L’Immeuble des Plaisirs - Chapitre 3 : Farid, le Remplaçant - L'Ombre du Maître
Récit érotique écrit par Karim Bali [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur .
- • 19 récits publiés.
- • Cote moyenne attribuée par les lecteurs : 0.0 • Cote moyenne attribuée par HDS : 0.0
- • L'ensemble des récits érotiques de Karim Bali ont reçu un total de 45 089 visites.
Cette histoire de sexe a été affichée 276 fois depuis sa publication.
Couleur du fond :
L’Immeuble des Plaisirs - Chapitre 3 : Farid, le Remplaçant - L'Ombre du Maître
Chapitre 3 : Farid, le Remplaçant - L'Ombre du Maître
L'attente fut une torture organique. Trois jours à fonctionner comme un automate, le corps vibrant d'une mémoire interne, l'esprit obsédé par le calendrier. Mercredi. Le mot devint une obsession, battant en moi comme un deuxième pouls. J'effectuais mes tâches avec une précision de somnambule : le petit-déjeuner des enfants, les courses dictées à un Saïd de marbre qui répondait à mes appels avec une froideur professionnelle parfaite, les soirées avec mon mari dont la présence me semblait soudain aussi réelle que celle d'un meuble.
La veille au soir, je ne dormis pas. J'étais allongée à côté de l'homme que j'avais épousé, écoutant son souffle régulier, et mon propre corps était une chambre d'échos. Entre mes cuisses, une pulsation sourde, insistante, un vide qui appelait son antidote de chair et de violence. À l'aube, après son départ, je restai au lit, les draps froids enroulés autour de moi, guettant le son de l'ascenseur, le pas dans le couloir.
Neuf heures sonnèrent. Rien.
Neuf heures dix. Le silence de l'appartement devint oppressant.
Neuf heures vingt. La panique, froide et acide, monta dans ma gorge. Et s'il ne venait pas ? Et s'il avait changé d'avis ? Et si cette porte, une fois ouverte, ne devait plus jamais se refermer sur lui ?
Je me levai, nue, arpentant le salon. Ma peau picotait de frustration. J'avais préparé mon corps comme un autel. Je l'avais lavé, parfumé, rasé. J'étais prête pour le sacrifice, et le prêtre faisait défaut.
À neuf heures trente-cinq précises, la sonnette retentit. Mon cœur fit un bond sauvage. Je me précipitai, oubliant toute retenue, et ouvris la porte.
Ce ne fut pas Saïd qui se tenait sur le seuil.
L'homme était plus jeune, vingt-cinq ans peut-être. Plus mince, moins massif que Saïd, avec des épaules étroites et un visage aux traits fins, presque délicats, que des heures au soleil avaient doré. Il portait le même uniforme bleu marine, trop grand pour lui, et souriait d'un sourire ambigu, à la fois timide et impertinent. Ses yeux, d'un vert pâle et transparent comme de l'eau de mer en eaux peu profondes, me dévisagèrent sans baisser le regard, prenant acte de ma nudité avec une curiosité clinique.
— Bonjour, madame Salma. Puis-je vous être utile ?
Sa voix était plus haute, moins rauque que celle de Saïd. L'accent était le même, traînant, populaire.
La déception fut un coup de poing dans le ventre. Je reculai d'un pas, croisant les bras sur ma poitrine dans un geste de pudeur tardif.
— Qui êtes-vous ? Où est Saïd ?
— Farid, madame. Son cousin. Saïd a dû se rendre dans son village pour une affaire de famille. Il pourrait être absent un mois. Il m'a chargé de m'occuper de vous.
Il prononça le verbe « s'occuper » avec une douceur particulière, laissant planer l'équivoque comme une odeur. Il était toujours sur le pas de la porte, son regard balayant maintenant l'appartement derrière moi, puis revenant se planter entre mes jambes.
— Chargé de vous occuper ? répétai-je, la gorge serrée. Que voulez-vous dire exactement ? Que vous a-t-il dit ?
