Le feu sur la glace (6)
Récit érotique écrit par Tounet39270 [→ Accès à sa fiche auteur]
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Le feu sur la glace (6)
Chapitre 6
À la fin, épuisés mais exaltés, Viktor nous libère avec un rare compliment : "Bien joué, les garçons. Vous êtes prêts pour la révolution." Dans ma tête, les questions tourbillonnent : Prêts pour quoi ? Les championnats du monde sous les couleurs de l'équipe de France ? Ou pour ce qui grandit entre nous, malgré le pacte ? Connor me jette un regard, et je sais que ce soir, tout sera permis.
L'entraînement touche enfin à sa fin. Viktor siffle trois fois, son signal habituel pour arrêter, et je sens un soulagement immense envahir mon corps épuisé. Mes muscles hurlent de fatigue après ces heures interminables à enchaîner les sauts, les pirouettes et les portés. La glace est couverte de traces de nos lames, comme un champ de bataille après une guerre. Connor et moi nous arrêtons au centre de la patinoire, haletants, la sueur coulant le long de nos tempes. Viktor s'approche, les bras croisés, son regard scrutateur nous balayant de haut en bas.
— C'est bon pour aujourd'hui, grogne-t-il. Vous avez bien bossé. Allez-vous doucher rapidement et reposez-vous. Demain, on attaque les chorégraphies complètes. Pas de conneries ce soir – dormez, mangez, récupérez. Vous en avez besoin pour les sélections en décembre.
Je hoche la tête, trop fatigué pour répondre. Connor, à côté de moi, essuie son front d'un revers de main, un sourire en coin aux lèvres. On quitte la glace en silence, nos patins claquant sur le sol en caoutchouc menant aux vestiaires. Mes pensées tourbillonnent déjà : les championnats du monde, l'équipe de France, cette surprise que personne ne connaît encore. Est-ce que je suis prêt ? Est-ce que nous sommes prêts ? Et Connor... pourquoi je ne peux pas m'empêcher de le regarder, même maintenant, alors qu'il marche devant moi, ses épaules larges roulant sous son t-shirt trempé ?
Les vestiaires collectifs sont vides, comme souvent à cette heure. L'odeur de sueur et de savon imprègne l'air, les bancs en bois usés attendent nos affaires. Je pose mon sac, retire mes patins avec un soupir de soulagement, sentant mes chevilles pulser. Connor fait de même, mais je l'ignore délibérément, me concentrant sur ma routine. Je me déshabille rapidement : t-shirt, pantalon d'entraînement, boxer – tout atterrit en tas sur le banc. Nu, je me dirige vers les douches collectives, un grand espace ouvert avec plusieurs pommeaux alignés contre un mur carrelé blanc. L'eau chaude sera un baume sur mes muscles endoloris.
Je tourne le robinet, et le jet puissant frappe ma peau, cascadant sur mes épaules, mon dos, mes jambes. Je ferme les yeux, laissant l'eau emporter la fatigue, la tension. Je tourne le dos à l'entrée, savourant ce moment de solitude. Pourquoi Connor est-il toujours dans ma tête ? Pourquoi chaque porté me rappelle ses mains sur moi la nuit ? Est-ce vraiment juste du sexe, ou est-ce que je suis en train de tomber dans quelque chose de plus dangereux ? Je secoue la tête, l'eau ruisselant sur mon visage. Concentre-toi, Herwann. Les sélections approchent. Pas le temps pour ça.
Soudain, des bras forts m'entourent par derrière. Je sursaute, mais je reconnais instantanément ce corps nu pressé contre le mien – Connor. Il me plaque doucement contre la paroi de douche froide, contrastant avec la chaleur de l'eau et de sa peau. Ses lèvres se posent dans mon cou, un baiser doux, humide, qui me fait frissonner. Son torse musclé contre mon dos, son érection naissante contre mes fesses – tout est si intime, si inattendu ici, dans cet espace public.
— Connor... qu'est-ce que...
Mais il continue, ses baisers descendant le long de mon cou, sa langue traçant une ligne chaude sur ma peau. Je tourne la tête instinctivement, cherchant ses lèvres. Nos bouches se trouvent, et le baiser devient langoureux, passionné. Sa langue glisse contre la mienne, lente au début, puis plus insistante, explorant chaque recoin de ma bouche avec une urgence contenue. Je sens son goût – un mélange de sueur salée et de menthe de son chewing-gum habituel – et je réponds avec la même ferveur, mes mains remontant pour agripper ses cheveux blonds mouillés. L'eau coule sur nous, rendant nos corps glissants, nos lèvres humides. Le baiser s'approfondit, nos langues dansant ensemble, tournoyant, suçant doucement, comme si on voulait se fondre l'un dans l'autre. Mon cœur bat la chamade ; pourquoi fait-il ça maintenant ? Ici ? Est-ce qu'il ressent la même chose que moi, cette pression qui grandit ?
