A cause d'un regard (3)

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Récit libertin : A cause d'un regard (3) Histoire érotique Publiée sur HDS le 26-07-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
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A cause d'un regard (3)
Chapitre 3

Les jours qui séparent Noël de la Saint-Sylvestre s’écoulent dans une sorte de brouillard cotonneux. La routine avec Julien est devenue mon point d'ancrage, une manière de ne pas dériver vers les abysses. Nous mangeons ensemble presque tous les midis, et le soir, nous marchons dans les rues de la ville ou dînons dans de petits troquets chaleureux. Julien est parfait. Il y a des baisers, de plus en plus fréquents, et des caresses qui s’attardent sur ma nuque ou mes épaules. Pourtant, je reste sur le seuil. Je lui explique, avec toute la douceur dont je suis capable, que je ne me sens pas encore prêt à franchir le pas de l'intimité totale, que j’ai besoin de temps. Il accepte avec une patience qui m’accable, me répétant qu’il est simplement bien avec moi. Et c'est vrai, je suis bien. C’est une chaleur calme, un abri contre la tempête que je porte en moi depuis deux ans.

L'invitation pour le Nouvel An tombe comme un couperet. Notre groupe d’amis organise une grande soirée dans une vieille bâtisse privatisée à la sortie de Besançon. Quand j’annonce à Julien que je souhaite qu’il m’accompagne, son visage s’illumine d’une joie si sincère que j’en ressens une pointe de culpabilité. Pour lui, c’est l’officialisation. Pour moi, c’est un saut dans l’inconnu.

Le soir du 31 décembre, l’ambiance est électrique. La musique pulse contre les murs de pierre, et les rires fusent au milieu des bulles de champagne. Julien est impeccable, prévenant, sa main ne quittant presque jamais la mienne ou le bas de mon dos. Nous entrons dans la salle, nous trinquons, je fais des efforts surhumains pour être l’homme qu’il mérite. Et puis, au détour d’un buffet, le monde se fige.

Timéo est là. Il se tient à l’autre bout de la pièce. David est juste à côté, son bras entourant ses épaules avec une assurance tranquille. Mon cœur fait un bond douloureux. Je sens le regard de Timéo se poser sur moi, puis descendre sur la main de Julien qui enserre la mienne. Je me renferme instantanément, une armure de glace se refermant sur ma poitrine. Julien remarque mon changement d’humeur, s'inquiète, me demande si le bruit me fatigue. Je réponds par un sourire forcé, prétextant un simple mal de tête.

Pourtant, malgré mes efforts pour l'éviter, nos trajectoires se croisent. À plusieurs reprises dans la soirée, je surprends Timéo en train de me fixer. Ce ne sont pas les regards d’amitié habituels. Ce sont des regards longs, pesants, chargés d'un désir muet et d'une intensité que je ne lui avais jamais connue. Il m’observe comme si j’étais un étranger qu’il brûlait de découvrir, ou un secret qu’il craignait de perdre. Je soutiens son regard, incapable de détourner les yeux, une tension électrique vibrant entre nous au-dessus des têtes de nos amis.

À un moment, Timéo s’approche de moi près du bar, profitant d’un instant où Julien est accaparé par Léa. Il me parle de choses banales, de la soirée, du vin, comme si de rien n’était. J’essaie, la gorge nouée, de trouver une ouverture pour mentionner cette lettre restée sans réponse, pour comprendre son absence au pied du sapin. Mais nous sommes sans cesse dérangés. Un ami vient nous bousculer en riant, un autre nous propose des shots, la musique change de rythme. Nous restons dans les non-dits, mais nos corps, eux, semblent crier ce que nos bouches taisent. Chaque fois qu'un invité s'interpose, nos yeux se cherchent à nouveau, plus sombres, plus avides.

Minuit approche. Le décompte commence. La salle entière scande les chiffres. Dix... Neuf... Huit... L'alcool que j'ai bu pour engourdir ma douleur me monte à la tête, rendant tout flou. Je regarde Timéo. Il regarde Julien. Trois... Deux... Un... Bonne année !

Le chaos éclate. Les gens s’embrassent, hurlent, se serrent. David attrape Timéo par le cou et l’embrasse longuement, avec passion. Je détourne les yeux, le cœur en miettes, pour tomber sur Julien qui se penche vers moi. Ses lèvres rencontrent les miennes. C’est un baiser tendre, plein d’espoir, mais par-dessus son épaule, je vois que Timéo nous fixe, le visage décomposé, immobile au milieu de l'allégresse générale.

