Surprise au Réveillon d'Alger - Chapitre 14 : Les confessions de Yasmine
Récit érotique écrit par Karim Bali [→ Accès à sa fiche auteur]
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Surprise au Réveillon d'Alger - Chapitre 14 : Les confessions de Yasmine
Chapitre 14 : Les confessions de Yasmine
POV Yasmine :
Je n’ai pas dormi depuis trois jours.
Chaque nuit, je reste éveillée à côté de Karim, écoutant sa respiration régulière, et je sens mon cœur se déchirer un peu plus. Son bras posé sur ma taille me brûle comme une marque au fer rouge.
Je revois Kamal en moi, ses yeux noirs quand il m’a fait supplier, ses mains qui m’ont tenue comme si j’étais à lui. Je revois Amira, sa langue sur moi, son regard complice. Je revois Nabil, ses doigts sur mes seins, son souffle dans mon cou. Et je me hais. Je me hais d’avoir aimé ça. Je me hais d’en avoir redemandé. Je me hais de mentir à l’homme qui m’aime depuis quinze ans, qui m’a donné deux enfants, qui me regarde encore comme si j’étais la plus belle chose de sa vie.
Ce soir-là, début mai, la pluie tombait dru contre les vitres, un rideau gris qui isolait la maison du monde. Karim rentra plus tôt, trempé, les cheveux collés au front. Il posa son sac, me vit assise à la table de la cuisine, les mains autour d’une tasse de thé froid depuis des heures, les yeux gonflés d’avoir trop pleuré en silence.
Il s’approcha lentement, comme s’il sentait déjà la catastrophe.
— Yasmine… ma chérie, qu’est-ce qui t’arrive ? Tu es blanche comme un linge.
Je levai les yeux vers lui. Ses yeux bruns, si doux, si confiants. Et quelque chose en moi se brisa net, comme une digue trop longtemps retenue.
— Assieds-toi, Karim. S’il te plaît.
Il obéit, prit mes mains dans les siennes. Elles étaient chaudes, rassurantes. Je les serrai une dernière fois, comme pour m’ancrer, avant de tout lâcher.
Les mots sortirent d’abord en murmure, puis en sanglots étouffés, puis en un torrent incontrôlable.
Je lui racontai tout :
Le réveillon. Ma proposition innocente à Amira. La soirée au El Qaada. Mon arrivée chez eux le 1er janvier pour « veiller » Amira. La chambre. Les corps nus. L’odeur de sexe dans l’air. Les ordres de Kamal. Ma stupeur qui s’était transformée en désir. Mes gémissements quand Nabil – son frère – m’avait caressé les seins. Mes cris quand Amira m’avait léchée. Mes hurlements quand Kamal m’avait prise, d’abord dans la chatte, puis dans le cul, jusqu’à ce que je gicle comme une folle, jusqu’à ce que je pleure de plaisir trop violent.
Et puis la seconde fois.
Pas forcée.
Pas surprise.
Volontaire.
Mon mensonge pour sortir de la maison.
Ma lingerie choisie avec soin.
Ma venue chez eux, seule, pour me donner à Kamal encore une fois.
Dans leur lit. Sur leurs draps.
Pendant des heures. Jusqu’à l’aube. Jusqu’à ce que je rentre les jambes tremblantes, la chatte et l’anus encore palpitants, l’odeur de Kamal sur ma peau comme une marque indélébile.
Je pleurais à chaudes larmes maintenant, la voix brisée, hoquetant entre chaque phrase. Je lui dis les détails les plus crus – parce que je ne pouvais plus mentir, même par omission. Comment j’avais joui plus fort qu’avec lui. Comment j’avais supplié. Comment j’avais aimé être traitée comme une pute. Comment j’en avais redemandé.
À la fin, je n’avais plus de voix. Juste des sanglots qui secouaient mon corps entier.
Karim n’avait pas bougé.
Son visage était passé par toutes les couleurs de la mort : blanc, gris, rouge de colère contenue. Ses mains, toujours dans les miennes au début, s’étaient retirées lentement, comme s’il ne supportait plus mon contact. Ses yeux, d’abord incrédules, s’étaient remplis d’une douleur si profonde que j’en ai eu le souffle coupé.
Quand je prononçai le nom de Nabil :
– « ton frère m’a touchée, il m’a sucé les tétons pendant que Kamal… » –, il ferma les yeux, comme si on lui avait planté un couteau dans le ventre.
Le silence qui suivit fut pire que tout.
