Le feu sur la glace (13)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Le feu sur la glace (13)
Chapitre 13
La séance fut une torture physique, mais chaque fois que nos regards se croisaient durant les portés, un sourire secret flottait sur nos lèvres. Viktor pouvait nous briser le corps, il ne pouvait pas nous enlever le souvenir des tasses dépareillées et de la Tour Eiffel au lever du jour.
Le silence dans l'arène vide est total, seulement troublé par le bourdonnement des machines à glace au loin. Viktor nous fixe longuement. Son visage est marqué par la fatigue, mais ses yeux brûlent d'une ambition féroce.
— « Écoutez-moi bien, » commence-t-il d'une voix sourde qui résonne contre les gradins déserts. « Tokyo était une bataille de rue. Milan sera une guerre d'usure. Vous croyez que votre titre mondial vous garantit un billet pour l'Italie ? C'est faux. Le comité olympique ne veut pas seulement des champions, il veut des symboles invulnérables. »
Il ouvre son dossier et pointe des graphiques complexes. Il nous détaille le calvaire administratif et sportif qui nous attend :
• Le Ranking Mondial Permanent : Nous devons rester dans le Top 3 mondial sans aucune interruption. La moindre contre-performance aux Grands Prix nous ferait dégringoler et nous ferait perdre notre statut de "priorité nationale".
• Les Championnats Nationaux : Même champions du monde, nous devons nous présenter aux Championnats de France chaque année. C'est là que les juges évaluent notre capacité à supporter la pression de notre propre public, désormais au courant de notre vie privée.
• Le Quota des Trois Places : Lors des Mondiaux de l'année précédant les Jeux, nous avons la responsabilité de finir sur le podium pour qualifier trois duos français. Si nous échouons, la France perd ses places, et nous devenons les parias de la fédération.
• La Commission de "Moralité et Stabilité" : Six mois avant Milan, une commission technique viendra nous observer à huis clos. Ils jugeront si notre couple est un atout médiatique ou un risque de distraction.
— « Vous allez être scrutés, testés, poussés à bout, » conclut Viktor en refermant le dossier avec un claquement sec. « Mais si vous suivez mon plan, vous n'irez pas à Milan pour participer. Vous irez pour que le monde entier s'agenouille. »
Après ce discours qui nous glace le sang, Viktor se lève. Ses lames crissent sur la glace alors qu'il esquisse un sourire rare, presque malicieux.
— « Bon. Vous avez survécu à ma colère de ce matin. Et vous avez travaillé comme des bêtes malgré votre... fatigue. Allez-vous changer. Je vous emmène dîner. C'est un ordre, et je n'accepte pas de refus. »
Vingt minutes plus tard, nous sortons de la patinoire, les muscles endoloris mais l'esprit en alerte. Viktor nous conduit dans un petit restaurant russe traditionnel, caché dans une ruelle sombre près de la Place de l'Étoile. À l'intérieur, pas de luxe ostentatoire, mais des murs tapissés de vieux bois, des bougies et une odeur réconfortante de bortsch et de pain de seigle chaud.
— « Ici, on oublie les scores, » dit Viktor en commandant immédiatement une bouteille de vodka glacée. « Ici, on parle de ce qui fait de vous des hommes. »
Le repas est un festin sacré : caviar sur blinis épais, bœuf Stroganoff fondant et légumes racines rôtis au miel. Viktor, détendu par l'atmosphère et l'alcool, commence à raconter ses propres souvenirs de compétition en Union Soviétique. Pour la première fois, il ne nous parle pas comme un entraîneur, mais comme un mentor, presque un père.
Il nous parle de ses doutes de jeunesse et de la raison pour laquelle il est si impitoyable. — « Le monde est cruel avec ceux qui s'aiment différemment, » murmure-t-il en nous regardant droit dans les yeux. « En étant exigeant, je ne cherche pas à vous briser. Je cherche à vous forger une armure. Pour que personne, jamais, ne puisse vous enlever ce que vous avez acquis. »
Il lève son verre : — « À votre nouveau toit. À votre courage de vivre au grand jour. Et à l'or olympique. »
Nous trinquons, la vodka brûlant nos gorges fatiguées. Sous la table, Connor pose sa main sur ma cuisse et serre fort. Je pose la mienne sur la sienne. Viktor le voit, sourit imperceptiblement derrière son verre, et vide sa dose d'un trait.