Je me retourne enfin dans ses bras, rompant le baiser pour reprendre mon souffle. L'eau ruisselle sur son visage, collant ses mèches blondes sur son front, accentuant son regard vert intense. On est nus tous les deux, l'eau chaude cascadant entre nous, et je sens une vulnérabilité que je n'avais pas anticipée.
— Connor, qu'est-ce qui te prend ? je demande, ma voix basse mais insistante, mes mains sur ses épaules. On est dans les vestiaires collectifs. Viktor pourrait entrer n'importe quand. Et... pourquoi maintenant ?
Il me serre plus fort contre lui, ses bras autour de ma taille, son corps pressé contre le mien. Ses lèvres reviennent dans mon cou, déposant un baiser doux à la fin de chaque phrase, comme pour ponctuer ses mots.
— J'en avais juste envie, Herwann. [baiser] T'es toujours dans ma tête, champion. [baiser] Toute la journée, je t'ai vu patiner, te concentrer... [baiser] Et je ne pouvais pas attendre le soir.
Ses baisers sont tendres, contrastant avec sa domination habituelle, et ça me déstabilise encore plus. Pourquoi cette douceur ? Est-ce qu'il ment ? Est-ce que c'est plus que du sexe pour lui aussi ? Je sens mon corps répondre malgré moi, mon érection se pressant contre la sienne, mais mes questions persistent.
— Mais... pourquoi ici ? je poursuis, ma voix tremblante sous ses baisers. T'as tenu ta promesse toute la journée, pas une seule allusion. Et là, d'un coup... Qu'est-ce qui a changé ?
Il relève la tête, ses yeux dans les miens, un sourire en coin, mais ses mains caressent mon dos tendrement.
— C'est le fait de ne rien avoir dit de la journée. [baiser dans le cou] La pression des sélections qui monte. [baiser] J'avais besoin de te toucher, c'est tout. [baiser]
Je fronce les sourcils, pas convaincu. La pression des sélections ? Vraiment ? Ça sonne faux, comme une excuse. Connor n'est pas du genre à craquer sous la pression – ça lui passe par-dessus la tête. Est-ce qu'il cache quelque chose ? Est-ce que cette nouvelle des championnats l'a ébranlé plus qu'il ne le montre ? Ou est-ce qu'il commence à ressentir la même chose que moi, cette connexion qui va au-delà du physique ? Je ne dis rien, gardant mes doutes pour moi, mais dans ma tête, les questions tourbillonnent : Pourquoi ce mensonge ? Qu'est-ce qu'il ne veut pas admettre ?
Avant que je puisse insister, Connor me plaque à nouveau le dos contre le mur carrelé, l'eau chaude coulant sur nous comme une cascade. Ses mains commencent à caresser mon corps tendrement, presque révérencieusement – pas avec la brutalité habituelle, mais avec une douceur qui me surprend. Ses doigts tracent les contours de mes épaules, descendant le long de mes bras, effleurant mes biceps, mes avant-bras, comme s'il mémorisait chaque muscle. Puis ils remontent sur mon torse, caressant mes pectoraux, pinçant doucement mes tétons durcis par l'eau et l'excitation. "T'es si beau comme ça, mouillé et fatigué," murmure-t-il, déposant un baiser sur mon épaule, puis sur ma clavicule, sa langue traçant une ligne humide vers mon cou.
Je gémis doucement, mes mains sur ses hanches, mais les questions persistent : Pourquoi cette tendresse ? Est-ce qu'il essaie de me distraire ? Ses lèvres descendent plus bas, baisant mon torse, mon sternum, puis mes abdominaux, sa langue léchant les gouttes d'eau qui ruissellent sur ma peau. Ses mains suivent, caressant mes flancs, mes hanches, descendant vers mes cuisses, les écartant légèrement. Chaque baiser est un feu doux, chaque caresse une promesse. Il s'agenouille lentement, ses lèvres effleurant mon ventre, puis plus bas, et je retiens mon souffle.
— Connor... qu'est-ce que tu...
Mais il ne répond pas. Au lieu de ça, il prend ma queue en bouche, doucement d'abord, sa langue tournoyant autour du gland, suçant avec une expertise qui me fait voir des étoiles. La surprise me fige : Connor, ce dominant absolu, à genoux devant moi ? C'est inattendu, presque vulnérable, et ça me bouleverse. Sa bouche est chaude, humide, enveloppante ; il me prend plus profond, ses mains sur mes cuisses pour me stabiliser. Je gémis plus fort, mes mains dans ses cheveux, tirant légèrement. Pourquoi fait-il ça ? Est-ce pour me montrer qu'il peut être doux ? Ou pour me contrôler d'une autre façon ? Sa tête bouge rythmiquement, sa langue pressant contre les veines, suçant avec une intensité qui me fait trembler. L'eau coule sur nous, rendant tout glissant, sensuel.
