Sous l'écorce du bûcheron (9)

- Par l'auteur HDS Tounet39270 -
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Récit libertin : Sous l'écorce du bûcheron (9) Histoire érotique Publiée sur HDS le 19-05-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
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Sous l'écorce du bûcheron (9)
Chapitre 9

Je ne dis rien, riant jaune pour masquer la douleur qui me ronge, travaillant comme un automate, abattant des arbres avec une violence qui effraie presque les autres, rentrant chez moi déprimé, m'effondrant sur le canapé avec une bière tiède, la tristesse m'étouffant comme un brouillard permanent, repensant à ses caresses, à ses mots d'amour, à cette dispute qui a tout brisé par ma faute.

Les deux ans qui suivent notre rupture sont un enfer silencieux, un vide qui me ronge jour après jour comme une érosion lente et inexorable, me laissant comme une coquille creuse, un bûcheron qui abat des arbres mécaniquement sans plus aucune passion pour la forêt qui m'entourait autrefois. Après cette dispute déchirante le dernier soir à Clermont-Ferrand, où Romain, en larmes, m'a lancé ces mots qui me hantent encore – "Si tu ne peux pas être avec moi en public, alors on ne peut pas être ensemble du tout" –, j'ai essayé de le recontacter désespérément, des appels, des messages suppliants où je m'excusais, où je promettais de changer, où je disais que je l'aimais plus que tout, mais rien, pas une réponse, un silence radio qui m'a brisé un peu plus chaque jour. Et puis, un mois après, une lettre est arrivée au chalet, une enveloppe simple avec son écriture que j'ai reconnue immédiatement, le cœur battant d'espoir en la décachetant, mais les mots m'ont transpercé comme une hache en pleine poitrine : "Johan, si tu ne peux pas me montrer avec toi au grand jour, ne me contacte plus. Je t'aime, mais je mérite un amour complet, pas caché. Adieu." J'ai lu et relu cette lettre des dizaines de fois, assis sur le canapé froid du chalet, les larmes coulant sans que je puisse les retenir, une tristesse infinie m'envahissant comme un brouillard qui ne se dissipe jamais, me laissant seul avec mes regrets, ma peur, et ce vide immense où son absence résonne comme un écho douloureux. J'ai arrêté les sorties, refusant les invitations de Damien et Grégory pour des soirées au bar, prétextant la fatigue ou le boulot, restant cloîtré au chalet les week-ends, à fixer le poêle à bois en buvant des bières tièdes, repensant à ses caresses, à ses rires, à nos corps enlacés dans une passion qui me semblait maintenant un rêve perdu. Au travail, je vais tous les jours, abattant des arbres avec une vigueur mécanique qui masque ma déprime, mais les collègues remarquent, et leurs moqueries vulgaires me transpercent sans que je réponde – "Eh, Voclain, t'as l'air d'un zombie depuis deux ans ! T'as perdu ta joie de vivre quand ton expert est parti ?" ricane Michel, Pierre ajoutant "Ouais, on dirait qu'il t'a jeté un sort, ou que t'avais le béguin pour lui !" Je ne dis rien, riant jaune pour ne pas craquer, serrant les dents sous ma barbe qui a poussé plus longue par négligence, travaillant plus dur pour oublier, mais rentrant chaque soir dans un chalet vide qui pue la solitude, m'effondrant sur le lit qui sent encore vaguement son parfum fantôme, la tristesse m'étouffant comme un poids constant sur la poitrine.

Un jour, après une matinée de travail sous une pluie fine qui colle la sueur et la boue à ma peau, Bernard, mon patron, me fait signe de le rejoindre au bureau improvisé sur le chantier, une cabane en bois avec des plans étalés et une odeur de café froid. J’entre, essuyant mes bottes sur le tapis usé, le cœur un peu lourd comme toujours ces temps-ci, et il me regarde avec ses yeux plissés par des années au soleil, son ventre proéminent débordant de sa ceinture.
"Assieds-toi, Voclain. Faut qu'on parle."
Je m'assois sur la chaise bancale, questionnant intérieurement ce qui se passe – une réprimande pour mon rendement en baisse ? Une coupe à changer ? Il verse du café dans deux tasses ébréchées, me tend la mienne, et commence d'une voix grave mais pas hostile.
"T'as pas l'air bien depuis deux ans, Johan. T'es plus le même. Avant, t'étais une bête au boulot, toujours le premier arrivé, le dernier parti, avec un sourire même sous la pluie. Maintenant, tu bosses dur, mais comme un robot – pas de blagues, pas de rires avec les gars, t'es distant. Qu'est-ce qui te bouffe comme ça ?"
Je hausse les épaules, évitant son regard, la tristesse remontant comme une vague familière.
"C'est rien, boss. Juste la routine, la fatigue qui s'accumule."
Il secoue la tête, rotant légèrement après une gorgée de café.
"Arrête tes conneries, Voclain. Je te connais depuis que t'as commencé jeune sur les chantiers. T'es pas du genre à te laisser abattre par la routine. Et je sais que ça a commencé y a deux ans, quand cet expert, Desmarais, est parti après son dernier passage."