Il est près de minuit quand nous rentrons enfin au duplex. L'appartement nous accueille avec son silence bienveillant et son odeur de bois neuf. Nous sommes physiquement brisés par les douze heures de glace, mais l'adrénaline de la soirée nous tient encore éveillés.
Connor me prend par la main et m'entraîne sur la terrasse. La Tour Eiffel scintille de mille feux pour marquer l'heure pile. — « Viktor a raison, » dit-il en me serrant contre son torse, sa voix vibrant contre mon dos. « On va devenir des machines de guerre sur la glace. Mais ici... ici on reste nous. »
Nous rentrons pour nous coucher. Nous nous déshabillons avec une lenteur religieuse dans notre nouvelle chambre, admirant les reflets de la lune qui découpent nos silhouettes sur les murs blancs. Malgré l'épuisement, le désir est là, plus profond, plus solennel que la veille.
Nous faisons l'amour avec une tendresse infinie, prenant le temps de soigner chaque bleu, chaque muscle contracté par l'effort démentiel de la journée. C’est une communion silencieuse, une promesse mutuelle : peu importe la dureté de la route vers l'Italie, ce sanctuaire restera inviolable.
Quand nous nous endormons enfin, enlacés au centre de notre immense lit, nous savons que la période de grâce est terminée. Demain, le réveil sonnera à 5h30. Et cette fois, nous serons les premiers sur la glace.
Trois mois. C'est le temps qu'il nous a fallu pour transformer notre duplex en forteresse et nos corps en armes de précision. Trois mois de silence radio, de rumeurs persistantes dans la presse, et d'entraînements de quatorze heures sous la poigne de fer de Viktor. Aujourd'hui, ce tunnel de préparation débouche sur la lumière aveuglante du Nevada.
L'avion survole l'Atlantique. En première classe, l'obscurité de la cabine est propice aux confidences muettes. Viktor dort, ou feint de dormir, son carnet de notes sur les genoux. Connor et moi, nous partageons la même couverture, nos jambes s'entremêlant dans l'espace étroit. Je sens son pouce caresser l'intérieur de mon poignet, un métronome calme avant la tempête.
Las Vegas nous frappe comme un mur de chaleur et de décibels. Le Caesars Palace nous accueille avec ses colonnes de faux marbre et ses écrans géants qui diffusent déjà nos visages. Viktor nous escorte jusqu'à notre suite au quarantième étage.
— « Ne regardez pas en bas, » grogne-t-il. « Le vide est dans l'arène, pas sur le Strip (célèbre avenue de Las Vegas). Reposez-vous. Demain, on choque le monde. »
La suite est un sanctuaire de verre. Les fontaines du Bellagio explosent en jets d'eau synchronisés juste sous nos fenêtres, mais mon regard est attiré par les housses de transport suspendues au dressing. À l'intérieur se cachent nos nouvelles armures.
Pour ce premier pas vers les JO, Viktor a fait appel à un designer d'avant-garde. Nos costumes sont révolutionnaires : des combinaisons d'un noir mat absolu, recouvertes d'une résine qui réagit à la température corporelle. À mesure que nous patinons et que nos corps chauffent, des nervures de rouge sang et d'or liquide apparaissent sur le tissu, comme si nos muscles s'enflammaient sous l'effort.
La musique est un pari fou. Pas de classique, pas de pop. Viktor a commandé une pièce originale intitulée "The Last Breath of a Star" (Le dernier souffle d'une étoile). C'est un mélange de violoncelle déchirant et de sons synthétiques profonds qui imitent les battements d'un cœur galactique. C'est sombre, puissant, et terriblement intime.
Le soir tombe sur Vegas, transformant la ville en un océan de néons électriques. L'adrénaline de la première séance d'entraînement officielle coule encore dans mes veines. Connor ferme la porte de la chambre et me plaque immédiatement contre le battant. Son regard vert est sombre, presque sauvage.
