Une couronne pour Léandre (2)

- Par l'auteur HDS Tounet39270 -
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Récit libertin : Une couronne pour Léandre (2) Histoire érotique Publiée sur HDS le 28-03-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
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Une couronne pour Léandre (2)
Chapitre 2

Il m’a attiré contre son torse, m’a entouré de ses bras, ses jambes entrelacées aux miennes. Nos corps nus, encore chauds, encore humides.
« Je ne veux plus jamais être loin de toi », a-t-il murmuré dans mes cheveux.
J’ai souri contre sa peau.
« Alors reste. »
Et il est resté toute la nuit, nu dans mes bras, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde.

Le jour filtrait doucement à travers les rideaux quand j’ai émergé. Clément était toujours collé à moi, son torse chaud contre mon dos, son bras passé autour de ma taille comme s’il ne voulait plus jamais me lâcher. Je sentais encore la trace de ses lèvres sur mon épaule, la chaleur de son corps partout sur le mien.
Il a bougé le premier, un baiser léger derrière mon oreille.
« Bonjour, Léandre… » a-t-il murmuré, la voix basse, tendre, encore pleine de sommeil.

Il a glissé ses lèvres dans mon cou, lentement, en resserrant son étreinte. Sa main a caressé mon ventre, puis mon torse, effleurant mes tétons, avant de descendre doucement jusqu’à mon sexe qui s’est aussitôt réveillé sous ses doigts. Derrière moi, il était déjà dur, et il s’est mis à se frotter doucement contre mes fesses, lents mouvements de bassin, presque endormis.
Au bout d’un moment, il a écarté légèrement mes cuisses, a guidé son gland encore humide de la nuit, puis tout son sexe est entré en moi, centimètre par centimètre, sans précipitation. Il a commencé ses allers-retours, profonds, réguliers, en mordillant doucement ma nuque. Je me suis laissé aller, la tête retombée en arrière contre son épaule. Il a tourné mon visage vers lui et a pris mes lèvres dans un baiser long, mouillé, tendre.

Vingt minutes de plaisir lent, de soupirs, de caresses, de gémissements qui montaient doucement dans la pièce silencieuse. Quand il a joui, il s’est enfoncé profondément, un gémissement rauque contre mon cou, ses doigts crispés sur mes hanches, son corps tremblant contre le mien.
On est restés comme ça, lui encore en moi, ses bras autour de moi, des minutes entières de baisers légers et de caresses paresseuses.


Finalement, il s’est retiré doucement, m’a embrassé sur la tempe et s’est allongé sur le dos à côté de moi, un bras sous la nuque, l’autre posé sur mon ventre.
Je me suis tourné vers lui, encore tout étourdi de plaisir.
« Thé ou café ? » ai-je demandé en souriant.
Il a ouvert un œil, un sourire lent et malicieux aux lèvres.
« Café… avec un nuage de lait. »
J’ai ri, je me suis levé d’un bond, encore nu, la peau marquée de ses mains. J’ai attrapé un vieux jogging gris qui traînait par terre et un t-shirt froissé.
« Attends-moi deux minutes, » ai-je dit en enfilant mes baskets sans chaussettes. « Je descends chercher des croissants. La boulangerie ouvre à sept heures pile. »
Il s’est redressé sur un coude, le drap glissé jusqu’à la taille, les cheveux en bataille, magnifique.
« Reviens vite, » a-t-il murmuré, la voix encore rauque. « J’ai pas fini de te dire bonjour… »
J’ai dévalé les escaliers en riant, le cœur battant, les croissants encore chauds dans le sac en papier quand je suis remonté.
Et lui était toujours là, exactement comme je l’avais laissé : nu, souriant, attendant son café avec un nuage de lait et moi.

Je suis remonté essouffler, le sac en papier brûlant contre ma paume, l’odeur de beurre fondu qui embaumait déjà l’escalier étroit. J’ai poussé la porte avec l’épaule.

