Le Contrat - Chapitre 19: Le retour
Récit érotique écrit par Pelec [→ Accès à sa fiche auteur]
Auteur homme.
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Le Contrat - Chapitre 19: Le retour
La porte s’ouvrit et Madame Stella me contempla de haut en bas, fière, mais presque surprise de me voir.
Je restai sur le seuil, immobile, les mains le long des cuisses. Tenue de bureau sombre, collants chair, perruque posée proprement, maquillage net. Rien d’ostentatoire. Rien d’excusable. Juste moi, revenu.
Elle ne dit pas bonjour. Elle n’en avait jamais eu besoin.
— Entre.
Je franchis le pas. Elle referma la porte, posa un doigt sur la chaîne du verrou, comme si elle scellait quelque chose. Puis elle recula d’un mètre et me regarda à nouveau, lentement, avec cette minutie froide qui n’était ni du désir ni de la tendresse, mais une forme d’attention absolue.
— Tu es revenu, dit-elle simplement.
Ce n’était pas une question. C’était un constat.
— Oui, Madame.
Un silence. Elle le laissa durer, pour voir si j’allais me remplir la bouche de justifications. Je ne le fis pas. La semaine m’avait appris une chose brutale : quand on revient, on ne revient pas avec une excuse. On revient avec une décision.
Elle s’écarta du couloir et désigna le salon.
— Manteau. Chaussures. À genoux.
Je m’exécutai. Le tapis me reçut comme une habitude. Je sentis, immédiatement, la différence : je n’étais plus dans l’attente fébrile d’un ordre. J’étais dans un choix que j’avais fait, en connaissance de cause. Ça ne m’apaisait pas. Ça me rendait responsable.
Madame Stella s’assit. Pas au bord du canapé. Dans le fauteuil, celui qui fait face. Elle posa une feuille sur la table basse. Une seule ligne, écrite à la main, proprement :
Rapport de semaine.
— Parle, dit-elle. Faits. Corps. Pensées.
Je respirai bas.
— J’ai été libre, dis-je. Et ça m’a dérangé.
Elle ne broncha pas.
— Dérangé comment ?
— Parce que… je me suis rendu compte que je cherchais un cadre. Même sans vous.
Je m’entendis dire “vous” et pas “toi”, et je compris que cette distance-là ne m’avait jamais quitté. Elle avait seulement changé de texture.
— Continue.
Je continuai. Je racontai les vêtements, les sorties, la normalité qui irritait plus qu’elle ne rassurait. Je racontai la nuit où j’étais allé au quartier chaud. Je racontai mon choix, au physique, le sourire, l’accent, la porte, la lumière chaude. Je racontai le moment où j’avais compris. Je racontai le rire franc. Je racontai mon “je reste”.
Je ne m’autorisai pas de lyrisme. Je ne cherchais pas à faire joli. Je savais ce qu’elle voulait : de la donnée et une vérité assumée.
Madame Stella m’interrompit une seule fois.
— Tu as aimé ?
La question claqua, sèche.
Je n’hésitai pas.
— Oui, Madame.
Elle laissa un silence se déposer, lourd, puis demanda :
— Tu as aimé quoi ?
Je pris le temps d’être précis.
— Le vivant, dis-je. La chaleur. Le fait que ce soit réel. Et… le fait de choisir.
Je sentis quelque chose bouger dans son regard. Pas de jalousie. Pas de colère. Une satisfaction froide, presque scientifique, comme si une hypothèse venait d’être confirmée.
— Et tu es retourné, ajouta-t-elle.
Ce n’était pas une question, mais j’entendis dedans l’endroit qui comptait : “tu as recommencé”.
— Oui, Madame.
— Pourquoi ?
Je ne cherchais plus à me rendre cohérent par une étiquette. J’avais appris à parler autrement.
— Parce que je voulais recommencer sans surprise. En connaissance de cause. Pour vérifier que ce n’était pas juste… l’interdit. C’était aussi le désir.