Il dura une éternité.
Puis il murmura, la voix méconnaissable, brisée :
— Mon frère… Nabil… et toi… et Amira… et Kamal…
Il se leva lentement, comme un vieil homme. Alla à la fenêtre. Regarda la pluie sans la voir. Ses épaules tremblaient légèrement.
— Tu l’as fait deux fois. Tu es allée le retrouver. Seule.
Ce n’était pas une question.
Je hochai la tête, incapable de parler.
Il se tourna enfin vers moi. Ses yeux étaient rouges, pleins de larmes qu’il retenait à grand-peine.
— Je t’ai aimée tous les jours depuis qu’on s’est rencontrés. Je t’ai tout donné. Et toi… tu m’as trahi avec mon meilleur ami, avec ma belle-sœur, avec mon propre frère.
Sa voix se brisa sur le dernier mot.
Il prit son manteau, ses clés.
— Je ne sais pas si je pourrai un jour te regarder à nouveau sans voir… ça.
Il ouvrit la porte. La pluie entra en rafales.
— Je ne sais pas si je pourrai rester.
Il partit.
Je restai assise, seule, dans la cuisine froide.
Je pleurai jusqu’à ce que je n’aie plus de larmes.
J’avais tout avoué.
J’avais détruit l’homme que j’aimais le plus au monde.
Et au milieu de cette douleur immense, déchirante, une petite partie de moi – celle que je hais le plus – se sentait enfin légère.
Le secret ne me tuait plus de l’intérieur.
Mais il venait de tuer notre mariage.
Et je ne savais pas si j’aurais un jour la force de vivre avec ça.
POV Karim :
Je n’ai pas dormi.
J’ai marché sous la pluie pendant des heures, jusqu’à ce que mes vêtements soient trempés et que mes chaussures claquent comme des coups de fouet sur le trottoir. J’ai erré dans les rues d’Alger, passant devant des cafés fermés, des mosquées silencieuses, des places désertes. Chaque pas résonnait dans ma tête avec les mots de Yasmine. Chaque image qu’elle avait décrite – parce qu’elle n’avait rien épargné, rien – me frappait comme un coup de poing dans le ventre.
Nabil. Mon petit frère. Celui que j’ai protégé, élevé presque, quand notre père était absent. Ses mains sur ma femme.
Amira. La sœur que je n’ai jamais eue. Sa langue sur Yasmine.
Kamal. Mon ami depuis vingt ans. L’homme que j’ai considéré comme un frère. En elle. Dans les deux trous. La faisant gicler. La faisant supplier.
Et Yasmine… ma Yasmine. Ma femme. La mère de mes enfants. Allant le retrouver une seconde fois. Seule. Volontairement.
Je suis rentré à l’aube, trempé jusqu’aux os, les yeux brûlants d’avoir trop pleuré en silence sous la pluie.
La maison était plongée dans l’obscurité. Je suis monté doucement. Yasmine était dans le salon, assise sur le canapé, enveloppée dans une couverture. Elle n’avait pas dormi non plus. Ses yeux étaient gonflés, rougis, son visage ravagé. Elle me regarda quand j’entrai, et ce regard – un mélange de terreur, de honte et d’un amour désespéré – me transperça plus que tout.
Je restai debout dans l’encadrement de la porte, dégoulinant sur le parquet.
— Je ne sais pas quoi faire, dis-je enfin, la voix rauque, méconnaissable.
Elle ne répondit pas. Elle pleurait en silence, les épaules secouées de sanglots muets.
Je m’approchai lentement, m’assis à l’autre bout du canapé, à distance. Comme si un mur invisible nous séparait déjà.
— Tu l’aimes ? demandai-je, même si je redoutais la réponse.
Elle secoua la tête vigoureusement.
— Non. Non, Karim. Je t’aime toi. Toujours toi. C’était… du désir. De la folie. Une part de moi que je ne connaissais pas. Mais pas de l’amour.
Je fermai les yeux. Les images revenaient. Ses cris. Ses jouissances. Ses mots crus qu’elle m’avait répétés comme pour se punir elle-même.
— Tu as joui plus fort qu’avec moi.
Ce n’était pas une question. Elle l’avait dit elle-même.
Elle hocha la tête, les larmes coulant plus fort.
— Oui. Et je me hais pour ça.
Je me levai, allai à la fenêtre. Le jour se levait, gris, lourd.