Mon regard s'illumine malgré moi à la mention de son nom, un éclair d'espoir et de douleur mêlés traversant mes yeux, et je murmure, la voix rauque.
"Oui... Desmarais ?"
Bernard hoche la tête, me fixant droit dans les yeux.
"Oui, Romain Desmarais. Il revient la semaine prochaine pour deux jours, vérifier si les pousses des arbres ont bien repris après les coupes sélectives qu'il avait validées. Et je l'ai mis à nouveau avec toi, comme binôme principal."
Je le regarde, le cœur battant soudain plus fort, une surprise mêlée à une peur viscérale me serrant la gorge.
"C'est une mauvaise idée, boss. Vraiment."
Il me fixe longuement, son regard perçant comme s'il lisait en moi, et lâche de but en blanc, sa voix calme mais directe.
"Arrête tes conneries, Voclain. Je sais très bien que t'es plus le même à cause de lui."
Je nie tout en bloc, la panique montant, ma voix forcée pour masquer la vérité qui bouillonne.
"Quoi ? Non, boss, c'est pas ça. On bossait bien ensemble, c'est tout. Rien de plus."

Mais Bernard secoue la tête, posant sa tasse avec un bruit sourd.
"Je vous ai aperçu tous les deux ce jour-là dans les bois isolés, quand j'étais passé vérifier une zone. Je vous ai vus... proches. Très proches. Mais j'ai rien dit, parce que t'es un bon élément, Johan, le meilleur bûcheron que j'aie, et que ça ne me regarde pas ce que tu fais de ta vie privée. Tant que le boulot est fait, le reste, c'est ton affaire."

Je reste muet, le choc me figeant, la tristesse et la honte se mélangeant en une boule dans ma gorge, ne sachant plus quoi dire, les mots coincés comme une branche dans la boue.
"Mouais... mais c'est fini tout ça, boss. Vraiment fini."

Bernard soupire, me regardant avec une compassion inattendue, sa voix plus douce maintenant.
"Écoute, Johan, je vais te dire quelque chose que je dis pas souvent. Ma fille, ma petite dernière, elle nous a annoncé y a trois ans qu'elle était lesbienne. Au début, j'ai pas bien réagi – le choc, la peur pour elle, les regards des autres dans le village. Mais elle m'a expliqué, elle a pleuré, et j'ai compris : l'amour, c'est l'amour, point. Elle mérite d'être heureuse, de tenir la main de sa copine sans peur, de vivre pleinement. Et toi aussi, Johan. Arrête de penser au jugement des autres et pense à toi. Tu as le droit d'être qui tu veux, d'aimer qui tu veux. Les collègues ? Ils charrient, mais au fond, si t'es heureux, ils s'habitueront ou ils fermeront leur gueule. La vie est trop courte pour se cacher comme ça, pour laisser la peur bouffer ton bonheur."

Je le regarde, surpris par cette confession, la tristesse me serrant encore plus fort, mais avec une pointe d'espoir fragile.
"Depuis quand vous parlez comme ça, boss ?"
Il rit doucement, un rire fatigué mais sincère.
"Depuis que ma fille m'a ouvert les yeux. Elle est heureuse maintenant, avec une femme géniale, et je suis fier d'elle. Ça m'a fait réfléchir sur beaucoup de choses – sur la vie, sur ce qui compte vraiment. Et toi, Johan, je te vois dépérir depuis deux ans. À cause de lui, de Desmarais. Il a demandé spécifiquement à bosser avec toi cette fois-ci, tu sais ? Il a insisté au téléphone. Peut-être que c'est une chance, une deuxième. Prends-la, ou regrette-la toute ta vie."

