissants faisant claquer nos peaux, le lit grinçant sous nous, ses gémissements remplissant la chambre comme une musique érotique.
On change de position plusieurs fois dans une frénésie sensuelle : je le prends en missionnaire, ses jambes sur mes épaules pour plonger plus profond, nos regards verrouillés, mes lèvres sur les siennes dans des baisers voraces pendant que je le pilonne ; puis en levrette, ses fesses offertes, mes mains les écartant pour voir ma queue disparaître en lui, mes coups de reins brutaux le faisant crier de plaisir ; ensuite cow-boy, lui chevauchant ma queue avec une grâce érotique, rebondissant sur moi, ses mains sur mon torse pour s'appuyer, nos corps suants se mêlant. Chaque changement est fluide, chargé de baisers, de caresses, de murmures sales – "T'es si serré... putain, je vais te remplir" – et de tendresse – "T'es beau comme ça, à moi". Le plaisir monte en spirale, intense et charnel, nos corps synchronisés dans une danse sexuelle parfaite, jusqu'à l'orgasme : Romain jouit d'abord sans se toucher, son sperme chaud éclaboussant mon ventre, son trou se contractant autour de moi comme un étau, et je le suis immédiatement, explosant en lui avec des jets puissants, remplissant ses fesses de ma semence, un grognement primal s'échappant de ma gorge pendant que je tremble contre lui.
On s'écroule enlacés, essoufflés, nos corps collés dans la sueur et le plaisir résiduel, et on reste comme ça longtemps, mes bras autour de lui, caressant son dos avec tendresse, nos lèvres se frôlant dans des baisers doux et lents.
On finit par se lever, se douchant ensemble sous l'eau chaude, nos corps se frôlant encore dans des caresses sensuelles, puis on s'habille pour sortir – moi dans ma nouvelle tenue élégante, lui choisissant une chemise qui moule son torse, un pantalon qui souligne ses formes. On descend main dans la main jusqu'au restaurant qu'il a choisi, un endroit cosy en centre-ville avec des lumières tamisées et une ambiance romantique, tables en bois et bougies vacillantes. On s'installe face à face, mais nos pieds se touchent immédiatement sous la table, un contact discret qui envoie des frissons, et tout au long du dîner, c'est une danse de regards intenses, de touches cachées et visibles : ma main sur la sienne sur la nappe blanche, nos doigts entrelacés pendant qu'on parle de tout – de nos vies, de nos peurs, de ce qu'on veut ensemble – des baisers volés par-dessus la table quand le serveur tourne le dos, mes lèvres effleurant les siennes avec une tendresse qui me surprend moi-même. Romain pose sa main sur ma cuisse sous la table, remontant lentement vers mon entrejambe, un geste sensuel qui me fait durcir discrètement, et je fais de même, caressant l'intérieur de sa cuisse, nos regards brûlants promettant plus pour la nuit. On parle longtemps, des heures, de mon secret qui pèse encore, de son ouverture qui m'impressionne, de ce qu'on pourrait construire malgré la distance et les regards des autres. Mais autour de nous, les gens nous regardent – des couples hétéros qui jettent des coups d'œil curieux, un serveur qui hésite un peu trop, une table voisine qui murmure – et ça me met mal à l'aise, une vieille peur remontante, me faisant questionner : est-ce que je suis prêt pour ça, pour être vu comme un couple gay en public ? Romain sent mon malaise, serre ma main plus fort, murmure :
"Détends-toi, Johan. Ils regardent parce qu'on est beaux ensemble. Laisse-toi aller, je suis là."
Et petit à petit, avec ses mots tendres et ses caresses sous la table qui me font oublier le monde, je me détends, riant avec lui, l'embrassant ouvertement une fois, défiant les regards.
Après le dîner, on sort dans les rues de Clermont illuminées pour Noël, les décorations scintillantes partout – guirlandes lumineuses accrochées aux façades, sapins géants sur les places, projections de flocons sur les bâtiments anciens. L'air est frais, chargé d'odeurs de marrons grillés et de vin chaud, et on marche côte à côte, nos épaules se frôlant, nos mains se cherchant dans les poches de nos manteaux. On arrive au marché de Noël, les chalets en bois alignés avec leurs lumières féeriques, les stands de crafts, de gourmandises, la musique douce en fond. Romain achète deux vins chauds épicés, me tendant le gobelet fumant, nos doigts se frôlant longuement, et on boit en se promenant, nos bras se touchant, nos regards complices. Il prend ma main, entrelaçant nos doigts en public, et j’hésite, mon cœur battant fort, questionnant : est-ce que je peux ? Ici, en ville, loin de mon monde ? Mais avec le temps, la détente du vin chaud, ses sourires encourageants et ses murmures tendres – "Je suis fier d'être avec toi" –, je serre sa main en retour, marchant main dans la main parmi la foule, les lumières de Noël illuminant nos visages, une tendresse infinie m'envahissant malgré les regards curieux.
