Le feu sur la glace (15)

- Par l'auteur HDS Tounet39270 -
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Récit libertin : Le feu sur la glace (15) Histoire érotique Publiée sur HDS le 05-07-2026 dans la catégorie Entre-nous, les hommes
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Le feu sur la glace (15)
Chapitre 15

Venise, à quelques jours du Grand Prix Final. Le Palazzo Pisani est une débauche de dorures, de marbre et de lustres en cristal de Murano. Ce gala de charité est le rendez-vous de l'élite mondiale du patinage, des juges influents et des sponsors milliardaires. Viktor nous a été clair : « Pas de faux pas. Vous êtes l'image de la France. Soyez des princes, pas des patineurs. »
Nous portons des smokings sur mesure, bleu nuit pour moi, noir de jais pour Connor, avec des masques vénitiens en cuir qui nous donnent un air mystérieux et intouchable.

Le bal bat son plein quand Ivanov décide de passer à l'attaque avec une audace sans précédent. Il ne porte pas de masque, exposant son visage d'ange slave avec une insolence calculée. Il s'approche de nous, ignorant Connor comme s'il n'était qu'une ombre gênante, et plante son regard dans le mien.

Il se rapproche si près que je sens la chaleur de son corps et l'odeur de son haleine chargée de champagne. D'un geste lent, presque intime, il pose sa main gantée de soie sur mon revers de veste. Il ne s'arrête pas là : il fait glisser ses doigts sous mon col, caressant la peau de ma nuque, tandis que son autre main vient se poser sur ma hanche, me tirant légèrement vers lui devant tout le monde.
— « Herwann, » susurre-t-il, sa voix coulant comme un poison sucré. « Tu es bien trop précieux pour être gâché ainsi. Regarde ce que tu transportes... Ce n'est pas un partenaire, c'est un fardeau. Ta pute de luxe a déjà fixé son tarif pour retourner à Toronto. Il te vendra au premier venu dès que le vent tournera. »
Il incline la tête, son souffle brûlant frôlant mon oreille, ses lèvres effleurant presque le lobe de mon oreille dans une parade nuptiale écœurante. Ses yeux brillent d'un éclat provocateur alors qu'il fait descendre sa main vers ma fesse, me marquant comme s'il en avait le droit. — « Viens à Moscou avec moi après le Grand Prix. J'ai besoin d'un homme de ta force, un vrai mâle qui sait dominer. Imagine ce qu'on ferait ensemble, sans ce boulet canadien pour nous ralentir. Pourquoi rester avec un gigolo qui n'est qu'un accessoire médiatique ? »

À mes côtés, je sens Connor bouillir. Sa respiration est devenue un sifflement court et saccadé. Ses poings sont si serrés que je vois les coutures de ses gants craquer. Sa mâchoire est contractée au point que ses dents grincent, un son audible malgré la musique de l'orchestre. Il est à la limite de l'implosion, ses yeux verts lançant des éclairs de haine pure derrière son masque.
Ivanov le remarque et en rajoute une couche, un rictus de prédateur aux lèvres. Il lâche ma hanche pour mieux me caresser le torse, ses doigts s'attardant sur mon cœur. — « Regarde-le bien, Campbell. Admire ce qu'un vrai champion mérite. Toi, tu n'es qu'une traînée qui a fui son pays. Va donc nous chercher du champagne, petit groom, et laisse-nous parler de l'avenir de ton maître. Tu n'es qu'un poids mort, et il le sait aussi bien que moi. Il a besoin d'un partenaire, pas d'une escorte de luxe que tout le Canada méprise. »

C’en est trop. Je vois Connor faire un pas en avant, prêt à étrangler le Russe en plein palais. Je repousse violemment la main d'Ivanov, mon regard promettant une vengeance glaciale, et je saisis Connor par le poignet avec une poigne de fer. Je l'entraîne à travers la foule, ignorant les murmures choqués, vers un balcon isolé caché derrière d'immenses rideaux de velours cramoisi.
Dès que nous sommes dans l'ombre fraîche surplombant le Grand Canal, Connor craque. Il arrache son masque, le visage empourpré de rage, les yeux noyés de larmes de honte. — « Tu as vu comment il te touchait ? Il te drague devant moi parce qu'il sait que je ne suis rien ! Il a raison, tout le monde pense que je ne suis que ton jouet, ta traînée ! Dis-moi que tu ne vas pas me laisser pour lui ! »