On a une grande discussion là-dessus, longue et profonde, lui me poussant à ouvrir les yeux sur ma peur, sur ce que je rate en me cachant, me racontant comment sa fille a affronté les regards au village, comment certains ont tourné le dos mais d'autres ont soutenu, et que la vie continue. Je reste silencieux beaucoup, la tristesse me submergeant par vagues – repensant à Romain, à notre dispute, à ces jours volés qui étaient le bonheur pur –, mais ses mots s'infiltrent, questionnant ma peur, me faisant douter pour la première fois. "Pense à toi, Johan. Tu mérites l'amour au grand jour," conclut-il, et je hoche la tête, muet, le cœur lourd mais avec une étincelle nouvelle, prêt peut-être à affronter ce qui vient avec le retour de Romain.

La semaine passe rapidement, comme un vent froid qui balaie la forêt sans s'attarder, mais pour moi, Johan Voclain, chaque jour est une épreuve interminable, un tourbillon de questionnements et de stress qui me ronge de l'intérieur comme une écorce qui s'effrite sous la pluie persistante. Depuis cette conversation profonde avec Bernard, mon patron, où il m'a ouvert les yeux sur ma peur et sur le droit d'être moi-même – en me parlant de sa fille lesbienne, de comment il a appris à accepter et à défendre l'amour au-delà des jugements –, je n'arrive plus à dormir correctement, tournant dans mon lit vide du chalet, les draps froids sans la chaleur de Romain, repensant à ces quatre jours volés à Clermont-Ferrand il y a deux ans, à nos corps enlacés, à nos conversations tendres qui me faisaient me sentir vivant pour la première fois, et à cette dispute déchirante le dernier soir où il m'a lancé, en larmes, que si je ne pouvais pas l'aimer au grand jour, on ne pouvait pas être ensemble du tout. Putain, ces deux ans ont été un enfer, un vide abyssal qui m'a changé, me laissant amer et résigné, avec cette tristesse constante qui me serre la poitrine comme un étau, me rappelant chaque nuit son absence, ses caresses qui me manquent comme l'air, son rire qui résonne encore dans mes rêves hantés. J'ai essayé de le recontacter au début, des appels désespérés, des messages suppliants où je promettais de changer, mais rien, puis cette lettre qui m'a transpercé : "Si tu ne peux pas me montrer avec toi, ne me contacte plus." Et depuis, silence radio, un mur qui m'a brisé, me laissant déprimer seul, travaillant comme un automate, évitant les sorties, les collègues me charriant sans savoir sur "mon air de chien battu depuis que l'expert est parti". Le week-end est pire : je reste au chalet, fixant le poêle à bois, buvant des bières tièdes en repensant à lui, à ce que j'ai perdu par peur, questionnant si je suis prêt maintenant, si je peux affronter les regards, ou si je vais tout foutre en l'air à nouveau. Le stress monte comme une sève brûlante : et s'il me hait ? Et s'il a quelqu'un d'autre ? Et si ces retrouvailles rouvrent la plaie sans la guérir ? Je prépare mon sac pour la semaine, mais mes mains tremblent, imaginant son visage, ses lèvres, son corps que j'ai tant désiré ces deux ans de solitude.

Le lundi matin, j'arrive en avance sur le chantier, le pick-up cahotant sur le chemin boueux sous un ciel gris et bas qui reflète mon humeur, l'air frais chargé d'humidité me fouettant le visage quand je descends. Je suis là avant tout le monde, mes bottes s'enfonçant dans la terre molle, et j'ai même préparé un deuxième sandwich – jambon épais, fromage local, pain croustillant – au cas où, comme avant, pensant à lui qui oubliait souvent de manger, un geste tendre qui me serre le cœur en le faisant, questionnant si c'est pathétique ou juste de l'amour résiduel. Les collègues arrivent un à un, leurs pick-up ronflants, me saluant comme tous les jours d'un "Salut, Voclain" distrait, leurs voix grasses résonnant dans le froid matinal, Michel et Pierre avec leurs blagues habituelles sur ma "gueule de déterré ces temps-ci", mais je réponds à peine, le stress me nouant l'estomac comme une racine tordue. Puis le boss arrive, sa jeep klaxonnant, suivi de près par la berline grise familière de Romain – putain, le cœur me cogne dans la poitrine en la voyant, comme si le temps s'était arrêté deux ans en arrière. Il sort de la voiture, toujours aussi beau, avec une chemise à carreaux qui moule subtilement son torse athlétique, un jean slim qui épouse ses cuisses fermes et ses fesses rondes, et des chaussures de randonnée robustes, des Scarpa ou quelque chose comme ça, pratiques pour le terrain mais élégantes à sa façon. Il dit bonjour à tout le monde d'une voix claire, saluant les collègues avec un sourire poli, puis me salue de la tête avec un sourire discret mais chargé, ses yeux croisant les miens un instant trop long, un éclair qui me transperce, mélange de surprise, de douleur et peut-être d'espoir. Je reste figé, le sandwich supplémentaire dans mon sac me brûlant comme un secret, questionnant si ce sourire signifie quelque chose ou si c'est juste de la politesse professionnelle.