Farid avança d'un pas, franchissant le seuil sans invitation. Je reculai encore. Il referma la porte derrière lui d'un mouvement tranquille. L'espace de l'entrée sembla rétrécir, envahi par sa présence plus discrète mais tout aussi tangible.
— Il m'a tout dit, madame. Que vous aviez besoin de deux séances chaque mercredi matin. Que vous étiez… exigeante. Il m'a montré l'endroit.
Son regard glissa vers le coin du salon, l'endroit précis où Saïd m'avait prise pour la première fois. Une vague de chaleur m'envahit, moitié honte, moitié excitation ravivée. Il savait. Cet inconnu aux yeux clairs connaissait les détails de ma déchéance. Il avait reçu des instructions.
— Et vous croyez pouvoir… le remplacer ? dis-je, un défi dans la voix.
Farid avança encore, réduisant la distance entre nous à moins d'un mètre. Je pouvais sentir son odeur maintenant : moins âpre que celle de Saïd, un mélange de lessive bon marché et de jeune homme en sueur.
— Chaque homme est différent, madame. Mais je peux vous garantir votre satisfaction. Si vous le souhaitez, je suis à votre disposition aujourd'hui.
Il disait cela avec un calme déconcertant, comme s'il proposait de réparer un robinet. Ses yeux verts ne quittaient pas les miens, attendant ma décision. En moi, la bataille faisait rage. La loyauté envers Saïd, cette notion absurde, se heurtait à la frustration physique qui me tordait les entrailles. Un mois sans lui ? Impossible. Mon corps crierait famine.
Le désir, comme toujours, fut le plus fort. Il avait la force d'une addiction en manque.
— Entrez, dis-je d'une voix neutre.
Je tournai le dos et marchai vers le salon, consciente du regard qui suivait le balancement de mes hanches, la courbe de mes fesses. Je m'arrêtai au centre de la pièce, me retournai face à lui. Il s'était avancé, se tenant maintenant à l'endroit rituel, près du canapé.
— Montrez-moi, ordonnai-je.
Un sourcil se leva, légèrement amusé.
— Montrer quoi, madame ?
— Ne jouez pas. Vous savez. Montrez-moi ce que vous avez. Montrez-moi si vous valez la peine d'attendre.
Un sourire lent étira ses lèvres. Il hocha la tête, et sans un mot, commença le rituel. Il défit sa ceinture avec des mouvements plus vifs, moins théâtraux que Saïd. Il baissa son pantalon, puis son caleçon. Son sexe apparut.
Il était au repos, flasque, modeste. Long et mince, comme le reste de lui, avec une couronne rose et un réseau de veines bleutées sous une peau fine. Rien à voir avec la massue monstrueuse de son cousin. Un rire nerveux, presque hystérique, m'échappa.
— La différence… semble énorme, Farid. En êtes-vous sûr ?
Il ne parut pas offensé. Il prit son membre dans une main et commença à le caresser doucement, sans quitter mon regard. Sous mes yeux, la chair inerte se métamorphosa. Elle se gonfla, durcit, s'allongea. Ce ne fut pas une érection, ce fut une transformation. En quelques secondes, il tenait en main un sexe imposant, presque aussi long que celui de Saïd, mais plus fin, plus élancé, comme une lame courbe. La peau s'était tendue, luisante, et le gland, violacé et turgescent, semblait disproportionné, une tête de serpent à l'extrémité d'un fouet.
— Ne vous précipitez pas pour juger, madame, dit-il, sa voix légèrement altérée. L'apparence n'est pas tout. C'est l'usage qui compte.
Intriguée malgré moi, je m'approchai. L'odeur de son désir montait, musquée, différente. Je m'agenouillai devant lui, sur le parquet froid. Je pris son sexe dans ma main. Il était brûlant, vibrant comme un câble sous tension. La texture était plus lisse, plus douce que celle de Saïd.