— Je ne sais pas si je peux vivre avec ça, Yasmine. Avec l’idée que mon frère… que Kamal… que tu es allée les retrouver.
Ma voix se brisa.
— Je ne sais pas si je pourrai te toucher à nouveau sans voir leurs mains sur toi.
Elle se leva, s’approcha, mais s’arrêta à un mètre, comme si elle sentait que je ne supporterais pas son contact.
— Je partirai si tu veux. Je te laisserai les enfants. Je ferai tout ce que tu voudras. Mais sache que je t’aime. Que je regrette. Que je donnerais tout pour effacer ces nuits.
Je me tournai vers elle.
Pour la première fois depuis la veille, je la regardai vraiment.
Elle était brisée. Complètement.
Et moi aussi.
— Je ne veux pas que tu partes. Pas encore. Mais j’ai besoin de temps. De comprendre. De… je ne sais pas.
Je pris une inspiration tremblante.
— Je vais aller chez ma mère quelques jours. J’ai besoin d’air.
Elle hocha la tête, les lèvres tremblantes.
— Prends le temps qu’il te faut.
Je montai faire ma valise en silence. Elle resta en bas, immobile.
Quand je redescendis, elle était toujours là, enveloppée dans sa couverture, comme une enfant perdue.
Je m’arrêtai devant elle.
— Je t’aime encore, murmurai-je, la voix déchirée. Mais je ne sais pas si ça suffira.
Je sortis.
La porte se referma derrière moi avec un clic définitif.
Et pour la première fois de ma vie, je ne savais pas si je reviendrais.
POV Yasmine :
Introspection profonde, quelques semaines après la confession ...
Je me pose la question tous les jours, seule face à moi-même dans le miroir, ou la nuit quand le silence de la maison me laisse enfin entendre mes propres pensées.
Quand j’ai dit à Karim :
« Je t’aime toi. Toujours toi. C’était du désir. De la folie. Une part de moi que je ne connaissais pas. Mais pas de l’amour. »
Était-ce vrai ?
En partie, oui.
J’aime Karim. Profondément. Il est la stabilité, la tendresse, la sécurité. Il est le père de mes enfants, l’homme qui me prend dans ses bras quand je pleure, qui me fait rire avec ses blagues idiotes, qui me regarde encore comme si j’étais la seule femme au monde. Cet amour-là est réel, ancré, quotidien. Il est la maison.
Mais quand j’ai prononcé ces mots, une autre voix en moi – plus basse, plus honnête, plus cruelle – a murmuré :
tu mens.
Parce que ce que j’ai vécu avec Kamal (et avec Amira, et avec Nabil) n’était pas « juste du désir ». C’était une révélation. Une dépendance. Une addiction viscérale.
Quand Kamal m’a prise cette seconde fois, volontairement, dans leur lit, je n’étais pas là par accident. J’y étais parce que je le voulais plus que tout. Parce que son regard dominateur, sa voix qui ordonne, sa bite qui me remplit jusqu’à la douleur exquise, son contrôle absolu sur mon plaisir… tout cela m’a fait toucher une part de moi que Karim, dans sa douceur, ne pourra jamais atteindre.
Et la vérité nue, celle que je n’ose même pas penser trop fort, c’est que :
Si Kamal m’appelle demain, je serai là.
Pas par faiblesse. Pas par habitude. Par besoin.
Je mettrai la lingerie qu’il aime, je mentirai à Karim s’il le faut, je traverserai la ville le cœur battant, la chatte déjà humide rien qu’à l’idée de ce qu’il va me faire. Je supplierai. Je jouirai comme une folle. Je giclerai. Je rentrerai ensuite, coupable, brisée, comblée.
Et je recommencerai. À chaque fois.
Ce n’est pas de l’amour au sens romantique. C’est pire. C’est une soumission charnelle, une fascination toxique, un plaisir si intense qu’il efface tout le reste.
Alors oui, j’aime Karim. Sincèrement.
Mais si je dois choisir entre l’amour stable, doux, sécurisant de mon mari… et l’orgasme dévastateur, l’humiliation délicieuse, la perte totale de contrôle que Kamal me donne…
Je sais déjà ce que mon corps choisira.
Et c’est cela qui me terrifie le plus.
Parce que la Yasmine qui a dit « Je t’aime toi. Toujours toi » voulait y croire.
Mais la Yasmine qui se touche la nuit en repensant à Kamal sait que c’était un mensonge.
Ou du moins, une demi-vérité.