Le boss donne les endroits où chacun va travailler, sa voix tonitruante couvrant le bruit des moteurs qui s'éteignent, et je me retrouve dans le coin isolé, comme prévu, avec Romain comme binôme. En partant, sac sur l'épaule, Romain me suivant à quelques pas, le boss m'interpelle tout fort mais d'un ton que seul je peux comprendre le sous-entendu : "Réfléchis à ce que je t'ai dit, Voclain." Je hoche la tête sans répondre, le cœur battant, la tristesse et l'excitation se mélangeant en une boule au ventre, et on part en silence dans les bois, le sentier craquant sous nos bottes, l'air chargé d'humidité et de résine, un silence lourd entre nous comme un mur invisible, mes pensées tourbillonnantes : qu'est-ce que je vais lui dire ? Comment briser cette glace après deux ans de silence radio, après cette lettre qui m'a brisé ?

On arrive sur place, dans cette clairière isolée entourée de pins denses où personne ne vient, et je me retourne enfin, faisant face à Romain pour la première fois depuis deux ans. Il me regarde, ses yeux plongeant dans les miens avec une intensité qui me coupe le souffle, et murmure d'une voix basse.
"Tu n'as pas changé... à part ton regard. Il est plus... fatigué, plus triste."
Je sens la gorge serrée, la tristesse remontant comme une vague, et je réponds juste, la voix rauque.
"Tu m'as manqué... terriblement."
Il ne répond pas immédiatement, attendant un peu, le silence pesant entre nous comme un reproche muet, et puis il lâche une bombe qui me transperce comme une hache en pleine poitrine.
"J'ai rencontré quelqu'un."
Je baisse les yeux, le monde semblant s'effondrer autour de moi, une douleur sourde m'envahissant, la tristesse des deux ans amplifiés en un instant.
"OK..."

Rien d'autre ne sort, ma voix coincée, imaginant déjà un autre dans ses bras, un autre qui l'embrasse au grand jour, qui n'a pas peur comme moi. Romain se met à travailler, expliquant les zones à vérifier, sa voix professionnelle masquant l'émotion, et je l'écoute en le regardant encore, captivé malgré la douleur – sa façon de se pencher, son pantalon se tendant, ses gestes précis – mais chaque mot est une torture, la matinée s'étirant en une éternité de questionnements : est-ce fini pour de bon ? Est-ce que j'ai tout perdu par ma peur ?

La matinée est très longue pour moi, chaque minute un supplice, le travail mécanique – marquer des arbres, mesurer des pousses – mais mon esprit ailleurs, hanté par son "j'ai rencontré quelqu'un", la tristesse me rongeant comme jamais, imaginant sa vie sans moi, heureuse peut-être, alors que la mienne est un vide depuis son départ. Le midi arrive enfin, le soleil au zénith tapant faiblement à travers les nuages, et on va manger vers les autres, rejoignant la clairière avec les souches. Romain dit juste, d'une voix neutre : "Je vais aller en ville m'acheter un truc pour manger." Mais je le retiens par le bras, un geste impulsif chargé de tendresse désespérée, et je sors le sandwich supplémentaire de mon sac, le lui tendant avec un regard suppliant.
"J'y avais pensé... tiens."
Il me fait un sourire surpris mais doux, le prenant.
"Merci, Johan..."
Et on s'assoit côte à côte, les collègues nous regardant avec leurs rires moqueurs habituels qui fusent aussitôt.
"Eh, Voclain, t'es devenu la nounou de Desmarais maintenant ? Tu lui prépares des pique-niques romantiques ?"