Madame Stella inclina la tête d’un millimètre.
— Bien.
Elle se pencha légèrement en avant.
— Et ensuite ?
Je compris ce qu’elle cherchait. Pas l’érotisme. Le pouvoir. Le monde dehors. La friction entre mon rôle et le regard des autres.
Je racontai le maquillage qui avait coulé. L’homme de soixante ans. La phrase : “C’est combien, ma jolie ?” Je racontai l’offre, les cent cinquante balles. Et je racontai la colère, sèche, immédiate. Ma réponse, avec ma voix masculine, tranchante.
“Je ne suis pas à vendre.”
Je n’avais pas besoin d’ajouter que j’avais eu envie de le frapper. Ma voix, à cet instant, l’avait déjà fait.
Madame Stella me regarda longtemps. Puis elle dit :
— Ça, c’est intéressant.
Je restai immobile. Elle reprit, calme :
— Tu n’as pas cédé à l’image qu’il voulait acheter. Tu as refusé. Et tu as utilisé ta voix.
Elle marqua une pause, comme si elle pesait la suite.
— Tu vois la différence ?
Je répondis avant même de réfléchir.
— Oui, Madame. Chez vous, j’obéis. Dehors, je choisis quand je refuse.
Elle me fixa. Et je compris que, pour elle, ce n’était pas un conflit. C’était une architecture. Une façon de compartimenter le monde et de tenir debout sans se dissoudre.
— Bien, dit-elle.
Elle se leva. Elle alla à la commode, revint avec un objet simple : un bandeau plié, propre, posé sur la table basse, comme une promesse future. Puis elle revint s’asseoir, et posa une seconde feuille devant moi.
Une seule phrase, imprimée cette fois, nette :
Oui, j’accepte.
— Lis, ordonna-t-elle.
Je lus.
— Ça, dit-elle, c’est ta clé. Pas un mot d’arrêt. Une clé. Avant une surprise. Avant un invité. Tu la dis. Une fois. Clair. Si tu ne la dis pas, rien ne commence.
Je sentis un frisson me traverser. Pas de peur. Une forme de soulagement sec. Le cadre se précisait au lieu de se diluer.
— Oui, Madame.
— Non, corrigea-t-elle. Tu ne réponds pas “oui, Madame” à ça. Tu répètes.
Je déglutis.
— Oui, j’accepte.
Elle acquiesça d’un millimètre.
— Encore.
— Oui, j’accepte.
Elle se leva à nouveau. Elle n’avait pas besoin d’élever la voix. Elle n’avait pas besoin de m’humilier pour me tenir. Elle posa simplement une main sur mon épaule.
— Debout.
Je me relevai. Elle me tourna d’un quart, corrigea le placement de mes pieds, puis approcha son visage du mien, assez pour que je sente la propreté froide de son parfum.
— Tu es revenu par choix, dit-elle. Donc tu vas assumer le choix, ici aussi. Pas de théâtre. Pas de revanche contre toi-même. Pas de “je dois prouver”. Tu fais ce que je te demande, parce que tu l’as choisi.
Je ne répondis pas tout de suite. La phrase, même froide, avait un poids rare : elle me rendait responsable, et ça me touchait plus qu’une punition.
— Oui, Madame.
Elle se recula.
— Enlève la perruque.
Je l’enlevai. Elle la prit, la posa soigneusement sur le support, comme un geste de rangement. Puis elle revint et me regarda, cheveux naturels, visage toujours maquillé mais plus nu d’une certaine façon.
— Voilà. Maintenant, tu es ici sans armure.
Elle désigna le tapis.
— À genoux. Mains derrière le dos.
Je m’agenouillai.
Madame Stella se déchaussa, posa ses talons à côté du fauteuil, et resta debout, pieds nus, ce qui chez elle avait quelque chose d’encore plus intimidant. Pas parce que c’était intime. Parce que c’était volontaire.
