Ailleurs, l’herbe est-elle plus verte ?
Récit érotique écrit par PP06 [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur homme.
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Histoire érotique Publiée sur HDS le 27-08-2026 dans la catégorie Entre-nous, hommes et femmes
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Moi, c’est Julien. Ma femme Audrey. Nous sommes mariés depuis 4 ans, je l’ai conduite à la mairie après deux années de vie commune. C’est la femme de ma vie, comme je suis l’homme de sa vie. Nous envisageons de fonder une famille, une grande famille.
Chaque année, nous allons aux sports d’hiver au mois de mars pour éviter les vacances scolaires. Temps idéal, il y a toujours une bonne neige et le soleil fait rarement défaut.
Ce rituel dure depuis que nous nous connaissons. Il faut dire que nous nous sommes rencontrés à Avoriaz, une chute malencontreuse avait permis de briser la glace.
Enfin, c’était tous les ans jusqu’à l’an dernier, car cette année, changement de programme. Depuis le temps que son amie Myriam nous invite chez elle en Guadeloupe, nous avons enfin décidé de répondre à son invitation. Les Antilles font toujours rêver.
Myriam avait été le témoin d’Audrey à notre mariage, avant de s’envoler avec son nouveau copain. D’après ce que j’ai compris, ça n’a pas duré, deux années après, il reprenait seul l’avion pour la métropole, laissant Myriam sur place, tombée amoureuse de la Guadeloupe, ou plutôt d’un Guadeloupéen.
Si j’ai bien suivi, elle en est à son troisième. A moins qu’Audrey ne m’ait pas tenu informé des dernières péripéties.
---oOo---
Myriam vient nous chercher à l’aéroport de Pointe-à-Pitre. Dès notre arrivée à Saint-François, elle nous fait l’honneur de sa grande maison, 6 chambres à l’étage et un grand salon donnant sur une piscine digne d’une star. Notre chambre a une salle de bain privée et un lit king size dans lequel j’imagine que nous allons nous perdre.
Myriam vit avec Gabriel, un Guadeloupéen, depuis plus d’un an. Beau mec, bien musclé, pas très causant, mais sympa. Il fait des affaires sur l’île. Je n’ai pas su exactement quel genre d’affaires, mais de toute évidence, il n’est pas dans le besoin.
Dès le premier matin, direction la piscine. Deux transats accueillent Myriam et Audrey qui veulent profiter du soleil pas trop chaud à cette heure. Après une courte hésitation, Audrey retire son haut de maillot pour suivre la mode du pays, comme Myriam lui en fait la remarque.
Se levant pour aller se baigner, Myriam enlève le bas, je découvre son sexe lisse comme le dos de la main. Audrey, ne voulant pas être en reste, enlève le sien, exposant une touffe brune dernier rempart de sa pudeur.
Un regard vers Gabriel me prouve qu’il apprécie le spectacle. Il me sourit. Un peu gêné, je lui renvoie son sourire et rejoins nos femmes qui barbotent dans le plus simple appareil. Très pudique, je garde mon maillot, comme Gabriel, certainement pour ne pas nous mettre mal à l’aise, car je suis certain que seul avec Myriam, il ne doit pas hésiter.
A midi, sans rien demander, il prépare un ti’ punch traditionnel pour fêter notre arrivée. Un verre, deux verres. Le repas est bien arrosé. Au dessert, il sort une bouteille de rhum vieux de 30 ans « dont tu me diras des nouvelles ». Oups ! Ça arrache. Je suis heureux de trouver un transat à l’abri du soleil, pour une sieste réparatrice. Je crois que pour le premier jour, j’ai un peu abusé.
Au réveil, encore à moitié endormi, j’entends Myriam et Audrey qui chuchotent, je ne bouge pas et tends l’oreille pour surprendre ces fameux petits secrets de femmes.
- Non, c’est vrai, jamais, répond Audrey à une question que je n’ai pas entendue.
- Au moins une fois dans ta vie, tu devrais essayer.
- Tu es folle, je ne vais pas coucher avec un inconnu, juste pour essayer.
- Pas coucher, baiser, par un black, pour ne pas mourir idiote.
- …
- Tu as le choix sur l’île. Mais si tu ne veux pas d’un inconnu, Gabriel sera d’accord, tu lui plais.
Je sursaute, mais ne bouge pas, avec l’envie de connaître la suite.
- Tu ne serais pas jalouse ?
- Chacun fait ce qui lui plaît, d’ailleurs, je ne m’en prive pas, il s’en fout… Tu penses que ton mari serait jaloux ?
- Je n’ose même pas y penser. Il serait dans une sacrée colère s’il nous entendait.
En clignant des yeux, je vois Audrey jeter un regard vers moi, elle doit vérifier si je dors.
- Nous serons discrètes, il ne saura jamais rien. N’es-tu pas excitée en voyant ces beaux mâles ? Moi, je craque.
- Pourquoi ? Ils en ont une si grosse ? Lui répond Audrey en riant.
- Non, ça, c’est la légende. Certains sont bien membrés, pas tous, comme les blancs. J’ai même connu des mauvais coups. Mais il émane d’eux une sensualité que je n’avais jamais ressentie avant. Je ne peux plus m’en passer… Alors tentée ? Tu ne le regretteras pas.
- Non, non, c’est ridicule.
- Tu m’en reparleras quand tu sentiras leurs regards, surtout dans la tenue où nous sommes… Regarde Gabriel, il ne loupe rien. Tes seins, tes fesses et le reste ont l’air de bien lui plaire.
- Oh ! S’exclame Audrey en posant une main devant elle pour se cacher.
Machinalement, je tourne la tête, effectivement Gabriel se rince l’œil depuis un bon moment, à quelques mètres d’elles.
- Julien est parfait, je l’aime, je n’ai aucune envie de le tromper.
- Tout de suite les grands mots, il ne s’agit pas de le tromper, juste une fois pour essayer quelque chose de différent, ça ne compte pas. Tu verras, c’est incomparable.
- Je ne verrais rien du tout, c’est hors de question.
Ouf ! Je suis soulagé.
Quelle garce cette Myriam ! Il faudra que je surveille Gabriel.
Totalement rassuré, je grogne un peu en m’étirant, je baille fort, ce qui déclenche leur hilarité et stoppe net leur conversation.
Myriam se lève pour aller chercher des rafraîchissements, je la suis des yeux discrètement. Nous discutons tous les quatre des beautés de la Guadeloupe, un grand verre de jus de fruit bien frais à la main. Gentiment, Gabriel me propose de nous prêter sa voiture pour visiter l’île.
Bronzage oblige, nos femmes exposent leurs corps au soleil, et à nos regards. Je commence à m’habituer. Allongées l’une à côté de l’autre, 4 seins arrogants, une foufoune glabre, l’autre avec un joli duvet.
- Gabriel vient me passer de la crème solaire, ordonne Myriam en lui tendant un flacon. Insiste bien sur les fesses et les zones sensibles.
Sans hésiter, Gabriel s’exécute d’une main experte. Rapidement, Myriam est luisante, recto-verso :
- A ton tour, dit-elle en se tournant vers Audrey.
Sans un mot, Gabriel s’installe, les mains prêtes à rendre service.
Audrey ne dit rien. Docile, elle se retourne rapidement sur le ventre, et ferme les yeux. Gabriel est méticuleux, les épaules, le dos, il s’attaque aux fesses trop blanches, les cuisses, les pieds. Je suis surpris qu’Audrey accepte si facilement ce qui pourrait être pris pour des caresses, sans oser intervenir de peur de passer pour plus jaloux que je ne suis.
Audrey ouvre un œil, le regard un peu vide. De toute évidence, elle a apprécié le traitement de Gabriel. Sans vouloir paraître rabat-joie, je me jure de lui en parler ce soir dans l’intimité. Myriam lâche :
- Tourne-toi, il va te faire l’autre face.
Audrey se retourne lentement exposant son côté pile. Je blêmis. Elle me regarde en souriant :
- A toi maintenant… Gabriel passe lui le flacon.
Ouf ! Mon imagination me joue des tours, c’est leur conversation aussi qui m’a troublée.
A contrecœur, Gabriel va plonger dans la piscine tandis que je m’applique à protéger ma chérie des rayons du soleil. Les épaules, les bras, les seins, j’insiste là où la peau est la plus fragile, je descends, le ventre, les cuisses, pas un centimètre de peau n’échappe à ma vigilance.
Audrey s’assoit :
- A ton tour mon chéri. Viens, je vais t’enduire.
Joignant le geste à la parole, elle me tire par la main pour m’asseoir sur le bord de son transat. Assise derrière moi, elle m’enduit copieusement les épaules et le dos, et se colle contre moi me faisant sentir ses seins bien fermes. Je m’allonge sur le ventre et m’abandonne à ses douces mains, hésitant à me mettre sur le dos pour ne pas exposer l’effet produit.
Farniente tout l’après-midi, entre baignade, bronzette et jus de goyave. Vers 18 heures, la nuit tombe, c’est l’heure de l’apéritif, Gabriel revient avec un broc de punch.
Nos femmes se lèvent, Myriam prend Audrey par la main et l’emmène avec elle. Elle a juste le temps de saisir son t-shirt. En revenant revêtues d’un paréo multicolore, Myriam jette un coup d’œil complice à Gabriel, tandis qu’intrigué, je regarde Audrey. Elle vient me faire une bise :
- Tu verras ce soir, me dit-elle mystérieuse.
Le soir dans notre chambre, elle se déshabille de dos et se retourne d’un coup face à moi :
- Surprise !
Je sursaute, plus un seul poil. Son sexe est lisse comme je ne l’ai jamais vu. L’effet est foudroyant, je suis certain qu’elle le remarque.
- Tu aimes mon chéri, me susurre-t-elle les yeux pétillants.
Bien sûr que j’aime. Pour le lui prouver, je me mets à genoux pour embrasser ses lèvres intimes que je découvre vraiment pour la première fois. Quelques coups de langue sur son petit bouton déclenchent son premier orgasme.