Je n’en peux plus. Cette mise en scène m’étouffe. Je murmure à Julien que je vais prendre l’air une minute. Je sors sur la terrasse déserte. Le froid est cinglant, mais il me fait du bien. Je respire à pleins poumons, les yeux fermés.
— On ne s’est pas souhaité la bonne année, Luc.

Je sursaute. Timéo est là, debout près de la balustrade. Il a un verre à la main, l’air un peu vacillant lui aussi. Il s’approche, ses pas incertains sur les dalles givrées. Le silence de la nuit contraste violemment avec le fracas de la fête à l'intérieur.
— Bonne année, Timéo, je dis d'une voix blanche.

Il arrive à ma hauteur. Il ne dit rien. Il est si près que je sens la chaleur de son souffle. L'alcool a brisé nos barrières. Il me regarde avec une détresse qui me bouleverse. On reste là, suspendus dans cet entre-deux, sans oser bouger. Et puis, sans que rien ne soit prémédité, dans un mouvement de tête maladroit, une impulsion que ni lui ni moi n'avions prévue, nos visages se rapprochent. C'est un accident, une collision de deux solitudes.

Nos lèvres se rencontrent.
Ce n'est pas un baiser volé, c'est une explosion. C’est un baiser langoureux, désespéré, où se mêlent le goût du champagne et celui des regrets. Ses mains s'accrochent à mon manteau, les miennes se perdent dans son cou. On s'embrasse avec une faim que deux ans de silence n'ont fait qu'attiser. C'est une surprise totale, un choc qui nous laisse tous les deux tremblants. C'est tout ce que je voulais, et c'est tout ce qui est interdit.

Brusquement, je réalise l'absurdité de la situation. Je me détache, le souffle court, les lèvres brûlantes. Timéo me regarde, hébété, comme s'il venait de se réveiller d'un rêve. Je ne lui parle pas de la lettre. Je ne lui demande rien. Je ne peux pas.

Je fais demi-tour et rentre dans la salle en courant. La musique bat son plein. Je vois Julien sur la piste, il danse avec Léa, il a l'air si heureux. Je fonce vers lui, je le saisis par les épaules et je le serre de toutes mes forces dans mes bras, cachant mon visage contre son cou. Je m'accroche à lui comme à une bouée de sauvetage, cherchant à effacer le contact des lèvres de Timéo.

Par-dessus l'épaule de Julien, je vois Timéo revenir dans la salle. Il s'arrête net. Il reste là, seul, à me regarder serrer un autre homme. Je ferme les yeux et je serre Julien encore plus fort, essayant de me convaincre que c'est ici, dans ces bras-là, que ma vie doit désormais se construire.

La musique à l’étage inférieur n’est plus qu’un bourdonnement sourd, une vibration résiduelle qui remonte dans les poutres séculaires de la bâtisse. Il est trois heures du matin, cet instant charnière où la fête bascule dans une ivresse mélancolique, où les rires s'étirent et où les corps ne sont plus que des ombres lassées. En bas, j’ai laissé Julien. Je l'ai laissé dans la lumière, riant avec Léa et ses nouveaux complices, rayonnant de cette légitimité tranquille que je lui ai prêtée pour me sauver du vide. Mais ici, dans la pénombre du premier étage, je n’existe plus en tant qu’être social. Depuis que nos lèvres se sont percutées sur la terrasse, je suis une plaie ouverte, habitée par un souvenir qui brûle encore la surface de ma peau.

Mes doigts reviennent sans cesse sur ma bouche. Je palpe mes lèvres, encore et encore, cherchant à vérifier que le contact n’était pas qu’une hallucination née du champagne. Durant les heures qui ont suivi le baiser de minuit, j’ai senti son regard rivé au mien à travers la salle, ignorant les convives, ignorant son compagnon. Une électricité sauvage circulait entre nous, une tension qui rendait chaque seconde insupportable.