Les rires gras éclatent, mais je les ignore, nos regards se croisant comme avant – intenses, chargés d'une histoire qu’eux ne connaissent pas, une complicité sensuelle qui me serre le cœur. J'ose demander, la voix basse mais audible pour les autres qui écoutent sans rien dire, se regardant avec des sourires en coin.
"Et... c'est sérieux, ta relation ?"
Les collègues se figent un peu, écoutant, l'air soudain plus curieux, et Romain répond calmement, ses yeux dans les miens.
"C'est tout nouveau... on verra."

Le patron, assis un peu plus loin, me regarde droit dans les yeux avec un clin d'œil discret, comme pour me pousser, et là, quelque chose craque en moi – la tristesse accumulée, les mots de Bernard, ce "tout nouveau" qui laisse une porte ouverte. Je me retourne vers Romain, prends sa main devant les autres, nos doigts entrelacés sur la souche, un geste public qui me terrifie mais que je fais quand même, le cœur battant à tout rompre.
Romain surpris me dit, les yeux écarquillés.
"Qu'est-ce qui se passe, Johan ?"
Je tout lui dis, la voix tremblante mais déterminée, devant les collègues muets qui nous regardent sans oser interrompre.
"Romain... depuis deux ans, je ne pense qu'à toi. Chaque jour, chaque nuit, ton absence m'a bouffé vivant. Je t'aime toujours, plus que tout, et je peux plus vivre comme ça, caché, seul avec mes regrets. J'ai eu peur, trop peur des regards, du jugement, mais je peux plus. Je veux être avec toi, au grand jour si tu me laisses une chance."

Les collègues ne disent rien, l'air figé, certains baissant les yeux, d'autres nous regardant avec surprise, et Romain me regarde, la bouche ouverte, sans savoir quoi dire, les yeux brillants d'émotion. Je me lève, attrape son bras pour le lever doucement, me mettant face à lui, nos corps proches, et je lui redis, la voix chargée d'amour et de désespoir.
"Je t'aime, Romain. Je ne pense qu'à toi depuis que t'es parti. Donne-moi une chance de te le prouver."

Et je l'embrasse, devant tout le monde, mes lèvres sur les siennes avec une passion tendre et libératrice, ma langue cherchant la sienne qui répond d'abord réticente, surprise, puis se laisse aller, s'enroulant autour de la mienne dans un baiser profond et émouvant, nos corps pressés, mes mains sur ses hanches. Un des collègues commence à dire un propos homophobe – "Putain, c'est quoi ce bordel ?" – mais le patron l'interrompt d'une voix tonitruante : "Ferme ta gueule, Michel. Laisse-les. C'est leur vie."
Le baiser s'étire, intense et bouleversant, scellant une promesse, et quand on se sépare, essoufflés, Romain me regarde avec des larmes aux yeux, un sourire tremblant, et murmure : "Johan... je t'attendais." Le monde autour semble s'effacer, et pour la première fois, je me sens libre.

Le boss, Bernard, s'approche de nous d'un pas lourd mais déterminé, ses bottes crissant sur les feuilles mortes de la clairière, son ventre proéminent débordant légèrement de sa ceinture usée, son visage buriné par des années au soleil plissé en une expression mi-surprise mi-compréhensive. Les collègues sont encore figés autour de nous, leurs sandwiches à moitié mangés posés sur leurs genoux, l'air chargé d'un silence lourd et inhabituel après mon baiser public avec Romain – ce baiser passionné, désespéré, où j'ai enfin brisé la chaîne de ma peur, mes lèvres sur les siennes devant tout le monde, ma langue cherchant la sienne dans une danse tendre et urgente qui a scellé ma déclaration d'amour. Romain est encore dans mes bras, son corps fin pressé contre le mien, ses yeux écarquillés de surprise et d'émotion, ses lèvres gonflées par notre étreinte, et je sens son cœur battre fort contre mon torse poilu sous ma chemise ouverte. Bernard pose une main ferme sur mon épaule, me faisant sursauter légèrement, et dit d'une voix grave mais pas hostile, assez forte pour que tout le monde entende.

