L’Immeuble des Plaisirs - Chapitre 5 : Le Quatuor

- Par l'auteur HDS Karim Bali -
Récit érotique écrit par Karim Bali [→ Accès à sa fiche auteur]
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Récit libertin : L’Immeuble des Plaisirs - Chapitre 5 : Le Quatuor Histoire érotique Publiée sur HDS le 30-03-2026 dans la catégorie Entre-nous, hommes et femmes
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L’Immeuble des Plaisirs - Chapitre 5 : Le Quatuor
Chapitre 5 : Le Quatuor

Ce fut mon mari, dans l'innocence bureaucratique de son appel, qui scella notre communion. Sa voix, grise et pressée, filtrait du combiné.

— Le téléphone de Nebila ne répond pas. Son mari est en déplacement avec moi jusqu'à ce soir. Peux-tu monter lui transmettre ce message ? C'est urgent.

J'acquiesçai, un sourire étrange aux lèvres. Nebila. La voisine du dessus. Trente-cinq ans, une beauté à l'ancienne – peau de lait, hanches généreuses, cheveux noirs comme la résine. Une déesse discrète dont le mari, justement, partageait souvent les déplacements professionnels du mien. Nos vies étaient des reflets décalés : mêmes maris absents, mêmes enfants à l'école, mêmes après-midis vides à meubler.

À dix heures précises, je sonnai à sa porte. L'attente fut anormalement longue. Je sonnai de nouveau, plus longuement. Enfin, une voix étouffée, essoufflée, traversa le bois.

— Qui est là ?

— C'est Salma ! Ouvre, c'est important !

Un nouveau silence, puis, teintée d'une panique mal dissimulée :

— Tu es seule ?

L'absurdité de la question, dans cet immeuble où les visites entre voisines étaient monnaie courante, fit naître en moi une intuition instantanée, foudroyante. Mon cœur se mit à battre à un rythme sauvage, non d'anxiété, mais d'excitation prémonitoire.

— Bien sûr que je suis seule ! Ouvrez cette porte, Nebila !

Le loquet tourna, lentement. La porte s'entrouvrit à peine, suffisamment pour révéler un œil agrandi par la peur, des cheveux en désordre. Sans attendre son invitation, je poussai le battant d'un coup d'épaule décidé et franchis le seuil.

Le choc fut immédiat, sensoriel avant d'être visuel.

L'air était saturé d'une odeur que je connaissais intimement, que mon propre appartement exhalait chaque mercredi et samedi matin : un mélange de sueur masculine aigre, de sexe musqué, de savon cheap et de quelque chose de plus animal, de territorial. L'odeur de l'adultère en cours.

Nebila se tenait là, enveloppée dans un peignoir de soie bleu pâle, mal noué. Son visage était écarlate, pas du sommeil, mais de l'effort. Des mèches de cheveux collaient à ses tempes moites. Son souffle était court, saccadé, celui d'une femme qui vient de courir, ou de jouir.

— Salma… je… je dormais… je n’ai pas entendu…

Son regard fuyait le mien, se posant sur un point derrière moi, dans le salon. Mon œil suivit le sien.

Sur le dossier du canapé, un uniforme bleu marine était jeté en boule. Pas n'importe quel uniforme. Celui des gardiens. Et à ses pieds, un caleçon blanc, familier dans sa coupe modeste. Je reconnus la façon dont la ceinture était bouclée, lâche. C'était sa manière. Farid.

Une certitude absolue, calme et terrible, m'envahit. Ce n'était pas une supposition. C'était une connaissance viscérale, celle qui unit les initiés d'un même culte secret.

— Ton mari a appelé le bureau, dis-je, ma voix étrangement neutre. Il ne pourra pas te joindre avant ce soir. Il voulait que tu le saches.

— Merci, merci beaucoup, balbutia-t-elle en se rapprochant de la porte, dans une pantomime transparente de congédiement. Je vais… je vais me recoucher, je ne me sens pas très bien.

C'est alors que je la vis. Une traînée nacrée, visqueuse, qui serpentait depuis l'intérieur de sa cuisse, glissant sur sa peau laiteuse pour disparaître sous le bord de son peignoir. Du sperme. Frais. Encore chaud, sans doute. Il y en avait une autre, plus épaisse, collant quelques poils pubiens dorés.

Le spectacle de cette semence coulant sur la chair d'une autre femme, semence qui aurait pu être celle de mon amant, provoqua en moi un vertige de jalousie, de curiosité et d'une solidarité obscène. Je ne bougeai pas.

— Je meurs de soif, Nebila. Un verre d’eau, s’il te plaît.

Elle hésita, déchirée entre le désir de me faire partir et les lois élémentaires de l'hospitalité. Finalement, elle hocha la tête, nerveuse.

— Bien sûr… la cuisine… par là.

Elle se dirigea vers un couloir. Je la suivis, mais au lieu d'emboîter son pas vers la cuisine, je tournai brusquement à gauche, vers la porte fermée de ce qui devait être la chambre. J'en avais assez vu des appartements identiques au mien pour connaître le plan.

— Non ! hurla-t-elle derrière moi, panique pure dans la voix. Salma, attends ! La chambre n’est pas rangée !

Sa main agrippa mon bras. Je me dégageai d'une secousse et poussai la porte.

La scène qui s'offrit à moi était d'une intimité violente, volée.

Farid était allongé en travers du lit king-size, nu, complètement à l'aise. La lumière du matin filtrant à travers les stores le baignait d'une clarté crue. Il n'était pas endormi. Une main était passée derrière sa tête, l'autre, lentement, nonchalamment, caressait son sexe qui, bien que détendu, restait une chose imposante, longue et lisse contre sa cuisse. Il tourna la tête vers la porte, et son regard vert croisa le mien. Il ne sursauta pas. Il n'eut même pas l'air surpris. Une simple lueur d'intérêt, puis un petit sourire presque narquois, passa sur ses traits.