J’ai fini par fuir. J’ai gravi l’escalier de pierre, m’enfonçant dans le labyrinthe des couloirs obscurs. Je me suis arrêté devant une fenêtre à meneaux, le front appuyé contre la vitre dont le froid mordant tente de calmer l'incendie dans mes tempes. Je fixe l’obscurité de la campagne, ce néant où rien n’est attendu, où rien n’est promis.

Soudain, l’air change. Je n’ai entendu aucun pas, mais je sens sa présence. Elle est là, lourde et magnétique. Timéo se tient à quelques mètres. Dans la lumière diffuse de la lune, sa silhouette se dessine comme un reproche. Il essaie de dire quelque chose, sa gorge émet un son étouffé, puis il renonce. Je reste muet, incapable de formuler la moindre pensée cohérente. Je porte à nouveau ma main à ma bouche, un geste réflexe qui semble l'appeler.

Il se rapproche. Son attention est rivée sur mes lèvres. Le silence dans cette pièce vide est plus violent que le fracas de l'orchestre en bas. Sans un mot, il lève les mains et prend mon visage en coupe. Ses paumes sont brûlantes, un contraste saisissant avec le givre de la fenêtre. Je devrais penser à Julien, à David, à l'équilibre précaire de ma vie, mais je suis incapable de reculer. Je ferme les yeux et je me laisse emporter par son contact, ma tête basculant pour l'accueillir.

Le baiser qui suit est dévastateur. Il n’est plus question de surprise, mais de nécessité. L’alcool a fait voler en éclats mes dernières réserves, libérant une soif de lui que je contiens depuis deux ans. Ses mains glissent de mes joues vers ma nuque, ses doigts s'emmêlant dans mes cheveux pour m'ancrer à lui. C'est une urgence viscérale. Timéo me fait pivoter brusquement, me plaquant contre le cadre de la fenêtre. Il enfouit son visage dans mon cou, m'embrassant avec une ferveur qui arrache de ma gorge des gémissements que je ne reconnais pas.

Ses mains sont partout, explorant mon dos, mes hanches, avec une justesse cruelle. Je sens son érection presser contre ma jambe, trouvant écho dans la mienne. Tout va trop vite, et pourtant chaque seconde semble durer une éternité. Les vêtements deviennent des obstacles ridicules. Dans la pénombre, les ceintures se dénouent, les pantalons glissent sur le bois brut du parquet avec un froissement de tissu qui sonne comme un point de non-retour.

Nous sommes nus dans la fraîcheur de la bâtisse, mais je ne ressens que le feu de sa peau contre la mienne. Timéo me retourne, m'obligeant à faire face à l'obscurité extérieure, le front contre le verre. Ses mains ne me lâchent pas une seconde. Il ne prononce toujours pas un mot, son souffle saccadé est le seul langage qu'il m'autorise. Je sens ses lèvres parcourir mes épaules, descendre le long de ma colonne.

Il crache dans sa main, un son humide qui me fait tressaillir dans l'ombre. Je sens sa paume descendre, enduire mes fesses avant de se concentrer sur le point névralgique de mon désir. Il commence à me préparer. Un doigt s'insinue, bientôt suivi d'un deuxième, puis d'un troisième. Je gémis contre la vitre, mon souffle chaud créant un voile de buée devant mes yeux. La sensation est totale, un mélange de douleur sourde et de plaisir irradiant. Chaque mouvement de ses doigts est une conquête que mon corps appelle depuis sept cents jours. Je me cambre, cherchant l'invasion, cherchant à disparaître en lui.

Puis, je sens la pression de son gland. Il s'introduit avec une lenteur calculée, une précaution qui me torture. Je sens chaque millimètre de lui conquérir mon espace intérieur, comblant enfin ce vide immense que je portais depuis notre première rencontre. Quand il est totalement en moi, il s'immobilise un court instant, sa poitrine écrasée contre mon dos. Je sens son cœur marteler contre mes omoplates.

Puis, la cadence s'installe. Il bouge avec une force rythmée, une fougue qui nous emporte loin de cette fête, loin de nos vies. Je m'agrippe au rebord de la fenêtre, les jointures blanchies par l'effort. Les pensées se bousculent dans mon esprit : C'est lui. C'est enfin lui. Je ne lui dirai pas que je l'ai attendu devant le sapin. Je ne lui dirai pas que j'ai pleuré jusqu'à l'épuisement. Je garde mes larmes et ma lettre pour moi, comme un secret trop lourd. Je me contente de la friction, de la chaleur, de cette possession mutuelle dans le silence complice de l'étage.