— En apparence, oui, murmurai-je. Mais voyons comment vous vous en servez.
Je collai mes lèvres sur le gland, goûtant le goût salé, propre. Puis j'ouvris la bouche et l'engloutis. Il était plus facile à prendre, sa finesse relative me permettant de l'encaisser plus profondément. Je me mis à le sucer avec application, ma langue explorant le sillon, léchant le frein, pressant la veine principale. Ma main masturbait la base, mes doigts rencontrant ses testicules tendus, ronds et durs comme des billes dans leur sac de peau.
Farid laissa échapper un soupir. Sa main vint se poser sur ma tête, non pour pousser, mais pour caresser mes cheveux, doucement, presque avec tendresse. Le contraste avec la brutalité de Saïd était troublant.
— Bien, madame, très bien, murmura-t-il.
Je continuai, prenant un rythme régulier, aspirant, léchant, ma propre excitation montant au rythme de la dureté croissante dans ma bouche. Je sentais le pré-éjaculé, sucré et métallique, perler à l'extrémité. Je le recueillis sur ma langue.
Soudain, il se retira. Avant que je ne proteste, il se pencha, m'attrapa sous les bras et me souleva comme une poupée. Il me porta jusqu'au canapé, m'allongea sur le dos. Ses mains, plus fines et plus agiles que celles de Saïd, se posèrent sur mes chevilles, les écartant sans ménagement. Il s'agenouilla entre mes jambes ouvertes.
— Laissez-moi vous préparer, madame. Le plaisir est un art qui se mérite.
Il baissa la tête. Sa bouche se posa sur mon sexe.
Ce fut une révélation. Là où Saïd léchait avec la force brute d'un animal, Farid utilisait sa langue avec une précision chirurgicale. Il ne couvrait pas toute la zone, il se concentrait. Le bout pointu, agile, trouva mon clitoris et se mit à le titiller avec des pressions minuscules, rapides comme un battement d'aile. Puis il passa à des mouvements lents, circulaires, enveloppants. Une main se glissa sous mes fesses, soulevant mon bassin, tandis que deux doigts de l'autre main trouvaient mon entrée et s'y enfonçaient, doucement, avec des mouvements de va-et-vient qui cherchaient un angle précis.
Un gémissement long, tremblant, s'échappa de mes lèvres. Ce n'était pas le plaisir assommant de Saïd, c'était une torture exquise, une construction lente et savante. Il jouait de mon corps comme d'un instrument, connaissant chaque corde sensible. Ses doigts en moi cherchaient, trouvaient, pressaient un point profond qui fit jaillir un cri de ma gorge.
— Là ? demanda-t-il, sa voix murmurante contre ma chair.
— Oui… oh mon Dieu, oui…
Il insista, massant cette zone magique de l'intérieur tandis que sa langue s'acharnait sur mon clitoris à l'extérieur. Les sensations se multipliaient, se superposaient. J'étais prise dans un filet de plaisir de plus en plus serré. Mon dos se cambrait, mes mains s'agrippaient aux coussins du canapé.
— S'il te plaît… maintenant… mets-le en moi… suppliai-je, ma voix n'était plus qu'un souffle rauque.
Il leva la tête. Son visage était luisant de mes sécrétions. Ses yeux verts brillaient d'une satisfaction sombre.
— Comme vous voulez, madame.
Il se leva, sa silhouette se découpant devant la fenêtre. Il prit son sexe en main, le dirigea vers mon ouverture ruisselante. Il frotta le gland contre mes lèvres, les écartant, les humidifiant.
— Dites-moi si je vais trop vite.
Puis il poussa.
L'entrée fut une douleur différente. Non plus un déchirement, mais un étirement intense, prolongé. Sa finesse lui permettait de s'insinuer plus profondément, plus directement, cherchant des recoins que la massue de Saïd ne faisait qu'effleurer. Il avançait par petites poussées contrôlées, s'arrêtant à chaque fois que je crispais, attendant que je me relâche.