Premier, car un second va suivre, quand ayant collé ses lèvres sur les miennes encore humides de son suc, elle écarte les cuisses pour me laisser le passage. Je réponds à son invitation avec entrain.
Ayant repris nos esprits, je me risque à lui faire une remarque :
- Euh !... Tu comptes vraiment bronzer comme ça ?
- Ben oui… Pourquoi ? Me répond-elle innocemment avec un grand sourire.
L’image de Gabriel lui caressant les fesses me revient en mémoire. Sans être particulièrement jaloux, il faut que j’intervienne. D’un air faussement complice, je lui murmure :
- On dirait que tu plais à Gabriel ?
- Heureusement que je plais encore, mais c’est toi que j’aime.
- Fais attention, Myriam est nuisible.
- Tu exagères, c’est mon amie.
- Fais attention tout de même.
---oOo---
Les jours se suivent et se ressemblent.
Le matin, piscine et bronzette sous l’œil toujours intéressé de Gabriel. Puis nous visitons l’île, rhumerie, mangrove, le jardin zoologique de la villa de Coluche, la réserve Cousteau avec ses animaux marins et les larges plages qui permettent à Audrey de parfaire son bronzage. Enfin, elle garde le bas, des regards insistants auraient pu être gênants.
Le soir, au contraire, elle apprécie le mien de regard. Comme les jours, nos nuits se suivent et se ressemblent, pour notre plus grand plaisir. L’ambiance, le rhum, notre libido est au top.
Un jour, Myriam nous emmène à la Pointe des Châteaux, spectacle grandiose au bout de l’île, où les vagues se fracassent contre les rochers. En revenant, une halte est prévue plage Tarare que Myriam nous vante depuis hier.
Surprise, c’est une plage naturiste. Audrey a un geste de recul en voyant le panneau au début du petit chemin qui mène à la plage. Autoritaire, Myriam la prend par le bras :
- Viens, c’est un vrai super marché, tu trouveras sûrement celui qui va te plaire.
Je ne relève pas l’allusion, souriant comme si c’était une bonne blague, avec l’espoir que la plage sera aussi peuplée de belles naïades.
Est-ce une impression, Audrey a rougi en croisant trois beaux mâles entièrement nus. Les trois premiers, car la plage est bondée.
Ayant posé nos serviettes, très à l’aise, Myriam se retrouve nue en quelques secondes. Audrey marque un temps d’arrêt avant d’enlever sa robe découvrant ses seins nus. Ne voulant pas paraître nunuche devant son amie, elle me regarde avec un pâle sourire, et enlève le bas en regardant autour d’elle. Pudeur oblige, elle reste assise les jambes repliées, se tenant les genoux pour se découvrir le moins possible.
Sur ma serviette à côté d’elle, j’ai longuement hésité avant de faire glisser mon maillot, pas très habitué à exhiber mes attributs.
Myriam saisie Audrey par la main :
- Allez, on va se baigner.
Après une courte hésitation, Audrey suit son amie et court vers la mer suivie par une dizaine de paires d’yeux ne voulant rien perdre du spectacle.
Quelques minutes plus tard, les mêmes paires d’yeux les raccompagnent à nos serviettes. En s’essuyant, gênée, Audrey évite mon regard. Mais très vite elle s’habitue à être le centre d’intérêt des hommes qui nous entourent.
Le soir, elle est déchaînée, boostée par le souvenir de ces hommes nus qui la regardaient, et les deux verres de rhum servi par Gabriel avant de dîner.
Dans les bras l’un de l’autre, Audrey semble vouloir se justifier :
- Mon chéri, j’étais gênée cet après-midi… Le regard de ces hommes. Myriam a insisté, je n’ai pas osé me défiler.
- Ce n’est pas grave, tu es la plus belle. Mais je t’ai prévenu, cette femme n’est pas nette. Attention, elle pourrait être dangereuse.
- Que veux-tu dire ?
- Je ne sais pas, méfie-toi d’elle.
Je la serre dans mes bras.
J’aurais aimé que ces vacances ne finissent jamais. Pourtant, un jour, il faut songer à préparer nos valises. Pour fêter notre départ, Myriam organise une petite soirée avec leurs amis. Barbecue, punch et soirée dansante, tout est prévu. Nous ne serons pas frais demain, mais l’avion est là pour récupérer.
Audrey aide son amie à la cuisine, tandis qu’avec Gabriel nous disposons les tables et les chaises autour de la piscine.
Dès la tombée de la nuit, un verre à la main, nous faisons connaissance avec les invités plus nombreux que ce que j’avais imaginé. Les amis des amis, c’est la tradition.
Commencée sur un rythme techno pour faire bouger tout le monde, suivi de musiques locales, la soirée continue de façon plus calme par des slows qui nous rappellent notre jeunesse, nous dansons dans les bras l’un de l’autre.
Comme tout le monde, Audrey a un peu abusé du punch, elle ne quitte pas la piste de danse et rit à la moindre blague de ses cavaliers qui se succèdent. Un grand black l’invite, elle se pend à son cou de peur de tomber. Après un zouk très sensuel, elle se love dans ses bras pour un slow langoureux. Je ne veux pas paraître trop jaloux… Jaloux de quoi ? D’une danse ? Je deviens parano, il faut que je chasse ces idées de ma tête.
Après avoir invité Myriam plus par politesse que par envie, je me sens obligé de danser avec une grande black que Myriam me présente, le sacrifice n’est pas trop grand. Je me laisse entraîner par la musique, sa poitrine appuyée contre moi. Slow, rock, zouk, les danses se succèdent. Un peu essoufflé, j’invite ma cavalière à boire un verre. En m’approchant du bar, je prends conscience qu’Audrey n’est plus sur la piste, je l’ai perdue de vue en dansant. Je la cherche des yeux. J’abandonne ma belle black, pour aller voir Myriam qui m’annonce qu’Audrey a un peu trop bu, ne se sentant pas très bien, elle l’a accompagnée dans notre chambre. Je décide d’aller la rejoindre, mais Myriam me tend un verre :
- Elle dort, laisse là se reposer, elle a besoin de récupérer. Nous irons la voir tout à l’heure.
Pris d’un doute ridicule, je cherche du regard le grand black avec qui elle dansait il n’y a pas si longtemps. Ouf ! Il est en grande discussion dans un groupe un peu à l’écart de l’autre côté de la piscine.
Je me fais du souci pour ma chérie, si elle est malade, je dois m’occuper d’elle. Elle ne comprendrait pas que je continue à danser, sans m’inquiéter. Notre chambre n’est pas loin, ce sera rapide, si elle dort, je repartirais sur la pointe des pieds.
Je me dirige d’un pas rapide vers notre chambre, quand j’entends des pas derrière moi, Myriam me rattrape :
- Non n’y va pas, laisse la se reposer.
- T’inquiètes, je ne vais pas la réveiller si elle dort. Juste voir si elle a besoin de moi.
Sans ralentir ma marche, j’arrive devant notre porte :
- N’ouvre pas.
Myriam a crié, affolée. Je la regarde, peur de comprendre. Mon sang ne fait qu’un tour.
J’ouvre la porte brusquement et m’arrête frappé de stupeur. Audrey ma chérie, nue dans les bras de Gabriel, radieuse, cuisses contre cuisses, ses seins collés à lui, ils s’embrassent. Il a une main sur ses fesses qu’il caresse lentement, tandis qu’elle passe sa main tendrement sur son torse, jouant avec ses poils. Moment d’intimité avant de recommencer.
Le bruit de la porte et le cri de Myriam ont fait sursauter Audrey, elle se retourne brusquement, la surprise et la peur se lisent sur son visage. Elle reste pétrifiée, me regardant sans comprendre, la bouche ouverte, aucun son ne sort, elle fait non de la tête. Myriam hausse les épaules en signe d’impuissance.
Plus rapide Gabriel a enfilé un short et se sauve sans un mot. En bougeant, Audrey a écarté les jambes, aucun doute, ils viennent de baiser.
Elle sort enfin de son mutisme, et articule faiblement :
- Nooon… Mon chéri, laisse-moi t’expliquer.
Je la regarde plus triste qu’en colère :
- Pas toi, pas toi… Tu me déçois, dis-je de façon méprisante, avant de quitter la chambre.
En passant devant Myriam :
- Salope !
En m’éloignant, j’entends les pleurs d’Audrey. Pour me ressaisir, je vais au bar boire un grand verre de punch. Non, ce n’est pas possible, pas Audrey, pas elle. Reprenant mes esprits, je retourne dans notre chambre, elle est dans les bras de Myriam qui essaie de la consoler :
- Rassure-toi, vous vous aimez, il te pardonnera.
Je la saisis par le bras et la mets dehors :
- Tire-toi.
Audrey est recroquevillée sur le lit, elle a tiré le drap pour cacher sa nudité. Je me plante devant elle, le regard accusateur. Elle se jette dans mes bras :
- Pardon mon chéri, pardon.
- Va prendre une douche, tu pues… Dans notre lit en plus.
- Myriam devait changer les draps.
- Vous aviez vraiment tout prévu.
Elle revient enveloppée dans une serviette, et me regarde avec un air de chien battu. Je ne fais aucun geste vers elle :
- Je t’aime, je ne voulais pas te tromper, c’est Myriam, dans l’ambiance, j’ai trop bu, je me suis laissé aller…
- Bien sûr, ce n’est pas ta faute… Ça dure depuis combien de temps ?
- C’est la première fois, la seule… Je te le jure.
J’ai envie de parler, lui dire toute ma déception :
- Tu me fais honte.
- …
- C’est ma faute. Quand on s’est connu, je t’ai mise sur un piédestal, tu étais la femme parfaite, l’épouse parfaite, l’amante parfaite, j’étais certain que tu serais une mère parfaite, je n’ai jamais rien eu à te reprocher. J’aurais dû me méfier, le bonheur parfait n’existe pas. Tu viens de tomber de ton piédestal, la chute n’en est que plus dure. Je ne vois plus en toi qu’une femme comme toutes les autres.