"Prenez votre après-midi, les gars. Je comprends. Rentrez, discutez... ou ce que vous voulez. Le boulot attendra demain."
Les collègues murmurent, certains baissant les yeux, d'autres nous regardant avec une curiosité mêlée de malaise, mais personne n'ose piper mot après l'intervention du boss. Michel ouvre la bouche comme pour une blague, mais Bernard le fusille du regard, et il se tait. Romain et moi on se regarde, nos mains encore entrelacées, un sourire tremblant sur ses lèvres, et je hoche la tête, la gorge serrée par l'émotion.
"Merci, boss."

On ramasse nos affaires vite, le sandwich à moitié mangé oublié sur la souche, et on part, nos voitures se suivant sur le chemin cahoteux – le mien en tête, celui de Romain derrière, comme une procession silencieuse vers un avenir incertain mais espéré. Le trajet jusqu'au chalet est court mais interminable, mon cœur battant la chamade, questionnant chaque kilomètre : est-ce que c'est réel ? Est-ce que j'ai vraiment fait ça, embrassé Romain devant les collègues, déclaré mon amour au grand jour ? La tristesse des deux ans sans lui semble s'alléger un peu, remplacée par une tendresse infinie et une peur nouvelle – peur qu'il me rejette encore, peur que ce soit trop tard. J'arrive au chalet, gare le pick-up sur le gravier, et Romain se gare à côté, descendant avec un air hésitant mais lumineux. On entre ensemble, la porte craquante refermée derrière nous, et l'air du chalet nous enveloppe comme un cocon familier, l'odeur de pin et de bois brûlé résiduel me rappelant nos nuits passées ici, quand tout était neuf et passionné.

On s'assoit sur le canapé usé, face à face, nos genoux se touchant, et la grande conversation commence, longue et chargée d'émotions qui nous submergent comme une vague lente et puissante. Je commence, ma voix grave tremblante d'amour et de regrets accumulés.
"Romain... putain, ce qui vient de se passer là-bas... j'arrive pas à y croire moi-même. Devant les collègues, devant le boss... je t'ai embrassé, je t'ai pris la main, je t'ai dit que je t'aime. Et c'est vrai, je t'aime comme un fou. Ces deux ans sans toi ont été un enfer, chaque jour à penser à toi, à regretter ma peur qui nous a séparés. Je veux tout faire pour te reconquérir, pour ne plus te perdre. Je peux plus vivre sans toi, sans tes caresses, sans tes rires, sans cette façon que t'as de me faire me sentir vivant. Je suis prêt à affronter les regards, les jugements, tout, pour être avec toi au grand jour."
Romain me regarde, les yeux brillants de larmes contenues, un sourire incrédule aux lèvres, sa main venant caresser ma joue avec une tendresse qui me bouleverse.
"Johan... je n'en reviens pas de ce que tu viens de faire devant tout le monde. T'as pris ma main, tu m'as embrassé... devant ces machos qui te charrient depuis des années. C'est comme un rêve, après deux ans où je me suis forcé à t'oublier, à me dire que c'était fini parce que tu ne pouvais pas assumer. Mais là... putain, Johan, t'es sérieux ? Tu veux vraiment qu'on soit ensemble, ouvertement ?"

Je serre sa main plus fort, les larmes montant malgré moi, la voix rauque d'émotion.
"Oui, sérieux comme jamais. J'ai eu peur pendant si longtemps, peur de perdre mon boulot, mes potes, ma place ici, mais sans toi, j'ai tout perdu de toute façon. Ces deux ans, c'était le vide, la tristesse qui me bouffait, les nuits où je me touchais en pensant à toi mais sans plaisir, juste du regret. Le boss m'a ouvert les yeux la semaine dernière, en me parlant de sa fille lesbienne, de comment l'amour mérite d'être vécu sans peur. Et te voir aujourd'hui... je pouvais plus me cacher. Je t'aime, Romain, je veux te reconquérir, te prouver que je suis prêt à tout pour toi."
Il pleure maintenant, des larmes silencieuses coulant sur ses joues, mais avec un sourire immense, sa voix tremblante d'amour.
"Johan... moi non plus, je n'ai rencontré personne. C'était un mensonge, pour te protéger, pour me protéger. Je ne voulais pas souffrir à nouveau, revivre cette dispute où je t'ai poussé à choisir entre ta peur et moi. Ces deux ans, j'ai essayé de t'oublier, de sortir, de rencontrer d'autres, mais rien – personne ne te remplace, ta force, ta tendresse cachée, cette façon dont tu me regardes comme si j'étais tout ton monde. Je t'aime toujours, follement, et te voir faire ça aujourd'hui... c'est le plus beau cadeau."