Quand il fut entièrement en moi, il s'immobilisa. Sa respiration était calme, mesurée. Il me regarda, comme pour évaluer mon état.
— Ça va ?
Je ne pus que hocher la tête, la bouche ouverte, les yeux écarquillés. La plénitude était là, mais la sensation était radicalement autre. C'était comme être pénétrée par une lame fine et brûlante, qui atteignait le centre même de mon être.
— Maintenant, dit-il doucement. Détendez-vous. Laissez-moi faire.
Il commença à bouger. Lentement d'abord, des allers-retours courts qui frottaient juste l'entrée, me faisant frémir à chaque contact. Puis les coups devinrent plus amples, plus profonds. Il ne pilonnait pas. Il fouillait. Chaque poussée était ajustée, cherchant un angle, une réponse. Il variait le rythme : trois coups lents, un coup rapide, deux coups profonds, une pause. Il jouait avec mon corps, l'observant réagir, adaptant sa stratégie.
Le plaisir qui montait en moi n'était pas une vague, mais une marée qui grimpait lentement, irrésistiblement, innervant chaque cellule. Je n'étais plus passive. Je répondais à ses mouvements, levant les hanches, me tordant, cherchant à approfondir le contact. Mes mains se portèrent à ses fesses, l'attirant plus fort contre moi.
— Plus fort, Farid… plus profond… Nikni (Baise-moi)
Il obéit. Sa respiration s'accéléra. La maîtrise commençait à craquer. Son rythme devint plus régulier, plus puissant. La lame fouillait, creusait, touchait des zones si profondes que je crus qu'il allait me transpercer. Je hurlais, des mots incohérents, des supplications, des injures.
Je sentis le moment où il perdit le contrôle. Ses mouvements devinrent erratiques, frénétiques. Son visage, si calme, se tordit en une grimace de possession sauvage. Il s'enfonça une dernière fois, à fond, et je sentis son sexe gonfler, palpiter, puis la décharge chaude, pulsatile, au plus profond de mon ventre.
Ce fut le déclencheur. Mon propre orgasme arriva comme un effondrement, silencieux d'abord, puis explosant en une série de spasmes violents qui me firent crier, mes muscles vaginaux se contractant en vagues successives, pressant, aspirant son membre qui était encore en train de déverser sa semence.
Il resta en moi, pantelant, son poids partiel sur moi. Sa sueur tombait sur ma poitrine en gouttes chaudes. Je sentais chaque dernière pulsation de lui en moi, chaque goutte chaude.
Longtemps après, il se retira. Le vide fut immédiat, aigu. Je le regardai se relever, son sexe luisant de nos fluides mêlés, ramollissant déjà. Il alla à la salle de bain sans un mot. Quand il revint, il était propre, habillé. Il se tenait près de la porte, aussi calme qu'à son arrivée.
— Y a-t-il autre chose, madame ?
Je restai allongée sur le canapé, les jambes écartées, incapable de bouger, le corps encore secoué de soubresauts post-orgasmiques. Le plaisir avait été différent. Moins écrasant, plus intelligent. Mais il était là. Et l'addiction, vorace, avait déjà intégré cette nouvelle variable.
— Mercredi prochain ? demandai-je, ma voix éraillée.
— Si vous le souhaitez. Je serai là.
Il inclina la tête, ouvrit la porte, et sortit.
Je restai seule, le corps imprégné d'un homme différent, l'esprit encombré d'une comparaison déjà naissante. Farid n'était pas un remplaçant. C'était une variation. Une nouvelle saveur pour mon palais corrompu. Et en le voyant partir, je savais déjà que j'en voudrais plus. Que j'aurais les deux. Saïd et son ombre. Le maître et l'élève. Le marteau et la lame.
L'addiction, décidément, ne connaissait pas la satiété. Elle ne connaissait que l'expansion.