Clément était assis au bord du lit, le drap négligemment noué autour des hanches, torse nu, cheveux en bataille, une trace de griffure légère sur l’épaule gauche (la mienne, j’en étais fier). Il avait trouvé deux tasses ébréchées dans le placard et faisait chauffer de l’eau dans la bouilloire électrique qui date de Mathusalem. Il s’est retourné en m’entendant entrer, un sourire immense aux lèvres.
« Tu sens le croissant chaud à dix mètres, » a-t-il dit en riant.
J’ai posé le sac sur la petite table pliante qui me sert de tout : bureau, planche à repasser, table à manger. J’ai sorti les six croissants encore fumants, deux pains au chocolat (parce que je suis faible), et j’ai ouvert la fenêtre pour laisser entrer l’air salé du matin de Honfleur.
Clément s’est levé, le drap toujours autour de la taille comme une toge improvisée, et s’est approché par derrière. Il a passé ses bras autour de ma taille, a posé son menton sur mon épaule et a humé profondément.
« Je crois que je n’ai jamais senti quelque chose d’aussi parfait, » a-t-il murmuré contre mon oreille.

J’ai versé l’eau bouillante dans les tasses, ajouté le café soluble, et pour lui, un nuage de lait froid que j’avais gardé au frigo. Il a pris sa tasse à deux mains, comme s’il avait peur de la casser, et a soufflé doucement dessus. On s’est assis par terre, dos contre le lit, les jambes étendues, les croissants posés sur le sac en papier déchiré qui faisait nappe.
Premier croissant : on l’a partagé en deux. Le beurre a coulé sur ses doigts. Il a léché le sien lentement, sans me quitter des yeux, et j’ai senti mon ventre se contracter à nouveau. J’ai fait pareil, exprès. Il a ri, un rire bas, heureux.
« Tu sais que je n’ai pas pris un petit-déjeuner comme ça depuis… jamais ? » a-t-il avoué en mordant dans la pointe dorée. « Chez moi, c’est argent, porcelaine, œufs pochés et silence. Là… c’est juste… toi, moi, du beurre partout et du café dans une tasse Mickey que tu as dû gagner à la fête foraine. »
J’ai regardé la tasse en question : oui, c’était bien Mickey qui faisait un clin d’œil idiot. J’ai éclaté de rire.
« C’est un objet de collection. »
Il a reposé son croissant, s’est penché et m’a embrassé, goût de beurre et de café au lait. Un baiser lent, tendre, presque innocent. Quand il s’est reculé, il avait une miette au coin des lèvres. Je l’ai enlevée avec le pouce, il l’a attrapée avec sa bouche et l’a sucée doucement. J’ai frissonné.
On a continué à manger en silence, parfois en se regardant, parfois en regardant par la fenêtre les toits d’ardoise de Honfleur qui s’éveillaient, les mouettes qui tournaient déjà au-dessus du port. Il a pris un pain au chocolat, l’a coupé en deux, m’en a tendu la moitié. Nos doigts se sont touchés, se sont attardés. Le chocolat a fondu sur ma langue et sur ses lèvres.
À un moment, il a passé sa main dans mes cheveux encore en bataille du sommeil et de la nuit.
« Tu sais ce que je veux faire tous les matins, maintenant ? » a-t-il murmuré.
« Quoi ? »
« Me réveiller contre toi. Descendre acheter des croissants en jogging. Boire un café avec un nuage de lait dans une tasse Mickey. Et t’embrasser avec du beurre sur la bouche. »
J’ai souri tellement fort que j’en ai eu mal aux joues.
« C’est un plan qui me va très bien. »
Il a reposé sa tasse, s’est allongé à moitié sur moi, le drap tombé, et m’a renversé doucement sur le parquet. Un croissant a roulé par terre, on s’en fichait. Il m’a embrassé encore, lentement, longuement, le goût de café et de beurre partout.
Le soleil montait, dorait sa peau nue, dorait les miettes sur le sol, dorait nos corps enlacés, tandis que les cloches de Sainte-Catherine sonnaient doucement au loin.
Et c’était le plus beau petit-déjeuner de toute ma vie.