La soirée est longue et intense, pleine de rires, de baisers volés derrière un chalet, de caresses discrètes dans la foule, de conversations profondes sur l'avenir, et on rentre enfin, épuisés mais comblés, nos corps se pressant dans l'ascenseur, un dernier baiser passionné avant d'entrer chez lui.
Ces quatre jours intenses que nous passons ensemble à Clermont-Ferrand, après cette première soirée magique où je suis arrivé par surprise avec mon bouquet et mon nouveau look qui l'a fait rire aux larmes de joie, sont un véritable paradis volé au temps, un cocon d'amour, de désir et de conversations profondes qui me remplissent le cœur comme jamais auparavant, me faisant oublier la réalité rude qui m'attend au retour. Le lendemain de mon arrivée, on se réveille tard dans les draps froissés de son lit, nos corps nus enlacés dans la chaleur résiduelle de la nuit, sa tête sur mon torse, ses doigts traçant des lignes tendres sur ma peau, et on reste comme ça des heures, à parler de tout ce qui nous passe par la tête, nos voix basses et intimes résonnant dans la chambre lumineuse. Il me raconte son quotidien en ville, ses amis qui l'invitent à des soirées, ses déplacements pour le boulot où il se sent parfois seul dans des hôtels impersonnels, et je l'écoute, captivé, en lui confiant mes journées solitaires au chalet, les soirées devant le poêle à bois avec une bière et mes pensées qui tournaient en rond, hantées par mon secret. "Avant toi, Johan, je me sentais complet, mais maintenant, je sais que quelque chose manquait – ta présence, ta force calme qui me fait me sentir protégé," me dit-il en levant les yeux vers moi, et je sens une chaleur tendre m'envahir, répondant d'une voix rauque : "Moi, c'était le vide total. Les collègues, le travail, mais rien qui comble. Avec toi, c'est comme si j respirais enfin." On rit de nos différences – lui qui aime les restaurants chics, moi les repas simples au chalet – et on promet de mélanger nos mondes, imaginant des week-ends où il viendrait dans ma forêt, ou moi en ville pour découvrir ses endroits préférés. L'après-midi, on sort se promener main dans la main malgré mes hésitations, et on parle de nos enfances : lui de parents aimants mais distants, d'une adolescence où il a assumé tôt qui il était, moi de mon village où être différent était une faiblesse, des amis comme Damien et Grégory qui me charrient mais que j'aime malgré tout. "Tu mérites d'être toi, Johan, sans peur," me dit-il en serrant ma main, et je sens la tristesse poindre déjà, questionnant si je pourrai un jour lui offrir ça. Le soir, on fait l'amour avec une passion renouvelée, explorant chaque caresse comme une découverte, et on s'endort en murmurant des "je t'aime" qui me bouleversent.
Le deuxième jour est une explosion de joie et de complicité : on se lève en riant, se chatouillant comme des adolescents, et on prend le petit-déjeuner au lit, lui me nourrissant d'une bouchée de pain au chocolat, nos lèvres se frôlant dans des baisers sucrés. On parle de nos goûts – il adore les films romantiques qui le font pleurer, moi les documentaires sur la nature qui me calment, et on promet de les regarder ensemble, blottis sur son canapé. "Imagine, Johan, une soirée film, toi contre moi, mes larmes sur ton torse," dit-il en riant, et je souris, le cœur gonflé, répondant que je le consolerais avec des baisers. L'après-midi, on visite un musée, nos mains se touchant discrètement parmi la foule, et on discute de nos peurs les plus profondes – lui de vieillir seul malgré son ouverture, moi de ma solitude forcée, de ces années à me cacher derrière un masque macho pour survivre. "Tu es si courageux d'avoir tenu si longtemps," me dit-il, les yeux humides, et je sens l'amour m'envahir, mais aussi la colère contre ce monde qui m'a obligé à ça. Le soir, le sexe est sauvage et libérateur, comme pour évacuer ces peurs : je le plaque contre le mur de la douche, l'eau coulant sur nos corps, mes coups de reins puissants le faisant crier, puis sur le canapé, lui à genoux me suçant avec une avidité qui me fait perdre la tête, jusqu'à l'orgasme qui nous laisse épuisés et tendres, murmurant des promesses d'avenir qui me font rêver malgré la réalité.
