Luc 9 - Un Amant Pour sa Reine

- Par l'auteur HDS Soumicaviar -
Avatar de Soumicaviar
Auteur homme.
  • • 13 récits publiés.
  • • Cote moyenne attribuée par les lecteurs : 0.0 • Cote moyenne attribuée par HDS : 0.0
  • • L'ensemble des récits érotiques de Soumicaviar ont reçu un total de 40 934 visites.
Histoire érotique Publiée sur HDS le 31-08-2026 dans la catégorie Dominants et dominés
Cette histoire de sexe a été affichée 439 fois depuis sa publication.
L'aube filtre à travers les rideaux noirs de la chambre d'Angèle, tranchant des bandes grises sur le drap froissé où Lucie repose encore, le souffle court, le corps collé de sueur séchée. Mathieu dort à ses côtés, le bras étendu, la paume ouverte vers le plafond comme s'il attendait encore quelque chose. Lucie ne dort pas. Ses yeux bleus fixent les ombres qui dansent sur le mur, l'esprit tournoyant autour de ce que Angèle a murmuré avant de disparaître. *Amoureuse de son Mathieu.* Les mots résonnent dans sa tête, acides et doux à la fois, un mélange qui lui noue l'estomac.

Un bruit dans le couloir. Des pas feutrés, reconnaissables entre mille. Le cliquetis des bottines lacées d'Angèle sur le parquet. Lucie se redresse, le drap glissant sur sa poitrine nue, et Mathieu gémit dans son sommeil sans se réveiller. La porte s'ouvre sans frapper. Angèle se tient sur le seuil, déjà habillée de son t-shirt noir moulant et de son pantalon de cuir, les ongles craquelés agrippant un classeur épais.

— Debout, ma belle, dit-elle, sa voix rauque de réveil. On a du travail.

Lucie obéit avant même de comprendre, glissant hors du lit avec cette grâce mal assurée qu' Angèle semble apprécier tant qu'elle la dirige. Ses pieds nus touchent le sol froid. Elle cherche ses vêtements du regard, mais Angèle secoue la tête.

— Non. Pas encore. Tu restes comme ça pour le moment.

Elle désigne le classeur qu'elle pose sur la commode. Le contrat. Lucie reconnaît la couverture noire, le fermoir argenté. Son cœur bat plus fort. Angèle s'assoit sur le bord du lit, ignorant Mathieu qui dort toujours, et ouvre le classeur avec une précision méthodique.

— Article sept, lit-elle à voix haute. *La soumise reconnaît que sa Reine a droit à des amants choisis selon son bon plaisir.* Tu te souviens ?

Lucie hoche la tête, la gorge sèche.

— Bien. Parce que ça commence aujourd'hui.

Angèle referme le classeur d'un claquement sec qui fait sursauter Mathieu. Il ouvre les yeux, déboussolé, et découvre Angèle penchée vers lui avec ce sourire carnassier qui fait ressortir son grain de beauté près de la lèvre supérieure.

— Toi, tu peux rester encore un peu, dit-elle sans le regarder vraiment. Mais habille toi. Je veux que tu partes avant midi.

Mathieu acquiesce, encore engourdi, et Angèle retourne déjà son attention vers Lucie. Elle lui tend une clé USB ornée d'un petit crâne en métal.

— Tu vas me trouver un amant, Lucie. Quelqu'un de convenable. Quelqu'un de *vigoureux*.

Elle prononce ce dernier mot avec une lenteur qui fait frémir Lucie de la nuque aux cuisses.

— Sur les réseaux, il y a des applications. Tu connais ?

Lucie fait non de la tête, les joues roses.

— Tu vas apprendre. Je veux quelqu'un entre trente et trente-cinq ans. Athlétique. Imberbe. Je déteste les poils, tu le sais. Et bien membré. Vingt centimètres minimum.

Elle énumère ces critères comme une liste de courses, sans la moindre gêne, tandis que Lucie sent la chaleur monter à son visage.

— Tu vas échanger avec les candidats, explique Angèle. Tu vas leur poser des questions. Tu vas vérifier qu'ils savent comment traiter une femme. Attention, courtois, mais capables de prendre. Capables de durer. Je ne veux pas d'un minable qui gicle en deux minutes.

