L’Immeuble des Plaisirs - Chapitre 6 : L'Association
Récit érotique écrit par Karim Bali [→ Accès à sa fiche auteur]
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L’Immeuble des Plaisirs - Chapitre 6 : L'Association
Chapitre 6 : L'Association
Le thé refroidissait dans les tasses en porcelaine fine, mais l'air lui-même semblait brûlant. Assise au bord du lit défait, je regardais Farid, toujours magnifiquement nu, se mouvoir dans la cuisine ouverte de Nebila. Ses muscles dorsaux jouaient sous la peau hâlée tandis qu'il versait l'eau bouillante. L'absurdité du tableau — cet homme-nu préparant du thé après avoir rempli ma voisine de sa semence — était devenue, en quelques minutes, une normalité obscène.
Nebila, elle aussi toujours dévêtue, s'était allongée sur le côté, une main négligemment posée sur la cuisse de Farid alors qu'il revenait vers le lit, le plateau à la main. Ses doigts, aux ongles vernis d'un rouge sang, tracèrent un chemin paresseux vers son sexe qui, détendu, reposait lourd contre sa cuisse. Elle le prit doucement dans sa paume, comme on caresse un animal familier.
— Alors, Salma, commença-t-elle, sa voix basse et rauque après les cris. Tu veux savoir comment j'ai commencé ?
Je pris ma tasse. Le thé était trop fort, amer. Parfait.
— Depuis le début, oui.
Elle but une gorgée, ses yeux sombres perdus dans le souvenir. Farid s'assit sur le bord du lit, son flanc contre mes jambes, sa chaleur irradiant à travers ma robe.
— La première semaine après notre emménagement. J'étouffais déjà. Monya, la voisine du quinzième — tu la connais, la brune au regard de braise — m'a prise à part dans l'ascenseur. « Tu as l'air d'une femme qui a faim », qu'elle m'a dit. Et elle m'a parlé de Jamel.
Un frisson parcourut Nebila, et ses doigts sur Farid se firent plus insistants.
— Trente-cinq ans. Un corps taillé à la hache. Et son sexe… Mon Dieu, Salma. Ce n'est pas de la chair, c'est de l'acier. Il ne jouit qu'après une heure, parfois plus. Et il change de position comme un danseur, il te retourne, te soulève, te plie… Il venait chaque samedi matin. Pendant six mois, il m'a suffi.
Elle marqua une pause, son regard se posant sur le visage impassible de Farid.
— Mais le désir est un puits sans fond, n'est-ce pas ? Un jour, j'ai demandé plus à Jamel. « J'ai un cousin », qu'il m'a répondu. Et il m'a présenté Farid.
Elle tourna la tête vers moi, un sourire de chatte aux lèvres.
— Alors, qu'en penses-tu ? Tu as goûté aux deux, maintenant.
Je posai ma tasse. Mon propre sexe, entre mes cuisses, palpitait au récit. Je regardai Farid. Il soutenait mon regard, un défi muet dans ses yeux verts.
— Il a… des talents différents, dis-je finalement. Saïd est un séisme. Farid est une lame. Les deux laissent des marques.
Nebila rit, un rire profond et sensuel. Sa main quitta Farid pour se porter à son propre sein, pinçant le téton qui durcit instantanément.
— Attends de voir Jamel. C'est un artiste. Mais oui… Farid a des qualités. Surtout quand il prend son temps.
C'est alors qu'elle lâcha la bombe, comme on jette un caillou dans un étang calme, pour le plaisir des ronds dans l'eau.
— Farid baise aussi ta voisine de palier, Salma. Suzanne. Tous les lundis matins.
Le choc me figea. Suzanne ? Cette enfant. Cette frêle jeune fille à peine sortie de l'adolescence, mariée depuis quatre mois à un comptable maussade.
— Suzanne ? Mais elle a à peine dix-huit ans !
Farid, jusque-là silencieux, prit la parole. Sa voix était calme, presque pédagogique.
— Elle est jeune, oui. Mais son appétit… tu n'as pas idée. Son mari, le pauvre Sami, est gentil mais… rapide. Trois minutes, et c'est plié. Elle, elle en veut pour des heures. Trois fois chaque lundi, et encore, elle en redemande.
— Et… et elle voit d'autres hommes ? demandai-je, une pointe de panique irrationnelle dans la voix. Saïd ?