Le troisième jour est plus calme, plus introspectif : on reste une grande partie de la journée à l'appartement, à cuisiner ensemble un repas simple, riant des ratés – lui brûlant les pâtes, moi renversant la sauce – et on parle de nos familles en détail. Il me décrit ses parents, acceptants mais pas démonstratifs, ses frères qui le taquinent gentiment, et je lui ouvre mon cœur sur la mienne, traditionnelle à l'extrême, où mon père m'a élevé à la dure, où être un "vrai mec" signifiait tout, et où l'idée de leur dire la vérité me terrifie encore. "Ils t'aimeraient s’ils te connaissaient vraiment," me dit-il en me serrant dans ses bras, mais je secoue la tête, la tristesse montante : "Peut-être pas. Et ça me tue de penser que je te cache à eux." On fait l'amour avec une douceur infinie cet après-midi, face à face, nos mouvements lents et profonds, nos regards verrouillés comme pour graver chaque sensation, et on pleure un peu après, enlacés, de bonheur mêlé à la peur de la séparation imminente.
Le quatrième jour, le dernier, l'air est chargé d'une mélancolie qui nous suit comme une ombre, sachant que ce soir je repars pour deux mois de vide. On profite à fond, se promenant dans les parcs, s'embrassant derrière les arbres, mais le soir, assis sur le canapé avec un verre de vin, la conversation tourne autour de notre relation, longue et douloureuse, nos voix se faisant plus graves, plus chargées d'émotion. Romain commence, ses mains tremblantes sur les miennes.
"Johan, ces jours ont été parfaits. Je t'aime, profondément, comme je n'ai jamais aimé. Je veux qu'on soit ensemble devant la terre entière – te tenir la main sans peur, t'embrasser en public, te présenter comme mon compagnon. Pas de secrets, pas de vie parallèle. L'amour mérite d'être vécu pleinement."
Je sens un nœud se former dans ma gorge, la tristesse et la colère se mélangeant en une douleur physique.
"Putain, Romain, j'aimerais ça plus que tout au monde, mais je peux pas. J'ai trop peur du regard des autres – les collègues qui me tourneraient le dos ou pire, qui me charrieraient jusqu'à ce que je craque, la famille qui me renierait sans un regard en arrière, le village où je deviendrais un paria. C'est ma vie là-bas, mon identité forgée dans ce monde macho. Je peux pas tout risquer d'un coup, c'est trop dur, trop terrifiant."
Il insiste, sa voix tremblante d'amour désespéré, essayant de me convaincre avec une douceur qui me brise.
"Mais pense à nous, Johan. Pense à ce qu'on a – tes caresses qui me font fondre, nos conversations qui me comblent, nos nuits où on se perd l'un dans l'autre comme si le monde n'existait pas. On peut y aller doucement : commence par un ami, par ton patron. Je serai là pour te soutenir, on affrontera ensemble. L'amour vrai, ce n’est pas se cacher, c'est braver les regards pour être heureux. S'il te plaît, pour moi, pour nous..."
Je reste fermé, la colère contre moi-même et contre ce monde injuste montant comme une vague.
"Tu comprends pas, Romain ! C'est facile pour toi, tu l'as fait jeune, avec un entourage qui t'a soutenu. Moi, j'ai grandi dans la peur, à me forcer à être quelqu'un d'autre pour survivre. Si je le dis, je perds tout – mon boulot où je suis respecté, mes potes d'enfance qui me voient comme un roc, ma place dans ce village qui est ma maison. Je suis pas prêt, et forcer ça maintenant nous détruirait !"
On se dispute, les voix montant malgré l'amour, lui pleurant ouvertement maintenant, les larmes coulant sur ses joues rougies, sa voix brisée par la douleur et la frustration.
"Si tu ne peux pas être avec moi en public, alors on ne peut pas être ensemble du tout ! Je t'aime, Johan, plus que tout, mais je mérite un amour complet, pas des miettes cachées dans l'ombre. Ça me tue de te dire ça, de te perdre, mais rester dans ton placard avec toi, c'est me nier moi-même. Je ne peux pas, je peux plus supporter cette demi-vie !"
Je retiens mes larmes, les yeux brûlants comme du feu, le cœur déchiré en mille morceaux, la tristesse m'envahissant comme un raz-de-marée noir, la colère contre ma propre peur me rongeant, et l'amour immense pour lui qui me fait mal physiquement, comme une plaie ouverte.
"Putain, Romain... je t'aime, mais je peux pas changer qui je suis du jour au lendemain."