Elle se lève, s'approche de Lucie, et lui saisit le menton entre le pouce et l'index, les ongles noirs craquelés pressant légèrement la peau.

— C'est ça, ton rôle, ma belle. Aider ta Reine. Tu comprends ?

Lucie murmure un oui, et Angèle la libère avec un claquement de langue satisfait.

— Prends ta douche. Puis tu t'installes dans le salon avec mon ordinateur. Je veux un rapport complet avant quatorze heures.

***

L'eau chaude coule sur le corps de Lucie, encore marqué par la nuit — des empreintes de doigts sur les hanches, une morsure discrète près du nombril. Elle se lave méthodiquement, comme Angèle lui a appris, le savon parfumé de lavande glissant sur sa peau fraîchement rasée. Le plug a été retiré, mais elle sent encore l'absence, le vide qui réclame. Sa cage de chasteté repose sur le lavabo, nettoyée, attendant. Elle ne la remet pas. Pas encore.

Dans le salon, l'ordinateur d'Angèle est ouvert sur une table basse. Lucie s'agenouille devant, nue, sentant le cuir froid du canapé contre son épaule quand elle se penche pour brancher la clé USB. L'écran s'illumine. Des applications de rencontres, déjà téléchargées. Des profils d'hommes qui défilent sous son regard timide.

Elle commence à défiler. Des torses poilus qu'elle écarte immédiatement. Des visages trop jeunes, trop vieux. Des descriptions vagues, des photos floues. Puis elle tombe sur lui.

Oliver.

Trente-deux ans. Danseur professionnel en reconversion dans le fitness. La première photo le montre torse nu, les épaules larges, l'abdomen sculpté en tablette de chocolat, la peau caramel sans la moindre imperfection. Imberbe, effectivement. Lucie zoome, vérifie, et sent quelque chose se nouer dans son ventre. La deuxième photo est plus osée : un bas de maillot noir moulant qui laisse deviner une impressionnante protubérance. La description mentionne *disponible pour rencontres exigeantes, expérience dans les dynamiques D/s*.

Lucie clique sur le bouton de message.

Elle tremble en tapant. Bonjour Monsieur, je suis l'assistante personnelle d'une Dame exigeante qui recherche un amant régulier. Pouvez-vous décrire vos... attributs physiques avec précision ?

La réponse arrive en trois minutes.

*Bonjour. Je mesure 1m85, 78kg, aucun poil sur le corps. Mon membre fait 20cm en érection. Mes testicules sont rasés et lisses. Je peux fournir des photos vérifiées sur demande.*

Lucie avale sa salive. Elle continue. Êtes-vous capable de durer ? De prendre une femme sans vous soucier de votre propre plaisir avant le sien ?

*Naturellement. Je peux contrôler mon orgasme pendant plus d'une heure. J'aime donner du plaisir, pas seulement le recevoir. Votre Dame appréciera ma langue et mes doigts.*

Lucie sent son sexe se tendre contre sa cuisse, et elle se rappelle qu'elle n'est pas censée jouir sans permission. Elle croise les jambes, serre les muscles, et continue son interrogatoire. Avez-vous déjà été avec une femme dominante ? Savez-vous vous soumettre à ses désirs tout en restant vigoureux ?

*J'ai servi plusieurs Maîtresses. Je sais me mettre à genoux quand il le faut, et prendre le dessus quand on me l'ordonne. La nuance m'intéresse. La soumission n'est pas de la faiblesse.*

Lucie relit ce message trois fois. Elle pense à Angèle, à sa façon de sourire quand elle contrôle. Elle pense à elle-même, à genoux, la bouche pleine. Elle tape encore. Maîtresse exige que vous passiez un test avant toute rencontre. Une vidéo de vous en train de vous masturber, sans jouir, pendant dix minutes. Pouvez-vous le faire aujourd'hui ?

Le silence dure cinq minutes. Puis : *Si Maîtresse le demande. Mais j'aimerais d'abord échanger vocalement avec elle, ou avec vous si vous êtes sa voix. J'aime entendre à qui je m'adresse.*

Lucie mord sa lèvre. Elle n'est pas censée parler pour Angèle, pas vraiment. Mais elle sent que c'est un test, que Oliver évalue aussi. Elle trouve le numéro qu'il a joint à son profil, et compose, le cœur battant.