- …
- Je ne dis pas que toutes les femmes trompent leurs maris, certaines sont sérieuses. Tu n’en fais pas partie.
- Oh !
Je m’installe dans un fauteuil laissant le lit à cette traîtresse, dans les draps encore imprégnés de l’odeur de son amant.
Au petit matin, je me réveille, Audrey est à côté de moi, elle a les yeux rouges, elle n’a pas dû beaucoup dormir. Elle me caresse la tête tendrement, voyant que j’ouvre les yeux, elle essaie de m’embrasser, je tourne la tête, ce serait trop simple.
Myriam frappe à la porte :
- C’est 7 heures, levez-vous, l’avion n’attendra pas.
J’attends qu’Audrey sorte de la salle de bain pour aller me doucher. Pas de réconciliation.
Sans avoir prononcé un seul mot, nous allons dans le jardin prendre le petit-déjeuner. Comme tous les matins, grande corbeille de fruits, confiture exotique maison, petits pains croustillants… Myriam nous accueille, souriante :
- Gabriel a dû partir tôt ce matin, mais il doit revenir pour vous accompagner à l’aéroport, vous avez le temps.
Mon air renfrogné lui enlève son sourire :
- Pas besoin de lui, je prendrais un taxi…
Et me tournant vers Audrey, je rajoute :
- Si tu préfères, tu peux y aller avec ton amant.
Audrey ne répond pas, j’avale juste un café, délaissant le copieux petit-déjeuner préparé par Myriam.
En nous quittant, Gabriel ne s’est toujours pas montré, Myriam essaie de s’expliquer :
- N’en veux pas à Audrey, tout est de ma faute. Ce n’est pas si grave.
Elle me tend une bouteille de Rhum, légèrement ambrée.
- Tu as aimé notre vieux rhum, plus de 30 ans. Tiens pour me faire pardonner, un cadeau, il m’en restait une bouteille. C’est la dernière.
Je saisis la bouteille, mais au lieu de la remercier comme elle s’y attend, je la jette violemment sur le sol sous ses yeux incrédules :
- Tu peux la garder… Ton cadeau, tu l’as donné hier à Gabriel, dis-je en regardant durement Audrey.
Myriam sursaute, elle tourne la tête vers Audrey. Voyant son visage décomposé, elle comprend que c’est plus grave que ce qu’elle pouvait penser, que je ne suis pas prêt d’oublier.
Je porte nos valises jusqu’au taxi qui attend, Audrey me suit en silence. Les deux amies se disent au revoir, petites bises et embrassades :
- Excuse-moi, je n’aurais jamais cru… A bientôt à Paris ?
Myriam essaie de me faire la bise, je la repousse, sans même la regarder.
Sur la route qui mène à l’aéroport, Audrey sort de son silence :
- Tu aurais pu être plus poli, elle nous a reçus 15 jours... Tu te rends compte de la valeur de la bouteille qu’elle nous a offert.
- Je ne veux rien garder d’elle, rien garder de ce voyage. Elle ne s’attendait tout de même pas que je la remercie. Tu lui as offert un cadeau qui a encore plus de valeur.
- Oh !
- Je t’avais dit qu’elle était nuisible. Tu ne m’as pas écouté.
Une fois dans l’avion, nous nous installons pour une petite sieste, pour nous remettre de nos émotions. Tout naturellement, mes pensées vont vers Audrey. Je l’avais pourtant mise en garde. Myriam a tout fait pour la mettre dans le lit de Gabriel.
Bercée par le ronron des moteurs, Audrey somnole. Elle pose négligemment sa main sur la mienne, je la retire vivement.
« Audrey pourquoi ? Tu as détruit tout l’amour que j’ai pour toi ».
--oOo—
AUDREY
Julien m’a encore repoussé, il ne veut plus que je le touche, comme une pestiférée. Comment en sommes-nous arrivés là ? Ou plutôt, comment en suis-je arrivé à le tromper ? J’ai peur, peur de l’avenir.
Les vacances avaient bien commencé. J’étais heureuse de répondre à l’invitation de mon amie Myriam qui me vantait depuis longtemps les mérites de son île, plage et soleil en plein hiver.
Le premier jour, j’ai été surprise de sa proposition de baiser avec son copain, j’ai cru à une blague. Mais quand elle a voulu me raser le minou et qu’après elle a demandé à Gabriel de me passer de la crème solaire, j’aurais dû me méfier. Julien a vite compris son manège, il avait raison, j’aurais dû faire plus attention.
Tous les jours, elle m’en reparlait, comme pour me conditionner. Mais tromper mon mari, jamais. C’était inenvisageable.
D’ailleurs, nous n’avons jamais autant fait l’amour.
Et puis, il y a eu la soirée d’hier. Le punch, c’est traître, il monte vite la tête, Myriam en a profité. J’ai honte. Et en plus, Julien m’a vu, pourra-t-il un jour oublier ?
Dans l’après-midi, j’étais dans la cuisine avec Myriam pour préparer le buffet. En tartinant les amuse-gueules, elle s’est arrêtée en me regardant de son air le plus sérieux :
- C’est ce soir ou jamais, ta dernière chance, en me désignant Gabriel d’un coup de menton. Ton mari ne le saura pas.
Elle avait un plan. Je n’aurais pas dû écouter ses divagations.
La soirée était déjà bien avancée, j’avais dû abuser un peu du punch, la tête me tournait. Elle me présenta Noah un grand black qui me collait en dansant, cela faisait partie de son plan.
Quelques danses plus tard, Julien était dans les bras d’une superbe antillaise que Myriam lui avait présentée. Elle me saisit par le bras :
- C’est le moment. Vas-y, tu as le temps.
Sans réfléchir, j’ai marché vers notre chambre. Gabriel m’attendait.
C’est un rapide, d’une petite poussée sur le bas du dos, il me propulsa dans notre chambre. De suite, il a essayé de m’embrasser, j’ai tourné la tête, mais il réussit à m’enlever ma robe en un tour de main.
Il bandait. Je sentais son sexe contre mes cuisses qu’il me força à ouvrir. Je me suis bêtement laissé faire.
Il m’a pénétré sans plus de préliminaire, et m’a fait jouir rapidement. Il n’avait pas débandé et a voulu recommencer. Sans un mot, il m’aida à me mettre à califourchon sur lui, et m’empala sur son pieu. Il me pétrissait les seins. Emportée par le plaisir qui montait en moi, mes mains appuyées sur ses pectoraux inondés de sueur, je menais la cadence. Je crois n’avoir jamais ressenti une bite aussi loin en moi. J’ai joui une seconde fois.
Maintenant, j‘ai conscience que j’ai trompé Julien sans vraiment y penser, sans culpabiliser, ce n’était qu’une expérience, hors du temps, hors de notre couple. J’admets que Gabriel m’a donné beaucoup de plaisir, Myriam avait raison, il faut connaître ça une fois dans sa vie. C’est sa force qui m’a fait jouir, mais faire l’amour sans amour, sans même un peu de tendresse, laisse un goût amer.
Je dis ça après. Sur le moment, j’étais bien dans ses bras. Nous n’avions pas allumé la lumière, la lune éclairait suffisamment la pièce pour me laisser admirer son corps luisant. Je me suis collée contre lui. Hésitante, j’ai tendu la main vers son torse puissant, pour dessiner du bout des doigts les contours de sa musculature.
Je n’ai même pas pris conscience du danger, Julien pouvait arriver d’une minute à l’autre. J’avais le temps, Myriam veillait. Suivant son plan, je devais effacer les traces du passage de Gabriel et jouer à la malade. Julien m’aurait soigné sans se douter.
Une main sur les fesses, Gabriel m’embrassait du bout des lèvres, je le caressais doucement, quand j’ai entendu des cris. La porte s’est ouverte brusquement. Julien était là, il me regardait comme s’il voyait un fantôme, sans y croire. En une fraction de seconde, je compris la connerie que je venais de faire, mais trop tard, j’étais prise la main dans le sac.
Sidérée, je ne pouvais articuler le moindre mot, ni faire le moindre geste. Julien n’avait même pas l’air en colère, l’incompréhension se lisait sur son visage. Il n’a pas crié, ne m’a pas insulté comme j’aurais pu m’y attendre. D’un air triste, il m’a dit ces simples mots « tu me déçois », c’était pire que la pire des insultes. Que doit-il penser de moi ? Je n’oserais plus le regarder en face.
Il est sorti sans m’écouter, mais qu’aurais-je pu lui dire. Myriam s’est assise sur le bord du lit, elle m’a prise dans ses bras, mes nerfs ont lâché, j’ai éclaté en sanglots.
Julien est revenu pour me dire des choses horribles. Cette nuit, j’ai réalisé que je l’avais terriblement blessé. J’ai peur, peur de le perdre.
--oOo—
JULIEN
Nous retrouvons notre appartement avec plaisir. La vie allait reprendre son quotidien, mais rien ne serait jamais plus pareil.
Nous sommes fatigués du voyage, petit repas rapide, passage sous la douche et au lit. La discussion sera pour demain.
Audrey sort nue de la salle de bain, elle veut se jeter dans mes bras, mon regard l’arrête dans son élan. Montrant son sexe encore imberbe, je veux la blesser, je lui dis méprisant :
- On verra, quand tu ne ressembleras plus à une pute.
Ma vulgarité la surprend, instinctivement elle met ses mains devant elle pour se cacher :
- Mon chéri, je croyais que ça te plaisait ?
- J’ai aimé, car je croyais que tu avais fait ça pour moi. Je comprends maintenant que c’était pour lui... Myriam t’a préparé pour lui.
- …
- T’exhiber comme tu l’as fait devant des inconnus, sans aucune pudeur. J’ai bien vu que tu écartais les cuisses. Quelle honte ! Je ne te reconnais pas, tu n’es plus la femme que j’ai épousée.
Audrey n’ose me regarder, elle rougit en se rappelant le regard de tous ces hommes sur la plage.