L'attente fut une torture organique. Trois jours à fonctionner comme un automate, le corps vibrant d'une mémoire interne, l'esprit obsédé par le calendrier. Mercredi. Le mot devint une obsession, battant en moi comme un deuxième pouls. J'effectuais mes tâches avec une précision de somnambule : le petit-déjeuner des enfants, les courses dictées à un Saïd de marbre qui répondait à mes appels avec une froideur professionnelle parfaite, les soirées avec mon mari dont la présence me semblait soudain aussi réelle que celle d'un meuble.
La veille au soir, je ne dormis pas. J'étais allongée à côté de l'homme que j'avais épousé, écoutant son souffle régulier, et mon propre corps était une chambre d'échos. Entre mes cuisses, une pulsation sourde, insistante, un vide qui appelait son antidote de chair et de violence. À l'aube, après son départ, je restai au lit, les draps froids enroulés autour de moi, guettant le son de l'ascenseur, le pas dans le couloir.
Neuf heures sonnèrent. Rien.
Neuf heures dix. Le silence de l'appartement devint oppressant.
Neuf heures vingt. La panique, froide et acide, monta dans ma gorge. Et s'il ne venait pas ? Et s'il avait changé d'avis ? Et si cette porte, une fois ouverte, ne devait plus jamais se refermer sur lui ?
Je me levai, nue, arpentant le salon. Ma peau picotait de frustration. J'avais préparé mon corps comme un autel. Je l'avais lavé, parfumé, rasé. J'étais prête pour le sacrifice, et le prêtre faisait défaut.
À neuf heures trente-cinq précises, la sonnette retentit. Mon cœur fit un bond sauvage. Je me précipitai, oubliant toute retenue, et ouvris la porte.
Ce ne fut pas Saïd qui se tenait sur le seuil.
L'homme était plus jeune, vingt-cinq ans peut-être. Plus mince, moins massif que Saïd, avec des épaules étroites et un visage aux traits fins, presque délicats, que des heures au soleil avaient doré. Il portait le même uniforme bleu marine, trop grand pour lui, et souriait d'un sourire ambigu, à la fois timide et impertinent. Ses yeux, d'un vert pâle et transparent comme de l'eau de mer en eaux peu profondes, me dévisagèrent sans baisser le regard, prenant acte de ma nudité avec une curiosité clinique.
— Bonjour, madame Salma. Puis-je vous être utile ?
Sa voix était plus haute, moins rauque que celle de Saïd. L'accent était le même, traînant, populaire.
La déception fut un coup de poing dans le ventre. Je reculai d'un pas, croisant les bras sur ma poitrine dans un geste de pudeur tardif.
— Qui êtes-vous ? Où est Saïd ?
— Farid, madame. Son cousin. Saïd a dû se rendre dans son village pour une affaire de famille. Il pourrait être absent un mois. Il m'a chargé de m'occuper de vous.
Il prononça le verbe « s'occuper » avec une douceur particulière, laissant planer l'équivoque comme une odeur. Il était toujours sur le pas de la porte, son regard balayant maintenant l'appartement derrière moi, puis revenant se planter entre mes jambes.
— Chargé de vous occuper ? répétai-je, la gorge serrée. Que voulez-vous dire exactement ? Que vous a-t-il dit ?
Farid avança d'un pas, franchissant le seuil sans invitation. Je reculai encore. Il referma la porte derrière lui d'un mouvement tranquille. L'espace de l'entrée sembla rétrécir, envahi par sa présence plus discrète mais tout aussi tangible.
— Il m'a tout dit, madame. Que vous aviez besoin de deux séances chaque mercredi matin. Que vous étiez… exigeante. Il m'a montré l'endroit.
Son regard glissa vers le coin du salon, l'endroit précis où Saïd m'avait prise pour la première fois. Une vague de chaleur m'envahit, moitié honte, moitié excitation ravivée. Il savait. Cet inconnu aux yeux clairs connaissait les détails de ma déchéance. Il avait reçu des instructions.