La vraie sincérité, la plus brutale, c’est dans le silence de mon désir :
Si Kamal appelle, j’irai.
À chaque fois.
Et je ne sais pas si je pourrai un jour m’en empêcher.
POV Yasmine :
Je n’ai pas dormi depuis trois jours.
Chaque nuit, je reste éveillée à côté de Karim, écoutant sa respiration régulière, et je sens mon cœur se déchirer un peu plus. Son bras posé sur ma taille me brûle comme une marque au fer rouge.
Je revois Kamal en moi, ses yeux noirs quand il m’a fait supplier, ses mains qui m’ont tenue comme si j’étais à lui. Je revois Amira, sa langue sur moi, son regard complice. Je revois Nabil, ses doigts sur mes seins, son souffle dans mon cou. Et je me hais. Je me hais d’avoir aimé ça. Je me hais d’en avoir redemandé. Je me hais de mentir à l’homme qui m’aime depuis quinze ans, qui m’a donné deux enfants, qui me regarde encore comme si j’étais la plus belle chose de sa vie.
Ce soir-là, début mai, la pluie tombait dru contre les vitres, un rideau gris qui isolait la maison du monde. Karim rentra plus tôt, trempé, les cheveux collés au front. Il posa son sac, me vit assise à la table de la cuisine, les mains autour d’une tasse de thé froid depuis des heures, les yeux gonflés d’avoir trop pleuré en silence.
Il s’approcha lentement, comme s’il sentait déjà la catastrophe.
— Yasmine… ma chérie, qu’est-ce qui t’arrive ? Tu es blanche comme un linge.
Je levai les yeux vers lui. Ses yeux bruns, si doux, si confiants. Et quelque chose en moi se brisa net, comme une digue trop longtemps retenue.
— Assieds-toi, Karim. S’il te plaît.
Il obéit, prit mes mains dans les siennes. Elles étaient chaudes, rassurantes. Je les serrai une dernière fois, comme pour m’ancrer, avant de tout lâcher.
Les mots sortirent d’abord en murmure, puis en sanglots étouffés, puis en un torrent incontrôlable.
Je lui racontai tout :
Le réveillon. Ma proposition innocente à Amira. La soirée au El Qaada. Mon arrivée chez eux le 1er janvier pour « veiller » Amira. La chambre. Les corps nus. L’odeur de sexe dans l’air. Les ordres de Kamal. Ma stupeur qui s’était transformée en désir. Mes gémissements quand Nabil – son frère – m’avait caressé les seins. Mes cris quand Amira m’avait léchée. Mes hurlements quand Kamal m’avait prise, d’abord dans la chatte, puis dans le cul, jusqu’à ce que je gicle comme une folle, jusqu’à ce que je pleure de plaisir trop violent.
Et puis la seconde fois.
Pas forcée.
Pas surprise.
Volontaire.
Mon mensonge pour sortir de la maison.
Ma lingerie choisie avec soin.
Ma venue chez eux, seule, pour me donner à Kamal encore une fois.
Dans leur lit. Sur leurs draps.
Pendant des heures. Jusqu’à l’aube. Jusqu’à ce que je rentre les jambes tremblantes, la chatte et l’anus encore palpitants, l’odeur de Kamal sur ma peau comme une marque indélébile.
Je pleurais à chaudes larmes maintenant, la voix brisée, hoquetant entre chaque phrase. Je lui dis les détails les plus crus – parce que je ne pouvais plus mentir, même par omission. Comment j’avais joui plus fort qu’avec lui. Comment j’avais supplié. Comment j’avais aimé être traitée comme une pute. Comment j’en avais redemandé.
À la fin, je n’avais plus de voix. Juste des sanglots qui secouaient mon corps entier.
Karim n’avait pas bougé.
Son visage était passé par toutes les couleurs de la mort : blanc, gris, rouge de colère contenue. Ses mains, toujours dans les miennes au début, s’étaient retirées lentement, comme s’il ne supportait plus mon contact. Ses yeux, d’abord incrédules, s’étaient remplis d’une douleur si profonde que j’en ai eu le souffle coupé.
Quand je prononçai le nom de Nabil :
– « ton frère m’a touchée, il m’a sucé les tétons pendant que Kamal… » –, il ferma les yeux, comme si on lui avait planté un couteau dans le ventre.
Le silence qui suivit fut pire que tout.
Il dura une éternité.