Il ne perd pas de temps. Ses mains descendent le long de mon dos, agrippant mes fesses pour me soulever. Je verrouille mes jambes autour de sa taille. On se déshabille dans une urgence brutale, laissant nos vêtements joncher le sol comme les mues de deux prédateurs.
Je le pousse sur l'immense lit. Il s'allonge, sa cage thoracique se soulevant au rythme de son excitation. Je me mets à genoux et je prends son sexe entre mes mains. Il est brûlant, pulsant d'une attente que trois mois de discipline ont rendue insoutenable. Je lèche la fente de son gland, savourant le frisson qui parcourt ses cuisses, avant de l'englober entièrement.
Le bruit de mes succions est le seul son dans la suite silencieuse. Je descends jusqu'à la garde, sentant sa virilité heurter le fond de ma gorge. Ma langue travaille chaque relief, chaque veine saillante, tandis que mes mains massent ses bourses avec une pression ferme. Connor jette sa tête en arrière, ses doigts se crispant dans les draps de soie.
— « Herwann... putain... ne t'arrête pas... »
Je sens son bassin se soulever violemment. Je ralentis volontairement, jouant avec sa limite, le torturant de plaisirs saccadés. Je remonte pour lécher le dessous de son gland, là où il est le plus sensible, avant de replonger. Je sens ses muscles se tendre, ses couilles se rétracter. Je sens qu'il va craquer. Je change soudainement de rythme, mes lèvres créant un vide puissant.
Dans un râle guttural qui semble venir du plus profond de son être, il se déverse. Je recueille tout, ne le lâchant qu'une fois son dernier spasme apaisé. Je remonte me lover contre lui, ma peau moite collée à la sienne.
Nous restons là, haletants, à regarder les lumières de Vegas danser au plafond.
— « Si on patine avec la même intensité que ce soir, » murmure Connor en m'embrassant le front, « personne ne pourra nous toucher. »
— « On ne patine pas pour eux, Connor. On patine pour nous. »
Le lendemain, c'est le jour J. Le Skate America. La première pierre de l'édifice qui doit nous mener à Milan. Nous nous endormons enfin, prêts à enflammer la glace du Nevada.
L'Orleans Arena de Las Vegas se transforme en une fournaise émotionnelle. Dix mille spectateurs sont debout, les yeux rivés sur la glace sombre. Les commentateurs de NBC s'époumonent : « Ils sont là. Herwann Delcourt et Connor Campbell. Le duo qui a redéfini les lois de l'attraction. Regardez ces costumes, c'est du jamais vu ! »
Je sens le froid de la glace remonter à travers mes lames alors que nous pénétrons sur la piste sous une clameur qui fait vibrer le plexiglas. Nos combinaisons d'un noir mat absolu absorbent d'abord toute la lumière de l'arène. Mais dès nos premières poussées, la magie opère : la résine thermique réagit à la chaleur de nos corps. Sous l'effort, des veines de rouge rubis et d'or liquide commencent à irradier sur le tissu, dessinant nos muscles en fusion à chaque mouvement. Nous ressemblons à deux astres entrant en collision, brûlant d'un feu intérieur devant un public médusé.
Sur les écrans géants de la salle, les flux sociaux défilent en temps réel, affichant l'hystérie mondiale : #FireOnIce #DelcourtCampbell #VegasIncendie #KingHerwann #OlympicsBound
Le premier coup d'archet du violoncelle déchire le silence, profond et viscéral. Je prends immédiatement les commandes, sentant une force monumentale circuler dans mes bras, une autorité que je n'ai jamais ressentie avec une telle acuité.
« Connor, prépare-toi, » je murmure tandis que nous prenons une vitesse vertigineuse. Le premier moment de bravoure arrive. Je m'ancre dans la glace, mes muscles se tendant sous la résine brûlante de mon costume. Je le saisis par la taille, je sens sa puissance se concentrer sous mes paumes, et je le projette vers le ciel pour notre Quadruple Twist lancé. Je le regarde s'élever, tourner quatre fois dans un flou d'or et de sang, avant de le rattraper au vol avec une précision chirurgicale. Le public lâche un cri collectif, un son viscéral qui me galvanise.