Au lieu de repartir le lendemain comme prévu, je pars le soir même, ramassant mes affaires dans un silence lourd et déchirant, les larmes coulant enfin quand je ferme la porte de l'appartement derrière moi, descendant les escaliers avec un poids écrasant sur la poitrine qui m'empêche presque de respirer. Dans le pick-up sur la route du retour, la nuit noire et interminable, les larmes coulent librement sur mes joues, un sanglot étouffé s'échappant malgré moi, la tristesse me submergeant comme une noyade lente et inexorable – ce bonheur fugace perdu par ma faute, cet amour vrai que j'ai laissé filer par peur, le vide immense qui m'attend au chalet, sans ses caresses, sans sa voix, sans son corps qui me complétait. Je l'appelle en arrivant, lui envoie des messages désespérés – "Je suis désolé, je t'aime, reviens-moi, on peut trouver un moyen" –, mais pas de réponse, un silence radio pendant les jours et les semaines qui suivent, chaque notification absente comme un coup de poignard renouvelé. Je déprime profondément, le chalet vide résonnant de son absence comme un écho moqueur, les nuits solitaires où je me touche machinalement en pensant à lui mais sans plaisir, seulement une tristesse qui tue tout désir, mangeant à peine, dormant par bribes hantées de rêves où il me quitte encore. Au travail, les collègues me charrient sans savoir la vérité, leurs blagues vulgaires me transperçant comme des lames : "Eh, Voclain, t'as l'air d'un fantôme depuis ton 'voyage en ville' ! T'as laissé ton cœur là-bas avec une nana ?" ricane Michel, Pierre ajoutant "Ouais, ou avec ton expert, on dirait qu'il t'a ensorcelé !" Je ne dis rien, riant jaune pour masquer la douleur qui me ronge, travaillant comme un automate, abattant des arbres avec une violence qui effraie presque les autres, rentrant chez moi déprimé, m'effondrant sur le canapé avec une bière tiède, la tristesse m'étouffant comme un brouillard permanent, repensant à ses caresses, à ses mots d'amour, à cette dispute qui a tout brisé par ma faute.
Fin du chapitre 8.
Les lèvres proches des siennes, encore essoufflé par le baiser, je murmure avec un sourire surpris et tendre.
"Surprise... je pouvais pas attendre deux mois."
Il rit, les yeux brillants, me serrant plus fort.
"Putain, Johan, t'es fou... et t'es beau comme ça. Viens, on monte, et on choisit un resto pour fêter ça."
Romain m'ouvre la porte de son appartement au deuxième étage, un sourire immense aux lèvres, encore essoufflé d'avoir dévalé les escaliers pour me sauter au cou dans la rue. Il me prend le bouquet des mains, l'embrasse sur la joue en murmurant un "t'es complètement fou, mais j'adore", et m'invite à entrer d'un geste large, comme s'il présentait un trésor. L'appartement est lumineux, moderne mais chaleureux : un salon ouvert avec un canapé gris confortable, une cuisine américaine impeccable, des plantes vertes un peu partout, des livres empilés sur une étagère en bois clair, et une grande baie vitrée qui donne sur une petite terrasse avec vue sur les toits de Clermont. L'air sent son parfum discret, celui que je reconnais maintenant comme le sien – un mélange de savon frais et d'une note boisée qui me fait bander rien qu'à y penser. Il pose le bouquet dans un vase qu'il remplit d'eau, arrangeant les roses rouges avec soin, les petites fleurs blanches contrastant comme des étoiles, et se tourne vers moi, les yeux brillants.
"Viens, je te fais visiter avant qu'on sorte. Tu vas voir, c'est pas grand, mais c'est chez moi."
Il me prend la main – un geste naturel qui me fait frissonner de tendresse – et me guide à travers les pièces. La cuisine d'abord, où il ouvre un placard pour me montrer ses mugs préférés, riant quand je dis que je préfère les tasses ébréchées de mon chalet. Le salon ensuite, avec ses photos accrochées au mur – des voyages, des forêts, des amis – et un coin lecture avec un fauteuil moelleux où il dit passer ses soirées quand il est seul. Je l'écoute, mais je suis distrait par sa proximité, par la façon dont il bouge dans cet espace qui est si lui : élégant, organisé, avec une touche de désordre charmant – un pull jeté sur le dossier du canapé, un livre ouvert sur la table basse. Chaque détail me fait questionner : est-ce que je peux rentrer dans ce monde ? Est-ce que je suis à ma place ici, avec mon passé de secret et de solitude ?
On arrive enfin dans la chambre, une pièce intime avec un lit king size aux draps gris clair impeccablement faits, une commode en bois sombre, une lampe de chevet design, et une grande fenêtre donnant sur la rue illuminée en contrebas. Romain referme la porte derrière nous d'un geste doux, et l'air change immédiatement – chargé d'une tension érotique qui nous enveloppe comme une couverture chaude. Il se tourne vers moi, pose ses mains sur mes hanches, et murmure :
"Et voilà la chambre... où j'ai pensé à toi tous les soirs depuis que je suis parti."