Il se relève enfin, me prenant à nouveau dans ses bras, nos corps collés sous le jet d'eau. Il m'embrasse tendrement mais très longuement, sa bouche sur la mienne, sa langue explorant lentement, comme si c'était notre premier baiser. Ses mains caressent mon dos, mes fesses, me serrant contre lui. Le baiser dure, dure, nos lèvres se mouvant en harmonie, nos langues dansant avec une passion retenue. Je sens son érection contre la mienne, mais il ne pousse pas plus loin – juste ce baiser, infini, sous l'eau qui nous enveloppe comme un cocon. Dans ma tête, les questions explosent : Pourquoi cette tendresse soudaine ? Est-ce qu'il ment sur ses raisons ? Est-ce que c'est le début de quelque chose de plus ? Ou juste une façon de me garder accro ?
Enfin, il s'écarte, éteignant le robinet. "Allons-nous reposer," murmure-t-il, un sourire doux aux lèvres. Mais dans mes yeux, il doit voir mes doutes, car il ajoute : "Ne pense pas trop, Herwann. C'était juste... parce que j'en avais envie."
Je hoche la tête, mais dans ma tête, les questions persistent. On se sèche en silence, et je sais que ce soir, quand il dira "tout sera permis", ce ne sera pas juste du sexe. Pas pour moi.
Le trajet de retour entre la patinoire de Bercy et l'appartement de la rue de Bercy se déroule dans une atmosphère étrange, presque irréelle, loin de l'agressivité habituelle qui sature l'air entre nous. Paris s'assombrit, les lumières de la ville commencent à scintiller derrière les vitres sales du métro bondé. Debout, serrés l'un contre l'autre par la force des choses, nous sommes entourés d'inconnus qui rentrent du travail, mais pour la première fois, je ne cherche pas à maintenir cette distance de sécurité.
C’est là, dans le chaos anonyme de la rame, que je le sens. Une pression légère, presque imperceptible. Sa main glisse dans mon dos, à travers le tissu de mon blouson, et vient se poser à la base de ma nuque avant de descendre lentement le long de ma colonne vertébrale. C’est une caresse furtive, d’une tendresse si inattendue que j'en ai le souffle coupé. Je ne bouge pas, je n'ose pas lever les yeux vers lui, mais mon cœur cogne contre mes côtes comme si j'entrais sur la glace pour mon programme court. Ses doigts s'attardent sur mes lombaires, un contact électrique qui me brûle malgré l'épaisseur de mes vêtements. Il ne dit rien, il fixe les portes du wagon de son regard vert, mais sa main reste là, protectrice, comme un secret partagé au milieu de la foule. De temps en temps, lorsque le métro tangue, je sens ses doigts caresser mon dos avec une insistance douce, une promesse silencieuse.
— J’ai commandé des sushis, me murmure-t-il soudain, sa voix résonnant juste à mon oreille et faisant frissonner ma nuque. Pas envie de cuisiner ce soir. On mérite une pause.
Je hoche simplement la tête, incapable de trouver mes mots. Cette proximité nouvelle me déstabilise plus que n'importe quelle chute.
Lorsqu'on pousse la porte de l'appartement, le silence n'est plus lourd de reproches. On pose nos sacs de sport dans l'entrée. Mon corps de 1m81 est épuisé, mes muscles de 72 kilos hurlent après les heures de portés intensifs, mais l'électricité entre nous est toujours là, vibrante. En attendant le livreur, on s'installe sur le canapé étroit. Je m'assois à un bout, les mains serrées, mais il ne me laisse pas m'isoler. Sans prévenir, il se tourne vers moi et saisit ma main. Sa paume est large, chaude, et il entrelace ses doigts fermement aux miens.
Je sursaute, mes yeux cherchant une explication. Il semble avoir déposé les armes. Ses traits sont détendus, vulnérables, ses mèches blondes tombant négligemment sur son front.
— J’en ai envie ce soir, dit-il d'une voix basse, répondant à ma question muette. J’ai pas envie d’être brute. Je suis fatigué, Herwann. Un peu de douceur ne nous fera pas de mal.
Il exerce une pression douce sur ma main, m'attirant vers lui. — Viens là. Viens sur moi.
Je ne discute pas. Je me lève et je viens m’asseoir à califourchon sur ses genoux, mes jambes athlétiques encadrant son bassin. À cette distance, l'odeur de son parfum se mêle à la chaleur de sa peau de sportif. Il pose ses mains sur mes hanches et nous attire l'un contre l'autre. Nos lèvres se rencontrent enfin. Ce n'est pas un baiser de défi ; c'est une exploration lente. Ses mains glissent sous mon pull, cherchant le contact direct de ma peau, remontant le long de mes muscles dorsaux avec une patience infinie. Je gémis contre sa bouche, ma tête bascule en arrière alors qu'il descend embrasser mon cou. On réagit instantanément, nos queues bandent violemment sous nos pantalons de sport serrés, se pressant l'une contre l'autre, mais au moment où la tension devient insoutenable...
Toc, toc, toc.
On se fige, le souffle court. Je me redresse brusquement, le visage brûlant. C’est le livreur. Je vais ouvrir pour le payer, et dès qu'il nous voit tous les deux, ses yeux s'écarquillent. Il nous reconnaît tout de suite. — Putain, vous êtes les deux patineurs qui se sont battus aux JO ! Je peux prendre une photo avec vous ? Mes potes ne vont jamais me croire.