Je ne réponds pas par des mots. Je le plaque contre la balustrade de pierre avec une force sauvage, le soulevant presque. J'arrache mon propre masque et je saisis son visage entre mes mains, mes doigts s'ancrant dans ses boucles avec une autorité absolue.
Et je l'embrasse.
C’est une collision dévastatrice. Ce baiser est un cri de guerre, une revendication charnelle qui cherche à arracher chaque insulte d'Ivanov de sa mémoire. Mes lèvres écrasent les siennes avec une faim féroce, dévorant ses doutes. Connor répond avec une ferveur désespérée, sa langue cherchant la mienne dans un combat fiévreux, humide et profond.
C’est un baiser sans fin. Je dévore sa bouche, ma langue explorant chaque recoin avec une possessivité qui nous coupe le souffle, nos langues s'enroulant l'une autour de l'autre dans une danse assoiffée et goulue. Nos souffles se mélangent dans des gémissements étouffés, nos corps pressés l'un contre l'autre si fort que je sens son cœur battre contre le mien. On s'entre-mange littéralement, nos lèvres se mordant, nos salives se mêlant dans une urgence dévastatrice qui réduit le reste du monde en cendres.

Un bruit de cristal qui explose sur le marbre nous arrache à notre éclipse. CRACK.
Nous nous séparons de quelques centimètres, nos lèvres rougies, gonflées et brillantes de salive dans la lumière de la lune. Nous tournons la tête vers l'embrasure des rideaux.
Ivanov est là. Il se tient pétrifié, le corps raidi par le choc. Sa flûte de champagne gît en mille éclats à ses pieds. Mais c'est son visage qui est le plus incroyable : il nous fixe, la bouche littéralement béante, incapable de refermer ses mâchoires.

Son arrogance s'est évaporée. Il semble suffoquer, les yeux écarquillés devant la violence et la profondeur du baiser qu'il vient de surprendre. Lui qui pensait m'avoir séduit, il réalise qu'il n'est rien. Il reste là, le souffle court, la bouche ouverte comme un idiot, totalement anéanti par la vision de notre étreinte.
— « Dégage d'ici avant que je ne te jette dans le canal, » je lui lance avec un mépris qui le fait reculer d'un pas.

Ivanov balbutie quelque chose d'inaudible et s'enfuit dans les galeries, trébuchant presque sur ses propres pieds. C'est alors que Viktor écarte les rideaux avec le pommeau de sa canne. Il observe le désordre, le verre brisé, et nos visages encore vibrants de l'adrénaline.
— « Regardez-le courir, » dit Viktor d'une voix de fer. « Il a essayé de vous séduire pour vous diviser, et il finit par briser son propre verre comme une enfant jalouse. Il est resté là, la bouche ouverte, parce qu'il a compris qu'il n'aura jamais ce que vous partagez. »
Il nous tend nos masques avec un petit sourire glacial et satisfait. — « Remettez-les. On part pour Cortina dans une heure. Ivanov est brisé. Il ne verra plus vos lames sur la glace, il verra ce baiser. Et c'est ce qui le fera tomber.

L'air de la patinoire olympique de Cortina est glacial, saturé de l'odeur de la glace fraîchement surfacée. Dès notre arrivée au bord de la piste pour l'entraînement matinal, Ivanov est là. Il ne s'échauffe pas ; il nous attend, appuyé contre la balustrade avec une élégance nonchalante. Son regard ne quitte pas Herwann. Ignorant royalement Connor qui lace ses patins avec une rage contenue, Ivanov s'approche de moi.

Il pose une main sur mon bras, ses doigts gantés de noir pressant mon biceps avec une insistance déplacée. — « Alors, Herwann... encore avec ton fardeau ? » murmure-t-il, sa voix portant juste assez pour que Connor entende chaque mot. « Tu sais, j'ai repensé à notre soirée à Venise. Ce baiser... c'était une jolie performance pour les caméras. Mais nous savons tous les deux que tu as besoin de quelqu'un qui puisse répondre à ta puissance, pas d'une pute de luxe qui tremble dès qu'on hausse le ton. »
Il se rapproche, son visage à quelques centimètres du mien. Il fait glisser sa main de mon bras vers ma poitrine, ses doigts caressant le tissu de mon haut avec une lenteur suggestive. — « Ma proposition pour Moscou tient toujours. Je pourrais te montrer ce que c'est que de glisser avec un partenaire qui n'est pas une traînée canadienne. Viens me voir après, Herwann. Je sais que tu meurs d'envie de goûter à quelque chose de plus... solide. »