La voix qui répond est chaude, posée, avec un léger accent du Sud.

— Oui ?

Lucie s'éclaircit la gorge. C'est une femme qui répond, madame. L'assistante de Maîtresse Angèle. Elle vous a envoyé me contacter.

Un rire, grave et amusé. — Une assistante. C'est original. Elle est exigeante, votre Maîtresse ?

— Très, murmure Lucie.

— Et vous ? Êtes-vous exigeante, vous aussi ?

Lucie ferme les yeux. Je suis... je suis juste un instrument. Sa voix tremble. Elle se mord la lèvre jusqu'au sang métaphorique.

Oliver reste silencieux un moment. — Je comprends, dit-il enfin, et il y a quelque chose dans sa voix qui fait penser qu'il comprend vraiment. Dites à Maîtresse Angèle que je suis disponible ce soir. J'enverrai la vidéo dans l'heure. Et dites lui aussi... que j'ai hâte de la servir.

***

Le rapport que Lucie prépare occupe trois pages. Elle l'imprime, le relie avec une agrafeuse qu'elle trouve dans le tiroir du bureau d'Angèle, et attend à genoux dans l'entrée, le document posé sur ses cuisses nues, la tête baissée.

Angèle revient à quatorze heures tapantes, les bras chargés de sacs. Elle dépose tout sur le canapé, ignore Lucie pendant cinq minutes entières, puis s'assoit enfin et tend la main.

— Alors ?

Lucie lui présente le rapport avec les deux mains, comme on offre un cadeau. Angèle le parcourt, les sourcils froncés, les lèvres roses remuant parfois pour répéter un chiffre, une description. Quand elle arrive à la transcription de l'appel, elle éclate de rire.

— *Juste un instrument.* Tu lui as vraiment dit ça ?

Lucie rougit jusqu'aux oreilles.

— C'est mignon, dit Angèle, mais la prochaine fois, tu dis que tu es *mon* instrument. Rien d'autre. C'est plus clair.

Elle continue sa lecture. Puis elle sort son téléphone, ouvre l'application, vérifie le profil d'Oliver. Elle zoome sur les photos. Elle hume l'air, comme si elle pouvait sentir à travers l'écran.

— Vingt centimètres, murmure-t-elle. Imberbe. Danseur...

Elle se lève brusquement, et Lucie sursaute.

— Validé, annonce-t-elle. Tu as bien travaillé, ma belle. Oliver sera là ce soir. Vingt heures.

***

Les préparatifs commencent immédiatement. Angèle transforme l'appartement en territoire de chasse, en arène de séduction. Elle déplace les meubles du salon, créant un espace vide au centre, un sanctuaire où elle recevra son amant. Des bougies parfumées de cèdre et de musc. Une bouteille de vin qu'elle fait apporter par livraison express, un Bordeaux qu'elle ne partagera pas avec Lucie.

Et pour Lucie, le costume de la soumission absolue.

Angèle sort de sa chambre avec une pile de tissus noirs, rouges, transparents. Un corset en vinyle rouge, plus serré que celui de la nuit précédente. Une culotte en dentelle noire, ouverte entre les jambes. Des bas résille qui montent jusqu'à mi-cuisses, avec des jarretelles rouges. Des escarpins à quinze centimètres, vernis noir, la pointe effilée comme des armes.

— Habille toi, ordonne Angèle. Et après, on t'attache.

Lucie obéit, chaque vêtement posé sur sa peau comme une promesse de ce qu'elle ne pourra pas toucher. Le corset comprime sa taille, fait ressortir sa poitrine plate mais tendue. La culotte ouverte laisse son sexe flaccide et sa cage visible, exposés. Les bas résille créent des motifs sur ses jambes fines, et les talons la font vaciller, trouver une équilibre précaire qui la rend encore plus dépendante.

Angèle l'inspecte, tourne autour d'elle comme un sculpteur autour de son œuvre. Elle ajuste une jarretelle, tord légèrement le corset pour qu'il serre davantage.