— Et vous croyez pouvoir… le remplacer ? dis-je, un défi dans la voix.
Farid avança encore, réduisant la distance entre nous à moins d'un mètre. Je pouvais sentir son odeur maintenant : moins âpre que celle de Saïd, un mélange de lessive bon marché et de jeune homme en sueur.
— Chaque homme est différent, madame. Mais je peux vous garantir votre satisfaction. Si vous le souhaitez, je suis à votre disposition aujourd'hui.
Il disait cela avec un calme déconcertant, comme s'il proposait de réparer un robinet. Ses yeux verts ne quittaient pas les miens, attendant ma décision. En moi, la bataille faisait rage. La loyauté envers Saïd, cette notion absurde, se heurtait à la frustration physique qui me tordait les entrailles. Un mois sans lui ? Impossible. Mon corps crierait famine.
Le désir, comme toujours, fut le plus fort. Il avait la force d'une addiction en manque.
— Entrez, dis-je d'une voix neutre.
Je tournai le dos et marchai vers le salon, consciente du regard qui suivait le balancement de mes hanches, la courbe de mes fesses. Je m'arrêtai au centre de la pièce, me retournai face à lui. Il s'était avancé, se tenant maintenant à l'endroit rituel, près du canapé.
— Montrez-moi, ordonnai-je.
Un sourcil se leva, légèrement amusé.
— Montrer quoi, madame ?
— Ne jouez pas. Vous savez. Montrez-moi ce que vous avez. Montrez-moi si vous valez la peine d'attendre.
Un sourire lent étira ses lèvres. Il hocha la tête, et sans un mot, commença le rituel. Il défit sa ceinture avec des mouvements plus vifs, moins théâtraux que Saïd. Il baissa son pantalon, puis son caleçon. Son sexe apparut.
Il était au repos, flasque, modeste. Long et mince, comme le reste de lui, avec une couronne rose et un réseau de veines bleutées sous une peau fine. Rien à voir avec la massue monstrueuse de son cousin. Un rire nerveux, presque hystérique, m'échappa.
— La différence… semble énorme, Farid. En êtes-vous sûr ?
Il ne parut pas offensé. Il prit son membre dans une main et commença à le caresser doucement, sans quitter mon regard. Sous mes yeux, la chair inerte se métamorphosa. Elle se gonfla, durcit, s'allongea. Ce ne fut pas une érection, ce fut une transformation. En quelques secondes, il tenait en main un sexe imposant, presque aussi long que celui de Saïd, mais plus fin, plus élancé, comme une lame courbe. La peau s'était tendue, luisante, et le gland, violacé et turgescent, semblait disproportionné, une tête de serpent à l'extrémité d'un fouet.
— Ne vous précipitez pas pour juger, madame, dit-il, sa voix légèrement altérée. L'apparence n'est pas tout. C'est l'usage qui compte.
Intriguée malgré moi, je m'approchai. L'odeur de son désir montait, musquée, différente. Je m'agenouillai devant lui, sur le parquet froid. Je pris son sexe dans ma main. Il était brûlant, vibrant comme un câble sous tension. La texture était plus lisse, plus douce que celle de Saïd.
— En apparence, oui, murmurai-je. Mais voyons comment vous vous en servez.
Je collai mes lèvres sur le gland, goûtant le goût salé, propre. Puis j'ouvris la bouche et l'engloutis. Il était plus facile à prendre, sa finesse relative me permettant de l'encaisser plus profondément. Je me mis à le sucer avec application, ma langue explorant le sillon, léchant le frein, pressant la veine principale. Ma main masturbait la base, mes doigts rencontrant ses testicules tendus, ronds et durs comme des billes dans leur sac de peau.
Farid laissa échapper un soupir. Sa main vint se poser sur ma tête, non pour pousser, mais pour caresser mes cheveux, doucement, presque avec tendresse. Le contraste avec la brutalité de Saïd était troublant.