Puis il murmura, la voix méconnaissable, brisée :
— Mon frère… Nabil… et toi… et Amira… et Kamal…
Il se leva lentement, comme un vieil homme. Alla à la fenêtre. Regarda la pluie sans la voir. Ses épaules tremblaient légèrement.
— Tu l’as fait deux fois. Tu es allée le retrouver. Seule.
Ce n’était pas une question.
Je hochai la tête, incapable de parler.
Il se tourna enfin vers moi. Ses yeux étaient rouges, pleins de larmes qu’il retenait à grand-peine.
— Je t’ai aimée tous les jours depuis qu’on s’est rencontrés. Je t’ai tout donné. Et toi… tu m’as trahi avec mon meilleur ami, avec ma belle-sœur, avec mon propre frère.
Sa voix se brisa sur le dernier mot.
Il prit son manteau, ses clés.
— Je ne sais pas si je pourrai un jour te regarder à nouveau sans voir… ça.
Il ouvrit la porte. La pluie entra en rafales.
— Je ne sais pas si je pourrai rester.
Il partit.
Je restai assise, seule, dans la cuisine froide.
Je pleurai jusqu’à ce que je n’aie plus de larmes.
J’avais tout avoué.
J’avais détruit l’homme que j’aimais le plus au monde.
Et au milieu de cette douleur immense, déchirante, une petite partie de moi – celle que je hais le plus – se sentait enfin légère.
Le secret ne me tuait plus de l’intérieur.
Mais il venait de tuer notre mariage.
Et je ne savais pas si j’aurais un jour la force de vivre avec ça.
POV Karim :
Je n’ai pas dormi.
J’ai marché sous la pluie pendant des heures, jusqu’à ce que mes vêtements soient trempés et que mes chaussures claquent comme des coups de fouet sur le trottoir. J’ai erré dans les rues d’Alger, passant devant des cafés fermés, des mosquées silencieuses, des places désertes. Chaque pas résonnait dans ma tête avec les mots de Yasmine. Chaque image qu’elle avait décrite – parce qu’elle n’avait rien épargné, rien – me frappait comme un coup de poing dans le ventre.
Nabil. Mon petit frère. Celui que j’ai protégé, élevé presque, quand notre père était absent. Ses mains sur ma femme.
Amira. La sœur que je n’ai jamais eue. Sa langue sur Yasmine.
Kamal. Mon ami depuis vingt ans. L’homme que j’ai considéré comme un frère. En elle. Dans les deux trous. La faisant gicler. La faisant supplier.
Et Yasmine… ma Yasmine. Ma femme. La mère de mes enfants. Allant le retrouver une seconde fois. Seule. Volontairement.
Je suis rentré à l’aube, trempé jusqu’aux os, les yeux brûlants d’avoir trop pleuré en silence sous la pluie.
La maison était plongée dans l’obscurité. Je suis monté doucement. Yasmine était dans le salon, assise sur le canapé, enveloppée dans une couverture. Elle n’avait pas dormi non plus. Ses yeux étaient gonflés, rougis, son visage ravagé. Elle me regarda quand j’entrai, et ce regard – un mélange de terreur, de honte et d’un amour désespéré – me transperça plus que tout.
Je restai debout dans l’encadrement de la porte, dégoulinant sur le parquet.
— Je ne sais pas quoi faire, dis-je enfin, la voix rauque, méconnaissable.
Elle ne répondit pas. Elle pleurait en silence, les épaules secouées de sanglots muets.
Je m’approchai lentement, m’assis à l’autre bout du canapé, à distance. Comme si un mur invisible nous séparait déjà.
— Tu l’aimes ? demandai-je, même si je redoutais la réponse.
Elle secoua la tête vigoureusement.
— Non. Non, Karim. Je t’aime toi. Toujours toi. C’était… du désir. De la folie. Une part de moi que je ne connaissais pas. Mais pas de l’amour.
Je fermai les yeux. Les images revenaient. Ses cris. Ses jouissances. Ses mots crus qu’elle m’avait répétés comme pour se punir elle-même.
— Tu as joui plus fort qu’avec moi.
Ce n’était pas une question. Elle l’avait dit elle-même.
Elle hocha la tête, les larmes coulant plus fort.
— Oui. Et je me hais pour ça.
Je me levai, allai à la fenêtre. Le jour se levait, gris, lourd.
— Je ne sais pas si je peux vivre avec ça, Yasmine. Avec l’idée que mon frère… que Kamal… que tu es allée les retrouver.
Ma voix se brisa.