Je n'attends pas plus. Je l'attrape par la nuque, l'embrassant avec une faim accumulée de ces jours de séparation, mes lèvres écrasant les siennes, ma langue envahissant sa bouche avec une urgence sensuelle, goûtant à nouveau à lui comme à un nectar que j'avais oublié. Il gémit dans le baiser, ses mains glissant sous mon manteau neuf, le faisant tomber au sol avec un bruit sourd, puis sous mon pull en cachemire, caressant ma peau chaude avec une avidité qui me fait durcir instantanément. Je le pousse doucement vers le lit, le faisant tomber sur le matelas moelleux, et je grimpe sur lui, mes genoux de part et d'autre de ses hanches, mes mains puissantes défaisant sa chemise bouton par bouton, révélant son torse lisse que j'embrasse avec voracité, mordillant ses tétons durcis qui le font cambrer sous moi, un gémissement rauque s'échappant de sa gorge.
"T'es à moi ce soir," murmuré-je contre sa peau, ma voix grave et possessive, et il rit doucement, les yeux brillants de désir.
"Oui... prends-moi, Johan."
Je descends plus bas, déboutonnant son pantalon avec des gestes impatients, le faisant glisser avec son boxer, libérant son sexe déjà dur qui se dresse contre son ventre plat. Je le prends en bouche sans attendre, ma langue tourbillonnant autour de son gland sensible, le suçant lentement d'abord pour le faire gémir plus fort, puis plus profondément, ma gorge l'engloutissant entier pendant que ma main branle la base, mes doigts massant ses couilles avec une pression experte. Il se cambre, ses mains dans mes cheveux, tirant légèrement pour guider le rythme, ses hanches se soulevant pour pousser plus profond dans ma bouche chaude et humide. "Putain, Johan... c'est trop bon..." gémit-il, et je continue pendant de longues minutes, alternant succions rapides et lents léchages sur toute sa longueur, le faisant trembler de plaisir, son pré-sperme salé coulant sur ma langue.
Puis je me redresse, enlevant mon pull et mon pantalon avec des gestes rapides, mon corps nu se pressant contre le sien, nos sexes durs frottant l'un contre l'autre dans un frottement érotique qui nous fait gémir à l'unisson. Je crache dans ma main, lubrifiant ma queue épaisse, puis la sienne, et je le retourne doucement sur le ventre, écartant ses fesses fermes pour plonger ma langue dedans, l'anulingus avec une avidité charnelle, ma langue explorant son trou serré qui se contracte sous mes assauts, le faisant haleter et supplier. "Johan... baise-moi, s'il te plaît..." Et je ne me fais pas prier : je positionne mon gland contre son entrée, poussant lentement, centimètre par centimètre, sentant son anneau se détendre autour de moi, l'engloutissant dans une chaleur étroite et veloutée qui me fait grogner de plaisir. Je commence à bouger, d'abord lentement pour le laisser s'habituer à ma taille, puis plus fort, mes coups de reins puissants faisant claquer nos peaux, le lit grinçant sous nous, ses gémissements remplissant la chambre comme une musique érotique.
On change de position plusieurs fois dans une frénésie sensuelle : je le prends en missionnaire, ses jambes sur mes épaules pour plonger plus profond, nos regards verrouillés, mes lèvres sur les siennes dans des baisers voraces pendant que je le pilonne ; puis en levrette, ses fesses offertes, mes mains les écartant pour voir ma queue disparaître en lui, mes coups de reins brutaux le faisant crier de plaisir ; ensuite cow-boy, lui chevauchant ma queue avec une grâce érotique, rebondissant sur moi, ses mains sur mon torse pour s'appuyer, nos corps suants se mêlant. Chaque changement est fluide, chargé de baisers, de caresses, de murmures sales – "T'es si serré... putain, je vais te remplir" – et de tendresse – "T'es beau comme ça, à moi". Le plaisir monte en spirale, intense et charnel, nos corps synchronisés dans une danse sexuelle parfaite, jusqu'à l'orgasme : Romain jouit d'abord sans se toucher, son sperme chaud éclaboussant mon ventre, son trou se contractant autour de moi comme un étau, et je le suis immédiatement, explosant en lui avec des jets puissants, remplissant ses fesses de ma semence, un grognement primal s'échappant de ma gorge pendant que je tremble contre lui.
On s'écroule enlacés, essoufflés, nos corps collés dans la sueur et le plaisir résiduel, et on reste comme ça longtemps, mes bras autour de lui, caressant son dos avec tendresse, nos lèvres se frôlant dans des baisers doux et lents.