Farid secoua la tête, un léger sourire aux lèvres.
— Non. Pour l'instant, elle se contente de moi. Je la forme. Doucement. Mais elle est vorace. J'ai peur qu'elle ne réclame Saïd un jour. Ou pire, qu'elle veuille tout goûter.
Le « pire » résonna étrangement. Ce n'était pas une menace, mais une prédiction excitante. Je ne pus m'empêcher de rire, un rire nerveux.
— Dieu nous en préserve. Avec Saïd, elle n'en ferait qu'une bouchée. Ou l'inverse.
Farid ne répondit pas. Il posa son thé et se tourna vers Nebila. Ses mains, fines et agiles, se posèrent sur son corps laiteux, recommençant leur exploration. Il se pencha, prit un téton entre ses lèvres et suça doucement. Nebila émit un gémissement de chatte, ses yeux se fermant à demi.
— Tu vois, Salma, murmura-t-elle sans ouvrir les yeux. Il sait s'y prendre. Il prend son temps. Il te fait mourir de plaisir… cent fois… avant de te laisser mourir pour de bon.
Je regardai, fascinée. Farid avait glissé entre les cuisses de Nebila, son sexe retrouvant une rigidité impressionnante. Il la pénétra avec une lenteur exaspérante, un centimètre après l'autre, s'arrêtant à chaque soupir, à chaque contraction de son ventre. Nebila se cambrait, ses mains agrippant les draps, des mots incohérents s'échappant de ses lèvres.
Poussée par un instinct nouveau, je m'approchai. Je m'assis près d'eux, sur le lit. Ma main se posa sur le sein libre de Nebila, le malaxant, roulant le téton durci entre mes doigts. Elle ouvrit les yeux, me regarda, et son sourire était une invitation. De mon autre main, je trouvai son clitoris, gonflé et ruisselant, et commençai à le frotter en rythme avec les poussées lentes et profondes de Farid.
C'était une sensation nouvelle, vertigineuse. Toucher une autre femme, participer à son plaisir, sentir le corps d'un homme la remplir sous mes yeux et sous mes doigts. Je n'étais plus spectatrice. J'étais complice. Actrice.
Le rythme s'accéléra. Farid abandonna sa lenteur calculée pour des coups de reins plus puissants, plus sauvages. Nebila hurlait maintenant, ses ongles s'enfonçant dans mon bras. Le lit craquait. L'air était épais de l'odeur de leur copulation, de sueur et de sexe. Je sentais la chaleur montante de son corps, les contractions violentes de son sexe autour de Farid.
Quand ils jouirent, ce fut presque simultané. Un cri déchirant de Nebila, un grognement sourd de Farid qui s'enfonça une dernière fois, à fond, et resta figé, son corps en arc au-dessus d'elle. Je sentis, sous mes doigts, les spasmes violents de son orgasme, les muscles de son ventre qui se contractaient comme sous une décharge électrique.
Puis, le silence. Haletant. Ruisselant.
Farid se retira, alla se laver. Nebila resta allongée, les yeux vides, les cuisses grandes ouvertes et tremblantes, le mélange de leurs fluides coulant sur ses cuisses laiteuses.
Je me levai, les jambes chancelantes moi aussi. La folie de la scène me rattrapait. Je devais partir.
— Ce soir, chez Leïla, me lança Nebila d'une voix éteinte, sans bouger. Cinq heures. On parlera de l'Association. Et on invitera Suzanne.
Je hochai la tête, incapable de parler, et sortis.
L'après-midi fut un long tunnel de fièvre. Mes doigts sentaient encore la peau de Nebila, son téton dur, la chaleur humide de son sexe. Mon propre corps était une plaie ouverte, un désir qui ne savait plus vers qui se tourner. À cinq heures quinze, quand Leïla m'appela, je sursautai comme une coupable.
— Tout le monde t'attend ! Où es-tu ?
Je bafouillai une excuse, prête à raccrocher, quand Nebila m'envoya un message : « On a besoin de toi. »
Ces trois mots firent plus que toute coercition. « On ». Le pronom indéfini qui signifiait désormais nous. Les initiées. Je pris une profonde inspiration, me regardai dans le miroir de l'entrée — une femme ordinaire, mère de famille, épouse — et partis vers l'extraordinaire.
Leïla m'ouvrit, les yeux brillants de malice. Elle était magnifique, quarante ans assumés avec une robe en soie qui moulait des formes voluptueuses.