- Mon chéri, je regrette tellement. Je ne savais plus ce que je faisais, Myriam a insisté tous les jours, disant que ce n’était pas grave.
- Toujours la faute de Myriam, elle ne t’a pas forcée. C’est toi qui as décidé de coucher avec Gabriel. Tu m’as oublié.
- Je n’ai jamais voulu te tromper, c’était juste une fois pour voir.
- Alors tu as vu ? C’était mieux qu’avec moi ?
- Non, c’est toi que j’aime.
- Ce qui me fait le plus mal, ce n’est pas que tu aies sucé ce mec et baisé avec lui.
- Je ne l’ai pas sucé, me coupe Audrey.
- Tu l’aurais fait si je n’étais pas arrivé.
- Peut-être, je ne sais pas.
- Donc, tu as baisé et tu as joui avec lui avant que j’arrive. Quand j’ai ouvert la porte, tu étais dans ses bras, épanouie, le bonheur se lisait sur ton visage, vous vous embrassiez, vous vous caressiez, comme deux amants après l’amour. C’est cette intimité que je ne peux oublier.
- Mon chéri, je m’en veux, j’aurais tant voulu que tu ne saches jamais rien. Je ne voulais pas te faire de mal.
- Pourtant tu y es bien arrivé… Ne m’appelle plus chéri, réserve ça pour tes amants.
- Je n’ai jamais eu d’amant. Je n’en aurai jamais.
Je me couche sans faire attention à elle. Elle me rejoint sans oser me toucher. Difficile de s’endormir. Je l’entends renifler toute la nuit.
Dans la matinée, son téléphone sonne. Toujours un peu méfiant, je tends l’oreille pour savoir qui est au bout du fil :
- …
- Bonjour, ça va.
- …
- Oui le voyage, sans problème.
- …
- Au mois de juillet ? Non, il vaut mieux ne plus nous voir.
- …
- Je sais, je te l’avais proposé, mais tu dois comprendre que ce n’est plus possible.
- …
- Bien sûr c’était agréable, ça n’a rien à voir… Je n’ai jamais voulu le tromper, je regrette de t’avoir écoutée.
- …
- Je t’en veux, si tu ne m’en avais pas parlé dès notre arrivée, si tu n’avais pas tellement insisté, et ce plan ridicule, comment ai-je pu accepter ? Tu as détruit mon couple.
- …
- J’ai bien compris tu sais, ce n’était pas pour moi, mais pour Gabriel… et tu te dis mon amie.
- …
- Crois-moi, il vaut mieux ne plus nous revoir.
Quand elle raccroche, elle croise mon regard :
- C’était Myriam, elle vient à Paris cet été et envisageait venir chez nous.
- Elle a prévu de venir avec Gabriel ?
- Non ils ne sont plus ensemble, elle a encore changé.
- Je t’avais prévenue de te méfier d’elle.
- …
Il faut remplir le frigo, nous allons faire le marché. Elle achète, je paye et je porte les paquets. Chacun ses habitudes.
J’étais en train de choisir des fruits et des légumes, quand j’entendis une musique créole. Un vendeur de produits antillais avait monté un stand. Je sursaute, voyant Audrey en grande conversation avec lui. Réglant rapidement mes achats, je vais la rejoindre. Sans être jaloux, ce n’est pas ma nature, je suis devenu suspicieux, toujours anxieux dès qu’un homme s’approche trop d’elle. Je me force à sourire pour saluer le grand Black sûrement un Antillais de Belleville. Il me fait un large sourire et s’adresse à moi, jovial :
- Alors, vous avez aimé la Guadeloupe ? Beau pays, n’est-ce pas ?
- …
- Vous voulez des accras, du boudin créole… Ça vous rappellera vos vacances.
Audrey se crispe, je refuse rapidement et l’entraîne un peu plus loin, je ne peux me retenir de faire une remarque :
- Tu avais besoin de lui raconter ta vie ?
Audrey reste silencieuse pour ne pas envenimer la situation.
Le samedi suivant, nous sommes invités pour une soirée chez des amis, nous serons une dizaine. Cela ne me dit rien, impossible de ne pas parler de vacances, passage obligé. Audrey insiste :
- Nous ne pouvons pas annuler sans raison, ce sont nos amis.
- Tu as envie de partager tes exploits ?
Elle quitte la pièce, le regard triste.
Pourquoi annuler ? Allons-y. Cette soirée nous permettra de penser à autre chose pendant quelques heures.
Le soir venu, nous retrouvons nos amis, heureux de nous revoir. Un verre à la main, après avoir refait le monde, parlé des enfants et du boulot, la conversation glisse vers les vacances.
Mon ami Antoine, m’apostrophe :
- Vous toujours les sports d’hiver, pour ne pas changer.
- Il faut bien rentabiliser le studio que nous avons à Avoriaz.
Bien vite, un couple monopolise la parole. Ils reviennent de Martinique, enchantés de leurs vacances dans les Antilles. Nous avons droit à tous les détails, les couleurs, le rhum, la gentillesse des Antillais. D’autres font écho en racontant leurs propres voyages les années précédentes. Chacun son anecdote, sa meilleure randonnée, sa plus belle plage, sa meilleure table.
Je ne dis rien, Audrey me jette un regard de temps à autre, anxieuse de ma réaction. Surtout quand on évoque la Guadeloupe, citant tous les lieux que nous venons de visiter.
Son amie se tourne vers nous :
- Et vous, vous connaissez ? Pas tentés par un voyage sous les tropiques ?
Je ne sais quoi dire. C’est Audrey qui prend la parole :
- Non, nous ne sommes jamais allés par là-bas. Ça ne m’attire pas tellement.
En faisant un clin d’œil à Audrey, son amie rajoute d’un air complice :
- Tu as tort, tu sais. Que des beaux mecs !
Tout le monde rit. Audrey affiche un sourire crispé sans oser me regarder, elle se doute des pensées qui me passent par la tête.
Le soir, nous nous couchons sans un mot.
---oOo---
Cela fait trois semaines que nous sommes rentrés, trois semaines que nous vivons comme deux étrangers. J’aimerais tellement retrouver l’Audrey que j’ai épousé, mais impossible d’oublier.
Un soir, elle s’allonge nue sur notre lit, un fin duvet recouvre son pubis. Souriante, elle me tend la main :
- Vient mon chéri, tu m’as promis. Je t’aime.
Elle me force à m’allonger sur le dos, m’embrasse, me caresse. Je me laisse faire. Mes mains ne restent pas inactives, Audrey à l’air heureuse, cela me réchauffe le cœur. Sa main descend, elle me saisit la queue et me branle en me regardant dans les yeux, un petit sourire coquin au bord des lèvres. Je me retrouve dans sa bouche sans trop savoir comment. Voyant l’effet produit, ni une ni deux, elle s’assoit sur moi à califourchon, et s’empale. Appuyer des deux mains sur mes épaules, c’est elle qui mène la cadence en ondulant. A deux mains, je me saisis de sa poitrine que je pelote en jouant avec ses tétons. De temps en temps elle se penche pour poser ses lèvres sur les miennes. Nous éclatons ensemble, elle se laisse tomber sur moi, à bout de souffle.
Audrey ferme les yeux, radieuse, une douce chaleur l’envahit : « Julien m’a fait jouir comme jamais, il n’y a pas mieux que lui... Il faut que je lui dise que je l’aime, que je regrette, que je n’ai jamais voulu… Et tant de choses que j’ai envie de lui dire ».
Elle vient se blottir dans mes bras. Trop d’images se bousculent dans ma tête. Le même regard, le même sourire, le même bonheur illumine son visage, je ne peux le supporter. D’un bond, je me lève et vais m’enfermer dans la salle de bain.
Quelques instants plus tard, dans la cuisine, devant une tasse de café, je lui annonce que j’ai besoin de prendre un peu de recul.
- J’ai besoin de réfléchir… Seul.
- Où vas-tu ?
- Je vais demander à Antoine et Céline de me prêter leur maison de campagne.
- Quand penses-tu rentrer ? Dit-elle inquiète.
- Je ne sais pas… J’y resterais quelques jours, il faudra que je prévienne le bureau.
- Mais… mon chéri… J’étais tellement heureuse, on s’est retrouvé. Tu n’as pas aimé ?
- Si… C’était même trop bien. C’est la première fois que tu me fais l’amour comme ça. C’est lui qui t’a appris ? Tu croyais que c’était encore lui qui te baisait ?
- …
Je prépare une valise sous ses yeux incrédules, sans oublier mon ordinateur et quelques papiers :
- Tu… Tu veux me quitter, dit-elle d’un air affolé.
- Je ne sais pas, je suis perdu… J’ai compris que tu n’as rien oublié. Tu penses encore à lui ?
- Non, c’était juste une fois, c’est loin maintenant… Tu veux vraiment qu’on se sépare ?
- J’y ai pensé dans l’avion.
- Non ! Je t’aime, je ne veux pas te perdre.
- Nous étions tellement complices, tu as détruit toute la confiance que j’avais en toi. C’est ça ton amour ? Tu m’as trahi.
- Non, jamais, jamais je n’aurais pu te trahir.
- Tu as tout manigancé dans mon dos avec Myriam. Quelle comédie ! Me faire croire que tu étais malade, j’ai eu peur, tu as joué avec mes sentiments. Quels autres mensonges avais-tu préparés ?
- Myriam m’a tourné la tête, je ne savais plus ce que je faisais. Pardonne-moi... Dis-moi que tu m’aimes encore.
- Aimer ? Cela a-t-il encore un sens pour toi ?
On s’est tout dit.
Je prends ma valise, et part sans savoir quand je reviendrai.
Écroulée dans un fauteuil, la tête entre les mains, Audrey croit vivre un mauvais rêve. Sans vraiment y croire, elle entend l’ascenseur emmener l’amour de sa vie.
Il est dangereux de jouer avec le feu. Audrey comprend, un peu tard, qu’il ne faut pas regarder dans le jardin des voisins, l’herbe n’y est pas forcément plus verte.
