Le Contrat - Chapitre 23: Le baiser

- Par l'auteur HDS Pelec -
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Auteur homme.
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Récit libertin : Le Contrat - Chapitre 23: Le baiser Histoire érotique Publiée sur HDS le 22-03-2026 dans la catégorie Dominants et dominés
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Le Contrat - Chapitre 23: Le baiser
Deux semaines avaient passé.

Mes cheveux commençaient à désobéir à la perruque : une ligne plus dense à la racine, une mèche qui insistait quand je la glissais dessous. Et mon corps, lui, n’avait pas oublié ce que Madame Stella avait appelé un seuil. Lorsque je sentais sa main en moi, j’avais l’impression étrange de respirer autrement, comme si l’air trouvait en moi un espace nouveau.

Au bureau, les regards avaient changé de forme. Moins de chocs frontaux, plus d’insistance muette. Nadia à l’accueil restait professionnelle. Cyril continuait à rire trop fort. Marc évitait mes yeux avec une politesse maladroite. Et Julien… Il était de ces collègues qu’on remarque à peine parce qu’ils ne prennent pas de place : sympa, efficace, toujours un mot simple, jamais d’insistance. Un homme sûr. Un homme “normal”. Un homme de mon quotidien.

Ce soir-là, en montant chez Madame Stella, je croyais monter vers un cadre. Je n’avais pas encore compris que je montais vers une contamination.

Madame Stella m’ouvrit. Un regard, un constat.

— Ce soir : principe. Pas de visage choisi. Et ce soir : baiser.

Je sentis mon ventre se serrer. Elle n’ajouta pas de discours.

— Ton arrêt existe toujours. Stop. Une fois. Clair.
— Oui, j’accepte.

Elle me laissa une respiration. Puis, comme si elle rangeait une ligne de plus dans un contrat invisible :

— Tu choisis ton minimum.

Je clignai des yeux, décontenancé. Jusque-là, j’avais surtout obéi. Choisir, même “petit”, me donnait le vertige.

— Court, dis-je. Bouche fermée. Sans… sans autre contact.

Madame Stella acquiesça d’un millimètre.

— Bien. C’est ton minimum.

Elle s’approcha.

— Si ton désir te dépasse, tu ne mens pas. Mais tu ne joues pas non plus au héros.

Je déglutis.

La sonnette retentit une fois.

Madame Stella ouvrit.

Et je le vis tout de suite.

Julien.

Pas une silhouette vague. Pas un inconnu interchangeable. Julien, avec sa chemise de tous les jours, son manteau sobre, son visage que je croisais près de la machine à café. Son odeur familière, propre, un peu savonneuse, et ce sourire poli qui me faisait d’habitude penser : “au moins, lui, il est simple.”

Sauf que là, ce sourire me fit peur.

Julien entra et s’arrêta net, comme moi. Son regard passa sur mon visage, puis sur Madame Stella, puis revint sur moi. Il n’était pas conquérant. Il était… gêné. Vraiment. Comme quelqu’un qui réalise qu’il vient d’ouvrir la mauvaise porte, sauf qu’il est déjà dedans.

— Bonsoir, dit-il, doucement, avec une tentative maladroite de normalité.

Sa voix, je l’avais entendue mille fois au bureau. Là, elle avait un grain différent. Plus bas. Plus prudent.

Madame Stella, elle, ne lui donna aucune sortie.

— Vous connaissez la règle, dit-elle. Vous suivez mes consignes. Vous restez respectueux. Vous savez jusqu’où ça peut aller et vous y avez consenti.

Julien acquiesça, raide.

— Oui.

Il me regarda à nouveau. Son sourire revint, petit, presque une excuse.

— Salut, Él…

Il s’interrompit. Comme si mon prénom, ici, était de trop.

Je n’eus rien à répondre d’intelligent. Je me contentai d’un signe de tête, le cœur trop rapide.

Madame Stella referma la porte.

Le verrou claqua doucement. Le bruit eut quelque chose de définitif.

— On monte, dit-elle.

Dans la chambre, tout se mit en place avec une efficacité froide. Ma nudité fut immédiate. Je posai mes vêtements comme si le rangement pouvait me donner une contenance.

Julien resta debout, les mains un peu trop immobiles, comme un homme qui ne sait plus où les mettre. Son gêne n’avait rien d’un jeu. Et c’était presque pire : ça rendait tout réel.

Ses yeux se posèrent sur mon sexe enfermé dans sa cage, puis il releva le regard vers moi, me fit un petit sourire bienveillant, comme s’il était désolé pour moi. Je lui rendis un sourire, comme pour lui dire ”ça va, j’y suis habitué.”

Madame Stella me regarda.

— Ton minimum.

Je respirai bas.

— Court. Bouche fermée. Sans mains.

Elle se tourna vers Julien.

— Vous vous approchez. Vous attendez. Vous ne brusquez rien.