On finit par se lever, se douchant ensemble sous l'eau chaude, nos corps se frôlant encore dans des caresses sensuelles, puis on s'habille pour sortir – moi dans ma nouvelle tenue élégante, lui choisissant une chemise qui moule son torse, un pantalon qui souligne ses formes. On descend main dans la main jusqu'au restaurant qu'il a choisi, un endroit cosy en centre-ville avec des lumières tamisées et une ambiance romantique, tables en bois et bougies vacillantes. On s'installe face à face, mais nos pieds se touchent immédiatement sous la table, un contact discret qui envoie des frissons, et tout au long du dîner, c'est une danse de regards intenses, de touches cachées et visibles : ma main sur la sienne sur la nappe blanche, nos doigts entrelacés pendant qu'on parle de tout – de nos vies, de nos peurs, de ce qu'on veut ensemble – des baisers volés par-dessus la table quand le serveur tourne le dos, mes lèvres effleurant les siennes avec une tendresse qui me surprend moi-même. Romain pose sa main sur ma cuisse sous la table, remontant lentement vers mon entrejambe, un geste sensuel qui me fait durcir discrètement, et je fais de même, caressant l'intérieur de sa cuisse, nos regards brûlants promettant plus pour la nuit. On parle longtemps, des heures, de mon secret qui pèse encore, de son ouverture qui m'impressionne, de ce qu'on pourrait construire malgré la distance et les regards des autres. Mais autour de nous, les gens nous regardent – des couples hétéros qui jettent des coups d'œil curieux, un serveur qui hésite un peu trop, une table voisine qui murmure – et ça me met mal à l'aise, une vieille peur remontante, me faisant questionner : est-ce que je suis prêt pour ça, pour être vu comme un couple gay en public ? Romain sent mon malaise, serre ma main plus fort, murmure :
"Détends-toi, Johan. Ils regardent parce qu'on est beaux ensemble. Laisse-toi aller, je suis là."
Et petit à petit, avec ses mots tendres et ses caresses sous la table qui me font oublier le monde, je me détends, riant avec lui, l'embrassant ouvertement une fois, défiant les regards.
Après le dîner, on sort dans les rues de Clermont illuminées pour Noël, les décorations scintillantes partout – guirlandes lumineuses accrochées aux façades, sapins géants sur les places, projections de flocons sur les bâtiments anciens. L'air est frais, chargé d'odeurs de marrons grillés et de vin chaud, et on marche côte à côte, nos épaules se frôlant, nos mains se cherchant dans les poches de nos manteaux. On arrive au marché de Noël, les chalets en bois alignés avec leurs lumières féeriques, les stands de crafts, de gourmandises, la musique douce en fond. Romain achète deux vins chauds épicés, me tendant le gobelet fumant, nos doigts se frôlant longuement, et on boit en se promenant, nos bras se touchant, nos regards complices. Il prend ma main, entrelaçant nos doigts en public, et j’hésite, mon cœur battant fort, questionnant : est-ce que je peux ? Ici, en ville, loin de mon monde ? Mais avec le temps, la détente du vin chaud, ses sourires encourageants et ses murmures tendres – "Je suis fier d'être avec toi" –, je serre sa main en retour, marchant main dans la main parmi la foule, les lumières de Noël illuminant nos visages, une tendresse infinie m'envahissant malgré les regards curieux.
La soirée est longue et intense, pleine de rires, de baisers volés derrière un chalet, de caresses discrètes dans la foule, de conversations profondes sur l'avenir, et on rentre enfin, épuisés mais comblés, nos corps se pressant dans l'ascenseur, un dernier baiser passionné avant d'entrer chez lui.
Ces quatre jours intenses que nous passons ensemble à Clermont-Ferrand, après cette première soirée magique où je suis arrivé par surprise avec mon bouquet et mon nouveau look qui l'a fait rire aux larmes de joie, sont un véritable paradis volé au temps, un cocon d'amour, de désir et de conversations profondes qui me remplissent le cœur comme jamais auparavant, me faisant oublier la réalité rude qui m'attend au retour. Le lendemain de mon arrivée, on se réveille tard dans les draps froissés de son lit, nos corps nus enlacés dans la chaleur résiduelle de la nuit, sa tête sur mon torse, ses doigts traçant des lignes tendres sur ma peau, et on reste comme ça des heures, à parler de tout ce qui nous passe par la tête, nos voix basses et intimes résonnant dans la chambre lumineuse. Il me raconte son quotidien en ville, ses amis qui l'invitent à des soirées, ses déplacements pour le boulot où il se sent parfois seul dans des hôtels impersonnels, et je l'écoute, captivé, en lui confiant mes journées solitaires au chalet, les soirées devant le poêle à bois avec une bière et mes pensées qui tournaient en rond, hantées par mon secret. "Avant toi, Johan, je me sentais complet, mais maintenant, je sais que quelque chose manquait – ta présence, ta force calme qui me fait me sentir protégé," me dit-il en levant les yeux vers moi, et je sens une chaleur tendre m'envahir, répondant d'une voix rauque : "Moi, c'était le vide total. Les collègues, le travail, mais rien qui comble. Avec toi, c'est comme si j respirais enfin." On rit de nos différences – lui qui aime les restaurants chics, moi les repas simples au chalet – et on promet de mélanger nos mondes, imaginant des week-ends où il viendrait dans ma forêt, ou moi en ville pour découvrir ses endroits préférés. L'après-midi, on sort se promener main dans la main malgré mes hésitations, et on parle de nos enfances : lui de parents aimants mais distants, d'une adolescence où il a assumé tôt qui il était, moi de mon village où être différent était une faiblesse, des amis comme Damien et Grégory qui me charrient mais que j'aime malgré tout. "Tu mérites d'être toi, Johan, sans peur," me dit-il en serrant ma main, et je sens la tristesse poindre déjà, questionnant si je pourrai un jour lui offrir ça. Le soir, on fait l'amour avec une passion renouvelée, explorant chaque caresse comme une découverte, et on s'endort en murmurant des "je t'aime" qui me bouleversent.