Chaque année, nous allons aux sports d’hiver au mois de mars pour éviter les vacances scolaires. Temps idéal, il y a toujours une bonne neige et le soleil fait rarement défaut.
Ce rituel dure depuis que nous nous connaissons. Il faut dire que nous nous sommes rencontrés à Avoriaz, une chute malencontreuse avait permis de briser la glace.
Enfin, c’était tous les ans jusqu’à l’an dernier, car cette année, changement de programme. Depuis le temps que son amie Myriam nous invite chez elle en Guadeloupe, nous avons enfin décidé de répondre à son invitation. Les Antilles font toujours rêver.
Myriam avait été le témoin d’Audrey à notre mariage, avant de s’envoler avec son nouveau copain. D’après ce que j’ai compris, ça n’a pas duré, deux années après, il reprenait seul l’avion pour la métropole, laissant Myriam sur place, tombée amoureuse de la Guadeloupe, ou plutôt d’un Guadeloupéen.
Si j’ai bien suivi, elle en est à son troisième. A moins qu’Audrey ne m’ait pas tenu informé des dernières péripéties.
---oOo---
Myriam vient nous chercher à l’aéroport de Pointe-à-Pitre. Dès notre arrivée à Saint-François, elle nous fait l’honneur de sa grande maison, 6 chambres à l’étage et un grand salon donnant sur une piscine digne d’une star. Notre chambre a une salle de bain privée et un lit king size dans lequel j’imagine que nous allons nous perdre.
Myriam vit avec Gabriel, un Guadeloupéen, depuis plus d’un an. Beau mec, bien musclé, pas très causant, mais sympa. Il fait des affaires sur l’île. Je n’ai pas su exactement quel genre d’affaires, mais de toute évidence, il n’est pas dans le besoin.
Dès le premier matin, direction la piscine. Deux transats accueillent Myriam et Audrey qui veulent profiter du soleil pas trop chaud à cette heure. Après une courte hésitation, Audrey retire son haut de maillot pour suivre la mode du pays, comme Myriam lui en fait la remarque.
Se levant pour aller se baigner, Myriam enlève le bas, je découvre son sexe lisse comme le dos de la main. Audrey, ne voulant pas être en reste, enlève le sien, exposant une touffe brune dernier rempart de sa pudeur.
Un regard vers Gabriel me prouve qu’il apprécie le spectacle. Il me sourit. Un peu gêné, je lui renvoie son sourire et rejoins nos femmes qui barbotent dans le plus simple appareil. Très pudique, je garde mon maillot, comme Gabriel, certainement pour ne pas nous mettre mal à l’aise, car je suis certain que seul avec Myriam, il ne doit pas hésiter.
A midi, sans rien demander, il prépare un ti’ punch traditionnel pour fêter notre arrivée. Un verre, deux verres. Le repas est bien arrosé. Au dessert, il sort une bouteille de rhum vieux de 30 ans « dont tu me diras des nouvelles ». Oups ! Ça arrache. Je suis heureux de trouver un transat à l’abri du soleil, pour une sieste réparatrice. Je crois que pour le premier jour, j’ai un peu abusé.
Au réveil, encore à moitié endormi, j’entends Myriam et Audrey qui chuchotent, je ne bouge pas et tends l’oreille pour surprendre ces fameux petits secrets de femmes.
- Non, c’est vrai, jamais, répond Audrey à une question que je n’ai pas entendue.
- Au moins une fois dans ta vie, tu devrais essayer.
- Tu es folle, je ne vais pas coucher avec un inconnu, juste pour essayer.
- Pas coucher, baiser, par un black, pour ne pas mourir idiote.
- …
- Tu as le choix sur l’île. Mais si tu ne veux pas d’un inconnu, Gabriel sera d’accord, tu lui plais.
Je sursaute, mais ne bouge pas, avec l’envie de connaître la suite.
- Tu ne serais pas jalouse ?
- Chacun fait ce qui lui plaît, d’ailleurs, je ne m’en prive pas, il s’en fout… Tu penses que ton mari serait jaloux ?
- Je n’ose même pas y penser. Il serait dans une sacrée colère s’il nous entendait.
En clignant des yeux, je vois Audrey jeter un regard vers moi, elle doit vérifier si je dors.
- Nous serons discrètes, il ne saura jamais rien. N’es-tu pas excitée en voyant ces beaux mâles ? Moi, je craque.
- Pourquoi ? Ils en ont une si grosse ? Lui répond Audrey en riant.
- Non, ça, c’est la légende. Certains sont bien membrés, pas tous, comme les blancs. J’ai même connu des mauvais coups. Mais il émane d’eux une sensualité que je n’avais jamais ressentie avant. Je ne peux plus m’en passer… Alors tentée ? Tu ne le regretteras pas.
- Non, non, c’est ridicule.
- Tu m’en reparleras quand tu sentiras leurs regards, surtout dans la tenue où nous sommes… Regarde Gabriel, il ne loupe rien. Tes seins, tes fesses et le reste ont l’air de bien lui plaire.
- Oh ! S’exclame Audrey en posant une main devant elle pour se cacher.
Machinalement, je tourne la tête, effectivement Gabriel se rince l’œil depuis un bon moment, à quelques mètres d’elles.
- Julien est parfait, je l’aime, je n’ai aucune envie de le tromper.
- Tout de suite les grands mots, il ne s’agit pas de le tromper, juste une fois pour essayer quelque chose de différent, ça ne compte pas. Tu verras, c’est incomparable.
- Je ne verrais rien du tout, c’est hors de question.
Ouf ! Je suis soulagé.
Quelle garce cette Myriam ! Il faudra que je surveille Gabriel.
Totalement rassuré, je grogne un peu en m’étirant, je baille fort, ce qui déclenche leur hilarité et stoppe net leur conversation.
Myriam se lève pour aller chercher des rafraîchissements, je la suis des yeux discrètement. Nous discutons tous les quatre des beautés de la Guadeloupe, un grand verre de jus de fruit bien frais à la main. Gentiment, Gabriel me propose de nous prêter sa voiture pour visiter l’île.
Bronzage oblige, nos femmes exposent leurs corps au soleil, et à nos regards. Je commence à m’habituer. Allongées l’une à côté de l’autre, 4 seins arrogants, une foufoune glabre, l’autre avec un joli duvet.
- Gabriel vient me passer de la crème solaire, ordonne Myriam en lui tendant un flacon. Insiste bien sur les fesses et les zones sensibles.
Sans hésiter, Gabriel s’exécute d’une main experte. Rapidement, Myriam est luisante, recto-verso :
- A ton tour, dit-elle en se tournant vers Audrey.
Sans un mot, Gabriel s’installe, les mains prêtes à rendre service.
Audrey ne dit rien. Docile, elle se retourne rapidement sur le ventre, et ferme les yeux. Gabriel est méticuleux, les épaules, le dos, il s’attaque aux fesses trop blanches, les cuisses, les pieds. Je suis surpris qu’Audrey accepte si facilement ce qui pourrait être pris pour des caresses, sans oser intervenir de peur de passer pour plus jaloux que je ne suis.
Audrey ouvre un œil, le regard un peu vide. De toute évidence, elle a apprécié le traitement de Gabriel. Sans vouloir paraître rabat-joie, je me jure de lui en parler ce soir dans l’intimité. Myriam lâche :
- Tourne-toi, il va te faire l’autre face.
Audrey se retourne lentement exposant son côté pile. Je blêmis. Elle me regarde en souriant :
- A toi maintenant… Gabriel passe lui le flacon.
Ouf ! Mon imagination me joue des tours, c’est leur conversation aussi qui m’a troublée.
A contrecœur, Gabriel va plonger dans la piscine tandis que je m’applique à protéger ma chérie des rayons du soleil. Les épaules, les bras, les seins, j’insiste là où la peau est la plus fragile, je descends, le ventre, les cuisses, pas un centimètre de peau n’échappe à ma vigilance.
Audrey s’assoit :
- A ton tour mon chéri. Viens, je vais t’enduire.
Joignant le geste à la parole, elle me tire par la main pour m’asseoir sur le bord de son transat. Assise derrière moi, elle m’enduit copieusement les épaules et le dos, et se colle contre moi me faisant sentir ses seins bien fermes. Je m’allonge sur le ventre et m’abandonne à ses douces mains, hésitant à me mettre sur le dos pour ne pas exposer l’effet produit.
Farniente tout l’après-midi, entre baignade, bronzette et jus de goyave. Vers 18 heures, la nuit tombe, c’est l’heure de l’apéritif, Gabriel revient avec un broc de punch.
Nos femmes se lèvent, Myriam prend Audrey par la main et l’emmène avec elle. Elle a juste le temps de saisir son t-shirt. En revenant revêtues d’un paréo multicolore, Myriam jette un coup d’œil complice à Gabriel, tandis qu’intrigué, je regarde Audrey. Elle vient me faire une bise :
- Tu verras ce soir, me dit-elle mystérieuse.
Le soir dans notre chambre, elle se déshabille de dos et se retourne d’un coup face à moi :
- Surprise !
Je sursaute, plus un seul poil. Son sexe est lisse comme je ne l’ai jamais vu. L’effet est foudroyant, je suis certain qu’elle le remarque.
- Tu aimes mon chéri, me susurre-t-elle les yeux pétillants.
Bien sûr que j’aime. Pour le lui prouver, je me mets à genoux pour embrasser ses lèvres intimes que je découvre vraiment pour la première fois. Quelques coups de langue sur son petit bouton déclenchent son premier orgasme.
Premier, car un second va suivre, quand ayant collé ses lèvres sur les miennes encore humides de son suc, elle écarte les cuisses pour me laisser le passage. Je réponds à son invitation avec entrain.
Ayant repris nos esprits, je me risque à lui faire une remarque :
- Euh !... Tu comptes vraiment bronzer comme ça ?
- Ben oui… Pourquoi ? Me répond-elle innocemment avec un grand sourire.