— Tu vas me dire une phrase, dit-elle.
Je levai les yeux.
— Une seule.
Elle s’approcha, se pencha légèrement.
— Qu’est-ce que tu veux, maintenant ?
Mon cerveau chercha une phrase élégante. Je la coupai avant qu’elle sorte. J’avais appris que les phrases élégantes servent souvent à ne pas dire la vérité.
— Je veux continuer, dis-je. Mais je veux comprendre ce que j’aime. Et je veux choisir ce que j’accepte.
Madame Stella hocha presque imperceptiblement la tête. Elle ouvrit la commode, sortit l’écrin métallique, et le posa sur la table basse comme on pose une conclusion.
— Alors tu reprends aussi ce qui va avec.
Elle s’agenouilla devant moi, gestes nets, sans hâte, sans douceur inutile. Le cliquetis du verrou fut bref, définitif. Elle se releva aussitôt.
— Tu as choisi. Donc tu assumes.
Elle tourna les talons, alla vers la bibliothèque, prit un livre, revint s’asseoir. Elle ouvrit à une page déjà marquée.
— Récompense, dit-elle.
Je retins mon souffle.
— Tu restes ici. À genoux. En silence. Pendant que je lis.
Ce n’était pas une caresse. Ce n’était pas un cadeau romantique. C’était le privilège le plus pervers qu’elle pouvait m’offrir : être près d’elle, sans devoir “servir”, sans devoir “mériter” par une performance, juste tenir.
Je m’installai. Dos droit. Respiration basse. Le silence s’épaissit. Elle tourna une page. Le froissement du papier avait l’autorité d’un ordre.
Les minutes passèrent. Et je compris une chose qui me fit presque rire intérieurement : je venais de vivre une semaine de liberté totale, et c’était ici, à genoux, dans le calme froid de son salon, que je me sentais le plus stable.
Madame Stella tourna une autre page. Puis elle parla, sans lever les yeux.
— Demain, au travail : tenue de bureau. Jupe. Discrétion. Efficacité.
— Oui, Madame.
— Et jeudi, dit-elle, presque distraitement, tu viendras ici. On travaillera la profondeur. Et avant toute surprise… tu diras la phrase.
Mon ventre se serra. Pas de peur. Une anticipation dense.
— Oui, j’accepte, répondis-je.
Elle s’arrêta de lire une seconde. Je sentis son regard sur moi, même sans le voir.
— Bien.
Elle reprit sa lecture. Et moi, à genoux, je compris que la semaine n’avait pas été une échappatoire. C’était un détour. Un détour qui me ramenait exactement au même endroit… mais pas avec la même ignorance.
Je tins la posture jusqu’à ce qu’elle ferme le livre.
— Assez, dit-elle.
Je me relevai lentement. Elle se leva aussi, se rapprocha, posa deux doigts sous mon menton, réglant l’angle comme toujours.
— Tu as l’air fatigué.
Ce n’était pas une sollicitude. C’était une observation.
— Oui, Madame.
— Tu vas dormir ici, dit-elle. Sur le canapé. Et demain, tu iras travailler.
Elle ouvrit la porte de la chambre, sans me laisser entrer.
— Pas ce soir.
Elle savait exactement ce que ce refus faisait : il ne punissait pas mon corps, il punissait mon besoin de cadre par une abstinence contrôlée. Une manière de rappeler : ici, même le “calme” m’appartient à moi.
— Oui, Madame.
Je pris la couverture dans le coffre, m’allongeai sur le canapé. Le plafond ne me sembla pas hostile. Juste blanc.
Avant d’éteindre, elle ajouta une dernière phrase, presque légère :
— Tu vois ? Tu as eu ton choix. Et tu es revenu quand même.
La lumière s’éteignit.