— Je ne sais pas si je pourrai te toucher à nouveau sans voir leurs mains sur toi.
Elle se leva, s’approcha, mais s’arrêta à un mètre, comme si elle sentait que je ne supporterais pas son contact.
— Je partirai si tu veux. Je te laisserai les enfants. Je ferai tout ce que tu voudras. Mais sache que je t’aime. Que je regrette. Que je donnerais tout pour effacer ces nuits.
Je me tournai vers elle.
Pour la première fois depuis la veille, je la regardai vraiment.
Elle était brisée. Complètement.
Et moi aussi.
— Je ne veux pas que tu partes. Pas encore. Mais j’ai besoin de temps. De comprendre. De… je ne sais pas.
Je pris une inspiration tremblante.
— Je vais aller chez ma mère quelques jours. J’ai besoin d’air.
Elle hocha la tête, les lèvres tremblantes.
— Prends le temps qu’il te faut.
Je montai faire ma valise en silence. Elle resta en bas, immobile.
Quand je redescendis, elle était toujours là, enveloppée dans sa couverture, comme une enfant perdue.
Je m’arrêtai devant elle.
— Je t’aime encore, murmurai-je, la voix déchirée. Mais je ne sais pas si ça suffira.
Je sortis.
La porte se referma derrière moi avec un clic définitif.
Et pour la première fois de ma vie, je ne savais pas si je reviendrais.
POV Yasmine :
Introspection profonde, quelques semaines après la confession ...
Je me pose la question tous les jours, seule face à moi-même dans le miroir, ou la nuit quand le silence de la maison me laisse enfin entendre mes propres pensées.
Quand j’ai dit à Karim :
« Je t’aime toi. Toujours toi. C’était du désir. De la folie. Une part de moi que je ne connaissais pas. Mais pas de l’amour. »
Était-ce vrai ?
En partie, oui.
J’aime Karim. Profondément. Il est la stabilité, la tendresse, la sécurité. Il est le père de mes enfants, l’homme qui me prend dans ses bras quand je pleure, qui me fait rire avec ses blagues idiotes, qui me regarde encore comme si j’étais la seule femme au monde. Cet amour-là est réel, ancré, quotidien. Il est la maison.
Mais quand j’ai prononcé ces mots, une autre voix en moi – plus basse, plus honnête, plus cruelle – a murmuré :
tu mens.
Parce que ce que j’ai vécu avec Kamal (et avec Amira, et avec Nabil) n’était pas « juste du désir ». C’était une révélation. Une dépendance. Une addiction viscérale.
Quand Kamal m’a prise cette seconde fois, volontairement, dans leur lit, je n’étais pas là par accident. J’y étais parce que je le voulais plus que tout. Parce que son regard dominateur, sa voix qui ordonne, sa bite qui me remplit jusqu’à la douleur exquise, son contrôle absolu sur mon plaisir… tout cela m’a fait toucher une part de moi que Karim, dans sa douceur, ne pourra jamais atteindre.
Et la vérité nue, celle que je n’ose même pas penser trop fort, c’est que :
Si Kamal m’appelle demain, je serai là.
Pas par faiblesse. Pas par habitude. Par besoin.
Je mettrai la lingerie qu’il aime, je mentirai à Karim s’il le faut, je traverserai la ville le cœur battant, la chatte déjà humide rien qu’à l’idée de ce qu’il va me faire. Je supplierai. Je jouirai comme une folle. Je giclerai. Je rentrerai ensuite, coupable, brisée, comblée.
Et je recommencerai. À chaque fois.
Ce n’est pas de l’amour au sens romantique. C’est pire. C’est une soumission charnelle, une fascination toxique, un plaisir si intense qu’il efface tout le reste.
Alors oui, j’aime Karim. Sincèrement.
Mais si je dois choisir entre l’amour stable, doux, sécurisant de mon mari… et l’orgasme dévastateur, l’humiliation délicieuse, la perte totale de contrôle que Kamal me donne…
Je sais déjà ce que mon corps choisira.
Et c’est cela qui me terrifie le plus.
Parce que la Yasmine qui a dit « Je t’aime toi. Toujours toi » voulait y croire.
Mais la Yasmine qui se touche la nuit en repensant à Kamal sait que c’était un mensonge.
Ou du moins, une demi-vérité.
La vraie sincérité, la plus brutale, c’est dans le silence de mon désir :
Si Kamal appelle, j’irai.
À chaque fois.
Et je ne sais pas si je pourrai un jour m’en empêcher.
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