— Tu as raté le meilleur ! Mais l'essentiel reste à venir.
Elle me fit entrer dans son salon, un espace vaste et luxueux, rempli d'objets d'art et de parfums lourds. Cinq femmes y étaient installées, comme dans un tableau de maîtres libertins.
Nebila, fraîche et élégante dans une robe verte, un sourire énigmatique aux lèvres. Suzanne, l'enfant-femme, assise droite sur le bord d'un fauteuil, ses grands yeux innocents contrastant avec la bouche pulpeuse, sensuelle. Et deux autres que je reconnus : Hanane et Samiha, des anciennes camarades de fac, perdues de vue et retrouvées ici, dans ce sanctuaire. Elles me sourirent toutes, d'un sourire qui en disait long. Nous partagions un secret. Le plus lourd, le plus délicieux.
Leïla prit la parole, debout au centre de la pièce comme un prêtresse.
— Salma, tu arrives en retard, mais le secret est déjà révélé : nous sommes toutes liées aux gardiens de cet immeuble.
Un rire collectif, libérateur, obscène, fusa. C'était le rire de la reconnaissance, de la délivrance du mensonge.
— Le but de cette réunion, continua-t-elle, les yeux étincelants, est de renforcer nos liens. D'organiser nos… rendez-vous. Et surtout, d'éviter les conflits. Personne ne doit empiéter sur les créneaux horaires des autres. Nous devons être solidaires, discrètes, et efficaces.
Je m'assis, le cœur battant. Ce n'était pas un salon. C'était un QG. Une bourse aux désirs. Une organisation criminelle du plaisir.
Sous les rires et les commentaires, Leïla imposa que chacune dévoile son emploi du temps. Ce fut une litanie sacrilège.
— Jamel, chaque samedi matin, commença Nebila, fière comme une générale décrivant ses troupes. Farid, chaque mardi matin.
— Saïd, chaque dimanche soir, enchaîna Hanane, un sourire de triomphe aux lèvres. Hatim, chaque mardi soir.
— Hatim, chaque mercredi matin, dit Samiha en étouffant un rire. Jamel, chaque dimanche matin.
Tous les regards se tournèrent vers moi. Je pris une inspiration.
— Saïd, chaque mercredi matin. Farid, chaque samedi matin.
Enfin, Suzanne, rougissante mais le regard ardent :
— Farid… chaque lundi matin.
Leïla, alors, laissa tomber la sentence, avec l'autorité d'une reine :
— Moi ? Tous. Quand je veux.
Le tollé fut joyeux, plein de fausses indignations. Suzanne, la plus jeune, bondit presque.
— Ce n'est pas juste ! J'ai plus besoin qu'elles ! Je suis jeune, mon corps réclame plus !
Leïla promit des ajustements, d'un ton qui n'admettait pas de réplique. Puis vint le moment des confessions. Chacune raconta sa première fois, ses stratagèmes. Les histoires se ressemblaient, des variations sur un thème : la panne d'appareil ménager, la rencontre fortuite, la proposition faite les yeux dans les yeux. Toutes, nous avions été les prédatrices. Les chasseuses.
Suzanne raconta son histoire avec une candeur perverse qui nous fit frémir.
— J'ai menacé Farid avec un couteau de cuisine. Je lui ai dit que si il ne me baisait pas sur-le-champ, je me l'enfoncerais dans le ventre. Il a cru que j'étais folle. Mais j'étais juste… vide. Il a compris.
Leïla se pencha vers moi, dans un murmume qui sentait le santal et le secret.
— Ne rate pas Hatim. Il est le plus jeune. Et son sexe… est étrange. Courbé. Comme une serpe. Mais pas décevant. Loin de là.
La soirée s'éternisa, baignée de vin, de rires étouffés et de confidences de plus en plus crues. En partant, je m'approchai de Samiha. Je la connaissais depuis la fac. Nous avions partagé des manuels, jamais des amants. Jusqu'à maintenant.
— Demain, c'est mercredi, chuchotai-je à son oreille. Hatim viendra pour toi. Saïd pour moi. Et si on échangeait nos places, juste pour regarder ? Tu verrais Saïd. Je verrais Hatim.
Ses yeux s'illuminèrent d'une curiosité vorace.
— Le fameux Saïd ? Celui dont le sexe est une légende ? Oui. Oh oui, Salma. Je suis là.