On parle longtemps, des heures peut-être, assis sur le canapé puis allongés enlacés, nos voix se mêlant dans des confessions profondes – lui avouant comment il a pleuré après mon départ ce soir-là, comment il a gardé mes messages sans répondre pour ne pas craquer, moi lui disant comment j'ai déprimé, refusant les sorties, travaillant comme un zombie pour oublier la douleur. On rit aussi, de souvenirs tendres – nos nuits passionnées, nos rires au lit, nos promenades main dans la main en ville – et on pleure, de la tristesse accumulée, du bonheur retrouvé. "Je veux vieillir avec toi, Johan, te tenir la main devant tout le monde, sans peur," dit-il, et je réponds, les larmes aux yeux : "Moi aussi, maintenant je peux. Pour toi, je peux tout."
La conversation finit sur un long baiser, nos lèvres se trouvant doucement d'abord, puis avec une passion tendre, ma langue caressant la sienne dans une danse lente et amoureuse, nos souffles se mêlant, mes mains sur son visage pour l'attirer plus près. Je le porte jusque sur le lit, mes bras puissants le soulevant comme une plume, son corps fin contre le mien, ses jambes enroulées autour de ma taille, nos lèvres ne se quittant pas. On tombe sur le matelas moelleux, nos corps s'entremêlant dans une étreinte pleine d'amour et de tendresse, nos vêtements tombants lentement – je déboutonne sa chemise avec des gestes doux, embrassant chaque parcelle de peau révélée, mordillant son cou, léchant ses tétons durcis qui le font gémir doucement ; il glisse ses mains sous ma chemise, caressant mon torse poilu avec une révérence tendre, ses doigts traçant mes muscles comme pour les redécouvrir. Nus enfin, nos corps se pressent, nos sexes durs frottant l'un contre l'autre dans un frottement sensuel et lent, nos gémissements se mêlant dans des baisers profonds.

Je le prends avec une tendresse infinie, lubrifiant d'abord avec des caresses lentes, ma langue explorant son trou serré dans un anulingus doux et prolongé, le faisant haleter d'amour, ses mains dans mes cheveux me guidant. Puis je le pénètre lentement, face à face, nos regards verrouillés, mes mouvements lents et profonds pour savourer chaque sensation, chaque contraction autour de moi, mes lèvres sur les siennes dans des baisers qui ne s'arrêtent pas. On change doucement – lui sur moi en cow-boy, chevauchant avec une grâce tendre, ses mains sur mon torse, nos corps synchronisés dans une danse amoureuse ; puis en cuillère, moi derrière lui, mes bras autour de son torse, mes coups de reins lents et caressants, murmurant "je t'aime" à chaque poussée. Le plaisir monte doucement, intense et émotionnel, nos gémissements tendres remplissant la chambre, jusqu'à la jouissance : Romain jouit d'abord, son sperme chaud éclaboussant nos ventres pressés, son trou se contractant autour de moi dans des spasmes d'amour, et je le suis, explosant en lui avec des jets puissants et prolongés, un cri étouffé contre son cou, nos corps tremblant dans une extase partagée, pleine de larmes de joie.

On finit par plein de caresses et de baisers, nos corps enlacés dans la sueur et le plaisir, mes lèvres sur son front, ses doigts traçant mon visage, murmurant des "je t'aime" infinis, une tendresse qui nous enveloppe comme une couverture chaude, guérissant les plaies des deux ans séparés.

Fin du chapitre 9.

Les avis des lecteurs

Histoire Erotique
WoW très belle histoire. J’attendais avec impatience chaque jour de parution. C’est tellement réaliste, sensuel , plein d’amour

Histoire Libertine
Tout à fait d'accord avec le commentaire précédent, très belle histoire, j'ai hâte aussi.

Histoire Erotique
ouah enfin Johan se libère et accepte ce qu'il est. c'est vraiment bien écrit, c'est beau et émouvant à la fois. J'aime beaucoup cette histoire, pleine d'amour, de sensualité et de sexe. hâte de lire le chapitre 10;



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