Le soleil filtrait à travers les rideaux fins de mon petit appartement, jetant des motifs dorés sur le parquet usé. C’était mon jour de repos, ce rare dimanche où je n’avais pas à me lever aux aurores pour le service du brunch au Coin des Artistes. J’avais prévu de paresser, peut-être de gratter quelques accords sur ma guitare, ou de me balader seul le long du port pour chasser l’inspiration. Mais Clément avait d’autres plans.
Après notre petit-déjeuner par terre, miettes de croissants partout et rires étouffés, il s’était rallongé sur le lit, nu comme un ver, et m’avait attiré contre lui. Ses bras m’enveloppaient comme s’il voulait me fondre en lui. « Je reste avec toi aujourd’hui, » avait-il murmuré contre ma tempe, sa voix encore rauque du matin. « Toute la journée. »
J’avais ri, un peu surpris. « Mais tes obligations ? Ton fonds d’investissement, tes réunions avec des actionnaires zélés ? »
Il avait haussé les épaules, sa main glissant le long de mon dos pour se poser sur mes hanches. « Ils attendront. Aujourd’hui, c’est toi et moi. Honfleur nous attend. »
Son téléphone avait vibré sur la table de nuit, un bourdonnement insistant qui brisait le silence. Il l’avait regardé une seconde, le regard assombri, puis l’avait retourné écran contre le bois. « Pas maintenant, » avait-il dit simplement, avant de m’embrasser dans le cou, ses lèvres chaudes et possessives.
On s’était douchés ensemble, une première pour moi dans cet espace exigu. L’eau chaude coulait sur nos corps, et Clément était partout : ses mains savonneuses sur mon torse, mes épaules, descendant jusqu’à mes cuisses. Il me lavait avec une tendresse presque révérencielle, comme si chaque geste était une déclaration. « Tu es parfait, » avait-il soufflé en rinçant le shampoing de mes cheveux blonds en bataille. J’avais fermé les yeux, laissant ses doigts masser mon cuir chevelu, son corps pressé contre le mien sous le jet tiède.

Quand on était sortis, enveloppés dans des serviettes trop petites, son téléphone avait sonné à nouveau. Cette fois, il avait répondu, sa voix se faisant soudain plus autoritaire, presque froide. « Pas aujourd’hui. Reportez à demain. Non, je ne suis pas disponible. » Il avait raccroché sans un mot de plus, puis s’était tourné vers moi avec un sourire doux. « Allons nous promener. »
On avait enfilé des vêtements simples : moi, un jean slim et un t-shirt blanc, lui, un pantalon chino bleu marine et une chemise légère qu’il avait laissée ouverte au col. Il m’avait pris la main dès la porte franchie, nos doigts entrelacés comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Dans l’escalier, il s’était arrêté à mi-étage pour m’embrasser, un baiser profond et lent qui m’avait laissé essouffler. « Je ne peux pas m’arrêter de te toucher, » avait-il avoué en riant doucement contre mes lèvres.

Dehors, Honfleur s’éveillait sous un ciel bleu pâle. L’air salé du port flottait partout, mêlé à l’odeur des pains frais des boulangeries environnantes. On avait commencé par le Vieux Bassin, ce port emblématique bordé de maisons à colombages aux façades étroites et colorées. Les yachts et les bateaux de pêche se balançaient doucement sur l’eau, et les terrasses des cafés commençaient à se remplir de touristes matinaux.

Clément ne lâchait pas ma main. Au contraire, il la serrait plus fort à chaque pas, son pouce caressant le dos de ma paume en cercles lents. Quand on s’arrêtait pour regarder un bateau, il passait son bras autour de ma taille, me tirant contre son flanc. « Regarde ça, » murmurait-il en pointant un vieux gréement, sa bouche effleurant mon oreille. Je sentais son souffle chaud, son corps ferme contre le mien, et je ne pouvais m’empêcher de sourire.
Mais déjà, les regards. Un couple de touristes allemands nous avait dévisagés en passant, leurs yeux s’attardant un peu trop longtemps sur Clément. Une femme âgée, assise sur un banc avec un chien en laisse, avait incliné la tête avec un sourire poli, presque révérenciel. Clément avait répondu d’un hochement de tête discret, sans s’arrêter. J’avais froncé les sourcils, mais il m’avait distrait en m’embrassant sur la joue, sa main glissant sous mon t-shirt pour caresser la peau nue de mon dos.
« Pourquoi ils nous regardent comme ça ? » avais-je demandé à voix basse, en marchant vers la Lieutenance, ce bâtiment historique qui marque l’entrée du port.
Clément avait haussé les épaules, son bras toujours autour de moi. « Les gens sont curieux, c’est tout. Deux beaux mecs main dans la main, ça attire l’œil. » Il avait ponctué sa phrase d’un baiser sur ma tempe, et j’avais ri, oubliant momentanément.