Le lendemain matin, à huit heures, ma porte s'ouvrit sur Samiha et Hatim. J'étais en peignoir de soie, ouvert, ne laissant que des ombres et des lumières deviner mon corps. Hatim, grand et mince, avec des épaules étroites et un visage juvénile marqué d'une timidité palpable, recula d'un pas en me voyant. Son regard, d'un brun foncé, fuyait le mien, se posant partout sauf sur la fente de soie qui laissait entrevoir la courbe de mes seins.
Samiha le poussa à l'intérieur en ricanant.
— Allez, entre ! Elle ne mord pas… enfin, pas toujours.
Je les fis entrer dans le salon. Hatim restait raide, mal à l'aise, ignorant visiblement le pacte que Samiha et moi avions scellé. Je servis le thé, me penchant délibérément pour que mes seins frôlent le bord de la table. Je voyais la pomme d'Adam de Hatim monter et descendre dans sa gorge.
— Saïd arrive bientôt ? chuchota Samiha, impatiente, ses doigts effleurant ma cuisse sous la table.
— Quelques minutes, chuchotai-je en retour.
Je tournai mon regard vers Hatim. Il fixait sa tasse comme si elle contenait les secrets de l'univers.
— Hatim, dis-je doucement.
Il leva les yeux. Je me levai à mon tour, le peignoir s'ouvrant un peu plus. Je marchai jusqu'à l'endroit rituel, près du canapé, l'endroit où les hommes de sa famille se déshabillaient pour moi.
— Viens ici. Montre-moi.
Samiha éclata de rire, une main devant sa bouche.
— Oh, Salma, ne l'embarrasse pas comme ça !
Mais Hatim obéit. Il se leva, ses mouvements gauches, et vint se placer devant moi. Il hésita, ses doigts sur sa ceinture. Je hochai la tête, l'encourageant. Il baissa son pantalon, puis son caleçon.
Son sexe était au repos, doux, innocent. Long et mince, replié sur lui-même. Un rire nerveux m'échappa. Samiha se leva, s'approcha.
— Quoi, Salma ? Tu ne sais pas comment réveiller un garçon timide ?
Le défi était lancé. Je m'agenouillai sur le tapis épais. Je pris le membre doux de Hatim dans ma main. Il était tiède, la peau soyeuse. Je le regardai dans les yeux, puis baissai la tête. Je pris le gland dans ma bouche, doucement, et commençai à sucer, ma langue enveloppant la chair, mes lèvres créant une pression douce mais insistante.
Je sentis le changement immédiat. Sous mes lèvres, la chair s'anima, se gonfla, durcit. Le sang afflua, transformant la douceur en une colonne de chair ferme, pulsante. Je le sortis de ma bouche avec un petit bruit de succion.
Et je le vis.
Il était long, presque aussi long que celui de Farid, mais plus épais à la base. Et il était… courbé. Une courbure prononcée vers la droite, comme une banane mûre, ou une serpe, comme l'avait dit Leïla. La peau, tendue à craquer, laissait voir un réseau de veines bleutées. Le gland, en forme de champignon, était d'un rouge violacé intense.
— Mon Dieu, chuchotai-je.
Samiha éclata de rire, s'agenouilla à côté de moi.
— C'est une curiosité, n'est-ce pas ? Mais attends de le sentir. Il touche des endroits… inattendus.
Nous restâmes là, à genoux toutes les deux, à le regarder, à le toucher, à le lécher tour à tour, explorant la courbure, le poids, la chaleur. Hatim restait debout, les yeux fermés, les poings serrés, subissant notre examen avec une tension qui n'était plus de la timidité, mais du désir contenu.
C'est à ce moment que la sonnette retentit.
Je me levai, allai ouvrir.
Saïd était sur le seuil. Il me regarda, nue sous mon peignoir ouvert, puis son regard dépassa mon épaule, dans le salon, où Samiha, maintenant complètement déshabillée, était à genoux devant Hatim dont le sexe courbé pointait vers elle comme une arme étrange.
Un éclair de surprise, puis de compréhension, traversa son regard noir. Il hésita une fraction de seconde sur le pas de la porte.
Je saisis son poignet et le tirai à l'intérieur, refermant la porte derrière nous. Le quatuor était au complet. L'échange des partenaires, le spectacle partagé, pouvait commencer.