Julien hocha la tête, encore plus crispé.

— D’accord.

Il s’approcha d’un pas. Il me regarda comme on regarde quelqu’un qu’on respecte et qu’on ne veut pas abîmer. Il murmura, très bas :

— Je… je vais être doux, ok ? Si ça va pas, tu me dis.

Cette phrase, au bureau, aurait été rassurante. Ici, elle avait la texture d’une tentation : la chaleur humaine qui donne envie d’oublier le cadre.

Madame Stella coupa, sèche :

— C’est moi qui décide si ça va ou pas. Lui, il dit stop.

Julien se raidit, puis acquiesça.

— Oui.

Madame Stella posa ses deux doigts sous mon menton.

— Regarde.

Je regardai.

— Maintenant, dit-elle, baiser. Court. Fermé.

Julien se pencha. Son souffle me frôla. Et, une seconde, j’eus la pensée absurde : demain, je le verrai près de l’imprimante.

Ses lèvres touchèrent les miennes. Un contact bref, propre, presque timide. Je ne rendis rien. Je tenais mon minimum comme on tient une rambarde.

Il se recula tout de suite, comme s’il craignait de dépasser.

Je respirai. Trop fort.

Madame Stella inclina la tête.

— Encore.

Je la regardai, surpris.

— Tu as choisi court, dit-elle. Pas unique.

Julien eut un petit sourire gêné, comme un “pardon” silencieux.

Le second baiser “court” eut quelque chose de différent : moins d’hésitation, un peu plus de chaleur. Et cette chaleur déclencha quelque chose de stupide en moi : une envie de répondre.

Je restai fermé, fidèle à mon minimum.

Julien recula. Ses joues étaient légèrement rouges.

— Ça va ? demanda-t-il, presque au même ton qu’au bureau, et c’est précisément ce qui me donna envie de fuir.

Madame Stella répondit à ma place :

— Ça va. Maintenant, on va plus loin.

Mon ventre se contracta. Je n’ai pas choisi ça, pensai-je.

Et, immédiatement derrière : si. Tu as choisi le principe.

Madame Stella fixa Julien.

— Vous suivez. Vous ne guidez pas.

Puis elle me regarda.

— Tu regardes. Tu ne te caches pas. Et tu ne joues pas la cohérence.

Je respirai.

Elle dit, simplement :

— Deuxième baiser. Maintenant.

Julien hésita, une fraction de seconde. Je sentis qu’il avait peur autant que moi. Peur d’être ridicule, peur d’être “trop”, peur d’être vu.

Madame Stella ne laissa pas la peur gagner.

— Allez.

Julien se pencha. Cette fois, il ne posa pas seulement ses lèvres. Il resta. Et, sans que je le décide, alors que mes yeux se fermaient, je répondis.

Le monde se contracta.

Il n’y eut plus de bureau, plus de badges, plus de couloirs. Il n’y eut plus que la bouche, la chaleur, et cette chose terrifiante : j’étais en train d’embrasser Julien comme si c’était nécessaire.

Ma main monta d’elle-même. Elle se posa sur son flanc. Puis sur son dos. Une étreinte. Une vraie. Je sentis son corps se détendre d’un coup, comme s’il attendait une permission.

Sa langue frôla mes lèvres. J’aurais dû reculer.

Je ne reculai pas.

Je perdis le contrôle. Pas dans un sens héroïque. Dans un sens animal. Un endroit où plus rien n’existe que la faim et le contact. J’ouvris la bouche, accueilli sa langue. Je tirai Julien plus près. Je le sentis haleter contre ma bouche. Je sentis sa gêne se transformer en réponse.

Madame Stella ne dit rien.

Silence total.

Elle laissait faire, pour voir jusqu’où j’allais quand elle ne me retenait pas.

Mes mains descendirent. Sur sa taille. Sur la ceinture. Je déboutonnai, sans réfléchir, comme si j’avais toujours su que je pouvais faire ça. Comme si c’était logique. Comme si c’était la suite naturelle du baiser.

Julien eut un micro-sursaut. Pas un refus. Une surprise. Puis il ne bougea plus. Il me laissa faire, pressa sa bouche encore plus fort contre la mienne.

Et cette absence de résistance me rendit plus fou.

Je rompis le baiser pour respirer, et c’est là que la réalité aurait dû revenir.

Elle ne revint pas.

Je glissai hors du lit comme attiré par un aimant. Je descendis, déjà à genoux, la tête pleine d’une seule idée fixe : utiliser ma bouche, encore, ailleurs, plus bas. Plus loin. Maintenant.

Je n’étais plus dans un fantasme. J’étais dans une impulsion pure, sans réflexion, sans recul. Je voulais juste continuer, et tout mon corps semblait d’accord.

Je penchai la tête, ouvris les lèvres, affamé.

Et c’est là que Madame Stella intervint.