La musique s'accélère, devenant plus sombre, plus intime. C'est l'heure du Porté Lasso en Suspension. Je saisis la main de Connor, je le fais basculer dans mon dos pour prendre de l'élan, puis je le propulse d'un seul bras au-dessus de ma tête. Je tourne à une vitesse folle, le maintenant à bout de bras alors qu'il s'étire horizontalement, défiant la gravité de tout son poids. Je vois les juges se redresser, médusés de constater que c'est moi, Herwann, qui supporte cette masse athlétique avec une telle aisance.
Puis, nous ralentissons pour la Spirale de la Mort inversée. Je me baisse, mon genou frôlant la glace, et je le maintiens par une seule main alors qu'il pivote, son corps presque parallèle à la piste. Nos regards sont verrouillés, soudés. À cet instant, il n'y a plus de public, plus de Vegas. Il n'y a que le souffle de l'homme que j'aime.
Pour le final, je déploie toute mon énergie. Je le saisis par les hanches et je le soulève dans un Star Lift spectaculaire. Je le porte haut vers les projecteurs, mes bras tendus vers le plafond de l'arène, alors que nos costumes atteignent leur température maximale, brillant d'un éclat aveuglant. Nous finissons à genoux, l'un contre l'autre, ma main serrée sur sa nuque.
Au "Kiss and Cry", le score tombe : 102.30. Record du monde. Les hashtags #WorldRecord et #IceKings saturent la toile. Mais une fois de retour au Caesars Palace, l'euphorie se transforme en un besoin charnel dévastateur.
À peine la porte de la suite refermée, je plaque Connor contre la baie vitrée qui surplombe les néons du Strip. Ses mains s'agrippent à mes épaules alors que je le déshabille avec une urgence sauvage. Je veux marquer chaque parcelle de ce corps que je viens de porter vers la victoire. Je me laisse glisser au sol, sur le tapis de soie, mes yeux fixés sur sa virilité qui bat contre son ventre.
Je saisis sa verge, sentant la chaleur irradier de sa peau. Je commence par lécher la base, remontant centimètre par centimètre. Puis, j'englobe son gland, aspirant avec une force qui lui arrache un gémissement rauque. Je le dévore, ma langue travaillant le frein avec une précision chirurgicale. Connor s'arc-boute contre la vitre, ses doigts s'enfonçant dans mes cheveux pour guider mon rythme.
Soudain, il me redresse avec une poigne de fer. Il me retourne, me forçant à m'appuyer contre la vitre glacée alors que Vegas scintille sous mes yeux. Je sens son corps brûlant contre mon dos. Sans prévenir, Connor me prend d'un coup sec, me pénétrant avec une force qui me fait lâcher un cri de surprise et de plaisir pur. L'impact est brutal, viscéral, à l'image de notre puissance sur la glace. Il me laboure avec une rage amoureuse, ses mains ancrées dans mes hanches pour me maintenir contre lui. Chaque va-et-vient est une décharge électrique. Je vois mon propre reflet haletant dans la vitre, les lumières de la ville se mélangeant à la sueur de nos corps.
La fusion est totale. Dans un râle guttural, il se déverse en moi alors que je m'abandonne totalement à sa force. Nous restons là, soudés, le souffle court, alors que le monde continue de tourner dehors.
Le téléphone sonne. C'est Viktor. — « Dix minutes de gloire, pas une de plus. Regardez les réseaux sociaux si vous voulez, mais demain, le programme libre est une autre histoire. À 7h sur la glace. Ne soyez pas en retard. »
Je jette un œil à mon téléphone. Une photo de notre Star Lift est déjà virale. Je l'éteins. La route est encore longue, mais ce soir, nous sommes invincibles.
Fin du chapitre 13.
La séance fut une torture physique, mais chaque fois que nos regards se croisaient durant les portés, un sourire secret flottait sur nos lèvres. Viktor pouvait nous briser le corps, il ne pouvait pas nous enlever le souvenir des tasses dépareillées et de la Tour Eiffel au lever du jour.
Le silence dans l'arène vide est total, seulement troublé par le bourdonnement des machines à glace au loin. Viktor nous fixe longuement. Son visage est marqué par la fatigue, mais ses yeux brûlent d'une ambition féroce.