On accepte, presque par réflexe. Il s'approche de moi, pose sa main sur mon épaule pour le cliché, nos corps encore vibrants de l'interruption. Je paye, le livreur repart ravi, et on s'installe à nouveau sur le canapé pour manger. Il prend un sushi entre ses baguettes et le porte directement à ma bouche avec un sourire tendre. — Ce soir, c'est de la tendresse, c'est tout, murmure-t-il.
Une fois le repas terminé, il me prend la main et me guide vers la chambre. On se déshabille lentement, sans hâte, laissant chaque vêtement tomber sur le sol. Quand il se retrouve nu face à moi, je suis pétrifié par sa beauté. Ses épaules sont larges, ses muscles de 1m85 dessinent des ombres sur sa peau dorée sous la lumière tamisée. On s'installe sur son lit étroit. La chaleur de son corps contre le mien me donne le vertige.
Il ne se précipite pas. Ses mains deviennent des instruments d'une douceur infinie. Il commence par effleurer mon visage, ses pouces traçant le contour de mes lèvres alors qu'il plonge son regard vert dans mon bleu. Ses baisers sont des empreintes brûlantes sur mon cou, mes clavicules, mon torse sculpté. Il lèche chaque muscle, chaque creux de ma peau, descendant vers mon ventre avec une lenteur calculée.
— Regarde-moi, Herwann, me murmure-t-il d'une voix rauque. Je veux voir tes yeux tout le temps. Regarde-moi.
Il s'écarte pour m'explorer avec ses mains, pétrissant mes cuisses, s'attardant sur l'intérieur de mes jambes avec une sensualité qui me fait perdre tout contrôle. Ses doigts glissent vers mon intimité, me caressant avec une maîtrise qui me fait gémir son nom. Quand il descend pour me goûter, son visage entre mes jambes, je sens mon cœur exploser. C’est une exploration méthodique, tendre, ses mains remontant pour caresser mon torse pendant qu'il me donne du plaisir.
Il me bascule doucement sur le dos, me dominant de toute sa stature. Il prend le temps de préparer mon corps, ses doigts s'insérant en moi avec une précaution extrême, cherchant à m'ouvrir avec une délicatesse qui me bouleverse. Quand il sent que je suis prêt, il se lie à moi. Le contact est d'une intensité foudroyante. Je sens chaque millimètre de lui entrer en moi, une fusion totale, nos hanches se soudant.
— Regarde-moi, répète-t-il alors qu'il commence à bouger.
On ne quitte pas nos regards des yeux. Le rythme est lent, chaque poussée est une caresse interne qui me fait vibrer jusqu'à la moelle. Il encadre mon visage de ses mains, ses paumes pressées contre mes joues, m'embrassant entre deux souffles courts. On change de position, il me soulève pour m'asseoir sur lui, et je m'accroche à ses épaules puissantes, sentant ses muscles rouler sous mes doigts. Nos poitrines se heurtent, nos sueurs se mélangent, rendant nos corps glissants sur les draps. Je sens son sexe pulser en moi, et cette sensation de plénitude est si forte que j'en ai les larmes aux yeux.
L'orgasme nous foudroie en même temps. Il jouit en moi dans un râle étouffé, son corps se tendant dans un arc parfait, tandis que je me libère sur son torse musclé, inondant sa peau chaude. On reste ainsi, soudés, nos respirations s'apaisant, nos cœurs battant à l'unisson comme si la glace n'existait plus.
Après l'effort, il ne me laisse pas partir vers mon propre lit. Il me tire contre lui, me serrant très fort. Le lit est si étroit qu'on doit rester imbriqués, mon dos contre son torse, son bras puissant verrouillé autour de ma taille. La nuit avance, le silence de la pièce n'est troublé que par nos respirations. Je sens son regard sur ma nuque, une attention presque dévorante, alors je ferme les yeux et je feins le sommeil.
— Est-ce que tu dors ? chuchote-t-il après un long moment. Je ne réponds pas. Je reste immobile, le cœur battant à tout rompre malgré ma fatigue. — Est-ce que tu dors vraiment ? répète-t-il dans un souffle, sa voix chargée d'un poids nouveau.
Convaincu que j'ai sombré, il dépose un baiser d'une légèreté incroyable sur mon front, un geste d'une tendresse pure que je ne lui aurais jamais cru capable. Il soupire, se serre encore un peu plus contre moi, son corps épousant parfaitement le mien, et murmure tout doucement : — Putain... je te kiffe mon champion.
Puis il s'endort, son souffle devenant lourd et régulier contre mon cou. Mais moi, je ne dors pas. J'ai tout entendu, chaque mot, chaque intonation. Allongé contre lui, je sens chaque battement de son cœur. Une multitude de questions m'assaillent. Est-ce qu'il est sincère ? Est-ce que cette tendresse peut survivre à la compétition, à Viktor, à notre passé de rivaux ? Je reste éveillé longtemps dans le noir, savourant cette déclaration volée comme un trésor interdit, terrifié par l'idée que, moi aussi, je suis en train de tomber pour lui.