On avait continué vers l’église Sainte-Catherine, cette merveille en bois qui domine la place du marché. À l’intérieur, l’air était frais et embaumé d’encens, les voûtes incurvées comme la coque d’un bateau inversé. Clément m’avait guidé vers un banc au fond, et on s’était assis côte à côte. Sa main avait trouvé ma cuisse, la caressant doucement à travers le jean, pendant qu’il murmurait des anecdotes sur l’histoire du lieu. Son téléphone avait vibré dans sa poche. Il l’avait sorti, regardé l’écran avec une grimace, et l’avait mis en silencieux sans répondre. « Rien d’important, » avait-il dit en se penchant pour m’embrasser dans le cou, ses lèvres traçant un chemin jusqu’à mon oreille. J’avais frissonné, conscient des quelques visiteurs qui nous jetaient des regards en coin.

Dehors, sur la place, le marché dominical battait son plein. Des étals de fruits frais, de fromages normands odorants, de cidre local et d’antiquités. Clément m’avait acheté une pomme bien rouge, l’avait croquée d’abord avant de me la tendre, nos lèvres se frôlant presque. Il était tactile à l’extrême : un bras autour de mes épaules pendant qu’on déambulait, une main sur ma nuque pour me guider à travers la foule, des baisers volés quand on s’arrêtait devant un stand. « Goûte ça, » disait-il en me tendant un morceau de camembert fondant, ses doigts effleurant mes lèvres.
Les regards persistaient. Un vendeur de cidre avait incliné la tête profondément en servant Clément, murmurant un « Monsieur » respectueux. Une famille de touristes anglais avait chuchoté en nous pointant du doigt. Et puis, alors qu’on quittait le marché pour longer la rue des Petites Boucheries, cette ruelle étroite aux façades penchées et aux boutiques artisanales, un homme d’une quarantaine d’années, costume chic malgré la chaleur, s’était approché rapidement. Il avait commencé une profonde révérence, main sur le cœur, et avait ouvert la bouche :
« Votre Alt— »
Clément l’avait coupé net d’un regard glacial, un seul regard, sans même ouvrir la bouche. L’homme s’était figé, les yeux écarquillés, puis avait redressé la tête avec un sourire crispé.
« Quel plaisir de vous voir ici, » avait-il seulement ajouté, avant de s’éclipser aussi vite qu’il était venu, comme s’il fuyait.
J’avais stoppé net, tirant sur la main de Clément. « C’était quoi, ça ? Il allait dire quoi, exactement ? “Votre Altesse” ? »
Clément avait ri, un rire léger, presque naturel, et m’avait attiré contre lui pour un câlin rapide au milieu de la rue. Sa main avait glissé dans mes cheveux, me caressant la nuque pour me calmer. « Tu as mal entendu, il a dû commencer “votre attention” ou un truc du genre. C’est un ancien employé de mon grand-père, un peu vieux jeu. Il voulait juste attirer mon attention. Ma famille a investi pas mal d’argent dans la restauration du quartier, tu sais, les Greniers à Sel, quelques maisons à colombages… Les gens du coin nous reconnaissent et font parfois des courbettes exagérées. C’est gênant, mais c’est comme ça dans les petites villes. »
J’avais froncé les sourcils, pas complètement convaincu, mais il m’avait embrassé profondément, ses mains sur mes hanches me pressant contre lui, ignorant les passants. « Oublie ça, » avait-il murmuré contre mes lèvres. « Aujourd’hui, je suis juste à toi. »
Son téléphone avait sonné encore, un appel persistant qu’il avait ignoré en le mettant en mode avion. « Plus de distractions, » avait-il promis, son front contre le mien.

On avait continué notre balade vers le Jardin des Personnalités, ce parc verdoyant au bord de l’eau. Clément marchait collé à moi, son bras autour de ma taille, me guidant comme si j’étais une extension de lui-même. À chaque buste, il s’arrêtait, posait sa main sur mon épaule et me racontait une anecdote, sa voix basse et intime. Ses doigts descendaient le long de mon bras, entrelacés aux miens, et il m’embrassait la paume quand personne ne regardait, ou même quand on regardait.