— « Écoutez-moi bien, » commence-t-il d'une voix sourde qui résonne contre les gradins déserts. « Tokyo était une bataille de rue. Milan sera une guerre d'usure. Vous croyez que votre titre mondial vous garantit un billet pour l'Italie ? C'est faux. Le comité olympique ne veut pas seulement des champions, il veut des symboles invulnérables. »
Il ouvre son dossier et pointe des graphiques complexes. Il nous détaille le calvaire administratif et sportif qui nous attend :
• Le Ranking Mondial Permanent : Nous devons rester dans le Top 3 mondial sans aucune interruption. La moindre contre-performance aux Grands Prix nous ferait dégringoler et nous ferait perdre notre statut de "priorité nationale".
• Les Championnats Nationaux : Même champions du monde, nous devons nous présenter aux Championnats de France chaque année. C'est là que les juges évaluent notre capacité à supporter la pression de notre propre public, désormais au courant de notre vie privée.
• Le Quota des Trois Places : Lors des Mondiaux de l'année précédant les Jeux, nous avons la responsabilité de finir sur le podium pour qualifier trois duos français. Si nous échouons, la France perd ses places, et nous devenons les parias de la fédération.
• La Commission de "Moralité et Stabilité" : Six mois avant Milan, une commission technique viendra nous observer à huis clos. Ils jugeront si notre couple est un atout médiatique ou un risque de distraction.
— « Vous allez être scrutés, testés, poussés à bout, » conclut Viktor en refermant le dossier avec un claquement sec. « Mais si vous suivez mon plan, vous n'irez pas à Milan pour participer. Vous irez pour que le monde entier s'agenouille. »
Après ce discours qui nous glace le sang, Viktor se lève. Ses lames crissent sur la glace alors qu'il esquisse un sourire rare, presque malicieux.
— « Bon. Vous avez survécu à ma colère de ce matin. Et vous avez travaillé comme des bêtes malgré votre... fatigue. Allez-vous changer. Je vous emmène dîner. C'est un ordre, et je n'accepte pas de refus. »
Vingt minutes plus tard, nous sortons de la patinoire, les muscles endoloris mais l'esprit en alerte. Viktor nous conduit dans un petit restaurant russe traditionnel, caché dans une ruelle sombre près de la Place de l'Étoile. À l'intérieur, pas de luxe ostentatoire, mais des murs tapissés de vieux bois, des bougies et une odeur réconfortante de bortsch et de pain de seigle chaud.
— « Ici, on oublie les scores, » dit Viktor en commandant immédiatement une bouteille de vodka glacée. « Ici, on parle de ce qui fait de vous des hommes. »
Le repas est un festin sacré : caviar sur blinis épais, bœuf Stroganoff fondant et légumes racines rôtis au miel. Viktor, détendu par l'atmosphère et l'alcool, commence à raconter ses propres souvenirs de compétition en Union Soviétique. Pour la première fois, il ne nous parle pas comme un entraîneur, mais comme un mentor, presque un père.
Il nous parle de ses doutes de jeunesse et de la raison pour laquelle il est si impitoyable. — « Le monde est cruel avec ceux qui s'aiment différemment, » murmure-t-il en nous regardant droit dans les yeux. « En étant exigeant, je ne cherche pas à vous briser. Je cherche à vous forger une armure. Pour que personne, jamais, ne puisse vous enlever ce que vous avez acquis. »
Il lève son verre : — « À votre nouveau toit. À votre courage de vivre au grand jour. Et à l'or olympique. »
Nous trinquons, la vodka brûlant nos gorges fatiguées. Sous la table, Connor pose sa main sur ma cuisse et serre fort. Je pose la mienne sur la sienne. Viktor le voit, sourit imperceptiblement derrière son verre, et vide sa dose d'un trait.
Il est près de minuit quand nous rentrons enfin au duplex. L'appartement nous accueille avec son silence bienveillant et son odeur de bois neuf. Nous sommes physiquement brisés par les douze heures de glace, mais l'adrénaline de la soirée nous tient encore éveillés.