Fin du chapitre 6.
À la fin, épuisés mais exaltés, Viktor nous libère avec un rare compliment : "Bien joué, les garçons. Vous êtes prêts pour la révolution." Dans ma tête, les questions tourbillonnent : Prêts pour quoi ? Les championnats du monde sous les couleurs de l'équipe de France ? Ou pour ce qui grandit entre nous, malgré le pacte ? Connor me jette un regard, et je sais que ce soir, tout sera permis.
L'entraînement touche enfin à sa fin. Viktor siffle trois fois, son signal habituel pour arrêter, et je sens un soulagement immense envahir mon corps épuisé. Mes muscles hurlent de fatigue après ces heures interminables à enchaîner les sauts, les pirouettes et les portés. La glace est couverte de traces de nos lames, comme un champ de bataille après une guerre. Connor et moi nous arrêtons au centre de la patinoire, haletants, la sueur coulant le long de nos tempes. Viktor s'approche, les bras croisés, son regard scrutateur nous balayant de haut en bas.
— C'est bon pour aujourd'hui, grogne-t-il. Vous avez bien bossé. Allez-vous doucher rapidement et reposez-vous. Demain, on attaque les chorégraphies complètes. Pas de conneries ce soir – dormez, mangez, récupérez. Vous en avez besoin pour les sélections en décembre.
Je hoche la tête, trop fatigué pour répondre. Connor, à côté de moi, essuie son front d'un revers de main, un sourire en coin aux lèvres. On quitte la glace en silence, nos patins claquant sur le sol en caoutchouc menant aux vestiaires. Mes pensées tourbillonnent déjà : les championnats du monde, l'équipe de France, cette surprise que personne ne connaît encore. Est-ce que je suis prêt ? Est-ce que nous sommes prêts ? Et Connor... pourquoi je ne peux pas m'empêcher de le regarder, même maintenant, alors qu'il marche devant moi, ses épaules larges roulant sous son t-shirt trempé ?
Les vestiaires collectifs sont vides, comme souvent à cette heure. L'odeur de sueur et de savon imprègne l'air, les bancs en bois usés attendent nos affaires. Je pose mon sac, retire mes patins avec un soupir de soulagement, sentant mes chevilles pulser. Connor fait de même, mais je l'ignore délibérément, me concentrant sur ma routine. Je me déshabille rapidement : t-shirt, pantalon d'entraînement, boxer – tout atterrit en tas sur le banc. Nu, je me dirige vers les douches collectives, un grand espace ouvert avec plusieurs pommeaux alignés contre un mur carrelé blanc. L'eau chaude sera un baume sur mes muscles endoloris.
Je tourne le robinet, et le jet puissant frappe ma peau, cascadant sur mes épaules, mon dos, mes jambes. Je ferme les yeux, laissant l'eau emporter la fatigue, la tension. Je tourne le dos à l'entrée, savourant ce moment de solitude. Pourquoi Connor est-il toujours dans ma tête ? Pourquoi chaque porté me rappelle ses mains sur moi la nuit ? Est-ce vraiment juste du sexe, ou est-ce que je suis en train de tomber dans quelque chose de plus dangereux ? Je secoue la tête, l'eau ruisselant sur mon visage. Concentre-toi, Herwann. Les sélections approchent. Pas le temps pour ça.
Soudain, des bras forts m'entourent par derrière. Je sursaute, mais je reconnais instantanément ce corps nu pressé contre le mien – Connor. Il me plaque doucement contre la paroi de douche froide, contrastant avec la chaleur de l'eau et de sa peau. Ses lèvres se posent dans mon cou, un baiser doux, humide, qui me fait frissonner. Son torse musclé contre mon dos, son érection naissante contre mes fesses – tout est si intime, si inattendu ici, dans cet espace public.
— Connor... qu'est-ce que...
Mais il continue, ses baisers descendant le long de mon cou, sa langue traçant une ligne chaude sur ma peau. Je tourne la tête instinctivement, cherchant ses lèvres. Nos bouches se trouvent, et le baiser devient langoureux, passionné. Sa langue glisse contre la mienne, lente au début, puis plus insistante, explorant chaque recoin de ma bouche avec une urgence contenue. Je sens son goût – un mélange de sueur salée et de menthe de son chewing-gum habituel – et je réponds avec la même ferveur, mes mains remontant pour agripper ses cheveux blonds mouillés. L'eau coule sur nous, rendant nos corps glissants, nos lèvres humides. Le baiser s'approfondit, nos langues dansant ensemble, tournoyant, suçant doucement, comme si on voulait se fondre l'un dans l'autre. Mon cœur bat la chamade ; pourquoi fait-il ça maintenant ? Ici ? Est-ce qu'il ressent la même chose que moi, cette pression qui grandit ?
Je me retourne enfin dans ses bras, rompant le baiser pour reprendre mon souffle. L'eau ruisselle sur son visage, collant ses mèches blondes sur son front, accentuant son regard vert intense. On est nus tous les deux, l'eau chaude cascadant entre nous, et je sens une vulnérabilité que je n'avais pas anticipée.