Les gens continuaient à nous dévisager. Un groupe de retraités français avait murmuré en nous voyant, une femme avait sorti son téléphone pour une photo discrète. « Est-ce que tous ces gens te connaissent ? » avais-je demandé, la voix un peu tendue, en m’arrêtant près d’un banc surplombant l’estuaire de la Seine.
Clément s’était assis à côté de moi, sa cuisse pressée contre la mienne, sa main sur mon genou. Il avait réfléchi une seconde, son regard perdu sur l’eau scintillante. « Pas personnellement, non. Mais comme je te l’ai dit, ma famille est très impliquée ici. Mon grand-père a financé la restauration de plusieurs sites, comme ce jardin ou le musée Eugène Boudin. Les locaux me voient comme un représentant de ça, une sorte de… mécène local. C’est embarrassant, mais c’est pour ça qu’ils me saluent bizarrement parfois. Ils exagèrent. Je préfère mille fois être ici avec toi qu’à écouter leurs courbettes. »
Son excuse sonnait juste, avec ce mélange de modestie et de vérité. J’avais hoché la tête, soulagé, et il m’avait attiré contre son torse pour un câlin long, ses mains caressant mon dos en cercles apaisants. « Tu es le seul qui me voit tel que je suis, Léandre. Juste Clément. »
On avait pique-niqué dans le jardin, des sandwiches achetés au marché, du cidre frais. Clément m’avait nourri à la main, riant quand le fromage coulait, léchant mes doigts avec une sensualité qui me faisait rougir. Son téléphone, toujours en mode avion, vibrait de notifications accumulées, mais il l’ignorait superbement.
L’après-midi, on avait marché jusqu’à la plage de Honfleur, cette bande de sable et de galets au bout de la ville. L’eau était fraîche, mais on avait enlevé nos chaussures pour tremper les pieds. Clément m’avait porté sur son dos pour traverser un ruisseau, ses mains fermes sur mes cuisses, et une fois sur le sable, il m’avait plaqué doucement contre un rocher pour m’embrasser passionnément, ses mains partout sur moi, ignorant les promeneurs lointains qui nous regardaient.
« Tu me rends fou, » avait-il grogné contre mon cou, ses lèvres descendant jusqu’à ma clavicule.
Les regards n’avaient pas cessé : un joggeur avait ralenti pour nous observer, une famille avec des enfants avait détourné les yeux poliment mais avec curiosité. Mais à ce stade, enveloppé dans la bulle tactile de Clément, je m’en fichais presque. Presque.

En fin d’après-midi, on avait visité le musée Eugène Boudin. Clément connaissait l’endroit par cœur, me guidant de salle en salle, son bras autour de mes épaules. On passait devant des marines, des ciels normands, des ports brumeux. Devant un tableau du port sous la pluie, il s’était penché pour murmurer : « Ça me rappelle notre première rencontre, avec la tarte. » Sa main avait glissé dans ma poche arrière, possessive, et j’avais ri.

Puis, dans une petite salle latérale consacrée aux dons privés et à l’histoire locale, mon regard avait été attiré par un grand portrait officiel prêté pour une exposition temporaire : une famille en habits d’apparat, sur fond de palais aux dorures discrètes. Au centre, un vieil homme au port altier, entouré de plusieurs générations. Et juste à droite du patriarche, un adolescent de seize ou dix-sept ans, blond cendré, traits fins, regard déjà sérieux… exactement les mêmes yeux gris-bleu que Clément, le même nez droit, la même bouche. C’était lui, plus jeune, en uniforme de cérémonie, médailles et écharpe bleu nuit.
Clément avait brusquement accéléré le pas, sa main se crispant sur la mienne. « Viens, il y a une plus belle vue dans la salle suivante », avait-il dit un peu trop vite, essayant de m’entraîner.
Mais j’étais resté planté devant le tableau. Je l’avais observé longuement, plissant les yeux. Le garçon lui ressemblait tellement… mais dans ce contexte solennel, je n’avais pas fait le lien immédiat. « Attends… ce gosse, là, c’est pas toi ? » avais-je demandé, mi-amusé, mi-perplexe. « T’étais déjà beau gosse en uniforme, dis donc. C’est une photo de famille retouchée ou quoi ? »
Je n’avais pas eu le temps de lire la légende sous le cadre ; Clément m’avait déjà attiré contre lui, son bras autour de ma taille, et avait déposé un baiser sur ma tempe. « Une vieille photo, oui. Mon grand-père adore les portraits officiels. On nous forçait à poser tous les ans. J’ai l’air ridicule, non ? Allez, viens, il y a un Boudin magnifique juste à côté… »
Je l’avais suivi, encore intrigué, mais son corps pressé contre le mien et ses lèvres qui effleuraient mon oreille m’avaient vite fait oublier le tableau. Pour moi, c’était juste un Clément adolescent, un peu guindé, dans une famille richissime qui aimait les dorures.
Un gardien du musée avait incliné la tête respectueusement en nous voyant, et une visiteuse avait chuchoté à son amie en pointant Clément. J’avais commencé à me poser sérieusement des questions, mais Clément m’avait pris la main et entraîné vers la sortie, m’embrassant doucement dans l’embrasure de la porte.
Le soir tombait quand on était rentrés, épuisés mais heureux. Clément avait rallumé son téléphone, qui avait explosé de notifications, des dizaines d’appels manqués, des messages urgents. Il avait grimacé mais m’avait embrassé avant de répondre à l’un d’eux. « Je dois gérer ça vite, mais je reste pour dîner. »