L’image de Gabriel lui caressant les fesses me revient en mémoire. Sans être particulièrement jaloux, il faut que j’intervienne. D’un air faussement complice, je lui murmure :
- On dirait que tu plais à Gabriel ?
- Heureusement que je plais encore, mais c’est toi que j’aime.
- Fais attention, Myriam est nuisible.
- Tu exagères, c’est mon amie.
- Fais attention tout de même.
---oOo---
Les jours se suivent et se ressemblent.
Le matin, piscine et bronzette sous l’œil toujours intéressé de Gabriel. Puis nous visitons l’île, rhumerie, mangrove, le jardin zoologique de la villa de Coluche, la réserve Cousteau avec ses animaux marins et les larges plages qui permettent à Audrey de parfaire son bronzage. Enfin, elle garde le bas, des regards insistants auraient pu être gênants.
Le soir, au contraire, elle apprécie le mien de regard. Comme les jours, nos nuits se suivent et se ressemblent, pour notre plus grand plaisir. L’ambiance, le rhum, notre libido est au top.
Un jour, Myriam nous emmène à la Pointe des Châteaux, spectacle grandiose au bout de l’île, où les vagues se fracassent contre les rochers. En revenant, une halte est prévue plage Tarare que Myriam nous vante depuis hier.
Surprise, c’est une plage naturiste. Audrey a un geste de recul en voyant le panneau au début du petit chemin qui mène à la plage. Autoritaire, Myriam la prend par le bras :
- Viens, c’est un vrai super marché, tu trouveras sûrement celui qui va te plaire.
Je ne relève pas l’allusion, souriant comme si c’était une bonne blague, avec l’espoir que la plage sera aussi peuplée de belles naïades.
Est-ce une impression, Audrey a rougi en croisant trois beaux mâles entièrement nus. Les trois premiers, car la plage est bondée.
Ayant posé nos serviettes, très à l’aise, Myriam se retrouve nue en quelques secondes. Audrey marque un temps d’arrêt avant d’enlever sa robe découvrant ses seins nus. Ne voulant pas paraître nunuche devant son amie, elle me regarde avec un pâle sourire, et enlève le bas en regardant autour d’elle. Pudeur oblige, elle reste assise les jambes repliées, se tenant les genoux pour se découvrir le moins possible.
Sur ma serviette à côté d’elle, j’ai longuement hésité avant de faire glisser mon maillot, pas très habitué à exhiber mes attributs.
Myriam saisie Audrey par la main :
- Allez, on va se baigner.
Après une courte hésitation, Audrey suit son amie et court vers la mer suivie par une dizaine de paires d’yeux ne voulant rien perdre du spectacle.
Quelques minutes plus tard, les mêmes paires d’yeux les raccompagnent à nos serviettes. En s’essuyant, gênée, Audrey évite mon regard. Mais très vite elle s’habitue à être le centre d’intérêt des hommes qui nous entourent.
Le soir, elle est déchaînée, boostée par le souvenir de ces hommes nus qui la regardaient, et les deux verres de rhum servi par Gabriel avant de dîner.
Dans les bras l’un de l’autre, Audrey semble vouloir se justifier :
- Mon chéri, j’étais gênée cet après-midi… Le regard de ces hommes. Myriam a insisté, je n’ai pas osé me défiler.
- Ce n’est pas grave, tu es la plus belle. Mais je t’ai prévenu, cette femme n’est pas nette. Attention, elle pourrait être dangereuse.
- Que veux-tu dire ?
- Je ne sais pas, méfie-toi d’elle.
Je la serre dans mes bras.
J’aurais aimé que ces vacances ne finissent jamais. Pourtant, un jour, il faut songer à préparer nos valises. Pour fêter notre départ, Myriam organise une petite soirée avec leurs amis. Barbecue, punch et soirée dansante, tout est prévu. Nous ne serons pas frais demain, mais l’avion est là pour récupérer.
Audrey aide son amie à la cuisine, tandis qu’avec Gabriel nous disposons les tables et les chaises autour de la piscine.
Dès la tombée de la nuit, un verre à la main, nous faisons connaissance avec les invités plus nombreux que ce que j’avais imaginé. Les amis des amis, c’est la tradition.
Commencée sur un rythme techno pour faire bouger tout le monde, suivi de musiques locales, la soirée continue de façon plus calme par des slows qui nous rappellent notre jeunesse, nous dansons dans les bras l’un de l’autre.
Comme tout le monde, Audrey a un peu abusé du punch, elle ne quitte pas la piste de danse et rit à la moindre blague de ses cavaliers qui se succèdent. Un grand black l’invite, elle se pend à son cou de peur de tomber. Après un zouk très sensuel, elle se love dans ses bras pour un slow langoureux. Je ne veux pas paraître trop jaloux… Jaloux de quoi ? D’une danse ? Je deviens parano, il faut que je chasse ces idées de ma tête.
Après avoir invité Myriam plus par politesse que par envie, je me sens obligé de danser avec une grande black que Myriam me présente, le sacrifice n’est pas trop grand. Je me laisse entraîner par la musique, sa poitrine appuyée contre moi. Slow, rock, zouk, les danses se succèdent. Un peu essoufflé, j’invite ma cavalière à boire un verre. En m’approchant du bar, je prends conscience qu’Audrey n’est plus sur la piste, je l’ai perdue de vue en dansant. Je la cherche des yeux. J’abandonne ma belle black, pour aller voir Myriam qui m’annonce qu’Audrey a un peu trop bu, ne se sentant pas très bien, elle l’a accompagnée dans notre chambre. Je décide d’aller la rejoindre, mais Myriam me tend un verre :
- Elle dort, laisse là se reposer, elle a besoin de récupérer. Nous irons la voir tout à l’heure.
Pris d’un doute ridicule, je cherche du regard le grand black avec qui elle dansait il n’y a pas si longtemps. Ouf ! Il est en grande discussion dans un groupe un peu à l’écart de l’autre côté de la piscine.
Je me fais du souci pour ma chérie, si elle est malade, je dois m’occuper d’elle. Elle ne comprendrait pas que je continue à danser, sans m’inquiéter. Notre chambre n’est pas loin, ce sera rapide, si elle dort, je repartirais sur la pointe des pieds.
Je me dirige d’un pas rapide vers notre chambre, quand j’entends des pas derrière moi, Myriam me rattrape :
- Non n’y va pas, laisse la se reposer.
- T’inquiètes, je ne vais pas la réveiller si elle dort. Juste voir si elle a besoin de moi.
Sans ralentir ma marche, j’arrive devant notre porte :
- N’ouvre pas.
Myriam a crié, affolée. Je la regarde, peur de comprendre. Mon sang ne fait qu’un tour.
J’ouvre la porte brusquement et m’arrête frappé de stupeur. Audrey ma chérie, nue dans les bras de Gabriel, radieuse, cuisses contre cuisses, ses seins collés à lui, ils s’embrassent. Il a une main sur ses fesses qu’il caresse lentement, tandis qu’elle passe sa main tendrement sur son torse, jouant avec ses poils. Moment d’intimité avant de recommencer.
Le bruit de la porte et le cri de Myriam ont fait sursauter Audrey, elle se retourne brusquement, la surprise et la peur se lisent sur son visage. Elle reste pétrifiée, me regardant sans comprendre, la bouche ouverte, aucun son ne sort, elle fait non de la tête. Myriam hausse les épaules en signe d’impuissance.
Plus rapide Gabriel a enfilé un short et se sauve sans un mot. En bougeant, Audrey a écarté les jambes, aucun doute, ils viennent de baiser.
Elle sort enfin de son mutisme, et articule faiblement :
- Nooon… Mon chéri, laisse-moi t’expliquer.
Je la regarde plus triste qu’en colère :
- Pas toi, pas toi… Tu me déçois, dis-je de façon méprisante, avant de quitter la chambre.
En passant devant Myriam :
- Salope !
En m’éloignant, j’entends les pleurs d’Audrey. Pour me ressaisir, je vais au bar boire un grand verre de punch. Non, ce n’est pas possible, pas Audrey, pas elle. Reprenant mes esprits, je retourne dans notre chambre, elle est dans les bras de Myriam qui essaie de la consoler :
- Rassure-toi, vous vous aimez, il te pardonnera.
Je la saisis par le bras et la mets dehors :
- Tire-toi.
Audrey est recroquevillée sur le lit, elle a tiré le drap pour cacher sa nudité. Je me plante devant elle, le regard accusateur. Elle se jette dans mes bras :
- Pardon mon chéri, pardon.
- Va prendre une douche, tu pues… Dans notre lit en plus.
- Myriam devait changer les draps.
- Vous aviez vraiment tout prévu.
Elle revient enveloppée dans une serviette, et me regarde avec un air de chien battu. Je ne fais aucun geste vers elle :
- Je t’aime, je ne voulais pas te tromper, c’est Myriam, dans l’ambiance, j’ai trop bu, je me suis laissé aller…
- Bien sûr, ce n’est pas ta faute… Ça dure depuis combien de temps ?
- C’est la première fois, la seule… Je te le jure.
J’ai envie de parler, lui dire toute ma déception :
- Tu me fais honte.
- …
- C’est ma faute. Quand on s’est connu, je t’ai mise sur un piédestal, tu étais la femme parfaite, l’épouse parfaite, l’amante parfaite, j’étais certain que tu serais une mère parfaite, je n’ai jamais rien eu à te reprocher. J’aurais dû me méfier, le bonheur parfait n’existe pas. Tu viens de tomber de ton piédestal, la chute n’en est que plus dure. Je ne vois plus en toi qu’une femme comme toutes les autres.
- …
- Je ne dis pas que toutes les femmes trompent leurs maris, certaines sont sérieuses. Tu n’en fais pas partie.
- Oh !
Je m’installe dans un fauteuil laissant le lit à cette traîtresse, dans les draps encore imprégnés de l’odeur de son amant.
Au petit matin, je me réveille, Audrey est à côté de moi, elle a les yeux rouges, elle n’a pas dû beaucoup dormir. Elle me caresse la tête tendrement, voyant que j’ouvre les yeux, elle essaie de m’embrasser, je tourne la tête, ce serait trop simple.