L'Association tenait sa première réunion opérationnelle. Et son ordre du jour était écrit dans la chair, la sueur, et le désir croisé de quatre corps qui n'attendaient plus qu'à s'entremêler.
Le thé refroidissait dans les tasses en porcelaine fine, mais l'air lui-même semblait brûlant. Assise au bord du lit défait, je regardais Farid, toujours magnifiquement nu, se mouvoir dans la cuisine ouverte de Nebila. Ses muscles dorsaux jouaient sous la peau hâlée tandis qu'il versait l'eau bouillante. L'absurdité du tableau — cet homme-nu préparant du thé après avoir rempli ma voisine de sa semence — était devenue, en quelques minutes, une normalité obscène.
Nebila, elle aussi toujours dévêtue, s'était allongée sur le côté, une main négligemment posée sur la cuisse de Farid alors qu'il revenait vers le lit, le plateau à la main. Ses doigts, aux ongles vernis d'un rouge sang, tracèrent un chemin paresseux vers son sexe qui, détendu, reposait lourd contre sa cuisse. Elle le prit doucement dans sa paume, comme on caresse un animal familier.
— Alors, Salma, commença-t-elle, sa voix basse et rauque après les cris. Tu veux savoir comment j'ai commencé ?
Je pris ma tasse. Le thé était trop fort, amer. Parfait.
— Depuis le début, oui.
Elle but une gorgée, ses yeux sombres perdus dans le souvenir. Farid s'assit sur le bord du lit, son flanc contre mes jambes, sa chaleur irradiant à travers ma robe.
— La première semaine après notre emménagement. J'étouffais déjà. Monya, la voisine du quinzième — tu la connais, la brune au regard de braise — m'a prise à part dans l'ascenseur. « Tu as l'air d'une femme qui a faim », qu'elle m'a dit. Et elle m'a parlé de Jamel.
Un frisson parcourut Nebila, et ses doigts sur Farid se firent plus insistants.
— Trente-cinq ans. Un corps taillé à la hache. Et son sexe… Mon Dieu, Salma. Ce n'est pas de la chair, c'est de l'acier. Il ne jouit qu'après une heure, parfois plus. Et il change de position comme un danseur, il te retourne, te soulève, te plie… Il venait chaque samedi matin. Pendant six mois, il m'a suffi.
Elle marqua une pause, son regard se posant sur le visage impassible de Farid.
— Mais le désir est un puits sans fond, n'est-ce pas ? Un jour, j'ai demandé plus à Jamel. « J'ai un cousin », qu'il m'a répondu. Et il m'a présenté Farid.
Elle tourna la tête vers moi, un sourire de chatte aux lèvres.
— Alors, qu'en penses-tu ? Tu as goûté aux deux, maintenant.
Je posai ma tasse. Mon propre sexe, entre mes cuisses, palpitait au récit. Je regardai Farid. Il soutenait mon regard, un défi muet dans ses yeux verts.
— Il a… des talents différents, dis-je finalement. Saïd est un séisme. Farid est une lame. Les deux laissent des marques.
Nebila rit, un rire profond et sensuel. Sa main quitta Farid pour se porter à son propre sein, pinçant le téton qui durcit instantanément.
— Attends de voir Jamel. C'est un artiste. Mais oui… Farid a des qualités. Surtout quand il prend son temps.
C'est alors qu'elle lâcha la bombe, comme on jette un caillou dans un étang calme, pour le plaisir des ronds dans l'eau.
— Farid baise aussi ta voisine de palier, Salma. Suzanne. Tous les lundis matins.
Le choc me figea. Suzanne ? Cette enfant. Cette frêle jeune fille à peine sortie de l'adolescence, mariée depuis quatre mois à un comptable maussade.
— Suzanne ? Mais elle a à peine dix-huit ans !
Farid, jusque-là silencieux, prit la parole. Sa voix était calme, presque pédagogique.
— Elle est jeune, oui. Mais son appétit… tu n'as pas idée. Son mari, le pauvre Sami, est gentil mais… rapide. Trois minutes, et c'est plié. Elle, elle en veut pour des heures. Trois fois chaque lundi, et encore, elle en redemande.
— Et… et elle voit d'autres hommes ? demandai-je, une pointe de panique irrationnelle dans la voix. Saïd ?
Farid secoua la tête, un léger sourire aux lèvres.