Le deuxième jour est une explosion de joie et de complicité : on se lève en riant, se chatouillant comme des adolescents, et on prend le petit-déjeuner au lit, lui me nourrissant d'une bouchée de pain au chocolat, nos lèvres se frôlant dans des baisers sucrés. On parle de nos goûts – il adore les films romantiques qui le font pleurer, moi les documentaires sur la nature qui me calment, et on promet de les regarder ensemble, blottis sur son canapé. "Imagine, Johan, une soirée film, toi contre moi, mes larmes sur ton torse," dit-il en riant, et je souris, le cœur gonflé, répondant que je le consolerais avec des baisers. L'après-midi, on visite un musée, nos mains se touchant discrètement parmi la foule, et on discute de nos peurs les plus profondes – lui de vieillir seul malgré son ouverture, moi de ma solitude forcée, de ces années à me cacher derrière un masque macho pour survivre. "Tu es si courageux d'avoir tenu si longtemps," me dit-il, les yeux humides, et je sens l'amour m'envahir, mais aussi la colère contre ce monde qui m'a obligé à ça. Le soir, le sexe est sauvage et libérateur, comme pour évacuer ces peurs : je le plaque contre le mur de la douche, l'eau coulant sur nos corps, mes coups de reins puissants le faisant crier, puis sur le canapé, lui à genoux me suçant avec une avidité qui me fait perdre la tête, jusqu'à l'orgasme qui nous laisse épuisés et tendres, murmurant des promesses d'avenir qui me font rêver malgré la réalité.
Le troisième jour est plus calme, plus introspectif : on reste une grande partie de la journée à l'appartement, à cuisiner ensemble un repas simple, riant des ratés – lui brûlant les pâtes, moi renversant la sauce – et on parle de nos familles en détail. Il me décrit ses parents, acceptants mais pas démonstratifs, ses frères qui le taquinent gentiment, et je lui ouvre mon cœur sur la mienne, traditionnelle à l'extrême, où mon père m'a élevé à la dure, où être un "vrai mec" signifiait tout, et où l'idée de leur dire la vérité me terrifie encore. "Ils t'aimeraient s’ils te connaissaient vraiment," me dit-il en me serrant dans ses bras, mais je secoue la tête, la tristesse montante : "Peut-être pas. Et ça me tue de penser que je te cache à eux." On fait l'amour avec une douceur infinie cet après-midi, face à face, nos mouvements lents et profonds, nos regards verrouillés comme pour graver chaque sensation, et on pleure un peu après, enlacés, de bonheur mêlé à la peur de la séparation imminente.
Le quatrième jour, le dernier, l'air est chargé d'une mélancolie qui nous suit comme une ombre, sachant que ce soir je repars pour deux mois de vide. On profite à fond, se promenant dans les parcs, s'embrassant derrière les arbres, mais le soir, assis sur le canapé avec un verre de vin, la conversation tourne autour de notre relation, longue et douloureuse, nos voix se faisant plus graves, plus chargées d'émotion. Romain commence, ses mains tremblantes sur les miennes.
"Johan, ces jours ont été parfaits. Je t'aime, profondément, comme je n'ai jamais aimé. Je veux qu'on soit ensemble devant la terre entière – te tenir la main sans peur, t'embrasser en public, te présenter comme mon compagnon. Pas de secrets, pas de vie parallèle. L'amour mérite d'être vécu pleinement."
Je sens un nœud se former dans ma gorge, la tristesse et la colère se mélangeant en une douleur physique.
"Putain, Romain, j'aimerais ça plus que tout au monde, mais je peux pas. J'ai trop peur du regard des autres – les collègues qui me tourneraient le dos ou pire, qui me charrieraient jusqu'à ce que je craque, la famille qui me renierait sans un regard en arrière, le village où je deviendrais un paria. C'est ma vie là-bas, mon identité forgée dans ce monde macho. Je peux pas tout risquer d'un coup, c'est trop dur, trop terrifiant."
Il insiste, sa voix tremblante d'amour désespéré, essayant de me convaincre avec une douceur qui me brise.