Myriam frappe à la porte :
- C’est 7 heures, levez-vous, l’avion n’attendra pas.
J’attends qu’Audrey sorte de la salle de bain pour aller me doucher. Pas de réconciliation.
Sans avoir prononcé un seul mot, nous allons dans le jardin prendre le petit-déjeuner. Comme tous les matins, grande corbeille de fruits, confiture exotique maison, petits pains croustillants… Myriam nous accueille, souriante :
- Gabriel a dû partir tôt ce matin, mais il doit revenir pour vous accompagner à l’aéroport, vous avez le temps.
Mon air renfrogné lui enlève son sourire :
- Pas besoin de lui, je prendrais un taxi…
Et me tournant vers Audrey, je rajoute :
- Si tu préfères, tu peux y aller avec ton amant.
Audrey ne répond pas, j’avale juste un café, délaissant le copieux petit-déjeuner préparé par Myriam.
En nous quittant, Gabriel ne s’est toujours pas montré, Myriam essaie de s’expliquer :
- N’en veux pas à Audrey, tout est de ma faute. Ce n’est pas si grave.
Elle me tend une bouteille de Rhum, légèrement ambrée.
- Tu as aimé notre vieux rhum, plus de 30 ans. Tiens pour me faire pardonner, un cadeau, il m’en restait une bouteille. C’est la dernière.
Je saisis la bouteille, mais au lieu de la remercier comme elle s’y attend, je la jette violemment sur le sol sous ses yeux incrédules :
- Tu peux la garder… Ton cadeau, tu l’as donné hier à Gabriel, dis-je en regardant durement Audrey.
Myriam sursaute, elle tourne la tête vers Audrey. Voyant son visage décomposé, elle comprend que c’est plus grave que ce qu’elle pouvait penser, que je ne suis pas prêt d’oublier.
Je porte nos valises jusqu’au taxi qui attend, Audrey me suit en silence. Les deux amies se disent au revoir, petites bises et embrassades :
- Excuse-moi, je n’aurais jamais cru… A bientôt à Paris ?
Myriam essaie de me faire la bise, je la repousse, sans même la regarder.
Sur la route qui mène à l’aéroport, Audrey sort de son silence :
- Tu aurais pu être plus poli, elle nous a reçus 15 jours... Tu te rends compte de la valeur de la bouteille qu’elle nous a offert.
- Je ne veux rien garder d’elle, rien garder de ce voyage. Elle ne s’attendait tout de même pas que je la remercie. Tu lui as offert un cadeau qui a encore plus de valeur.
- Oh !
- Je t’avais dit qu’elle était nuisible. Tu ne m’as pas écouté.
Une fois dans l’avion, nous nous installons pour une petite sieste, pour nous remettre de nos émotions. Tout naturellement, mes pensées vont vers Audrey. Je l’avais pourtant mise en garde. Myriam a tout fait pour la mettre dans le lit de Gabriel.
Bercée par le ronron des moteurs, Audrey somnole. Elle pose négligemment sa main sur la mienne, je la retire vivement.
« Audrey pourquoi ? Tu as détruit tout l’amour que j’ai pour toi ».
--oOo—
AUDREY
Julien m’a encore repoussé, il ne veut plus que je le touche, comme une pestiférée. Comment en sommes-nous arrivés là ? Ou plutôt, comment en suis-je arrivé à le tromper ? J’ai peur, peur de l’avenir.
Les vacances avaient bien commencé. J’étais heureuse de répondre à l’invitation de mon amie Myriam qui me vantait depuis longtemps les mérites de son île, plage et soleil en plein hiver.
Le premier jour, j’ai été surprise de sa proposition de baiser avec son copain, j’ai cru à une blague. Mais quand elle a voulu me raser le minou et qu’après elle a demandé à Gabriel de me passer de la crème solaire, j’aurais dû me méfier. Julien a vite compris son manège, il avait raison, j’aurais dû faire plus attention.
Tous les jours, elle m’en reparlait, comme pour me conditionner. Mais tromper mon mari, jamais. C’était inenvisageable.
D’ailleurs, nous n’avons jamais autant fait l’amour.
Et puis, il y a eu la soirée d’hier. Le punch, c’est traître, il monte vite la tête, Myriam en a profité. J’ai honte. Et en plus, Julien m’a vu, pourra-t-il un jour oublier ?
Dans l’après-midi, j’étais dans la cuisine avec Myriam pour préparer le buffet. En tartinant les amuse-gueules, elle s’est arrêtée en me regardant de son air le plus sérieux :
- C’est ce soir ou jamais, ta dernière chance, en me désignant Gabriel d’un coup de menton. Ton mari ne le saura pas.
Elle avait un plan. Je n’aurais pas dû écouter ses divagations.
La soirée était déjà bien avancée, j’avais dû abuser un peu du punch, la tête me tournait. Elle me présenta Noah un grand black qui me collait en dansant, cela faisait partie de son plan.
Quelques danses plus tard, Julien était dans les bras d’une superbe antillaise que Myriam lui avait présentée. Elle me saisit par le bras :
- C’est le moment. Vas-y, tu as le temps.
Sans réfléchir, j’ai marché vers notre chambre. Gabriel m’attendait.
C’est un rapide, d’une petite poussée sur le bas du dos, il me propulsa dans notre chambre. De suite, il a essayé de m’embrasser, j’ai tourné la tête, mais il réussit à m’enlever ma robe en un tour de main.
Il bandait. Je sentais son sexe contre mes cuisses qu’il me força à ouvrir. Je me suis bêtement laissé faire.
Il m’a pénétré sans plus de préliminaire, et m’a fait jouir rapidement. Il n’avait pas débandé et a voulu recommencer. Sans un mot, il m’aida à me mettre à califourchon sur lui, et m’empala sur son pieu. Il me pétrissait les seins. Emportée par le plaisir qui montait en moi, mes mains appuyées sur ses pectoraux inondés de sueur, je menais la cadence. Je crois n’avoir jamais ressenti une bite aussi loin en moi. J’ai joui une seconde fois.
Maintenant, j‘ai conscience que j’ai trompé Julien sans vraiment y penser, sans culpabiliser, ce n’était qu’une expérience, hors du temps, hors de notre couple. J’admets que Gabriel m’a donné beaucoup de plaisir, Myriam avait raison, il faut connaître ça une fois dans sa vie. C’est sa force qui m’a fait jouir, mais faire l’amour sans amour, sans même un peu de tendresse, laisse un goût amer.
Je dis ça après. Sur le moment, j’étais bien dans ses bras. Nous n’avions pas allumé la lumière, la lune éclairait suffisamment la pièce pour me laisser admirer son corps luisant. Je me suis collée contre lui. Hésitante, j’ai tendu la main vers son torse puissant, pour dessiner du bout des doigts les contours de sa musculature.
Je n’ai même pas pris conscience du danger, Julien pouvait arriver d’une minute à l’autre. J’avais le temps, Myriam veillait. Suivant son plan, je devais effacer les traces du passage de Gabriel et jouer à la malade. Julien m’aurait soigné sans se douter.
Une main sur les fesses, Gabriel m’embrassait du bout des lèvres, je le caressais doucement, quand j’ai entendu des cris. La porte s’est ouverte brusquement. Julien était là, il me regardait comme s’il voyait un fantôme, sans y croire. En une fraction de seconde, je compris la connerie que je venais de faire, mais trop tard, j’étais prise la main dans le sac.
Sidérée, je ne pouvais articuler le moindre mot, ni faire le moindre geste. Julien n’avait même pas l’air en colère, l’incompréhension se lisait sur son visage. Il n’a pas crié, ne m’a pas insulté comme j’aurais pu m’y attendre. D’un air triste, il m’a dit ces simples mots « tu me déçois », c’était pire que la pire des insultes. Que doit-il penser de moi ? Je n’oserais plus le regarder en face.
Il est sorti sans m’écouter, mais qu’aurais-je pu lui dire. Myriam s’est assise sur le bord du lit, elle m’a prise dans ses bras, mes nerfs ont lâché, j’ai éclaté en sanglots.
Julien est revenu pour me dire des choses horribles. Cette nuit, j’ai réalisé que je l’avais terriblement blessé. J’ai peur, peur de le perdre.
--oOo—
JULIEN
Nous retrouvons notre appartement avec plaisir. La vie allait reprendre son quotidien, mais rien ne serait jamais plus pareil.
Nous sommes fatigués du voyage, petit repas rapide, passage sous la douche et au lit. La discussion sera pour demain.
Audrey sort nue de la salle de bain, elle veut se jeter dans mes bras, mon regard l’arrête dans son élan. Montrant son sexe encore imberbe, je veux la blesser, je lui dis méprisant :
- On verra, quand tu ne ressembleras plus à une pute.
Ma vulgarité la surprend, instinctivement elle met ses mains devant elle pour se cacher :
- Mon chéri, je croyais que ça te plaisait ?
- J’ai aimé, car je croyais que tu avais fait ça pour moi. Je comprends maintenant que c’était pour lui... Myriam t’a préparé pour lui.
- …
- T’exhiber comme tu l’as fait devant des inconnus, sans aucune pudeur. J’ai bien vu que tu écartais les cuisses. Quelle honte ! Je ne te reconnais pas, tu n’es plus la femme que j’ai épousée.
Audrey n’ose me regarder, elle rougit en se rappelant le regard de tous ces hommes sur la plage.
- Mon chéri, je regrette tellement. Je ne savais plus ce que je faisais, Myriam a insisté tous les jours, disant que ce n’était pas grave.
- Toujours la faute de Myriam, elle ne t’a pas forcée. C’est toi qui as décidé de coucher avec Gabriel. Tu m’as oublié.
- Je n’ai jamais voulu te tromper, c’était juste une fois pour voir.
- Alors tu as vu ? C’était mieux qu’avec moi ?
- Non, c’est toi que j’aime.
- Ce qui me fait le plus mal, ce n’est pas que tu aies sucé ce mec et baisé avec lui.