— Non. Pour l'instant, elle se contente de moi. Je la forme. Doucement. Mais elle est vorace. J'ai peur qu'elle ne réclame Saïd un jour. Ou pire, qu'elle veuille tout goûter.
Le « pire » résonna étrangement. Ce n'était pas une menace, mais une prédiction excitante. Je ne pus m'empêcher de rire, un rire nerveux.
— Dieu nous en préserve. Avec Saïd, elle n'en ferait qu'une bouchée. Ou l'inverse.
Farid ne répondit pas. Il posa son thé et se tourna vers Nebila. Ses mains, fines et agiles, se posèrent sur son corps laiteux, recommençant leur exploration. Il se pencha, prit un téton entre ses lèvres et suça doucement. Nebila émit un gémissement de chatte, ses yeux se fermant à demi.
— Tu vois, Salma, murmura-t-elle sans ouvrir les yeux. Il sait s'y prendre. Il prend son temps. Il te fait mourir de plaisir… cent fois… avant de te laisser mourir pour de bon.
Je regardai, fascinée. Farid avait glissé entre les cuisses de Nebila, son sexe retrouvant une rigidité impressionnante. Il la pénétra avec une lenteur exaspérante, un centimètre après l'autre, s'arrêtant à chaque soupir, à chaque contraction de son ventre. Nebila se cambrait, ses mains agrippant les draps, des mots incohérents s'échappant de ses lèvres.
Poussée par un instinct nouveau, je m'approchai. Je m'assis près d'eux, sur le lit. Ma main se posa sur le sein libre de Nebila, le malaxant, roulant le téton durci entre mes doigts. Elle ouvrit les yeux, me regarda, et son sourire était une invitation. De mon autre main, je trouvai son clitoris, gonflé et ruisselant, et commençai à le frotter en rythme avec les poussées lentes et profondes de Farid.
C'était une sensation nouvelle, vertigineuse. Toucher une autre femme, participer à son plaisir, sentir le corps d'un homme la remplir sous mes yeux et sous mes doigts. Je n'étais plus spectatrice. J'étais complice. Actrice.
Le rythme s'accéléra. Farid abandonna sa lenteur calculée pour des coups de reins plus puissants, plus sauvages. Nebila hurlait maintenant, ses ongles s'enfonçant dans mon bras. Le lit craquait. L'air était épais de l'odeur de leur copulation, de sueur et de sexe. Je sentais la chaleur montante de son corps, les contractions violentes de son sexe autour de Farid.
Quand ils jouirent, ce fut presque simultané. Un cri déchirant de Nebila, un grognement sourd de Farid qui s'enfonça une dernière fois, à fond, et resta figé, son corps en arc au-dessus d'elle. Je sentis, sous mes doigts, les spasmes violents de son orgasme, les muscles de son ventre qui se contractaient comme sous une décharge électrique.
Puis, le silence. Haletant. Ruisselant.
Farid se retira, alla se laver. Nebila resta allongée, les yeux vides, les cuisses grandes ouvertes et tremblantes, le mélange de leurs fluides coulant sur ses cuisses laiteuses.
Je me levai, les jambes chancelantes moi aussi. La folie de la scène me rattrapait. Je devais partir.
— Ce soir, chez Leïla, me lança Nebila d'une voix éteinte, sans bouger. Cinq heures. On parlera de l'Association. Et on invitera Suzanne.
Je hochai la tête, incapable de parler, et sortis.
L'après-midi fut un long tunnel de fièvre. Mes doigts sentaient encore la peau de Nebila, son téton dur, la chaleur humide de son sexe. Mon propre corps était une plaie ouverte, un désir qui ne savait plus vers qui se tourner. À cinq heures quinze, quand Leïla m'appela, je sursautai comme une coupable.
— Tout le monde t'attend ! Où es-tu ?
Je bafouillai une excuse, prête à raccrocher, quand Nebila m'envoya un message : « On a besoin de toi. »
Ces trois mots firent plus que toute coercition. « On ». Le pronom indéfini qui signifiait désormais nous. Les initiées. Je pris une profonde inspiration, me regardai dans le miroir de l'entrée — une femme ordinaire, mère de famille, épouse — et partis vers l'extraordinaire.
Leïla m'ouvrit, les yeux brillants de malice. Elle était magnifique, quarante ans assumés avec une robe en soie qui moulait des formes voluptueuses.
— Tu as raté le meilleur ! Mais l'essentiel reste à venir.