"Mais pense à nous, Johan. Pense à ce qu'on a – tes caresses qui me font fondre, nos conversations qui me comblent, nos nuits où on se perd l'un dans l'autre comme si le monde n'existait pas. On peut y aller doucement : commence par un ami, par ton patron. Je serai là pour te soutenir, on affrontera ensemble. L'amour vrai, ce n’est pas se cacher, c'est braver les regards pour être heureux. S'il te plaît, pour moi, pour nous..."
Je reste fermé, la colère contre moi-même et contre ce monde injuste montant comme une vague.
"Tu comprends pas, Romain ! C'est facile pour toi, tu l'as fait jeune, avec un entourage qui t'a soutenu. Moi, j'ai grandi dans la peur, à me forcer à être quelqu'un d'autre pour survivre. Si je le dis, je perds tout – mon boulot où je suis respecté, mes potes d'enfance qui me voient comme un roc, ma place dans ce village qui est ma maison. Je suis pas prêt, et forcer ça maintenant nous détruirait !"
On se dispute, les voix montant malgré l'amour, lui pleurant ouvertement maintenant, les larmes coulant sur ses joues rougies, sa voix brisée par la douleur et la frustration.
"Si tu ne peux pas être avec moi en public, alors on ne peut pas être ensemble du tout ! Je t'aime, Johan, plus que tout, mais je mérite un amour complet, pas des miettes cachées dans l'ombre. Ça me tue de te dire ça, de te perdre, mais rester dans ton placard avec toi, c'est me nier moi-même. Je ne peux pas, je peux plus supporter cette demi-vie !"
Je retiens mes larmes, les yeux brûlants comme du feu, le cœur déchiré en mille morceaux, la tristesse m'envahissant comme un raz-de-marée noir, la colère contre ma propre peur me rongeant, et l'amour immense pour lui qui me fait mal physiquement, comme une plaie ouverte.
"Putain, Romain... je t'aime, mais je peux pas changer qui je suis du jour au lendemain."
Au lieu de repartir le lendemain comme prévu, je pars le soir même, ramassant mes affaires dans un silence lourd et déchirant, les larmes coulant enfin quand je ferme la porte de l'appartement derrière moi, descendant les escaliers avec un poids écrasant sur la poitrine qui m'empêche presque de respirer. Dans le pick-up sur la route du retour, la nuit noire et interminable, les larmes coulent librement sur mes joues, un sanglot étouffé s'échappant malgré moi, la tristesse me submergeant comme une noyade lente et inexorable – ce bonheur fugace perdu par ma faute, cet amour vrai que j'ai laissé filer par peur, le vide immense qui m'attend au chalet, sans ses caresses, sans sa voix, sans son corps qui me complétait. Je l'appelle en arrivant, lui envoie des messages désespérés – "Je suis désolé, je t'aime, reviens-moi, on peut trouver un moyen" –, mais pas de réponse, un silence radio pendant les jours et les semaines qui suivent, chaque notification absente comme un coup de poignard renouvelé. Je déprime profondément, le chalet vide résonnant de son absence comme un écho moqueur, les nuits solitaires où je me touche machinalement en pensant à lui mais sans plaisir, seulement une tristesse qui tue tout désir, mangeant à peine, dormant par bribes hantées de rêves où il me quitte encore. Au travail, les collègues me charrient sans savoir la vérité, leurs blagues vulgaires me transperçant comme des lames : "Eh, Voclain, t'as l'air d'un fantôme depuis ton 'voyage en ville' ! T'as laissé ton cœur là-bas avec une nana ?" ricane Michel, Pierre ajoutant "Ouais, ou avec ton expert, on dirait qu'il t'a ensorcelé !" Je ne dis rien, riant jaune pour masquer la douleur qui me ronge, travaillant comme un automate, abattant des arbres avec une violence qui effraie presque les autres, rentrant chez moi déprimé, m'effondrant sur le canapé avec une bière tiède, la tristesse m'étouffant comme un brouillard permanent, repensant à ses caresses, à ses mots d'amour, à cette dispute qui a tout brisé par ma faute.
Fin du chapitre 8.
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2 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Merci pour ce superbe commentaire
Tjs aussi bon ce texte qui va loin dans la connaissance de ses deux protagonistes. Il dit bien comment on peut vivre différemment sa sexualité en fonction de son éducation pour partie.
Et la rigueur du plus sur de lui fait que le moins souffre pour deux car il n’est pas simple de répondre à une forme d’ultimatum. C’est très bien rendu et les scènes de sexe sont superbement rendues. C’est du bon taf que d’écrire ça pour les autres. En pratique, merci.
Et la rigueur du plus sur de lui fait que le moins souffre pour deux car il n’est pas simple de répondre à une forme d’ultimatum. C’est très bien rendu et les scènes de sexe sont superbement rendues. C’est du bon taf que d’écrire ça pour les autres. En pratique, merci.