— Connor, qu'est-ce qui te prend ? je demande, ma voix basse mais insistante, mes mains sur ses épaules. On est dans les vestiaires collectifs. Viktor pourrait entrer n'importe quand. Et... pourquoi maintenant ?
Il me serre plus fort contre lui, ses bras autour de ma taille, son corps pressé contre le mien. Ses lèvres reviennent dans mon cou, déposant un baiser doux à la fin de chaque phrase, comme pour ponctuer ses mots.
— J'en avais juste envie, Herwann. [baiser] T'es toujours dans ma tête, champion. [baiser] Toute la journée, je t'ai vu patiner, te concentrer... [baiser] Et je ne pouvais pas attendre le soir.
Ses baisers sont tendres, contrastant avec sa domination habituelle, et ça me déstabilise encore plus. Pourquoi cette douceur ? Est-ce qu'il ment ? Est-ce que c'est plus que du sexe pour lui aussi ? Je sens mon corps répondre malgré moi, mon érection se pressant contre la sienne, mais mes questions persistent.
— Mais... pourquoi ici ? je poursuis, ma voix tremblante sous ses baisers. T'as tenu ta promesse toute la journée, pas une seule allusion. Et là, d'un coup... Qu'est-ce qui a changé ?
Il relève la tête, ses yeux dans les miens, un sourire en coin, mais ses mains caressent mon dos tendrement.
— C'est le fait de ne rien avoir dit de la journée. [baiser dans le cou] La pression des sélections qui monte. [baiser] J'avais besoin de te toucher, c'est tout. [baiser]
Je fronce les sourcils, pas convaincu. La pression des sélections ? Vraiment ? Ça sonne faux, comme une excuse. Connor n'est pas du genre à craquer sous la pression – ça lui passe par-dessus la tête. Est-ce qu'il cache quelque chose ? Est-ce que cette nouvelle des championnats l'a ébranlé plus qu'il ne le montre ? Ou est-ce qu'il commence à ressentir la même chose que moi, cette connexion qui va au-delà du physique ? Je ne dis rien, gardant mes doutes pour moi, mais dans ma tête, les questions tourbillonnent : Pourquoi ce mensonge ? Qu'est-ce qu'il ne veut pas admettre ?
Avant que je puisse insister, Connor me plaque à nouveau le dos contre le mur carrelé, l'eau chaude coulant sur nous comme une cascade. Ses mains commencent à caresser mon corps tendrement, presque révérencieusement – pas avec la brutalité habituelle, mais avec une douceur qui me surprend. Ses doigts tracent les contours de mes épaules, descendant le long de mes bras, effleurant mes biceps, mes avant-bras, comme s'il mémorisait chaque muscle. Puis ils remontent sur mon torse, caressant mes pectoraux, pinçant doucement mes tétons durcis par l'eau et l'excitation. "T'es si beau comme ça, mouillé et fatigué," murmure-t-il, déposant un baiser sur mon épaule, puis sur ma clavicule, sa langue traçant une ligne humide vers mon cou.
Je gémis doucement, mes mains sur ses hanches, mais les questions persistent : Pourquoi cette tendresse ? Est-ce qu'il essaie de me distraire ? Ses lèvres descendent plus bas, baisant mon torse, mon sternum, puis mes abdominaux, sa langue léchant les gouttes d'eau qui ruissellent sur ma peau. Ses mains suivent, caressant mes flancs, mes hanches, descendant vers mes cuisses, les écartant légèrement. Chaque baiser est un feu doux, chaque caresse une promesse. Il s'agenouille lentement, ses lèvres effleurant mon ventre, puis plus bas, et je retiens mon souffle.
— Connor... qu'est-ce que tu...
Mais il ne répond pas. Au lieu de ça, il prend ma queue en bouche, doucement d'abord, sa langue tournoyant autour du gland, suçant avec une expertise qui me fait voir des étoiles. La surprise me fige : Connor, ce dominant absolu, à genoux devant moi ? C'est inattendu, presque vulnérable, et ça me bouleverse. Sa bouche est chaude, humide, enveloppante ; il me prend plus profond, ses mains sur mes cuisses pour me stabiliser. Je gémis plus fort, mes mains dans ses cheveux, tirant légèrement. Pourquoi fait-il ça ? Est-ce pour me montrer qu'il peut être doux ? Ou pour me contrôler d'une autre façon ? Sa tête bouge rythmiquement, sa langue pressant contre les veines, suçant avec une intensité qui me fait trembler. L'eau coule sur nous, rendant tout glissant, sensuel.
Il se relève enfin, me prenant à nouveau dans ses bras, nos corps collés sous le jet d'eau. Il m'embrasse tendrement mais très longuement, sa bouche sur la mienne, sa langue explorant lentement, comme si c'était notre premier baiser. Ses mains caressent mon dos, mes fesses, me serrant contre lui. Le baiser dure, dure, nos lèvres se mouvant en harmonie, nos langues dansant avec une passion retenue. Je sens son érection contre la mienne, mais il ne pousse pas plus loin – juste ce baiser, infini, sous l'eau qui nous enveloppe comme un cocon. Dans ma tête, les questions explosent : Pourquoi cette tendresse soudaine ? Est-ce qu'il ment sur ses raisons ? Est-ce que c'est le début de quelque chose de plus ? Ou juste une façon de me garder accro ?