Le soir venait de tomber sur Honfleur, cette lumière violette et dorée qui rend la ville encore plus belle. On était rentrés depuis une petite heure. J’avais improvisé un dîner simple : une omelette aux herbes, une salade de tomates du marché, un peu de camembert et du pain encore tiède. Clément avait mis la table comme un grand, en riant parce qu’il ne trouvait jamais deux assiettes pareilles dans mes placards.
On mangeait tranquillement, assis l’un en face de l’autre, nos pieds qui se cherchaient sous la table, quand son téléphone s’est remis à vibrer. Cette fois, il n’a pas réussi à l’ignorer. L’écran affichait « Mère ». Il a grimacé, m’a lancé un regard désolé, et a décroché en s’éloignant vers la fenêtre.
Je n’entendais que lui.
« Oui, Mère, je sais…
Non, je ne suis pas au palais.
Je vous ai dit que j’avais besoin d’un jour…
Bien sûr que je sais ce que j’ai à faire, je ne suis plus un enfant. J’ai des responsabilités, je le sais mieux que quiconque, mais j’ai aussi le droit d’avoir une vie privée, non ? …
Je ne disparais pas, je prends juste une journée. Une seule. …
Oui, je serai là demain matin. Je vous le promets.
Dites à grand-père que je gérerai le dossier Luxembourg dès mon retour. … Je vous embrasse aussi. »

Il a raccroché, le téléphone toujours à la main, le regard perdu sur le port qui s’allumait doucement en contrebas. Pendant quelques secondes, il est resté immobile, les épaules un peu voûtées, comme si le poids de la conversation lui était tombé dessus d’un coup.
Je n’ai rien dit. Je l’observais, la fourchette en suspens. Il s’est tourné vers moi, a vu mon air interrogateur, et a souri – un sourire fatigué, mais sincère.
« Ma mère s’inquiète, » a-t-il simplement expliqué en revenant s’asseoir. « Elle a l’habitude que je sois… joignable vingt-quatre heures sur vingt-quatre. »
J’ai hoché la tête, sans poser la question qui me brûlait les lèvres. Il a repris sa fourchette, a piqué un morceau de tomate, mais il n’avait plus vraiment faim. On a fini le repas dans un silence doux, juste troublé par le bruit des couverts et le ronronnement lointain d’un bateau sur l’eau.
Quand on a eu terminé, il a empilé les assiettes, les a posées dans l’évier, puis est revenu vers moi. Il m’a pris dans ses bras, longuement, son menton posé sur le haut de ma tête.
« Il faut que je parte, » a-t-il murmuré contre mes cheveux. « Demain matin très tôt, j’ai… des choses à régler. Mais je reviens. Bientôt. Très bientôt. »
Je me suis accroché à lui une seconde de plus. « Tu me promets ? »
Il a reculé juste assez pour me regarder dans les yeux, ses mains encadrant mon visage.
« Je te le promets, Léandre. »
Il m’a embrassé, lentement, profondément, comme s’il voulait laisser son goût sur mes lèvres pour toute la nuit. Puis il a enfilé son manteau, a pris son téléphone, et avant de franchir la porte, il s’est retourné une dernière fois.
« Verrouille bien derrière moi. Et rêve de moi. »
La porte s’est refermée doucement.
Je suis resté seul dans l’appartement encore imprégné de son odeur, avec le silence, les assiettes sales, et mille questions qui tournaient dans ma tête.
Surtout une, qui revenait sans cesse :
Qu’est-ce qu’il ne me dit pas ?

Fin du chapitre 2.

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