Elle me fit entrer dans son salon, un espace vaste et luxueux, rempli d'objets d'art et de parfums lourds. Cinq femmes y étaient installées, comme dans un tableau de maîtres libertins.
Nebila, fraîche et élégante dans une robe verte, un sourire énigmatique aux lèvres. Suzanne, l'enfant-femme, assise droite sur le bord d'un fauteuil, ses grands yeux innocents contrastant avec la bouche pulpeuse, sensuelle. Et deux autres que je reconnus : Hanane et Samiha, des anciennes camarades de fac, perdues de vue et retrouvées ici, dans ce sanctuaire. Elles me sourirent toutes, d'un sourire qui en disait long. Nous partagions un secret. Le plus lourd, le plus délicieux.
Leïla prit la parole, debout au centre de la pièce comme un prêtresse.
— Salma, tu arrives en retard, mais le secret est déjà révélé : nous sommes toutes liées aux gardiens de cet immeuble.
Un rire collectif, libérateur, obscène, fusa. C'était le rire de la reconnaissance, de la délivrance du mensonge.
— Le but de cette réunion, continua-t-elle, les yeux étincelants, est de renforcer nos liens. D'organiser nos… rendez-vous. Et surtout, d'éviter les conflits. Personne ne doit empiéter sur les créneaux horaires des autres. Nous devons être solidaires, discrètes, et efficaces.
Je m'assis, le cœur battant. Ce n'était pas un salon. C'était un QG. Une bourse aux désirs. Une organisation criminelle du plaisir.
Sous les rires et les commentaires, Leïla imposa que chacune dévoile son emploi du temps. Ce fut une litanie sacrilège.
— Jamel, chaque samedi matin, commença Nebila, fière comme une générale décrivant ses troupes. Farid, chaque mardi matin.
— Saïd, chaque dimanche soir, enchaîna Hanane, un sourire de triomphe aux lèvres. Hatim, chaque mardi soir.
— Hatim, chaque mercredi matin, dit Samiha en étouffant un rire. Jamel, chaque dimanche matin.
Tous les regards se tournèrent vers moi. Je pris une inspiration.
— Saïd, chaque mercredi matin. Farid, chaque samedi matin.
Enfin, Suzanne, rougissante mais le regard ardent :
— Farid… chaque lundi matin.
Leïla, alors, laissa tomber la sentence, avec l'autorité d'une reine :
— Moi ? Tous. Quand je veux.
Le tollé fut joyeux, plein de fausses indignations. Suzanne, la plus jeune, bondit presque.
— Ce n'est pas juste ! J'ai plus besoin qu'elles ! Je suis jeune, mon corps réclame plus !
Leïla promit des ajustements, d'un ton qui n'admettait pas de réplique. Puis vint le moment des confessions. Chacune raconta sa première fois, ses stratagèmes. Les histoires se ressemblaient, des variations sur un thème : la panne d'appareil ménager, la rencontre fortuite, la proposition faite les yeux dans les yeux. Toutes, nous avions été les prédatrices. Les chasseuses.
Suzanne raconta son histoire avec une candeur perverse qui nous fit frémir.
— J'ai menacé Farid avec un couteau de cuisine. Je lui ai dit que si il ne me baisait pas sur-le-champ, je me l'enfoncerais dans le ventre. Il a cru que j'étais folle. Mais j'étais juste… vide. Il a compris.
Leïla se pencha vers moi, dans un murmume qui sentait le santal et le secret.
— Ne rate pas Hatim. Il est le plus jeune. Et son sexe… est étrange. Courbé. Comme une serpe. Mais pas décevant. Loin de là.
La soirée s'éternisa, baignée de vin, de rires étouffés et de confidences de plus en plus crues. En partant, je m'approchai de Samiha. Je la connaissais depuis la fac. Nous avions partagé des manuels, jamais des amants. Jusqu'à maintenant.
— Demain, c'est mercredi, chuchotai-je à son oreille. Hatim viendra pour toi. Saïd pour moi. Et si on échangeait nos places, juste pour regarder ? Tu verrais Saïd. Je verrais Hatim.
Ses yeux s'illuminèrent d'une curiosité vorace.
— Le fameux Saïd ? Celui dont le sexe est une légende ? Oui. Oh oui, Salma. Je suis là.