- Je ne l’ai pas sucé, me coupe Audrey.
- Tu l’aurais fait si je n’étais pas arrivé.
- Peut-être, je ne sais pas.
- Donc, tu as baisé et tu as joui avec lui avant que j’arrive. Quand j’ai ouvert la porte, tu étais dans ses bras, épanouie, le bonheur se lisait sur ton visage, vous vous embrassiez, vous vous caressiez, comme deux amants après l’amour. C’est cette intimité que je ne peux oublier.
- Mon chéri, je m’en veux, j’aurais tant voulu que tu ne saches jamais rien. Je ne voulais pas te faire de mal.
- Pourtant tu y es bien arrivé… Ne m’appelle plus chéri, réserve ça pour tes amants.
- Je n’ai jamais eu d’amant. Je n’en aurai jamais.
Je me couche sans faire attention à elle. Elle me rejoint sans oser me toucher. Difficile de s’endormir. Je l’entends renifler toute la nuit.
Dans la matinée, son téléphone sonne. Toujours un peu méfiant, je tends l’oreille pour savoir qui est au bout du fil :
- …
- Bonjour, ça va.
- …
- Oui le voyage, sans problème.
- …
- Au mois de juillet ? Non, il vaut mieux ne plus nous voir.
- …
- Je sais, je te l’avais proposé, mais tu dois comprendre que ce n’est plus possible.
- …
- Bien sûr c’était agréable, ça n’a rien à voir… Je n’ai jamais voulu le tromper, je regrette de t’avoir écoutée.
- …
- Je t’en veux, si tu ne m’en avais pas parlé dès notre arrivée, si tu n’avais pas tellement insisté, et ce plan ridicule, comment ai-je pu accepter ? Tu as détruit mon couple.
- …
- J’ai bien compris tu sais, ce n’était pas pour moi, mais pour Gabriel… et tu te dis mon amie.
- …
- Crois-moi, il vaut mieux ne plus nous revoir.
Quand elle raccroche, elle croise mon regard :
- C’était Myriam, elle vient à Paris cet été et envisageait venir chez nous.
- Elle a prévu de venir avec Gabriel ?
- Non ils ne sont plus ensemble, elle a encore changé.
- Je t’avais prévenue de te méfier d’elle.
- …
Il faut remplir le frigo, nous allons faire le marché. Elle achète, je paye et je porte les paquets. Chacun ses habitudes.
J’étais en train de choisir des fruits et des légumes, quand j’entendis une musique créole. Un vendeur de produits antillais avait monté un stand. Je sursaute, voyant Audrey en grande conversation avec lui. Réglant rapidement mes achats, je vais la rejoindre. Sans être jaloux, ce n’est pas ma nature, je suis devenu suspicieux, toujours anxieux dès qu’un homme s’approche trop d’elle. Je me force à sourire pour saluer le grand Black sûrement un Antillais de Belleville. Il me fait un large sourire et s’adresse à moi, jovial :
- Alors, vous avez aimé la Guadeloupe ? Beau pays, n’est-ce pas ?
- …
- Vous voulez des accras, du boudin créole… Ça vous rappellera vos vacances.
Audrey se crispe, je refuse rapidement et l’entraîne un peu plus loin, je ne peux me retenir de faire une remarque :
- Tu avais besoin de lui raconter ta vie ?
Audrey reste silencieuse pour ne pas envenimer la situation.
Le samedi suivant, nous sommes invités pour une soirée chez des amis, nous serons une dizaine. Cela ne me dit rien, impossible de ne pas parler de vacances, passage obligé. Audrey insiste :
- Nous ne pouvons pas annuler sans raison, ce sont nos amis.
- Tu as envie de partager tes exploits ?
Elle quitte la pièce, le regard triste.
Pourquoi annuler ? Allons-y. Cette soirée nous permettra de penser à autre chose pendant quelques heures.
Le soir venu, nous retrouvons nos amis, heureux de nous revoir. Un verre à la main, après avoir refait le monde, parlé des enfants et du boulot, la conversation glisse vers les vacances.
Mon ami Antoine, m’apostrophe :
- Vous toujours les sports d’hiver, pour ne pas changer.
- Il faut bien rentabiliser le studio que nous avons à Avoriaz.
Bien vite, un couple monopolise la parole. Ils reviennent de Martinique, enchantés de leurs vacances dans les Antilles. Nous avons droit à tous les détails, les couleurs, le rhum, la gentillesse des Antillais. D’autres font écho en racontant leurs propres voyages les années précédentes. Chacun son anecdote, sa meilleure randonnée, sa plus belle plage, sa meilleure table.
Je ne dis rien, Audrey me jette un regard de temps à autre, anxieuse de ma réaction. Surtout quand on évoque la Guadeloupe, citant tous les lieux que nous venons de visiter.
Son amie se tourne vers nous :
- Et vous, vous connaissez ? Pas tentés par un voyage sous les tropiques ?
Je ne sais quoi dire. C’est Audrey qui prend la parole :
- Non, nous ne sommes jamais allés par là-bas. Ça ne m’attire pas tellement.
En faisant un clin d’œil à Audrey, son amie rajoute d’un air complice :
- Tu as tort, tu sais. Que des beaux mecs !
Tout le monde rit. Audrey affiche un sourire crispé sans oser me regarder, elle se doute des pensées qui me passent par la tête.
Le soir, nous nous couchons sans un mot.
---oOo---
Cela fait trois semaines que nous sommes rentrés, trois semaines que nous vivons comme deux étrangers. J’aimerais tellement retrouver l’Audrey que j’ai épousé, mais impossible d’oublier.
Un soir, elle s’allonge nue sur notre lit, un fin duvet recouvre son pubis. Souriante, elle me tend la main :
- Vient mon chéri, tu m’as promis. Je t’aime.
Elle me force à m’allonger sur le dos, m’embrasse, me caresse. Je me laisse faire. Mes mains ne restent pas inactives, Audrey à l’air heureuse, cela me réchauffe le cœur. Sa main descend, elle me saisit la queue et me branle en me regardant dans les yeux, un petit sourire coquin au bord des lèvres. Je me retrouve dans sa bouche sans trop savoir comment. Voyant l’effet produit, ni une ni deux, elle s’assoit sur moi à califourchon, et s’empale. Appuyer des deux mains sur mes épaules, c’est elle qui mène la cadence en ondulant. A deux mains, je me saisis de sa poitrine que je pelote en jouant avec ses tétons. De temps en temps elle se penche pour poser ses lèvres sur les miennes. Nous éclatons ensemble, elle se laisse tomber sur moi, à bout de souffle.
Audrey ferme les yeux, radieuse, une douce chaleur l’envahit : « Julien m’a fait jouir comme jamais, il n’y a pas mieux que lui... Il faut que je lui dise que je l’aime, que je regrette, que je n’ai jamais voulu… Et tant de choses que j’ai envie de lui dire ».
Elle vient se blottir dans mes bras. Trop d’images se bousculent dans ma tête. Le même regard, le même sourire, le même bonheur illumine son visage, je ne peux le supporter. D’un bond, je me lève et vais m’enfermer dans la salle de bain.
Quelques instants plus tard, dans la cuisine, devant une tasse de café, je lui annonce que j’ai besoin de prendre un peu de recul.
- J’ai besoin de réfléchir… Seul.
- Où vas-tu ?
- Je vais demander à Antoine et Céline de me prêter leur maison de campagne.
- Quand penses-tu rentrer ? Dit-elle inquiète.
- Je ne sais pas… J’y resterais quelques jours, il faudra que je prévienne le bureau.
- Mais… mon chéri… J’étais tellement heureuse, on s’est retrouvé. Tu n’as pas aimé ?
- Si… C’était même trop bien. C’est la première fois que tu me fais l’amour comme ça. C’est lui qui t’a appris ? Tu croyais que c’était encore lui qui te baisait ?
- …
Je prépare une valise sous ses yeux incrédules, sans oublier mon ordinateur et quelques papiers :
- Tu… Tu veux me quitter, dit-elle d’un air affolé.
- Je ne sais pas, je suis perdu… J’ai compris que tu n’as rien oublié. Tu penses encore à lui ?
- Non, c’était juste une fois, c’est loin maintenant… Tu veux vraiment qu’on se sépare ?
- J’y ai pensé dans l’avion.
- Non ! Je t’aime, je ne veux pas te perdre.
- Nous étions tellement complices, tu as détruit toute la confiance que j’avais en toi. C’est ça ton amour ? Tu m’as trahi.
- Non, jamais, jamais je n’aurais pu te trahir.
- Tu as tout manigancé dans mon dos avec Myriam. Quelle comédie ! Me faire croire que tu étais malade, j’ai eu peur, tu as joué avec mes sentiments. Quels autres mensonges avais-tu préparés ?
- Myriam m’a tourné la tête, je ne savais plus ce que je faisais. Pardonne-moi... Dis-moi que tu m’aimes encore.
- Aimer ? Cela a-t-il encore un sens pour toi ?
On s’est tout dit.
Je prends ma valise, et part sans savoir quand je reviendrai.
Écroulée dans un fauteuil, la tête entre les mains, Audrey croit vivre un mauvais rêve. Sans vraiment y croire, elle entend l’ascenseur emmener l’amour de sa vie.
Il est dangereux de jouer avec le feu. Audrey comprend, un peu tard, qu’il ne faut pas regarder dans le jardin des voisins, l’herbe n’y est pas forcément plus verte.
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4 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Non olga, la force du vrai amour est de ne pas meurtrir son ou sa partenaire. Les jeux sont une chose, causer de la souffrance en est une autre.
Toujours 1 plaisir de te lire. Ça fait du bien d’avoir autre chose que des histoires sur des cocus heureux
Audrey est fautive, même si elle a été entrainée par sa perverse amie. Mais la force d'un amour n'est-elle pas de pardonner?
Pas assez qu'elle l'a trompé mais en plus elle a niqué sans capotes, donc prise de risque grossesse et IST.
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