— Parfait, murmure-t-elle. Tu es une petite pute, Lucie. Ma petite pute. Tu le sais ?

Lucie hoche la tête, les yeux baissés.

— Tu vas entendre, sentir, deviner. Mais tu ne verras rien. Tu ne parleras pas. Tu ne jouiras surtout pas.

Elle sort de derrière le canapé un ensemble de contraintes que Lucie n'a jamais vues. Des menottes en cuir doublées de fourrure. Une ceinture de chasteté complémentaire qui passe entre les jambes. Un masque en cuir noir, avec des œillères intégrées et une ouverture pour la bouche qui ressemble à une invitation.

— Avance, dit Angèle.

Elle attache d'abord les poignets de Lucie derrière son dos, les bras croisés dans le dos, les épaules tirées en arrière. Puis elle fixe la ceinture de chasteté, une bande de cuir qui passe entre les cuisses et se verrouille sur le devant, maintenant la cage pressée contre le corps, empêchant même la moindre érection douloureuse. Le plug est réintroduit, un modèle plus gros cette fois, avec une base évasée qui fait saillie entre les fesses, visible sous la culotte ouverte.

Le masque vient ensuite. Angèle l'ajuste avec soin, s'assurant que les œillères bloquent toute lumière, que le cuir épouse le visage de Lucie comme une seconde peau. L'ouverture buccale est large, circulaire, bordée de métal froid.

— Tu vas garder ça ouvert, explique Angèle. Parce qu'on va y mettre quelque chose.

Elle disparaît un moment, et Lucie entend des bruits de tiroir, de tissu froissé. Quand Angèle revient, elle pousse quelque chose contre les lèvres de Lucie. Un gode, flexible mais épais, avec une ventouse à la base. Angèle le fait glisser dans la bouche de Lucie, jusqu'à ce que la base vienne buter contre ses dents, remplissant sa bouche, étirant ses mâchoires. Puis elle fixe une sangle autour de la tête de Lucie, passant derrière le crâne, se bouclant sur le côté du masque, verrouillant le gode en place.

Lucie ne peut plus parler. Elle ne peut plus fermer la bouche. Elle ne peut que respirer par le nez, le souffle sifflant à travers les trous du masque, et sentir le poids du silicone sur sa langue, l'impression d'être constamment en train de sucer, de se faire bâillonner par la chair artificielle.

Angèle la pousse doucement, et Lucie trébuche jusqu'au centre du salon, là où elle a disposé un coussin épais. Elle fait agenouiller Lucie, lui écarte les jambes avec un pied pressé contre l'intérieur de ses genoux, puis lui rattache les chevilles à des anneaux dissimulés dans le sol — des fixations permanentes, Lucie le comprend, installées pour ce genre d'occasion.

Elle ne peut plus bouger. Elle ne peut plus voir. Elle ne peut plus parler. Elle est réduite à un orifice muet, une présence sonore, une chose qui attend dans l'obscurité de son masque, le cœur battant contre le corset serré.

Angèle vérifie chaque attache. Elle tire sur la sangle du gode, s'assure qu'il ne bouge pas. Elle tapote le plug, fait gémir Lucie autour de son bâillon.

— Tu es prête, murmure-t-elle contre l'oreille de Lucie, à travers le cuir du masque. Tu vas entendre tout ce soir. Tu vas entendre comment il me prend. Comment il me fait jouir. Et tu ne pourras rien faire, sauf imaginer. C'est ça, ta punition et ta récompense. Comprends-tu ?

Lucie hoche la tête, le mouvement limité par la sangle.

— Bien. Il arrive dans deux heures. Tu restes là.

***

Le temps s'étire, visqueux. Lucie perd la notion des minutes, des heures. Elle entend Angèle se déplacer dans l'appartement, la douche qui coule, le bruit du séchoir à cheveux. Elle sent son propre corps, chaque point de pression — les menottes aux poignets, la ceinture entre les cuisses, le plug qui pulse avec son pouls, le gode qui bave dans sa bouche, sa propre salive qui coule sur le menton, piégée par le masque.

Elle entend la porte s'ouvrir. La voix d'Oliver, plus grave en réalité que au téléphone. Bonsoir, dit-il. Vous êtes magnifique.