À côté de moi, Connor est sur le point d'imploser. Ses yeux sont injectés de sang, ses mains tremblent de l'envie de briser la mâchoire du Russe. Je repousse la main d'Ivanov avec un mépris souverain et j'entraîne Connor vers notre vestiaire privé pour nous préparer.
Le silence dans le vestiaire est lourd, seulement brisé par le bruit des fermetures éclair. Nous commençons à nous changer pour enfiler nos tenues d'entraînement officielles. Connor retire son pantalon et son haut, se retrouvant en simple sous-vêtement de sport. Je fais de même, restant en boxer alors que je m'apprête à attraper ma combinaison. Mais la colère de Connor ne retombe pas ; elle s'envenime.
— « Il te touche ! Il te drague devant tout le monde ! » hurle-t-il soudain, jetant son t-shirt au sol. « Il pense qu'il peut te prendre, il pense que je ne suis rien ! »

C'est alors que Connor s'assoit brusquement sur le banc central du vestiaire. D'un geste autoritaire et puissant, il me saisit par les hanches et m'attire sur ses genoux, me forçant à l'enfourcher. Je me retrouve assis sur lui, nos torses nus se frôlant dans la chaleur étouffante de la pièce.

Ses mains, fébriles et possessives, descendent immédiatement pour agripper mes fesses avec une sauvagerie désespérée. Ses doigts s'enfoncent dans ma chair, agrippant fermement le tissu de mon sous-vêtement. Dans son élan de rage et de désir, il tire violemment sur l'élastique, faisant descendre mon boxer à moitié, exposant la rondeur de mes fesses sous ses paumes brûlantes. C'est une marque de territoire absolue, une manière de crier au monde que je lui appartiens corps et âme.
Il scelle nos lèvres dans un baiser dévastateur. C’est une collision profonde, humide, une lutte de langues assoiffées qui cherchent à s'entre-dévorer. Nos souffles se mélangent dans des râles étouffés. Je sens ses doigts pétrir ma peau nue avec une ferveur démentielle, nous soudant l'un à l'autre dans cette étreinte impudique et sauvage.

Soudain, la porte, que nous n'avions pas pris le temps de verrouiller dans notre emportement, pivote lourdement.
Ivanov est là, sur le seuil. Il venait sans doute pour une dernière provocation, mais le spectacle le cloue sur place. Il nous voit, tous deux en sous-vêtements, dans cette position d'une intimité crue. Il voit Herwann assis à califourchon sur les genoux de Connor, les mains du Canadien enfoncées sur mes fesses à moitié découvertes par le boxer descendu, nos bouches soudées dans une passion animale.
Il reste là, pétrifié. Son arrogance s'est évaporée. Il nous fixe, la bouche littéralement béante, ses yeux écarquillés par un choc électrique. Il semble incapable de respirer. La vue de cette dévotion sauvage, où Connor m'accapare avec une telle virilité sur ce banc, le renvoie à sa propre vacuité. Il reste planté là, le souffle court, la bouche ouverte comme un idiot, totalement anéanti par la réalité de notre lien.
— « Tu n'as pas encore compris ? » je lui lance, le souffle court, sans même descendre des genoux de Connor. « Sors d'ici avant que je ne te tue. »

Ivanov recule, trébuche dans le couloir et s'enfuit, le visage déformé par une défaite qu'il ne peut plus cacher. C'est alors que Viktor apparaît derrière lui. Il a vu Ivanov s'enfuir comme un chien battu et entre dans le vestiaire. Il nous trouve encore dans cette position compromettante, moi sur les genoux de Connor, nos peaux luisantes et mon boxer encore baissé.

Il nous toise d'un regard froid et impénétrable, sans sourciller devant notre nudité.
— « Ça suffit maintenant, » lâche-t-il d'une voix de fer. « Habillez-vous. Ce n'est pas la peine de vous exhiber comme ça. Gardez cette énergie pour la glace, c'est là-bas que je veux vous voir briller, pas sur un banc de vestiaire. »

L'ambiance dans le tunnel menant à la glace est saturée d'une tension électrique, presque suffocante. Le froid de la patinoire de Cortina remonte par les lames de nos patins, mais mon corps brûle encore de l'adrénaline du vestiaire. Ivanov est là, à quelques mètres, entouré de ses entraîneurs qui s'agitent autour de lui. Mais lui, le grand champion russe d'ordinaire si arrogant, semble s'être transformé en une statue de cire.