La jouissance monte, inévitable, portée par la violence de ses coups de reins. Je sens le plaisir pulser depuis mes reins vers tout mon corps. C'est magnifique et atroce à la fois.
— Ne jouis pas en moi, Timéo, je parviens à articuler dans un souffle brisé.

Il lâche un grognement rauque, un son de pur abandon. Au dernier moment, il se retire avec une brusquerie qui me laisse vide. Je sens sa semence brûlante gicler contre ma peau et s'étaler sur le plancher. Il s'appuie contre moi, son front pesant sur mon épaule, le souffle court.

Le silence retombe brusquement, plus oppressant qu'avant. La réalité nous rattrape avec une violence inouïe. Le froid de la pièce, la culpabilité envers Julien, l'existence de David. Nous nous rhabillons dans une urgence fébrile, évitant de croiser nos regards. Le bruit de ma fermeture éclair résonne comme un verdict définitif.

Je reste là, abasourdi, mes muscles encore tremblants sous l'effet du choc. Timéo s'approche de moi, il cherche à rattraper ma main, à m'embrasser encore avec une tendresse qui me brise le cœur. Je détourne le visage, incapable de soutenir cette émotion.
— Et David ? je demande d'une voix sourde. Retourne vers lui.

Ma phrase est une lame qui tranche l'air saturé de désir. C'est ma seule défense pour ne pas céder à nouveau. Timéo me regarde une dernière fois, ses yeux égarés, ses lèvres entrouvertes comme s'il allait enfin briser le silence sur nous. Mais je ne lui laisse pas la place. Je quitte la pièce d'un pas rapide, redescendant vers la musique, vers Julien, vers le mensonge protecteur de ma nouvelle vie.

Le fracas de la musique en bas me percute comme une insulte. En franchissant le seuil de la salle de bal, j’ai l’impression d’être un spectre revenant d’un autre monde. Mes vêtements sont remis en place, mais ma peau brûle encore du contact de Timéo, et l’odeur de cette étreinte clandestine me semble collée au corps comme une marque d’infamie. La culpabilité n'est pas une émotion abstraite ; c'est un poids physique qui m'écrase les poumons, une pression constante sur ma cage thoracique. Je scanne la foule avec une urgence frénétique jusqu’à ce que j'aperçoive Julien. Il est là, un sourire aux lèvres, discutant toujours avec nos amis. Il incarne tout ce qui est sain, stable et honnête.
— On s'en va, Julien. Maintenant, s'il te plaît.

Ma voix est pressante, presque impolie. Il se tourne vers moi, surpris par mon ton et sans doute par l'éclat sauvage qui doit briller dans mes yeux. — Déjà ? Tout va bien, Luc ? Tu es tout pâle, on dirait que tu as vu un fantôme.
— J’ai besoin de partir. On rentre chez toi ? je demande, comme une supplique.

L’étincelle d’espoir qui traverse son regard me déchire le cœur, mais je m’y accroche. J’ai besoin de fuir cette bâtisse, de fuir le regard de Timéo qui, je le sais, va redescendre d’un instant à l’autre. J’ai besoin de me noyer dans quelque chose de concret, de tendre, pour effacer le chaos de l'étage. Julien ne pose pas de questions. Il salue rapidement le groupe, récupère nos manteaux, et nous voilà dans la nuit glacée de ce premier matin de l'année. Le trajet vers son appartement se fait dans un silence étrange, sa main cherchant la mienne sur le levier de vitesse. Je la serre avec une force désespérée, tentant de chasser les images de la fenêtre à meneaux.

Arrivés chez lui, l’atmosphère change. Son appartement est à son image : ordonné, chaleureux, rassurant. Julien retire mon manteau avec une lenteur infinie, ses mains s'attardant sur mes épaules. Il me regarde, ses yeux cherchant les miens avec une sincérité qui me désarme. Nous nous dirigeons vers sa chambre, baignée par la lueur tamisée d'une lampe de chevet. Ici, tout est douceur.


