A cause d'un regard (4)

- Par l'auteur HDS Tounet39270 -
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Récit libertin : A cause d'un regard (4) Histoire érotique Publiée sur HDS le 28-07-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
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A cause d'un regard (4)
Chapitre 4

Le premier matin de l’année s’infiltre à travers les persiennes de l’appartement de Julien avec une lumière crue, presque métallique. C’est une clarté grise, typique des hivers de la vallée du Doubs, qui dessine chaque contour de la chambre avec une précision chirurgicale. Je m’éveille lentement, le corps lourd, ankylosé par l’épuisement des émotions contradictoires qui ont jalonné la nuit. Contre mon dos, je sens la chaleur régulière de Julien. Son bras est posé en travers de ma taille, sa main relâchée contre mon ventre, et sa respiration est calme, profonde. C’est le poids d’une réalité que j’ai choisie, un ancrage que j’ai moi-même verrouillé quelques heures plus tôt pour ne pas sombrer dans le chaos de mes propres sentiments.

Je reste immobile, les yeux fixés sur un point invisible au plafond. Les images de la soirée défilent derrière mes paupières comme un film dont j'aurais perdu le montage : les bulles de champagne, le regard sombre de Timéo au bar, la fenêtre à meneaux où nos corps se sont percutés dans une urgence sauvage et muette, puis le retour ici, dans ce lit, où Julien m'a pris avec une douceur infinie. Je me sens fragmenté, habité par deux versions de moi-même qui refusent de cohabiter : l'amant clandestin de l'étage et le compagnon officiel de l'aube.

Mon téléphone, posé sur la table de chevet, vibre brièvement. Le son est léger, mais dans le silence de la chambre, il résonne comme un signal d'alarme. Julien ne bouge pas, encore perdu dans les limbes du sommeil. Je tends le bras avec une lenteur de voleur, mon cœur s’emballant sans raison apparente. L'écran s'allume, projetant un halo bleuté sur mon visage. Un message.

Expéditeur : Timéo. Envoyé à 04h12 du matin.
Mes doigts tremblent légèrement alors que je déverrouille l'appareil.

"Luc, je n'arrive pas à dormir. Ce qui s'est passé cette nuit... j'ai aimé chaque seconde, c'était incroyable d'être enfin avec toi. Mais je n'arrête pas d'y penser et je regrette d'en être arrivé là. Je ne peux pas faire ça à David, il ne mérite pas ça. Et je ne peux pas faire ça à Julien non plus, il a l'air de tellement tenir à toi. On ne devrait pas recommencer."

Je relis les mots une fois, deux fois. Il y a une douceur amère dans son message, une pointe de regret qui me serre la gorge. Pour lui, ce n'est qu'un dérapage charnel magnifique qu'il faut étouffer par moralité et par respect pour ceux qui partagent nos vies. Je reste là, hébété, le regard fixe. Cette nuit était une parenthèse enchantée qu'il veut déjà refermer pour protéger nos équilibres respectifs, laissant derrière lui un goût d'inachevé qui me brûle les sangs.

Je sens Julien s'étirer contre moi. Son bras se resserre, sa main venant se poser fermement sur mon torse. Il dépose un baiser ensommeillé entre mes omoplates, un geste d'une tendresse désarmante qui me fait presque mal.
— Bonne année, Luc, murmure-t-il, sa voix basse et chargée de sommeil. Tu es déjà réveillé ?

Je verrouille brusquement mon téléphone et le repose, face contre la table, comme pour enfouir le trouble que Timéo vient de jeter dans ma chambre. — Bonne année, Julien. Oui... je regardais juste l'heure.

Je me retourne pour lui faire face. Il me sourit, ses yeux clairs remplis d'une affection si sincère que j'en ai presque le vertige. Il tend la main pour caresser ma joue, son pouce s'attardant sur ma lèvre inférieure, cherchant le souvenir de nos baisers. Il n'a pas dit qu'il m'aimait, et je n'ai rien dit non plus, mais l'air entre nous est saturé d'une volonté de construire quelque chose de vrai. Il veut être là pour moi, et moi, je veux désespérément me laisser soigner par lui, m'ancrer dans sa bienveillance.
— On est bien, ici, non ? dit-il simplement en se rapprochant.