La voix d'Angèle, changeante, devenue plus haute, plus douce, celle qu'elle garde pour les étrangers. Entre, Oliver. Je suis contente que tu aies trouvé le chemin.

Des pas. Le cliquetis des bottines d'Angèle, puis des chaussures d'homme, des baskets peut-être, sur le parquet. Ils passent devant elle, Lucie le sait, elle sent le déplacement de l'air, l'odeur du parfum d'Angèle qui se mêle à quelque chose de nouveau, du savon masculin, du désir.

— Qu'est-ce que c'est ? demande Oliver, et Lucie sait qu'il la regarde, qu'il la voit agenouillée, bâillonnée, encagée, une chose humaine réduite à l'état d'objet.

— Ma soumise, répond Angèle avec une légèreté calculée. Tu peux l'ignorer.

Ils s'éloignent. Lucie entend des bruits de verres, le clapotis du vin. Des rires, bas, intimes. La musique commence, quelque chose de jazz, de saxophone qui se frotte contre les notes comme des corps.

Puis le silence change de qualité. Le canapé craque sous un poids double. Des souffles qui se rapprochent. Angèle qui murmure quelque chose que Lucie ne comprend pas, et la réponse rauque d'Oliver.

Le premier bruit de peau contre peau la fait sursauter dans ses entraves. Un frottement, une caresse, quelqu'un qui découvre le corps de l'autre. Elle imagine les mains d'Oliver sur Angèle, sur ce t-shirt noir qu'elle n'a pas retiré, sur le cuir de son pantalon. Elle imagine la bouche d'Angèle s'ouvrant sous la sienne, les lèvres rouges qui s'écartent.

— Tu es magnifique, répète Oliver, plus près cette fois, et Lucie sait qu'il a glissé, qu'il est entre les jambes d'Angèle, qu'il découvre ce qu'elle cache sous le cuir.

Le bruit de la fermeture éclair. Le froissement du tissu qui tombe. Angèle qui rit, ce rire grave qui fait vibrer quelque chose dans le ventre de Lucie.

— Touche-moi, ordonne Angèle. Montre moi ce que tu sais faire.

Des bruits humides. Des doigts qui glissent, qui pénètrent. Angèle qui soupire, qui reprend son souffle. Lucie serre les muscles autour du plug, cherchant une friction qu'elle ne trouve pas, la ceinture de chasteté bloquant toute stimulation directe. Elle est humide, elle le sait, elle sent son désir couler le long de ses cuisses, piégé par le cuir de la culotte ouverte.

— Tu es prête ? demande Oliver.

— Prends moi, répond Angèle. Maintenant.

Le bruit de la pénétration est celui qui brise Lucie. Un bruit de chair qui cède, de corps qui s'emboîtent, de souffle qui se coupe puis reprend en gémissement. Oliver pousse un grognement, profond, satisfait, et Angèle répond par un cri étouffé qui ressemble à un ordre.

— Plus fort, dit-elle. Je veux sentir que tu me prends.

Les coups qui suivent sont rythmés, puissants. Le canapé cogne contre le mur. Les corps s'impactent, se séparent, se retrouvent. Lucie entend la peau claquer, les testicules d'Oliver lisses, rasés, elle se les imagine qui heurtent la peau d'Angèle.

Elle entend tout. Elle ne voit rien. Elle est là, à genoux, la bouche pleine de silicone, son propre sexe emprisonné, son cul rempli, et elle entend Angèle se faire prendre par cet homme qu'elle a choisi, qu'elle a validé, qu'elle a servi à trouver.

La jalousie et le désir se mélangent en elle, indiscernables. Elle voudrait être à la place d'Oliver, sentir la chaleur d'Angèle, la voir jouir. Elle voudrait être à la place d'Angèle, sentir ce membre de vingt centimètres la remplir, la déchirer. Elle n'est ni l'un ni l'autre. Elle est la troisième, la servante, l'instrument silencieux qui écoute et attend.

— Ta langue, ordonne Angèle. Je veux ta langue là.

Des bruits de succion, de léchage, d'humidité répartie. Oliver qui grogne, qui murmure des mots que Lucie ne comprend pas. Puis le rythme reprend, plus vite, plus fort, et Angèle commence à crier.