Le lendemain matin, à huit heures, ma porte s'ouvrit sur Samiha et Hatim. J'étais en peignoir de soie, ouvert, ne laissant que des ombres et des lumières deviner mon corps. Hatim, grand et mince, avec des épaules étroites et un visage juvénile marqué d'une timidité palpable, recula d'un pas en me voyant. Son regard, d'un brun foncé, fuyait le mien, se posant partout sauf sur la fente de soie qui laissait entrevoir la courbe de mes seins.
Samiha le poussa à l'intérieur en ricanant.
— Allez, entre ! Elle ne mord pas… enfin, pas toujours.
Je les fis entrer dans le salon. Hatim restait raide, mal à l'aise, ignorant visiblement le pacte que Samiha et moi avions scellé. Je servis le thé, me penchant délibérément pour que mes seins frôlent le bord de la table. Je voyais la pomme d'Adam de Hatim monter et descendre dans sa gorge.
— Saïd arrive bientôt ? chuchota Samiha, impatiente, ses doigts effleurant ma cuisse sous la table.
— Quelques minutes, chuchotai-je en retour.
Je tournai mon regard vers Hatim. Il fixait sa tasse comme si elle contenait les secrets de l'univers.
— Hatim, dis-je doucement.
Il leva les yeux. Je me levai à mon tour, le peignoir s'ouvrant un peu plus. Je marchai jusqu'à l'endroit rituel, près du canapé, l'endroit où les hommes de sa famille se déshabillaient pour moi.
— Viens ici. Montre-moi.
Samiha éclata de rire, une main devant sa bouche.
— Oh, Salma, ne l'embarrasse pas comme ça !
Mais Hatim obéit. Il se leva, ses mouvements gauches, et vint se placer devant moi. Il hésita, ses doigts sur sa ceinture. Je hochai la tête, l'encourageant. Il baissa son pantalon, puis son caleçon.
Son sexe était au repos, doux, innocent. Long et mince, replié sur lui-même. Un rire nerveux m'échappa. Samiha se leva, s'approcha.
— Quoi, Salma ? Tu ne sais pas comment réveiller un garçon timide ?
Le défi était lancé. Je m'agenouillai sur le tapis épais. Je pris le membre doux de Hatim dans ma main. Il était tiède, la peau soyeuse. Je le regardai dans les yeux, puis baissai la tête. Je pris le gland dans ma bouche, doucement, et commençai à sucer, ma langue enveloppant la chair, mes lèvres créant une pression douce mais insistante.
Je sentis le changement immédiat. Sous mes lèvres, la chair s'anima, se gonfla, durcit. Le sang afflua, transformant la douceur en une colonne de chair ferme, pulsante. Je le sortis de ma bouche avec un petit bruit de succion.
Et je le vis.
Il était long, presque aussi long que celui de Farid, mais plus épais à la base. Et il était… courbé. Une courbure prononcée vers la droite, comme une banane mûre, ou une serpe, comme l'avait dit Leïla. La peau, tendue à craquer, laissait voir un réseau de veines bleutées. Le gland, en forme de champignon, était d'un rouge violacé intense.
— Mon Dieu, chuchotai-je.
Samiha éclata de rire, s'agenouilla à côté de moi.
— C'est une curiosité, n'est-ce pas ? Mais attends de le sentir. Il touche des endroits… inattendus.
Nous restâmes là, à genoux toutes les deux, à le regarder, à le toucher, à le lécher tour à tour, explorant la courbure, le poids, la chaleur. Hatim restait debout, les yeux fermés, les poings serrés, subissant notre examen avec une tension qui n'était plus de la timidité, mais du désir contenu.
C'est à ce moment que la sonnette retentit.
Je me levai, allai ouvrir.
Saïd était sur le seuil. Il me regarda, nue sous mon peignoir ouvert, puis son regard dépassa mon épaule, dans le salon, où Samiha, maintenant complètement déshabillée, était à genoux devant Hatim dont le sexe courbé pointait vers elle comme une arme étrange.
Un éclair de surprise, puis de compréhension, traversa son regard noir. Il hésita une fraction de seconde sur le pas de la porte.
Je saisis son poignet et le tirai à l'intérieur, refermant la porte derrière nous. Le quatuor était au complet. L'échange des partenaires, le spectacle partagé, pouvait commencer.
L'Association tenait sa première réunion opérationnelle. Et son ordre du jour était écrit dans la chair, la sueur, et le désir croisé de quatre corps qui n'attendaient plus qu'à s'entremêler.
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