Il ne pose pas de questions sur mon air égaré. Il se contente de me ramener à lui, de m'envelopper de sa présence. Ses mains redescendent sous la couette, cherchant à nouveau le contact de ma peau. Il m'embrasse avec une lenteur calculée, ses lèvres explorant mon cou avant de revenir aux miennes. Je sens son éveil matinal presser contre ma cuisse, une invitation tendre à prolonger la nuit.

Je me laisse faire. Je lui rends son baiser, je laisse ses mains parcourir mon torse, descendre vers mon entrejambe. Je laisse son corps s'insinuer à nouveau en moi. Il s'introduit avec une patience infinie, centimètre après centimètre, comblant l'espace avec une douceur protectrice. À chaque coup de reins, je tente de me convaincre que c'est ici que je dois être. Julien bouge en moi avec une régularité rassurante, ses yeux ancrés dans les miens, cherchant une connexion que je m'efforce de lui donner. Je sens son sexe frotter contre ma prostate, ses testicules battre contre moi, et je ferme les yeux pour ne voir que lui, pour oublier l'autre.

Mais alors que je gémis sous ses caresses, le message de Timéo brûle mon esprit. Il regrette, par respect pour les autres, alors qu'il a aimé être avec moi. Cette dualité me déchire le cœur. Je serre Julien contre moi, cachant mon visage dans son cou, fuyant la lumière du jour qui m'oblige à faire un choix impossible entre la passion destructrice et la tendresse salvatrice.

Je n’ai pas répondu. J’ai laissé les mots de Timéo croupir dans les méandres de ma messagerie, comme une preuve à charge que je refusais de consulter. Le silence est devenu ma forteresse, ma seule réponse face à son aveu de regret. Durant les quinze jours qui ont suivi ce premier matin de l’année, j’ai plongé dans une existence dédoublée, une mécanique de précision où chaque geste, chaque mot, est calculé pour ne pas laisser paraître la fissure qui me parcourt.

À l’agence, la vie a repris son cours normal. Je m’immerge dans mes projets de réaménagement urbain et mes tableurs, m’imposant une discipline de fer pour ne pas dévier. Le reste de mon temps appartient exclusivement à Julien. Notre routine s’est solidifiée, devenant le ciment de mes journées et le rempart contre mes pensées parasites. Nous nous voyons désormais presque tous les soirs. Souvent, c’est moi qui le rejoins dans son appartement de la rue des Granges après ma journée. J’aime l’odeur de son intérieur, ce mélange rassurant de café frais et de cire pour meubles qui apaise mes nerfs à vif dès que je franchis le seuil.

Nos soirées sont d’une douceur monotone et salvatrice. Nous cuisinons ensemble, partageant une bouteille de vin tout en discutant de nos journées respectives. Julien est un compagnon idéal, un auditeur infatigable qui s’intéresse sincèrement à mes doutes professionnels. Il me conseille avec pertinence, sans jamais forcer le passage vers mes silences. Il semble se contenter de cette présence régulière, de cette intimité qui s’approfondit sans que j’aie besoin de mettre de mots sur ce qui nous lie.

Puis, inévitablement, la soirée glisse vers la chambre. C’est là que je m’efforce d’être le plus présent, le plus reconnaissant. Dans le lit de Julien, les préliminaires sont devenus un rituel de reconnexion. Il prend le temps de masser mes épaules contractées, ses doigts longs et vigoureux dénouant chaque tension accumulée. Il m’embrasse avec une dévotion qui me désarme, ses lèvres parcourant mon torse, mes flancs, descendant vers mon entrejambe avec une patience de gourmet. Ses mains entourent mes bourses, les massent avec une lenteur étudiée, sentant le poids de ma virilité tandis que sa bouche s'occupe de mon sexe. Il l'englobe tout entier, sa langue tournant autour de mon gland, me faisant durcir jusqu'à la limite de la douleur.

Lorsqu’il s’insinue en moi, c’est toujours avec cette même lenteur prévenante, centimètre après centimètre. Je m’accroche à ses épaules musclées, mes jambes entourant ses hanches, cherchant à fusionner avec sa stabilité. À chaque coup de reins, je ferme les yeux et je me concentre sur la sensation brute. Je sens sa verge, ferme et chaude, écarter mes parois à chaque poussée. Le frottement de ses couilles lourdes contre mon fessier marque le rythme de notre étreinte. Je me force à rouvrir les yeux pour plonger mon regard dans le sien, pour m’ancrer dans le bleu de ses iris et ne pas laisser mon esprit s’échapper vers l’obscurité de la vieille bâtisse.