Et dans le noir, une question demeura, obstinée, pour moi comme pour n’importe quel lecteur honnête : étais-je revenu parce que j’avais choisi… ou parce que, désormais, je ne savais plus vivre sans elle ?
Je restai sur le seuil, immobile, les mains le long des cuisses. Tenue de bureau sombre, collants chair, perruque posée proprement, maquillage net. Rien d’ostentatoire. Rien d’excusable. Juste moi, revenu.
Elle ne dit pas bonjour. Elle n’en avait jamais eu besoin.
— Entre.
Je franchis le pas. Elle referma la porte, posa un doigt sur la chaîne du verrou, comme si elle scellait quelque chose. Puis elle recula d’un mètre et me regarda à nouveau, lentement, avec cette minutie froide qui n’était ni du désir ni de la tendresse, mais une forme d’attention absolue.
— Tu es revenu, dit-elle simplement.
Ce n’était pas une question. C’était un constat.
— Oui, Madame.
Un silence. Elle le laissa durer, pour voir si j’allais me remplir la bouche de justifications. Je ne le fis pas. La semaine m’avait appris une chose brutale : quand on revient, on ne revient pas avec une excuse. On revient avec une décision.
Elle s’écarta du couloir et désigna le salon.
— Manteau. Chaussures. À genoux.
Je m’exécutai. Le tapis me reçut comme une habitude. Je sentis, immédiatement, la différence : je n’étais plus dans l’attente fébrile d’un ordre. J’étais dans un choix que j’avais fait, en connaissance de cause. Ça ne m’apaisait pas. Ça me rendait responsable.
Madame Stella s’assit. Pas au bord du canapé. Dans le fauteuil, celui qui fait face. Elle posa une feuille sur la table basse. Une seule ligne, écrite à la main, proprement :
Rapport de semaine.
— Parle, dit-elle. Faits. Corps. Pensées.
Je respirai bas.
— J’ai été libre, dis-je. Et ça m’a dérangé.
Elle ne broncha pas.
— Dérangé comment ?
— Parce que… je me suis rendu compte que je cherchais un cadre. Même sans vous.
Je m’entendis dire “vous” et pas “toi”, et je compris que cette distance-là ne m’avait jamais quitté. Elle avait seulement changé de texture.
— Continue.
Je continuai. Je racontai les vêtements, les sorties, la normalité qui irritait plus qu’elle ne rassurait. Je racontai la nuit où j’étais allé au quartier chaud. Je racontai mon choix, au physique, le sourire, l’accent, la porte, la lumière chaude. Je racontai le moment où j’avais compris. Je racontai le rire franc. Je racontai mon “je reste”.
Je ne m’autorisai pas de lyrisme. Je ne cherchais pas à faire joli. Je savais ce qu’elle voulait : de la donnée et une vérité assumée.
Madame Stella m’interrompit une seule fois.
— Tu as aimé ?
La question claqua, sèche.
Je n’hésitai pas.
— Oui, Madame.
Elle laissa un silence se déposer, lourd, puis demanda :
— Tu as aimé quoi ?
Je pris le temps d’être précis.
— Le vivant, dis-je. La chaleur. Le fait que ce soit réel. Et… le fait de choisir.
Je sentis quelque chose bouger dans son regard. Pas de jalousie. Pas de colère. Une satisfaction froide, presque scientifique, comme si une hypothèse venait d’être confirmée.
— Et tu es retourné, ajouta-t-elle.
Ce n’était pas une question, mais j’entendis dedans l’endroit qui comptait : “tu as recommencé”.
— Oui, Madame.
— Pourquoi ?
Je ne cherchais plus à me rendre cohérent par une étiquette. J’avais appris à parler autrement.
— Parce que je voulais recommencer sans surprise. En connaissance de cause. Pour vérifier que ce n’était pas juste… l’interdit. C’était aussi le désir.
Madame Stella inclina la tête d’un millimètre.
— Bien.