Connor me prend par la main et m'entraîne sur la terrasse. La Tour Eiffel scintille de mille feux pour marquer l'heure pile. — « Viktor a raison, » dit-il en me serrant contre son torse, sa voix vibrant contre mon dos. « On va devenir des machines de guerre sur la glace. Mais ici... ici on reste nous. »
Nous rentrons pour nous coucher. Nous nous déshabillons avec une lenteur religieuse dans notre nouvelle chambre, admirant les reflets de la lune qui découpent nos silhouettes sur les murs blancs. Malgré l'épuisement, le désir est là, plus profond, plus solennel que la veille.
Nous faisons l'amour avec une tendresse infinie, prenant le temps de soigner chaque bleu, chaque muscle contracté par l'effort démentiel de la journée. C’est une communion silencieuse, une promesse mutuelle : peu importe la dureté de la route vers l'Italie, ce sanctuaire restera inviolable.
Quand nous nous endormons enfin, enlacés au centre de notre immense lit, nous savons que la période de grâce est terminée. Demain, le réveil sonnera à 5h30. Et cette fois, nous serons les premiers sur la glace.
Trois mois. C'est le temps qu'il nous a fallu pour transformer notre duplex en forteresse et nos corps en armes de précision. Trois mois de silence radio, de rumeurs persistantes dans la presse, et d'entraînements de quatorze heures sous la poigne de fer de Viktor. Aujourd'hui, ce tunnel de préparation débouche sur la lumière aveuglante du Nevada.
L'avion survole l'Atlantique. En première classe, l'obscurité de la cabine est propice aux confidences muettes. Viktor dort, ou feint de dormir, son carnet de notes sur les genoux. Connor et moi, nous partageons la même couverture, nos jambes s'entremêlant dans l'espace étroit. Je sens son pouce caresser l'intérieur de mon poignet, un métronome calme avant la tempête.
Las Vegas nous frappe comme un mur de chaleur et de décibels. Le Caesars Palace nous accueille avec ses colonnes de faux marbre et ses écrans géants qui diffusent déjà nos visages. Viktor nous escorte jusqu'à notre suite au quarantième étage.
— « Ne regardez pas en bas, » grogne-t-il. « Le vide est dans l'arène, pas sur le Strip (célèbre avenue de Las Vegas). Reposez-vous. Demain, on choque le monde. »
La suite est un sanctuaire de verre. Les fontaines du Bellagio explosent en jets d'eau synchronisés juste sous nos fenêtres, mais mon regard est attiré par les housses de transport suspendues au dressing. À l'intérieur se cachent nos nouvelles armures.
Pour ce premier pas vers les JO, Viktor a fait appel à un designer d'avant-garde. Nos costumes sont révolutionnaires : des combinaisons d'un noir mat absolu, recouvertes d'une résine qui réagit à la température corporelle. À mesure que nous patinons et que nos corps chauffent, des nervures de rouge sang et d'or liquide apparaissent sur le tissu, comme si nos muscles s'enflammaient sous l'effort.
La musique est un pari fou. Pas de classique, pas de pop. Viktor a commandé une pièce originale intitulée "The Last Breath of a Star" (Le dernier souffle d'une étoile). C'est un mélange de violoncelle déchirant et de sons synthétiques profonds qui imitent les battements d'un cœur galactique. C'est sombre, puissant, et terriblement intime.
Le soir tombe sur Vegas, transformant la ville en un océan de néons électriques. L'adrénaline de la première séance d'entraînement officielle coule encore dans mes veines. Connor ferme la porte de la chambre et me plaque immédiatement contre le battant. Son regard vert est sombre, presque sauvage.
Il ne perd pas de temps. Ses mains descendent le long de mon dos, agrippant mes fesses pour me soulever. Je verrouille mes jambes autour de sa taille. On se déshabille dans une urgence brutale, laissant nos vêtements joncher le sol comme les mues de deux prédateurs.
Je le pousse sur l'immense lit. Il s'allonge, sa cage thoracique se soulevant au rythme de son excitation. Je me mets à genoux et je prends son sexe entre mes mains. Il est brûlant, pulsant d'une attente que trois mois de discipline ont rendue insoutenable. Je lèche la fente de son gland, savourant le frisson qui parcourt ses cuisses, avant de l'englober entièrement.