Chaque poussée est profonde, il cherche à me toucher au plus profond, là où les secrets sont enfouis. Je sens son gland heurter ma prostate avec une précision qui me tire des gémissements sincères, une vibration électrique qui remonte le long de ma colonne vertébrale. Il me fait basculer sur le côté, une jambe relevée, pour pénétrer encore plus loin. Dans cette position, je sens chaque mouvement de son bassin, la puissance de ses muscles fessiers qui se contractent à chaque impact. La friction est intense, presque brûlante, et je sens mon propre sexe frotter contre les draps, exsudant déjà les prémices du plaisir.

Nous faisons l’amour avec une intensité qui grandit au fil des jours. Parfois, c’est une tendresse languissante ; parfois, c’est une urgence plus sauvage. Il me retourne, m'obligeant à me mettre à quatre pattes. Je sens ses mains agripper fermement mes hanches, ses doigts s'enfonçant dans ma chair pour me maintenir contre lui. Il entre d'un coup sec, me faisant cambrer le dos. Le rythme s'accélère, le bruit de nos corps qui s'entrechoquent remplit la pièce. Je sens ses testicules claquer contre ma peau à chaque impact, un martèlement hypnotique. La sensation de plénitude est totale. Je sens sa verge se gonfler en moi, annonçant l'orgasme imminent. Je sens sa semence chaude se répandre par vagues successives au fond de moi, et je reste ensuite de longues minutes la tête nichée dans son cou, écoutant le ralentissement de son pouls contre ma poitrine, cherchant la paix dans sa chaleur.
— Tu es bien avec moi ? me demande-t-il souvent dans l’obscurité, la main caressant mes cheveux. — Je suis vraiment bien, Julien, je réponds, et à ce moment précis, je le pense vraiment.

Quinze jours ont passé ainsi. Quinze jours de travail acharné le jour et de nuits de passion sécurisante le soir. Le message de Timéo est toujours là, enfoui dans mon téléphone, mais le silence est devenu ma seconde peau. Je commence à croire que je peux gagner ce bras de fer, que je peux enfin devenir l’homme que Julien mérite, loin des tourments du passé.

Pourtant, la vie à Besançon est étroite. Un samedi après-midi, alors que je marche avec Julien sur la place de la Révolution pour aller prendre un café, j’aperçois une silhouette familière au loin. C’est Timéo. Il est là, debout près d'une vitrine, seul. Mon sang ne fait qu'un tour et je sens la main de Julien, qui tenait la mienne, devenir soudainement trop chaude, trop réelle.

Le froid de janvier pique mes joues, mais c’est une tout autre brûlure qui m’envahit lorsque nos trajectoires convergent sur la place de la Révolution. Timéo ne s’est pas détourné. Au contraire, il s’est redressé, et ses yeux se sont ancrés dans les miens avec une détermination qui me cloue sur place. Julien, inconscient du drame qui se joue, resserre sa main sur la mienne.
— Tiens, salut Timéo ! lance Julien avec une sympathie naturelle. Bonne année ! On ne s'est pas vraiment vus depuis la fête.

Timéo esquisse un sourire de façade, mais son regard ne quitte pas le mien. Il fait un pas vers nous, réduisant cette distance de sécurité que j'avais si soigneusement établie depuis quinze jours.
— Bonne année à vous deux. Désolé de vous interrompre, j'ai vu une affiche pour l'expo de la Citadelle et ça m'a fait penser à ce que tu me disais… enfin, je voulais juste demander à Luc s’il n'avait pas gardé les clés du local par erreur, celle du petit entrepôt de l'asso.

Le mensonge est habile, une excuse de pur hasard. Julien, toujours prévenant et désireux de nous laisser régler cette broutille, ne remarque rien.
— Oh, je vais nous commander les cafés et nous trouver une table à l'intérieur en attendant, les gars, lance Julien en nous lâchant la main. Comme ça, vous réglez votre histoire de clés au chaud sans que je vous presse. Luc, je te prends ton allongé habituel ?