Ce ne sont pas des mots. Ce sont des sons purs, de la chair qui réclame, qui exige, qui reçoit. Lucie compte les coups dans sa tête, perd le compte, recommence. Elle sent son propre orgasme monter, irrésistible, bloqué par la cage, par la ceinture, par l'impossibilité même de se toucher. C'est une douleur suave, une tension qui ne trouve pas de relâche, qui tourne en rond dans son ventre comme une bête en cage.

— Je vais jouir, annonce Oliver, soudain, sa voix étranglée.

— Pas encore, ordonne Angèle. Retourne moi.

Des mouvements, du cuir qui frotte, des positions qui changent. Lucie imagine Angèle à quatre pattes sur le canapé, le pantalon baissé jusqu'aux genoux, les seins qui pendent sous le t-shirt remonté. Elle imagine Oliver derrière elle, ce membre qu'elle n'a jamais vu mais qu'elle sait énorme, qui la pénètre à nouveau, plus profondément cette fois, l'angle changé.

— Là, dit Angèle. Putain, là.

Les coups deviennent sauvages. Le canapé hurle contre le mur. Angèle crie maintenant, sans retenue, et Lucie reconnaît ce timbre, cette façon de perdre le contrôle que Angèle ne perd jamais, sauf quand elle choisit de le donner.

— Jouis, ordonne Angèle. Jouis en moi.

Oliver rugit. C'est un son animal, de la chair qui se vide, du sperme qui jaillit en pulsations que Lucie devine à la cadence des gémissements. Elle entend le liquide, le bruit humide de la pénétration qui continue, plus lente maintenant, qui répartit le sperme en Angèle, qui le fait couler.

Le silence qui suit est haché de souffles. Des baisers, des murmures. Oliver qui se retire, et le bruit de la chair qui se sépare, liquide, ouvert.

— Tu es resté longtemps, dit Angèle, admirative. Comme promis.

— Pour vous, murmure Oliver. Pour votre plaisir.

Ils restent encore un moment. Lucie entend des verres qu'on remplit, des rires partagés, des confidences qu'elle n'est pas censée entendre mais qu'elle boit comme de l'eau. Oliver parle de sa danse, de son corps qu'il entretient comme un temple. Angèle écoute, pose des questions, et Lucie reconnaît cette curiosité qu'Angèle n'a que pour ceux qu'elle choisit de posséder un moment.

Puis des bruits de préparation au départ. Des vêtements qu'on remet. Le baiser final, humide, prolongé. La porte qui s'ouvre, se referme.

Angèle reste seule. Lucie l'entend s'approcher, sent son parfum devenir plus fort, puis des doigts qui déverrouillent la sangle du gode.

Le silicone sort de sa bouche avec un bruit obscène, et Lucie tousse, gémit, sa mâchoire qui claque après tant d'heures d'immobilisation.

— Tu as entendu ? demande Angèle, sa voix revenue à sa dureté habituelle.

— Oui, Maîtresse, murmure Lucie, sa voix rauque.

— Tu as imaginé ?

— Oui.

— Tu as envie ?

Lucie ferme les yeux, derrière le masque. — Oui, Maîtresse. Terriblement.

Angèle rit, ce rire court qui n'est pas tendre.

— Bien. Parce que ton travail commence maintenant.

Elle détache les chevilles de Lucie, l'aide à se redresser sur des jambes engourdies. Puis elle la guide, à tâtons, à travers l'appartement, jusqu'à ce que Lucie sente le bord du canapé contre ses cuisses.

— À genoux, ordonne Angèle. Tu vas nettoyer ce que Oliver a laissé.

Elle pousse Lucie vers le bas, et Lucie trouve la position, le visage nivelé avec ce qu'elle devine être les cuisses d'Angèle, encore ouvertes, encore humides. L'odeur la frappe d'abord — le mélange du sperme d'Oliver, du désir d'Angèle, de la sueur de leur accouplement. C'est une odeur brute, animale, et Lucie sent son propre sexe tenter une érection impossible contre sa cage.

— Commence par la chatte, dit Angèle. Lèche tout. Je veux être propre.