Pas après. Pas “au cas où”. Tout de suite. Au dernier moment, exactement.

Sa voix claqua, froide, impeccable :

— Stop.

Un seul mot. Le sien. Celui qui coupe quand je ne me tiens plus.

Elle posa une main sur mon épaule. Une pression sèche qui me ramena en arrière.

— Pas ça.

Je restai figé. La frustration me traversa, immédiate, brutale, presque violente. Pourquoi maintenant ? Mon corps criait “encore”, “plus”, “vas-y”.

Puis, dans la seconde suivante, mon cerveau revint comme on reprend conscience après une chute.

Je baissai les yeux.

Et je compris.

Julien était là, pantalon entrouvert, visage rouge, bouche entrouverte, aussi perdu que moi. Pas fier. Pas dominateur. Gêné. Humain. Et moi, à genoux devant lui, avec son intimité dans la main, déjà, sans même m’en être rendu compte. À un souffle de faire basculer quelque chose qu’on ne rattrape pas.

La honte tomba comme un rideau.

Je retirai ma main trop vite, comme si elle brûlait. Mes joues prirent feu. Je voulus disparaître, me dissoudre dans le tapis, remonter le temps de trente secondes.

Madame Stella, elle, ne s’excusa pas. Elle ne me consola pas. Elle constata.

— Tu t’es laissé emporter. Tu n’as pas dit oui à ça.

Elle regarda Julien.

— Relevez-vous et rhabillez-vous.

Julien obéit immédiatement, comme soulagé d’avoir une consigne. Il remonta son pantalon d’un geste maladroit, encore rouge, et recula d’un pas. Ses yeux ne savaient pas où se poser. Sur moi ? Sur le sol ? Sur Madame Stella ?

Madame Stella me regarda.

— Respire.

Je respirai, court, honteux.

— Voilà, dit-elle. Tu reviens.

Elle se tourna vers Julien.

— C’est terminé.

Julien hocha la tête, avala sa salive.

— D’accord, dit-il, doucement. Et… désolé.

Je ne sus pas s’il s’excusait pour lui ou pour moi.

Madame Stella l’accompagna à la porte. Le verrou claqua doucement.

Quand elle revint, je n’étais plus qu’un nœud de frustration et de honte.

— Tu dors chez toi, dit-elle. Demain, tu travailles. Je ne te garde pas pour te rassurer. Tu vas assumer ce que tu as voulu.

Aucune question. Aucun débrief. C’était pire : ça me laissait seul avec ce que j’avais failli faire.

Je rentrai chez moi comme on rentre d’un accident qu’on n’explique à personne. Dans l’ascenseur, je fixai mon reflet sans le voir. Dans le couloir, ma clé trembla au moment d’entrer. Une fois la porte refermée, la scène se rejoua en boucle : le baiser qui dérape, mes mains, le bouton, la descente à genoux, le dernier moment. Et ce “stop” qui m’avait sauvé de moi-même.

Je pris une douche trop chaude, comme si l’eau pouvait rincer une idée. Ça ne rinça rien. Dans mon lit, je ne dormis pas vraiment : je passai la nuit à alterner entre une frustration sourde et une honte qui revenait par vagues, avec, au milieu, une question absurde et obsessionnelle : à quel moment exactement j’ai cessé d’être moi ?

Au matin, je m’habillai mécaniquement. Tenue de bureau. Perruque. Maquillage minimal. Mes cheveux, dessous, me grattèrent comme un rappel. Je quittai l’appartement en ayant la sensation d’emporter un secret trop lourd pour la poche.

Dans le tram, je me surpris à répéter la phrase apprise comme une formule de survie : vous parlez à l’entreprise. Sauf que là, ce n’était plus le regard des inconnus qui me menaçait. C’était le regard de quelqu’un qui savait.

Pourtant, au bureau, tout était normal.

Normal, jusqu’à ce que Julien passe près de mon poste.

Il s’arrêta une fraction de seconde, dossier contre le torse. Nos regards se croisèrent.

Et Julien eut un sourire gêné. Minuscule. Réel. Un sourire qui disait : on sait.

Je ne souris pas. Je ne baissai pas les yeux non plus.

Pendant une seconde, tout revint. Et, avec tout, cette évidence terrifiante : sans l’intervention de Madame Stella, nous serions allés beaucoup plus loin.

Puis Julien reprit sa marche.

Et moi, je restai là, stylo en suspens, à respirer bas, avec ce problème insoluble : comment travailler avec quelqu’un que j’avais presque oublié être un collègue.

Je baissai les yeux sur mon écran pour faire semblant. Les chiffres dansaient.

Quand je les relevai, Julien était déjà loin, mais je le vis jeter un dernier coup d’œil par-dessus son épaule. Pas un regard franc. Un regard de couloir. Un regard qui n’appelle pas. Un regard qui vérifie si tu suis.

Ma gorge se serra. Je posai mon stylo.

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