Le bruit de mes succions est le seul son dans la suite silencieuse. Je descends jusqu'à la garde, sentant sa virilité heurter le fond de ma gorge. Ma langue travaille chaque relief, chaque veine saillante, tandis que mes mains massent ses bourses avec une pression ferme. Connor jette sa tête en arrière, ses doigts se crispant dans les draps de soie.
— « Herwann... putain... ne t'arrête pas... »
Je sens son bassin se soulever violemment. Je ralentis volontairement, jouant avec sa limite, le torturant de plaisirs saccadés. Je remonte pour lécher le dessous de son gland, là où il est le plus sensible, avant de replonger. Je sens ses muscles se tendre, ses couilles se rétracter. Je sens qu'il va craquer. Je change soudainement de rythme, mes lèvres créant un vide puissant.
Dans un râle guttural qui semble venir du plus profond de son être, il se déverse. Je recueille tout, ne le lâchant qu'une fois son dernier spasme apaisé. Je remonte me lover contre lui, ma peau moite collée à la sienne.
Nous restons là, haletants, à regarder les lumières de Vegas danser au plafond.
— « Si on patine avec la même intensité que ce soir, » murmure Connor en m'embrassant le front, « personne ne pourra nous toucher. »
— « On ne patine pas pour eux, Connor. On patine pour nous. »
Le lendemain, c'est le jour J. Le Skate America. La première pierre de l'édifice qui doit nous mener à Milan. Nous nous endormons enfin, prêts à enflammer la glace du Nevada.
L'Orleans Arena de Las Vegas se transforme en une fournaise émotionnelle. Dix mille spectateurs sont debout, les yeux rivés sur la glace sombre. Les commentateurs de NBC s'époumonent : « Ils sont là. Herwann Delcourt et Connor Campbell. Le duo qui a redéfini les lois de l'attraction. Regardez ces costumes, c'est du jamais vu ! »
Je sens le froid de la glace remonter à travers mes lames alors que nous pénétrons sur la piste sous une clameur qui fait vibrer le plexiglas. Nos combinaisons d'un noir mat absolu absorbent d'abord toute la lumière de l'arène. Mais dès nos premières poussées, la magie opère : la résine thermique réagit à la chaleur de nos corps. Sous l'effort, des veines de rouge rubis et d'or liquide commencent à irradier sur le tissu, dessinant nos muscles en fusion à chaque mouvement. Nous ressemblons à deux astres entrant en collision, brûlant d'un feu intérieur devant un public médusé.
Sur les écrans géants de la salle, les flux sociaux défilent en temps réel, affichant l'hystérie mondiale : #FireOnIce #DelcourtCampbell #VegasIncendie #KingHerwann #OlympicsBound
Le premier coup d'archet du violoncelle déchire le silence, profond et viscéral. Je prends immédiatement les commandes, sentant une force monumentale circuler dans mes bras, une autorité que je n'ai jamais ressentie avec une telle acuité.
« Connor, prépare-toi, » je murmure tandis que nous prenons une vitesse vertigineuse. Le premier moment de bravoure arrive. Je m'ancre dans la glace, mes muscles se tendant sous la résine brûlante de mon costume. Je le saisis par la taille, je sens sa puissance se concentrer sous mes paumes, et je le projette vers le ciel pour notre Quadruple Twist lancé. Je le regarde s'élever, tourner quatre fois dans un flou d'or et de sang, avant de le rattraper au vol avec une précision chirurgicale. Le public lâche un cri collectif, un son viscéral qui me galvanise.
La musique s'accélère, devenant plus sombre, plus intime. C'est l'heure du Porté Lasso en Suspension. Je saisis la main de Connor, je le fais basculer dans mon dos pour prendre de l'élan, puis je le propulse d'un seul bras au-dessus de ma tête. Je tourne à une vitesse folle, le maintenant à bout de bras alors qu'il s'étire horizontalement, défiant la gravité de tout son poids. Je vois les juges se redresser, médusés de constater que c'est moi, Herwann, qui supporte cette masse athlétique avec une telle aisance.