Elle se pencha légèrement en avant.
— Et ensuite ?
Je compris ce qu’elle cherchait. Pas l’érotisme. Le pouvoir. Le monde dehors. La friction entre mon rôle et le regard des autres.
Je racontai le maquillage qui avait coulé. L’homme de soixante ans. La phrase : “C’est combien, ma jolie ?” Je racontai l’offre, les cent cinquante balles. Et je racontai la colère, sèche, immédiate. Ma réponse, avec ma voix masculine, tranchante.
“Je ne suis pas à vendre.”
Je n’avais pas besoin d’ajouter que j’avais eu envie de le frapper. Ma voix, à cet instant, l’avait déjà fait.
Madame Stella me regarda longtemps. Puis elle dit :
— Ça, c’est intéressant.
Je restai immobile. Elle reprit, calme :
— Tu n’as pas cédé à l’image qu’il voulait acheter. Tu as refusé. Et tu as utilisé ta voix.
Elle marqua une pause, comme si elle pesait la suite.
— Tu vois la différence ?
Je répondis avant même de réfléchir.
— Oui, Madame. Chez vous, j’obéis. Dehors, je choisis quand je refuse.
Elle me fixa. Et je compris que, pour elle, ce n’était pas un conflit. C’était une architecture. Une façon de compartimenter le monde et de tenir debout sans se dissoudre.
— Bien, dit-elle.
Elle se leva. Elle alla à la commode, revint avec un objet simple : un bandeau plié, propre, posé sur la table basse, comme une promesse future. Puis elle revint s’asseoir, et posa une seconde feuille devant moi.
Une seule phrase, imprimée cette fois, nette :
Oui, j’accepte.
— Lis, ordonna-t-elle.
Je lus.
— Ça, dit-elle, c’est ta clé. Pas un mot d’arrêt. Une clé. Avant une surprise. Avant un invité. Tu la dis. Une fois. Clair. Si tu ne la dis pas, rien ne commence.
Je sentis un frisson me traverser. Pas de peur. Une forme de soulagement sec. Le cadre se précisait au lieu de se diluer.
— Oui, Madame.
— Non, corrigea-t-elle. Tu ne réponds pas “oui, Madame” à ça. Tu répètes.
Je déglutis.
— Oui, j’accepte.
Elle acquiesça d’un millimètre.
— Encore.
— Oui, j’accepte.
Elle se leva à nouveau. Elle n’avait pas besoin d’élever la voix. Elle n’avait pas besoin de m’humilier pour me tenir. Elle posa simplement une main sur mon épaule.
— Debout.
Je me relevai. Elle me tourna d’un quart, corrigea le placement de mes pieds, puis approcha son visage du mien, assez pour que je sente la propreté froide de son parfum.
— Tu es revenu par choix, dit-elle. Donc tu vas assumer le choix, ici aussi. Pas de théâtre. Pas de revanche contre toi-même. Pas de “je dois prouver”. Tu fais ce que je te demande, parce que tu l’as choisi.
Je ne répondis pas tout de suite. La phrase, même froide, avait un poids rare : elle me rendait responsable, et ça me touchait plus qu’une punition.
— Oui, Madame.
Elle se recula.
— Enlève la perruque.
Je l’enlevai. Elle la prit, la posa soigneusement sur le support, comme un geste de rangement. Puis elle revint et me regarda, cheveux naturels, visage toujours maquillé mais plus nu d’une certaine façon.
— Voilà. Maintenant, tu es ici sans armure.
Elle désigna le tapis.
— À genoux. Mains derrière le dos.
Je m’agenouillai.
Madame Stella se déchaussa, posa ses talons à côté du fauteuil, et resta debout, pieds nus, ce qui chez elle avait quelque chose d’encore plus intimidant. Pas parce que c’était intime. Parce que c’était volontaire.
— Tu vas me dire une phrase, dit-elle.
Je levai les yeux.