Ivanov ne nous regarde pas. C’est la première fois depuis le début de la saison. D’habitude, ses yeux nous transpercent de mépris, cherchant la moindre faille. Mais là, il fixe ses propres protège-lames, ses mains gantées de noir tremblant imperceptiblement. L'image de Connor, assis sur ce banc, me tenant fermement sur ses genoux avec les mains enfoncées sur ma peau nue, semble être restée gravée sur ses rétines comme une brûlure.
Il a vu la bouche béante, le souffle coupé, l'effondrement de son propre fantasme de puissance. En essayant de me draguer, il pensait s'attaquer à un duo de façade. Il a découvert un incendie qu'il ne pourra jamais éteindre.
Chaque fois que Connor s'approche de moi pour ajuster mon col, je vois Ivanov se raidir, son visage se décomposer. Il évite notre direction avec une terreur presque superstitieuse, comme si nous étions devenus des prédateurs et lui, la proie.

— « Les Français, en piste ! » lance le haut-parleur.
Viktor s'approche de nous une dernière fois. Son regard est une lame d'acier. Il ne nous parle pas de technique. Il sait que nous sommes prêts. — « Vous l'avez tué dans le vestiaire, » murmure-t-il, la voix basse et rauque. « Maintenant, allez enterrer son cadavre sur la glace. Montrez à ces juges ce que signifie "s'appartenir". »
Nous nous élançons. Le vent glacé de la vitesse fouette mon visage. Connor patine à mes côtés, sa présence est un ancrage physique. Nous ne sommes plus deux patineurs exécutant une chorégraphie ; nous sommes une seule entité. Lorsque la musique commence — un violoncelle sombre et viscéral — le silence dans les tribunes est total.

Sur notre premier élément, le triple Twist, je projette Connor vers les cintres du palais des sports. Il tourne avec une telle vélocité que le son de sa combinaison fendant l'air ressemble à un coup de fouet. Je le rattrape contre moi, mes mains se refermant sur sa taille avec la même force, la même possession que sur le banc du vestiaire.
Pendant notre suite de pas, nos visages se frôlent. Je vois l'éclat de triomphe dans les yeux de Connor. Il patine pour moi, pour nous, mais surtout pour écraser l'ombre d'Ivanov. Nous passons juste devant la zone où le Russe attend son tour. Je sens son regard sur nous, malgré lui. Il nous regarde nous toucher, nous entrelacer, nos corps exécutant une danse d'une sensualité interdite et d'une puissance brute.
Il voit ce que personne d'autre ne voit : la trace de ses doigts sur mon corps, l'écho de ce baiser sauvage. Il est là, derrière la balustrade, le visage livide, réalisant que chaque mouvement que nous faisons est une insulte à sa solitude.

Nous terminons notre programme sur une pose finale d'une intensité rare, nos fronts pressés l'un contre l'autre, haletants. Le public explose. Les notes tombent : nous sommes en tête avec un score historique.
C'est au tour d'Ivanov. Il entre sur la glace comme un condamné. Dès les premières notes de sa musique, on sent que quelque chose est brisé. Son regard est fuyant. Il cherche désespérément la concentration, mais chaque fois qu'il passe devant le coin où nous sommes avec Viktor, sa glisse vacille.
Vient son premier saut, le Triple Axel. C'est un saut qu'il réussit d'ordinaire les yeux fermés. Mais au moment de l'impulsion, il semble hésiter, comme si l'image de Connor me tenant sur ses genoux le hantait encore. Il s'élance, mais son corps ne suit plus. Il manque sa rotation, ses jambes se dérobent. Le choc est brutal. Il s'écrase lourdement sur la glace, glissant sur plusieurs mètres dans un bruit de tissu déchiré.
La patinoire retient son souffle. Ivanov se relève, mais son regard est vide. Son arrogance est morte. Il finit son programme dans la confusion, commettant faute sur faute.

Lorsqu'il sort de la glace, la tête basse, il doit passer devant nous pour rejoindre le "Kiss and Cry". Il lève brièvement les yeux vers moi, puis vers Connor. Il n'y a plus de drague, plus d'insultes, plus de "pute de luxe". Il n'y a qu'une défaite totale, une reconnaissance amère qu'il a perdu bien plus qu'une compétition.
Viktor nous regarde, un petit sourire cruel au coin des lèvres. — « Je vous avais dit de ne pas vous exhiber, » dit-il en nous tendant nos vestes, « mais je dois admettre que l'effet est... définitif. »
Il pose une main sur l'épaule de Connor, puis sur la mienne. — « Le programme libre est après-demain. Ivanov ne s'en remettra pas.

Fin du chapitre 15.

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