— Bien, madame, très bien, murmura-t-il.
Je continuai, prenant un rythme régulier, aspirant, léchant, ma propre excitation montant au rythme de la dureté croissante dans ma bouche. Je sentais le pré-éjaculé, sucré et métallique, perler à l'extrémité. Je le recueillis sur ma langue.
Soudain, il se retira. Avant que je ne proteste, il se pencha, m'attrapa sous les bras et me souleva comme une poupée. Il me porta jusqu'au canapé, m'allongea sur le dos. Ses mains, plus fines et plus agiles que celles de Saïd, se posèrent sur mes chevilles, les écartant sans ménagement. Il s'agenouilla entre mes jambes ouvertes.
— Laissez-moi vous préparer, madame. Le plaisir est un art qui se mérite.
Il baissa la tête. Sa bouche se posa sur mon sexe.
Ce fut une révélation. Là où Saïd léchait avec la force brute d'un animal, Farid utilisait sa langue avec une précision chirurgicale. Il ne couvrait pas toute la zone, il se concentrait. Le bout pointu, agile, trouva mon clitoris et se mit à le titiller avec des pressions minuscules, rapides comme un battement d'aile. Puis il passa à des mouvements lents, circulaires, enveloppants. Une main se glissa sous mes fesses, soulevant mon bassin, tandis que deux doigts de l'autre main trouvaient mon entrée et s'y enfonçaient, doucement, avec des mouvements de va-et-vient qui cherchaient un angle précis.
Un gémissement long, tremblant, s'échappa de mes lèvres. Ce n'était pas le plaisir assommant de Saïd, c'était une torture exquise, une construction lente et savante. Il jouait de mon corps comme d'un instrument, connaissant chaque corde sensible. Ses doigts en moi cherchaient, trouvaient, pressaient un point profond qui fit jaillir un cri de ma gorge.
— Là ? demanda-t-il, sa voix murmurante contre ma chair.
— Oui… oh mon Dieu, oui…
Il insista, massant cette zone magique de l'intérieur tandis que sa langue s'acharnait sur mon clitoris à l'extérieur. Les sensations se multipliaient, se superposaient. J'étais prise dans un filet de plaisir de plus en plus serré. Mon dos se cambrait, mes mains s'agrippaient aux coussins du canapé.
— S'il te plaît… maintenant… mets-le en moi… suppliai-je, ma voix n'était plus qu'un souffle rauque.
Il leva la tête. Son visage était luisant de mes sécrétions. Ses yeux verts brillaient d'une satisfaction sombre.
— Comme vous voulez, madame.
Il se leva, sa silhouette se découpant devant la fenêtre. Il prit son sexe en main, le dirigea vers mon ouverture ruisselante. Il frotta le gland contre mes lèvres, les écartant, les humidifiant.
— Dites-moi si je vais trop vite.
Puis il poussa.
L'entrée fut une douleur différente. Non plus un déchirement, mais un étirement intense, prolongé. Sa finesse lui permettait de s'insinuer plus profondément, plus directement, cherchant des recoins que la massue de Saïd ne faisait qu'effleurer. Il avançait par petites poussées contrôlées, s'arrêtant à chaque fois que je crispais, attendant que je me relâche.
Quand il fut entièrement en moi, il s'immobilisa. Sa respiration était calme, mesurée. Il me regarda, comme pour évaluer mon état.
— Ça va ?
Je ne pus que hocher la tête, la bouche ouverte, les yeux écarquillés. La plénitude était là, mais la sensation était radicalement autre. C'était comme être pénétrée par une lame fine et brûlante, qui atteignait le centre même de mon être.
— Maintenant, dit-il doucement. Détendez-vous. Laissez-moi faire.