Lucie avance la langue, trouve la chair par le toucher avant de la voir. Elle est chaude, gonflée, ouverte, et le goût du sperme d'Oliver est là, amer et salé, mélangé au goût plus doux d'Angèle. Elle lèche, aspire, nettoie les plis avec une dévotion qui la fait pleurer derrière son masque.

— Plus profond, ordonne Angèle. Il en a mis partout.

Lucie enfonce la langue, sent le sperme couler, le récupère, l'avale. Elle est devenue une chose de nettoyage, un instrument d'hygiène, et cette déchéance la transcende.

Quand Angèle juge la chatte suffisamment nettoyée, elle saisit les cheveux de Lucie — elle a dû retirer le masque à un moment que Lucie n'a pas remarqué — et la dirige vers l'arrière.

— Maintenant l'anus, dit-elle. Il m'a prise là aussi. Tu vas tout lécher.

Lucie trouve le trou, encore plus ouvert, encore plus humide, et le goût change, devient plus fort, plus terreux. Elle n'hésite pas. Elle enfonce la langue, aspire le sperme mélangé aux sécrétions d'Angèle, nettoie avec des gémissements qui vibrent contre la peau de sa Maîtresse.

Angèle soupire au-dessus d'elle, une main posée sur sa tête pour la guider, la presser, la repousser quand elle va trop vite.

— Tu es une bonne petite bonniche, murmure Angèle. Tu sais ça ?

Lucie ne peut pas répondre, sa bouche étant occupée, mais elle émet un son de consentement, de soumission totale.

Quand c'est fini, quand Angèle est propre, quand Lucie a tout avalé, tout ingéré, Angèle la laisse s'effondrer sur le sol, encore attachée, encore en cage, encore pleine du plug qui lui rappelle sa place.

Elle entend Angèle se lever, s'éloigner, revenir avec quelque chose de froid, de métallique.

— Tu as bien servi ce soir, dit Angèle. Mais tu n'as pas joui. Tu ne jouiras pas. Pas encore.

Elle montre quelque chose devant le visage de Lucie, encore floue après le masque. Une clé. La clé de la cage.

— Demain, peut-être. Si tu es sage. Si tu continues à me servir aussi bien.

Elle range la clé dans sa poche, et Lucie la voit disparaître, petit point d'espoir étouffé.

— Maintenant, dors ici, sur le sol. Tu as été une bonne soumise, Lucie. Oliver reviendra. Et la prochaine fois, peut-être que je te laisserai voir.

Elle s'allonge sur le canapé, au-dessus de Lucie, et éteint la lumière.

Dans l'obscurité, Lucie sent le goût d'Oliver et d'Angèle mêlés sur sa langue, le poids du plug dans son corps, la cage qui emprisonne son désir sans fin. Elle entend la respiration d'Angèle qui s'endort, paisible, satisfaite.

Demain, il y aura d'autres tâches. D'autres rituels. Peut-être Oliver, peut-être un autre. Peut-être cette libération promise, peut-être pas.

Elle ferme les yeux, les mains toujours liées dans le dos, et attend.

Les avis des lecteurs

Soyez le premier à donner votre avis après lecture sur cette histoire érotique...

Réagissez à l'histoire après lecture
Votre avis sur cette histoire :
Vous êtes :
Indiquez votre adresse mail si vous souhaitez la communiquer à l'auteur de l'histoire.

Dernières histoires érotiques publiées par Soumicaviar

Luc 9 - Un Amant Pour sa Reine - Récit érotique publié le 31-08-2026
Luc 10 - Le Tatouage de Lucie - Récit érotique publié le 27-08-2026
Petites culottes - Récit érotique publié le 15-08-2026
Le meilleur réveil de ma vie - Récit érotique publié le 10-08-2026
Luc 7 - Une Journée Ordinaire - Récit érotique publié le 09-08-2026
Luc 6 - Le Salon de Coiffure - Récit érotique publié le 04-08-2026
Luc 8 - Lucie et son amant - Récit érotique publié le 23-07-2026
Luc 5 - Confessions et Contrat de Soumission - Récit érotique publié le 05-07-2026
Luc 4 - L'Epilation - Récit érotique publié le 04-07-2026
Luc 3 - Changement de Garde Robe - Récit érotique publié le 03-07-2026