Enfin, il s'écarte, éteignant le robinet. "Allons-nous reposer," murmure-t-il, un sourire doux aux lèvres. Mais dans mes yeux, il doit voir mes doutes, car il ajoute : "Ne pense pas trop, Herwann. C'était juste... parce que j'en avais envie."
Je hoche la tête, mais dans ma tête, les questions persistent. On se sèche en silence, et je sais que ce soir, quand il dira "tout sera permis", ce ne sera pas juste du sexe. Pas pour moi.
Le trajet de retour entre la patinoire de Bercy et l'appartement de la rue de Bercy se déroule dans une atmosphère étrange, presque irréelle, loin de l'agressivité habituelle qui sature l'air entre nous. Paris s'assombrit, les lumières de la ville commencent à scintiller derrière les vitres sales du métro bondé. Debout, serrés l'un contre l'autre par la force des choses, nous sommes entourés d'inconnus qui rentrent du travail, mais pour la première fois, je ne cherche pas à maintenir cette distance de sécurité.
C’est là, dans le chaos anonyme de la rame, que je le sens. Une pression légère, presque imperceptible. Sa main glisse dans mon dos, à travers le tissu de mon blouson, et vient se poser à la base de ma nuque avant de descendre lentement le long de ma colonne vertébrale. C’est une caresse furtive, d’une tendresse si inattendue que j'en ai le souffle coupé. Je ne bouge pas, je n'ose pas lever les yeux vers lui, mais mon cœur cogne contre mes côtes comme si j'entrais sur la glace pour mon programme court. Ses doigts s'attardent sur mes lombaires, un contact électrique qui me brûle malgré l'épaisseur de mes vêtements. Il ne dit rien, il fixe les portes du wagon de son regard vert, mais sa main reste là, protectrice, comme un secret partagé au milieu de la foule. De temps en temps, lorsque le métro tangue, je sens ses doigts caresser mon dos avec une insistance douce, une promesse silencieuse.
— J’ai commandé des sushis, me murmure-t-il soudain, sa voix résonnant juste à mon oreille et faisant frissonner ma nuque. Pas envie de cuisiner ce soir. On mérite une pause.
Je hoche simplement la tête, incapable de trouver mes mots. Cette proximité nouvelle me déstabilise plus que n'importe quelle chute.
Lorsqu'on pousse la porte de l'appartement, le silence n'est plus lourd de reproches. On pose nos sacs de sport dans l'entrée. Mon corps de 1m81 est épuisé, mes muscles de 72 kilos hurlent après les heures de portés intensifs, mais l'électricité entre nous est toujours là, vibrante. En attendant le livreur, on s'installe sur le canapé étroit. Je m'assois à un bout, les mains serrées, mais il ne me laisse pas m'isoler. Sans prévenir, il se tourne vers moi et saisit ma main. Sa paume est large, chaude, et il entrelace ses doigts fermement aux miens.
Je sursaute, mes yeux cherchant une explication. Il semble avoir déposé les armes. Ses traits sont détendus, vulnérables, ses mèches blondes tombant négligemment sur son front.
— J’en ai envie ce soir, dit-il d'une voix basse, répondant à ma question muette. J’ai pas envie d’être brute. Je suis fatigué, Herwann. Un peu de douceur ne nous fera pas de mal.
Il exerce une pression douce sur ma main, m'attirant vers lui. — Viens là. Viens sur moi.
Je ne discute pas. Je me lève et je viens m’asseoir à califourchon sur ses genoux, mes jambes athlétiques encadrant son bassin. À cette distance, l'odeur de son parfum se mêle à la chaleur de sa peau de sportif. Il pose ses mains sur mes hanches et nous attire l'un contre l'autre. Nos lèvres se rencontrent enfin. Ce n'est pas un baiser de défi ; c'est une exploration lente. Ses mains glissent sous mon pull, cherchant le contact direct de ma peau, remontant le long de mes muscles dorsaux avec une patience infinie. Je gémis contre sa bouche, ma tête bascule en arrière alors qu'il descend embrasser mon cou. On réagit instantanément, nos queues bandent violemment sous nos pantalons de sport serrés, se pressant l'une contre l'autre, mais au moment où la tension devient insoutenable...
Toc, toc, toc.
On se fige, le souffle court. Je me redresse brusquement, le visage brûlant. C’est le livreur. Je vais ouvrir pour le payer, et dès qu'il nous voit tous les deux, ses yeux s'écarquillent. Il nous reconnaît tout de suite. — Putain, vous êtes les deux patineurs qui se sont battus aux JO ! Je peux prendre une photo avec vous ? Mes potes ne vont jamais me croire.