— Une seule.
Elle s’approcha, se pencha légèrement.
— Qu’est-ce que tu veux, maintenant ?
Mon cerveau chercha une phrase élégante. Je la coupai avant qu’elle sorte. J’avais appris que les phrases élégantes servent souvent à ne pas dire la vérité.
— Je veux continuer, dis-je. Mais je veux comprendre ce que j’aime. Et je veux choisir ce que j’accepte.
Madame Stella hocha presque imperceptiblement la tête. Elle ouvrit la commode, sortit l’écrin métallique, et le posa sur la table basse comme on pose une conclusion.
— Alors tu reprends aussi ce qui va avec.
Elle s’agenouilla devant moi, gestes nets, sans hâte, sans douceur inutile. Le cliquetis du verrou fut bref, définitif. Elle se releva aussitôt.
— Tu as choisi. Donc tu assumes.
Elle tourna les talons, alla vers la bibliothèque, prit un livre, revint s’asseoir. Elle ouvrit à une page déjà marquée.
— Récompense, dit-elle.
Je retins mon souffle.
— Tu restes ici. À genoux. En silence. Pendant que je lis.
Ce n’était pas une caresse. Ce n’était pas un cadeau romantique. C’était le privilège le plus pervers qu’elle pouvait m’offrir : être près d’elle, sans devoir “servir”, sans devoir “mériter” par une performance, juste tenir.
Je m’installai. Dos droit. Respiration basse. Le silence s’épaissit. Elle tourna une page. Le froissement du papier avait l’autorité d’un ordre.
Les minutes passèrent. Et je compris une chose qui me fit presque rire intérieurement : je venais de vivre une semaine de liberté totale, et c’était ici, à genoux, dans le calme froid de son salon, que je me sentais le plus stable.
Madame Stella tourna une autre page. Puis elle parla, sans lever les yeux.
— Demain, au travail : tenue de bureau. Jupe. Discrétion. Efficacité.
— Oui, Madame.
— Et jeudi, dit-elle, presque distraitement, tu viendras ici. On travaillera la profondeur. Et avant toute surprise… tu diras la phrase.
Mon ventre se serra. Pas de peur. Une anticipation dense.
— Oui, j’accepte, répondis-je.
Elle s’arrêta de lire une seconde. Je sentis son regard sur moi, même sans le voir.
— Bien.
Elle reprit sa lecture. Et moi, à genoux, je compris que la semaine n’avait pas été une échappatoire. C’était un détour. Un détour qui me ramenait exactement au même endroit… mais pas avec la même ignorance.
Je tins la posture jusqu’à ce qu’elle ferme le livre.
— Assez, dit-elle.
Je me relevai lentement. Elle se leva aussi, se rapprocha, posa deux doigts sous mon menton, réglant l’angle comme toujours.
— Tu as l’air fatigué.
Ce n’était pas une sollicitude. C’était une observation.
— Oui, Madame.
— Tu vas dormir ici, dit-elle. Sur le canapé. Et demain, tu iras travailler.
Elle ouvrit la porte de la chambre, sans me laisser entrer.
— Pas ce soir.
Elle savait exactement ce que ce refus faisait : il ne punissait pas mon corps, il punissait mon besoin de cadre par une abstinence contrôlée. Une manière de rappeler : ici, même le “calme” m’appartient à moi.
— Oui, Madame.
Je pris la couverture dans le coffre, m’allongeai sur le canapé. Le plafond ne me sembla pas hostile. Juste blanc.
Avant d’éteindre, elle ajouta une dernière phrase, presque légère :
— Tu vois ? Tu as eu ton choix. Et tu es revenu quand même.
La lumière s’éteignit.
Et dans le noir, une question demeura, obstinée, pour moi comme pour n’importe quel lecteur honnête : étais-je revenu parce que j’avais choisi… ou parce que, désormais, je ne savais plus vivre sans elle ?
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