Puis, nous ralentissons pour la Spirale de la Mort inversée. Je me baisse, mon genou frôlant la glace, et je le maintiens par une seule main alors qu'il pivote, son corps presque parallèle à la piste. Nos regards sont verrouillés, soudés. À cet instant, il n'y a plus de public, plus de Vegas. Il n'y a que le souffle de l'homme que j'aime.
Pour le final, je déploie toute mon énergie. Je le saisis par les hanches et je le soulève dans un Star Lift spectaculaire. Je le porte haut vers les projecteurs, mes bras tendus vers le plafond de l'arène, alors que nos costumes atteignent leur température maximale, brillant d'un éclat aveuglant. Nous finissons à genoux, l'un contre l'autre, ma main serrée sur sa nuque.
Au "Kiss and Cry", le score tombe : 102.30. Record du monde. Les hashtags #WorldRecord et #IceKings saturent la toile. Mais une fois de retour au Caesars Palace, l'euphorie se transforme en un besoin charnel dévastateur.
À peine la porte de la suite refermée, je plaque Connor contre la baie vitrée qui surplombe les néons du Strip. Ses mains s'agrippent à mes épaules alors que je le déshabille avec une urgence sauvage. Je veux marquer chaque parcelle de ce corps que je viens de porter vers la victoire. Je me laisse glisser au sol, sur le tapis de soie, mes yeux fixés sur sa virilité qui bat contre son ventre.
Je saisis sa verge, sentant la chaleur irradier de sa peau. Je commence par lécher la base, remontant centimètre par centimètre. Puis, j'englobe son gland, aspirant avec une force qui lui arrache un gémissement rauque. Je le dévore, ma langue travaillant le frein avec une précision chirurgicale. Connor s'arc-boute contre la vitre, ses doigts s'enfonçant dans mes cheveux pour guider mon rythme.
Soudain, il me redresse avec une poigne de fer. Il me retourne, me forçant à m'appuyer contre la vitre glacée alors que Vegas scintille sous mes yeux. Je sens son corps brûlant contre mon dos. Sans prévenir, Connor me prend d'un coup sec, me pénétrant avec une force qui me fait lâcher un cri de surprise et de plaisir pur. L'impact est brutal, viscéral, à l'image de notre puissance sur la glace. Il me laboure avec une rage amoureuse, ses mains ancrées dans mes hanches pour me maintenir contre lui. Chaque va-et-vient est une décharge électrique. Je vois mon propre reflet haletant dans la vitre, les lumières de la ville se mélangeant à la sueur de nos corps.
La fusion est totale. Dans un râle guttural, il se déverse en moi alors que je m'abandonne totalement à sa force. Nous restons là, soudés, le souffle court, alors que le monde continue de tourner dehors.
Le téléphone sonne. C'est Viktor. — « Dix minutes de gloire, pas une de plus. Regardez les réseaux sociaux si vous voulez, mais demain, le programme libre est une autre histoire. À 7h sur la glace. Ne soyez pas en retard. »
Je jette un œil à mon téléphone. Une photo de notre Star Lift est déjà virale. Je l'éteins. La route est encore longue, mais ce soir, nous sommes invincibles.
Fin du chapitre 13.
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1 avis des lecteurs et lectrices après lecture : Les auteurs apprécient les commentaires de leurs lecteurs
Les avis des lecteurs
Toujours superbement écrit. Tant sur la forme que le fond.
J’aime votre manière de décrire les scènes de sexe. Sans aucune vulgarité mais en soulignant l’intensité du désir entre les deux protagonistes. Et tout autant l’exploration psychologique de leur relation, qui contribue à la force de votre récit.
Je ne connaissais rien au monde du sport de haute compétition.
Ni à ce qu’il impose en termes de tensions, de stress, de jalousies.
Vous l’expliquez de manière brillante.
Un régal que de vous lire
J’aime votre manière de décrire les scènes de sexe. Sans aucune vulgarité mais en soulignant l’intensité du désir entre les deux protagonistes. Et tout autant l’exploration psychologique de leur relation, qui contribue à la force de votre récit.
Je ne connaissais rien au monde du sport de haute compétition.
Ni à ce qu’il impose en termes de tensions, de stress, de jalousies.
Vous l’expliquez de manière brillante.
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