— Salut, madame Salma, dit-il, comme s'il me croisait dans l'ascenseur.

Derrière moi, Nebila émit un son étranglé. Je me retournai. Son visage était d'une pâleur de cire. Ses yeux, rivés sur Farid paisiblement allongé, puis sur moi, comprirent que le secret était éventré. Son peignoir, dans le mouvement, s'était entrouvert, révélant la courbe parfaite d'un sein lourd, le monticule doré de son ventre, et, entre ses cuisses écartées par la posture de choc, la toison blonde et touffue, luisante et maculée.

Elle vacilla. Ses yeux roulèrent vers le plafond. Un souffle rauque s'échappa de ses lèvres, et elle s'effondra comme une masse, le peignoir s'ouvrant complètement dans sa chute, la dévoilant entièrement à nos regards. Elle gisait à mes pieds, nue, inconsciente, le corps encore marqué des séquelles de l'amour – des rougeurs sur les hanches, la marque de dents sur une cuisse, le sexe légèrement tuméfié, ouvert, béant.

Un silence de plomb s'abattit, rompu seulement par le ronronnement lointain de l'ascenseur. Farid, sur le lit, avait cessé de se caresser. Il s'assit, sans hâte.

— Elle a toujours été un peu dramatique, commenta-t-il avec un léger haussement d'épaules.

Puis il se leva, sa nudité magnifique et indifférente se déployant dans la pièce. Il s'approcha, s'agenouilla près du corps inerte de Nebila, et lui souleva la tête.

— Va chercher de l’eau. Et un peu de sucre, si elle en a.

Je restai figée, hypnotisée par le spectacle : Farid, nu, musclé, penché sur le corps offert de Nebila, ses mains expertes lui tapotant les joues. Deux amants que je partageais, l'un conscient, l'autre évanoui, réunis dans une scène surréelle.

Je finis par me secouer, allai à la cuisine, trouvai un verre d'eau et un morceau de sucre. Quand je revins, Farid avait pris un flacon de parfum sur la coiffeuse et le passait sous les narines de Nebila. Elle gémit, ses paupières battirent.

Ses yeux s'ouvrirent, vitreux d'abord, puis la conscience y revint, et avec elle, la honte, la terreur. Son regard sauta de Farid à moi, et une lucidité cinglante y brilla soudain. Elle ne se recroquevilla pas, ne tenta pas de se couvrir. Elle resta allongée, nue, vulnérable, et me fixa.

— Toi aussi, Salma… souffla-t-elle, sa voix rauque mais claire. Tu fais partie… de l’Association ?

Le mot tomba entre nous comme une clé dans une serrure. Association. Je n'avais jamais entendu ce terme, mais sa signification était immédiatement transparente. C'était nous. Les femmes comme nous.

Elle marqua une pause, un sourire triste et cruel aux lèvres.

— C’est vrai, alors ? Farid et Saïd… ils te baisent tous les deux ? Et Saïd, c’est qui, d’abord ? Je ne l’ai jamais vu.

Je réalisai alors que je me tenais là, dans la chambre d'une autre, en présence d'un amant nu, discutant de nos infidélités respectives tandis que la femme à qui j'appartenais était étendue à terre, les cuisses encore luisantes du sperme dudit amant. L'absurdité de la situation, son obscénité totale, me frappa. Et au lieu de l'horreur, ce fut un rire nerveux, incontrôlable, qui monta dans ma gorge. Un rire de libération.

— Oui, admit-je, le rire se mêlant à mes mots. Mais pourquoi ne m’as-tu rien dit, toi, malgré notre amitié ?

Nebila ricana, s'aidant du coude pour se redresser. Farid lui tendit le verre d'eau, qu'elle but à petites gorgées, sans la moindre gêne pour sa nudité.

— Pour la même raison qui t’a empêchée de m’avouer tes propres liaisons. La peur. La honte. Le plaisir de garder un secret trop lourd.

Je m'assis au bord du lit, à côté de Farid. Son odeur, mêlée à celle de Nebila et de la pièce, m'enveloppait. Je me tournai vers lui.

— Tu as fini de la baiser, ou pas ?

Ma question était brutale, directe, sortie d'un endroit en moi que je ne connaissais pas. Farid me regarda, ses yeux verts impassibles. Sa main se posa sur ma cuisse, un contact brûlant et possessif.

— Pas encore, madame Salma. On était sur le point de reprendre du service quand vous avez sonné.

Je regardai Nebila. Elle soutint mon regard, un défi dans ses yeux sombres. Le courant qui passa entre nous n'était plus de la honte, ni même de la complicité. C'était plus profond. C'était la reconnaissance de deux êtres qui avaient choisi la même déchéance, le même pacte avec le diable charnel. Nous étions des soeurs, désormais. Sœurs de boue et de luxure.

Farid, lui, semblait parfaitement à l'aise dans ce triangle incongru. Il se leva, passa derrière Nebila et l'aida à se relever complètement. Elle se tint debout, chancelante mais droite, toujours nue. Farid resta debout derrière elle, ses mains se posant sur ses hanches laiteuses. Il la regardait, puis me regardait, moi assise sur le lit, son membre à hauteur de mon visage, reprenant lentement, insidieusement, sa rigidité.

Le silence n'était plus gênant. Il était chargé de possibilités nouvelles, dangereuses, excitantes. La découverte n'était pas une fin. C'était une porte qui s'ouvrait sur un couloir bien plus sombre, et bien plus vaste, que tout ce que j'avais imaginé.

L'Association venait de recruter un nouveau membre. Et son premier rite d'initiation venait de commencer.

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