Il commença à bouger. Lentement d'abord, des allers-retours courts qui frottaient juste l'entrée, me faisant frémir à chaque contact. Puis les coups devinrent plus amples, plus profonds. Il ne pilonnait pas. Il fouillait. Chaque poussée était ajustée, cherchant un angle, une réponse. Il variait le rythme : trois coups lents, un coup rapide, deux coups profonds, une pause. Il jouait avec mon corps, l'observant réagir, adaptant sa stratégie.
Le plaisir qui montait en moi n'était pas une vague, mais une marée qui grimpait lentement, irrésistiblement, innervant chaque cellule. Je n'étais plus passive. Je répondais à ses mouvements, levant les hanches, me tordant, cherchant à approfondir le contact. Mes mains se portèrent à ses fesses, l'attirant plus fort contre moi.
— Plus fort, Farid… plus profond… Nikni (Baise-moi)
Il obéit. Sa respiration s'accéléra. La maîtrise commençait à craquer. Son rythme devint plus régulier, plus puissant. La lame fouillait, creusait, touchait des zones si profondes que je crus qu'il allait me transpercer. Je hurlais, des mots incohérents, des supplications, des injures.
Je sentis le moment où il perdit le contrôle. Ses mouvements devinrent erratiques, frénétiques. Son visage, si calme, se tordit en une grimace de possession sauvage. Il s'enfonça une dernière fois, à fond, et je sentis son sexe gonfler, palpiter, puis la décharge chaude, pulsatile, au plus profond de mon ventre.
Ce fut le déclencheur. Mon propre orgasme arriva comme un effondrement, silencieux d'abord, puis explosant en une série de spasmes violents qui me firent crier, mes muscles vaginaux se contractant en vagues successives, pressant, aspirant son membre qui était encore en train de déverser sa semence.
Il resta en moi, pantelant, son poids partiel sur moi. Sa sueur tombait sur ma poitrine en gouttes chaudes. Je sentais chaque dernière pulsation de lui en moi, chaque goutte chaude.
Longtemps après, il se retira. Le vide fut immédiat, aigu. Je le regardai se relever, son sexe luisant de nos fluides mêlés, ramollissant déjà. Il alla à la salle de bain sans un mot. Quand il revint, il était propre, habillé. Il se tenait près de la porte, aussi calme qu'à son arrivée.
— Y a-t-il autre chose, madame ?
Je restai allongée sur le canapé, les jambes écartées, incapable de bouger, le corps encore secoué de soubresauts post-orgasmiques. Le plaisir avait été différent. Moins écrasant, plus intelligent. Mais il était là. Et l'addiction, vorace, avait déjà intégré cette nouvelle variable.
— Mercredi prochain ? demandai-je, ma voix éraillée.
— Si vous le souhaitez. Je serai là.
Il inclina la tête, ouvrit la porte, et sortit.
Je restai seule, le corps imprégné d'un homme différent, l'esprit encombré d'une comparaison déjà naissante. Farid n'était pas un remplaçant. C'était une variation. Une nouvelle saveur pour mon palais corrompu. Et en le voyant partir, je savais déjà que j'en voudrais plus. Que j'aurais les deux. Saïd et son ombre. Le maître et l'élève. Le marteau et la lame.
L'addiction, décidément, ne connaissait pas la satiété. Elle ne connaissait que l'expansion.
→ Qu'avez-vous pensé de cette histoire ??? Donnez votre avis...
→ Autres histoires érotiques publiées par Karim Bali
3 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Je ne suis pas 1 lecteur mais 1 lectrice, je redonne mon humble avis, Karim aurait mérité 1 fin differente. Le plus qui s'est berner c'est lui , son ex femme n'était pas tant amoureuse que ça vu comme elle s'en bas les couilles.
HDS a refusé de publier les 2 premiers chapitres sans aucun motif motivé. Avec cette troncature, le récit n'a plus aucun sens. Je demande officiellement à HDS de publier l'intégralité ou de le supprimer.
Pourquoi on passe au 3 cash, ou sont les 1 et 2 ?
Merci de répondre à vos lecteurs.
Merci de répondre à vos lecteurs.