On accepte, presque par réflexe. Il s'approche de moi, pose sa main sur mon épaule pour le cliché, nos corps encore vibrants de l'interruption. Je paye, le livreur repart ravi, et on s'installe à nouveau sur le canapé pour manger. Il prend un sushi entre ses baguettes et le porte directement à ma bouche avec un sourire tendre. — Ce soir, c'est de la tendresse, c'est tout, murmure-t-il.
Une fois le repas terminé, il me prend la main et me guide vers la chambre. On se déshabille lentement, sans hâte, laissant chaque vêtement tomber sur le sol. Quand il se retrouve nu face à moi, je suis pétrifié par sa beauté. Ses épaules sont larges, ses muscles de 1m85 dessinent des ombres sur sa peau dorée sous la lumière tamisée. On s'installe sur son lit étroit. La chaleur de son corps contre le mien me donne le vertige.
Il ne se précipite pas. Ses mains deviennent des instruments d'une douceur infinie. Il commence par effleurer mon visage, ses pouces traçant le contour de mes lèvres alors qu'il plonge son regard vert dans mon bleu. Ses baisers sont des empreintes brûlantes sur mon cou, mes clavicules, mon torse sculpté. Il lèche chaque muscle, chaque creux de ma peau, descendant vers mon ventre avec une lenteur calculée.
— Regarde-moi, Herwann, me murmure-t-il d'une voix rauque. Je veux voir tes yeux tout le temps. Regarde-moi.
Il s'écarte pour m'explorer avec ses mains, pétrissant mes cuisses, s'attardant sur l'intérieur de mes jambes avec une sensualité qui me fait perdre tout contrôle. Ses doigts glissent vers mon intimité, me caressant avec une maîtrise qui me fait gémir son nom. Quand il descend pour me goûter, son visage entre mes jambes, je sens mon cœur exploser. C’est une exploration méthodique, tendre, ses mains remontant pour caresser mon torse pendant qu'il me donne du plaisir.
Il me bascule doucement sur le dos, me dominant de toute sa stature. Il prend le temps de préparer mon corps, ses doigts s'insérant en moi avec une précaution extrême, cherchant à m'ouvrir avec une délicatesse qui me bouleverse. Quand il sent que je suis prêt, il se lie à moi. Le contact est d'une intensité foudroyante. Je sens chaque millimètre de lui entrer en moi, une fusion totale, nos hanches se soudant.
— Regarde-moi, répète-t-il alors qu'il commence à bouger.
On ne quitte pas nos regards des yeux. Le rythme est lent, chaque poussée est une caresse interne qui me fait vibrer jusqu'à la moelle. Il encadre mon visage de ses mains, ses paumes pressées contre mes joues, m'embrassant entre deux souffles courts. On change de position, il me soulève pour m'asseoir sur lui, et je m'accroche à ses épaules puissantes, sentant ses muscles rouler sous mes doigts. Nos poitrines se heurtent, nos sueurs se mélangent, rendant nos corps glissants sur les draps. Je sens son sexe pulser en moi, et cette sensation de plénitude est si forte que j'en ai les larmes aux yeux.
L'orgasme nous foudroie en même temps. Il jouit en moi dans un râle étouffé, son corps se tendant dans un arc parfait, tandis que je me libère sur son torse musclé, inondant sa peau chaude. On reste ainsi, soudés, nos respirations s'apaisant, nos cœurs battant à l'unisson comme si la glace n'existait plus.
Après l'effort, il ne me laisse pas partir vers mon propre lit. Il me tire contre lui, me serrant très fort. Le lit est si étroit qu'on doit rester imbriqués, mon dos contre son torse, son bras puissant verrouillé autour de ma taille. La nuit avance, le silence de la pièce n'est troublé que par nos respirations. Je sens son regard sur ma nuque, une attention presque dévorante, alors je ferme les yeux et je feins le sommeil.
— Est-ce que tu dors ? chuchote-t-il après un long moment. Je ne réponds pas. Je reste immobile, le cœur battant à tout rompre malgré ma fatigue. — Est-ce que tu dors vraiment ? répète-t-il dans un souffle, sa voix chargée d'un poids nouveau.
Convaincu que j'ai sombré, il dépose un baiser d'une légèreté incroyable sur mon front, un geste d'une tendresse pure que je ne lui aurais jamais cru capable. Il soupire, se serre encore un peu plus contre moi, son corps épousant parfaitement le mien, et murmure tout doucement : — Putain... je te kiffe mon champion.
Puis il s'endort, son souffle devenant lourd et régulier contre mon cou. Mais moi, je ne dors pas. J'ai tout entendu, chaque mot, chaque intonation. Allongé contre lui, je sens chaque battement de son cœur. Une multitude de questions m'assaillent. Est-ce qu'il est sincère ? Est-ce que cette tendresse peut survivre à la compétition, à Viktor, à notre passé de rivaux ? Je reste éveillé longtemps dans le noir, savourant cette déclaration volée comme un trésor interdit, terrifié par l'idée que, moi aussi, je suis en train de tomber pour lui.
Fin du chapitre 6.
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