Julien commence les préliminaires avec une patience méticuleuse. Il retire ma chemise bouton après bouton, déposant des baisers légers sur chaque parcelle de peau qu'il découvre. Ses lèvres parcourent mon torse, s'attardent sur mes tétons qu'il fendille du bout de la langue. Il prend son temps. Je m'allonge sur ses draps de lin, et il se penche sur moi. Ses mains massent mes flancs, descendent vers mon entrejambe. Il libère mon sexe déjà dur de mon pantalon. Julien s'agenouille entre mes jambes. Sa bouche est chaude, enveloppante, il travaille avec une lenteur qui me force à me concentrer sur lui, et uniquement sur lui. Ses mains viennent entourer mes couilles, les massant doucement, tandis que sa langue parcourt le gland. Je gémis, la tête renversée dans l'oreiller, cherchant à noyer le souvenir de l'autre dans cette sensation bien réelle.

Il se redresse, retire ses vêtements. Julien est magnifique. Il s'allonge sur moi, son érection, longue et fière, frottant contre la mienne. Il prend un tube de lubrifiant sur la table de chevet. Je le regarde faire, fasciné par la douceur de ses gestes. Il enduit ses doigts, puis mon entrée, avec une attention touchante. Il commence à me préparer, utilisant ses doigts pour élargir doucement mon anneau, ses yeux ne quittant jamais les miens.

Il s'introduit avec une lenteur cérémonieuse. Je sens son gland écarter mes parois, puis sa verge glisser en moi, centimètre après centimètre. Il est large, comblant chaque recoin. Lorsqu'il est entièrement enfoncé, il s'arrête, son visage à quelques centimètres du mien. Ses bras m'encerclent, me soudant à lui. Puis, les premiers coups de reins commencent. Ils sont profonds, lents, cherchant l'harmonie. À chaque poussée, son sexe vient heurter ma prostate, déclenchant des vagues de plaisir pur.

Nous changeons de position. Il s'assoit et me tire sur lui. Je m'abaisse sur son sexe, sentant mes couilles s'écraser contre les siennes à chaque mouvement. Je me cambre, mes mains s'agrippant à ses épaules. Je le regarde, ses yeux sont voilés de désir, son souffle est court. Chaque coup de reins est une présence. Il me prend les hanches, guidant le rythme, nous enfonçant de plus en plus loin l'un dans l'autre. La sensation de son sexe en moi est rassurante, charnelle, une ancre dans la réalité.

Il finit par me rallonger sur le dos, relevant mes jambes sur ses épaules pour pénétrer encore plus profondément. Là, le rythme s'accélère. Les coups de reins deviennent plus intenses, plus sauvages tout en restant empreints d'une tendresse infinie. Je sens ses testicules battre contre mes fesses à chaque impact. C'est un rythme hypnotique. Je cherche ses lèvres. Le plaisir monte, insoutenable. Julien accélère encore, sa respiration devient un râle. Je sens mon propre sexe couler sur mon ventre alors que j'approche de l'orgasme.


Au moment final, Julien se cambre, ses muscles se tendent sous ma peau. Il jouit en moi, une chaleur liquide qui se répand, tandis que je libère ma propre semence entre nous. Il s'écroule sur moi, son front contre mon épaule, son cœur battant la chamade contre ma poitrine.

Après, alors que nous sommes encore enlacés sous la couette, la peau moite, Julien se redresse sur un coude. La lumière de la lune dessine des ombres bleutées sur son visage.
— Luc, j'ai besoin de te dire quelque chose. Je sais que tu as tes secrets. Mais ces neuf mois... ça a tout changé pour moi. Je ressens quelque chose de très fort pour toi. Quelque chose de vrai. Je ne veux pas être juste un pansement. Je veux être l'homme qui te fera oublier pourquoi tu as eu mal. Je veux construire quelque chose de solide avec toi.

Ses mots sont des poignards de bonté. Je reste immobile, la gorge serrée par la gratitude et la honte. Il n'a pas dit qu'il m'aimait, pas encore, et je lui en suis étrangement reconnaissant.
— Je suis bien avec toi, Julien, je réponds, et c'est la seule vérité que je peux lui offrir. Je suis vraiment bien ici.

Il m'embrasse le font et me serre contre lui. Je ferme les yeux, sentant les battements de son cœur. Je suis dans les bras d'un homme qui tient à moi, loin du froid du sapin et des fenêtres à meneaux. Mais au fond de moi, je sais que le goût de Timéo ne s'effacera pas si facilement.

Fin du chapitre 3.

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