Je hoche la tête, incapable de prononcer un mot. Je regarde Julien s'éloigner vers l'entrée du café, sa silhouette familière et rassurante disparaissant derrière la porte vitrée. Je me retrouve seul face à Timéo. L'air semble se figer autour de nous. Timéo se place de manière à ce que son corps fasse écran, s'approchant un peu trop près, comme s'il voulait vérifier l'éclat de mes yeux sous la lumière grise de Besançon.
— Tu n'as pas eu mon message ? demande-t-il, la voix plus basse, presque un murmure que seul le vent et moi pouvons saisir.

Je sens la panique monter, une sueur froide perler dans mon dos malgré la température négative.
— Si, je l'ai eu, je réponds, les dents serrées, le regard fuyant vers le sol pavé.
— Et ? Tu comptes me laisser sans réponse encore longtemps ? Ce qui s'est passé… j'ai aimé chaque seconde, Luc. C'était incroyable. Mais je n'arrête pas d'y penser et je regrette d'en être arrivé là. Je ne peux pas faire ça à David, il ne mérite pas ça. Et je ne peux pas faire ça à Julien non plus, il a l'air de tellement tenir à toi. On ne peut pas rester comme ça, sans se parler.

Chaque mot est une lame. Il parle de regret, il parle de morale, mais ses yeux hurlent exactement le contraire. Il y a une faim en lui, une attente qui me terrifie parce qu'elle fait écho à la mienne.
— Je n'ai rien à dire, Timéo. C'est toi qui as posé les conditions. J'accepte ton silence. Retourne à ta vie, je murmure avec une urgence fébrile, mon regard implorant pour qu'il s'arrête.

Timéo change instantanément de posture en voyant Julien nous faire signe par la fenêtre du café, mais il glisse une dernière phrase, un souffle brûlant qui m'atteint de plein fouet alors qu'il feint de replacer son écharpe :
— Je passerai demain soir. Chez toi. Sois là. On finira cette discussion, avec ou sans ton accord.

Il se redresse, adresse un signe de tête poli à Julien à travers la vitre et s'éloigne sans attendre de réponse. Je reste planté là, le souffle court. Je rejoins Julien à l'intérieur, mes jambes flageolantes. Le reste de l'après-midi est un calvaire de faux-semblants. Je souris, je bois mon café, j'écoute Julien, mais mon esprit est déjà à demain soir. Quinze jours de construction avec Julien pour essayer de tout oublier, et il a suffi de trente secondes pour que tout menace de s'effondrer.

Le soir, chez Julien, je me donne à lui avec une sorte de désespoir. Je veux m'ancrer dans son corps, je veux que sa réalité soit plus forte que la menace de Timéo. Je le pousse sur le lit, mes mains cherchant sa peau avec une hâte qui le surprend. Je retire son jean, mes doigts frôlant son sexe déjà vigoureux. Je sens le poids de ses couilles, la chaleur de sa peau. Je le veux, là, maintenant, pour ne plus penser à l'autre.

Il s'installe au-dessus de moi, ses yeux cherchant les miens avec cette tendresse habituelle. Il s'enfonce en moi avec une lenteur maîtrisée, sa verge, large et ferme, comblant mon attente. Je sens son gland frotter contre ma paroi interne, progressant avec une assurance tranquille. Je gémis, je griffe son dos, je réclame plus de force. Je veux que le claquement de nos bassins, le balancement de ses bourses contre mon fessier et la profondeur de ses coups de reins effacent l'angoisse. Il me prend tout entier, son sexe heurter ma prostate avec une précision qui me tire des cris que je ne peux contenir.

Il me fait basculer, m'allonge sur le ventre et me pénètre par derrière, ses mains agrippant fermement mes hanches pour me maintenir contre lui. Le rythme s'accélère, sauvage, intense. Je sens ses testicules frapper ma peau à chaque impact, un martèlement qui tente de couvrir le silence de ma culpabilité. Sa verge entre et sort, glissant avec une force nouvelle, et je sens le plaisir m'envahir, violent, me faisant perdre tout repère. Sa semence chaude se répand finalement en moi, et je reste ensuite de longues minutes la tête nichée dans son cou, écoutant son cœur. Mais alors que Julien s'endort, apaisé, je reste éveillé, fixant la lueur rouge du réveil. Demain soir. Il vient demain soir. Et je sais que si j'ouvre cette porte, plus rien ne sera jamais pareil.

Fin du chapitre 4.

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